‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 109 sur 206 · C(EU · texte numérisé non relu

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doit céphalalgie, dp éblouissements, 1

^ tintements d’oreille, des vertiges ; si les artères tint athéromateuses, elles sont exposées à se romre d’où hémorrhagie cérébrale,

P L’hypertrophie du ventricule droit est rarement isolée, eUe détermine de la congestion et des apoplexies pulmonaires, des catarrhes bronchioues, etc.

Enfin, que l’hypertrophie soit générale ou partielle, la respiration est souvent gênée; il peut exister des palpitations et un sentiment d’anxiété pré-

cordiale.

2» Signes physiques. — L’inspection de la poitrine permet d’apprécier une voussure plus ou moins accentuée, l’ébranlement violent du thorax et la déviation de la pointe qui bat soit en dehors de la ligne mamelonnaire, soit plus bas que normalement.

Si on applique la main ou la tête sur le thorax au niveau du cœur, le choc du cœur est tel qu’elle est brusquement soulevée; mais si l’hypertrophie est très considérable, bien que le choc soit très fort, leur déplacement est peu sensible, car le cœur ne revient que fort peu sur lui-même (Skoda). Si l’hypertrophie porte sur le ventricule droit, le soulèvement a lieu surtout vers le creux épigastrique et la partie inférieure du sternum.

Par la percussion, on constate que la matité de la région précordiale est accrue surtout en bas et à gauche dans l’hypertrophie du ventricule gauche, surtout dans le sens transversal, lorsque l’hypertrophie siège à droite; dans l’hypertrophie générale, l’accroissement s’effectue en longueur et en largeur.

Les signes fournis par la palpation et la percussion peuvent manquer dans les cas d’épanchement péricardique ou d’emphysème pulmonaire.

i.’hypertrophie par elle-même rend les bruits du cœur plus forts et plus sonores à l’auscultation (on les a comparés à un cliquetis métallique), car le claquement des valvules sera plus énergique. Les bruits de souffle, fréquemment entendus, se rattachent aux lésions valvulaires qui ont déterminé l’hypertrophie.

Sa marche comme sa durée n’offrent rien de fixe; elle peut persister de longues années sans troubler la santé; bien plus, elle est souvent providentielle (Beau), puisqu’elle rétablit l’équilibre dans la circulation. Mais parfois il lui arrive de dépasser le but, et l’on souffre de l’excès de tension du sang; cest ce que l’on voit dans l’insuffisance aortique. Enfin les congestions viscérales peuvent avoir des suites sérieuses.

Si les congestions étaient trop intenses, s’il existait des menaces d’apoplexie, il faudrait, surtout chez un sujet vigoureux, pratiquer la saignée. On pourrait également diminuer la tension sanguine par 1 emploi des diurétiques (nitrate de potasse, bicarbonate de soude, oxymel scyllitique) ou des purgatifs drastiques {pilules de Bosredon, grains de de Franck, etc.) : s’ils étaient mal supportés on au^jt recours aux purgatifs salins.

a mgitale étant le quinquina du cœur, son em- P 01 n est guère indiqué (Bouillaud).

lorsque les palpitations sont fortes on peut les

calmer par l’application d’eau froide sur le cœur, l’usage du bromure de potassium (2 à 4 grammes par jour), sous forme de sirop de Laroze, de l’acide cyanhydrique médicinal (12 gouttes dans un verre d’eau non sucrée).

Le régime a une importance capitale; le malade devra éviter toutes les causes capables d’augmenter la tension du sang ou d’exciter les contractions du cœur, tels que repas copieux, café, liqueurs, tabac, veilles, émotions vives, fatigues, etc. Les purgations légères, mais souvent répétées, seront fort utiles en prévenant la pléthore.

Dilatation du cœur. — EUe est caractérisée par l’augmentation de capacité des cavités cardiaques avec amincissement de leurs parois (c’est l’anévrysme passif de Corvisart).

La dilatation peut se produire dans deux circonstances différentes : 1° lorsque le sang exerce sur les parois du cœur une pression anormale; 2° lorsque ces parois ont perdu leur résistance naturelle.

Les dilatations partielles ou générales ne sont jamais isolées, le tableau clinique présentera donc, à côté des symptômes propres à la dilatation eUemême, les désordres spéciaux aux lésions qui l’ont engendrée.

Bornons-nous à parler des conséquences de la dilatation ; est-eUe générale, les deux circulations sont compromises ; la dilatation du cœur droit entrave la circulation veineuse et détermine des congestions passives, de la cyanose, des œdèmes, etc.; la dilatation du cœur gauche détermine une anémie artérielle (vertiges, éblouissements, diminution de la sécrétion urinaire et des stases sanguines dans les poumons avec apoplexie pulmonaire).

La dilatation simple ne détermine ni voussure, ni ébranlement de la paroi thoracique; les battements du cœur sont plus faibles, moins appréciables qu’à l’état normal, mais la percussion démontre l’augmentation du volume du cœur, la matité s’étend à droite du sternum dans le cas de dilatation du ventricule droit, elle s’abaisse beaucoup lorsque c’est le ventricule gauche qui est dilaté. En somme, la matité de la région précordiale est aussi étendue que celle que l’on, constate dans l’hypertrophie du cœur, mais les caractères de l’impulsion cardiaque sont totalement différents,, puisque l’impulsion est affaiblie dans la dilatation, exagérée dans l’hypertrophie.

L’auscultation ne fournit que peu de renseignements sur la dilatation eUe-même, elle indique seulement les rétrécissements ou insuffisances qui coïncident avec elle.

Pour instituer le traitement, il faut se guider sur les symptômes. On aura recours aux saignées si la stase du sang est considérable; aux toniques et aux ferrugineux s’il y a faiblesse.

Atrophie du cœur. — EUe est la conséquence soit d’un affaiblissement général par maladie chronique, hémorrhagie répétées, etc., soit d’un trouble local dans la nutrition du cœur, péricardite, myocardite, altérations des artères coronaires. L’atrophie produite sous la première influence est toujours générale ; la deuxième peut être partieUe. Les parois du cœur sont amincies, ses cavités diminuées, le tissu musculaire est pâle, anémié, souvent flasque ; on

l’a vu au contraire présenter une dureté scléreuse, ou se charger de dépôts pigmentaires.

Dégénérescence graisseuse du cœur. — Elle se produit sous les mêmes influences que l’atrophie, cependant il en est qui lui sont spéciales, telles sont l’ohésité, leS' altérations du sang dues aux rnaladies infectieuses, aux fièvres graves et à certains poisons (alcool, phosphore, arsenic, éther, chloroforme, etc.). Une graisse jaune s’accumule à la surface du cœur et dans l’interstice des fihres rnusculaires. Dans d’autres cas, plus justement désignés sous le nom de dégénérescence, c’est la fibre musculaire elle-même qui subit la transformation graisseuse, les stries longitudinales s’effacent, et l’enveloppe de la fibre musculaire ne contient plus que des gouttelettes graisseuses.

Tant que l’atrophie eî la dégénérescence sont peu prononcées, elles ne se révèlent par aucun symptôme. Le diagnostic ne peut être que présumé et posé par exclusion ; ainsi des phénomènes d’asystolie survenus chez un individu qui n’offre ni lésions valvulaires, ni péricardite, ni dilatation du cœur, etc., pourront faire penser à la dégénérescence graisseuse ou à l’atrophie.

Rupture du cœur. — C’est àtort que les ruptures du cœur survenues en dehors du traumatisme sont généralement désignées sous le nom de ruptures spontanées, car le cœur ne peut se rompre qu’à la condition de présenter une altération de ses fibres musculaires (myocardite , abcès , dégénérescence graisseuse, etc.). La rupture occupe surtout le ventricule gauche ; elle est souvent longitudinale et de dimensions variables.

Le cœur malade se rompt soit sous l’influence d’un effort, d’une gêne momentanée de la circulation, soit sans causes occasionnelles ; la mort peut être instantanée, le patient tombe en poussant un cri ; mais si la déchirure est étroite, la vie peut se prolonger quelques heures ou quelques jours, et le malade succombe après avoir présenté les symptômes d’une hémorrhagie interne (faiblesse extrême, pâleur du visage, syncope, augmentation de la matité précordiale).

La mort est une terminaison certaine.

Si les accidents avaient une marche graduelle, il serait indiqué de recourir aux révulsifs (glaces sur le cœur, ventouses, etc.), et aux stimulants cutanés.

Plaies du cœur. — Toutes les parties du cœur ne sont pas également exposées aux atteintes des agents vulnérants ; les plus superficielles, comme le ventricule droit, sont naturellement le plus souvent intéressées.

Les blessures du cœur présentent des différences relatives •. A la nature de Vinstrument : ce sont en général des instruments piquants ou tranchants (épées, couteaux, baïonnettes, etc.), des projectiles de guerre, ou même des fragments détachés du sternum ou des côtes fracturées ; 2“ A leur direction : que la plaie soit longitudinale, oblique ou transversale, ceci ne présente pas au cœur la même importance que pour un muscle ordinaire, car les divers plans musculaires qui forment le cœur ne se superposant pas dans un sens parallèle, les effets de leur contraction se détruisent ; 3“ A leur prof on-

deur : les plaies du cœur sont pénétrantp< PÉNÉTRANTES, suivant qu’elles intéressent toute l’épaisseur de la paroi.

Plaies non pénétrantes. — Ici trois cas n se présenter ; 1» La plaie pénétrante est -^ lorsqu’elle divise seulement les fibres muscu?^^® elle peut être suivie d’une mort immédiate ra i est rare. ’

Le plus célèbre exemple de mort subite après , plaie non pénétrante simple du cœur est celle de T Tour d’Auvergne, qui succomba instantanément à un coup de lance reçu dans la poitrine, aumoment où il criait : « A moi, Auvergne, ce sont les enne mis ! » Pautrel ayant fait son autopsie une demi heure après, ne trouva qu’une petite plaie de deux lignes de profondeur dans la paroi du ventricule gauche; le péricarde renfermait peu de sang.

Il est assez probable que la plaie peut se cicatriser, mais en exposant le malade à des myocardites et peut-être aussi à un anévrysme partiel créé par la dilatation progressive delà paroi du cœur dont la résistance est diminuée.

2° La plaie ouvre un des 'vaisseaux coronaires. On en connaît quatre observations rapportées par Lamotte, Larrey, Fergusson, Andren ; dans les quatre cas la mort survint subitement ou après un laps de temps variable ;

3“ La plaie se complique de la présence d’un corps étranger (V. plus loin).

Plaies pénétrantes. — Les simples piqûres du cœur ne doivent pas être considérées comme fort dangereuses lorque le corps piquant ne reste pas dans la plaie ; il n’en est pas de même des plaies pins larges qui permettent l’accumulation du sang dans la péricarde, cause la plus fréquente de la mort par arrêt du cœur. Les plaies par armes à feu déterminent habituellement des désordres considérables et immédiatement incompatibles avec la vie.

Enfin les plaies du cœur, pénétrantes ou non, peuvent se compliquer de la présence des corps étrangers les plus divers (balle, bout d’épée, etc.), qui, chose étrange, ont pu séjourner de longues années dans le cœur sans troubler profondément ses fonctions et même sans être soupçonnés.

A l’autopsie des plaies non pénétrantes, on a généralement constaté des endocardites, des péricardites, un caillot entre les lèvres de la plaie, et même une cicatrice plus ou moins complète. ^

Les symptômes des plaies du cœur sont très variables non seulement en raison de la diversité des blessures, mais encore par la nature des complications.

■ Souvent la blessure laisse couler une certaine quantité de sang qui augmente pendant la toux,les mouvements, et s’arrête parfois dans le décubitus horizontal ; les battements du cœur sont tumultueux ou très faibles, l’auscultation permet d’entendre des bruits divers (thrill, bruit de moulin, etc.). La dyspnée n’offre aucun caractère saillant. La faiblesse du malade est très grande, ses extrémités sont froides, olacées, souvent il tombe en syncope.

Dans un certain nombre de plaies pénétrantes du cœur on a observé, quelques jours après l’accident, des hémiplégies, des accès de suffocation, des gan-

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