CURATIF
Le TRAITEMENT PALLIATIF cousiste à Calmer la douleur produite par la compression. Pour cela il est, avant tout, recommandé de porter des chaussures aisées, amples et souples, puis d’isoler le cor de façon à éviter qu’il soit directement en contact avec la chaussure, en le recouvrant de baudruche gommée ou de taffetas Marinier, on encore d’un petit rond de feutre ou de caoutchouc vulcanisé, percé à son centre d’un trou égal au pourtour du cor. On peut aussi ramollir le cor en le recouvrant de papier chimique ou de papier Fayard et Blayn, puis, avec un bistouri ou un rasoir bien effilé et propre, exciser en couches très minces la masse épidermique, en ayant soin d’en enlever davantage au centre que vers la circonférence, de façon â ce que les points les plus douloureux du cor étant plus évidés que les alentours, ces points cessent de pouvoir être comprimés. Encore faut-il faire ces excisions avec une habileté et une prudence extrêmes, la moindre
plaie pouvant, ainsi qu’on va le voir plus bas, en traîner des accidents redoutables.
Le TRAITEMENT CURATIF peut être obtenu par l’ei. tirpation, les caustiques ou certains topiques.
h' extirpation a pour but d’enlever non seulement la partie exubérante du cor, comme cela a lieu dans le procédé par excision, mais bien la pointe ou racine du cor, c’est-a-dire d’enlever le cor entier. L’extirpation peut se pratiquer d’après le procédé de Velpeau. On isole avec la pointe d’un bistouri droit, une partie de la circonférence du cor, puis on saisit le bord détaché avec une pince à dissection et continuant ensuite à le détacher, on a soin de tenir sans cesse la pointe du bistouri sur la limite des tissus vivants. En allant à petits coups et lentement, on parvient ainsi sans peine et dans l’espace de deux ou trois minutes à enlever le cor le plus épais. Comme traitement consécutif, il faut prescrire au malade de tenir son pied trempé dans un liquide tiède alcoolisé et aromatisé, de garder un repos complet pendant quelques jours.
Cette opération délicate et fort simple en apparence demande une très grande adresse de la part de l’opérateur, car elle expose le malade à plusieurs accidents graves, dont nous croyons utile de donner quelques exeinples. C’est ainsi qu’on trouve dans la Gazette des Hôpitaux du 6 juillet 1844, le cas d’un homme de 35 ans, qui s’était extirpé luimême un cor au petit orteil gauche, et qui, ayant voulu continuer son service de domestique, fût pris du tétanos et mourut rapidement. A l’autopsie, on trouva du pus épanché sous les téguments, et la bourse muqueuse, située sur l’articulation, pleine de sang. Demarquay a vu survenir à la suite de l’extirpation, par un pédicure, d’un cor situé sous la plante du pied, un abcès gangreneux qui mît six mois à se cicatriser. Il a pratiqué, tant à Necker qu’à la Maison Dubois, plusieurs amputations des orteils, entre autres celle du premier métatarsien, chez un homme de 50 ans, chez qui l’extirpation d’un cor avait été suivie de la gangrène des deux orteils ; et celle du cinquième métatarsien sur un autre individu, à la suite d’une nécrose des surfaces articuculaires survenue après l’extirpation d’un cor. Le docteur Thierry, dans un Mémoire sur les accidents qui peuvent résulter de l'extirpation d'un cor, publié, en 1856, par le Moniteur des Hôpitaux, cite aussi plusieurs cas d’extirpation de cors suivis d’accidents tels que l’amputation fut nécessaire ; entre autres celui d’un homme de 60 ans qui, s’étant fait extirper un cor par un garçon de bain, vit se déclarer la gangrène sur le second orteil où siégeait le cor. Le docteur Thierry l’accepta, mais la gangrène s’étendit et le malade succomba à' une résorption purulente. Rappellerais-je enfin qu’en août 1880, notre illustre maître et ami Ricord a eu l’articulation ouverte par son pédicure et qu’il n’a fallu rien moins que les soins éclairés et dévoués de Gosselin, Péan et Bouchut pour éloigner l’éventualité de la désarticulation de la phalange atteinte si malencontreusement.
L’extirpation est donc une méthode dangereuse, même pratiquée par les pédicures les plus habiles, et je ne conseillerai à personne d’y avoir recours. En outre, elle nécessite un repos absolu de plusieurs
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jours, ce qui est encore un inconvénient sérieux pour beaucoup de gens.
La cautérisation, qui peut être faite avec la potasse caustique, le beurre d’antimoine, l’eau-forte ou acide nitrique, l’acide acétique, le soufre fondu, le nitrate d’argent, etc., est une méthode plus dangereuse encore que l’extirpation. Outre que ces divers caustiques sont très douloureux, ils sont d’une application extrêmement difficile. On n’arrive pres^ (jue jamais à ne les appliquer que sur le cor, car la plupart coulent et vont atteindre et détruire les parties saines environnantes. De plus, on n’est jamais sûr de l’intensité et de l’étendue de leur action destructive, celle-ci variant avec chaque caustique et suivant le plus ou moins de dureté du cor.
La cautérisation détermine une inflammation consécutive, presque constante du tissu cellulaire sous-cutané et des bourses séreuses accidentelles, qui suppurent et peuvent entraîner le phlegmon profond diffus du pied, le dénudement des tendons et même des os, et finalement, la perte des orteils.
Certains auteurs ont conseillé de détruire les cors en enfonçant dansleur centre une aiguiUeà tricoter rougie au feu. Par ce moyen, le cor se mortifie, en effet, mais en entraînant une eschare qui peut ouvrir l’articulation et nécessiter même l’amputation de l’orteil, ainsi que Velpeau en rapporte des cas dans son Traité de médecine opératoire.
Comme l’extirpation, la cautérisation oblige le malade à garder un repos absolu de plusieurs jours et à maintenir pendant ce temps sur l’orteil dés cataplasmes émollients.
Quant aux innombrables topiques, pommades, onguents, etc., prônés contre les cors aux pieds, le lecteur ne s’attend pas, je pense, à ce que je lui en fasse la fastidieuse énumération. Qu’il sache seulement que presque tous ont pour base l’un des caustiques cités plus haut, et qu’ils exposent, par suite, aux mêmes accidents.
Pour moi, le meilleur topique, non caustique, non douloureux, tout à fait inoffensif en un mot, tout en ayant une efficacité absolue et constante, c’est V anti-cors Guy ot (V. ce mot). Si je le recommande à mes lecteurs, c’est que je l’ai expérimenté sur moi-même et que j’ai été émerveillé de son effet. Sur trois cors dont j’étais affligé, deux ont été complètement détruits en sept jours et le troisième en neuf jours, sans que j’ai souffert une seule minute pendant tout ce temps; cependant je n’ai rien changé à mes habitudes, j’ai beaucoup marché, j’ai même chassé. J’ajoute que la chute des corps n’a été suivie d’aucune inflammation. Les personnes déjà nombreuses auxquelles j’ai conseillé l’usage de Y anti-cors Guyot, ont été comme moi, très promptement débarrassées de leur désagréable infirmité.
D' Paül Labarthe.
CORSET. — On donne ce nom à une partie du vêtement de la femme destiné à envelopper la poitrine, à soutenir les seins et la taUle, et à maintenir le tronc dans une rectitude convenable. Bouvier, dans ses remarquables Études historiques et médicales sur le corset, communiquées à l’Académie de médecine en 1853, donne l’énumération suivante Dictionnaire popülaire de Médecine tjsiielle.
des accidents nombreux qu’entraîne l’usage mal dirigé des corsets lorsqu’ils présentent quelques vices de construction, lorsqu’ils sont serrés outre mesure ou que les parties rigides qu’ils contiennent exercent des pressions exagérées : « Excoriation au voisinage des aisselles, gêne de la circulation veineuse des membres supérieurs, accidents résultant de la compression du plexus brachial; aplatissement, froissement des seins et maladies diverses des ganglions lymphatiques ou des glandes mammaires ; affaissement, déformations ou excoriations des mamelons; difficulté extrême de certains mouvements, affaiblissement et atrophie des muscles comprimés ou inactifs ; abaissement et rapprochement permanents des côtes inférieures ; rétrécissement de la base du thorax ; réduction des cavités de la poitrine et de l’abdomen; refoulement du diaphragme; compression des poumons, du cœur, de l’estomac, du foie et des autres viscères abdominaux, surtout après les repas, d’où gêne plus ou moins grande de la respiration et de la parole; aggravation des moindres affections pulmonaires ; disposition à l’hémoptysie ; palpitations du cœur, syncopes, difficulté du retour du sang veineux au cœur; embarras dans la circulation de la tête et du cœur; congestions fréquentes aux parties supérieures; efforts musculaires difficiles ou dangereux; lésions des fonctions digestives; gastralgie, nausées, vomissements; réduction du volume de l’estomac ; lenteur et interruption facile du cours des matières dans l’intestin rétréci; déformation, déplacement du foie, augmenté dans son diamètre vertical et repoussé vers la fosse iliaque, réduit dans les autres sens, et déprimé, en outre, à sa sur- . face par les côtes qui s’impriment, en quelque sorte, dans sa substance ; gêne de la circulation abdominale; abaissement de l’utérus: troubles de la menstruation et, dans l’état de grossesse, disposition à l’avortement, au développement imparfait du fœtus, aux déplacements de la matrice, aux hémorrhagies utérines. »
Le passage que nous venons de reproduire a tout l’air d’un réquisitoire, alors qu’il n’est que l’expression exacte de la vérité sous la plume d’un maître en orthopédie.
Hâtons-nous d’ajouter avec lui que tous ces inconvénients seront évités si le, corset possède les qualités -requises, s’il est convenablement lacé, si sa pression, partout modérée, est surtout affaiblie visà-vis des organes les plus sensibles ou les moins résistants, si sa laxité ou son extensibilité sont telles qu’il ne mette obstacle ni au mouvement des côtes et de l’abdomen dans la respiration, ni à l’ampliation de l’estomac et de l’intestin dans la digestion, s’il est assez évasé du haut pour soutenir les seins sans les comprimer, si les épaulettes en sont assez lâches et d’une substance douce et élastique, ou si même on les supprime entièrement, si les entournures sont assez largement échancrées, si les baleines ou les ressorts d’acier fixés entre les doubles de l’étoffe et destinés à lui conserver sa forme, à l’empêcher de remonter, de se plisser ou de faire corde, sont assez peu nombreux, asséz minces, assez flexibles, assez bien placés pour ne faire sentir leur pression nulle part et pour ne point 6T
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entraver les mouvements, si le buse est souple, léger, d’une courbure convenable et, mieux encore, s’il est remplacé par deux baleines étroites, séparées par un tissu élastique, enfin, si le corset tout entier, embrassant la circonférence du bassin, trouve autour des hanches un point d’appm solide, suit la direction naturelle des flancs, sans être trop pince à leur niveau , et marque la taille sans la contrefaire. J • f
Disons enfin que les jeunes filles ne devraient commencer à porter de corset qu’au moment de la puberté, alors que les seins commencent a se développer , encore faut-il qu’ils soient excessivement souples, et que la femme doit le supprimer complètement pendant la grossesse pour lui substituer une ceinture abdominale. ■ D' Paul labarthe.
CORSETS ORTHOPÉDIQUES. — Les corsets orthopédiques sont ceux qui ont pour but de prévenir ou de corriger les déviations et les vices de conformation de la taille (V. Taille, Cyphose, Gibbosité, Lordose, Scoliose). P. L.
CORTICAL. — Qualificatif donné en anatomie à la couche la plus externe de la substance propre de certains organes, ainsi : substance corticale du cerveau {V. Cerveau); substance corticale du rein (V. Rein). P. L.
CORYZA. — Le coryza, appelé aussi rhinite, rhume de cerveau, enchifrènement, est une affection caractérisée par l’inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse les fosses nasales. Cette inflammation peut être aiguë ou chronique. Nous ne nous occuperons ici 'que du coryza aigu, renvoyant pour l’étude du coryza chronique au mot ozène.
Les causes qui la déterminent sont de deux ordres : les unes internes, les autres externes.
Un individu prédisposé aux coryzas en est atteint sous l’influence de l’impression du froid, de Thumidité, des changements brusques de température ; ces influences se généralisant, le coryza peut régner d’une façon épidémique. Les très jeunes enfants y sont surtout exposés. L’irritation de la muqueuse nasale par des vapeurs ou par des poudres irritantes -ammoniaque, ipéca, odeur de foin, etc.) peuvent produire le coryza.
Le coryza de cause interne se développe soit par l’extension d’une inflammation voisine (conjonctivite, éruption d’eczéma ou d’impétigo sur la lèvre supérieure, amygdalite, angine chronique), soit dans le cours d’une maladie générale (grippe, fièvres éruptives, entre autres la rougeole, morve, syphilis et surtout scrofule); notons encore l’action de l’iodure de potassium.
Le coryza débute par une douleur gravative fixe, siégeant au niveau de la racine du nez entre les deux yeux, et par des picotements avec sensation d’embarras et de sécheresse dans les fosses nasales ; bientôt surviennent des éternuements. La muqueuse est d’abord rouge et sèche ; bientôt le (Catarrhe devient humide; il s’écoule une grande abondance d’un liquide aqueux, transparent, filant, salé, ^ irrite l’orifice des fosses nasales et la lèvre supérieure, surtout chez les enfants. L’odorat et le
goût sont émoussés. L’inflammation catarrhale s’ ’ tend souvent aux parties voisines; elle gagne T muqueuse des sinus frontaux et maxillaires, cell^ de la trompe d’Eustache, la conjonctive, etc. Le coryza s’accompagne de courbature et môme d’un mouvement de fièvre ass^z intense.
En quelques jours la douleur de tête se calme la courbature se dissipe, l’écoulement devient épais verdâtre ou jaunâtre. Jaccoud fait remarquer avec raison qu’alors surtout la voix devient nasonnée car les produits de sécrétion, devenus plus consistants, s’accumulent dans les fosses nasales et n’offrent plus aux ondes sonores les conditions de vibrations normales. Pour le même motif, la respiration nasale est impossible; on doit respirer par la bouche. Les jeunes enfants ne peuvent téter que très difficilement; aussi leur nutrition en souffre-telle beaucoup. Sauf cette circonstance, le pronostic du coryza est très bénin ; tout s’efface en quelques jours.
Le traitement du coryza est assez simple. S’il n’y a de la fièvre, on gardera la chambre deux ou trois jours; on se trouve bien de l’emploi de boissons diaphorétiques : si le coryza est léger, il suffit de prendre quelques précautions hygiéniques. Chez les enfants, le coryza est plus sérieux. Il faut enduire de cold-cream le pourtour des orifices du nez et la lèvre supérieure afin de prévenir leur excoriation ; il faut surveiller l’allaitement et, par quelques injections émollientes, prévenir l’obstruction des fosses nasales.
On a cherché à faire avorter le coryza dans les premières heures de son invasion ; dans ce but,' on a préconisé les inhalations d’iode, d’ammoniaque, les prises de camphre, la poudre de morphine, l’atropine, les cautérisations au. nitrate d’argent, etc., mais tous ces moyens sont infidèles. D' Léon moynac.
COSMÉTIQUE. — On désigné sous ce nom générique les diverses préparations destinées à la toilette, à la conservation et à l’embellissement de la peau et de ses annexes, cheveux, cils, barbe, ongles, etc. (V. Eaux de toilette, Épilatoires, Fards, Pommades, Poudres, Savons, Teintures), p. l.
COTES. — Anatomie. — On donne le nom de côte aux os longs recourbés en forme d’arc-, qui vont du sternum à la colonne vertébrale et qui concourent à former les parois latérales de la poitrine. Au nombre de douze de chaque côté, lea côtes se divisent en vraies côtes, au nombre de sept, et en fausses côtes, au nombre de cinq. Les premières sont appelées sternales, parce qu’elles s’articulent au moyen d’un cartilage avec le sternum ; les autres, qui ne s’articulent pas avec cet os, s’appellent asternales. Les deux dernières côtes sont appelées côtes flottantes.
Les côtes présentent à étudier un corps et deux extrémités. Le corps a une face externe convexe, pourvue vers le quart postérieur d’une saillie rugueuse, angle de la côte, correspondant à un point plus prononcé de la courbe que décrit cet os ; une face interne concave, lisse, recouverte par la plèvre; un bord supérieur mousse, donnant insertion aux deux muscles intercostaux ; un bord inférieur, sem-
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blable au précédent dans ses trois quarts antérieurs, et pourvu en arrière d’une gouttière, appelée gouttière costale, qui loge l’artère et la veine intercostales et le nerf intercostal, et donne insertion au muscle intercostal par sa lèvre externe, et au muscle intercostal interne par sa lèvre interne. L’extrémité antérieure, un peu renflée, présente une
Côtes articulées à la colonne vertébrale et au sternum.
1 à 12. Côtes, — d,d. Cartilages costaux. — e. Extrémité supérieure du sternum. — J. face antérieure du sternum^ — 1 a» Première vertèbre dorsale. — 12 a. Deuxième vertèbre dorsale. — 7 a. Septième vertèbre cervicale. — f. Tubérosités de la première côte. — 1 à 7. Vraies côtes, côtes sternales. — 8 à 12. Fausses côtes, côtes asternales. — 11 et 12. Côtes flottantes.
surface concave, rugueuse pour donner insertion au cartilage costal. L’extrémité postérieure présente une tête munie de deux facettes articulaires s’articulant avec le corps de deux vertèbres voisines; un col placé au-devant de l’apophyse transverse de la vertèbre qui est au-dessus ; une tubérosité munie en prière et en haut d’une surface articulaire pour l’apophyse transverse de la vertèbre correspondante.
Fractures des côtes. — Ces fractures, qui sont très fréquentes, peuvent se montrer sous l’influence de trois ordres de causes : 1® les causes directes, qui fracturent l’os au niveau du point sur lequel elles agissent; ces causes tendent à enfoncer la côte vers
la cavité thoracique, par conséquent, à redresser leur courbure ; 2° las causes indirectes : chute sur la partie antérieure du thorax, pression sur la même région ; alors, la fracture siège un peu plus en avant du mUieu de l’os. Ces causes tendent à augmenter la courbure des côtes; 3» la coniractioji musculaire, qui détermine la fracture, dans certains efforts de toux, par exemple.
Les fractures de côtes sont uniques ou multiples, elles sont simples ou compliquées ; elles peuvent être complètes ou incomplètes. EUes siègent rarement sur les côtes supérieures, parce que des muscles volumineux les recouvrent ; on les observe rarement aussi sur les côtes inférieures, parce que, étant mobiles, elles cèdent sous l’influence des violences extérieures. La septième et la huitième sont le plus fréquemment atteintes.
Les symptômes fonctionnels sont : 1® une douleur très vive limitée exactement au point fracturé, s’exaspérant par la pression; et surtout par les mouvements respiratoires ; 2® la respiration est entrecoupée, et la douleur empêche quelquefois le malade de respirer librement et de parler.
Les symptômes physiques sont : la position du malade, la crépitation et très rarement l’ecchymose et la tuméfaction.
Le malade prend une position particulière, à cause de la douleur. Il appuie la main sur le point fracturé, incline le corps de côté et respire peu profondément, pour empêcher la mobilité des fragments dont le déplacement cause de vives douleurs.
Pour percevoir la crépitation, il faut placer la main à plat sur le point fracturé ; il arrive souvent que, pendant le mouvement d’inspiration, les fragments venant à se mouvoir, la main perçoive la crépitation. Si ce moyen ne suffit pas, on dit au malade de respirer largement ou de tousser. Enfin on est quelquefois obligé de se servir de l’oreiUe que l’on applique : sur le point douloureux.
Lorsqu’elles sont simples, ces fractures se consolident dans l’espace de vingt-cinq à trente jours. Il est rare d’observer une pseudarthrose. Quant aux complications qui peuvent se montrer ce sont : 1® du côté de la paroi thoracique : plaie, emphysème sous-cutané, blessure des vaisseaux; 2® du côté delà plèvre : pleurésie, hémorrhagie pleurale, pneumothorax, emphysème sous-pleural; 3® du côté du poumon : déchirure et hémoptysie, emphysème interlobulaire, et pneumonie. De toutes ces complications, qui n’empêchent pas ordinairement la- consolidation, la pleurésie est la plus fréquente ; il est facile de le concevoir, lorsqu’on songe au rapport intime qui existe entre la plèvre et les côtes.
Le seul appareil que l’on emploie pour le traitement des fractures de côtes est le bandage de corps.
Ce bandage, quelle que soit la côte fracturée, doit être appliqué au niveau du tiers inférieur du sternum, car, à ce niveau, il immobilise toutes les côtes. 11 peut être remplacé avec avantage par une large bande de sparadrap entourant le corps du malade. Dans le cas d’enfoncement des fragments dans le poumon, si cet Mifoncement n’est pas considérable et qu’ü. n’y ait pas de complication de plaie, il vaut mieux s’en rapporter aux efforts de la nature que de faire une incision
COTTLOÏDE. — On donne ce nom à la moitié de l’os iliaque qui loge la tête fémur (V. Iliaque).
au niveau de la fracture pour dégager les fragments. J.-A. FORT.
COTON. — Le coton est employé pour le pansement des plaies. p. l.
COU. — Le cou est cette partie du corps comprise
Fig. 310. — Région antérieure du cou.
(Du côté droit, cette figure représente les parties superficielles ; du côté gauche, les parties profondes).