‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 10 sur 238 · ABU · texte numérisé non relu

ABU

arrête comme loup-garou, et déclara qu'avec son frère et sou cousin, après s'être frottés le corps d’un onguent, ils avaient été changés en loups, et qu’alors ils avaient couru les champs et avaient mangé des enfants. La justice, déjà mieu.x éclairée que dans les siècles ])récèdents, envoya ce malheureux dans un hôpital de fous.

A peu près à la même époque, dom Calmet disait que, dans un couvent d'Allemagne, les religieuses se crurent changées en chats, et qu'à une heure fixe de la journée ces religieuses couraient dans tout le couvent en miaulant à qui mieux mieux.

Le délire des aboyeurs ne s’observe plus de nos jours : il n'existe plus, dans la pathologie mentale,, qu à 1 état historique. D'' e. Dupouy,

Rédacteur en chef du Moniteur de la Policliniifue, ancien interne

de Charenton, lauréat de la Société médico-psychologique.

ABOYEURS (TOüx des). — La plupart des auteurs ont confondu la toux des aboyeurs avec le délire des abeyeurs. Un mémoire, présenté en 1856 à l'Académie des sciences, par M. Roscredon, a été la cause de la confusion de ces deux affections, cependant très distinctes. M. Pize a fait la même erreur, reproduite aujourd’hui par beaucoup d’écrivains distingués, et notamment par MM. Littré et Robin, dans leur dictionnaire de médecine.

La toux des aboyeurs, ou névropbonie (Bertrand), est une altération nerveuse, involontaire de la fonction vocale, et qui n’a pas le moindre rapport avec l'aliénation mentale. Cette singulière maladie ne paraît pas avoir d'autres causes que certaines affections morales vives, comme la peur, les contrariétés violentes, etc.

Elle a été observée épidémiquement dans les siècles passés; on en voit encore quelques cas maintenant, mais ils sont très rares. Inutile de dire qu'autrefois on la considérait, de même que la zoanthropie, comme une maladie due au sortilège et à la possession diabolique, qu’on la guérissait, par conséquent, en pratiquant l'e.xorcisme par le feu. On se souvient de la cure radicale opérée par le président de Lancres sur les personnes atteintes de cette maladie, devenue épidémique par imitation, dans la paroisse d’Amon, près d'Acqs : il les fit toutes brûler vives.

Wiérus a rapporté l’histoire d’une épidémie semblable au couvent de Sainte-Brigitte (au seizième siècle); Kniper une autre, en 1673, à l'hospice des enfants trouvés de Hoorn (Hollande). Freind raconte que dans le comté d'Oxford, deux familles étant étroitement unies, une jeune fille de l’une d’elles fut prise d'un aboiement si intense que toutes les personnes qui l'entendirent en furent effrayées, et qu’une jeune fille de l’autre famille contracta la même maladie, encore par imitation. Th. Willis a raconté aussi l'histoire de cinq demoiselles d’une même famille, observée à Blackthorn, atteintes toutes de hurlement.

Esquirol rapporte qu’un grand seigneur de la cour de Louis XIV éprouvait par instant le besoin d’aboyer; il passait sa tète à travers les croisées pour satisfaire à ce besoin.

Plusieurs cas, de toux des aboyeurs ont été observés de nos jours et ont été publiés. M. Jeannet a

écrit la relation de l’épidémie des aboyeurs de Josselin.

Enfin, il y a quelques années seulement, MM. Boscredon, Ancelon et Mangin ont signalé des faits récents qu’ils ont attribués, à tort, soit à l'iiystérie, soit à la chorée, soit à une forme de l'épilepsie.

En résumé, la toux des aboyeurs, ou névrophonie, n’a pas pour caractère essentiel une bizarrerie de sons et une similitude plus ou moins rigoureuse avec le cri connu de certains animaux ; mais elle consiste., physiologiquement, dans la constance d'une perturbation de l'appareil vocal, et dans l'impuissance où est la volonté d’arrêter ou de prévenir les accès. Ses symptômes sont excessivement variables ; mais on constate chez tons les sujets que le son est modulé sur un type constant, qu’il n’exige pas d'efforts apparents et qu’il se produit involontairement.

Le traitement de la névrophonie consiste surtout en moyens hygiéniques, la gymnastique principalement. On a obtenu de bons effets de l'application de pointes de feu sur la colonne vertébrale, et du valérianate acide d'atropine. Le bromure de potassium, l’hydrothérapie et l'électricité pourront aussi être employés très avantageusement, mais à la condition de continuer la médication avec persévérance.

D' E.-Dupouv.

ABRÉVIATION. — Les abréviations sont des signes ordinairement constitués par les premières lettres des mots mises à la place de ce mot entier, dont on se sert en médecine et en pharmacie, dans les formules et les ordonnances, pour indiquer soit le poids des médicaments, soit la façon de les préparer.

Voici les abréviations les plus importantes et les plus usitées :

aa ou aua

. De chaque

Même quantité.

Ad

. Adde

Ajoutez.

Ad libit

. Ad libitum ....

A volonté.

Aq

. Aqua

Eau.

Aq. bull

. Aqua bulliens. . .

Eau bouillante.

Aq. comm

. Aqua communia. .

Eau commune.

Aq. fervens ....

. Aqua fervens . . .

Eau chaude.

Aq. font

. Aqua fontis. . . .

Eau de fontaine.

. Dosis

Dose.

Dil

. Dilue

Faites dissoudre.

Dist

. Distilla

Distillez.

Ed

. Edulcora

Édulcorez.

Elect

. Electuarium. . . .

Électuairc.

. Fiat

Faites.

. Fiat secundum artem

Faites selon Part.

Filt

. Filtrah

Filtrez.

. Fiat potio

Faites une potion.

. Fiat mixtura . . .

Faites une mixture,

Fl

. Flores

Fleurs.

Fol

. Folia

Feuilles.

Gutt

. Gutta

Gouttes.

Inf. , .

. Infunde

Faites infuser.

Inj

. Injectio

Injection.

Jul

. Julepium

Julep.

Lin

. Linimentum. . . .

Liniment.

Liq

. I.iquor

Liqueur.

. Misce

Mic. pan

. Mica panis ....

Mie de pain.

. Massa pilularum .

Masse pilulaire.

. Numéro

Nombre d’objet.

Ov

. Ovum

Œufs.

P. E. ou .'E. . . .

. Partes æquales . .

Parties égales.

ABS

Page 1