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joDctive palpébrale depuis le bord adhérent du cartilage tarse jusqu’au cul-de-sae oculo-palpébral. A la place de la dépression qui existe dans l’état normal au niveau du grand angle de l’orbite, on trouve une élevure et parfois une véritable tumeur, d’un volume qui varie entre un pois et une fève. Cette tumeur est circonscrite par les limites mêmes du sac, molle, dépressible; lorsqu’on la comprime avec la pulpe d’un des doigts, on fait refluer, par l’un et l’autre point lacrymal, des produits de nature variable : tantôt c’est un fluide comparable à une solution gommeuse ou à un mucilage ; d’autres fois, c’est un liquide légèrement trouble, mélangé de mucosités qui ressemblent à des flocons, ou bien à des filaments de vermicelle cuit; d'autres fois encore, c’est du muco-pus, ou enfin du pus véritable
Chez quelques sujets, la pression exercée sur le sac évacue le contenu partie par les points lacrymaux, partie par le canal nasal dans la narine. Il en est qui, toutes les fois qu’ils compriment Ip sac, font sortir tout ce qu’il renferme par la narine, sans qu’il en reflue par les points lacrymaux. Si, au moyen d’une canule fine adaptée à une seringue d’Anel, ou à notre appareil à pompe, on pousse une certaine quantité d’eau tiède par le. point lacrymal inférieur, le liquide reflue en très grande quantité par le point lacrymal supérieur, entraînant avec lui des mucosités. Lorsque l’injection a été soutenue' pendant quelques instants et qu’on fait exécuter au patient une forte expiration, la bouche et la narine du côté opposé au mal étant fermées, on voit quelques gouttes de liquide arriver à l’orifice de la narine du côté correspondant à l’affection. Chez certains sujets, la narine reste sèche, quelle que' soit la force avec laquelle le liquide est lancé dans le sac, quelle que soit la durée de l’injection ; mais cela est très rare. L’œil demeure sain, la vue est bonne et ne se trouble que lorsque le larmoiement redouble. Quelques sujets accusent une sensation de sécheresse dans la narine correspondante, un embarras continuel au cerveau, comme lorsqu’on s’enrhume.
Abandonnée à elle-même, l’affection s’accroît lentement. Elle dure des mois et des années. J’ai observé des malades qui en étaient atteints depuis cinq, dix et même seize ans. D’autres fois, la maladie, après être demeurée stationnaire pendant des années, change brusquement de physionomie. Sous l’influence d’un refroidissement, ou d’un de ces états généraux de l’organisme dans lesquels il y a tendance à la formation du pus, tels que la variole le sac lacrymal devient le siège d’une phlegmasie aiguë (dacryocystite), qui se termine par suppuration. L’abcès du sac une fois ouvert, le pus est évacué au dehors, la plaie se cicatrise promptement ; et, sous l’influence de cette inflammation aiguë, le catarrhe disparaît quelquefois sans retour; ou bien, l’ouverture du sac dégénère en fistule qui se cicatrise elle même, apres un temps plus ou moins long, alors que la muqueuse cesse de sécréter ces mucosités qui s’échappent coniinuellement par l’orifice de la fistule, mélangées d’une petite quantité de pus, et parfois seulement d’un liquide épais et visqueux.
Dans d’autres cas, la fistule qui succède à l’on verture de l’abcès du sac se cicatrise promptement' mais le catarrhe subsiste. ’
Les femmes sont incomparablement plus souvent atteintes de phlegmasies de la muqueuse du sac lacrymal que les hommes. L’affection se développe à tous les âges de la vie. Les professions qui exigent l’application continue des yeux, telles que celles de couturière, de lingère, de giletière, sont notées pour la majeure partie des femmes ’affectées. La constitution des malades est généralement bonne ; j’ai même observé le catarrhe du sac chez des femmes fortement constituées.
Cette affection a plusieurs inconvénients ; le larmoiement est incessant, et quelquefois assez prononcé pour gêner l’exercice de la vision A un degré avancé, la production d’une tumeur au grand angle de l’œil occasionne une véritable difformité. Ajoutez que l’existence- du catarrhe expose les malades à être affectés, d’un moment à l’autre d’une dacryocystite aiguë, et par suite d’une fistule du sac.
Pour guérir le catarrhe du sac lacrymal, il faut de toute nécessité modifier la vitalité de. la muqueuse qui tapisse cette cavité ; on ne peut arriver à ce résultat, qu’en portant des topiques 'dans l’intérieur de l’organe., 11 est difficile de comprendre que les injections dans le canal lacrymonasal, qui ont donné de si baux résultats à Anel, soient aujourd’hui tombées, dans un discrédit complet. Si ce mode de traitement a été généralement abandonné, c’e^t qn’on n’a pas saisi l’indication précise à remplir dans Ces cas. Préoccupé par l’idée d’un rétrécissement du canal nasal, on a employé les injections à travers les voies lacrymales pour déboucher le canal, afin de rétablir le cours des larmes. On en a fait un moyen purement mécanique au lieu de s’en servir comme d’un puissant modificateur de la vitalité de la muqueuse du sac. Pour réussir avec les itijections, il fallait employer un topique qui eût la propriété de changer la sécrétion morbide dont le sac est le siège.
J’ai usé de divers remèdes pour tarir cette sécrétion, et je me suis définitivement arrêté à un mélange à parties égales de teinture d’iode et d’eau distillée. Sur les diverses malades qui ont été traitées par ce moyen, il a fallu un nombre d'injections variable pour obtenir la guérison. Chez l’une d’elles, une seule injection a suffi; chez les autres, il a fallu deux, trois, quatre, cinq, et une fois même jusqu’à huit injections. Je n’ai pas trouvé qu’il existât une relation rigoureuse entre la nature du liquide sécrété par le sac et le nombre d’injhctions iodées pour guérir le catarrhe. Ainsi, tandis que dans un cas franchement purulent, deux injections ont suffi, dans un autre cas où le sac ne renfermait qu’un liquide visqueux, mélangé de mucosités, il a fallu huit injections; dans un cas où le sac contenait du muco-pus, il a fallu deux injections ; dans un autre tout à fait semblable, il a été nécessaire d’en pratiquer cinq.
11 ne faut pas s attendre non plus à observer, sous . 1 influence des injections iodées, des modifications régulières dans la nature de la sécrétion fournie