‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 90 sur 238 · CAD · texte numérisé non relu

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C’est sous forme d’extrait liquide et à la dose de 8 à 12 gouttes trois fois par jour, ou même plus souvent si les symptômes l’exigent, que M. Byrd administre le cactus, qui lui a donné des résultats plus favorables qu'aucun autre médicament pour modérer les symptômes inflammatoires dans le rhumatisme articulaire aigu et pour jirévenir les complications cardiaques. ü' Paul Labahthe.

CADAVRE. — Médecine légale. — On donne le nom de cadavre à notre corps lorsqu’il a cessé de vivre.

Toutes les fois qu’un cadavre est trouvé sur la voie publique, le commissaire de police, si c’est à Paris, et le maire, dans les communes rurales, fait appeler un médecin pour constater la mort et le genre de mort. Si l'iiomme de l’art suppose que l’individu a été victime d’un attentat ou d’un accident, il procède à un examen détaillé, sans toutefois faire l’autopsie, et provoque un examen ultérieur. Cette première opération, désignée sous le nom de levée du cadavre, se fait sur le lieu même où le cadavre a été trouvé. L’autopsie est ensuite ordonnée par le procureur de la République et a lieu soit au domicile de l'individu, soit à la Morgue. Cependant, dans le cas d’urgence, le commissaire de police peut faire procéder immédiatement à l'autopsie par un médecin de son choix. L’urgence est généralement motivée par l'état avancé de décomposilioii du cadavre.

La levée du cadavre et l'autopsie sont donc deux opérations différentes. Dans l'une, le médecin n’est autorisé qu’à examiner l’état extérieur du corps et à en tirer telles inductions qu'il jugera convenable; mais il ne peut, S(»us aucun prétexte, porter l’instrument tranchant sur une partie quelconque. Dans l’autre, au contraire, le corps du délit est mis tout entier à sa disposition (Devergie).

On peut donc diviser l’autopsie juridique en deux parties : L'examen extérieur ou levée du cadavre et l’ouverture du corps, ou Vauto-psie proprement dite. Nous ne nous occuperons ici que de la première partie.

Après avoir décrit avec soin l’état des vêtements et de la localité, l’expert procédera à l’examen méthodique du cadavre que M. lourdes propose de pratiquer dans l’ordre suivant : « On recherchera : 1” les signes de la mort et les traces de putréfaction, refroidissement, rigidité, météorisme, coloration et surtout lividités cadavériques, minutieusement décrites dans leui' siège et leur disposition ; 2° les signes de l’idendité (voyez ce mot); cette, recherche est souvent inutile. On notera au moins la constitution, l’embonpoint, la conformation, la taille; chez les femmes, les gerçures de l’abdomen, l’état des mamelles, le lait; 3“ les traces de violence, les plaies, les contusions, les empreintes parcheminées, les régions suspectes ou cachées, le cou, les orifices des cavités, le sang qui s’écoule par les narines ou par le conduit auditif, la déchirure de la membrane du tympan. Des coups de pistolets déchargés dans la bouche n’ont pas produit de lésions externes. L’anus devra être exploré. Dans l’autopsie d’un homme trouvé mort près d’une route, tout en constatant le meurtre le m«!decin avait négligé d’explorer cette région; plus tard, des relations suspectes attribuées à la vic-

time, et pouvant expliquer le crime, manquèrent de preuves médicales ; 4° les indices de maladie générale ou locale, éruptions, hémorrhagies, déjections diverses, hernies. Pour toutes ces recherches, l’ordre anatomique sera suivi de haut en bas, aux faces antérieure, postérieure et latérales du cadavre. Les diverses régions seront palpées, percutées; on fera mouvoir les membres, mais sans porter l’instrument tranchant sur aucun point du corps. »

Enfin on décrira avec soin les armes qui auraient été rencontrées dans le voisinage du cadavre, ainsi que les traces de sang, de déjections, de poils, de détritus d’organes, etc.

Nous avons dit que ce premier examen devait avoir lieu à l’endroit même où avait été trouvé le cadavre, mais on pourra le compléter dans un lieu plus approprié. Après avoir constaté la position et l’attitude du corps, on prendra les précautions nécessaires pour éviter la production de lésions qui pourraient plus tard induire en erreur. d" a. Lutaud.

CADE (HUILE DE). — L’huile de cade est un produit résineux liquide, d’un brun rougeâtre, insoluble, provenant de la combustion dn genévrier oxycèdre, du juniperus oxycedrus, de Linnée. C’est une espèce de goudron liquide, oléagineux, d’un brnn rougeâtre foncé, d’une odeur empyreumatique fétide et d'une saveur brûlante. Inusité à l'intérieur à cause de sa causticité, ce produit est souvent utilisé en applications topiques. Une goutte dans le creux d’une dent cariée calme l’odontalgie. Une, deux ou trois frictions complètes et un peu rudes suffisent pour guérir la gale si l’on a fait prendre auparavant un bain savonneux. Cette huile est très utile encore dans beaucoup de maladies dartreuses, quelle que soit leur forme, eczémateuse, papuleuse, squammeuse ou lichénoi’de ; on l’emploie en onctions légères faites avec un pinceau et répétées chaque deux jours sur les parties malades. Lors même qu’il y aurait un peu de surface enflammée, excoriée ou ulcérée, l’huile de cade ne produirait qu’une légère cuisson de courte durée qui ne pourrait contre-indiquer son emploi.

(Quelques médecins, avec Bouchut en tète, recoin-'* mandent, contre les ophthalmies scrofuleuses et les taies de la cornée, de verser tous les jours une goutte de ce liquide dans l’œil affecté. Serres, d’Alais, n'a pas besoin, chez les enfants, de porter de remède sur l’œil ou sur la muqueuse des paupières pour guérir les ophthalmies les plus opiniâtres; de simples onctions sur le front, les tempes les pommettes et extérieurement sur les paupières, ont le ' plus souvent agi sur l’œil d’une manière assez re- , marquable pour amener la guérison dans quelques 1, cas; il a activé les résultats par l’introduction d’une goutte d’huile de cade dans chaque narine. Une con- i dition pour que l’huile agisse sûrement, c’est qu’elle soit pure, préparée par la combustion du genévrier ; oxycèdre, qui fournit l’huile de cade vraie, et non i par la distillation du goudron qui donne l’huile de Ij cade fausse. Elle est souvent mêlée aussi à l’huile J de goudron de houille ou à de l’essence de téré- I benthine qui en modifient les propriétés et en trans-^1 forment les résultats avantageux ; tout ce qu’on peut II faire lorsqu’on craint qu’elle n’irrite trop les sur- il

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