‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 76 sur 238 · BLA · texte numérisé non relu

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ou \iu peu d’eau. La preuiière semaine, on en prend 2 le matin et 2 le soir ; la seconde semaine 2 le matin et 3.1e soir, la troisième semaine, 3 le matin et 3 le soir, et ou continue cette dose jusqu'à guérison. iJ"' P'-L- Tahhide.

BLANCHISSEUSES. — Hygiène professionnelle.

— Les Manchisseuses sont exposées à l’humidité, à l'action alternative du chaud et du froid, à des atti tildes et à des mouvements professionnels spéciaux, enfin à l'action d’un certain nomlire de substances dangereuses à divers degrés.

L'humidité est, sans contredit, l’atmosphère habituelle dans laquelle vivent les femmes qui blanchissent le linge. .Aussi rencontre-t-on chez elles heaucoup d’atl’ections inflammatoires de l'appareil respiratoire, hroncliites, angines, laryngites, pneumonies : beaucoup de rhumatismes articulaires et musculaires aigus et chroniques ; enfin, un assez grand nombre de diarrhées catarrhales, de néphrites alhumineuscs et de troubles de la menstruation, surtout l’aménorrhée.

Les eaux de lessive aux sels de potasse, aux chlorures, à l’eau de javelle ou hypochlorite de soude, exercent une action locale irritante sur la peau des mains, elles occasionnent des gerçures et des excoriations, très douloureuses et très rebelles, surtout lorsqu’elles existent dans l’intervalle des doigts ou à la face dorsale des mains. Quant aux émanations de ces eaux de lessive et de l’eau de javelle, elles provoquent de l'irritation des bronches et de la toux.

Le linge sale peut aussi occasionner par simple contact des maladies virulentes et contagieuses, telles que variole, syphilis, fièvre typho'ide, etc. C’est ainsi que la mortalité des blanchisseuses est très grande en temps d’épidémie. Il résulte de statistiques dressées par Griesinger que la fièvre typhoïde est très fréquente chez les blanchisseuses des hôpitaux.

Certains corps étrangers oubliés dans les linges sales, principalement des épingles ou des aiguilles, peuvent déterminer non seulement des piqûres, mais des accidents inflammatoires consécutifs, tels que panaris, phlegmons, etc.

Les attitudes et les mouvements professionnels, de leur côté, provoquent une série d’accidents variés. C’est ainsi qu’on a observé chez celles qui travaillent debout des ulcères et des varices des membres inférieurs; des bourses séreuses au devant de la rotule et des hygromasdu genou, chez celles qui ont l'hahitude de travailler à genoux. Plusieurs présentent une rétraction des doigts de la main droite qui rend l'extension complète impossible, et qui est due à la préhension du battoir; un bourrelet transversal calleux de la paume de la main gauche qui tient la planche sur laquelle elles battent le linge, j bourrelet jirononcé suidout à la base du quatrième et du cinquième doigt. l.e docteur Espagne, dans son intéressant fravhil sur l'hygiène des blanchisseuses, publié dans le Montpellier médical en 1864, dit avoir rencontré assez souvent sur l'avant-bras •droit des blanchi.sseuses lavant au baquet, deux ral- 1 lositésqui, dans certains cas, acquièrent le volume ' d'un demi-œuf de poule et, sous la peau qui leur

correspond, il a constaté une bourse séreuse accidentelle volumineuse et fluctuante pouvant, dans certains cas, devenir le siège d'un hygroma et même d'une véritable inflammation suppurative.

Pour obvier à tous ces inconvénients professionnels, les lilanchisseuses feront bien de suivre un certain nombre de prescriptions prophylactiques, dont voici les principales: — ne jamais laver pendant les époques menstruelles ; — avoir toujours le ventre protégé par une large ceinture de flanelle ; — faire usage d’un tablier en toile cirée ; — garantir les avantbras avec des manchettes également en toile cirée, maintenues au-dessus des poignets à l’aide de cordons élastiques; — tenir les jneds chauds dans des sabots imperméables; — placer sous les genoux et les coudes des coussinets et des paillassons: — examiner avec soin le linge sale avant de le mettre à la lessive pour le débarrasser des épingles ou aiguilles ; — ne pas faire usage de solutions trop concentrées d'eau de javelle; — enfin garantir leur dos et leurs épaules avec une toile cirée avant de les charger de de linge mouillé, ou si elles n'ont pas pris cette précaution , changer de vêtement sitôt rentrées chez elles (V. Lavoirs publics). h' Paul Lauaiitui:.

BLENNORRHAGIE. — La blennorrhagie, appelée encore gonorrhée., uréthrite, coulante, chaudepisse, échauffement chez l'homme, et vulviie ou vaginite chez la femme, etc., est une affection aiguë, inflammatoire, siégeant principalement sur la membrane muqueuse du canal de rurèthre, mais pouvant atteindre d’autres muqueuses, telles que la mu- (pieuse vaginale, rectale, oculaire, et ayant pour caractère principal, la secrétion d’uu muco-pus contagieux plus ou moins abondant.

La blennorrhagie est aussi vieille que le monde et ses parchemins sont au moins aussi anciens que Mo'ise, car nous lisons dans la Bible que le peu])le hébreux, — tout peuple de Dieu qu'il fût alors, — eut parfaitement la chaudepisse.

Nous n’étudierons dans cet article iiuc la blennori'hagic chez riiomme, renvoyant aux mol'S, vaginite et vulviie l’étude de la blennorrhagie chez la femme.

La blennorrhagie est incontestahh'ment la plus fi’équentc de toutes les maladies vénériennes qui aftligimt l'homme. Cela n'a rien de surjirenant si l’on songe à la multiplicité et à la variété des causes qui peuvent la produire. Quelles sont ces causes? Et d’abord la contagion. 11 est évident que la hlennorrhagie engendre la blennorrhagie : inutile d’insister sur ce fait, démontré ])ércmptoirement par l’expérience et par les faits cliniques.

Toutes les causes qui déterminent une irritation plus ou moins grande de l’urèthre peuvent donner naissance à cette maladie.

Les érections prolongées non suivies de co'i't peu- V('nt produire une blennorrhagie. Amédée Latour a rapporté dans l'Union la curieuse obser-

vation d’un médecin de 30 ans qui, ayant passé une journée presque entière avec une jeune et jolie femme qu’il aimait, et étant resté dans un état d’excitation sans intermittence depuis 10 heures du matin jusqu’à? heures du soir, faisant de vains efforts pour vainci-e la résistance de cette femme dont

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la vciiu ne succomba pas, fut pris trois jours après d’une l)lennorrhagie des plus violentes, des {dus douloureuses et qui dura 40 jours. Or ce médecin vivait dans la continence depuis plus de six semaines et scs derniers rapports sexuels n'étaient j)as suspects.

Le coït non suivi d’éjaculation, les retards apportés par certains raffinés dans l’éjaculation, le coït entre gens sains répété à de courts intervalles, surtout si les organes sont disproportionnés, peuvent occasionner une uréthrite, et nombre de sujets ne doivent leur maladie qu’à ces causes.

Cette coutume, aussi déplorable que dégoûtante, qui tend à remplacer de {dus en plus le coït normal par le coït buccal et que bon nombre de ceux qui s’y livrent croient devoir les préserver de la blennorrhagie, peut aussi déterminer cette maladie. J’ai encore présent à l’esprit le cas d'un de mes clients, âgé de 27 ans, vierge de tout coït normal, mais très pai-tisan du coït buccal, qui vint me consulter {)Oui' une blennorrhagie survenue à la suite de trois de ces coïts anormaux dans une seule nuit, blennorrhagie qui dura {dus de deux mois et se compliqua d'une orchite simple.

La masturhation poussée à l’excès, ainsi que je l’ai observé sur plusieurs jeunes collégiens, et ainsi que l'a ol)servé le docteur liazin dans les asiles suides aliénés idiots, {leut déterminer de véritables uréthrites.

Le sang des menstrues et le flux blanc qui leur, succède sont aussi regardés par la {ilupart des médecins comme {louvant donner une chaudepisse, malgré les dénégations de M. Alph. Guérin, qui objecte que ce ne seraient pas les individus fréquentant les filles qui attraperaient ainsi la chaudepisse, mais hien les gens mariés, avec leurs femmes, .le ré{)ondrai à M. Guéi-in que le mari s’abstient généralement de voir sa femme pendant les périodes menstruelles, que beaucoup de ménages même font alors lit à {lart, qu’enfin madame résiste {)res({ue toujours aux ardeurs du mari lorsque celles-ci viennent à se produire malencontreusement à ce moment. Les filles, au contraire, qui ont besoin de leur triste métier {)our vivre, ne peuvent pas chômer pondant leurs règles, les dissimulent au moment où l’homme les approche, soit par un lavage préalable, soit paiune éponge ou un tampon placé directement sur le col de la matrice au fond du vagin.

Les lochies des femmes récemment accouchées ont été aussi accusées de donner des uréthi-ites, {lar les professeurs Depaul, Pajot et Robin, entre autres, qui ont constaté dans ce liquide la présence de globules mu({ucux et purulents. Il faut donc s’abstenir du coït avec mui femme accouchée depuis i)cu de temps, pendant une {période que üepaul fixait à un mois.

Les flucurs blanches peuvent aussi devenir une cause de blennorrhagie clnv, les individus qui se livi’ent au coït avec une femme atteinte de cette infirmité si commune, surtout .dans les villes, où, sur dix femmes, huit au moins ^out atteintes de leucorrhée. t

Les écoulements ju-oduits {lar le catarrhe utérin, des ulcérations du col, lés engorgements de l'utérus

le cancer de cet organe, peuvent aussi déterminer des uréthrites.

Le cathétérisme est aussi une cause fréquente d’écoulement uréthral ; de même la présence d'une sonde à demeure et l’introduction de corps étrangers dans le canal dans un but inavouable.

L’abus des alcools, des vins blancs et surtout de la bière, prédisposent singulièrement ceux qui s’y livrent, à la blennorrhagie.

Certaines conformations de la verge, telles que l'hypospadias, le phimosis, un méat largement ouvert, sont autant de dispositions qui rendent le dévelo{)poment de la blennorrhagie plus facile et plus fréquent.

Citons enfin, pour finir, l'influence manifeste du tempérament. Il est reconnu de tous les médecins spécialistes qu’un individu en puissance d'une diathèse herpétique, scrofuleuse, goutteuse ou rhumatismale, a bien plus de chance d’attraper un écoulement à la suite de rapprochements sexuels qui laisseraient indemne un homme exempt de cesétats diathésiques.

En somme, lorsqu’on remonte à l'origine et aux causes déterminantes des blennorrhagies les mieux caractérisées, on ne trouve pas souvent de blennorrhagie, mais des excès de coït, de boissons, un écoulement pathologique de la femme, etc. Il est donc parfaitement conforme à l'observation de dire que très souvent les femmes donnent la chaudepisse sans l'avoir.

Pour en finir avec les causes qui peuvent déterminer cette aft'cction, qu’on me permette de reproduire la fameuse Recette pour attraper la chaudepisse, de mon illustre maître et ami Ricord, où se trouvent spirituellement résumées les principales : « Prenez une femme lymphatique, pâle, blonde plutôt que brune, aussi fortement Icucorrhéique que vous pourrez la rencontrer, dînez de compagnie, débutez par des huitres et continuez par des asperges, buvez sec et beaucoup ; vins blancs, champagne, café, liqueurs, tout cela est bon. Dansez à la suite de votre repas et faites danser votre compagne ; échauffez-vous bien et ingérez force bière dans la soirée; la nuit venue, conduisezvous vaillamment; deux ou trois rapports ne sont pas de ti'op, et mieux vaut davantage; au réveil n'oubliez pas de prendre un bain chaud et prolongé ; ne négligez pas non plus de prendre une injection ; ce progranirne rempli consciencieusement, si vous n avez pas la chaudepisse, c’est qu'un Dieu vous protège. »

Maintenant que nous connaissons les causes de la hiennorrhagic, étudions la {)athogénie de cette affection.

Comment débute la blennorrhagie et quelle est sa marche? — La blennoi-rhagie ne se montre pas immédiatement après le coït suspect. Ge n'est ordinairement ({lie le lendemain ou le sni-lendcmain, ({uelqucfois soixante heures, plus, rarement cinq, six et même sept jours aprè's qu elle annonce son début par une sensation particulière, assiv, si'iublable à un chatouillement, à une titillation plutôt agi’éahle que désagréalde, siégeant sur le méat ou sur tout le gland. Ce chatouillement dans certains cas est assez fort pour obliger le malade à

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so gratter la verge. Celle-ri est un peu plus dure (lue d'haldtiule et dans un état de semi-érection. Les lèvres du méat deviennent rouges, leurs liords se tuméfient et s'agglutinent. Si on presse entndes doigts l'extrémité du canal, on voit apparaître une goutte de mucosité filante, d’un blanc gris sale. Si on recueille cette goutte sur la chemise, elle laisse une tache (pii ressemble aune solution de gomme, mais un examen un peu attentif permet d'aperc('voir à sou centre une partie légèrement colorée en jaune clair, dit à la présence de quchiues globules de pus. Si le malade urine, il éprouve une sensation de chaleur gênante dans la partie antérieure (lu canal, au niveau de la fosse naviculairc. Peu à peu, le suintement augmente et devient un véritable écoulement, jaunâtre d’abord, puis franchement jaune et purulent : la chaudepissc est nettement déclarée et reste encore limitée à la fosse vasiculaire.

Dans la seconde période, dite de progrès, qui commen(‘e au sixième jour de l'écoulement, les phénomènes observés dans la période de début augmentent tous les jours d’intensité. Le gland se tend davantage, et devient rouge, turgescent et luisant, le méat est comme boursouflé; ses lèvres gonflées se renversent au dehors et présentent souvent de petites excoriations. L’écoulement devient de plus en jdus abondant, et passe du jaune foncé au vert ; il est phlegmoneux et parfois strié de sang, et répand une odeur nauséabonde que Morgagny a comparé à celle de la morue avancée. 11 est quelquefois si abondant qu’il tombe goutte à goutte d’une fa(;ou presque continue, et si épais qu’il empèse la chemise presque à la façon du sperme. La douleur, [irécédemment localisée à la partie antérieure du canal, s'étend à la région du bulbe et du périnée. Le canal de Turèthre se dessine en relief à la face inférieure de la verge et donne au doigt la sensation d’un cordon dur, noueux. Ces nodosités sont dues à l’état inflammatoire (les glandes de l.ittre qui sécrètent du mucopus. Le jet de l’urine est diminuée dans son calibre et dans son intensité. Chaque miction s’accompagne de douleurs telh's que le malade se retient d’uriner et ne s’y résoud qu’à la dernière extrémité. Il compare ses souffrances à celles qu’il ressentirait s’il pissait des lames de rasoir. Cette douleur jiersiste liendant tout le temps de la miction et se prolonge encore quelques minutes après, en s’irradiant quel- ([uefois dans tout le bas-ventre et le haut des cuisses. Dans ces cas, la marche et même la station debout deviennent impossibles. Enfin, pendant cette période, les érections, sous la plus légère influence, S(î produisent plus fréquentes qu’à l’état normal. Elles sont très pénibles, surtout la nuit, et empècheiH souvent le malade de dormir ou le réveillent s'il sommeillait, et constituent un de ses jdus grands tourments. Dans certains cas, le canal trop enflammé perd sa propriété d’extension, ne peut plus se ju-èter dans toute son étendue au même développement que les corps caverneux, et cette distension im'-gale détermine une incurvation (le la verge, à concavité inférieure plus ou moins prononcée, dans laquelle le canal est comme tendu en arc sur les corps caverneux. Les malades disent

alors qu’ils ont une chaudepisse cordée. Dans certains cas, la douleur est si violente et les souffrances sont si terribles, que des malheureux, poussés à bout, n’hésitent pas pour y mettre un terme, à rompre brutalement la corde en appliquant un vigoureux coup de poing sur leur verge préalablement placée sur un plan résistant. Cette pratique barbare procure, il est vrai, un soulagement presque immédiat ; mais elle entraîne une série d’accidents très graves, car en rompant la corde c’est tout simplement' le canal qu’on a déchiré et cette rupture, outre une hémorrhagie immédiate, entraîne comme conséquence forcée, un rétrécissement traumatique fibreux cicatriciel. Je ne saurais donc trop recommander à ceux qui seraient tentés de couper la coide, de renoncer à ce remède cent fois pire que le mal.

Chez certains malades, les érections répétées sont suivies d’éjaculation involontaire. Dans ces cas, l’émission du sperme qui ne sort qu’en bavant, est accompagnée d’une sensation extrêmement pénible de déchirement intérieur et suivie parfois de la sortie de quelques gouttes de sang provenant de petites éraillures superficielles qui se sont produites à la surface de la muqueuse uréthrale; dès ce moment, le malade accuse une douleur vive dans les testicules, au périnée et dans les aines.

Quant aux troubles généraux, ils font heureusement presque toujours défaut. Plusieurs malades, nerveux et impressionnables, éprouvent cependant un malaise général accompagné de douleurs de tète, de manque (l’appétit et d’embarras gastrique.

Tels sont les phénomènes qui caractérisent la période de progrès de la blennorrhagie dont la durée varie de 12 à 20 jours suivant les cas. Au bout de ce temps, la maladie a atteint son degré d’intensité le plus (‘levé; elle reste quelques jours stationnaire, puis les divers symptômes que je viens d’énumérer rétrogradent en perdant de leur intensité. La douleur diminue d’abord ; le malade urine plus abondamment et plus facilement, et la sensation de brûlure pendant et après la miction devient chaque jour moins forte; les érections sont moins pénibles et moins persistantes ; l’éréthisme local climinue, la verge devient moins dure, les petits nœuds d’induration qui existaient le long du canal sont moins prononcés, le gland est moins rouge et moins turgescent, la muqueuse uréthrale moins enflammée; enfin l’écoulement perd sa couleur verdâtre et redevient successivement verdâtre, jaune, jaunâtre et blanc, c’est-à-dire moins purulent et plus fluide. Il diminue, ne se montre plus d’une façon continue, mais seulement le matin ou par intervalles dans la journée; un peu plus tard, c’est à peine si on peut en recueillir une goutte le matin, avant la miction, en pressant le canal d’arrière en avant.

A ce moment, il peut arriver que, sous l’influence d’un imprudence ou d’un excès, la blennhorragie revienne à l’état aigu, qu’elle reste stationnaire, devienne chronique et se transforme en blennorrhée (V. ce mot) ou enfui qu’elle se termine par la guérison.

” La blennorrhagie est-elle sujette à des complications? — Toutes les blennorrhagies n’ont pas la marche régulière que nous venons de décrire. Elles

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sont souvent compliquées d'une série d’accidents tels que : phimosis, paraphimosis, pénitis, urélhrorrhagie, urélhropatie, uréihromanie, balaiiile, prostatite, phlegmon uréthral, orchite, ophihalmie blennorrhagique, rhumatisme bleniiorrhagique, etc., qui seront étudiés à leur ordre alphabétique (V. ces mots).

Quelle est la durée de la blennorrhagie ? — Rien de plus difficile à préciser. Une blennorrhagie ordinaire dure environ six semaines. Mais cette durée peut être modifiée par le tempérament et les diathèses, pai- les soins, I hygiène, le traitement. Tout le monde sait que la première blennorrhagie guérit plus vite que les suivantes.

Où siège la blennorrhagie? — De toutes les autopsies pratiquées sur des individus morts de diverses maladies accidentelles survenues pendant le cours de blennorrhagies à diverses périodes, et des recherches faite par le docteur Désormaux à l’aide d’un appareil spécial nommé endoscope, qui lui a permis d'observer de visu le canal de rurèthre à chaque période de la chaudepisse, il résulte que la blennori'hagie a pour siège la muqueuse uréthrale. Vers le huitième jour, l’inflammation occupe la moitié antérieure du canal, la muqueuse est d'un rouge intense, dépolie et dépouillée de son épithélium. Plus tard, la lésion présente les mômes caractères, mais remonte plus avant dans l’urèthre et atteint successivement le bulbe, la région membraneuse et la région ju'ostafique.

Quelle est la nature de la blennorrhagie? — Estde une maladie virulente, spécifique ou parasitaire?

Certains spécialistes ont cru et ci'oient encore au virus blennorrhagique, et cela seml)le natui'el, à {irernière vue. En effet, la propriété essentielle d’un virus est de reproduire chez un individu sain une maladie semblalde à celle qui lui a donné naissance (rage, morve, syphilis, etc.). Or, le muco-pus Idcnnorrliagiquc déposé sur une muqueuse saine, détermine le plus souvent une blennorrhagie qui, à son tour, engendre un muco-pus susceptible de reproduire une blennorrhagie. Mais si on regarde les faits cliniques, si on remonte aux nombreuses causes et aux ])lus communes delà blennorrhagie, on est forcé de reconnaître que ce prétendu virus mamiue. Et puis, un virus doit agir sur tout le corps, comme le virus varioleux, sypliilitique, etc. Or, le virus blennorrhagique n’agit que sur les muqueuses. La blennorrhagie n’est donc pas une maladie virulente.

Est-elle spécifique? Pas davantage. En effet, toute maladie s[)écifi(pie se caractérise i)ar un groupe de syinptùmcs qui en décèle immédiatement la cause unique Sjjéciale. Or, quels que soient les symptômes que présente une blennorrhagie, je défie bien ([ue, d’après leur étude seule, on m’en indique la cause et qu’on me dise, une cliaudepissc étant donnée, si elle est occasionnée par l’aljus du coït, ou si la fiamne qui l’a donnée avait la blennoi’rhagie, un catarrhe utérin ou ses règles. Quant au prétendu virus granuleux du professeur Tliiry, de Rruxcllcs, il n’existe [tas, la clinique le démontre aussi bien que les autopsies : les granulations sont très rares et tout à fait c\ce[)tionnelles dans la blennorrhagie aiguë.

Quelques médecins ont voulu attribuer à la blen-

norrhagie une origine parasitaire. Donné, en 1844, a prétendu avoir découvert dans le jms blennorrhagique plusieurs parasites animaux et végétaux, tels que le vibrio linolea et le trichomonas. En 1862^ M. Jousseaime a attribué le développement de la blennorrhagie à un végétal microscopique qu’il a appelé genitalia. En 1879, le docteur Neisser, de Breslau, a découvert la présence de micrococcus dans le pus de la blennorrhagie. En 1880, le docteur Weiss a publié un mémoire sur le microbe de la blennorrhagie. Plus récemment enfin, en 1883, le docteur Eklund, surenebérissant sur ses devanciers, aurait découvert un autre parasite du gi'oupe végétal, Yédiophyton dectoydes, amjuel il attribue un rôle contagieux j)lus prépondérant (pic le micrococcus de Neisser. Par la microbiomanie qui court, on comprend qu’avec la généralité îles syphiligraphes je refuse toute spécificité à ces parasites variés, jusqu’à ce que des travaux nouveaux, nombreux et complets, soient venus démontrer d’une façon sél'ieuse et iri-éfutable leur rôle spécial dans la production de la blennorrhagie.

La blennorrhagie est donc une simple maladie inflammatoire qu’une foule de causes absolument dénuées de spécificité peuvent faire naître. C’est une maladie locale absolument et entièrement distincte des deux autres maladies vénériennes, le chancre simple et la syphilis.

Quel doit être le traitement de la blennorrhagie?

— Ce traitement peut être pkéventu’, .vbortif ou ce r. AT IF.

Pr.ÉVF.NïiF. — Existe-t-il un traitement préventif ? autrement dit, en prenant certaines jirécautions, un individu peut-il, sans danger de contagion, avoir des rapports avec une femme malade ou se trouvant dans une des conditions qui la mettent à même de lui donner la chaudepisse ? Plusieurs auteurs l’ont cru.

Fallope, qui \ivait au milieu du XVP siècle, est le premier auteur dans lequel on trouve trace de ce traitement. « Je pense, dit-il, n’avoir rien fait, si je ne vous apprends les moyens dont on peut se jiréserver des maladies vénériennes, après qu’on s’est abandonné aux cliarmes d’une femme, car j’ai toujours été d'avis qu’il y a des remèdes pour cola.» Et, entre autres remèdes, il préféré un petit linge tremjié dans une décoction de différents remèdes vulnéraires et astringents, tirés du gaïae et du mercure, en applications sur les parties génitales aussitôt après le coït, ou introduits d’emblée dans le canal. « J’ai fait, ajoute-t-il, l’expérience sur plus de 100,'000 hommes, et je prends Dieu à témoin que, par ce moyen, tous ont ôté préservés ». Je ne conseille jias à mes lecteurs de s'y fier, et je crois qu’on peut dire de ce médecin... Quandoque bonus dormitat... Fallopus !

Presque à la même éfioquc Agathus, — voulant être aussi bon que son nom, — chercha aussi un remède piéventif et ajouta aux linges de Fallope l’usage d’un parfum mercuriel.

Vinrent ensuite de nombreux charlatans qui se firent des rentes en exploitant la crédulité publique. En 1772, Guilbert de Préval inventa une « eau ])hagédénique admirable» composée d’eau distillée, d’eau de chaux, d’alcool, de sublimé et do vulné-

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rairo qu’il vendait la ha{*atollo d’un louis. Il demanda au Parlement de rexperimenter. Celui-ci refusa. La Faculté s’émut, on nomma une commission qui répondit : « Nous ne voulons pas fraterniser avec cet homme parce qu'il se déshonore tous les jours, parce que, fauteur de libertinage, il en est l'instigateur; jiarce que, homme sans mœurs, sans prohiti', fripon et intame, trompant ses concitoyens, il les précipite dans des maladies honteuses, dont les malheurs trop connus prouvent que son remède n'est pas curatif. Notre cause, est donc celle des mœurs, celle du salut public. Qu’il soit expulsé. »

Toute cette grande rigueur n’empêcha pas un des membres de la Faculté de conscillei’, deux ans plus fard, l’ammoniaque étendu d’eau.

llunter a préconisé l’eau de chaux ou une légère solution de potasse caustique. Coster a mis en avant les injections chlorurées.

Certains auteurs contemporains ont cru aussi à un traitement préventif et ont donné des formules; mais, en somme, il n'y a pas de b-aitement réellement prétenlif de la blennorrhagie, il n’y a que certaines règles générales à suivre, que je crois devoir résumer ici.

Kviter les rapprochements sexuels, surtout avec les femmes de rencontre, après un bon repas et après de copieuses libations, en dépit du vieil adage : Sine Baccho friget Ve?ius; — ne pas uriner avant le co'it et résister aux envies fréquentes, que l'attente du moment convoité donne d’ordinaire; — laver sa verge avant d’approcher la femme et l’enduire ensuite d’un corps gras, de cold-cream, par exemple, qui a le double avantage de faciliter le glissement et d’isoler jusqu’à un certain point les muqueuses; certains, pour l’aft'ranchir , aiment mieux la mettre sous enveloppe, suivant la pittoresque expression de Diday, et font usage du condom (V. ce mot), plus connu sous le nom de capote anglaise: c’est là une excellente précaution dont je suis très partisan. — Faire laver la femme avant de lui offrir ses hommages, pour débarrasser son vagin des mucosités qui, par un séjour prolongé, peuvent ac([uérir une âpreté suffisante pour enflammer l'urèthre ; — être très prompt dans le co'it, car l'amour prudent doit être alerte; oublier qu’une femme célèbre a défini l'amour un égoïsme à deux, et avoir présente à l'esprit la variante de Ricord l'amour est un égoïsme à... un, et dire : Chacun pour soi; en conséquence, éjaculer le plus tôt possible, et si la jouissance suprême vient chez vous plus vite que chez votre compagne... ne pas l’attendre, éjaculer intus aut extra, — canoniquement ou non, — mais éjaculer à tout prix, et ne pas croire qu’en n’éjaculant pas on se préserve de la contagion, comme cette maîtresse dont parle Ricord , qui s’étonnait d’avoir rendu malade son amant, « attendu, disaitr elle, qu'il ne concluait pas ». 11 faut donc éjaculer, car l’éjaculation constitue une véritable injection d’arrière en avant qui chasse hors du canal les mucosités impures que le co'i’t a pu y introduire. — Ne pas co’i’ter à de courts intervalles, car, à moins de vigueur exceptionnelle, il faudra limer, et, comme le dit spirituellement Diday, « le même autel qui est resté intact après un premier sacrifice s'échauffe,

s’embrase par la répétition et devient un foyer d’incendie, — surtout dans les cas de flueurs blanches, si communes dans les villes; — se retirer aussitôt après l’éjaculation, ne pas s’endormir dans les délices de Capoue... mais profiter au contraire de cette tristesse qui suit le co’i’t, omne animal post editum triste, pour se laver bien vite les parties avec de l’eau ordinaire additionnée d’une eau de toilette quelconque, et mieux de quelques gouttes de phénol Bobœuf ou de vinaigre de Pennés. — Les ablutions finies, uriner vite, en ayant soin de pincer le prépuce et d’intercepter ainsi le jet de temps à autre, pour chasser avec plus de force les sécrétions morbides qui auraient pu s’introduire dans le canal. — Enfin, pratiquer une injection d’eau pure ou très légèrement coupée; mais surtout se garder de faire des injections astringentes ou caustiques, qui, à l’irritation produite par l’éréthisme de la verge, viennent ajouter celle produite par l’application du médicament, et facilitent ainsi le développement de l'inflammation.

Abortif. — Mais je suppose qu’on n’ait pas pris toutes les précautions que je viens d’indiquer, ou bien qu’elles aient été insuffisantes, et que la blennorragie se déclare. Peut-on l’empècher de se développer? peut-on la tuer sur place dès sa naissance?' Plusieurs auteurs sont d’avis qu’on doit essayer, et le traitement abortif qu’ils proposent consiste, soit à faire des injections caustiques, presques toutes à base de nitrate d’argent, dont les proportions varient de 20 centigrammes à pour 30 grammes d’eau, soit à porter directement un crayon de nitrate d’argent sur la muqueuse de la partie antérieure du canal de l’urèthre, jusqu’au niveau de la fosse naviculaire. Ce traitement est seulement applicable tout à fait au début de la maladie, dans les deux ou trois premiers jours, avant que l’écoulement paraisse. Or, comme c’est précisément l’écoulement qui constitue la première preuve certaine de l’existence de la blennorrhagie, on voit combien peu est applicable la méthode abortive. Appliquée plus tard, lorsque l’écoulement est déjà bien caractérisé et la maladie dans sa période de progrès, elle est complètement inutile, puisqu’elle n’arrête pas l’évolution de la blennhorragie, et, de plus, elle est très dangereuse, dans l’immense majorité des cas, quatre-vingt-dix-huit fois sur cent. En effet, les injections caustiques pratiquées à cette période déterminent des accidents sérieux tels que douleurs violentes insupportables, augmentation de l’inflammation, pissement de sang, abcès uréthraux, cystite du col, dysurie, orchite, etc.

Rationnel. — Dès que l’état inflammatoire est franchement déclaré, il faut commencer à instituer un traitement rationnel qui réponde aux différentes périodes de la maladie.

Pendant la période aiguë, le traitement doit être simplement palliatif, ainsi que le dit notre maître Ricord, et avec lui tous les médecins qui s’occupent de pathologie vénérienne. Il se résume à ceci.

Les malades feront usage d’un suspensoir ou d’un caleçon de bain ; ils s’abstiendront de tout rapport sexuel et fuiront toutes les causes d’excitation, telles que la fréquentation des femmes, le théâtre, les lectures et les conversations érotiques ou pornographiques.

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Ils éviteront les marches prolongées, le gymnase, l’escrime, l'équitation, la cliassc, en un mot tous les exercices fatigants.

Ils ne changeront rien à leurs habitudes de régime, mais ils éviteront les repas copieux, les plats trop épicés et les asperges, dans la saison. Je ne vois aucune raison pour proscrire le vin rouge aux repas, le café et le thé à dose modérée. Mais je suis opposé à ce qu'ils boivent du vin blanc, surtout du champagne, des alcools et de la bière. .\ux blennorrhagiens anémiques et lymphatiques, je recommande même une nourriture tonique et substantielle et, dans certains cas, les préparations de fer et de quinquina, lion nombre me demandent s’ils peuvent fumer. Je n’y vois aucun inconvénient.

Enfin, je recommande toujours à mes malades les soins de propreté les plus minutieux, et je n’oublie jamais de les prévenir du danger qu’il y aurait pour eux à porter par inadvertance sur les yeux leurs doigts souillés d’une goutte de pus blennhorrhagique, une opthalmie particulièrement grave pouvant être la conséquence de cette imprudence.

Voilà pour la partie hygiénique du traitement palliatif. Quant à la partie médicale de ce traitement, voici en quoi elle consiste.

Les malades prendront tous les deux ou trois jours des bains tièdes simples ou alcalins ; ils se tiendront le ventre toujours libre à l’aide de laxatifs salins, sulfate de magnésie, eau de Rubinat, etc., de préférence aux drastiques (rhubarbe, alocs), qui congestionnent le rectum et les veines hémorrhoïdales.

Dans la journée, ils boiront beaucoup. Plusieurs me diront : Mais plus on boit, plus on pisse, et comme chaque fois que j’urine, je souffre atrocement, j’aime mieux ne pas boire. Ces malades sont dans l’erreur: plus on boit, plus on pisse, c’est vrai, mais aussi plus les urines sont aqueuses, moins elles sont âcres, irritantes, et, par suite, douloureuses quand elles traversent le canal enflammé. Aux repas, ils couperont leur vin avec de l’eau de Saint- Cahnier (source Badoit) ou de l’eau de goudron préparée avec du goudron Frey singe ; dans la journée, ils continueront à boire plusieurs verres d’eau de goudron additionnée de sirop de cerises, ou mieux de sirop de tolu.

Si la chaudepisse est cordée, s’il y a de la dysurie prononcée, il faut mettre quinze à vingt sangsues au périnée, et non aux aines ou sur la verge au niveau de la corde, ainsi que le conseillent mal à propos quelques médecins.

Contre les douleurs permanentes, je ne suis pas partisan des injections calmantes opiacées; je préfère de beaucoup les frictions avec la pommade belladonée ou les suppositoires belladonés, ou encore les injections hypodermiques de morphine.

Pour empêcher les érections , on a proposé le camphre, la jusquiame, le lupulin. Ce sont là des remèdes incertains et souvent inefficaces. Pourquoi donc y avoir recours lorsque nous avons ces deux anti-aphrodisiaques merveilleux, le bromure de potassium et le bromure de camphre, dont l’action est toujours constante et certaine, si on a recours à des préparations telles que le sirop de Laroze au bromure de potassium ou les capsules du D' Clin au bromure de camphre.

Lorsque, grâce à ces divers moyens, la blennorrhagie est passée à l’état subaigu, lorsque la miction et les érections sont moins douloureuses, lorsque l’écoulement a perdu sa couleur verdâtre et redevient jaune; en un mot, lorsque les phénomènes inflammatoires entrent dans la période de décroissance , mais alors seulement , il faut instituer le traitement proprement dit, celui qui est des-

tiné à supprimer et à faire disparaître l’écoulement, et, avec lui, la blennhorragie.

On a préconisé dans ce but certains médicaments administrés à l’intérieur et des injections uréthrales. Les médicaments internes les plus usités sont le copahu, le cubèbe, le santal et le kava. Je n’en dirai ici qu’un simple mot, un article spécial étant consacré à chacun d’eux dans ce dictionnaire.

Le copahu, le plus ancien en date, jouit d’une efficacité incontestable; il présente malheureusement j)lusieui s inconvénients. A haute dose, il occasionne des nausées, des renvois désagréables, des vomissements, des crampes d’estomac et de la diarrhée. Son usage prolongé peut déterminer une éruption à la peau accompagnée de démangeaisons. Enfin, il communique à l’haleine, à la sueur et aux urines une odeur pénétrante caractéristique qui révèle à l’entourage une affection qu’on a toujours intérêt à cacher. Ces inconvénients se montrent surtout lorsque le copahu n’est pas de premier choix et lorsqu’il est administré sous forme d’opiat, de bols, ou (le cet horrible breuvage qui a nom potion Chopart, et qui a certainement guéri moins de chaudepisses (lu’elle n’a déterminé de gastralgies. Lorsqu’on administre le copahu dans les enveloppes de gluten, imaginées par Raquin et approuvées par l’Académie de médecine, la plupart de ces inconvénients sont les uns supprimés, les autres sensiblement atténués, la couche de gluten qui enveloppe le médicament permettant à celui-ci de traverser intact l’estomac, puisqu’elle n’est attaquée et dissoute que dans l’intestin. Mais l’odeur copahique persiste encore dans les urines assez prononcée, sauf lorsqu’on administre le copahu sous forme de copahivate de soude. Cette dernière préparation, en effet, ne transnu't que très faiblement aux urines l’odeur du copahu.

Le cubèbe, qui a besoin d’être administré à plus haute dose que le copahu pour produire le même résultat, offre les mêmes inconvénients que lui, mais à un degré moindre ; et ces inconvénients sont aussi sensiblement diminués lorsqu’on l’administre enrobé dans du gluten, d’après le procédé de Raquin.

Le santal, expérimenté par Panas, Simonnet, Durand et plusieurs autres médecins, donne aussi de très bons résultats, mais ces résultats sont subordonnés à la plus ou moins grande pureté du santal employé.

Quant au kava, le dernier en date, et que je me fais un honneur d’avoir introduit d’une manière définitive dans la thérapeutique de la blennorrhagie, c’est aussi un médicament très efficace, agréable à prendre, apéritif, très diurétique, n’occasionnant aucun renvoi, ne communiquant aucune odeur aux urines, et dont les effets semblent d'autant plus manifestes qu'il est administré dans la pé7'iode la

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plus aiguë de la maladie, ainsi que cela résulte des nombreuses expériences auxquelles je me suis livré depuis 1882, et qui ont été de tous points conformatives de celles des professeurs Gubler, Fonssaqrives, Féris, et des docteurs Edouard Dupouy, Kuzent, Frensch et Kesteven.

Bref, chaque médecin a sa préférence marquée pour Fun ou pour l'autre de ces médicaments. Les uns sont pour le copabu, les autres pour le cubèbe. (Certains administrent le cubèbe et le copabu combinés ; ceux-ci ont recours au santal ; ceux-là, enfin, au kava. Quel que soit le médicament adopté, il est de la plus haute importance de se tenir en garde contre les innombrables fraudes dont ils sont chaque jour l’objet, et de n’employer que des produits de premier choix et des préparations irréprochables comme pureté et comme dosage. Pour le copahu et le cubèbe, c'est aux Capsules de Raquin approuvées par l’.\cadémie qu’on doit donner la préférence. Elles contiennent chacune 50 centigrammes de substance active et s’administrent à la dose quotidienne de 3 à 18, en trois fois, selon les cas. Poulie santal, le plus pur et le mieux préparé est le Santal Midy, en petites capsules rondes, dosées à 20 centigrammes, dont on administre de 10 à 12 par jour, en trois fois. Qnant au kava, le lecteur me permettra bien, je pense, de lui recommander le Kava Labarfhe, en petites pilules de 25 centigrammes, couvertes d une légère couche de sucre, préparées sous mon contrôle par M. Rocher, mon savant collaborateur. Mon kava se prend à la dose rie 8 à 15 pilules par jour, en trois fois

Sous l’influence de ces médicaments, et dans un temps qui varie suivant les individus et suivant l’intensité de la maladie, les douleurs cessent, l’émission des urines se fait plus facilement, l’écoulement diminue de purulence et de quantité. 11 devient jaune, jaunâtre, et bientôt il n’est plus ([u’opalin et réduit à un simple suintement. Quel que soit le médicament employé, je ne saurais trop recommander aux malades d’en continuer l’usage, non seulement tant que persiste l’écoulement, si faible soit-il, mais encore pendant une huitaine de jours au moins, à partir de sa disparition complète, mais en diminuant chaque jour les doses ingérées.

D’une manière générale, je ne suis pas un partisan fanatique des injections uréthrales dans le traitement de la blennorrhagie, je suis même l’ennemi de la plupart d’entre elles. L’injection au sulfate de zinc ; — l’injection au sulfate de zinc associé à \ extrait de Saturne {acétate de plomb) et additionnée de quelques gouttes de laudanum, qui est l’injection habituellement donnée par les pharmaciens, si fréquemment consultés par des blennorrhagiens que, malgré leur incompétence absolue, presque tous finissent par se prendre sérieusement pour des thérapeutistes éminents en matière vénérienne ; — l'injection au sulfate de cuivre; — l’injection à la pierre divine, qui n’est autre chose qu’un mélange de sulfate de cuivre, d'alun et de nitrate de potasse ; — l’injection au perchlorure de fer, etc., t sont toutes de mauvaises injections, peu actives, ' ' déterminant une vive douleur dans l’urèthre, du t ténesme vésical, delà difficulté d'uriner, dans maintes circonstances, des orchites. En outre, la plupart

DiCTION.NAIRr. POPCLAIRE DE MÉDECINE ÜSÜELI.E.

d’entre elles donnent à la muqueuse du canal une coloration spéciale et laissent sur la chemise des taches indélébiles, révélatrices de la maladie.

Les injections au sous-nitrate de bismuth dites isolantes, si fort vantées jadis, sont aussi de mauvaises injections. Elles occasionnent des accidents en se solidifiant dans le canal, en l’obstruant et souvent en Y écorchant. « .J’ai vu, dit le professeur Rollet à propos de ces injections, des malades être pris tout à coup de difficultés d’uriner et rendn» avec effort des concrétions de bismuth, sortes tampons formés par le résidu des injections avec les mucosités du canal. »

Les injections astringentes au tannin, au cachou, au ratanhia, au kino, etc., ne sont pas meilleures ; elles provoquent souvent du ténesme vésical, et, comme la plupart des injections caustiques, elles laissent sur la chemise des taches qui trahissent le malade. On doit donc en rejeter l’emploi, d’autant que leur action siccative sur la muqueuse est faible et inconstante.

Est-ce à dire que je sois ennemi absolu des injections dans le traitement de la blennorrhagie ? Non, certes. Lorsque, grâce à un traitement interne bien ordonné, l’écoulement se trouve réduit à un simple suintement, presque incolore, mais alors seulement, je suis d’avis qu’on peut avoir recours à quelques injections très faiblement caustiques ou simplement anticatarrhales et antiseptiques, pour hâter sa disparition.

Deux injections, par jour, une le matin et une le soir après avoir uriné, avec la solution suivante ;

Nitrate d'argent 0,0.j centigr.

Eau distillée 100 grammes,

qui est très faiblement caustiqtie et pour ainsi dire pas douloureuse, ou mieux avec celle-ci :

Acide borique l à 3 grammes.

Eau distillée 100 grammes,

tout à fait indolore et simplement antiseptique et anticatarrhale, m’ont toujours donné d’excellents résultats, et jamais jusqu’ici, dans ma pratique déjà longue, je n’ai observé d’accidents à la sttite de leur administration.

Quant à la manière de pratiquer ces injections et au choix de l’instrument, comme c’est là une opération très délicate, qui demande à être faite avec précaution pour éviter toute sorte d’accidents, je prie le lecteur de se reporter au mot injection.

En terminant cet article, déjà trop long, je recommanderai aux malades la patience, la persévérance et, par dessus tout, le régime hygiénique rigoureux jusqu’au bout, tel que je l’ai indiqué plus haut, s’il veut arriver à se débarrasser rapidement et complètement de cette maladie, et s’il ne veut pas la voir dégénérer en blennorrhée (V. ce mot).

D'- Paul Labarthe,

Ex-médecin des vénériens militaires et du Dispensaire de salubrité , Professeur de Syphiligraphie et de Chirurgie urinaire à l’École pratique de la Faculté.

BLENNORRHÉE. — La blennorrhée, appelée aussi blennorrhagie chronique, uréthrite chronique,

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chnudepisse ch7’onique, suintement uréthral, goutte militaire, etc., est une inflammation chronique de la muqueuse uréthrale, caractérisée par un suintement muco-purulent peu abondant, plutôt que par un véritable écoulement, qui, dans le plus grand nombre des cas, succède à la blennorrhagie, mais peut aussi se montrer sans elle.

Il résulte de cette définition que le symptôme le plus caractéristique de la blennorrbée, c’est l'écoulement. Celui-ci est tantôt d'un blanc laiteux, tantôt d'un blanc jaunâtre, plus ou moins visqueux et filant. Son abondance varie suivant les individus et l’ancienneté de l’affection. De temps en temps dans la journée, certains malades remarquent une grosse goutte de muco-pus à l’orifice du méat, qui, déposée sur la chemise, forme une tache blanchâtre, semblable à celle que ferait de la gomme, avec une teinte jaunâtre à son centre. Chez d’autres, ces gouttes font défaut dans la journée et c’est seulement le matin, au réveil, qu’ils en aperçoivent une, encore faut-il pour la constater presser le canal d’arrière en avant pour la faire sortir. Si les malades urinent en se levant, cette goutte est chassée par l’urine, au début de la miction, elle se désagrège, et forme dans le vase comme de petits filaments blanchâtres, assez semblables à de petits vers, qui nagent dans le liquide et, peu à peu, vont se déposer au fond.

En général, les malades n’éprouvent aucune douleur, à peine une légère sensation de chaleur en urinant. Us ressentent de temps à autre un chatouillement au niveau du gland ou dans un point du canal plus ou moins voisin du périnée. Dans certains cas, ce sont de véritables élancements dans le méat et un sentiment de pesanteur et de chaleur vive au périnée.

Ils urinent plus souvent que d’habitude, et lorsque le besoin de la miction se fait sentir, ce qui a lieu surtout à la fin des repas, il est si impérieux, qu’il faut le satisfaire immédiatement et à tout prix.

« Combien de fois, disait avec raison, le D'' Phillips, des hommes du monde, étant en soirée, à une table de jeu, par exemple, ne portent-ils pas subitement la main à la verge pour presser le gland, afin de faire cesser les inquiétudes? Bientôt une chaleur vive parcourt toute la partie courbe du canal et un besoin irrésistible d’uriner se fait sentir-. » Chez le plus grand nombre, le jet d’urine se bifurque ou se divise en deux colonnes, s’entrecroisant de différentes manièi-es, et donnant souvent lieu à un jet en spirale, ce qui lait dire aux malades eux-mêmes qu’ils pissent en tire-bouchon.

Les chatouillements dont nous venons de parler, déterminent des éi-ections fréquentes qui ne sont pas douloureuses, mais portent les malades à ac- (omplir 1 acte vénérien. S’ils se livrent au co’it,

1 éjaculation détei-mine un chatouillement plutôt pénible rpi agréable. Le sperme, au lieu d’être lancé avec vigueur, ne sort qu’en bavant et goutte à putte, ou il retlue vers la vessie. Dans certains cas, la liqueur séminale est teintée de sang. Si les malades, daris la crainte d’aggraver leur mal, s’abstiennent du coït, les érections deviennent de plus en plu.s frequentes, surtout la nuit, et s’accompagnent de pollutions nocturnes, qui se produisent à

des intervalles de plus en plus rapprochés et peuvent dégénérer en spermatorrhée ou pertes séminales.

En même temps se montrent des accidents du côté de l’appareil digestif, tels que dyspepsie, gastralgie, constipation.

Chez les individus qui sont malades depuis longtemps, survient un état mental particulier. La tristesse les envahit, ils sont inquiets, mélancoliques, ils songent sans cesse à leur mal, se persuadent qu’ils ne guériront jamais; dévorent tous les traités spéciaux; courent tous les cabinets des médecins spécialistes et surtout, hélas ! toutes les boutiques borgnes des nombreux charlatans dont les noms tapissent l’intérieur des urinoirs publics ; changent tous les jours de médication ; et, comme ils ne guérissent pas, au coiitraire, ils prennent les femmes en dégoût, vivent retirés, seuls, et arrivent à l’hypocondrie. On en voit même, fort heureusement en petit nombre, finir par le suicide! Ce qui avait fait dire à Ricord, qu’un bon nosographe devrait classer la blennorrbée parmi les affections mentales (V. Uréthroinane).

Quelles sont les causes de la blennorrbée? —

Parmi les causes prédisposantes, je citerai l’anémie, le lymphatisme, l’épuisement prématuré. La diathèse scrofuleuse prédispose aussi à la blennorrbée, car, en enlevant aux muqueuses, à celle de l’urèthre comme aux autres, leur tonicité et leur vitalité, elle prolonge indéfiniment les flux catarrhaux de ces membranes. Les diathèses herpétique, rhumatismale et goutteuse peuvent aussi faciliter le passage d’un écoulement de l’état aigu à l’état chronique et l’entretenir dans ce second état.

Parmi les causes occasionnelles, je signalerai tout d’abord la blennorrhagie aiguë soignée à tort et à travers, d'une façon irrationnelle et intempestive, ainsi que cela arrive très souvent, ou bien encore abandonnée à elle-même lorsqu’elle est réduite à un simple suintement, ce que font beaucoup de malades, qui, tout heureux de ne plus souffrir, se moquent de ce suintement et le traitent par le mépris, suivant leur expression.

Le retour trop précipité à un régime excitant, aux boissons alcooliques, et surtout à la bière; des érections répétées; le coït jiraliqué’trop tôt après la disparition de l’écoulement, sans laisser à la guérison le temps de se confirmer, sont autant de causes qui peuvent engendrer la blennorrbée, car elles congestionnent les organes génitaux, les irritent et entretiennent le suintement d’une manière indéfinie.

Enfin, bon nombre de malades entretiennent eux mêmes récoulemcnt chronique par la manœuvre suivante : ils se tiraillent la verge à tout instant et pressent la face inférieure du canal, avec leurs doigts, d’arrière en avant, pour se rendre compte si la sécrétion muco-purulente persiste chez eux. D’autres arrivent au même résultat par le régime absolument débilitant qu’ils s’obstinent à suivre, se privant de toute nourriture tonique, ne buvant jamais ni vin, ni café, malgré les conseils des médecins, persuadés que seul il les guérira!

Mais en dehors de ces causes prédisposantes et occasionnelles, il en est une plus sérieuse, plus

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grave et plus générale, à laquelle doivent être attribuées la plupart des blennorrhées, je veux parler des rétrécissements de l'urèthre, C'est surtout à Désorineaux que revient de mérite d'avoir montré la haute importance de cette cause. Ce chirurgien, à l’aide d'un instrument spécial, appelé Endoscope (v. ce mot), qui permet à l'œil de voir dans le <-anal et jus(pio dans la vessie, est arrive à préciser exactement la cause ordinaire de la maladie, son siège et les lésions (jni la caractérisent.

Où siège la blennorrhée? — Quelquefois à la fosse na\ iculaire, le plus souvent dans la région profonde de l'urèthre, à 12 ou 13 centimètres, dans la région bulho-membraneuse, entre la bulbe, et le col de la vessie qui est en quelque sorte le point confluent des voies urinaires et génitales où vient se concentrer l'inflammation qui produit l'écoulement.

D'ailleurs, pour bien se rendre compte du point particulier du canal où siège le plus fréquemment la blennorrhée, il suffit de savoir où siègent les rétrécissements, puisque la blennorrhée a sa cause la plus fréquente dans ces derniers. Or, sur un relevé de 208 rétrécissements observés dans ma pratique personnelle, et dont 163 avaient occasionné des blennorrhées, j’en ai trouvé :

141 au niveau de la courbure sous-pubienne dans la région meml)raneuse ;

42 au niveau des deux tiers supérieurs de la région spongieuse ;

2o au commencement de la portion spongieuse en partant du méat.

La région membraneuse de l’urèthre est donc le lieu d’élection des lésions de la blennorrhée.

Quelles sont les lésions qui caractérisent la blennorrhée? — Nous les connaissons très bien, grâce aux recherches endoscopiques de Désorineaux.

En passant à l’état chronique, la blennorrhée sc fixedans la région bulbo membraneuse de l’urèthre, et la muqueuse de la partie malade, d’abord simplement dépolie, devient bientôt inégale; ces irrégularités augmentent, se multiplient et finissent par former des saillies arrondies, hémisphériques, qui ne sont autres que des granulations. A ce moment, le point malade otfre une surface d’un rouge foncé, inégale, parsemée de granulations rondes, quelquefois un peu éloignées les unes des autres, d’autrefois juxtaposées de façon qu’elles couvrent toute la surface malade. La muqueuse, dans ce point, oflre l'aspect d’une mûre, aussi bien pour la couleur que pour l'aspect granuleux. Les granulations varient depuis un grain de moutarde jusqu’à la grosseur d’un grain de millet ou, un peu plus rarement, d'un petit grain de chènevis; les plus petites paraissent de formation plus récente. Elles occupent d'ordinain* une étendue de 2 à 4 centimètres, elles persistent pendant très longtemps.

Abandonnées à elles-mêmes, ces granulations finissent bien par guérir, mais en laissant après elles une lésion qui ne disparaîtra pas plus que ne disparait la cicatrice qui succède à une plaie.

11 est évident, ainsi que le dit, avec raison, Désorineaux, que les granulations ne peuvent pas exister .sans entretenir une inflammation sourde dans la muqueuse uréthrale et les tissus sousjacents; de là le gonflement de ses parties et, par

suite, un rétrécissement du calibre de l’urèthre, qui, d’abord à peine sensible, augmente graduellement par l’infiltration de lymphe plastique dans les tissus. A la longue cette lymphe plastique s’organise, des éléments fibreux nouveaux s’y développent, ainsi que des fibres élastiques qui s’ajoutent aux éléments fibreux primitifs déjà rétractés par l'inflammation, il eu résulte un tissu de cicatrice, ou plutôt un véritable tissu inodulairc qui prend la place des tissus nouveaux. Les granulations ellesmêmes finissent par être détruites par résorption, par ulcération, puis aussi peut-être parce que le travail qu’elles déterminent autour d’elles oblitérant les vaisseaux, amène leur atrophie. A mesure qu’elles disparaissent, la muqueuse elle-même, dont elles ont atteint la structure, prend l’aspect d’un tissu cicatriciel, comme les couches sous-jacentes. Alors, la blennorrhée est finie, elle a terminé son évolution, et fait place à un rélrécissement inodulaire. De telle sorte que la blennorrhée qui a été occasionnée par un rétrécissement devient à son tour cause d’un autre rétrécissement bien plus grave que le premier. (V. Reirécissemenl).

Quelle est la gravité de la blennorrhée? — D(î tout ce qui précède, il est aisé de conclure que la blennorrhée est une maladie grave au point de vue local et a i point de vue général, et qu’il importe par conséquent de lui opposer, dès le début, un traitement rationnel et énergique.

Quel e:t le traitement de la blennorrhée? — Avant d’instituer aucun traitement, il faut tout d’abord s’assurer du siège exact de la maladie. Pour cela il faut faire l’exploration du canal, le plus minutieusement possible, à l’aide de l'endoscope ou d’une bougie à olive.

Pour l’exploration endoscopique, on fait coucher le malade sur son lit si on l’examine chez lui, sur le fauteuil à opérations urinaires, si l’examen a lieu dans le cabinet du médecin, dans la position ordinaire du calhétérisme (V. ce mot). Puis on introduit doucement et lentement la sonde de l’endoscope, préalablement huilée, jusqu’à l’extrémité de la partie profonde du canal; on adapte ensuite l’endoscope sur elle et on procède à l’exploration en retirant lentement la sonde jusqu’à ce que l’œil rencontre le siège du mal. Lorsque celui-ci a été bien observé, bien reconnu, bien précisé, on retire complètement la sonde.

Si on explore le canal à l’aide d’une bougie à olive ou à boule, le malade étant placé comme précédemment, on commence avec une bougie correspondant au numéro 19 ou 20 de la filière Charrière qui représente le calibre ordinaire du canal. Après l’avoir soigneusement enduite de cérat ou d’huile, on l’introduit doucement, sans secousse, avec le plus de légèreté possible. Tant que la bougie parcourt des parties saines, le malade n’accuse pas de douleur, tout au plus un chatouillement et une légère sensation de chaleur. Mais lorsqu’on arrive au point malade, siège des granulations, en même temps que le chirurgien constate une résistance, le malade accuse une douleur vive qui s'augmente si on cherche à faire pénétrer la bougie plus avant. A ce moment, le chirurgien lâche la verge du malade qui revient sur elle-même, il marque avec

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l’ongle le point de la bougie qui touche au méat, puis il la retire, et la distance de ce point à l'olive indique à quelle profondeur dans le canal siège la lésion.

La constatation du rétrécissement faite, il faut encore se rendre compte du calibre du canal au point rétréci. Pour cela, le chirurgien pratique le cathétérisme successivement avec des bougies à olives de calibre de plus en plus petit, jusqu’à ce qu'il arrive à franchir le rétrécissement, sans exercer une trop forte pression. La grosseur de l’olive qui a franchi le rétrécissement, donne le calibre de celui-ci 11 n’est pas rare que l’olive de la bougie retirée, ramène à son collet un peu de muco-pus blancliàtre ou rosé, preuve manifeste de l’inflammation du canal avec altération au point rétréci.

Une fois le diognostic bien établi, il ne reste plus qu’à instituer le traitement, en prévenant le malade des conséquences graves que peut avoir son mal s'il ne guérit pas, et en ajoutant qu’une condition essentielle, sine quâ non, de la guérison, c’est la persévérance dans la cure.

L’hygiène joue un rôle très important dans la cure de la blennorrhée. Tout d'abord je recommande aux malades un régime tonique et reconstituant : bonne nourriture, viandes noires, légumes verts, sauf les asperges, bon vin rouge aux repas, café une fois par jour, deux fois même; mais je leur interdis le vin blanc, les liqueurs et surtout la bière.

Quelques médecins proscrivent d’une manière absolue le co'it, même le plus modéré, prétendant qu'il suffit d’une seule infraction à cette règle pendant le traitement pour faire perdre le fruit de la cure et ramener le mal à son état primitif. Je ne suis pas de cet avis et mon rigorisme sur ce chapitre n’est pas aussi absolu. J'ai constaté, au contraire, que des relations sexuelles, sagement ménagées et raisonnablement espacées, donnent maintes fois d'excellents résultats, et, dans tous les cas, ont toujours l’avantage d’agir sur le moral des malades, que leur maladie et une abstinence absolue contribuent à plonger dans la tristesse et le découragement.

J’examine ensuite la santé générale des malades, car nous avons vu que certaines diathèses influent d'une façon évidente sur la maladie, et si je constate un état dialhésique, je le combats autant que possible par un traitement approprié. Aux anémiques, aux lymphatiques et aux scrofuleux je donne les ferrugineux, le quinquina, l'iode, l’hydrothérapie, les bains sulfureux, les bains de mer. Aux herpétiques, de l’arsenic et les purgatifs légers; aux rhumatisants et aux goutteux, les purgatifs salins, les boissons et les bains alcalins, etc.

Enfin, j'institue le traitement de la blennorrhée elle-même.

La médication que j’ai conseillée contre la blennorrhagie, à son déclin, est assez souvent d'un emploi utile dans la blennorrhée de date très récente. C’est la pins simple, la plus inoffensive, et c’est par elle qu il convient de débuter. On administre donc les capsules de Raquin, le saiiial Midij ou le kava Labarthe, et, ainsi que l’a fait remarquer avec rai- .son Ricord, les etfets obtenus seront d’autant plus

avantageux qu’on les administrera à petites doses et d’îine façon soutenue.

Contre les blennorrhées un peu anciennes, ces moyens sont insuffisants.

On a proposé de les remplacer par des injections de toutes sortes : or, je le déclare, d’accord avec la plupart des spécialistes, toutes le? injections sont mauvaises dans tous les cas. En effet, si elles sont bénignes, elles sont aussi sans effet. Si elles sont actives, caustiques, siccatives ou isolantes, elles déterminent de vives douleurs et des accidents sérieux, tels que ténesme vésical, cystite, uréthrorrhagie, orchite, etc.; de plus, elles agissent toujours sur la partie antérieure du canal qui est saine, et n’atteignent pas une fois sur cent la partie profonde de l’urèthre, siège du mal. Ce fait est absolument démontré par l’expérience, et tout le monde peut le vérifier : si on fait une injection avec la seringue à injections ordinaire, contenant 5 à 10 centimètres cubes de liquide, celui-ci ne pénètre guère que jusqu’à 5 à 8 centimètres de profondeur; or, c’est là la partie saine du canal , et le siège de la blennorrhée se trouve toujours à 12 ou 15 centimètres de profondeur. On peut donc dire ici que plus l’injection employée est active, plus ses effets sont désastreux, puisqu’elle rend malade la partie saine du canal, et est sans aucune action sur la partie malade. Par suite, plus on prend d'injections, moins on guérit, et plus on a de rétrécissements. Je repousse donc les injections caustiques, astringentes, siccatives, isolantes, d’une façon absolue.

On a essayé, il y a quelques années, mais sans succès, de remplacer les injections par des bougies médicamenteuses, principalement par les bougies porte-remède Régnai. Ces porte -remède sont tout simplement des bougies longues de 12 à 16 centimètres, et d’une épaisseur variable entre 2 et 5 millimètres, faites avec de la gélatine et de la glycérine. Ce mélange, auquel on associe différentes substances caustiques ou astringentes, sulfate de zinc, tannin, rataniiia, etc., est fait dans des proportions telles, que les bougies obtenues sont dures et rigides. Ces porte-remèdes sont des espèces d’injections solides qui ont sur les injections liquides l’avantage d’agir sur la partie malade, mais qui ont aussi l’inconvénient très grave d’agir sur les parties saines du canal. De plus, ces porte-remèdes sont d’une introduction difficile, ils se cassent facilement et peuvent produire des écorchures dans le canal. Leur présence détermine des douleurs vives, une sensation de brûlure, du ténesme et une telle envie d’uriner que le malade n’y résiste pas, et qu’en vidant sa vessie, il les expulse. J’ajoute que les porte -remèdes sont très difficiles à maintenir dans l'urèthre, d’où le moindre spasme, la moindre contraction les expulse au dehors, malgré la calotte en caoutchouc dont on a proposé de recouvrir tout le gland pour les maintenir. Enfin, ces porte-remèdes ne fondent pas avant une heure et demie ou deux heures de séjour dans le canal, ce qui nécessite un temps égal de repos et d’immobilité horizontale de la part des malades. Je les repousse donc d'une façon aussi absolue que les injections.

Le traitement véritablement efficace de la blennorrhée ancienne, le seul vraiment curatif, consiste

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dans la dilatation temporaire progressive, à l’aide de l)ongies en gomme d’aliord, de cathéters en métal ensuite, suivie d’instillations ou d’irrigations uréthrales, combinées avec l’administration du copahu, du santal ou du kava.

Pour pratiquer la dilatation, on introduit successivement dans le canal des bougies en gomme de calibre croissant, en commençant par une bougie d'uu numéro correspondant au calibre du canal au point malade, calibre qui a été donne par la bougie à boule exploratrice. .le suppose, par exemple, que le canal n'ait livré passage qu’à une bougie à boule correspondant au 11° 14 de la filière Charrière, je commence par introduire une bougie en gomme n’ 14 que je laisse quatre ou cinq minutes dans le canal, et que je remplace par une seconde bougie n® 13 que j'y laisse pendant le même temps. Le lendemain ou tous les deux jours, si le malade est trop sensible, j'introduis le n“ 13, puis le n° 16 et ainsi de suite à chaque séance, j'introduis le numéro de la séance précédente et un numéro supérieur. Au bout de quelques séances — quatre à six en moyennne, — je remplace les bougies en gomme par les cathéters en étain de Réniqué avec lesquels je continue graduellement la dilatation jusqu’à ce que celle-ci soit complète, ce qui se reconnaît lorsque le cathéter est également serré dans toute l’étendue du canal. A ce moment, je n’arrête pas brusquement tes séances de dilatation, mais je les continue pendant (juelques jours, en introduisant chaque fois les deux derniers numéros.

Cette dilatation agit comme modificateur. Et le travail physiologique déterminé parle contact des instruments s’étend non seulement à la surface de la muqueuse uréthrale, mais à toute l'épaisseur des parois du canal. C’est au sein même des produits pathologiques, comme le dit fort bien le professeur Cuyon, que s’opèrent les modifications interstitielles qui vont profondément changer leurs propriétés et parallèlement déterminer des modifications dans leur structure.

L’introduction des bougies et des cathéters n’est ni douloureuse ni dangereuse, mais à la condition formelle d’être pratiquée par un chirurgien à la main légère et exercée, .le ne saurais donc trop prévenir les malades qui seraient tentés de s’introduire eux-mêmes des bougies et à plus forte raison des cathéters, qu'ils s’expo.sent à une série d’accidents dont les moindres sont des fausses routes à travers le rétrécissement, des orchites déterminées par le choc du bec des instruments contre l’orifice des canaux éjaculateurs, des excursions à travers la prostate, etc., sans compter les accès de fièvre urineuse qui les compliquent souvent.

Dans bon nombre de cas, la dilatation temporaire et j)rogressive suffit à elle seule pour tarir l’écoulement, on faisant disparaître le rétrécissement et les granulations. Il arrive cependant que, malgré la dilatation, le suintement blennorrhéique persiste. J'ai recours alors à l’excellent procédé si justement recommandé par le professeur Guyon et qui, comme à lui, m’a donné d'excellents résultats : je veux parler des instillations uréthrales, qu’il faut bien se garder de confondre avec les injections.

Pour les pratiquer, une bougie exploratrice à olive perforée, d’une grosseur correspondant aux numéros 18 à 21 de la filière Charrière, et une seringue de Pravaz pouvant contenir quelques grammes de liquide et munie d’une canule conique à pas de vis extérieur, sont nécessaires. Après avoir introduit la bougie dans le canal jusqu’à la partie profonde où siège la lésion, on visse à son extrémité libre la canule de la seringue préalablement chargée du liquide médicamenteux et amorcée, puis on pousse le nombre de gouttes que l’on juge convenable d’instiller. Celles-ci ne quitteront pas la région où on les a dé[)Osées; elles ne descendront pas vers la vessie, retenues qu’elles sont par le sphincter du col normalement formé; elles ne retourneront pas non plus vers la partie antérieure du canal, puisque celui-ci est bouché par la boule de la bougie que l’on ne retire qu’au bout de quatre ou cinq minutes, lorsque l’effet désiré est obtenu. L’action du liquide est donc bien réellement limitée à la portion du canal qu’on a voulu atteindre. J’emploie d'ordinaire la solution suivante :

Nitrate d’argent. ... 0 gr. 50 à 1 gramme.

Eau distillée 30 grammes.

et, pas plus que M. Guyon, je n’ai jamais observé de saignement, de dysurie ou de rétention d’urine, encore moins d’accès fébrile. A peine si les malades accusent une légère - cuisson, très supportable, qui disparaît assez vite.

Dans certains cas, au lieu d’avoir recours aux instillations, je pratique l'irrigation do l'urèthre. Pour cela, je me sers d’une sonde en gomme, à l’extrémité de laquelle j’ai fait visser une olive en platine, au dessous du renflement de laquelle j’ai fait percer très obliquement d’avant en arrière trois petits trous, de manière que le liquide poussé par le piston revient vers le méat. J’introduis cette sonde jusqu’au delà du point malade, je visse sur son extrémité libre ouverte en petit entonnoir, la canule conique d’une seringue contenant 150 grammes de la solution médicamenteuse et préalablement amorcée, puis je pratique l’irrigation de l’urèthre en poussant lentement le piston. Le liquide, arrivé à l’olive de la sonde, ressort par les trois trous et revient en avant sortir par le méat, après avoir lavé toute la muqueuse du canal. La solution que j’emploie d’une manière exclusive est la suivante :

Acide borique 2 k 4 grammes,

Eau distillée 150 grammes.

L’acide borique agit comme modificateur antisepti(iue et anticatarrhal, et a l’immense avantage de n’étre nullement caustique, de ne jamais provoquer la moindre petite douleur, même à haute dose, enfin, de donner des résultats remarquables et généralement rapides.

Concurremment aux instillations ou aux irrigations uréthrales, on administre les capsules Raquin, \esan(al Midy ou le knva Labarihe, mais à petites doses, et on continue leur usage pendant quelques jours après la disparition complète du suintement, en diminuant chaque jour les doses ingérées.

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GrAce à ce traitement suivi avec patience, exactitude et persévérance, on arrive à guérir très l)ien les Itlennorrhées, même les plus rebelles.

D"' PAIT- LABAUTHE.

BLÉPHARITE. — Sous ce nom que l'on fait suivre ordinairement du qualificatif ciliaire, on désigne une affection dont le siège principal est le bord libre des paupières. On reconnaît à cette maladie trois formes différentes (jui peuvent être considérées comme trois périodes d’un même état patliologique.

1“ Ri-Ki'iiAtuTK cii-iAïuE siMi'i,E. — Elle n’cntraîne aucune altération grave des cils. Elle est caractérisé par une rougeur plus ou moins prononcée du bord libre des paupières. De fines pellicules pôu adhérentes au début entourent la base des cils, ceux-ci tombent aisément, surtout au moindre frottement que rend impérieux une démangeaison, une cuisson et même un sentiment de ])rLilure que fait naître tout effort soutenu de vision, le séjour dans la fumée, l’exposition à la lumière vive ou au vent un peu frais. L’affection peut conserver son caractère bénin, mais elle s’aggrave souvent aussi et l’on assiste à la seconde période de la maladie ou seconde forme ;

2“ Bi-épuauite cii-iAir.E iiYPEiiTuopmyuE. — ('.ctte affection est caractérisée par une inflammation grave des follicules pileux et une infiltration du derme qui supporte les cils. 11 résulte de cet état pathologique que de petits boutons d’acné se développent à la base des cils, et laissent écliapper leur contenu qui, en se desséchant, agglutine les cils en pinceau et forme à leur base des croûtes plus ou moins friables lesquelles cachent de petites exulcérations encore superficielles. Gênés dans leur développement par l’inflammation des follicules pileux, les cils tombent et sont remplacés par d’autres plus fins, décolorés et frisés. Le gonflement du bord ciliaire amène l’induration et la déformation de la paupière et par là la déviation des follicules et des cils qui peuvent venir frotter le globe (('?Tc7imiT’Aj. Le voile palpébral se déverse eu dehors, son bord tranchant s’arrondit, la muqueuse exposée à l’air se cutise peu à peu, d’où il résulte que le globe n’étant plus protégé, pleure d’abord et s’enflamme ensuite; mais cette forme déjà bien grave peut s’aggraver encore et l’on observe alors la S”" période;

■.1° Rlépiiaiîite L'i-cÉiiECSE. — Dans celle-ci on assiste à la destruction supj)urative des follicules ciliaires, causée par la rétention des produits de secrétion glandulaires par obstruction des orifices d’excrétion. Un encroûtement général recouvre le bord des paupières. Si on le d('‘lache, les cils déjà déformés sont emportés et à la place" qu’ils occupaient se voient des ulcérations profondes et saignantes. Les paupières se raccourcissent, se déjettent en dehors [eclropiou), les points lacrymaux n’étant plus au contact du globe ne peuvent plus absorber les larmes, l’œil [ileure et s'enflamme, un abcès du canal lacrymal ))eutse dévelop])cr; les cils de plus en plus grêles tombent pour ne plus reparaître (inadorosis) et l’on a alors sous les yeux ces etres à aspect rejjoussant par leui's ])aupières rouges, tuméfiées, purulentes ou sanguinolentes,

qui redoutent la lumière à cause des douleurs qu’elle leur cause et la vue de leurs semblables parce qu’ils savent qu’ils sont pour eux un objet de dégoût.

Cette affection se rencontre principalement chez les personnes lymphatiques, disposées à l’eczéma ou sujettes à l’acné. Les gens qui prennent peu de soins de propreté en sont souvent affectés, c’est chez eux que l’on a rencontré dans les follicules pileux un champignon analogue à l’achorion du favus. Si la blépharite est unilatérale on devra porter son attention sur les voies lacrymales. Nous savons déjà que l’apparition de la blépharite ciliaire est dûe souvent à des efforts de vision, à un séjour prolongé dans une salle fortement éclairée ou trop enfumée.

Il résulte de ces notions que le traitement variera suivant que l’origine de la maladie se rencontrera:

1“ Dans une altération des cils;

2“ Dans la présence d’une conjonctivite ;

3° Dans une lésion des voies lacrymales (F. ConjonctivUe et Yoies Lacrymales).

Les personnes disposées à la blépharite doivent vivre dans un air pur et frais, porter des verres fumés ou bleutés et bombés en forme de coquille afin de mieux abriter les yeux contre les rayons du soleil et l’action des vents. Ils éviteront un travail excessif et le séjour dans les estaminets, les usines et les laboratoires d’où se dégagent des vapeurs irritantes. Us éviteront les écarts de régime, chercheront à combattre leur tempérament lymphatique par un régime approprié. La première condition de guérison est une exquise propreté des cils, qui seront lavés matin et soir avec de l’eau bien chaude de façon à détacher aisément les croûtes sans arracher les cils, l’adjonction de quelques gouttes d’acide phénique sera d’un puissant secours comme antiseptique et cicatrisant. Après ces lavages on saupoudrera avec avantage le bord des cils, bien séché préalablement, avec de la poudre de calomel. Si l’altération des cils a commencé, on aura recours aux frictions sur la marge des paupières avec les pommades :

Préci])ité blanc .v centigrammes.

Vaseline 5 grammes.

OU bien :

Oxyde rouge d’Iiydrargyre .... S.t centigrammes. Vaseline 5 grammes.

Mais à ces préparations nous préférons de beaucoup la suivante :

lodo-chlorure d’hydrargyrc . ... 5 centigrammes. Vaseline 5 grammes.

Toute blépharite, même à la seconde période, est rapidement modifiée par les lotions chaudes antiseptiques, les frictions du bord ciliaire répétées une seule fois par jour avec la pommade ci-dessus et l’usage de la poudre de calomel. L’on ne tarde pas à voir les exulcérations disparaître et les cils repousser avec une vigueur qu’on ne leur connaissait plus. On sait que l’évolution du cil est d’environ

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cent jours, c’est donc le temps sur lequel il faudra (•ompler pour la restauration d'une paupière atteinte de Idépliarite ciliaire liypertropliique, avec alopécie déjà |)rononcéc. D' Gillet de Guandmont,

Cliiri'.rf’ien-oculiste adjoint des Maisons d’éducation de la Légion d’honneur.

BLÉPHARO- CONJONCTIVITE. — Inflammation simultamée de la conjonctive du globe de l’œil et de celle qui tapisse la face interne des paupières

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