‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 9 sur 238 · ABO · texte numérisé non relu

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niques liées, dans certaines contrées, à des pratiques religieuses.

Au point de vue thérapeutique, elles constitiknt un procédé hydrothérapique secondaire; cependant, elles peuvent rendre de très grands services, notamment aux enfants scrofuleux et aux personnes débiles, ne pouvant être facilement acclimatées à l’impression du froid. Ces applications, qui sont faciles à faire à domicile, rendent encore de grands services aux personnes qui ne peuvent, pour différentes raisons, se rendre dans un établissement hydrothérapique.

Pour les pratiquer, on se sert d'une ou deux éponges trempées dans l'eau, ou de serviettes largement mouillées, avec lesquelles on fait des frictions sur tout le corps. Un aide frotte le dos et les membres, tandis que le malade frictionne lui-même la partie antérieure du corps.

Quand le patient supporte difficilement l’impression du froid, on débute par des ablutions faites avec de l’eau tempérée. Priessnitz ordonnait souvent les lotions froides pour tâter la susceptibilité du malade au début du traitement. Nous les employons dans le même but et aussi pour combattre certains accidents nerveux de nature spasmodique.

En déterminant une excitation superficielle de la peau, les ablutions en activent légèrement les fonctions ; cet efl’et peut être augmenté, si l’on a soin de faire préalaldement savonner tout le corps, afin de le débarrasser des sécrétions sébacées et épidermiques qui le recouvrent. Suivies de frictions sèches ou de massages, elles sont utiles chez les malades dont la susceptibilité nerveuse rend difficile l’emploi d’agents plus énergiques. Répétées tous les matins, elles peuvent rendre de, grands services en excitant les sens engourdis, en acti\ant la circulation capillaire périphérique et en modifiant l'innervation par l’effet d'une série d’actions réflexes qui ont leur point de départ à la peau. Elles trouvent encore leur indication dans certaines formes d’aliénation mentale et dans quelques névropathies exemptes de complications; mais, comme nous possédons des moyens plus puissants à opposer aux troubles que font naître les affections nerveuses, leur usage est assez restreint, et leur intervention dérive d’indications toutes spéciales. Nous en reparlerons du reste, surtout au double point de vue des effets physiologiques et thérapeutiques, au mot hydrothérapie. (V. ce mot.)

D' béni-Barde,

Médecin en chef des établissements hydrothérapiques de Paris

et d’Auteuil. auteur du Traité théorique et pratique d’hydrothérapie, lauréat de l'Institut, de la Faculté et de l'Académie.

ABORTIF. — On appelle ainsi des médicaments qui sont réputés susceptibles de provoquer l’avortement, grâce à une action spéciale exercée par eux sur la matrice.

La saignée, les applications de sangsues, les purgatifs drastiques, les emmériagogues ont été employés de tout temps pour provoquer l’avortement; mais la rue, la sabiue et l’ergot de seigle sont les trois principaux médicaments auxquels on a le plus souvent recours pour provoquer l'avortement, surtout l’avortement criminel. Cependant, Ollivier d'.\ngers, Tardieu et la plupart des médecins légistes n’admettent pas la puissance abortive de ces diverses

substances, des faits scientifiques rigoureusement observés ne l’ayant pas encore clairement établie. Les chirurgiens partagent leur avis ; aussi ont-ils toujours recours aux manœuvres chirurgicales dans les cas où ils se trouvent dans la nécessité de pratiquer l’avortement dans un but thérapeutique.

M. Dujardin-Beaumetz a donc raison de dire, dans son Dictionnaire de thérapeutique, qu’il n’y a pas, à proprement parler, de substances abortives. Les substances ainsi dénommées ne peuvent amener l’avortement, qu’en déterminant un état général pathologique tel que la grossesse ne peut continuer son cours; telles sont la rue et la sabine; mais, à ce titre, tous les poisons seraient des abortifs, puisqu’ils peuvent empêcher l’évolution normale du fœtus. L’ergot du seigle agit bien, il est vrai, sur la matrice, mais, pour qu’il exerce son action, il faut que la matrice soit assez développée, et, même dans ce cas, il est impuissant à provoquer l’avortement à lui seul. Tout ce qu’il peut, c'est faciliter l’expulsion du germe, lorsque l'utérus déjà irrité, et le col de la matrice dilaté par des manœuvres chirurgicales, rendent possible la sortie du fietus. Pas plus que les autres substances, l’ergot de seigle n’est donc un abortif dans le sens strict du mot. (V. Avortement, Ergot de seigle, Emménagogues, Rue, Sabine, etc.)

D'' A.-L. Labauthe, père. •

ABOUTIR. — Se dit d’un abcès ou d'une tumeur dont la suppuration est sur le point de se faire une issue, soit à l'extérieur, soit dans une cavité intérieure. P. L.

ABOYEURS (DÉLIRE des). — Le délire des aboyeurs est une forme de la monomanie. Les individus atteints de cette affection se croient transformés en chiens {cynanthropie), en loups [tycanthropie], en animaux quelconques [zoanthropie).

En proférant des sons imitant la voix des animaux, ils agissent sous l'influence de la volonté, pervertie il est vrai, mais avec la conscience de l’acte volontaire qu'ils accomplissent, et en accompagnant celuici de gestes et de manières qu’ils croient le plus propres à rendre l imitation plus complète.

Cette affection, décrite par .\ëtius et par les Arabes, pourrait remonter, si l’on voulait, à Nabuchodonosor, Elle a été observée en Europe depuis le quinzième siècle, avec toutes les formes de la démonomanie. Elle a sévi, en 'effet, épidémiquement à certaines époques, chez les femmes surtout, que les prêtres croyaient possédées, et qu’ils traitaient par des exorcismes,mais sans grand succès. En France, on donnait particulièrement le nom de loups-garous aux lycanthropes. Ces malheureux démonomanes, par une étrange aberration de l’esprit (jui avait perverti l’instinct de leur propre existence, se croyaient changés en bêtes ; ils fuyaient leurs semblables, vivaient dans les bois, dans les cimetières, dansles vieilles ruines, couraient les campagnes pendant la nuit en poussant des hurlements. Au sortir de leurs hallucinations, ils s’accusaient devant les tribunaux de crimes atroces, de meurtres, d’actes d’anthropophagie qu’ils n’avaient jamais commis que dans le délire de leurs rêves.

A la fin du seizième siècle, un nommé Boulet fut

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