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contact avec la peau, la poudre ou sa dissolution dans l'huile, l'alcool, l'étlier détermine au bout d’une heure envii-on une sensation de chaleur suivie bientôt de douleur et d'une légère tuméfaction. Cette tuméfaction inflammatoire augmentant, l'épiderme se soulève, il forme de petites vésicules d’abord isolées qui deviennent ensuite confluentes, se Irausforment eu bulles et arrivent quelques-unes à l’état de grosses {)hlyctènes remplies de sérosité albumino-fibriueuse. Cette action n’est complète ([u’au bout de 6, 12 ou 24 beures, suivant la ténuité (le l’épiderme ou la susceptibilité des individus; il y en a même qui se montrent tout à fait réfractaires ou moins che/ lesquels la cantbaride n’agit que d'une manière à peu près insignifiante. Ces cas sont fort rares, et généralement l'exsudation ne manque ])as de s’opérer dans l'espace de tO à 12 heures sur toute l'étendue de la surface cutanée occupée par la matière vésicante.
Dès lors une plus ou moins grande quantité du principe actif de la cantharide est absorbé, passe dans la circulation générale et est éliminé par les organes génito-urinaires, qu’il irrite quelquefois au point de produire de l’albuminurie, la cystite cantharidienne, l'uréthrite aiguë, les érections et le priapisme. Ces accidents sérieux n’ont pas empêché quelques praticiens d’en faire usage à l’intérieur à (le très faibles doses; l’estomac en a été très peu dérangé; les reins, la vessie et l’urèthre ont repris provisoirement une virilité factice, inconnue jusqu’à ce jour. Mais le remède est dangereux, car, pour si peu qu’on dépasse la dose voulue, on observe la constriction de la gorge, la difficulté d’avaler, de vives douleurs dans les reins et le bas-ventre, des érections pénibles, la rareté des urines, le pissement du sang. Ces phénomènes peuvent même, si la proportion est trop forte, s’accompagner de délire, de convulsions, d'insensibilité, du coma et de la mort. .4. l’autopsie, on trouve les traces d’une violente inflammation du tube digestif et des voies urinaires, surtout de la vessie (Gubler).
Usages. — Malgré l’activité des cantharides produisant rapidement sur un point donné l’inflammation et la vésication, l’uréthrite et la cystite, quel- (lues thérapeutistes recommandables n’ont pas craint (l'employer ce remède à l’intérieur pour agir fortement contre certaines maladies de l’appareil génitourinaire. 11 va sans dire qu’ils ont donné ce médicament à doses faibles et progressives pour n'avoir pas à essuyer des mécomptes. Ils ont enregistré ainsi de bons résultats dans la dysurie par atonie des parois vésicales, dans la paralysie de la vessie, l'incontinence d’urine, la leucorrhée, la spermatorrhée, le catarrhe vésical, l’anaphrodisie et l’impuissance. Ils se sont servis, dans tous ces cas, presque toujours de là teinture alcoolique, qu’ils ont prescrite à la dose de ;> à 30 gouttes par jour dans une potion ou dans une tisane diurétique. La majorité des praticiens n’a pas obtenu les bons effets qu’on leur avait annoncés, et l’on peut dire aujourd’hui avec Cubler que « la cantharide, si héro’ique dans la mfalication révulsive, n’est qu’un agent incertain ou périlleux de la médication interne ».
A l'extérieur, l’usage des cantharides est d’un emploi excessivement fréquent dans une foule d’é-
tats morbides les plus variés. La plupart des maladies de la tête, de la poitrine, de l’abdomen et des membres sont améliorés par l’application d’un ou plusieurs vésicatoires sur le point douloureux ou loin de l’organe malade, suivant le genre de révulsion nécessaire. En général, les phlegmasies aiguës traitées au début par les antiphlogistiques achèvent de se résoudre avec les vésicants cantharidiens, tandis que les affections chroniques et les aff’ections nerveuses retirent , dès le principe, de précieux avantages de l’emploi de ces agents.
La cantharide est la base de toutes les préparations vésicantes employées aujourd’hui, sauf dans les cas exigeant l’application d’un vésicatoire extemporané.
La forme la plus usitée de ces vésicatoires cantharidés est le sparadrap vésicant ou toile vésicante, dont le type le plus parfait et le plus commode est réalisé par le vésicatoire d’ Albespeyres, constitué par une toile cirée très souple, recouverte, à l’aide de procédés mécaniques, d’une couche de masse emplastique dans laquelle sont incorporées les cantharides en poudre, titrées d'après le procédé üu docteur A. Fumouze (V. Albespeyres, Vésicatoire).
D' Marc. Camboulives.
Empoisonnement par la cantharide. — Médecine légale. — La cantharide est le seul poison énergique que présente le règne animal. L’empoisonnement par les cantharides occupe le dixième rang dans la statistique criminelle, et on en a relevé vingt-trois cas de 1851 à 1863.
Les propriétés aphrodisiaques de cet agent, qui étaient déjà bien connues dans l’antiquité, augmentent encore la fréquence de l’empoisonnement criminel et accidentel par les cantharides.
Les cantharides doivent leurs propriétés toxiques et vésicantes à un principe vénéneux très énergique, la canlhuridine. Cinq centigrammes de cantharidine suffisent pour produire des accidents mortels, tandis qu’il faut 4 à 8 grammes de poudre pour produire la mort.
Aussitôt après l’injection du toxique, on observe une sensation de brûlure dans la bouche et dans la gorge; des vomissements de matières sanguinolentes, dans lesquelles on trouve souvent des parcelles de poison sous forme de points brillants d’un vert bronzé ; la langue et les glandes sous-maxillaires se gonflent; l'haleine, les matières vomies et les selles exhalent l’odeur de la cantharide; les urines deviennent albumineuses, sanguinolentes et même purulentes. Les symptômes observés du côté des organes génitaux sont des plus remarquables : l’homme éprouve un priapisme opiniâtre et extrêmement douloureux ; l’organe érectile de la femme devient lui-même turgide, la vulve est enflammée par suite de son contact avec la cantharidine qui s’élimine par les urines. On observe ensuite du (lélire, des convulsions, des accès tétaniques; le pouls, qui était d’abord accéléré, se ralentit; les malades s’affaiblissent de plus en plus, les parties génitales tombent quelquefois en gangrène, et la mort arrive du premier au cinquième jour.
La muqueuse de l’estomac est injectée et présente une coloration d’un rouge noirâtre; les méninges
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et le cerveau sont injectés, les ventricules renferment une sérosité abondante ; les reins sont hyperhémiés, la vessie contractée; les corps caverneux sont gorgés d’un sang noir, la muqueuse vésicale est quelquefois recouverte de plaques pseudo-membraneuses.
C’est à tort qu’on a longtemps prescrit l’huile dans l’empoisonnement par les cantharides, car cette substance ne pefut que favoriser l’absorption en dissolvant la cantharidine. On administrera des vomitifs, des purgatifs et des calmants, tels que l’opium et le camphre. On a également conseillé l’alcool comme éliminateur, mais cet agent ne doit pas être employé immédiatement, car il favoriserait l’absorption du poison. n-- a. lutaud.
CANTHARIDINE. — (V. Cantharide.)
CANTHOPLASTIE. — On donne ce nom, en chirurgie oculaire, à une opération spéciale qui consiste à fendre l’une des commissures de l’œil pour prolonger la fente palpébrale, lorsqu’il existe un rétrécissement de l'ouverture des paupières par suite du blépharo-phimosis qu’occasionnent souvent les rétractions cicatricielles consécutives aux conjonctivites diphtériques ou granuleuses et aux cautérisations trop énergiques de la muqueuse oculaire et palpébrale.
Pour pratiquer ta canthoplastie, on fend, à l’aide de ciseaux droits, la commissure externe de l’œil et, par trois points de suture, on réunit la muqueuse palpébrale à la peau, de façon à empêcher la réunion des tissus entassés, par conséquent, la récidive. Le point de suture du milieu limite l’étendue de la fente, et les deux points latéraux provoquent la cicatrisation de la plaie faite à la paupière supérieure et à la paupière inférieure.
D' A. Gillet de Grandmont.
CANULE. — On donne ce nom à des tubes plus ou moins longs, ouverts à leurs deux extrémités, droits ou courbes, rigides ou flexibles, dont on se sert fréquemment en médecine et en chirurgie. On fabrique des canules en caoutchouc, en gomme, en bois, en ivoire, en os, en plomb, en argent, etc.
CAOUTCHOUC. — Le caoutchouc, vulgairement appelé gomme élastique, est le suc concret qui s’écoule des incisions que l’on pratique sur un certain nombre d’arbres de la Guyane, du Brésil, des Indes, de .lava, de l’Amérique du Sud, etc. Ce suc, blanchâtre, laiteux, inodore,. d’une saveur légèrement sucrée et non désagréable, e.st reçu dans des moules en terre, où il se décompose au contact de l’air et se durcit en prenant une coloration brunâtre ou noirâtre. Dans le commerce, on distingue quatre variétés de caoutchouc : le caoutchouc blanc, opaque, en masses plus ou moins volumineuses; le caoutchouc jaunâtre, translucide, en leuilles irrégulières; le caoutchouc brun grisâtre, opaque, en feuilles épaisses ou en masses globuleuses; enfin, le caoutchouc brun. Le caoutchouc blanc est le plus pur; il est élastique, flexible, imperméable aux li- (luides et aux gaz, se soude à lui-rnème, est soluble
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dans la benzine, l’éther, le chloroforme, le naphte et le sulfure de carbone. Insoluble dans l’alcool pur, il se dissout très facilement dans un mélange de 95 parties de sulfure de carbone et de 5 parties d’alcool absolu et constitue alors le caoutchouc vulcanisé, qui dégage toujours une odeur désagréable d’hydrogène sulfuré, à moins qu’on ne la lui enlève en le recouvrant de poussière de charbon à 66“ ou en le plongeant dans un bain alcalin.
Le docteur Hannon a administré le caoutchouc à l’intérieur d’après la formule suivante :
Caoutchouc en lanière 30 grammes.
Essence de térébenthine 20 —
Rob de sureau 300 —
Essence d’amandes amères 5 gouttes,
à la dose de une à quatre cuillerées à café par jour, contre la diarrhée et les sueurs nocturnes, dans la phthisie pulmonaire. Mais sa pratique n’a pas eu beaucoup d’imitateurs, et c’est surtout à la fabrication de divers appareils et instruments chirurgicaux qu’on utilise le caoutchouc. Il sert à fabriquer, outre les vêtements imperméables, des toiles, des coussins, des matelas imperméables, des bassins, des urinaux, des ceintures, des bas à varices, des clysopompes, des seringues, des sondes, des pessaires, des dentiers artificiels, etc., etc.
Hygiène professionnelle. — Les ouvriers qui travaillent le caoutchouc, mais surtout ceux qui sont employés à sa vulcanisation, et ceux qui fabriquent les petits ballons en caoutchouc, sont exposés à une série d’accidents occasionnés par les vapeurs de sulfure de carbone (V. Sulfure de carbone).
IC Paul Labarthe.
Capeline. — On donne ce nom, en chirurgie, à un bandage récurrent destiné à envelopper la tête qui se fait avec une seule bande de 6 à 7 mètres de longueur, roulée à deux globes. L’un des chefs de la bande décrit sur le sommet de la tête des arcs de cercle placés à côté les uns des autres et se recouvrant même un peu, tandis qu’avec l’autre chef on fixe les arcs de cercle au moyen de tours circulaires autour de la tête, en allant horizontalement du front vers l’occiput. Ce bandage est d’une application difficile et est rarement employé. p. i,.
CAPILLAIRE. — On donne ce nom à des plantes
Fig. 215. — Capillaire de Montpellier, de la famille des fougères, dont la plus connue est le
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