COB
au point de vue de l’art. Ne pouvant les rencontrer réunis dans la nature, ils ont emprunté à divers individus privilégiés les formes qui se rapprochaient le plus de la perfection, et ont composé, à l’aide de ces éléments hétérogènes, un être idéal qui leur sert de prototype. C’est ainsi que l’on peut dire que l’art dépasse la nature tout en l’imitant.
Ces proportions conventionnelles sont celles qui ont été fixées, comme terme moyen, par les anato-mistes. Voici quelques-unes de ces proportions qui sont devenues classiques.
En prenant la tête pour unité de mesure, la hauteur du corps humain a été divisée en sept têtes par les uns, en sept têtes et demie et même en huit têtes par les autres. La mesure en sept têtes a l’avan¬
tage d’offrir des points de repaire faciles à déterminer; ainsi, la première division passe au-dessous du menton; la deuxième, au-dessous des mamelles; la troisième, au niveau des hanches ; la quatrième, au milieu des cuisses ; la cinquième, au milieu des genoux; la sixième, au-dessous des mollets; la septième correspond à la plante des pieds.
La mesure en sept têtes et demie est celle qui se rapproche le plus de la nature; mais nous adoptons la mesure en huit têtes, parce qu’elle est la plus généralement admise par les artistes. C’est aussi celle qui répond le mieux au canon des grecs. Le Laocoon, la Vénus de Médicis, l’Hercule de Farnèse, l’ApoUon Pythien, etc., ont, en effet, près de huit têtes. Il est vrai que cette dernière division fait paraître la tête petite par rapport à la longueur du corps ; mais si la vérité anatomique est quelque peu sacrifiée, l’art y gagne beaucoup en élégance.
On reconnaît encore qu’un homme étendant le bras horizontalement est, de l’extrémité du médius à l’autre, aussi large qu’il est long. Il peut donc, dans cette position, être inscrit dans un carré. 11 pourra aussi être inscrit dans un cercle, ainsi que l’a fait remarquer Léonard de Vinci, à la condition que les jambes s’écarteront de manière à former un triangle équilatéral et que les bras se lèveront à la hauteur du sommet de la tête. Le point d’intersec-
GOR
tion des diagonales du carré sera placé au niveau des os du bassin appelé pubis, et le centre du cercle sera représenté par le nombril. En dirigeant les membres supérieurs au-dessus de la tête, parallèlement à l’axe du corps, l’homme mesure alors dix sections de tête, et dans cette position le centre du corps est encore le nombril.
La tête a été divisée en quatre longueurs de nez • la première contient le sommet de la tête; là deuxième le front ; la troisième le nez; la quatrième la bouche et le menton.
Si l’on prend le nez comme unité de mesure, le corps humain a trente-deux longueurs de nez.
La hauteur de la tête, vue de profil, est égale à sa largeur, c’est pourquoi elle peut aussi, dans cette position, être inscrite dans un carré.
La longueur des oreilles est égale à celle du nez, et ces différents organes se trouvent au même niveau.
La main, vue de front, les doigts étendus, a, depuis le poignet jusqu’à l’extrémité du médius, une longueur égale à celle de la face entière, c’est-àdire trois longueurs de nez.
Enfin, la longueur totale du pied équivaut à celle de la tête entière, c’est-à-dire à quatre longueurs de nez.
Taille du corps. — (V. Taille.)
Poids du corps. — Les variations que le corps éprouve dans son poids sont subordonnées à celles que la nutrition fait subir aux différents tissus de l’organisme. Les tissus osseux, musculaires et celluleux, sont ceux qui, soit par excès, soit par défaut, ont la plus grande influence sur le volume et par suite sur le poids du corps. C’est ainsi que le développement exagéré des os produit les géants; celui des muscles les athlètes, et celui de la graisse les obèses. Lorsque les trois tissus sont répartis dans de justes proportions, le corps présente un volume et un poids ordinaires.
L’enfant, à la naissance, pèse en moyenne 3 kilogrammes 20 ; quelquefois plus, souvent moins. Jusqu’à l’âge de six mois, il doit augmenter de 20 à 25 grammes par jour. A un an, l’enfant pèse trois fois plus qu’à sa naissance; à six ans, six fois plus, et à treize ans, douze fois plus.
Le poids de l’homme va en augmentant jusqu’à quarante ans ; à cet âge, il atteint son poids maximum, fixé en moyenne à 127 livres; il reste stationnaire jusqu’à cinquante ans, pour diminuer insensiblement à partir de cette époque.
Structure du corps. — La matière organisée qui entre dans la constitution du corps de l’homme est formée de substances organiques dites principes im médiats, tels que la fibrine, Yalbumine, la caséine, la stéarine, etc. Ces principes immédiats, qui sont aussi ceux des végétaux, sont susceptibles d’être décomposés par l’analyse chimique en principes élémentaires, de nature inorganique, comme Y oxygène, le carbone, Yhydrogène, Yazote, le soufre, etc.
La combinaison des principes immédiats entre eux donne naissance à- des corps microscopiques appelés éléments anatomiques. Ces éléments se présentent sous des aspects très variés : ils affectent tantôt la forme de granulations, tantôt ceHe de cellule, de fibre ou de tube. Ils se développent au mi-
COR
lieu d’une substance organisée amorphe qui préside à leur nutrition. Ces éléments anatomiques se renouvellent sans cesse, Us sont dans une mue perpétuelle : ils naissent, se développent et disparaissent pour faire place à d’autres éléments de même nature qui subiront, à leur tour les mêmes métamorphoses. Ce n’est donc pas tous les cinq ans que le corps humain se renouvelle, comme on le dit ordinairement, car sa forme et sa structure varient d’un instant à l’autre et d’une manière imperceptible à nos sens. On est plus près de la vérité quand on compare le corps au vaisseau des Argonautes qui, à force d’être radoubé, n’eut plus une seule des pièces qui avaient servi à sa construction.
Les éléments anatomiques s’assemblent entre eux dans un rapport invariable et sous une forme déterminée pour composer les humeurs et les tissus de l’économie.
Les tissus servent à former la charpente de nos organes. Les organes se groupent entre eux pour constituer des appareils qui président à l’accomplissement des actes de la vie nommés Jonctions, qui se subdivisent en fonctions de nutrition qui servent à l’entretien de la vie, et en fonctions de relation qui mettent l’homme en rapport avec les êtres et les objets qui l’entourent.
L’anatomie, la physiologie et la médecine ont pour objet l’étude de la structure et des fonctions du corps humain à l’état normal et à l’état pathologique. D'’ G. WiTKOWSKI.
CORPS (BANDAGE DE). — On donne ce nom à un bandage très simple qui consiste le plus souvent
Bandage de corps (face postérieure).
en une simple serviette pliée suivant sa plus grande longueur qu’on applique autour du corps et qu’on fixe en avant avec des épingles. Pour consolider le
COR 325
bandage de corps et l’empêcher de glisser sur le tronc on peut le maintenir avec une cravate fixée derrière par son milieu (fig. 306) et devant par ses deux bouts (fig. 307). Le bandage de corps est em-
Bandage de corps (face antérieure).
ployé pour maintenir les topiques, pour comprimer l’abdomen après la ponction ou après l’accouchement, pour maintenir les fragments, dans les fractures de côtes, et les empêcher de jouer l’un sur l’autre pendant les mouvements respiratoires, p. l
CORPS CALLEUX. ^ (V. Cerveau.)
CORPS CAVERNEUX. — (V. Urèthre.)
CORPS THYROÏDE. — (V. Thyroïde.)
CORPS VITRÉ. — Anatomie. — Le corps vitré est une masse, de forme sphéroïdale, occupant les deux tiers postérieurs de la cavité oculaire , déprimée en avant pour recevoir le cristallin, d’une transparence parfaite, d’une consistance comparable à celle du verre fondu ; d’une pesanteur spécifique de 1,005; d’un pouvoir réfringent de 1,339.
La face extérieure est entourée par la rétine qui s’applique sur elle, dans les trois quarts postérieurs de son étendue et lui est contiguë. Au niveau du quart antérieur, cette face extérieure est en rapport avec la zone Zinn. La face antérieure répond au cristallin.
La face extérieure du corps vitré se modèle sur la face interne de la rétine.
Le corps se compose d’une membrane d’enveloppe, membrane hyalôide, et d’un liquide contenu dans cette poche, humeur vitrée.
La merribrane hyaldide est d’une transparence parfaite, très mince et très résistante. Au niveau du point de réunion des trois quarts postérieurs avec le quart antérieur, à l’endroit où finit la rétine, cette membrane change de caractère : elle s’épaissit
COR
COR
et se plisse, pour se porter vers la circonférence du cristallin et constitue ce qu’on appelle la zone de Zinn. Celle-ci entoure le cristallin comme une collerette ; la partie moyenne en est formée de plis très prononcés qui s’engrènent avec les plis de la zone choroïdienne , et forment les procès ciliaires de la zone de Zinn ou du corps vitré qui sont reçus dans les intervalles des procès ciliaires de la choroïde. Il y en a de 60 à 70, ils se divisent en grands et en petits.
Le canal godronné ou de Petit est un canal qui
Fig. 308.
Coupe antéro-postérieure de l’œil. — 10, Corps vitré. — 1. Sclérotique divisée, dont les lambeaux sont écartés. — 2. Coupe antéro-postérieure du cristallin. — 3. Coupe de l’iris. — i. Canal de Schlemm. — 5. Procès ciliaires choroïdiens. — 6,6. Vasa vorticosa de la choroïde. 7. Muscle ciliaire, — 8. Nerfs ciliaires. — 9. Rétine. — 11. Cristallin.
longe circulâirement la circonférence du cristallin. Il est formé ■ par la zone de Zinn qni se porte en avant, et par la membrane hyaloïde qui se porte en arrière du cristallin. La base en est limitée par la circonférence du cristallin.
La membrane hyaloïde est dépourvue de vaisseaux et de nerfs ; elle est constituée de fibres très déliées. La face interne donne naissance à des prolongements nombreux se portant en divers sens, et circonscrivant des cellules communiquant les unes avec les autres, dans lesquelles se loge l’humeur vitrée, liquide transparent, d’une consistance un peu visqueuse.
Le corps vitré, ne recevant pas de vaisseaux, se nourrit par imbibition, aux dépens du plasma du sang charrié par les vaisseaux des membranes avec lesquelles il est en rapport : la rétine et les procès ciliaires de la choroïde.
Blessures du corps vitré. — Les instruments qui les occasionnent pénètrent à travers la sclérotique, la choroïde et la rétine, ou bien à travers la cornée et les chambres antérieure et postérieure. Le corps vitré peut aussi être lésé, alors que les membranes extérieures de l’œil restent en partie intactes : c’est ce qui arrive dans les contusions du globe de l’œil.
Lorsque le corps vitré est intéressé en piême temps que les autres tuniques de l’œil, une quantité plus ou moins considérable d’humeur vitrée s’écoule au dehors. Les blessures qui se font à travers la sclérotique et la choroïde sont parfois suivies d’un épanchement de sang dans le corps hyaloïde. Les contusions de l’œil accompagnées d’une rupture des vaisseaux de la choroïde et de la rétine, donnent lieu également, dans quelques cas, à une hémophtalmie du corps vitré. De là un obscurcissement de la vision et des phénomènes inflammatoires consécutifs. Si le sang se résorbe, la faculté visuelle peut être en partie recouvrée. Le plus souvent celleci demeure abolie, en raison des lésions concomitantes de la choroïde et de la rétine.
Dans toute blessure du corps vitré la première indication est d’empêcher l’écoulement de l’humeur vitrée au dehors. On rapproche les paupières et on les maintient fermées par des bandelettes de taffetas agglutinatif, jusqu’à l’époque où l’on suppose accomplie la cicatrisation de la plaie extérieure. On commande le repos absolu de l’œil, un régime sévère. Si du sang est épanché dans le corps hyaloïde on applique des sangsues à la tempe. S’il se développe une phlegmasie consécutive, on soumet le blessé à un traitement antiphlogistique.
Corps étrangers du corps vitré. — Ils sont de diverse nature; grains de plomb, fragments de capsule fulminante, de verre, de bois, de fer, de pierre. Ils pénètrent par la sclérotique ou par la cornée. Lorsqu’ils sont petits, ils sont situés dans le corps vitré seulement ; lorsqu’ils ont une certaine longueur, ils occupent en même temps les autres milieux ou les membranes de l’œil.
En général, ils ne produisent, au moment de la pénétration que quelques troubles visuels dus à un obscurcissement des milieux réfringents. Les membranes lésées peuvent se cicatriser, et le corps étranger demeurer dans l’œil un témps plus ou moins long. Les phénomènes ultérieurs varient : ' tantôt le corps étranger détermine une inflammation vive, des douleurs excessives; après une période assez courte, il fait saillie au dehors et peut être retiré assez facilement ; après quoi les accidents inflammatoires cessent ; mais l’œil s’atrophie. D’autres fois, le corps étranger ne donne lieu à aucune douleur ; ce n’est qu’au bout d’un temps fort long qu’il produit des symptômes inflammatoires et apparaît à l’extérieur.
Les corps étrangers d’un petit volume, tels que paillettes de métal, copeaux d’acier, portions décapsulé fulminante, peuvent séjourner dans l’humeur vitrée pendant des semaines, des mois, des années. Le plus souvent, leur présence donne lieu à une choroïditeet à une rétinite; l’humeur vitrée s’obscurcit, des exsudats se forment au fond de l’œil. Il se peut aussi qu’après la cessation des phénomènes inflammatoires, le corps étranger s’enkyste, d’où une nouvelle difficulté pour arriver au diagnostic.
Pendant la période inflammatoire, les blessés accusent des picotements dans l’œil et des troubles de la vision. Ces phénomènes disparaissent parfois après l’enkystement du corps étranger. Dans quelques cas, la vision se rétabbt, plus souvent la phleg-
masie se propage aux membranes de l’œil dont les fonctions sont perdues sans retour. Quelcjuefoisüse développe un abcès dans l’bumeur vitrée ; tantôt la collection purulente s’ouvre en dehors, entraînant le corps étranger; tantôt l’abcès s’enkyste, ou bien encore, l’infiltration purulente envahit tout le globe qui s’atrophie.
Toutes les fois qu’un corps étranger a pénétré dans le corps vitré, il faut l’enlever inunédiatement s’il est accessible aux instruments nécessaires pour le saisir. En cas contraire, il est préférable de l’abandonner dans l’œil, sauf à combattre les phénomènes inflammatoires consécutifs et à agir ultérieurement par une action chirurgicale.
Récemment on a obtenu de bons résultats, en employant une petite tige aimantée pour extraire des corps étrangers métalliques du corps vitré.
Inflammation du corps vitré. — On la désigne sous les noms de hy alite, hyalitis (V. ce mot).
Corps flottants du corps vitré. — Ils sont la conséquence des phlegmasies aiguës, subaiguës ou chroniques du corps vitré. Ils sont formés par une condensation de la lymphe plastique sécrétée sous l’influence de l’inflammation.
Ces corpuscules ont une figure variable, allongée, sphérique, en croissant. Il en est qui ont l’aspect d’une sorte de poussière. Il en est de noirs, volumineux et de forme bizarre, impossible à décrire. Le plus souvent, ils ont une teinte grise noirâtre.
Il est facile d’en reconnaître la présence ; après avoir dilaté largement la pupille par l’atropine, on projette dans le fond de l’œil un faisceau lumineux provenant d’une bonne loupe, en se servant du miroir ophthalmoscopique ; on commande au malade de faire exécuter au globe des mouvements en divers sens. On les voit alors s’agiter dans le corps vitré, monter et descendre assez rapidement, pour qu’il soit difficile, dans beaucoup de cas, d’en bien saisir la forme et la couleur. Ils parcourent le plus souvent un trajet assez étendu dans le corps vitré, ou bien, et ceci se rapporte surtout aux corpuscules, placés très profondément, ils flottent au-devant de la papille optique et de la portion voisine de la rétine, sans jamais franchir une certaine aire.
Chez le plus grand nombre de malades, les milieux réfringents demeurent transparents ; le fond de l’œil apparaît avec la couleur rosée, la papille optique est normale, l’iris et la papille sont sains. Chez d’autres, il existe une atrophie choroïdienne péripapillaire ou généralisée, un décollement de la rétine, des opacités cristallidiennes.
Les troubles, auxquels donnent lieu les corps flottants du corps vitré, sont variables : la vision est généralement moins bonne qu’à l’état normal; elle est quelquefois interceptée passagèrement dans rme certaine étendue du champ visuel par l’apparition d’un scotome, c’est-à-dire d’une tache noire provenant de ce que le corps flottant intercepte les rayons lumineux qui proviennent des objets extérieurs. Quelques malades accusent, dans le champ visuel, la présence de mouches qui ne sont que des petits scotomes reconnaissant la même cause.
n ne faut pas attribuer ces mouches accusées par les malades exclusivement à la présence de cbrpus-
cules flottants dans le corps vitré. Ce symptôme se rencontre dans d’autres états pathologiques de l’œil.
Les corps flottants du corps vitré étant la conséquence d’une irido-choroïdite à marche lente, il faut les combattre par les moyens indiqués à l’article choroïdite , notamment les pommades résolutives sur l’orbite, les révulsifs sur le canal intestinal. Lorsque ces corpuscules sont très nombreux, on obtient une amélioration manifeste, en pratiquant une opération d’iridectomie qui agit à la fois comme antiphlogistique local par la déplétion sanguine de l’iris, et en agrandissant la pupille, ce qui a pour effet de permettre à un plus grand nombre de rayons de pénétrer jusqu’au fond de l’œil, et compense, jusqu’à un certain point, l’absorption partielle de ces rayons par les corps flottants.
Synchisis du corps vitré. — (V. ce mot.)
IF Fano.
CORPS DE WOLF. — On donne ce nom à deux organes volumineux, de nature glandulaire, existant chez le fœtus, au début de la vie embryonnaire, de chaque côté de la colonne vertébrale, dans la région lombaire, et disparaissant au moment où les reins se montrent. On suppose que les corps de Wolf jouent le rôle de glandes urinaires avant le développement complet des reins, et qu’ils contribuent avec la glande génitale et les conduits de Muller, à la formation des organes génitaux dans les deux sexes. P. L.
CORROBORANT. — On donne ce nom à des médicaments doués de la propriété d’augmenter les forces de l’organisme. Ce sont donc des fortifiants, des toniques. P. L.
CORROSIF. — On donne ce nom à des substances douées de la propriété de détruire plus ou moins rapidement et profondément les tissus vivants qu’ils touchent (V. Caustiques, Escharotiques). p. l.
CORS AUX PIEDS. — On donne le nom de cors à de petites tumeurs épidermiques présentant une zone périphérique d’épiderme induré et épaissi, de largeur variable, bosselée, dense et blanchâtre, et une partie centrale sèche, beaucoup plus dure, cornée et saillante, comme vitreuse, qui peut être comparée à la tête d’un clou rugueux, aplati et arrondi, dont le segment profond, plus étroit et conique, s’enfonce comme une véritable racine dans le derme. Quelquefois un seul cor présente deux et même trois racines distinctes. Ces par ces racines que les cors se différencient des oignons et des durillons, qui ne sont que de simples épaississements épidermiques.
Les cors se forment sur les orteils, au niveau des articulations des phalanges du pied, à leur face dorsale, principalement au côté externe du cinquième orteil ou petit doigt, à la face dorsale des articulations des phalanges. On les rencontre encore à la face palmaire et entre les orteils. Enfin, ils peuvent exister à la plante des pieds et au talon.
La finesse et la délicatesse de la peau, son extrême sensibilité prédisposent aux cors. Les chaus-
COR
COR
sures mal faites, trop étroites, trop courtes et a talons trop hauts, qui exercent une pression anormale et continue sur les parties saillantes du pied, déterminent sur les points comprimés une irritation qui est le point de départ des cors. Les difformités des orteils favorisent aussi leur formation et leur développement.
Ainsi que l’a fort bien dit Bégin, le cor débute toujours par un endurcissement et une augmentation d’épaisseur de l’épiderme sur le point frotté ou comprimé. Stimulée par la persistance d’action de la même cause, la peau rend la sécrétion épidermique plus abondante, et la callosité s’élève déplus en plus. A mesure que ce travail s’opère, la base de la callosité s’élargit par la participation d’une surface tégumentaire plus étendue à la stimulation morbide, tandis que les premières couches, pressées avec une force toujours croissante contre le derme, le dépriment, s’enfoncent dans la substance et pénètrent même quelquefois jusque dans le tissu cellulaire sous-jacent, et près du tissu fibreux qu’il recouvre et protège. Il résulte de cette ingénieuse théorie, ainsi que nous l’avons dit, dans notre définition, que le cor représente bien ainsi un clou dont la tête est extérieure et la pointe enfoncée dans les tissus ; que ces deux parties sont également inorganiques ; que la dureté primitive était superficielle, et que c’est seulement par l’accroissement d’élévation èt de largeur de sa base qu’elle s’est successivement enfoncée comme un corps étranger dans les tissus sur lesquels elle ne faisait d’abord que reposer.
Les cors occasionnent des douleurs très vives, qui deviennent vraiment atroces et intolérables, après une marche un peu longue, ou une station debout prolongée; lorsqu’un choc quelconque vient à les atteindre; enfin lorsque le temps' est humide et à la pluie. Dans ces derniers cas, les douleurs sont avivées par le gonflement des cellules épidermiques qui sont très hygrométriques, gonflement qui augmente encore leur pression sur le derme.
Il n’est pas rare de voir la peau qui entoure les cors s’enflammer et même entrer en suppuration, ce qui peut entraîner des suites fâcheuses.
Le traitement des cors peut être palliatif ou