‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 126 sur 206 · GYN · texte numérisé non relu

GYN

abaissent la température dans la fièvre, diminuent le nombre des pulsations, affaiblissent l’énergie du cœur, poussent aux urines, en un mot constituent une véritable digitale minérale. Si nous ajoutons à ce tableau qu’ils ont une influence hypnotique manifeste, nous aurons fini l’exposé succinct de leur action réelle dans le rhumatisme articulaire aigu, la pneumonie franche, les inflammations, les fièvres, les hydropisies et la plupart des névroses.

D"’ Marc. Camboulives.

CYCLOCÉPHALE. — On donne ce nom à des monstres simples autosites caractérisés par la fusion médiane des deux yeux en un seul, ou par leur

Fig. 346.

Monstre cyclocéphale.

simple rapprochement avec atrophie plus ou moins complète de l’appareil nasal. La figure 346 représente un nionstre cyclocéphale, dessiné d’après une photographie du professeur Depaul, dont le corps est en outre asymétrique. p. l.

CYNOGLOSSE. — La cynoglosse, langue de chien, est une plante de la famille des borraginées, commune dans toute la France où elle croît spontanément dans les terrains stériles, secs et sablonneux. La tige, haute de 50 à 80 centimètres, est d’un vert blanchâtre et couverte de poils mous et étalés, les feuilles en forme de langue de chien, sont inolles, blanchâtres, et couvertes d’un fin duvet, les fleurs rouges ou d’un violet foncé et la racine grosse, droite, longue, charnue, grise ou brune à l’extérieur, blanche à l’intérieur, d’une saveur fade et d’une odeur vireuse forte. On utilise parfois les feuilles cuites comme topiques contre les brûlures et les ulcères, mais la partie de la plante la plus

usitée, est la racine. Elle s’emploie comme émoi liente et sédative contre la toux, la diarrhée, la dys*

Fig. 347. — Cynoglosse.

senterie. Elle entre dans la confection 'pilules de cynoglosse, dont voici la formule :

Écorce de racine de cynoglosse .... 2 eentigr.

Extrait d’opium . 2 —

Semences de jusquiame 2 — '

Myrrhe . 3 —

Oliban . . 23 milligr. ;: :

Safran . . . 6 — ,

Castoréum . 6 —

Mellite simple . 7 eentigr.

pour une pilule. Ces pilules doivent surtout leurs propriétés hypnotiques à l’opium et à la jusquiame bien plus qu’à la cynoglosse. Si on leur a donné le nom de cett3 plante, c’est simplement pour tromper les malades qui seraient effrayés s’ils savaient qu’on leur administre de l’opium. p. l.

CYNORRHODON. — Le cynorrhodon, plus souvent appelé églantier, rosier sauvage, ou encore rose de chien, parce que sa racine passait dans l’antiquité pour guérir la rage, est une plante de la fa-

Fig. 348. — Fruit de cynorrhodon.

mille des rosacées, trop connue de tout le monde pour que nous en fassions la description.

On fait avec ses fruits, allongés et lisses, d’un rouge vif, d’une saveur un peu acide et astringente^ qui contiennent du tannin, du sucre, une huile volatile, de l’acide citrique, de l’acide malique, etc , une conserve, employée contre la diarrhée chronique, qui se prépare en faisant chauffer quelques

CYP

CYP

instants au bain-marît un mélange de deux parties de pulpe de cynorrhodon et de trois parties de sucre. P. L,

CYPHOSE. — On donne ce nom de cyphose à une déviation de la colonne vertébrale caractérisée par nne incurvation en avant.

La cyphose affecte les enfants et les vieillards ; elle paraît être l’expression d’une faiblesse des mus-

Fig. 349. — Cyphose.

1. Région cervialede la colonne vertébrale. - 2. Région dorsale décrivant une courbure à convexité dirigée en arrière. — 3. Région lombaire décrivant une courbure à convexité dirigée en avant. — 4. Sacrum.

des vertébraux dont le ressort n’est pas suffisant pour lutter contre l’action de la pesanteur qui entraîne le corps en avant.

La faiblesse native, une croissance trop rapide, l'habitude de se tenir le corps penché en avant, l’absence d’exercice, telles sont, chez les enfants prédisposés, les causes occasionnelles de la cyphose.

On sait combien chez les vieillards il est fréquent d’observer une courbure antérieure de la colonne vertébrale ; il faut l’attribuer à la faiblesse des muscles extenseurs, à des douleurs rhumatismales, etc , etc.

Presque tous les vieux paysans sont atteints de cyphose, cela tient à ce que, constamment inclinés vers le sol qu’ils labourent à la bêche ou à la pioche, les muscles spinaux finissent par^iie plus réagir; les vertèbres,jpreslant les unes sur-.leS; autres par leur bord antérieur sevdéforment et il se%roduit une déviation de la colonne vertébrale à convexité postérieure.

Les faucheurs sont sou¬

vent aussi atteints de cyphose, de même que les vignerons.

Dans la cyphose, le rachis décrit un arc à concavité antérieure, cette incurvation peut être générale ou limitée aux dernières vertèbres dorsales et aux vertèbres lombaires, les autres parties conservant leur direction habituelle ; cette cyphose partielle s.pbserve surtout chez les vieillards. Le corps des vertèbres est atrophié en avant et hypertrophié en

Comme conséquence de cette incurvation, on voit es cotes se rapprocher et comprimer ainsi les poumons et le cœur; de plus les viscères abdominaux la poitrine, double circonstance ^es ûetavorable à la respiration et à la circulation, veri courbure siège très bas, l’angle sacro-

^erieDrai est presque effacé, aussi certaines femmes contrefaites accouchent-elles très rapidement.

DiCTioNNArae populaire de Médecine usuelle.

BAIHâX I'rêbes

Fig. 330. — Cyphose.

Les muscles sont atrophiés, l’aorte et la veine cave décrivent de nombreuses flexuosités pour s’accommoder au raccourcissement produit par l’incurvation du rachis.

Les gens atteints de cyphose sont vulgairement

Fig. 351.

Appareil de redressement de la cyphose idiopathique.

brusque saiUie d’une vertèbre, font reconnaître le mal de Pott ; quant au rachitisme, les altérations des autres parties du squelette ne laisseront aucun doute sur sa nature.

Lorsque la difformité est récente, on peut la corriger ou du moins s’opposer à ses progrès ; mais lorsqu’elle est ancienne, elle est irrémédiable.

Da;ns la cyphose des adolescents, qui se rattache si souvent à la faiblesse de la constitution, le premier soin sera de modifier cette fâcheuse disposition; dans ce but, on emploiera les toniques sous <72

désignés sous le nom de bossus; en effet, ils présentent en arrière une bosse plus ou moins marquée, leur tète est enfoncée entre les épaules, le bras paraissent très longs en raison du raccourcissement du tronc ; mais généralement les fonctions s’accomplissent bien, cependant la marche est souvent pénible et nécessite l’aide d’un bâton.

On ne pourrait confondre la cyphose qu’avec les gibbosités du mal de Pott ou celles du rachitisme ; mais les douleurs, les abcès par congestion, la

GYS

GYS

toutes les formes, le phosphate de chaux, médicament précieux qu’on prescrira en poudre ou mieux sous la forme de vin {vin de Dusart, vin de Baudon, etc.) ; une bonne hygiène et surtout une gymnastique méthodique dirigée de manière à développer les muscles affaiblis et à combattre les tendances à l’incurvation que présente le rachis.

Cette première partie du traitement sera aidée par l’usage d’appareils, de corsets, auxquels les fabricants d’instruments sont parvenus à donner de grandes perfections Ajoutons la recommandation expresse de continuer l’usage de ces appareils, et surtout celui de la gymnastique méthodique, pendant plusieurs années. D'' Léon Moynac.

CYSTICERQUE. — On donne ce nom à des vers parasites qui vivent dans le corps de l’homme et de certains animaux, porc, chien, bœuf, etc., et qui ne sont qu’une sorte de larve ou développement imparfait de diverses espèces de tænia. Les cysticer-

Fig 332.^ Cysticerque.

a. Kyste membraneux. — h Coche où l’animal était invaginé. —

c. Corps — d. Tête avec couronne de suçoirs et de crochets.

ques sont formés par une tête de forme ovo'ide, terminée en petite trompe et garnie de 4 ventouses ou suçoirs, et d’une double rangée de crochets recourbés; un corps très étroit, conique, présentant des rides transversales, rappelant les anneaux des tænias ; enfin, une vessie caudale ou vésicule remplie de sérosité. Ces parasites sont presque toujours renfermés dans un kyste membraneux qu’ils remplissent. Leur longueur totale est en moyenne de 3 à 4 millimètres; Leuckart en a observé qui n’avaient que 1 millimètre, et d’autres qui atteignaient 7 millimètres.

Les cysticerques que l’on rencontre le plus souvent chez l’homme sont les cysticerques ladriques (V. Lad' erie). On les trouve surtout dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les muscles. On en a trouvé dans les centres nerveux, dans le corps vitré, dans le toie, dans le rein, dans les parois du cœur, mais tout à fait exceptionnellement. Leur nombre sur le même individu peut varier de 1 à 100 et même i.ooo

Les cysticerques ont été observés en Italie,, en Allemagne, en Angleterre, en Suède, etc., et plus

communément chez les indigents, mal nourris avec des viandes avariées, et n’ayant aucun soin de urn prêté corporelle. Ces parasites ne semblent pas oc' casionner d’accidents fâcheux à ceux qui en sont porteurs, lorsqu’ils sont en petit nombre; il n’eu est pas de même lorsqu’ils sont nombreux et qu’ils sont logés dans le cerveau ou l’œil (V. Tænia Ladrerie). D’' Paul Labarthe.

CYSTITE. — On donne le nom de cystite à l’inflammation de la muqueuse qui tapisse l’intérieur de la .vessie. Cette inflammation peut être aiguë ou chronique; dans ce dernier cas, on lui donne habituellement le nom de catarrhe vésical

Cystite aiguë. — La cystite aiguë peut être produite par (les causes très diverses. Elle peut survenir à la suite de coups sur le bas-ventre, d’une lésion du réservoir urinaire telle que contusion, déciiirure, plaie de la vessie ; elle peut être la conséquence de la présence de calculs, de corps étrangers dans la vessie, de la rétention d’ùrine prolongée, de rétréci >sements de Turèthre, de manœuvres de broiement de la pierre par la lithotritie, d’une ponction de la vessie. Le séjour d’une sonde à demeure dans le canal, quelquefois une simple exploration de la vessie, un simple cathétérisme, suffisent pour la faire naître. La cystite aiguë s’observe souvent dans le cours d’une blennorrhagie aiguë, .à la suite d’injections caustiques uu simplement irritantes, ou de l’usage prolonge du cubèbe et du copahu à hautes doses. Elle s’observe aussi chez les individus adonnés à la masturbation, chez ceux qui abusent du coït, chez ceux qui font un usage immodéré de la bière et des alcools ; chez les individus afi'ectés d’hémorrhoïdes ou sujets à la constipation. L’exercice quotidien ou prolongé du cheval e.st une cause déterminante de cystite. Les gynécologistes et les accoucheurs ont observé la cystite chez les femmes atteintes d’affections des organes génito-externes et internes; dans le cours de la grossesse et dans 'les accouchements laborieux. Signalons encore les refroidissements comme une cause fréquente de cystite ; enfin rappelons que cette affection peut se développer dans certains cas en dehors de toute influence locale ; c’est ainsi qu’elle peut se montrer dans la goutte et dans le rhumatisme.

La cystite aiguë est caractérisée par les symptômes suivants,: le malade ressent dans la région hypogastrique une douleur très vive, s’irradiant vers le périnée et la région rénale, qui s’exaspère à la pression ; la vessie est complètement distendue et forme derrière le pubis une tumeur arrondie,’ qu’on sent très facilement chez les individus maigres. Le malade épro ive des envies fréquentes, presque incessantes d’uriner, et cependant il urine avec une extrême difficulté et les urines rendues chaque fois sont forte(nent colorées, rougeâtres, remplies de mucosités filantes d’un blanc jaunâtre, et leur passage détermine dans le canal une sensation pénible de brûlure. Dans certains cas graves, le ténesme vésical devient très intense, on a vu des malades chez lesquels il se répétait plus de cinquante fois dans les vingt-quatre heures. Les quelques gouttes d’urine qui sortent chaque fois.

en produisant des douleurs atroces sont sanguinolentes, d’une odeur fade et fétide. Le malade éprouve une sensation de pesanteur à l’anus, des envies fréquentes d’aUer a la selle, du ténesme anal.

A ces symptômes locaux, viennent s’ajouter des symptômes généraux dont les principaux sont : de la prostration, des frissons, une fièvre plus ou moins intense, une soif très vive. Dans certains cas, il peut y avoir du délire, de l’agitation, (.es derniers symptômes s’observent surtout chez les sujets irritables et sanguins.

La cystite aiguë peut se terminer de différentes manières. La résolution est la terminaison habituelle, Au bout de quelques jours, les symptômes diminuent d’intensité, la miction commence à se faire plus facilement et plus abondante, la vessie commence à se vider, mais les envies d’uriner sont encore fréquentes pendant assez longtemps. Enfin peu à peu tout rentre dans l’ordre.

Dans les cas graves la cystite aiguë peut se terminer par suppuration,, par ulcération, par péritonite, par rupture de la vessie, par gangrène pu par le passage à l’état chronique.

Lorsque le cystite se termine par suppuration, les urines deviennent blanches, exhalent un odeur fétide. Le pus, sécrété par la muqueuse vésicale, ou bien sort entraîné par l’urine, ou bien se collecte en foyer dans l’épaisseur des parois de la vessie, et forme des abcès qui peuvent s’ouvrir soit en dehors, soit en dedans de cet. organe. Ces abcès sont très graves, car ils peuvent donner naissance à une péritonite ou à une infiltration urineuse. Heureusement qu’ils sont fort rares, de même que la gangrène. Quant à la rupture de la vessie, elle est exceptionnelle et ne se produit que lorsque la cystite est déterminée par une rétention d’urine complète. La terminaison de la cystite aiguë par le passage à l’état chronique est extrêmement fréquente.

On voit d’après les symptômes de la cystite aiguë et ses différents modes de terminaison, combien il est important de lui opposer dès le début un traitement sérieux et approprié.

La première indication , la plus pressante de toutes est de soustraire la vessie du malade aux efforts qu’elle doit faire pour chasser l’urine au dehors, car la rétention est la cause principale de la plupart des accidents qui compliquent la cystite. Dans ce but, il faut avoir recours au cathétérisme dès le début. Mais ici surtout, il est expressément interdit au malade de se sonder lui-même, sous peine des conséquences les plus graves pour lui. Le (iathétérisme doit être pratiqué par un médécin habile et exercé, au moyen non pas de la sonde métallique, mais d’une sonde molle, en gomme élastique, à extrémité olivaire. CeUe-ci doit être enduite ue cérat opiacé, et introduite avec une grande lenteitf et toutes sortes de ménagements, surtout lorsqu elle a franchi la portion membraneuse du canal e 1 urèthre, car c’est à ce moment que le cathéerisme est le plus douloureux, à cause de la contraction des muscles qui font souvent obstacle à i arrivée de la sonde dans la vessie. Suivant' un excellent précepte formulé par Desault, il est bon de

n’introduire la sonde qu’un peu au delà des œils, pour éviter de froisser la muqueuse vésicale avec le bec de l’instrument. Le cathétérisme sera répété toutes les trois ou quatre heures. Dans aucun cas on ne laissera la sonde à demeure.

11 faut en même temps combattre l’inflammation au moyen des antiphlogistiques : appliquer des sangsues à l’anus, des ventouses scarifiées sur l’abdomen ; dans certains cas tout à fait exceptionnels, pratiquer la saignée de la veine dorsale de la verge; combattre la douleur par des préparations calmantes teHes que cataplasmes Hamiilon laudanisés sur le périnée et le bas- ventre, lavements addi donnés de 10 à 15 gouttes de laudanum ou d’un gramme de chloral hydraté, suppositoires belladonés, etc. On peut aussi avoir recours aux potions calmantes ; sirop de morphine, sirop de narcéine Gigon, Pilules de Moussette, etc. Dans certains cas graves, des injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine à l’hypogastre ou au périnée réussissent très bien à atténuer la douleur et le ténesme vésical. Certains auteurs ont pi-éconisé les bains de siège ; nous leur reprochons d’augmenter souvent les besoins d’uriner et le ténesme vésical, et nous leur préférons les bains généraux et prolongés.

On recommandera aussi au malade de faire usage de boissons émollientes, mais à doses modérées pour ne pas provoquer les besoins d’uriner trop fréquents : l’eau de goudron préparée avec la liqueur . concentrée de goudron Freyssinge on goudron émulsionné Le Bevf, le lait additionné de bicarbonate de soude ou mieux coupé avec l’eau de Yichy, Fougues, La Preste, Heucheloup, Capvern, Bigorre, etc., sont ici absolument indiqués. Le régime sera sévère et la diète rigourei.se. Enfin on surveillera attentivement la période de déclin, pour éviter que la cystite aiguë ne passe pas à l’état chronique.

Cystite chronique. — La cystite chronique appelée aussi catiirrhe de la vessie ou catarrhe vésical, est une affection rarement observée chez les enfants et les adultes, mais très commune chez les vieillards. Les hommes y sont infiniment plus sujets que les femmes.

Elle reconnaît pour causes la pluparÇde celles que nous avons énumérées à la cystite aiguë, mais dans l’immense majorité des cas, eUe est occasionnée par une lésion de l’appareil urinaire : corps étrangers dans la vessie, graviers, calculs ou pierre urinaires ; paresse , atonie ou paralysie de la vessie, affections organiques de ses parois ; altération des urines; valvules du corps de la vessie; hypertrophie de la prostate ; rétrécissements du canal de l’urèthre ; affections organiques du re(itum, etc., en un mot, par toutes les causes qui, directement ou indirectement, s’opposent à 1 écoulement régulier de l’urine et la forcent à séjourner dans la vessie. Les hommes de lettres, les bureaucrates, les hommes de cabinet, que leur profession ou leurs études obligent d’être constamment assis et qui restent longtemps sans satisfaire le besoin d’uriner, sont très fréquemment atteints de cystite chronique. Il en est de même des joueurs acharnés qui, absorbés par leur funeste passion, passent des nuits entières à jouer, et oublient tout, même d’uriner. Chez eux, le séjour trop prolongé de

GYS

GYS

l’urine dans son réservoir, devient une cause de catarrhe Le séjour, le tempéramment, les habitudes, le régime, exercent une influence manifeste sur la production et la marche des accidents. Ainsi, le froid humide, le rhumatisme, la goutte, une alimentation trop azotée, l’abus de boissons alcooliques et excitantes, l’exercice quotidien du cheval, l’abus du coït, agissent plus particulièrement d’une manière fâcheuse sur la marche de la cystite chronique.

La cystite chronique ne débute jamais brusquement, sa marche est insidieuse, et ce n’est que plus tard, lorsque l’affection a fait des progrès, qu’un sentiment de gêne se fait sentir vers le périnée et le rectum. Les malades ont des enyies fréquentes d’uriner, qui les tourmentent surtout après les repas, et les réveillent aussi souvent pendant la nuit. Ces envies sont difficiles à satisfaire et ne sont suivies la plupart du temps que de l’expulsion d’une petite quantité d’urine, dont le jet est faible et plusieurs fois interrompu par l’expulsion, après un temps plus ou moins long et des efforts en général assez violents, de flocons glaireux arrêtés dans le canal où leur présence détermine des cuissons fatigantes. Les malades souffrent quand ils commencent d’uriner et lorsqu’ils finissent et la douleur se prolonge plus ou moins longtemps après.

A mesure que le mal empire cette douleur augmente. Les urines se modifient. Elles perdent leur transparence, sont le plus souvent lactescentes, acquièrent en se refroidissant une .forte odeur ammoniacale, et se séparent en deux couches ; l’une épaisse, glutineuse, formée de mucosités purulentes, qui gagne le 'fond du vase où elle adhère, de couleur blanchâtre, grisâtre ou jaune sale, quelquefois brune, rougeâtre; l’autre, liquide et trouble, qui surnage. A une période plus avancée de la maladie, le dépôt renferme une assez forte proportion de pus, facile à reconnaître au microscope , ainsi que des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, des cellules épithéliales provenant de la muqueuse désorganisée et parfois des globules rouges de sang plus ou moins altérés. Les urines ont une réaction alcaline et dégagent une forte odeur ammoniacale.

A ces symptômes locaux viennent se joindre des symptômes généraux. La malade a de la fièvre, de l’inappétence, de la dyspepsie, il maigrit, il a la diarrhée ; son état le préoccupe, il devient triste, hypochondriaque , sans forces , cachectique ; un beau jour la fièvre urineuse survient et le malheureux succombe après de longues souffrances.

La cystite chronique est une maladie des plus tenaces, d’une durée très longue qui est souvent de plusieurs années.

Comme elle est le plus souvent symptomatique d’une affection des voies urinaires, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il faut d’abord chercher à guérir cette maladie, mais cela ne suffit pas ; il faut encore agir sur la muqueuse vésicale altérée pour la modifier, sur les urines décomposées pour les ramener à l’état normal, favoriser leur émission, enfin s’attaquer aux symptômes ténesme et douleur et remonter le malade.

Il faut administrer à l’intériem* les balsamiques

à petites doses, les préparations de goudron (^oudron Frt'yssinqe, goudron Lf> Beuf), les préparations de térébenthine, de Gemme de Pin {capsules La~ gasse), la liqueur d’Arenaria rubra de Vigier, les préparations d’nuile de genévrier [capsules de Vial) la tisane de bourgeons de sapin, etc. Contre les envies d’uriner, on donnera les préparations de copahu [capsules Raquin), de Santal [Santal Midy\ de Rava [Kava Labarthe), à petites doses fractionnées, uné ou deux capsules ou dragées toutes les deux heures. Gomme modificateur des urines ammoniacales, aucun médicament ne vaut l’acide benzoïque auquel j’ai souvent recours et qui m’a donné de très bons résultats ainsi qu’à Gosselin, A. Robin, Ure, Dessaignes, Relier, Chauvel, Thomson, etc. Je l’administré sous la forme de pilules Benzoïques Rncher, à la dose de 4 à 6 par jour. Du cinquième au sixième jour l’effet se produit : les urines deviennent neutres et acides et cette neutralisation et celte acidité s’annoncent toujours par la; diminution des dépôts phosphatiques, du pus et du sang contenu dans les urines, par une modification profonde de leur odeur qui perd peu à peu sa fétidité.

A cette médication interne, il faut joindre un certain nombre de moyens externes locaux. C’est ainsi que contre les douleurs on peut avoir recours aux bains entiers prolongés, aux lavements, aux pommades et aux suppositoires calmants, comme dans la cystite aiguë. Civiale et, après lui, plusieurs chirurgiens ont conseillé les révulsifs, l’emplâtre stibie et surtout des frictions sur l’hypogastre, le périnée , les cuisses et le sacrum, avec une pommade émétisee. On peut employer dans le même but l’huile de croton ou la teinture d’iode. La cautérisation ponctuée, un cautère à la région hypogastrique ou, périnéale , conseillé par Roux , Alphonse Robert, Desprès, exerce une action de plus longue durée et convient dans les cas rebelles. J’ai par ce moyen soulagé plusieurs malades. Avec Funanimité des spécialistes, je suis contre l’emploi des vésicatoires qui, par leur action irritante sur la vessie, sont très dangereux. Thomson préfère appliquer un cataplasme chaud saupoudré de farine de moutarde, au devant du pubis.

Mais il ne faut pas se contenter d’agir sur les par ties voisines de la vessie, il est bien préférable d’agir directement sur cet organe au moyen des injections qui, de l’avis de tous, constituent le meilleur traitement chirurgical du catarrhe de la vessie.

Dans les cas ordinaires, on peut faire des injections intravésicales à grande eau , au moyen d’une sonde à double courant, en ayant soin de se servir d’eau chaude si la vessie esj; impressionnable et irritable, et d’eau froide s’il y a atonie de cet organe. Il faut répéter ces injections tous les jours ou tous les deux jours.

Broca et FoUin ont recommandé les injections de gaz acide carbonique comme anesthésique et palliatif dans les cas de cystite chronique douloureuse. Ces injections diminuent sensiblement la douleur pendant douze ou quatorze heures ; eUes sont peu usitées aujourd’hui.

Ségalas, Reliquet, Valette sont partisans des injections d’acide phénique à la dose de 50 centigrammes à i gramme par litre. Je ne suis pas par-

GYS

lisan de ces injections, non plus que de celles d’acide salicylique, qui n’ont pas plus d’action l’une que l’autre sur les urines muqueuses et purulentes, pubreuil a préconisé les injections au silicate de soude à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme pour 200 grammes d’eau. Chauvel, qui les a expérimentées, n’en a retiré aucun bon résultat. D’autres chirurgiens ont conseillé les injections au nitrate d’argent à des doses variant de 10 centigrammes à I gramme pour 100. Elles ont l’inconvénient d’ètre très douloureuses pendant plusieurs heures et de produire de l’irritation, de la cuisson, du ténesme et parfois un peu de sang dans les urines.

Quant à moi, depuis plus de douze ans, je me sers presque exclusivement d’injections à l’acide borique dans les proportions de 1 à 3 grammes pour 100 grammes d’eau, et j’en ai obtenu un grand nombre de succès remarquables. Gosselin, Thomson donnent aussi la préférence aux injections à l’acide borique, depuis que Pasteur a démontré qu’il s’oppose au développement de la fermentation ammoniacale des urines et par suite qu’il fait cesser leur purulence. J’ajoute, et ceci a une grande importance, i’ acide borique ne détermine aucune douleur dans la vessie et est parfaitement supporté.

Le régime des malades atteints de catarrhe de la vessie doit être sévère. 11 faut proscrire d’abord les boissons et les mets excitants et relevés, faire usage de préparations de quinquina, ne pas boire de vin blanc, mais seulement du vin rouge, coupé avec les eaux de Fougues, de La Preste, de Cauterets, de Bigorre, d’Heucheloup, de « apvern, etc.; ne pas se livrer au co’it, éviter les veilles prolongées, les longues marches, ainsi que l’équitation. Enfin, les malades seront toujours vêtus chaudement, porteront de la flanelle et éviteront le froid et l’humidité.

D’ Paül Labarthe.

Ex-médecin des Vénériens militaires et du Dispensaire de salubrité , Professeur de Syphiligraphie et de Chirurgie urinaire à l’École pratique de la Faculté.

CYSTOCÈLE. — On donne le nom de cystocèle à la hernie de la vessie. Cette hernie peut être inguinale, crurale, périnéale ou vaginale, suivant que la vessie sprt par l’anneau inguinal, l’anneau crural, le périnée ou le vagin. Les trois premières variétés sont excessivement rares, aussi n’en dirons-nous rien. Nous nous occuperons seulement de la cystocèle vaginale qui est plus f équente.

Chez la femme le réservoir de l’urine est fixé sur la partie antérieure du vagin à laquelle il adhère pès solidement, et sur la face antérieure de l’utérus à laquelle il adhère également en bas, mais dont il est séparé supérieurement par un repli du péritoine. Que le vagin cesse d’offrir la résistance nécessaire et l’on verra la vessie entraînée par son propre poids et par les tractions exercées sur eUe au niveau de ses attaches utérines, tomber en prolapsus et former à l’entrée de la vulve une poche plus ou moins volumineuse. C’est à cette descente de la nal^^ l’on donne le nom de cystocèle vagi-

Ce que nous venons d’exposer suffit pour faire œmprendre que la cystocèle est rarement une afection isolée et qu’elle est presque toujours sous la

GYS 573

dépendance d’une modification pathologique des organes génitaux. La chose est tellement vraie que certains auteurs confondent dans une même étude le prolapsus du vagin, du rectum et de la vessie et le prolaps'is de l’utérus. Et de fait il est bien rare que l’un de ces états pathologiques soit constaté à l’exclusion des autres.

Toute influence qui tend à détruire la tonicité naturelle du canal vaginal, qui l'hypertrophie et le relâche, comme la grossesse et les lésions utérines consécutives à l’accouchement, doit être placée parmi les causes de ces affections. La déchirure du périnée en détruisant son support en est égalemen

Fig. 353. — Cystocèle vaginale.

une occasion déterminante très fréquemment signa^ lée. L’atrophie sénile des parois vaginales, leur distension par des tumeurs, les vaginites anciennes et prolongées ont été encore signalées comme causes de la cystocèle.

' Quoiqu’il en soit, la vessie tombée en prolapsus forme une poche dans le vagin — d’abord très petite, puis qui augmente graduellement de volume jusqu’à ce qu’elle vienne faire saillie entre les grandes lèvres. La tumeur ainsi formée constitue une sorte de cul-de-sac qui se remplit d’urine’, mais qui ne se vide pas complètement au moment de la miction. La cystocèle reste généralement au degré que nous décrivons, les symptômes éprouvés par la malade l’obligeant à garder le repos et même à appeler à son aide un chirurgien. Que si elle continue à marcher' et se refuse à suivre un traitement sérieux, on voit la vessie descendre tous les jours de plus en plus et constituer finalement une tumeur ovoïde à pédicule supérieur constitué par la vessie devenue complètement externe {fig. 333.)

Telle est la marche ordinaire de la cystocèle. Dans des cas très rares elle peut être absolument différente, la dystocèle devenant la cause et n’étant plus le résultat du prolapsus vaginal. Dans ces faits exceptionnels le prolapsus tient aux contractions irréguUères des fibres du corps de la vessie, alors que celles du col restent fermes (Scanzoni). Il en résulte un refoulement de l’urine dans le fond de la vessie, partant ime hernie de l’organe.

Cette forme que l’on observe chez les vierges ou chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfants demande un traitement spécial. On pratiquera la dilatation de l’urèthre et.le massage du col avec des bougies de plus en plus voluniineuses jusqu’à ce que la tonicité du col soit vaincue. La cause supprimée, si elle l’est toutefois à temps, l’effet disparaîtra spontanément. Si le traitement est institué trop tard , on attaquera la cystocèle comme dans sa forme commune par les moyens qu’il nous reste. maintenant à faire connaître.

Ces moyens peuvent être classés de la manière suivante: 1° Astringents locaux et toniques ;2® supports mécaniques ; 3® procédés chirurgicaux.

L’emploi des astringents peut procurer la guérison dans les cas légers et de date récente. 11 consiste en injections de feuilles de noyer avec adjonction de poudre de tannin ; en applications locales de tampons d’ouate recouverts de glycérolé de lannin; en cautérisations superficielles de la tumeur avec des tampons trempés dans une solution de nitrate d’argent et laissés quelque temps à demeure, etc.

Si ces moyens .ne suffisent pas, on place la malade dans la position génu-pectorale, et le chirurgien pratique des pressions con>tantes sur la vessie déplacée, qu’il refoule dans l’axe du détroit inférieur. Puis la vessie réduite, la malade est maintenue dans le repos, le bassin élevé et on fait usage d’injections astringentes, de tampons, d’une ceinture abdominale avec bande périnéale. Dans quelques cas, le pessaire simplement composé d’une boule de verre ou d’argent et le pessaire à air de Ganel seront utilement employés.

Lorsque tous ces moyens demeurent insuffisants , on doit recourir aux procédés chirurgicaux d’autant, plus volontiers que la femme est plus jeune et souffre par conséquent davantage de cette véritable infirmité.

Plusieurs ont été préconisés.

Si l’affection reconnaît pour point de départ une rupture périnéale, la 'périnéorrhagle . (V. ’e mot), pourra être pratiquée et mettre fin au prolapsus.

Dans un certain nombre de cas où l’âge avancé de la malade permet de se contenter d’un orifice vaginal partiellement oblitéré, on a pratiqué la suture des grandes lèvres sur les trois quarts de leur étendue. Cette opération a été proposée en 1832, par Frictre, de Hambourg, et pratiquée avec succès par Geddengs, Roux, Velpeau, Malgaigne, etc.

Elle consiste à enlever les petites lèvres, à aviver les grandes lèvres et à réunir les surfaces avivée^ par la suture. ®

Si l'affection est très prononcée, la cystocèle np peut être guérie que par Velytrorrhaphie ou cloi sonnement du vagin (v. ce mot) qui a pour but de diminuer le vagin en avivant deux bandes de tissu sur toute sop étendue verticale et en suturant ces surfaces de façon à transformer le canal en deux canaux semblables à un fusil double. (Procédés de Le Fort et Eustache.) D- f. joum

CYSTOTOME. — iV. Lilhoiome.)

CYSTOTOMIE. — (V. Lithotomie.)

CYTISE. — Nom donné à un genre de plantes de la famille des légumineuses papillonnacées, qui existent en Europe et dont quelques variétés sont cultivées dans les parcs et les Jardins pour leurs fleurs d’un brun jaune d’or , qui s’épanouissent au printemps. Les fleurs de cytise, ainsi que les fruits, sont doués de propriétés purgatives assez actives ; elles sont aussi diurétiques et de plus narcotiques, mais très rarement employées en médecine.

Nous ne saurions trop recommander aux parents d’empêcher leurs enfants de manger les fruits du cystise, qui ont occasionné plusieurs empoisonnements. Le British Médical journal de sept. 1882 en rapporte deux cas-survenus chez deux enfants qui, après avoir mangé des fruits de cytise, furent pris de vomissements, de diarrhée, de convulsions, de céphalalgie, d’oppression, . de râles aigus, et moururent par asphyxie, l’un après 4 heures, l’autre après 40 heures de souffrances atroces. L’action toxique semble être due à la cytisine, principe cristallisable, incolore, inodore, doué d’une saveur amère et caustique. Dr padl Labarthe,

Fig. 334. — Cytise.

DACRYOCYSTITE. — Nom donné parles oculistes à l’inflammation du sac lacrymal. Cette inflammation peut être aigue ou chronique.

■ Dacryocystite aiguë. — Cette inflammation est commune chez les sujets affectés depuis longtemps d’un catarrhe du sac lacrymal, et elle survient alors sous l’influence d’un refroidissement, ou bien dans le cours d’une affection grave, telle que la variole. Je l’ai observée aussi après que des injections irritantes avaient été portées dans le sac, dans le but de tarir la sécrétion dont cet organe est le siège. La présence de corps étrangers introduits dans le canal lacrymo-nasal, dans le but de remédier aux rétrécissements de ce conduit, en favorise aussi le développement.

Les malades ressentent de la chaleur dans la direction des conduits lacrymaux et du grand angle de l’orbite; les larmes s’écoulent en abondance le long de la joue, et la narine correspondante est sèche Bientôt apparaît un gonflement qui part du grand angle de l’œil et qui s’étend aux paupières et à toute la région orbitaire. Ce gonflement est accompagné d’une rougeur vive au niveau du sac, d’une rougeur érysipélateuse sur les autres parties. Les paupières, considérablèment tuméfiées, présentent de l’œdème et ne peuvent être écartées que difficilement l’une de l’autre. Dans leur intervalle s amasse une sécrétion muqueuse abondante. Si on découvre le globe, on reconnaît que la conjonctive oculo palpébrale est fortement injectée. La moindre pression exercée sur la région du sac occasionne de vives douleurs. A ces phénomènes locaux se joignent souvent des phénomènes généraux, tels que de 1 inappétence, de la fièvre, de la céphalalgie.

Ahandnnnée a elle-même, la dacryocystite aiguë se termine presque toujours par suppuration. Les malades accusent des élancements dans la région

O sac; la tuméfaction augmente, en même temps que la peau du grand angle de l’orbite s’amincit.

0 egument s ulcère au bout de quelques jours; le pus renlernié dans le sac s’échappe par cette ouverture spontanée, mélangé de mucosités épaisses. A partir de ce moment, la tuméfaction ne la région orbitaire, la rougeur de la peau dimi-

uent d intensité. L’ouverture du sac se ferme et

se rouvre alternativement. Parfois la cicatrisation est définitive ; dans le plus grand nombre des Cas,: la perforation se convertit en fistule. Chez quelques' sujets, il se manifeste de nouvelles bouffées inflammatoires, de véritables dacryocystites à répétition y dans ce cas, les abcès sont de moins en moins intenses. ;

Le pronostic de cette affection n’est pas grave.

Le traitement doit être essentiellement antiphlogistique au début. On applique. des sangsues sur la région orbitaire; quelques chirurgiens ont conseillé de faire cette application dans la narine. La suppuration étant le mode de terminaison le plus fréquent de la maladie, il convient de la favoriser par des fomentations ou des cataplasmes émollients, des onctions mercurielles sur la région orbitaire. Dès que la peau du grand angle de l’orbite est amincie et soulevée, on imûse la tumeur. Une plaie longue d’un demi-centimètre est préférable à une ponction simple. Celle-ci a l’inconvénient de se cicatriser rapidement, d’empêcher la sortie du pus et d’occasionner une nouvelle bouffée inflammatoire. Pendant plusieurs jours, on continue l’application de cataplasmes émollients sur la région, jusqu’à ce que le gonflement et la rougeur soient dissipés. Dans le cas où, après la cessation des phénomènes inflammatoires aigus, il subsiste une fistule du sac, on pratique tous les jours dans cette cavité, à travers le point lacrymal inférieur, des injections d’eau tiède. Lorsque là phlegmasie passe à l’état chronique, et que la fistule ne se ferme fias, les injections iodées dans le sac m’ont donné de bons résultats.

Dacryocystite chronique. — La dacryocystite chronique, ou catarrhe du sac lacrymal se développe d’une manière lente. Pendant longtemps, parfois plusieurs années, les malades ont un peu de larmoiement, une sensation de gêne, de picotement derrière les paupières. A une époque p’us avancée, ils se plaignent d’avoir l’œil baigné par intervalles d’une humeur. Si on examine la face interne des paupières, on trouve que la conjonctive palpébrale offre une injection composée de vaisseaux rami liés parallèlement aux follicules de Meïhomius. 11 n’esÈ pas rare de rencontrer un état villeux de la cens-

Page 1