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LE CAFÉ LIQUIDE OU EN E.XTIUITS

1. Falsifications sur le café en grains. — Ces falsifications peuvent consister ; 1° à donner la variété demandée, mais avariée; 2° à substituer une variété à une autre', 3" à donner des façons de grains de café.

1° Donner la variété demandée mais avariée. — On conçoit facilement que les cafés crus en grains sont plus souvent altérés que sophistiqués. C’est géralement pendant les traversées que les cafés sont avariés. Placés à fond de cale, dans des sacs de toile, ils sont mouillés par l’eau de mer qui les rend tantôt colorés en vert par des moisissures, tantôt d’un brun noirâtre à la surface et verdâtre à l’intérieur, et leur communique une odeur désagréable et un goût de moisi. Suivant leur degré d’avarie, ces cafés sont appelés cafés lâchés, cafés de petite avarie, cafés de grande avarie. Dans certains navires, les sacs de café se trouvent dans le voisinage de salaisons, de cuirs verts, de guano et de poudrette qui peuvent aussi leur communiquer une odeur repoussante et très tenace, sans changer leur aspect extérieur. On ne peut, ainsi que le demandait Chevallier, détruire sur place ces cafés qui, en somme, s’ils sont de qualité inférieure et peu agréables au goût.

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ne paraissent pas nuisibles à la santé, mais on devrait forcer les expéditeurs à ne plus les mettre dans des sacs; mais bien dans des caisses métalliques, hermétiquement fermées et par suite imperméables à l’humidité. Il arrive quelquefois que ces cafés avariés sont colorés avec du talc, de la plompagine ou du bleu de Prusse pour leur donner l’apparence de cafés de première qualité. Il suffit, pour reconnaître la fraude, de savoir, que lorsqu’on lave ces cafés à l’eau froide, ils reprennent leur aspect primitif, tandis que les matières qui ont servi à les colorer se déposent au fond du vase.

2° Substitution d'une variété de café à une autre. On substitue très souvent une variété de café à une autre et on donne du café Bourbon pour du Moka, ou du café d’Haïti pour du Martinique. Pour reconnaître cette fraude, il suffit de rappeler les caractères distinctifs de ces divers cafés, à savoir : que les grains de Moka sont petits, presque arrondis, d’une couleur jaune verdâtre et d’un parfum très aromatiques; que les grains de Martinique sont allongés, arrondis aux deux bouts, présentent une face bien plate et creusée d’un sillon longitudinal, large, surtout au milieu; que les grains d'Haïti sont plus gros que ceux de Martinique et terminés en pointe à leurs deux extrémités; que les grains de Bourbon se rapprochent de ceux du Moka, etc.

3“ Substitution de faux grains de café, — On est arrivé à fabriquer de faux grains de café vert, soit avec de l’argile, soit avec des pâtes féculentes coulées dans des moules spéciaux en forme de grains de café et colorées en teinte verdâtre. .le dois dire que cette fraude est la plus rare de toutes et que d’ailleurs elle est très facile àreconnaître.llsuffitpourcela d’écraser dans un mortier de vrais grains et des grains fabriqués. Ceux-ci s’écrasent facilement, tandis que les premiers résistent au pilon. On moule aussi la chicorée en grains ressemblant à ceux du café. Pour reconnaître cette fraude, il suffît de mettre dans l’eau la chicorée ainsi moulée; elle s’y délaye facilement, tandis que les grains de vrai café demeurent intacts. 11 existe en Italie plusieurs usines considérables pour la fabrication de grains artificiels. Ces grains sont composés de farine de fève et de gland, mélangée à de la chicorée et à une mixture particulière qui fournit une certaine gravité spécifique. La pâte ainsi formée est coupée, au moyen d'une machine spéciale, en forme de grains de café, puis colorée par des produits chimiques. M. Sormani, de Milan, a compté jusqu’à .SO p. too de ces grains artificiels mélangés aux bons. En se torréfiant, ils prennent absolument la même couleur que les vrais grains ; on ne peut les découvrir qu’en les trempant dans l’eau après les avoir préalablement mis eu pièces.

11. F.u.sii'icatio.vs sur. iæs c.m'és TonnÉFiÉs en cr.AiNS. -- La première de ces falsifications est celle qui consiste à enrober des cafés avariés, c’est-à-dire à les recouvrir de sucre, de mélasse, de miel ou de caramel et à les vendre comme cafés naturels. On les reconnaît à leur noir brillant et à la coloration assez forte et instantanée qu’ils donnent à l’eau froide quelques instants après qu’on les a plongés dans ce liquide.

On mélange aussi des vrais cafés avec de la chi-

corée moulée et torréfiée ou avec des pâtes fabri, quées avec des pois chiches, des glands, du maïsdes châtaignes, du seigle, des vieux marcs de café, et moulées en forme de vrais grains. Ces grains, ainsi fabriqués, se délayent lorsqu’on les plonge dans l’eau, tandis que les vrais grains restent entiers.

III. Falsifications sur les cafés houlus en poudre. — C’est surtout sur les cafés en poudre que l’ingéniosité des industriels peu scrupuleux s’est exercée, la falsification étant ici très facile. On vend tous les jours des cafés torréfiés en poudre, fabriqués sans café, avec des pois chiches, de la chicorée, des féverolles, des haricots, de l’orge, de l’avoine, du maïs, etc.

Fin 1881, à Paris, un misérable a osé demander à la préfecture de police l’autorisation d’ouvrir un « atelier de torréfaction de café ». Or, savez-vous en quoi consistait cette industrie? Le pétitionnaire recueillait dans les restaurants et les établissements où l’on consomme beaucoup de café les marcs qui avaient servi. Il les étendait sur le carrelage d’un magasin en couches de quinze à vingt centimètres d’épaisseur pour les laisser sécher ; il les torréfiait ensuite et les immergeait dans des tonneaux où ils étaient additionnés, pour quatre-vingt-dix parties de marc desséché, de cinq parties de café moulu et de cinq parties de seigle brûlé et pulvérisé, puis arrosés d’un peu de caramel. Le produit était appelé sur les factures café mixte, et il était vendu au prix minimum de 90 à 100 francs les 100 kilogrammes, pour servir, en y joignant un peu de chicorée, à la préparation des 'petits rioirs qui se vendent à Paris de 10 à 15 centimes la tasse! De franches canailles vendent comme café de la sciure de bois d’acajou, de cinabre, du foie de cheval séché et pulvérisé, de l’ocre rouge, mélangés avec du vieux marc! Enfin, ceci est le bouquet, le British medical Journal indique un procédé nouveau pour fabriquer le café avec du guano!!!

IV. Falsifications sur le café liquide ou en extrait. — D’après ce que nous venons de voir sur les falsifications du café en grains ou en poudre, on voit ce que peuvent être celles qui portent sur le café liquide et sur ce qu’on appelle cafés concentrés, extraits de café, etc. Je n’y insisterai pas, et je terminerai cet article en recommandant à tous ceux qui voudront boire du café véritable et du bon café de l’acheter vert et en grains, de le faire torréfier chez eux et de préparer eux-mèmes l’infusion.

D'' Paul Labarthe.

CAFÉINE. — (Voyez Café.)

CAFÉONE. — (Voyez Café.)

CAILLE. — La caille est un oiseau qui constitue pour les amateurs un des gibiers les plus recherchés, à cause de sa chair fine, délicate et d’une digestion facile, bien plus qu’à cause de la prétendue propriété qu’aurait sa chair de développer les seins des femmes. Inutile de dire que la chair de caille i ne développe pas plus les seins qu’elle ne rend épi- ’ n leptiques ceux qui en mangent, ainsi que le croyait * Pline, le naturaliste. p. L. I'

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CAILLÉ (LAIT). — (Voyez Lait.)

CAILLOT. — On donne ce nom an sang transformé en une masse rouge ou rougeâtre, gélatiniforme, par la coagulation de sa fibrine (V. Sang).

CAISSE. — On donne le nom de caisse, ou de caisse du tympan, à la cavité de l’oreille moyenne (V. Oreille). P. L.

CAJEPDT. — On donne ce nom à une huile essentielle, très fluide, transparente, colorée én vert bleuâtre, d’une odeur pénétrante assez agréable, ayant quelque analogie avec celle d’un mélange de camphre et de térébenthine, d’une saveur chaude et piquante, qui est obtenue par la distillation des feuilles et des rameaux du malaleuca cajeputi, arbrisseau de la famille des myrtacées, très commun aux îles Molusques, dans l'archipel Indien et la péninsule Malaise.

L’huile de cajeput a été administrée à l’intérieur à la dose de 4 à 20 gouttes dans une infusion aromatique, contre l’hydropisie, la goutte, le rhumatisme; quelques médecins l'ont conseillée dans le traitement de certaines névroses, plus particulièrement l’hystérie et la chorée. Pendant l’épidémie du choléra de 1832, on expérimenta ce médicament qui, disait-on, avait donné dans l’Inde des succès nombreux contre le redoutable fléau, mais les résultats ne firent que montrer son inefficacité et son impuissance; aussi ne parla-t-on plus du cajeput dans les épidémies suivantes de 1849, 1834 et 18(56.

rextérieur l’huile de cajeput en frictions combat assez efficacement les douleurs des goutteux et des rhumatisants, ainsi que les douleurs névralgiques.

D' Paul LABAnxHE.

CAL. — On donne le nom de cal au tissu qui se forme enÿe les fragments d'un os fracturé et en rétablit la continuité.

Voici comment, en général, les choses se passent : Supposons un os long atteint de fracture à sa partie moyenne. Quarante-huit heures environ après l’accident, le périoste et les surfaces osseuses sont le siège d’une inflammation franche. Une exsudation plastique en résulte, et le produit se répand :

1® Dans le canal médullaire de l’os;

2® Entre les fragments ;

3° Entre le périoste et le tissu osseux;

4“ En dehors du périoste arrêté de ce côté par le travail inflammatoire des muscles et des tissus cellulaires ordinairement déchirés et contus.

D’abord molle et jaunâtre, cette exsudation plastique prend une consistance de plus en plus ferme. Dès le dixième jour des fibres et des cartilages y apparaissent. A ce moment, si l’on enyeloppe avec la main la région lésée, on sent une masse énorme déjà solide et qui constitue sur le trajet de l’os une sorte de fuseau volumineux au niveau de la fracture, s’effilant au-dessus et au-dessous.

11 faut le dire : trop souvent le travail de réparation ne dépasse pas cette seconde phase; c’est ainsi que le cal des fractures de la rotule, de l’olécràne.

des fractures intra-articulaires reste toujours à la période cartilagineuse.

Mais habituellement les cellules cartilagineuses sont graduellement remplacées par des cellules os-

Fig. 205.

Fracture du tibia datant de 8 mois. Retard dans la consolidation du cal (premier degré de la pseudartrose) If, tissu fibreux dans lequel on trouve des portions ce cartilagineuses. Celles-ci sont converties en tissu spongieux dans une grande étendue. Le tissu spongieux lui-même se transforme en tissu compacte au niveau des courbes périphériques. Les angles des fragments a et b s’émoussent et se laissent résorber.

seuses, le cal acquiert une consistance de plus* en plus grande et, vers la neuvième semaine, le travail d’ossification est achevé. Le malade peut être considéré comme guéri. Pourtant de nouvelles modifications vont encore se produire dans le cal. Nous avons comparé l’exsudation plastique du début à un fuseau. Une partie de ce fuseau est placée en dehors des fragments osseux (c’est la virole externe de Dupuytren), une autre partie dans l’intérieur du canal médullaire (c’est le bouchon ou virole in-

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terne). Ces deux viroles disparaîtront à la suite d’un long travail de résorption, et six mois après on ne trouvera plus, au niveau de la fracture, que la partie osseuse qui les réunira, plus ou moins volumineuse, plus ou moins régulière, mais identifiée, celle-ci avec le reste de l’os.

Plusieurs conséquences pratiques découlent de ce que nous venons d’exposer. Quand, mal réduite, la fracture laisse le membre dans une situation anormale, dans une attitude vicieuse, on peut obtenii'un redressement progressif au début, alors que le cal encore jeune, n’est pas pénétré d’éléments calcaires. Plus tard, il faut fracturer une seconde fois le membre, sectionner le cal ou le réséquer si l’on veut corriger le mauvais effet do la con.solidation vicieuse. Nous avons exposé déjà à l’article bras que le cal peut englober des organes voisins, le nerf radial par exemple, et nécessiter une intervention chirurgicale directe.

Passons maintenant à ceux des cas dans lesquels

Fig. 5(u;.

Cal difforme réunissant deii.v fragments d'un humérus.

les choses ne se passent plus de la façon que nous venons d’exposer. Dans les fractures compliquées de plaies, l'ossification, au lieu de se faire Suivant le mécanisme précédent, c’est-à-dire par l’intermédiaire d'un tissu cartilagineux, se fait directement au sein des bourgeons cliarnus, sans qu’il soit po.ssible d’expliquer cette différence (Corniî et Ranvier). .\ussi leur consolidation est-elle beaucoup plus difficile, leur guérison beaucoup plus lente. Nous savons un empirique de village qui, connaissant cette loi pathologique, se refuse de la façon la plus formelle à donner ses soins dans les cas de fractures compli(iuées. Naturellement le médecin est appelé, et comme le malade reste trois mois sur le lit, la comparaison des faits demeure toute à l’avantage du rebouteur. Combien de réputations dans le inonde des charlatans n'ont pas de base aussi solide !

Nous avons indiqué déjà (|ue le contact de la synovie avec les fragments on leur écartement trop considérable peut entraver la consolidation normale et 1 arrêter à la période fibreuse. Cette absence de consolidation peut s’observer encore dans d’autres circonstances sur lesquelles il nous reste maintenant à nous expliquer. Les auteurs classiques les

divisent en deux catégories. On peut, disent-ils, observer la non conçolidation sous l’influence d’un état général morbide; on l’observe aussi lorsqu’il va un trouble local.

Assurément, on ne peut nier l’influence des mauvais états généraux sur le cal. La syphilis , par exemple, à un certain moment de son évolution surtout, retarde si bien la consolidation des fractures, qu’il suffit, pour obtenir cette consolidation, de traiter l’affection générale et d’administrer au blessé du mercure et de l’iodure de potassium.

M. Verneuil a montré que semblable phénomène s’observe parfois dans les cas de diabète. Cette dernière maladie peut même, en empêchant la formation du cal, transformer rapidement le foyer de la fracture en phlegmon gangreneux à marche foudroyante.

De même le rhumatisme et la goutte font sentir sur la formation et la constitution du cal leur influence nocive. De texture moins homogène qu’à l’état normal, le cal des goutteux et des rhumatisants ne permet pas non plus une consolidation aussi rapide. Ce n’est pas tout : il reste longtemps volumineux, devient volontiers le siège de congestions plus ou moins intenses, plus ou moins douloureuses, et nécessite finalement une surveillance locale toute particulière du foyer de la fracture et l’administration de médicaments généraux en rapport avec la constitution du malade.

Nous ne parlons que pour mémoire du cal qui préside à la restauration des fractures dites spontanées, c’est-à-dire des fractures qui reconnaissent surtout pour cause la dégénérescence cancéreuse ou autre du tissu osseux, lequel se rompt alors sous l’influence de la moindre cause. Dans ces cas, en effet, l’os, lui-même malade, ne peut sécréter qu’une lymphe sans vitalité. Aussi la pseudarthrose estelle la conséquence fatale de ces sortes de lésions.

Maintenant, si nous admettons, si nous proclamons les causes générales qui peuvent déterminer une maladie du cal, portant un retard dans la consolidation de la fracture, nous devons ajouter que presque toujours l’état local du foyer suffit pour expliquer le désordre pathologique. Immobilisez soigneusement ce foyer, et pour cela immobilisez de la façon la plus absolue les deux articulations voisines, suivant le précepte d’IIippocratc lui-même (Voir article Bras), et presque toujours vous aurez une consolidation rapide et normale, quel que soit d’ailleurs l’état général du malade : savoir immobiliser complètement les deux fragments, tel est le secret de la guérison de cas prétendus difficiles et incurables. Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’un traitement général doit être concurremment administré, ne serait-ce que par mesure préventive.

Que si, malgré cela, la solution de continuité persiste, que s’il se forme à son niveau une véritable articulation, une pseudarthrose, on doit chercher à modifier la vitalité des fragments; partant à obtenir leur réunion tardive.

On a préconisé les frictions excitantes du membre, les applications de vésicatoires volants et de teinture d’iode. Trop souvent ces moyens demeurent insuffisants.

Malgaigne a cherché à utiliser l’acupuiic^we en en-

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fonçant entre les parties séparées de l’os une ou plusieurs aiguilles. Physick y mettait un .séton. Dieffenbach plaçait à une petite distance de la surface brisée des chevilles de bois ou d’ivoire dans le but de développer une vive irritation. On peut d’abord se contenter de frotter rune sur l’autre les surfaces fracturées jusqu’à ce que le blessé y éprouve une vive sensibilité. C’est pour répondre à cette indication que certains chirurgiens conseillent la marche dans les fractures des membres inférieurs. Que si ces moyens ne suffisent pas, il reste encore l’action de l’électricité qui, portée à l’aide d’aiguilles {électropunciure) dans le foyer même de la lésion, peut le modifier très avantageusement.

Enfin, dernière ressource, on peut recommander encore la résection des fragments, c’est-à-dire leur ablation avec une scie à chaîne, qui transforme la fracture simple en fracture compliquée — résection avec ou sans suture de l’os, — que la suture soit faite avec des fils d’argent ou avec des chevilles d'ivoire laissées à demeure dans les tissus qui les résorbent.

On a vu des cas rebelles à ces moyens, pourtant on le voit, très variés. Il ne reste plus alors qu’à demander l'immobilisation des fragments à des appareils mécaniques capables de les fixer suffisamment pour rendre au membre ses fonctions perdues.

D" F. JouiN.

CALAMÜS AROMATICüS. — Le calamus aroma-

Fig. 207.

Culam^us aromaticus.

ticus, canne aromatique ou acore, est une plante herbacée de la famille des aro’i'dées , dont l’aspect

rappelle celui de nos iris , très commune dans les eaux stagnantes et marécageuses, les bords des ruisseaux et des rivières, en Pologne , en Belgique, en Hollande et dans certaines régions de la France, principalement la Normandie et la Bretagne.

La partie de la plante usitée en médecine est le rizome, qui se présente dans le commerce en morceaux longs de quelques centimètres et ayant un à trois centimètres de diamètre, un peu tortueux, à peu près cylindriques ou aplatis, spongieux en dedans, la surface rugueuse et ridée, présentant au-dessus et au-dessous des cicatrices laissées d’un côté par la base des feuilles, de l’autre par celle des racines.

D’une odeur aromatique agréable, d’une saveur piquante, un peu amère et comme camphrée, le calamus aromaticus est un médicament stimulant, aromatique et tonique, jadis très employé en France, et encore très usité en Allemagne, en Sibérie et aux Indes, contre l’atonie de l’estomac, la dyspepsie, les fièvres intermittentes et la goutte chronique. Certains médecins ont conseillé de mâcher le calamus pour éclaircir la voix. Cette plante est enfin employée par certains brasseurs pour aromatiser la bière. D' Paul Labarthe.

CALCANÉUM. — Le calcanéum est un os volumineux et court situé à la partie inférieure et postérieure du pied. 11 est le plus gros et le plus long des os du tarse. 11 s’articule à sa partie antérieure et supérieure avec Yastragate et le cuboïde ; en arrière, il forme la saillie du talon ; à sa face postérieure, il donne attache à ce fort tendon que l’on sent en arrière et en bas de la jambe et qui a reçu le nom de tendon d’Achille-, à sa face inférieure et en arrière, il présente deux petites tubérosités auxquelles viennent s’attacher les muscles superficiels de la plante du pied ("V. Pied).

Fractures du calcanéum. — Ces fractures peuvent se faire par écrasement ou par arrachement. Elles s’observent surtout chez les vieillards, à cause de la raréfaction du tissu osseux du calcanéum.

Les fractures par écrasement succèdent à une chute sur le talon; l’os est ordinairement brisé en plusieurs fragments, il s’aplatit de haut en bas. Le talon est affaissé, les malléoles paraissent plus rapprochées de la plante du pied. Au début, il y a ordinairement un gonflement considérable qui masque les saillies osseuses. En cherchant à imprimer des mouvements au calcanéum, on peut sentir la crépitation. Le talon et les parties voisines sont le siège d’une vive douleur. Il suffit pour tout traitement d’immobiliser le pied dans une position convenable.

Les fractures par arrachement sont dues à une violente contraction musculaire. Le trait de la fracture occupe la partie postérieure de l’os, en arrière de l’astragale. Le fragment détaché correspond à la partie sur laquelle s’insère le tendon d’Achille. Le talon remonte légèrement; le déplacement augmente à mesure qu’on porte le pied dans la flexion. 11 y a douleur, crépitation, impuissance de marcher et ecchymose au niveau de la solution de continuité.

Le traitement consiste à placer le pied dans

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une pantoufle à laquelle s’attache, en arrière, un lien qui va se fixer en haut à une jarretière embrassant la cuisse un peu au-dessus du genou. De cette manière le pied se trouve dans l’extension et les deux fragments sont maintenus en contact. On peut aider à leur rapprochement au moyen d’une bandelette de diachylon, croisée en huit de chiffre sur le talon et sur le cou-de-pied.

D' J.-A. Fort.

CALCIUM. — On donne ce nom à un métal, découvert en 1807 par H. Davy, inusité en médecine, mais qui, combiné avec l’oxygène, forme la chaux, dont un certain nombre de composés sont employés en thérapeutique. (V. Chaux). p. i.

CALCUL — On donne ce nom à des concrétions généralement solides, de forme et de composition variables, qu'on rencontre dans le corps, rarement dans l’épaisseur des tissus, mais le plus ordinairement dans l’intérieur de certains organes de sécrétion tels que foie, rein, prostate, vessie, intestin, etc. Les calculs du foie ont reçu le nom de calculs biliaires-, ceux des reins, de la prostate et de la vessie ont reçu le nom général de calculs urinaires, et les ‘ noms particuliers de calculs rénaux, ‘prostatiques ou vésicaux, suivant leur siège. Les calculs qu’on rencontre dans l’intestin ont reçu le nom de calculs intestinaux. ("V. Foie, Rein, Vessie, Prostate, Intestin, Gravelle, Pierre). P, l

CALCULEUX. — Mot employé par les médecins pour désigner un malade atteint de calculs de la

vessie. p.

CALEÇON. — On donne ce nom à cette partie du vêtement de l’homme qui est au bas du tronc et aux jambes ce que la chemise est au buste et aux bras. Le caleçon est une sorte de pantalon de dessous, en toile, en coton ou en laine, qui s’applique directement sur la peau pour la garantir du contact du pantalon véritable. Il est inutile d’insister, je pense, sur l’utilité très évidente du caleçon au point de vue de l’hygiène et de la propreté de la peau. p. l.

CALICE. — Nom donné par les anatomistes aux petits tubes cylindriques dont la réunion forme le bassinet du rein (V. Reins). P.

CALISAYA. — (V. Quinquina.)

CALLOSITÉS. — (V. Cors, Durillons.)

CALMANT. — Qualificatif, synonyme de sédatif, donné aux médicaments qui ont la propriété de diminuer la douleur et de combattre l’excitation nerveuse sous toutes ses formes (V. Sédatif). p. l.

CALOMEL. — Nom donné assez souvent au protochlorure de mercure (V. Mercure). p. l.

CALORIFÈRE. — On ne doit donner le nom de calorifère qu’aux seuls appareils fixes que l’on place dans les caves des édifices privés ou publics et qui distribuent la chaleur dans leurs diverses parties

au moyen de tuyaux et de bouches de chaleur, tous les autres appareils de chauffage étant désignés sous le nom générique de poêles (V. ce mot).

On fait des calorifères à air chaud, à eau chaude et à vapeur.

Les calorifères a air chaud peuvent être de deux sortes. Dans l’une, ce sont des tubes métalliques, adaptés à un poêle de grande dimension placé dans la cave, qui, chauffés extérieurement, échauffent l’air qui les parcourt et qui est versé dans les appartements au moyen des bouches de chaleur ; dans l’autre, ce sont des tubes métalliques qui reçoivent directement les produits de la combustion, échauffent par contact un courant d’air, qui lèche leurs parois extérieures et qui se répand dans les appartements. L’inconvénient des calorifères à air chaud, ainsi que le fait remarquer le professeur Bouchardat, c’est de trop dessécher l’air. De plus, ainsi que l’a fort justement signalé M. Vignes, dans le journal la Chronique industrielle, ces appareils arrivent à déverser dans les appartements des vapeurs méphitiques.

« Dans les grands calorifères qui servent en même temps au chauffage et à la ventilation, dit M. Vignes, l’air, en passant sans cesse à travers les mêmes tuyaux, y laisse une partie de ses substances organiques, qui s’altèrent peu à peu et finissent par subir une putréfaction lente que favorise la haute température des tuyaux. Cette putréfaction se fait avec absorption d’oxygène de l’air et donne naissance à un dégagement continu de gaz et de vapeurs méphitiques et délétères qui se répandent, en même temps que l’air chaud, dans les appartements.

« Il y a pourtant un moyen bien simple de rendre pratique et hygiénique le chauffage par les calorifères. Ce serait de débarrasser l’air de ses particules putrescibles avant son entrée dans les tuyaux chauds du calorifère. A la prise d’air serait placé un réservoir contenant de l’eau et jouant le rôle de laveur. A la sortie de celui-ci, l'air passerait au travers d’un filtre en coton cardé et lavé, Sur lequel il déposerait les poussières qu’il pourrait tenir encore en suspension, puis il se dirigerait à travers des purificateurs et des désinfecteurs, composés de filtres de charbon et de réservoirs occupés en partie par des liquides spéciaux , dans lesquels il viendrait barboter et s’assainir avant de pénétrer dans le calorifère, supposé en parfait état de propreté, où il doit se chauffer avant de pénétrer dans l’enceinte où il doit être respiré.

« Dans ces conditions, l’air, déversé par les bouches de chaleur dans les pièces à chauffer, serait absolument pur de tout produit méphitique et délétère. Il n’aurait absolument aucune odeur et pourrait être aspiré sans danger; il n’occasionnerait aucun malaise. En outre, sa proportion d’oxygène serait la même que celle de l’air extérieur. »

Les calorifères a eau chaude sont de beaucoup préférables aux calorifères à air chaud et aux calorifères à vapeur, aussi leur usage se répand-il chaque jour davantage. Un des meilleurs systèmes, de l’aveu de toits les gens compétents, est celui de M. Léon Duvoir, qui donne une température égale, permet de modérer facilement et à volonté cette

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températuro par la diminution de l’afflux d’eau chaude dans telle ou telle partie de la maison. En voici la description succincte empruntée au docteur Boudin.

« L’appareil de chauffage de Duvoir se compose d’un fourneau, de la forme d’une tour ronde, établi dans un souterrain creusé dans le sol. Ce fourneau a 3",50 de diamètre et 4 mètres de hauteur. Un seul foyer de 1 mètre de diamètre et de 8", 80 de hauteur, pratiqué dans l'intérieur du fourneau, produit toute la chaleur nécessaire à l’entretien d’une bonne température dans toutes les subdivisions d’un vaste édifice. Sur le foyer est placé un appareil hydro- pyrotechnique, composé d’une cloche de fer à doubles parois. Du sommet de cette cloche part un tuyau d'ascension présentant une aire de section égale à celle de tous les tubes de retour, et se dirigeant verticalement jusqu’à la partie la plus élevée de l’édifice où il débouche dans un réservoir fermé. La cloche, le tuyau d’ascension et le réservoir sont remplis d’eau; celle-ci chauffée dans la cloche, s’élève en raison de sa densité moindre, jusqu'au réservoir supérieur, où il existe un espace au-dessus du niveau de l’eau. Un manomètre indique la tension de la vapeur; une soupape lui donne passage si la tension devient trop considérable et prévient ainsi tout danger d’explosion. Sur le réservoir sont piqués autant de tubes qu’il y a de subdivisions distinctes à chauft'er dans l’édifice. De simples bouches de chaleur ou des renflements d'eau, ayant la forme de poêles, de colonnes ou de meubles sont employés pour chauft'er les pièces suivant leur capacité. Plus une pièce est vaste, plus on y multiplie les bouches de chaleur ou les poêles distributeurs. L’eau dépouillée de sa chaleur au profit des pièces parcourues est versée dans un tube commun qui la ramène à la partie inférieure I de la cloche pour la réchauffer, et la faire circuler I de nouveau. »

Les CALOiuFÈUES A VAPEUR Ont uiie disposition à peu près semblable à celle des calorifères à eau chaude.

Disons, en terminant, que quelque soit le système adopté, il est avantageux de faire construire les calorifères, de façon à ce que pendant l’été, ils puissent être transformés en ventilateurs (V. Chauffage, Ventilât ion). D' Paul Labarthe.

CALORIFICATION. — On donne ce nom à la pro- ' duction de la chaleur animale qui résulte des actes d'assimilation et de désassimilation qui se passent dans notre organisme et qui ont pour point de dé- I part la digestion et la nutrition. p. l.

CALÜS. — Mot employé par le vulgaire comme ■ synonyme de Callosité (V. ce mot). P. L.

CALVITIE. — On donne ce nom à l’état d’un individu qui a perdu ses cheveux, qui est chauve. (Voyez Cheveux.) p. l.

1 ' CAMBO (EAUX MINÉRALES DE). — Cambo est une petite ville bâtie sur la Nive, à trois lieues de Bayonne, qui possède une source sulfatée calcique et une source ferrugineuse. Toutes deux de faible minérali- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

sation , sont utilisées en boisson, en bains et en douches, dans un petit établissement, contre les rhumatismes, les affections chroniques des bronches, la chlorose, l’anémie, etc. p. l.

CAMISOLE. — On donne ce nom à un vêtement spécial dont on revêt les malades atteints de délire aigu et les aliénés furieux, pour les contenir et les empêcher de se nuire ou de nuire aux personnes qui les entourent. La camisole de force est une espèce de gilet à manches, en toile très forte , qui se ferme par derrière, et dont les manches très longues, de façon à dépasser les mains de 20 à 30 centimètres, sont sans ouverture et réunies. On a accusé cette camisole de gêner les mouvements respiratoires et de produire, lorsqu’elle est appliquée pendant longtemps, des excoriations, des eschares, même des phlegmons, par suite des pressions et des frottements qu’elle exerce sur les parties saillantes du corps, ce qui a porté MM. Bouchereau et Magnan, médecins de Sainte-Anne , à substituer à l’ancienne camisole de force un maillot de leur invention qui maintient le malade aussi bien que la camisole sans en avoir les inconvénients. M. Magnan le décrit ainsi : « Le maillot est en toile et forme en quelque; sorte la doublure d’un vêtement en drap pour l’hiver et en étoffe légère pour l’été. 11 s'adapte assez exactement sur la surface du corps, sans exercer de; pression en aucun point. Le corsage est muni de quatre œillets de chaque côté , placés deux par deux à la même hauteur pour le passage de cordons. Ces cordons enlacent le bras et s’attachent derrière lui ils sont cousus en dedans et restent cachés quand ils ne servent pas. La manche présente , sur la partie externe, deux petits anneaux fixés, pour plus de solidité, sur un ruban cousu dans toute la longueur; les cordons passent dans ces anneaux qui, en les empêchant de se déplacer, rendent inutile une fort(; constriction. L’extrémité de la manche est munie d’œillets qui, rapprochés par un cordon, forment un cul-de-sac où se loge la main ; celle-ci est alors introduite dans une poche qui existe au niveau de la cuisse, poche ouverte à sa partie inférieure pour le passage des liens qui enlacent le pantalon et s'attachent en arrière ; des anneaux cousus au niveau du genou leur servent de point d’appui, et un souspied s’oppose à son tour à tout déplacement. Le dos du maillot, ouvert jusqu’à la partie inférieure, vers le périnée, se trouve fermé jusqu’à la ceinture pa un cordon passant dans . des œillets ; le reste est réuni par trois ou quatre boutons faciles à défaire toutes les fois que les besoins l'exigent. » MM. Magnan et Bouchereau ont fait ajouter une jupe aux maillots destinés aux femmes. D'^ Paul Labarthe.

CAMOMILLE. — La camomille, appelée encore camomille romaine, camomille noble, camomille odorante, très commune en France où on la cultive dans presque tous les jardins, est une plante vivace, de lu famille des synanthérées, dont les fleurs doubles, à disque jaune et à rayons blancs , solitaires à l’extrémité de chaque tige , d’une odeur aromatique agréable quoique forte et d’une saveur chaude, légèrement âcre et amère , sont seules usitées en médecine.

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La camomille jouit de propriétés stimulantes, toniques, apéritives et digestives. On l'emploie en infusion à la dose de 5 à 10 fleurs pour 250 grammes d’eau, pour calmer les crampes d’estomac, les coliques venteuses, et contre la constipation atonique. La camomille est de plus légèrement emménagogue et le nombre est grand des femmes qui , à l’époque de leurs règles, en prennent tous les soirs une infusion. Elle a aussi une action fébrifuge réelle : C’é-

tait, dit Trousseau, le quinquina de l’antiquité, et, d’après Dechambre, elle paraît surtout réussir dans les fièvres intermittentes et mal définies; mais je crois que les fiévreux feront mieux de préférer la quinine à la camomille.

On fait avec les fleurs de camomille une huile qui, additionnée de camphre dans les proportions suivantes, indiquées par le Codex :

Camplire 10 grammes.

Huile (le camomille. . . 90 —

constitue un liniment très souvent employé en frictions calmantes résolutives. paul"uu.\rthe.

CAMPAGNE (EAUX minérales de). — Campagne est un bourg situé dans le département de l’Aude, à une lieue et demie d’Alet, dont les eaux, d’une minéralisation insignifiante, contiennent à peine 35 centigrammes de bicarbonate de chaux et alimentent un établissement fréquenté par les malades des environs atteints d’atonie des voies digestives et d’affections chroniques des voies urinaires. p. l.

CAMPÈCHE (BOIS DE). — Le bois de campèche, inusité en France dans la thérapeutique, est, au conti'aire, assez fréquemment employé en inKision, en Angleterre, comme astringent dans les diarrhées chroniques des enfants et comme fébrifuge dans les fièvres des blessés. Les malades qui boivent l’infu-

sion de bois de campèche ont les urines colorées en rouge. P. L.

CAMPHRE. — Le camphre est une huile volatile concrète qui se rencontre dans une foule de plantes de la famille des laurinées, des labiées, des composées, etc.; mais on le retire surtout en gran(l, au moyen de la distillation, de racine, de la tige et des branches du laurier-camphrier, grand arbre de la Chine et du Japon, ressemblant par le port à notre tilleul. Le camphre arrive ainsi en Europe à l’état brut et sous forme de grains irréguliers d’un gris jaunâtre. On le raffine en le sublimant dans des matras au bain de sable. Ainsi purifié, il est blanc, transparent, cristallin, d’une odeur forte et pénétrante, d’une saveur amère,, piquante et aromatique; il est plus léger que l’eau;.

Fig. ‘209.

Camphrier du Japon.

il est volatil à l’air libre, combustible à la température ordinaire, fusible à 175®, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, les acides, les huiles et le jaune d’œuf ; il faut le triturer avec (luehiues gouttes d’alcool ou d’éther pour le pulvériser.

Cette variété constitue le camphre ordinaire; il en existe une autre connue sous le nom de camphre de Bornéo qui s’extrait du dryanobalanops camphora (guttifères), arbre qui croît spontanément à Bornéo et à Sumatra. Ce camphre est plus lourd, plus friable, moins volatil et peut se pulvériser sans addition d’alcool ou d’éther. Ses propriétés médicinales sont aussi quelque peu différentes. Très estimé par les naturels du pays, ce produit arrive en petite quantité en Europe, y est fort cher et est par cela même fort peu employé. Quant au camphre artificiel que l’on obtient en traitant l'essence de térébenthine par l’acide chlorhydrique, c’est un chlorhydrate de chlorure de camphène qui ne ressemble'

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au camphre ordinaire que par l’aspect (Trousseau et Pidoux).

Effets. — Pris à l’intérieur et à petites doses, le camphre produit une légère excitation locale, puis un sentiment de fraîcheur qui procure un bien être général. Sous, son influence, le système sanguin est stimulé, le pouls reprend de la force, la température s’élève, la sueur se déclare, les désordres du système s’apaisent, l’économie rentnî peu à peu à son état normal. Des doses toxiques produisent bien vite la stupeur, le collapsus, rinseusil)ilité et la mort. Du côté de l’appareil génital, les choses se passent de même à la suite de son administration ; un peu de camphre excite légèrement les fonctions génésiques, une trop forte dose engendre rim|)uissance et la frigidité.

Usages. — En définitive, le camphre est directement

excitant ; il ne devient antispasmodique, comme le musc, que par le calme secondaire qu'il a[)porte aux désordres moteurs. Aussi l'emploie-t-on rarement aujourd'hui contre la série interminable des affections purement nerveuses ; épilepsie, hystérie, éclampsie, chorées, etc. Son usage est restreint à la fin des inflammations et des fie' res graves qui ont épuisé l’économie. Il agit alors non seulement comme stimulant général, mais comme antis[)asmodique et antiseptique dans tes pneumonies délirantes, les fièvres typho'îdes ata\o-adynamiques, les fièvres éruptives confluentes, les varioles de mauvais caractère, les fièvres puerpérales épidémiques, les infections purulentes et la pourriture d hôpital. La dysurie, la strangurie, la rétention d’urine due au spasme du sphincter de la vessie, sont aussi autant d’affections urinaires promptement améliorées ou guéries par l’emploi de ce précieux agent.

Mais si le camphre est em|)'oyé à l'inbTieur, il est beaucoup plus souvent réservé à l'usage externe, soit seul, soit dissous dans l’eau-de-vie, l’alcool, l’huile ou l’ax'onge. Employé seul, le camphre s’utilise en guise de tabac à pri.ser contre la migraine. Il se met également dans des tuyaux de plume, nomm('*s cigan'ttes de camphre, ([ue l’on fume en

aspirant la vapeur à froid pour vaincre les toux opiniâtres et se préserver des miasmes putrides en temps d’épidémies. Enfin la pondre de camphre, mise sur les vésicatoires, prévient l’action irritante de la cantharide sur la vessie et empêche les érections ainsi que les cystites cantbaridiennes ; jetée en grande quantité dans le lit, elle préserve souvent de la nymphomanie, du satyriasis et de la funeste habitude de l’onanisme.

Dissous dans les liquides que je viens de mentionner tout à l’heure, le camphre se combine avec eux pour former l’eau-de-vie camphrée, l'alcool camphré, dont voici la formule :

Alcool k 40° eenligradcs 500 grammes.

Camphre 150 —

l’huile camphrée, préparée en faisant dissoudre le campre dans les proportions suivantes :

Champre en poudre 30 grammes.

Huile d’olive ou de camomille. . . . 250 —

qu’on utilise si fréquemment en applications calmantes résolutives sur les engorgements douloureux, les gonflements péri-articulaires, les contusions, les entorses, les fractures, les douleurs rhumatismales, névralgiques, etc. Il n’est pas en un mot de point douloureux où l’eaude-vie camphrée n'ait été employée, et la plupart du temps avec, les plus grands avantages. L’huile camphrée elle-même, justement réputée antilaiteuse, s’emploie bien souvent en frictions sur les seins pour faire passer le lait des nouvelles accouchées ; on met par-dessus une épaisse couche de ouate; l’on aide ensuite l’action de cette huile par les effets dérivatifs d’un purgatif cathartique ou drastique. 11 n’est pas jusqu’à Veau, iédahee que Raspail conseille de préparer ainsi ;

Ammoniaque (JO, 80 ou 100 grammes.

Alcool camphre 10 —

Sel de cuisine 10 —

Eau ordinaire 1 litre

et à laquelle on peut ajouter une quantité suffisante d’essence de rose ou toute autre essence si l’on tenait à dissimuler son odeur, qui ne soit devenue un remède populaire contre les migraiiu's, les névralgies, les douleurs de tête les plus variées; on l’emploie pure ou coupée d’eau par moitié, on y trempe une compresse qu’on applique sur la région frontale et qu’on change de dix en dix minutes jusqu’à ce que l’accès inflammatoire ou nerveux ait complètement cessé.

L'eau sédative fait partie du fameux système thérapeutique de Raspail, qui a voulu faire du camphre une panacée universelle, un remède à tous les maux. Pour lui, toutes les pi’éparalions pharmaceutiques devaient être assaisonnées de camphre, si l’on voulait qu’elles eussent une efficacité réelle. Le camphre i 'lus et extra, tel était le seul et unique moyen de traiter avantageusementtoutesles maladies. Toute la pharmacie devait se résumer en des préparations camphrées; on aurait dû faire table rase de tous les autres médicaments. Ainsi le camphre donné à l’intérieur en un morceau gros comme une lehtille, pris seul ou dans de la tisane de chicorée, pouvait gué-

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