BLA
propre à modifier lieiireusement certaines affections de la peau du visage, telles que la couperose et les eczémas chroniques. I)" Marc. Camboulives.
BISTORTE. — Cotte plante, appelée aussi serpentaire mâle, est une herbe vivace de la famille des })olygonées, que l’on trouve en France, surtout dans les endroits humides, et qui doit son nom à la double courbure dosa racine deux fois repliée sur elle-même. C’est précisément cette racine, très riche en tannin, qui est employée en médecine sous forme d'infusions et de décoctions contre certaines diarrhées et certaines hémorrhagies passives. L('s i)ay.sans mangent quelquefois à la manière des épinards, les feuilles de historié jeunes et tendres; dans certaines contrées de la France, on utilise les graines pour engraisser la volaille. p. l.
BISTOURI. — On appelle ainsi de petits couteaux dont la lame est tantôt fixe sur le manche et tantôt se replie sur lui, qui servent journellement en chirurgie, soit pour ouvrir des abcès, soit pour débrider les tumeurs, aviver les parties molles qu’on veut réunir par l’autoplastie, etc. On fait des bistouris à lames droites , pointues , boutonnées, courbes avec tranchant concave ou convexe, appropriées en un mot aux diverses opérations pour lesquelles on doit les employer. p. l.
BITUME. — Hygiène publique. — On donne le nom de bitume de Judée ou asphalte, à une matière combustible solide qui se trouve dans le centre de la tern' et qu’on emploie beaucoup dans les constructions, principalement pour le dallage des trottoirs, et jiour rendre les planches et le papier imperméables. Quel que soit l’usage auquel on le destine, il faut d’abord le ramollir dans de grandes chaudières, et pendant cette opération il se dégage d’abondantes et épaisses vapeurs, contenant une huile volatile, tenant en dissolution du gaz ammoniac, de l’azote et, de l’acide sulfureux. Ces vapeurs très âcres et d’une odeur empyreumatique, incommodent beaucoup les ouvriers, mais ne sont pas dangereuses j)our eux. Elles peuvent cependant nuii'e d’une manière indirecte aux personnes délicates et nerveuses, mais seulement, ainsi que l’a fait nnnarquer Parent Duchâtelet, par une action analogue à celle que déterminent une foule de corps répandant une odeur désagréable ou même agréable, comme le musc qui fait mal à tant de personnes. A ces inconvénients, il faut ajouter le danger continuel d’incendie, principalement dans les ateliers où se prépartmt les planches et les papiers bitumés. Aussi les fabriques de bitume ontelles ete rangées dans la deuxième classe des établissements insalubres et dangereux. p. l.
BLANC DE BALEINE. — Le blanc de baleine, appelé encore céline ou spermacéii, est une substance solide, blanche, onctueuse, qu’on retire des vastes cavités cloisonnées, situées en avant du front des cachalots. Jadis employé en médecine comme adoucissant dans la diarrhée, le blanc de baleine ne sort plus guère aujourd’hui qu'à la préparation du fard et du cold-cream (V. ces mots). p. p.
BLANC DE CÉRUSE. — (Voyez Céruse.)
BLANC D’ŒUF. — (Voyez Albumine, Œuf.}
BLANC DE ZINC. — (Voyez Oxyde de zinc.)
BLANCARD (pilules de). — Les pilules de Blancard que tout le monde connaît au moins de nom, tant est grande leur réputation, sont des pilules dans lesquelles l’iode et le fer, ces deux médicaments de grande valeur, journelh'ment employés, se trouvent très heureusement combinés sous forme de protoiodure de fer.
Ce n’était pas chose facile, car le protoiodure de fer, outre qu’il est doué d’une saveur styptique désagréable, est un composé instable, très difficile à obtenir pur, qui se décompose à l’air et à l’humidité, de telle sorte que, peu à peu, l’iode se sépare du fer par l’évaporation, si bien que les médicaments préparés avec ce sel ne se conservent pas. Et cependant, en raison de la grande valeur thérapeutique de l’ioduro de fer, comme le faisait remarquer le professeur Trousseau : « il était important de pouvoir obtenir des pilules d’iodure de fer inaltérables à l’action de l’air et de l’humidité, sans odeur ni saveur de fer et d’iode, et susceptibles de se conserver indéfiniment. M. lUancard a réussi à atteindre ce but. » Cet habile pharmacien, ancien interne des hôpitaux, est arrivé après de nombreux essais, à obtenir ce résultat à l’aide d’un procédé ingénieux qui reçut d’emblée l’approbation de l’.âcadémie de médecine, en 1850, à la suite du rapport des professeurs (’.uibourt et Le Canu, procédé que leurs collègues les professeurs Mialbe, Orfila, Douebardat, Trousseau, etc., sont unanimes à proclamer le meilleur. Le professeur Mialbe, entre autres, dont personne ne récusera la haute compétence pharmaceutique, écrit dans son Traité de chimie appliquée à la physiologie et à la thérapeutique : « de tous les moyens présentés jusqu’à ce jour pour administrer l’iodure ferreux à l’état de pureté, le meilleur selon nous, est celui qui a été indiqué par M. Dlancard. »
Pour conserver indéfiniment les pilules d’iodure de fer, M. Dlancard roule celles-ci dans de la poudre de fer, afin d’empêcher leur oxydation pendant qu’on les prépare; puis il les enduit d’une sorte de vernis spécial résino-balsamique. Cette couche translucide et odorante, préserve du contact de l’air l’iodure et le maintient dans un état d’intégrité parfaite. Un mince cachet d’argent fixé au bouchon dans l’intérieur du flacon, décèle la moindre altération des pilules et rend le contrôle facile, l’évaporalion d’une parcelle d’iode suffisant à colorer l’argent.
Les pilules de Dlancard qui contiennent chacune 0'%05 d’iodure de fer ct08',01 de fer porphyrisé .fixé à la surface, le tout recouvert d’une couche résino-balsamique dont le poids ne dépasse pas 3 milligrammes, conviennent spécialement dans les nombreuses affections que détermine la diathèse scrofuleuse, dans la chlorose, la leucorrhée, l’amcnorrhee, l’anémie, le lymphatisme, dans la syphilis constitutionnelle, etc. On peut les prendre soit le matin au réveil et le soir en se couchant, soit au déjeuner et au dîner dans une cuillerée de potage