‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 91 sur 238 · GAF · texte numérisé non relu

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faces excoriées et inflaniniées, c’est de l’additionner de quelques grammes d’huile d’amandes douces, de glycérine ou de mucilage de coings pour en atténuer les propriétés irritantes. D" Marc. Ca.mboulives.

CADÉAC (EAUX MINÉRALES DE). — Cadéac est un petit village des Hautes-Pyrénées, situé à 2 kilomètres d’.\rrau, dans la vallée d’Aure, sur les bords de la Neste, qui possède cinq sources d’eaux sulfurées sodiques froides réparties entre deux petits établissements, utilisées par les malades des environs atteints de maladies de peau, d(ï rhumatismes et d’affections broncho-pulmonaires. p. i.

CADMIUM. — Le cadmium est un métal solide, blanc comme l'étain, inodore, insipide, très malléable, qui n’a été employé jusqu’à présent que pour la fabrication des amalgames dentaires. 11 forme avec le brome, l’iode, le soufre, des bromures, iodures et sulfures de cadmium, sels généralement incolores, inodores, très irritants, très peu employés jusqu'ici en thérapeutique. Cependant, nous devons dire que Garrod a recommandé l’iodurè de cadmium sous forme de pommade en frictions contre les inflammations chroniques des articulations, certaines maladies de peau et les manifestations glandulaires de la scrofule, et que les chirurgiens américains se servent du sulfate de cadmium en collyre dans certaines affections des yeux. P. L.

CADUC (MAL'. — (V. Épilepsie.)

L’usage du café existe depuis longtemps en Orient. Dès 1533, Constantinople avait des établissements publics où l’on se réunissait pour boire du café. Mais cet usage ne fut apporté en France que cent ans après, et encore fallut-il une occasion favorable pour donner l’élan. En effet, un ambassadeur turc, Soliman Aga, étant venu faire un voyage à Paris en 1669, invita quelques jours avant son dé-

Fig. 202.

Café, tige, feuille et fruit.

CADUQUE. — En anatomie, on appelle caduque la portion de la membrane muqueuse de l’utérus qui relie l’œuf humain à la matrice. Son nom lui vient de ce qu’elle est expulsée du corps à chaque grossesse, après avoir subi des modifications au fur et à mesure du développement de l'œuf (V. Utérus, Œuf). P. L.

CÆCUM. — On donne ce nom à la première poron du gros intestin, en forme de cul-de-sac, qui fait suite à l'intestin grêle, dont il est séparé par la valvule iléo-caecale, et qui se continue avec le côlon ascendant. Le cæcum est situé dans la fosse iliaque droite, où il est assez solidement fixé par le péritoine, qui passe presque toujours devant lui. Sa structure est celle du gros intestin (V. ce mot).

CAFÉ. — On donne le nom de café aux semences d’un arbrisseau de la famille des rubiacées, le caféier d'.Vrabie. Cette plante originaire de la Haute- Egypte a été transportée en Arabie, vers la fin du XV' siècle, où elle est maintenant très répandue dans la province d’Yemen, sur les bords de la mer Rouge, particulièrement aux environs de Moka. De là, la culture du caféier s'est successivement introduite dans les régions équatoriales de l’Asie et de r.Vmérique. La Martinique et Bourbon sont nos deux premières colonies qui ont bénéficié de cet arbrisseau ; on l’a planté plus tard aux Antilles, à St- Domingue, à la Guadeloupe, à Cayenne et dans plusieurs autres colonies.

part plusieurs personnages à prendre du café. Le bruit de cette liqueur merveilleuse courut bientôt la capitale. On en parla dans plusieurs cercles de Paris ; chacun voulut en goûter. Peu à peu, les classes supérieures s’y habituèrent. L’Arménien Paskal fonda le premier dans Paris même un établissement analogue à ceux de Constantinople; puis s’ouvrirent en 1673 les cafés publics du florentin Procope et de Grégoire d’Alep. La province

^ Fig. 203.

Grain, face ventriculaire.

Fig 204.

Grain, coupe longitudinale.

ne tarda pas à imiter son exemple et toute l’Europe à sa suite ; aujourd’hui la consommation en est si prodigieuse qu’elle dépasse la proportion énorme de 300 millions de kilogrammes (Payen) par an.

En présence d’un pareil entraînement pour une plante jusqu’alors inconnue, la thérapeutique ne voulut pas rester en arrière. Au XVIP siècle, nous voyons Prosper Alpin, Dufour et d’autres praticiens prescrire le café dans la phthisie, la migraine, les fièvres intermittentes. Leurs successeurs en ont étendu l’usage à quelques autres affections mor-

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bides; mais ce n'est que dans ces dernières années que l'étude chimique, physiologique et thérapeutique du café à été faite avec le plus grand soin. Aussi peut-on le classer actuellement parmi l’un de nos produits médicamenteux les mieux étudiés.

Le caféier ou catier est un arbrisseau toujours vert dont la hauteur moyenne est de 4 à 5 mètres. Sa tige est cylindrique. Ses feuilles opposées, presque sessiles, ovales, allongées sont glabres et d'un vert fonce. Ses Heurs blanches, disposées en petites panicules à l’aisselle des feuilles, répandent une odeur suave. Ses fruits (baies) de la grosseur et de la couleur d’une petite cerise sont d'abord verts, puis rouges et enfin noirâtres. Ses giaines renfermées dans une coque qu’on leur enlève en leur faisant subir l'opération du décorticage présentent une surface plane du côté interne, creusée au milieu d’un sillon longitudinal profond et une surface bombée du côté extérieur; leur couleur varie du blanc jaunâtre ou grisâtre, ou jaune verdâtre, leur tissu est dur, cartilagineux, comme corné. Elles contiennent dans leur composition, outre les substances qu’on trouve habituellement dans les végétaux, un alcalo'i'de, la cajéine, un acide, l’acide caftiqite et un tannin particulier, l’acide cafétannique. La torréfaction modifie celte composition et développe un nouveau principe actif, la cafeone, en même temps qu'elle diminue la proportion de la caféine.

La caféine étant le principe le plus connu du café vert, c’est-à-dire non torréfié, c’est par elle que nous allons commencer. Elle a été découverte par Range en 1821 et se présente sans la forme de fines aiguilles blanches, inodores, légèrement amères, solubles dans l’eau, l’alcool, les acides et les alcalis. Celte substance n’aurait pas, d’après Rabuteau, l’importance que des auteurs consciencieux lui avaient attribuée. En effet, elle n'angmenterait pas la quantité d'urine, elle ne causerait pas l’insomnie et ne saurait être l’antagoniste des médicaments soporifiques ; mais elle diminuerait l'urée, ralentirait les battements cardiaques après les avoir excités pendant les deux ou trois premières heures et modérerait l’excitation génésique. Des doses moyennes de 10 à 30 centigrammes suffiraient pour produire les symptômes que je viens d’énumérer.

Ene autre principe actif, la enféone est une essence qui se développe i)ar la torréfaction du café et lui donne un parfum délicieux; Elle est liquide, de consistance huileuse, peu soluble dans l'eau bouillante qu’elle aromatise très bien à des doses infiniment minimes. Elle est toxique comme toutes les essences. C'est elle qui constitue le principe excitant du café, celui qui empêche le sommeil. En effet, nous dit Rabuteau, on peut dormir parfaitement après l’ingestion (l'une infusion de café torréfié qui a été débai-rassé de la caféone par une ébullition prolongée. C’est pourquoi la caféine et le café vert qui sont dépourvus de caféone n’entravent pas le sommeil.

On vend dans le commerce plusieurs variétés do calés qui sont désignées jiar les noms des pays d’où elles viennent : tels sont le cajé Moka à grains petits, jaunâtres et presque ronds ; le c fé Bourbon à grains plus gros, moins arrondis, également jau-

nâtres ; le café Martinique à grains volumineux allongés, d’une couleur verdâtre persistante ; le café Haiti à grains plus irréguliers, d’un vert plus clair, d’une infériorité notoire aux précédents sous le rapport de l’odeur et de la saveur qui sont bien moins agréables. Quoique le café Moka soit le meilleur et le plus estimé, généralement on ne se contente pas de celui-là seul lorsqu’on veut faire une bonne infusion ; on le mêle par parties égales avec le café Bourbon et le café Martinique après les avoir torréfiés à part, à petit feu, pour ne pas dépasser la température de 200 à 230 degrés, au delà de laquelle le café serait trop brûlé et perdrait à la fois son bon goût, son arôme et son parfum. Il est donc essentiel que cette opération soit bien faite; aussi s’accorde-t-on généralement à recommander de retirer le Moka du brûloir dès qu’il a acquis une teinte rousse, de laisser prendre un peu plus de couleur au Bourbon, et plus encore au Mtirtinique qui est celui dont les grains sont les plus développés.

Effets. — Quant aux effets physiologiques du café, ils dérivent en grande partie de ce que j’ai dit sur la caféine et la caféone. Pris à la dose d'une tasse après le déjeuner, le café facilite la digestion, développe une sensation de chaleur à l’épigastre, procure un sentiment de bien -être et dispose merveilleusement aux j travaux de l’esprit. Sous son influence, les idées s’éclaircissent, les sens engourdis reprennent une nouvelle vigueur, la somnolence et la lourdeur de tête disparaissent pour faire place à une gaieté expansive bien connue de tout le monde, aussi est-il passé en proverbe « qu’une 'personne ne doit solliciter les faveurs d'une autre personne qu’après so?i caJé, » Mais il est quelques tempéraments nerveux, sensibles, très irritables chez lesquels le café développe un | état d’éréthisme si fatigant que son administration doit être suspendue au bout de quelques jours pour ; en revenir aux émollients, aux acidulés et aux tempérants. Tels sont les effets du café sur la muqueuse gastrique et les centres nerveux : de là, il est vite ^ absorbé et rapidement éliminé par nos différents émonctoires. Il procure bientôt un besoin fréquent d’uriner sans augmentation réelle de cette excrétion ; il détermine en outre une diminution du pouls et de l’urée et joue le rôle de médicament d’épargne par la propriété qu’il a de conserver pendant longtemps une grande vigueur dans les forces musculaires.

Usages. — On a souvent recours au café noir en hygiène et en thérapeutique. L’hygiène retire tous les jours de grands avantages de son administration. Le café, en effet, est utile à tout individu qui fatigue ou dont l’alimentation est insuffi.sante. De Gasparin fit observer en 1830 que les mineurs belges de Charleroy exécutaient des travaux très pénibles sans éprouver la moindre déperdition de forces, quoique leur nourriture fut très médiocre, mais grâce à l'addition de deux litres d’une infusion faite avec 30 grammes de café qu’ils prenaient par jour. En opposition à ces faits, il faisait ressortir que les mineurs français d’Anzin, avec une nourriture beaucoup plus substantielle, étaient obligés souvent de suspendre leur travail par excès de fatigue à cause du manque de cette liqueur toni-stim niante. Maintenant que les cabarets sont remplacés par des cafés, ne voie-t-on

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