‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 165 sur 206 · EPH · texte numérisé non relu

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le chirurgien élève le bras jusqu’à sa limite normale; il exerce alors sur lui une légère traction, puis il rabaisse, en ayant soin de soutenir la tête humérale avec une main placée dans le creux de l’aisselle. Ce procédé réussit souvent.

On a encore parfois recours à la rotation du bras en dehors. Pour cela, le chirurgien se place derrière le blessé, 1 ’omoplate est fixée par un aide et, s’il s’agit d’une luxation de l’épaule droite par exemple, voici comment on procède : Le bras est relevé horizontalement, l’avant-bras fléchi à angle droit, le chirurgien appuie son genou sur le dos du patient, en exerçant sur le bras une traction modérée avec la main gauche, saisit le poignet de la droite pour imprimer au membre luxé une vive rotation en dehors.

Si les méthodes de douceur ne réussissent pas, il faut recourir aux méthodes de force : elles comprennent les tractions exercées sur le membre luxé

d’ellipses, qui embrassent à k fois l’étrip^ fixe (colonne de lit, anneau, etc.). En disn ellipses on tire sur le caoutchouc de T mettre en Jeu son élasticité. ’ tanière à Au bout de peu d’instants, le malade tout à coup sur son siège, la luxation estÏÏf^^^ Lâchez immédiatement le caoutchouc Ohp passé? Les muscles d’abord contractés lâchés, et aussitôt la traction du caoutchT entraîné l’humérus qui est revenu dans ^ vité. ^ ca-

Précepte très important : Lorsque la luxatinn . . réduite, il faut immobiliser la jointure pendant uni quinzaine de jours. C’est à l’oubli de cette prS tion que doivent être en partie attribuées les dm, leurs persistantes, les récidives, etc.

D' Léon Moynac.

ÉPERLAN. — L’éperlan est un petit poisson de mer, long de 10 à 12 centimètres, qui remonte en troupe les embouchures des rivières au moment du frai. Il se mange en friture et se digère assez facilement. En Angleterre, l’éperlan séché et fumé est un aliment assez usuel.

Fig. 446.

.Appareil de Charrière, modifié par Robert et Collin, pour réduire les luxations de l’épaule récentes ou anciennes. Un dynamomètre sert à graduer la force de traction obtenue par la crémaillère.

par des aides, par des moufles, par la machine de Charrière, par le caoutchouc. Nous ne parlerons que de cette dernière.

Réduction par le caoutchouc (Th. Anger). — On oppose à la contraction musculaire l’élasticité du caoutchouc, dont la traction énergique, régulière, constante, est bien supérieure à toutes les manœuvres mises autrefois en usage pour produire l’extension.

1“ Le malade est solidement attaché à un objet fixe (colonne, anneau, etc.), à l’aide de serviettes qui embrassent son thorax.

2“ Le coude écarté du tronc et l’avant-bras fléchi, une serviette est disposée en forme d’étrier audessous du coude, c’est-à-dire que ses deux extrémités sont placées l’une en avant et l’autre en arrière du bras, tandis que sa partie moyenne libre déborde le coude ; cette serviette est, à l’aide d’une ou de plusieurs bandes, très solidement fixée au bras.

3° Une bande ou de gros tubes en caoutchouc sont attachés à l’étrier du coude, puis conduits vers un point résistant, décrivant ainsi un grand nombre

ËPHËLIDES. — Avec le professeur Hardy, nous réserverons le nom d’éphélides à des taches grises ou brunes , circonscrites, plus ou moins étendues, plus ou moins régu- / ^ lières, mais non uniformé-

/ ment arrondies, ne présentant

ni démangeaison, ni desquamation, et déterminées par l’accumulation anormale du pigment ou matière colorante de la peau dans diverses régions.

Les éphélides s’observent surtout chez les adultes et les vieillards , très rarement chez les enfants ; elles sont bien plus fréquentes chez la femme que chez l’homme, et chez elle, elles se montrent souvent pendant la grossesse, d’ordinaire du quatrième au cinquième mois. L’air extérieur, le vent, mais surtout le soleil, peuvent faire surgir des éphélides, surtout chez les personnes d’un blond roux. La face et le dos des mains sont leurs sièges de prédilection ; on peut cependant en rencontrer au cou, à la poitrine et au bras.

Quoique ne constituant pas une maladie, lej éphélides dont la plupart des hommes s’accommodent assez facilement, sont cependant une difformité qui contrarie vivement les femmes qui en sont atteintes.

Divers moyens , ont été proposés pour faire disparaître les éphélides. Hardy a préconisé la lotio» d’après la formule suivante :

Sublimé . ^ m'anune

Sulfate de zinc . " * ‘ q

Acétate de plomb . ' 2 —

Alcool. Q. S. pour dissoudre.

Eau distilléa . ‘ * ' ' ' ggQ

qu’ü fait employer en lotion matin et soir,

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oa coupée avec de l’eau chaude, suivant la sensibilité de la peau. Elle a l’inconvénient de déterminer un peu de rougeur et une légère desquamation, niais elle amène à la longue la disparition des éphélides. . , i

On peut aussi employer le coUodion suivant :

Collodion . 100 grammes

Sublimé . . 0,50 centigrammes

qu’on applique chaque nuit sur les taches, tandis que le matin on les frictionne avec la pommade suivante, dont la formule est due au professeur Unna, de Vienne :

Oxyde de bismuthi . 5 grammes

Kaolin . 5 —

Yaseline.' 20 à 10 —

Il est préférable de n’appliquer la pommade avec un pinceau que sur les taches pigmentaires, de laisser sécher et de n’enlever que plus tard. Pour cela, Unna conseille de donner à la pommade la consistance d’une couleur à l’huile, ce qu’on obtient avec :

Oxyde de bismuth . 2 grammes

Amidon de riz. . . . : 2 —

Kaolin . 4 —

Onguent de glycérine . 10 —

Eau de roses . . quelques gouttes

En alternant des préparations de mercure et de bismuth, les taches pigmentaires disparaissent assez rapidement, sans rougeur ni desquamation, si le pigment n’est pas tellement enfoncé dans le derme que nos remèdes ne peuvent, en général, pas l’atteindre sans détruire le corps papillaire.

On a encore proposé contre les éphélides la pommade suivante :

Acide salicylique . 2 grammes

Ouguent émollient . 40 —

et cette auire :

Acide borique . 5 grammes

Cire blanche . . . 5 —

Parfâfine . . i .... . 10 —

Huile d’amandes douces . 30 —

Rappelons, en terminant, que les diverses spécialités vendues par les parfumeurs sous les noms de Lait antéphéliqup, Eau de Guerlain, Eau de Gowland, etc., contiennent toutes du mercure et ne devraient, de ce fait, être vendues que par les pharmaciens. D'- Paul labarthe.

ÉPHÉMÈRE (FIÈVRE). — (V. Fièvre.)

ÉPHIDROSE. — Mot employé pour désigner des sueurs- abondantes (V. Sueur). p. L.

ÉPICANTEIS. — Nom donné par les oculistes à on vice de conformation, congénital ou acquis, consistant dans le développement exagéré du repli semi-lunaire situé au voisinage des commissures des paupières, qui va jusqu’à simuler une troisième paupière verticale, et à recouvrir une portion du globe de l’œil. D. Graefe détruit l’épicanthis en excisant le pli cutané avec des ciseaux courbes. Ànimon, dans les cas d’épicanthis bilatéral, enlève Dictionnaire populaire de MRDECiNEiusuELLE.

une portion ovalaire de peau à la racine du nez, et réunit les lèvres de la plaie à l’aide de points de suture. P

ÉPICONDYLE. — On donne ce nom en anatomie à la saillie osseuse qui se trouve à l’extrémité inférieure et externe de l’humérus, au-dessus du condyle (V. Humérus). p. L.

ÉPIDÉMIE. — On donne le nom d’épidémie aux maladies qui, indépendantes des influences locales babituelles, sévissent accidentellement sur un pays et frappent un grand nombre de personnes,, et n’y reviennent plus, ou du moins n’y reviennent que d’une façon fortuite. Les principales épidémies sont celles de choléra,' de fièvre typhoïde, de typhus, de croup, de grippe, de coqueluche, de variole, dé scarlatine, etc. En général les épidémies frappent indistinctement les sujets de tous les âges, de tous les sexes, de tous les tempéraments; il en est certaines qui sévissent plus particulièrement sur des sujets d’un certain âge : ainsi la coqueluche, le croup atteignent surtout les enfants ; la fièvre typhoïde choisit de préférence ses victimes parmi les jeunes gens, etc. p. L.

ÉPIDERME. — Nom donné par les anatomistes a la couche superficielle de la peau. L’épiderme qui est placé au-dessus du derme pour le protéger à la manière d’une couche de vernis, a moins d’épais-

lig. 447.

Coupe verticale de la peau de la main,

A. Couche cornée de l’épiderme. — B. Couche de Malpigl», — - C. Derme. - D. Vaisseaux du derme. — -E. Corpuscule du tact. — F. Tissa adipeux. &. Orifices des giaudes sudoripares.. .

seur que lui, et cette épaisseur, variable suivant les régions, est en rapport avec l’intensité des pressions auxquelles la région est soumise. C'est dire qu’elle est plus grande à la face palmaire des maius et à la face plantaire des pieds qu’aiUeurs.

L’épiderme, par sa face profonde, se 'moule sur

les papilles et toutes les irrégularités du derme, il se prolonge dans les follicules pileux, les glandes sébacées et glandes sudoripares. Sa face externe présente les orifices des conduits dont nous venons de parler; elle présente en outre des saillies, des sillons et des plis.

Dépourvu de nerfs et de vaisseaux et exclusivement composé de cellules épithéliales, l’épiderme se compose d’une couche superficielle appelée lame cornée, sèche et translucide, ét d’une couche profonde, désignée sous le nom de corps muqueux de Malpighi, dont la partie qui touche le derme renferme les cellules pigmentaires auxquelles est due la couleur de la peau. p. l.

ÉPIDIDYME. — On donne ce nom en anatomie à une portion de l’appareil excréteur du sperme, formée par les canaux séminifères plusieurs fois re-

Fig. 448.

Appareil génital de l’homme (D” Fort).

g. Tête’de l’épidldyme. — h. Queue de l’épididyme. — m. Canal éjaculateur. -- l. Vésicule séminale. — k. Canal déférent. — — f. Testicule. — a. Vessie. — b. Portion prostatique de l’urèthre. — e. Portion membraneuse de l’urèthre. — d. Portion spongieuse. — e. Uretère. -r- ». Glande de Mêry ou de Cooper. — 0. Corps caverneux, — p Bulbe. — r. Paroi spongieuse de l’urèthre. — s. Gland et fosse naviculaire. — t. Prostate.

pliés sur eux-mêmes, dont les replis sont réunis entre eux par un tissu cellulaire dense, adossés le long du bord supérieur du testicule à la façon d’un cimier de casque. L’épididyme déplissé ne donne

pas moins de 5 mètres de longueur, d’anrècc de 6 mètres, d’après d’autres anatomisio extrémité supérieure ou tête de l’épidid unie au testicule par les canaux efférents séminifères de ce dernier; son extrémité in r et postérieure, appelée queue de l’énid^d®’^^® n’adhère au testicule que par du tissu cellS®®’ lâche et se continue avec le canal déférentà sa partie moyenne ou corps de l’épididvme'^’^S?^ n'adhère pas au testicule et peut être comparé?^ une anse de panier au-dessous de laquelle la tun’^ que vaginale se déprime en cul-de-sac. p ^ '

ÉPIDIDYMITE. - (V. Orc/iife.)

ÉPIGASTRE.— Nom donné à une région du corps humain, comprise entre la partie inférieure de la poitrine et l’ombilic, et que le vulgaire appelle creux de l’estomac (V. Abdomen).

ÉPIGLOTTE. — Nom donné par les anatomistes à un fibro-cartilage situé en avant de l’orifice supérieur du larynx, qu’il surmonte ÇS. Larynx), p. l.

ÉPIGNATHE. — Nom donné parles tératologistes

Fig. 449.

Monstre épignathe (musée de la Maternité).

Une masse se terminant par une jambe et un pied bien conformé. prend son insertion sur le maxillaire supérieur gauche et sort par la bouche.

a un monstre caractérisé par une tête accessoire plus ou moins incomplète et difforme, attachée àla voûte palatine de la tête principale et sortant parla bouche, ou encore par une masse terminée par une jambe et un pied bien conformé , prenant son in'

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sertipn sur le maxillaire supérieur gauche et sortant par la bouche. p ^

ÉPILATION. — On donne ce nom à une opération qui a pour but d arracher les cheveux ou les poils soit pour guérir certaines affections parasitaires du cuir chevelu ou de la peau, soit pour éviter la propagation de ces maladies aux parties encore saines. Autrefois on arrachait les cheveux à l’aide d’une calotte faite avec un emplâtre agglutinatif, dont on recouvrait la tête. A ce procédé, horriblement douloureux, succéda celui qui consiste à provoquer la chute des cheveux par des frictions d’huile de cade. L’huile de cade éteint la sensibilité du cuir chevelu, et porte spécialement son action sur le bulbe pileux, et au bout de 4 ou 5 jours d’applications quotidiennes, on peut arracher tous les cheveux sans douleur. Certains médecins préfèrent arracher les cheveux par 6 à 10 à la fois à l’aide de petites pinces. p. L.

ÉPILATOIRE. — (V. Dépilatoire. )

ÉPILEPSIE. — Médecine. — L’épilepsie, désignée aussi sous le nom de haut mal, mal caduc et morbus comitialis dans l’antiquité, est une névrose caractérisée par des accès convulsifs accompagnés de perte complète de la connaissance (grand mal) ou des accès non convulsifs (petit mal).

On appelle aura epileptica un souffle, une sensation particulière, une espèce d’avertissement, qui survient avant l’accès. Cette sensation part d’un point du corps, souvent de la main, et remonte vers la tête. Quelquefois, ce n’est qu’un trouble fonctionnel, angoisse de poitrine, constriction de la gorge, vomissement ; cela peut être un fourmillement, chatouillement, de la douleur. Certains malades éprouvent une impulsion irrésistible à courir, tourner sur eux-mêmes, d’autres ont des hallucinations de la vue, du goût ou de l’odorat, ou des symptômes morbides quelconques de l’intelligence. L’aura n’est pas constante, elle manque chez beaucoup de malades.

L’accès. — Il se divise en plusieurs périodes distinctes. Dans la première, le malade pousse un cri, pâlit et tombe foudroyé, insensible à toutes les excitations. Dans la seconde, il est pris de convulsions tétaniques : les muscles se roidissent, les ooembres sont immobiles, la tête est rejetée en arrière ou un peu sur le côté, la face se colore, les yeux sont fixes, la bouche à moitié ouverte laisse, passer la langue et s’emplit de salive. Cette période, comme la première, ne dure que quelques secondes. La troisième se manifeste par des con- 'oulsions cloniques qui ressemblent d’abord à des secousses localisées dans différents points du corps, ®t qui ont une certaine analogie avec les commotions électriques. Les convulsions se généralisent ensuite et prennent le cachet spécial de la maladie, t-aface devient pourpre et le siège de contorsions affreuses. Les yeux, sans expression, roulent dans eurs orbites. La bouche grimace horriblement, et a langue^ pendante, est serrée entre les dents. Les tavres, agitées en tous sens, laissent échapper une ®®ive écumeuse et sanguinolente. Les dents

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grincent; les oreilles deviennent rouges et fortement congestionnées. L’ensemble de la physionomie est hideux. Tous les muscles du corps, et principalement ceux des membres, sont agités par des mouvements violents et saccadés. Un des avantbras est ordinairement tourné en pronation, avec la main fermée et le pouce rentré dans la paume, présentant un mouvement convulsif assez régulier, rappelant un peu le mouvement d’une personne qui rince une bouteille. La respiration suspendue pendant la période tétanique, reprend son cours,, le cœur bat avec violence et irrégularité. Après deux ou trois minutes de durée, commence la quatrième période de l’accès : l’urine s’écoule librement, souvent accompagnée d’excrétion involontaire de matières alvines. Les convulsions diminuent, les membres cherchent à exécuter quelques mouvements volontaires,' l’œil redevient fixe et hagard, une somnolence profonde s’empare du malade ; il s’endort en faisant entendre une respiration bruyante.

Quelquefois, il se fait des hémorrhagies par le nez, les yeux, les oreilles, les bronches. Il peut s’en produire aussi dans le cerveau, mais celles-ci sont mortelles.

Après quelques instants de sommeil, le malade se réveille , fatigué, étourdi, avec un air stupide; ses fonctions reprennent leur cours.

Accès imbriqués. — L’intensité des accès est variable; quelquefois, ils se succèdent les uns aux autres et constituent ce qu’on appelle des attaques imbriquées dont le pronostic est toujours très grave ; c’est ce qu’on désigne sous le nom dé état de mal.

Vertices, absences. — D’autres fois, les accès se présentent sous une forme tellement légère, qu’on les a appelés vertiges. En l’espace de quelques secondes, au milieu d’une conversation ou d’une occupation quelconque, subitement le fou pâlit, le regard devient fixe, la physionomie prend une expression stupide et tout est fini.' A part une certaine infidélité de la mémoire, on peut ne s’apercevoir de rien. Tel est le vertige épileptique auquel mon ancien maître, Calmeil, a donné très justement le nom d’absence.

Cet ,état peut devenir souvent le point de départ de désordres considérables, surtout du côté de l’intelligence. Trousseau a donné l’observation d’un magistrat qui était sujet au vertige épileptique, et qui, un jour, pendant que ses collègues délibéraient, se leva tout a coup et alla uriner dans, la salle du conseil, très inconscient de l’acte qu’il faisaiL

Épilepsie larvée. — L’épilepsie peut se manifester sans convulsions, sous la forme d’actes impulsifs quelconques. J’ai donné mes soins à une dame d’un certain âge, qui appartenait à une famille d’épileptique. La maladie se traduisait par deux symptômes très nets : plusieurs fois par semaine, son caractère devenait subitement bizarre, fantasque, et quelques heures après elle était prise d’une violente céphalalgie qui mettait fin à l’accès.

Les formes de l’épilepsie larvée sont nombreuses. Il y a des malades qui ne font que remuer la tête, d’autres les bras et les jambes; d’autres ferment les

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mains, d'autres tournent, d'autres enfin se mettent à courir. Mais, règle générale, tous perdent absolument le sentiment et ne conservent aucune idée de ce qu’ils ont éprouvé. Chez un jeune homme épileptique, dont parle Tissot, Taccès était très bizarre : il croyait voir venir au galop, et avec un grand bruit, un carrosse dans lequel il y avait un petit homme en bonnet rouge. Craignant d’être écrasé par ce carrosse il tombait raide, sans connaissance, et un instant après, il revenait à lui.

Ces formes larvées de l’épilepsie sont plus graves qu’elles ne le paraissent. Elles ne guérissent presque jamais. Herpin les regarde comme une interception de la vie intellectuelle, la vie animale continuant son cours. Ce sont de véritables accès d’automalisme et de somnambulisme. Lasègue a rangé parmi les formes de l’épilepsie certains vols commis à l’étalage et - les obscénités des exhibitionistes. Les malades qui se livrent à ces délits sont inconscients de leurs actes, ils obéissent à une impulsion irrésistible, dont ils ne gardent pas le souvenir, et la médecine légale les considère comme irresponsables.

La complication presque toujours fatale de l’épilepsie est l’affaiblissement des facultés intellectuelles ; les malades se montrent orgueilleux, susceptibles, provocants; ils sont souvent atteints de passions dégoûtantes. Enfin, leur raisonne tarde pas à sombrer ; ils deviennent aliénés.

Folie épileptique. — La plupart du temps, les épileptiques tombent dans la démence, dans une sorte d’abrutissement . intellectuel, qui se termine dans la cachexie et le gâtisme. Quelques-uns conservent une certaine lucidité d’esprit, et ne manifestent leur délire qu’avant leurs accès convulsifs. Dans ce cas, ils sont toujours dangereux ; et c’est avec raison que Morel disait que l’irritabilité et la ; colère sont les traits saillants du tempérament des épileptiques, et qu’Esquiral, avant lui, disait qu’un ami épileptique n’est pas un don du ciel. M. Vaisin les dépeint ainsi ; « L’un jouant aux cartes, se lève brusquement de table, renverse tout ce qui s’y trouve et tombe; l’autre prend un verre et le jette au loin ; d’autres prononcent des mots sans suite ou sont pris d’un accès de colère subite. «

Les troubles de l’intelligence présentent des formes assez variées. Mais si l’on observe quelquefois de la mélancolie, de l’anxiété, de la dépression, chez certains sujets, le plus souvent on assiste à un accès de délire furieux, accompagné d’impulsions de l’homicide et aux attentats contre les personnes qui se trouvent auprès d’eux. J’ai vu, un jour, pendant mon internat, un de ces malades doué d’une force herculéenne, ordinairement très doux, qu’en occupait comme homme de peine à la cuisine, se saisir brusquement d’un long fourger incandescent qui était dans le four pour remuer le charbon, et poursuivre les religieuses avec cette arme, qu’il s’appliquait à diriger dans leurs jupes avec une violence inouïe. M. Tardieu a eu à examiner l’état mental d’un épileptique qui, sans provocation, avait plongé son couteau dans le ventre d’un passant, et continuait ensuite très tranquillement son chemin. Il y a quelques années, un individu courait dans la rue de Londres avec rapidité; ü. croise

un habitant du quartier, lui enfonce ses deuxd ■ l’index et le médius de la main droite da yeux et les lui crève. Cette brute était nn tique. ®Püep-

Ces actes de fureur épileptique annoncent]’ proche de l’accès, mais peuvent souvent lui en t ^ lieu. Ils se présentent toujours sous la forme impulsion brusque et instantanée, avec perte co'^^ plèle du souvenir, précédée ou non d’une aura s^' sorielle ou, intellectuelle et probablement d’halluc^' nations plus ou moins actives.

Quelles sont les causes de l’épilepsie? — Les autopsies des épileptiques ne nous ont montré' jusqu’à présent, aucune lésion constante, ce qui s’explique facilement, les causes de l’épilepsie étant très nombreuses, comme nous allons le voir.

Pour certains auteurs, la malformation congénitale de la boîte crânienne serait une cause de la névrose convulsive. Mais on peut objecter à cela que plusieurs hommes de génie et beaucoup d’autres, qui n’ont jamais été épileptiques, étaient atteints d’asymétie crânienne. On peut en dire autant de l’asymétrie faciale, étudiée avec beaucoup de talent par Lasègue, dans ses rapports avec l’épilepsie.

L’hérédité est une des principales causes de cette affection. Dans ce cas, elle apparaît vers l’âge de la puberté et de l’adolescence. Boerhaave a vu mourir épileptiques tous les enfants d’un homme qui l’était. Lusitanus a observé toute une famibe épileptique : le père, ses huit fils et ses trois petites filles. Un arrière-petit-fils, seul rejeton de la famille, devint également épileptique, mais il guérit, au moyen du cautère. J’ai été appelé à donner mes soins à un grand jeune homme qui devint épileptique à l’âge de dix-sept ans. Son père et ses deux frères étaient très robustes et bien portants. La mère très nerveuse, mais non épileptique, était morte à la suite d’une affection de la moelle épinière.

Parmi les causes déterminantes, il faut citer les excès alcooliques, l’onanisme, les impressions morales, vives et surtout la frayeur. Van Swiéten a vu un enfant si fort effrayé par un gros chien qui lui sauta dessus, qu’il fut pris immédiatement d’un accès d’épilepsie, qui se renouvelait chaque fois qu’il entendait aboyer un chien. Tissot raconte qu’il fut « consulté par un maçon qui, voyageant la nuit, à la fin du. siècle dernier, à l’époque où tout le monde parlait de la fameuse hyène du Gévaudan, — avait rencontré un chien qui courait dans un sentier étroit. Il se crut saisi par cet animal, arriva tremblant chez lui, et eut le lendemain un accès terrible d’épilepsie, qui depuis lors est revenu plusieurs fois, il a toujours commencé par une violente crampe dans l’une ou l’autre des mains. »

Le même auteur rapporte également l’observation d’une dame très aimable qui devint épileptique, à l’âge de vingt quatre ans, effrayée par les propos insolents et indécents d’un fou ; et celle d’une jeune fille, en voyant deux domestiques, en se battant, tomber dans un réservoir.

L épilepsie peut n’avoir aussi d’autre cause qu’une action sympathique sur le cerveau. Fabrice de

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Hilden rapporte le fait suivant : une jeune fille de ans se mit, en badinant, dans l’oreille gauche, une petite ^boule de verre. Différents chirurgiens, n’avant pu parvenir à l’extraire, les douleurs de roreiUe se calmèrent, mais tout ce côté de la tête devint douloureux; il se joignit à cet état un engourdissement général d’abord de tout le bras gauche jusqu’au bout des doigts, ensuite de la cuisse, de la jambe et du pied. Ces engourdissements se changèrent d’abord en douleurs très aiguës, puis on vit apparaître des attaques d’épilepsie. Il y avait déjà six ans que cet état durait, lorsque la mère alla consulter Fabrice, qui tout d’abord ne réussit pas mieux que les autres ; mais ayant eu connaissance de l’accident arrivé dans l’oreille, il comprit que c’était là la cause de la maladie nerveuse, et il parvint à sortir le globe de verre. Dès ce moment, tous les symptômes disparurent, la jeune fille se rétablit et se porta ensuite à merveille.

Les affections de l’estomac et des intestins peuvent être aussi des causes prédisposantes agissant sympathiquement. Il en est de même des vers intestinaux. Les observations de cette nature sont très fréquentes; en voici un qui est remarquable une petite fille, âgée de sept ans, fut atteinte de catalepsie pendant trois ans ; puis, elle devint épileptique avec des accès si fréquents qu’elle tomba dans une imbécilité totale, avec perte absolue de la mémoire, de façon qu’elle ne reconnaissait plus sa mère, mangeait ses excréments, etc. Elle rendit, un jour, un ver solitaire, et immédiatement les accès convulsifs cessèrent: trois jours après, elle reconnut sa mère, peu à peu les facultés revinrent, enfin elle recouvra la santé.

Les affections des reins, de la vessie, de la peau, les tumeurs qui se développent sur le trajet d’un nerf ou dans le cerveau, peuvent* être également des causes d’épilepsie, mais il faut en chercher souvent l’origine dans les maladies constitutionnelles.

Indépendamment de l’épilepsie qui frappe les ouvriers qui travaillent les sels de plomb et de mercure, il faut mentionner l’épilepsie syphilitique beaucoup plus fréquente qu’on ne le pense généralement. Et à ce point, que M. le D"^ Fournier a pu dire : « Si un adulte au-dessus de trente ans, vient à être pris pour la première fois d’une crise épileptique, dans le cours d’une bonne santé apparente, il y a huit ou neuf chances sur dix pour que cette .épilepsie soit d’origine syphilitique. » Avant lui. Trousseau avait mentionné, dans une de ses leçons cliniques, l’observation d’une dame âgée de quarante ans, qui était venue le consulter pour des accès d’épilepsie, se répétant avec une fréquence de jour en jour plus considérable, à ce point qu’elle était arrivée à en avoir vingt et un dans les vingtîuatre heures.

- Cette dame portait au front une large et profonde cicatrice, qui, placée au-dessus et en dehors de l’arcade sourcilière droite, pénétrait jusqu’au frontal, 9ui était nécrosé. Il y avait en outre une nécrose' des os propres du nez, et celui-ci était écrasé. Sous -influence d’un traitement anti-syphilitique, des ^ercuriaux et de l’iodure de potassium, les accionts s’amendèrent promptement, de telle sorte que .

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dès le premier mois il n’y eût qu'une seule attaque, et ce fut la dernière.

Un mal de tête violent et continu devra toujours faire soupçonner l’existence d’une production syphilitique intra-crânienne, ainsi que le retour et l’exacubation de cette douleur pendant la nuit. Ce sont à ces caractères que Lebrelon et Trousseau reconnurent l’origine syphilitique de l’épilepsie chez un jeune homme, qui avait été affecté cinq ou six ans avant le premier accès, passé presque inaperçu. La liqueur de Van Swiétin fut immédiatement prescrite ; les accès cessèrent complètement, et le malade fut radicalement guéri.

Ces exemples montrent combien l’étiologie joue un rôle important dans le traitement de l’épilepsie. Cependant/ c’est à peine si l’influence des maladies diathésiques est indiquée par les auteurs et principalement par les aliénistes.

. Quel est le traitement de l’épilepsie ? — Il est impossible d’énumérer tous les moyens de traitement préconisés contre l’épilepsie. D’ailleurs, il faut, avant tout, rechercher dans les antécédents du malade, dans son tempérament, la cause prédisposante de l’affection nerveuse, et choisir les indications résultant des symptômes observés.

Parmi les différents traitements employés jusqu’à présent, je signalerai les saignées locales et générales, les ventouses scarifiées à la nuque. Dans certains cas, on a pu, par ce moyen, chez des sujets vigoureux, éloigner les accès ou diminuer leur intensité, mais je ne leur accorde que fort peu de confiance. Les toniques sont indiqués chez les malades anémiques, les anthelmintiques chez ceux qui ont des vers intestinaux, Les vomitifs ont donné quelques résultats, mais ils sont souvent dangereux. Il en de même des révulsifs, et en particulier des vésicatoires appliqués sur la tête ou sur la nuque.

Les bains tièdes prolongés calment l’irritabilité nerveuse, les bains de mer sont mauvais, l’hydrothérapie bien faite a déterminé quelques améliorations.

Parmi les antispasmodiques : la valériane, le musc, le castoréum; l’asa fætida, le camphre, l’éther... — La valériane m’a paru douée d’une certaine efficacité. Tissot la considérait comme le spécifique de l’épilepsie. Un nouveau médicament, le bromure de camphre sous forme de Dragées du D'^ Clin est, croyons-nous, destiné à enregistrer des succès.

La belladone, la jusquiame, la stramoine ont été essayées par le D'^ Debreyne. La belladone seule a donné des résultats : on commence à donner 2 ou 3 centigrammes d’extrait de belladone par jour, et on augmente progressivement la dose jusqu’à un gramme. Mais il faut craindre les phénomènes d’intoxication. Trousseau et Bretonneau employaient la poudre de racine de belladone; ils prescrivaient : 1 centigramme les premiers jours, à prendre le soir, si les accès se montraient la nuit; et le matin, si les accès se montraient dans la journée. On augmente progressivement les doses jusqu’à 5 ou 10 centigrammes. On interrompt alors le traitement pendant une semaine pour le reprendre peudant trois semaines ; interrompre de nouveau pen-

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dant quinze jours, pour y revenir quinze jours de suite etc. Ce traitement dure environ deux ans.

Le'quinquina et la quinine agissent bien dans l’épilepsie intermittente, surtout dans les pays où régnent les fièvres paludéennes.

Parmi les autres médicaments vantés contre l’épilepsie, citons encore : l’indigo, à dose croissante, de 5 à 30 centigrammes. La poudre de racine d’armoise, de 2 à 4 grammes. L’ammoniaque liquide, de 10 à 30 gouttes. Le nitrate d’argent, de 1 à2centigrammes. Le sulfate de cuivre ammoniacal, de 3 à 43 centigrammes. L’essence de térébenthine, de 10 à 30 grammes.

Le phosphore, la strychnine, l’oxyde et lelactate de zinc, les valérianates, etc., complètent la série des médicaments employés avec plus ou moins de succès contre l’épilepsie. Mais nous devons une mention spéciale pour le bromure de potassium donné à haute dose, d’une façon continue et progressive, car il est nécessaire que le malade soit toujours sous son action. On le prescrit chimiquement pur, en solution dans de l’eau ordinaire, et mieux sous la forme agréable de sirop de Laroze à l’iodure de potassium et au sirop d’écorces d’oranges amères. Son mélange avec les autres bromures alcalins doit être condamné d’une façon absoluè. Il n’agit bien que seul, à l’état d’entière pureté.

Comme complément de la thérapeutique de l’épilepsie, je ne puis oublier les injections sous-cutanées de chlorhydrate d’apomorphine, à la dose de 3 a 8 gouttes d’une solution contenant 10 centigrammes de sel pour 10 grammes d’eau distillée. On compte déjà quelques hriJlants succès par l’emploi de l’apomorphine. D' Edmond Dopouy.

Responsabilité des épileptiques. — L’épilepsie a été récemment l’ohjet de consciencieuses études de la part ' des médecins aliénistes. M. Legrand du Saulle a traité cette question avec une autorité incontestable et a présenté des applications médico-légales d’une grande valeur. Voici les plus importantes : .

L’accès incomplet, l’attaque d’épilepsie et le vertige épileptique peuvent retentir d’une façon déterminée et assez facile à reconnaître sur les facultés intellectuelles, morales ou affectives.

Le caractère et les habitudes des malades, fertiles en anomalies étranges, peuvent présenter des contrastes très saisissables et se distinguer par l’imprévu et la soudaineté des impulsions.

tout éleptique sans être un aliéné, est volontiers un candidat à la folie.

Le crime non justifiable commis sous l’empire évident d’une crise épileptique entraîne l’irresponsabilité absolue.

Le malade qui a bien manifestement- commis un attentat en dehors de l’attaque nerveuse, est partiellement responsable, mais il a droit, d’après l’examen de son état mental, à une pénalité sensiblement atténuée et en quelque sorte proportionnelle au degré de résistance morale qui a pu être opposé.

Lorsque le crime a été froidement calculé et qu’il porte avec lui son explication, l’auteur est responsable, surtout si les accès d’épüepsie sont

rares et qu’ils n’ont point encore comn. . libre jeu de l’entendement. Promis

Lorsqu’un crime tout à fait inexplicablp . complet désaccord avec les antécédents d’ venu qui n’est réputé ni éleptique, ni aliéné d’être accompli avec une instantanéité insolite?^ a lieu de se demander et l’on doit recherchp ^ n’existerait pas des accès nocturnes et d’épilepsie. méconnus

Il importe de s’enquérir désormais si certain infants aux instincts pervers, méchants ou férocï ne seraient pas quelquefois affectés d’épilepsie nnr turne.

Le médecin expert chargé de discerner l’état mental d’un épileptique doit s’appuyer sur les caractères et la marche des accès du délire, snr les caractères physiques et moraux des accès et sur les caractères des actes eux-mêmes accomplis pendant ces accès.

Les actes civils qui émanent des épileptiques non séquestrés et qui ont été consentis en dehors de toute crise nerveuse, de tout accès d’égarement mental, doivent le plus habituellement être regardés comme valables.

Il y a lieu de rechercher si les enfants épileptiques ne sont pas plus particulièrement exposés à des sévices, à de lâches brutalités ou à d’odieux attentats de la part de leurs parents et de leurs maîtres.

Épilepsie simulée. — L’épilepsie est de toutes les maladies nerveuses, celle qui est le plus fréquemment simulée, et cette fréquence s’explique parce que, dans ce cas, la simulation ne demande qu’une représentation momentanée et qu’il est possible d’être bien portant dès que l’accès est passé (Tissot) .

Nous retraçons, d’après M. Legrand du Saulle, les principaux caractères sur lesquels doit s’appuyer le diagnostic différentiel. Dans l’épilepsie vraie, le sujet pâlit subitement et tombe très souvent après avoir poussé un cri. Dans la simulation, il peut bien imiter la chute et crier, mais il ne pâlit pas.

Dans l’épilepsie vraie, les convulsions sont d’abord toniques, le malade a presque toujours la tête portée en arrière ou d’un côté, les dents fortement serrées, les yeux convulsés en haut et cachés derrière. la paupière supérieure, les pupilles immobiles et dilatées, le pouce’ est couvulsé dans le paume de la main et caché sous les autres doigts. Dans l’épilepsie simulée, le similateur se livre dès le début à des convulsions violentes qui peuvent déjà éveiller les soupçons, il a presque toujours la position du pouce, mais il se laisse détendre facilement et a toujours la précaution de le ramener dans sa position fléchie. D’un autre côté le simulateur ne peut reproduire ni la dilatation ni l’insensibilité de la pupille à la lumière : c’est là un signe important.

Le simulateur se sert souvent de savon pour simuler l’écume qui s’échappe des lèvres dans l’épilepsie vraie ; il ne faut donc jamais négliger de rechercher l’existénce de ce moyen de fraude.

Mais les caractères les plus importants sont fournis par le pouls. Petit, serré et lent chez les véritables épileptiques, il est ordinairement large ot

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nrécipité chez les simulateurs, par suite de la fa- Scrue et de l’agitation que leur cause leur rôle. VoisUi a signalé des caractères sphymographiques qui ne se rencontrent que dans le grand mal. Deux ou trois secondes avant Pattaque, les courbes sphymotrraphiques sont moins hautes, plus arrondies et plus rapprochées. L’attaque survenue, on voit deux ou trois petites ondulations successives et disposées suivant une ligne ascendante, puis une série de courbes très peu élevées ; ces courbes se prononcent davantage, présentent une convexité supérieure très accusée, donnant presque l’idée d’une moitié de sphère ; puis, au bout de quelques minutes, les lignes s’élèvent presque perpendiculairement à une hauteur trois ou quatre fois plus grande qu’avant l’attaque; la durée de cette forme de pouls varie d’une demi-heure à une heure et demie, elle a même duré quelquefois six heures après l’attaque.

Différents moyens sont employés pour constater chez l’epileptique suspect l’abolition de la connaissance et de la sensibilité. On lui fait inhaler de l’ammoniaque ou du chlore, on le menace du fer rouge, mais ces moyens sont loin d’avoir une efficacité constante. Percy rapporte cependant un cas où il a déjoué la simulation en demandant à haute voix les instruments nécessaires pour opérer l’ablation des deux testicules, ajoutant qu’il était fort aise de trouver enfin une occasion d’essayer l’efficacité d'un traitement dont il avait entendu dire le plus grand bien. Il n’est pas nécessaire de dire que le médecin doit toujours se borner à la menace, sans jamais employer des moyens violents.

Une circonstance qui diminue beaucoup les difficultés de la constatation de l’épilepsie, dit M. Legrand du Saulle, c’est que le simulateur ne cherche jamais à imiter que la grande attaque. « Or, sur ce terrain, il est presque toujours battu, car s’il y a dans l’épilepsie convulsive des symptômes qu’il est possible et même facile d’imiter, il en est d’autres pour lesquels la chose est complètement impossible. »

M. Méricamp a récemment signalé chez les épileptiques une déformation acquise de l’arcade orbitaire qui est fréquente et qui a son importance en médecine légale. Les chutes répétées des épileptiques se produisant habituellement sur la face, la partie externe de l’arcade orbitaire se trouve soumise à des contusions qui ont pour résultat une mfl.ammation du périoste. D*- a. Lutadd.

ÉPINARD. — On donne ce nom à une plante herbacée de la famille des chénopodées, originaire d’Asie, très cultivée en Europe, dont les feuilles cuites et assaisonnées avec du beurre, du jus ou dusucre, constituent un légume peu nourrissant, mais léger, de digestion facile, légèrement purgatif même, et en somme très précieux, car il vient dans la saison froide, alors que tous les légumes verts manquent. Parmi les variétés les plus cultivées, nous l’épinard cbmmun, l’épinard d’Angleterre Cl 1 épinard de Hollande. Ce dernier, dont les graines ®cut garnies d’aspérités , est le plus recherché. A

^is et dans les villes en général, il est imprudent

acheter chez le crémier des épinards cuits et ha¬

chés, car neuf fois sur dix, ils sont falsifiés avec diverses herbes, principalement la luzerne, p. l.

ÉPINE DORSALE. — (V. Colonne vertébrale.')

ÉPINE-VINETTE. — Nom commun du Berberis (V. ce mot), P. x,.

ÉPINIÈRE (MOELLE). — (V. Moelle.)

ÉPIPHORA. — Nom donné par les oculistes à un larmoiement dû à l’exagération de la sécrétion lacrymale, caractérisé par l’écoulement des larmes sur les paupières inférieures et sur les joues. L’épiphora peut naître sous l’influence d’une action réflexe, des émotions tristes, des chagrins. Il peut être occasionné par les affections aiguës de la conjonctive, de la cornée, par les névralgies faciales, par l’action des poussières irritantes, du vent, d’une lumière trop vive. Le traitement de cet accident variera avec la cause qui lui a donné naissance.

ÉPIPHYSE. — Nom donné par les anatomistes aux extrémités des os longs. p. l.

ÉPIPLOCÈLE. — Nom donné à la hernie de l’épiploon (V. Hernie). P. L.

ÉPIPLOON. — Nom donné par les anatomistes aux replis du péritoine qui rattachent les uns aux autres les viscères abdominaux, comblent les vides laissés entre eux, et protègent les . vaisseaux qui s’y distribuent. On distingue : le grand épiploon, qui est étendu à la façon d’un tablier entre la paroi abdominale intérieure et l’intestin, et tapisse l’estomac ; le petit épiploon ou épiploon gastro-hépatique, qui va du sillon transverse du foie à la petite courbure de l’estomac et au duodénum ; enfin l’épiploon gastro-splénique qui unit la rate à la grosse tubérosité de l’estomac. Le grand épiploon renferme entre ses feuillets les artères épiplo'iques qui le parcourent en tous les sens ; la veine porte, l’artère hépatique, le canal cholédoque, se trouvent entre les feuillets du petit épiploon; enfinl’épiploon gastrosplénique renferme entre ses deux lames les vaisseaux courts. P. L.

ÈPISPADIAS. — On donne ce nom à un vice de conformation congénital de l’urèthre, dans lequel l’ouverture du canal, au lieu d’être à l’extrémité du méat urinaire, se trouve sur la face dorsale de la verge. Tantôt l’ouverture existe à une certaine distance de l’extrémité antérieure du pénis, alors le gland est imperforé et le canal de l’urèthre se termine à la face dorsale dè la verge. Tantôt le canal de l’urèthre n’existe pas et les deux corps caverneux de la verge séparés, constituent les bords d’une gouttière profonde qui représente le fond de ce canal. Enfin, dans quelques cas lepispadias complique un autre vice de conformation, Vextrophie de la vessie.

L’épispadias constitue une infirmité très désagréable. Il est de plus un obstacle sérieux à la fécondation, lorsque l’ouverture de l’urèthre se

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trouve trop près de la racine de la verge, vers le pubis, car, alors, le sperme, au lieu d’être lancé dans le vagin pendant le coït, s’épanche au dehors.

Opération de l’Épispadias (l'’- procédé de Nélaton). — A. Plaie abdominale d’où le lambeau abdominal vient d’être détaché et rabattu sur l’urèthre. — B. Base ou large pédicule du lambeau abdominal rabattu — B, G. Lambeau abdominal rabattu sur la verge et recouvert par les lambeaux latéraux D,D' (on voit les épingles qui les retiennent. — E. Suture .enchevillée réunissant les lambeaux latéraux ou lambeau abdominal B, G. — G. Bord antérieur du lambeau abdominal qui formera la valve antérieure du méat urinaire futur.

Nélaton est le premier chirurgien qui, en 1854, ait imaginé et exécuté avec plein succès des pro-

Fig. 451.

Operation de l’Epispadias (2= procédé de Nélaton). — A. Plaie abdominale. - B. Plaie scrotale. - G. Scrotum. - D. Lambeau scrotal qui vient d'étre porté au-dessus de la verge, déjà recouverte elle-même du lambeau abdominal. — E. Pédicule gauche du lambeau scrotal. — F, F. Girconférence antérieure du lambeau scrotal qui va être suturé à G', lèvre inférieure de l’avivement longitudinal, pratiquée sur les côiés de la verge, et dont H, H' est la lèvre supérieure. — K. Lambeau abdominal rabattu suri la siouttière uréthrale, et dont le bord est de chaque côté uni à la lèvre supérieure de cet avivement longitudinal; de ce lambeau, on ne voit que la face sanglante, que va cacher toutà l'heure la face sanglante du lambeau scrotal.

cédés d’autoplastie sur deux individus atteints d’épispadias. Le premier individu opéré est un Suéaois de 20 ans. La figure 450 donne une idée exacte

et suffisamment compréhensible du nmcpsployé par l’éminent chirurgien, pour que n le décrivions pas en détail. Le second onéré!? garçon de 11 ans, il y avait chez lui écartem

^eut da

Fig. 452.

Opération de l’Epispadias (2« procédé Nélaton). - Les lambeaux abdominal et scrotal sont réunis, on ne voit plus que la surface tégumentaire du lambeau scrotal C,D. — E. Valve supérieure du méat. Au-dessous on voit une sonde à demeure placée dans l’urèthre.

corps caverneux, la gouttière uréthrale était terminée en avant par le gland bilobé, et en arrière par un entonnoir dont le fond était l’orifice uréthrovésical. Les deux figures 451 et 452 représentent les deux temps de l’opération, d” Paul labarthe.

ÉPISPASTIQUE. — On donne ce nom en pharmacologie a des médicaments que l’on applique à la surface de la peau pour y déterminer une irritation vive et même une véritable inflammation bientôt suivie de vésication. Les cantharides, le garou, l’euphorbe, le piment, sont les épispastiques les plus connus. Les vésicatoires sont des épispastiques. Les pommades destinées à les panser et à les entretenir sont dites épispastiques, et ont toutes pour base les cantharides et le garou. Depuis qu’Albespeyres a réussi à préparer par des procédés mécaniques le papier qui porte son nom (papier épispasiique d'Albespeyres), toutes les anciennes pommades ont été remplacées par ce papier qui est du reste, le seul employé dans les hôpitaux et les ambulances de l’armée française (V.' Albespeyres, Exutoire, Vésicatoire). P. L.

ÉPISTAXIS. — On donne le nom d’épistaxis à l’écoulement du sang par les narines. .

Parfois l’épistaxis est précédée de quelques ph®' nomènes congestifs vers la tête : pesanteur, éblouissements, tintement d’oreilles, tension vers la racine du nez, chatouillement nasal qui excite le malade à se frotter le nez et à éternuer; dans d’autres cas le début est brusque.

Le sang s'écoule par l’orifice antérieur des fosses nasales, et on le voit tomber des deux narines on d’une seule, soit abondamment comme un jet de fontaine, soit en nappe, soit goutte à goutte; il tantôt rutilant et facilement coagulable, tantôt nou et très fluide.

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Dans d’autres cas le sang s’écoule par l’orifice postérieur des fosses nasales, il tombe dans le pharynx et il est rejeté par expuition, s’il ne sort pas de lui-même par la bouche. 11 peut être avalé, descendre dans 1 estomac et être rendu par vomissement, ou arriver jusqu à . l’orifice supérieur du larynx, provoquer la toux et être expectoré. Ces variétés dans la direction prise par le sang tiennent au siège de la rupture vasculaire, à la position de la tête, (ainsi lorsque le malade est couché sur le dos le sang tombe volontiers dans le pharynx),- à l’abondance de l’épistaxis, etc.

Da quantité de l’hémorrhagie est, comme sa durée , extrêmement variable, depuis quelques gouttes de sang jusqu’à plusieurs livres ; d’ordinaire eUe s’arrête en quelques instants, mais elle peut se prolonger pendant plusieurs heures et même plusieurs jours avec des rémissions plus ou moins longues : certaines épistaxis se reproduisent périodiquement.

Sa marche, son pronostic sont entièrement subordonnés à sa cause; accident ordinairement sans importance, l’épistaxis peut, lorsqu’elle est passive, adynamique et survient chez un malade épuisé, entraîner la mort par syncope.

Le diagnostic de l’épistaxis comprend deux points : 1° reconnaître l’épistaxis ; 2® reconnaître sa cause.

11 est facile de reconnaître que le sang provient des fosses nasales. Est-il sorti par les narines, il forme sur le vase ou par terre de larges gouttes, on voit des caillots ou des stries de sang concrétées sur le pourtour des narines ; s’est-il écoulé dans le pharynx, il suffit souvent de faire incliner la tête en avant pour que le sang s’échappe par les narines ; le pharynx est tapissé de stries noirâtres, etc.

Le diagnostic de la cause comprend l’étude pathogénique de l’épistaxis.

La fréquence des épistaxis tient au grand nombre et à la fragilité des vaisseaux (surtout veineux) qui tapissent la muqueuse des fosses nasales, surtout sa moitié inférieure ; car sa partie supérieure, peu vasculaire, est en grande partie occupée par les divisions plexiformes des nerfs olfactifs. Rare jusqu’à l’âge de sept ans et dans la vieillesse, l’épistaxis est surtout fréquente vers la puberté. On a vu des individus chez lesquels les épistaxis, fréquentes jusqu’à l’âge de vingt ou trente ans, se sont arrêtées et ont été remplacées par des hémoptysies (Trousseau).

Les causes très nombreuses des épistaxis peuvent se ranger sous trois chefs :

A. Épistaxis par lésion organique ou traumatique delà nauqueuse pituitaire ;

B. Épistaxis mécaniques par fluxion ou stase sanguine dans les vaisseaux de la muqueuse pituitaire ;

G. Épistaxis adynamiques par altération du sang.

A. ÉPISTAXIS PAR lésion ORGANIQUE OU TRAUMA¬ TIQUE DE LA MUQUEUSE PITUITAIRE. — Dans Cette

classe se range l’épistaxis qui se produit à la suite d’un coup sur le nez ; en général, elle s’arrête rapidement, mais il faut s’assurer si les os du nez ne sont pas fracturés.

Si l’épistaxis se produit à la suite d’une chute Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

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sur la tête ou sur toute autre partie du corps, de coups violents portés sur le crâne, il y a lieu de craindre qu’elle ne se rapporte à une fracture de la base du crâne, surtout s’il existe en même temps un état comateux et si l’écoulement de sang se prolonge plusieurs jours.

Les polypes et les tumeurs diverses des fosses nasales donnent fréquemment lieu à des épistaxis dont on reconnaît la cause par l’obstacle que la tumeur apporte au passage de l’air, par la sensation de corps étranger éprouvée par le malade, etc.

Les ulcérations syphilitiques ou scrofuleuses peuvent, mais assez rarement, teinter de quelques stries sanguinolentes les mucosités qui s’écoulent des fosses nasales.

B. Épistaxis mécaniques. — Dans cette classe se rangent les épistaxis produites par une augmentation dans la tension du sang des vaisseaux de la pituitaire : or cet excès de tension peut être : 1“ actif ou par fluxion ; 2" passif ou par stase.

1° Tension active ou par fluxion. — Les épistaxis les plus importantes de ce groupe sont celles qui, dites supplémentaires, remplacent soit un écoulement menstruel, soit un flux hémorrhoïdal. Courty, qui a étudié avec soin ces épitaxis supplémentaires, a remarqué qu’elles étaient précédées des mêmes symptômes de lassitude, de susceptibilité nerveuse que les règles, qu’elles avaient à peu près la même durée, la même abondance, et que précédées d’une douleur gravative et obtuse vers la région frontale, elles exerçaient une heureuse influence sur la santé de la femme.

On pourrait dire la même chose au sujet des épistaxis remplaçant le flux hémorrhoïdal. ,

On conçoit aisément que l’état pléthorique résultant de la suppression d’une hémorrhagie habituelle détermine la congestion et la rupture des capillaires de la muqueuse nasale et qu’il en résulte une épistaxis.

Puis viennent les épistaxis par travaux excessifs, par excès de table, par coryza, par l’influence d’une température élevée, celles qui accompagnent la congestion cérébrale; dans toutes ces circonstances le sang est appelé en quantité anormale vers la tête. .

Les épistaxis sont fréquentes chez les gens qui s’élèvent dans les hautes régions de l’atmosphère ou qui sont soumis à des températures très basses ; la raréfaction de l’air dans le premier cas, le resserrement des capillaires de la peau dans le second, rendent compte de l’état congestif de la pituitaire.

Jacoud attribue les épistaxis et les autres hémorrhagies qui surviennent dans la leucocythémie à l’obstruction partielle du réseau capiUaire par les globules blancs.

2“ Tension passive ou stase. — La tension du sang est ici le résultat d’une gêne circulatoire; or cette gêne peut survenir dans les maladies du cœur, du poumon, du foie, de la rate, des reins.

Maladies du cœur. — L’épistaxis, bien plus rare que l’hémoptysie, ne s’observe qu’à une période avancée, et elle est produite par la stase veineuse, bien plus rarement par une fluxion active, résultat de l’hypertrophie cardiaque.

Maladies du poumon. — L’épistaxis est ici le ré-

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sultat de la violence des quintes de toux qui conpstionnent le système vasculaire de la tête, aussi l’observe-t-on surtout dans la coqueluche et l’asthme.

Maladies du foie. — Monneret a fixé l’attention sur la fréquence des épistaxis dans les maladies du foie ; ainsi on l’observe dans la cirrhose, dans l’ictère grave, dans les hépatites des pays chauds, dans la fièvre jaune. Ces épistaxis peuvent être regardées comme produites à la fois par une augmentation de la tension veineuse due à la gêne de la circulation de la veine porte et par une altération du sang.

. Maladies des reins. — Les épistaxis ne sont point rares dans le mal de Bright, et elles se produisent probablement par le même mécanisme que les épistaxis liées à une maladie du foie.

G. Épistaxis adynamique par altération du sang.

— Ces épistaxis, très importantes, se produisent dans trois groupes de maladies : 1“ dans les affections typhoïdes; 2° dans les fièvres éruptives; 3» dans les cachexies.

1“ Épistaxis dans la fievre typhoïde. — On sait que l’épistaxis s’observe très -souvent au début delà fièvre typhoïde, plus rarement dans son cours et vers son déclin. On l’observe également dans le typhus fever, la fièvre jaune, la, peste.

2® Épistaxis dans les fièvres éruptives. — La rougeole et la variole normales s’accompagnent souvent, à leur début , d’épistaxis , du moins chez les enfants, et alors elle n’a pas la signification fâcheuse qu’elle présente lorsqu’elle se produit, ainsi que d’autres hémorrhagies, pendant la période éruptive, où elle annonce habituellement une terminaison fatale (variole, rougeole hémorrhagique).

L’épistaxis, rare dans la scarlatine normale, ne s’observe que dans les formes malignes de cette maladie.

- Épistaxis dans les cachexies. — On observe des épistaxis chez les phthisiques et les cancéreux ; elles indiquent l’état profond d’adynamie dans lequel ils sont tombés. Enfin l’épistaxis s’observe fréquemment dans la chlorose , l’anémie , le scorbut et le purpura hæmorrhagica.

Quelle est la gravité de l’épistaxis. — Toute épistaxis très abondante est grave, car elle peut déterminer des lipothymies, des syncopes, ou créer un état anémique.

Il est des épistaxis favorables, ce sont celles qui suppléent les règles, les flux hémorrhoïdaux, qui surviennent chez les gens pléthoriques, ou chez ceux dont le cerveau est congestionné.

Nous avons vu que les épistaxis étaient graves pendant la période d’éruption des fièvres éruptives, pendant le cours et le déblin de la fièvre typhoïde,

Les retours fréquents et inexpliqués de l’épistaxis doivent faire craindre chez les enfants l’hémophilie, chez les adultes et les vieillards une maladie du foie.

Enfin les épistaxis adynamiques sont les plus graves par leur abondance, leur signification, et par l’état de faiblesse plus grand encore qu’elles laissent après elles.

Quel traitement faut-il opposer à l’épistaxis ? — Les épistaxis supplémentaires, celles qui surviennent chez les gens pléthoriques, doivent être respectées, à moins qu’eUes ne présentent une grande

abondance; très souvent l’épistaxis s’arrêta même. defle-

Mais, s’il faut la combattre, on le fera à l’ai»! moyens adaptés au degré d’urgence. On a consw-m d’appliquer des compresses d’eau froide sur le fr^^ et le nez, d’aspirer de l’eau froide, de lever bm°^ quement le bras correspondant à la narine o' saigne et que l’on ferme avec un doigt ; parfois en introduisant le petit doigt dans la narine on peut comprimer les vaisseaux qui saignent. J’ai toujours réussi en faisant pénétrer aussi profondément que possible dans, la narine des morceaux effilés d’amadou imprégné de perchlorure de fer.

Si ces moyens restent sans effet, placez des ligatures serrées au-dessus des coudes et des genoux pour empêcher l’ascension du sang veineux, appliquez des sinapismes et des ventouses sèches sur les cuisses, sur les épaules, comprimez les carotides.

Enfin, pratiquez le tamponnement des fosses nasales, soit avec la sonde de Belloc, soit plutôt avec un petit sac de caoutchouc que vous insufflez après introduction.

Ajoutons que toute épistaxis adynamique présente l’indication d’insister sur les toniques propres à augmenter la plasticité du sang (fer, quinquina, potion avec extrait de ratanhia, avec perchlorurè de fer, eau de Léchelle, etc.). D' Léon moynac.

ÉPITHÈLIOMA. — Nom donné à une variété de cancer (V. ce mot). • p. l.

ÉPITHÉLIUM. — On donne le nom d’épithélium à des éléments anatomiques, ayant forme de cellules ou de noyaux, déposés pour la plupart sur des surfaces libres ou contiguës, et dont l’ensemble constitue le système épithélial.

Ces éléments anatomiques présentent une disposition qui varie avec la région qu’ils occupent.

Les épithéliums représentent une couche uniforme, régulière, à la surface libre de l’enveloppe cutanée et sur la plupart des membranes. On les trouvera tantôt à l’état de membrane, tantôt entassés et superposés au fond des culs-de-sac glandulaires.

Nous établirons une division importante dans les épithéliums qui formeront deux groupes :

1“ Les épithéliums protecteurs : épithéliums delà peau, des muqueuses ;

2° Les épithéliums formateurs : épithéliums des séreuses, des glandes, etc.

Les éléments épithéliaux ont presque tous la forme de cellules: quelques-uns, d’après Robin, sont uniquement formés par des noyaux. Certaines surfaces sont recouvertes d’une couche simple de cellules, épithélium simple ; d’autres présentent plusieurs couches superposées, épithélium stratifié.

1» Les éléments qui nous occupent peuvent affecter une forme arrondie, épithélium sphérique. Si la pression des cellules voisines les a visiblement deformées, on dit épithélium polyédrique ;

2® Lorsque les cellules épithéliales sont aplaties et qu’ elles présentent, sur leur contour, des bor^ et des angles, elles constituent l’épithélium poxi' menteux ;

3“ La forme des cellules se rapproche quelque-

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fois de celle d un petit cône, dont le sommet regarde la face profonde de la couche épithéliale, et dont la base concourt à former la surface libre.

On donne à cette espèce le nom d’épithélium cmnque ou cylindrique. On l’appelle encore épithélium prismatique.

4° L’épithélium conique ou cylindrique présente quelquefois sur la base des cellules, de petits fidaments qui jouissent de mouvements, cils vibratües.

5“ Les surfaces épithéliales sont quelquefois recouvertes de noyaux , tantôt arrondis et tantôt ovoïdes : on donne à ces variétés d’épithélium les noms d’épithélium nucléaire sphérique et d’épithélium nucléaire ovoïde (Robin).

Souvent cet élément est intermédiaire à deux des variétés précédentes, sans qu’on puisse le rattacher exactement à l’une ou l’autre, épithélium de transition.

Enfin l’épithélium mixte est celui qui consiste dans la réunion de plusieurs espèces d’épithélium sur la même surface, sans prédominance d’aucune variété, comme on le voit dans le bassinet, l’uretère et la vessie. D-- j.-a. fort.

ÉPITROCHLÉE. —Nom donné par les anatomistes àla saillie interne du coude formée par une apophyse saillante de l’extrémité inférieure de l’humérus (V. Coude, Humérus). P. L.

ÉPONGES PRÉPARÉES. — On appelle ainsi des éponges fines qu’on a préparées de diverses manières pour les besoins médicaux. Ces productions marines sont constituées par un agrégat d’animaux appartenant à la classe des polypiers. Elles se récoltent en abondance dans certaines parties de la Méditerranée, et principalement sur les rivages des îles de l’Archipel grec. Elles sont très usitées , sans avoir subi de préparation , pour les lavages à l’eau simple ou médicamenteuse et pour porter, au moyen d’une longue pince, d’une tige de baleine ou d’un fil de fer, des topiques dans les organes profonds, comme l’isthme du gosier, les fosses nasales, le vagin, etc. Préparées à la ficelle, à la cire ou par torréfaction, elles acquièrent des propriétés différentes suivant le mode de préparation qu’on leur a fait subir.

D’ordinaire les éponges nous arrivent remplies de sable et de débris de coquilles que l’on en sort en les battant fortement avec un maillet et les lavant à grande eau ; puis, si pendant qu’elles sont humides, on les serre avec une ficelle, on les sèche à l’étuve et on les conserve dans un lieu sec, on a les éponges à la ficelle ; si, au contraire , lorsqu’elles sont desséchées, on les coupe par tranches, on les plonge dans la cire fondue, on les presse entre des plaques de fer chaudes et on les débarrasse de l’exde cire après refroidissement, on a les éponges à la cire. Ces deux sortes d’éponges servent à dilater les trajets fistulepx, les conduits naturels rétrécis, les ouvertures des plaies accidentelles. Pour cela, Oû enlève la ficelle, ou bien on prend l’éponge à la cire telle qu’elle est, on la taille en cône pour qu’elle puisse pénétrer dans l’orifice et on l’y laisse plongée jusqu’à ce que l’éponge mouillée par les

liquides organiques s’y soit gonflée et ait dUaté suf flisamment le conduit que l’on a à traiter.

Pour les éponges torréfiées, on les emploie brutes et non lavées, on les déchire en petits fragmentsonles bat pour en séparer les débris calcaires, on les torréfie dans un brûloir à café, et, dès qu’elles ont perdu le quart de leur poids , on les retire, on les pulvérise et on renferme la poudre dans des flacons bien bouchés. On se servait beaucoup autrefois des éponges calcinées et pulvérisées ; mais depuis que Guibourt a démontré que, soumises à cette opération , les éponges perdaient la plus grande partie de l’iode, leur principe actif, on les torréfie et on les fait prendre à la dose de 1 à 4 grammes comme antistrumeuses contre la scrofule et le goitre. Elles sont peu usitées de nos jours , l’iodure de potassium les remplace avec avantage.

D' Marc. Camroüuves.

ÉPREINTE. — (V. Ténesme.)

EPSOM (SEL D’). — Le sel d’Epsom n’est autre chose que du sulfate de magnésie {V. Magnésie), p. l.

ÉPUISEMENT. — On désigne sous ce nom l’état particulier d’un individu qui a complètement perdu ses forces et dont une ou plusieurs fonctions sont plus ou moins affaiblies, à la suite d’excès de toute nature, de maladies graves, de diarrhées prolongées, d’excès vénériens et alcooliques, de spermathorrée, etc. La thérapeutique à opposer à l’épuisement varie suivant qu’il s’agit de telle ou telle fonction ou de plusieurs d’entre elles, et de la cause qui en a amené l’affaiblissement, p, l.

ÊPDLIS. — On donne ce nom à des tumeurs le plus souvent de nature sarcomateuse (V. Sarcome), qui, nées sur le rebord alvéolaire de la mâchoire, ont de la tendance à gagner les parties voisines.

Leurs causes nous sont inconnues, car qu’elle influence peut-on accorder à la carie, ou à d’autres altérations dentaires, lorsque l’on compare leur fréquence à la rareté de l’épulis ?

L’épulis paraît être plus fi’équente chez la femme que chez l’homme , de même que le sarcome en général, on l’observe plutôt avant 40 ans qu’après cet âge.

L’épulis procède de la couche la plus profonde du périoste ; lorsqu’elle se développe aux dépens du périoste alvéole -dentaire, elle détermine d’abord des douleurs de dents répétées et finit par amener l’ébranlement et la chute de la dent dont elle occupe l’alvéole ; mais lorsqu’elle naît du rebord alvéolaire, ses débuts sont moins appréciables, et c'est le hasard ou la gêne occasionnée par sa présence qui appelle l’attention sur elle.

Quel que soit son point de départ, elle se présente sous l’aspect d’une petite tumeur, lisse, non lobulée, élastique et rose, lorsqu’elle est formée par un sarcome fasciculé; plus rouge, plus molle et même pulsatile, lorsqu ^e appartient aux sarcomes myéloïdes (V. Sarcome). Les choses restent ainsi pendant de longues années, cependant Tépulis progresse, on la voit grandir peu à peu et se mouler sur les divers relieJs et anfractuosités que

ÉQU

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lui présentent les dents et les mâchoires. Puis son développement prend tout à coup des allures plus vives ; c’est qu’elle a détruit le périoste et qu’elle ne se trouve plus recouverte que par la muqueuse qui, beaucoup plus extensible que le périoste, se laisse rapidement distendre; aussi la tumeur peut-elle doubler de volume en quelques semaines. Mais quel que soit la rapidité de ses progrès, elle se moule toujours si exactement sur les parties voisines, qu’on croirait qu’elle leur est unie, si l’on ne pouvait s’assurer du contraire, soit à l’aide d’un stylet glissé en dessous d’elle, soit par quelques mouvements de latéralité qu’il est possible de lui imprimer. 11 est probable qu’abandonné ,à ellemême, l’épulis obéissant aux lois ordinaires de l’é- -volution des sarcômes, aboutirait à l’ulcération. Mais elle est tellement gênante, que le malade se décide toujours à réclamer une intervention chirurgicale.

La nécessité d’extirper complètement l’épulis, oblige à recourir à la résection du bord alvéolaire, sur lequel elle est implantée ; cette résection peut être pratiquée soit avec .la tricoise ou pince coupante de Dupuytren, soit avec un fort bistouri. La résection finie, il faut cautériser avec le fer rouge la plaie résultant de l’opération. d>’ Léon Moynac.

ÉPURGE. — (V. Euphorbe.)

ÉQUILIBRE. — (V. Attitude.)

ÉQUIN. — Nom donné à une variété de pied-bot (V. ce mot). P. L

ÉQUITATION. — L’équitation est un exercice salutaire. L’exercice du cheval est un excellent stimulant des vois digestives, il est important toutefois, de ne pas s’y livrer aussitôt après le repas, si l’on ne veut pas s’exposer à une indigestion.

L’équitation se distingue des autres espèces d’exercices par une série de caractères que Becquerel a ainsi résumés:- elle n’accélère que faiblement la circulation, elle ne produit que peu de colorique, et conséquemment elle ne brûle pas une grande quantité de carbone. Si l’on prend soin d’éviter les mouvements trop violents, les secousses trop dures, et une rapidité trop grande, on peut regarder l’équitation comme favorisant l’hématose , qu’elle rend plus complète. Les effets toniques de cet exercice sont incontestables ; on peut le prescrire aux individus qui présentent une . constitution faible et délicate , ou un tempérament lymphatique. Les promenades à cheval hâtent la puberté, modifient avantageusement la surexcitabilité nerveuse, procurent un exercice agréable, sans fatigue, et qui rompt bien la monotonie de la vie sédentaire. De plus, elles stimulent l’appétit, que le repos trop prolongé tend à diminuer, et, enfin, dans certains cas, elles raniment utilement la langueur des fonctions génitales.

A côté de ces avantages, je rappellerai cependant que l’équitation présente quelques inconvénients, et qu’on peut la considérer comme prédisposant ceux qui s’y livrent plusieurs heures par jour à un certain nombre d’affections telles que : hernies, varico¬

cèle, hémorrhoïdes, maladies de la prostate et H vessie, varices aux jambes, etc.

Je ne saurais trop m’élever contre la selle de dont se servent nos amazones. En effet, elle prendre au corps une position anormale’: la iam? gauche est plus basse que la jambe droite et 1 hanche gauche est tournée de côté, ce qui fait le corps est obligé de faire une grande torsion poUr se maintenir dans la direction du cheval. Il en résulte, ainsi que le fait observer le D^Delignv ou' les organes abdominaux subissent une coniprVssion et des tiraillements incessants, que tout le poids du corps porte sur le creux poplité droit, appuyé sur la crosse, et que cette position, déjà gênante au repos, devient, pendant la marche dû cheval, une véritable torture. De plus, placée comme elle l’est la femme ne peut faire usage de ses jambes- ce sont donc des balanciers qui lui manquent et elle est perchée sur sa selle en un équilibre parfaitement instable. Le remède à tous ces inconvénients serait que les dames en arrivent à monter à cheval comme les hommes, à califourchon. Si nos amazones veulent essayer, je suis sûr qu’elles s’en trouveront très bien au point de vue de leur santé. Pour, la question de coquetterie, ce n’est qu’une affaire de couturier, et je suis sûr qu’ils leur feront de fort jolis costumes appropriés à leur nouvelle façon de monter à cheval. D' Paul Labarthe.

ÉRECTILE (TUMEURS]. — Les tumeurs érectiles, qu’on appelle angiomes, nœvi-materni, sont des tumeurs, ordinairement de petit volume, formées par le développement anormal des capillaires, des artérioles et des veinules, et se montrant dans l’épaisseur ou à la face profonde de la peau, très rarement dans les autres tissus.

Nélaton admet deux espèces de tumeurs érectiles : 1“ Les TUMEURS artérielles ou CUTANÉES ; 20 Les TUMEURS VÉNIEUSES OU SOUS-CUTANÉES.

1“ Tumeurs érectiles capillaires et artérielles. — Presque toujours cutanées, ces tumeurs débutent par un nœvus maternus, ou tache de naissance, qui peut s’étaler et persister toute la vie. Ces taches, fréquentes surtout au visage , sont d’un rouge vineux et présentent un vilain aspect. Quelquefois, la tache se développe, et il se forme une tumeur qui peut arriver jusqu’à se pédiculiser. Elles sont d’un rouge plus ou moins parfait, à surface plus ou moins lisse, et les gens du monde, d’après les divers aspects qu’elles présentent, et d’après leur origine congénitale, les ont comparées à des fruits : framboises, fraises, cerises, groseilles, et rapportées à une envie de la mère pendant la grossesse.

Ces tumeurs sont en général petites ; elles se gonflent pendant les efforts, les cris des enfants ; pendant le repos, elles s’affaissent, et par la pression on peut les faire disparaître complètement. Autour d’elles, un peu d’empâtement indique une légère dilatation des vaisseaux voisins. Dans quelques cas, si la tumenr est artérielle, ou artérielle et capillaire, elle présente des symptômes d’anévrysme variqueux : expansion, battements isochrones aux pulsations artérieUes, frémissement vibratoire avec renforcement. S’ü y a un peu de dilatation artérielle en même temps, 1 auscultation permet d’entendre un

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volume pendant les efforts. Le plus souvent ces tumeurs siègent à la joue, aux lèvres, sous la muqueuse de la joue, des lèvres, de la langue, du pharynx, et même aux gencives. Leur surface est bleuâtre ou incolore, bosselée et comme variqueuse ; lorsqu’on les presse, elles s’affaissent complètement,’ et elles gonflent si l’on vient à comprimer les veines qui rapportent le sang.

Toutes les tumeurs érectiles peuvent présenter une tendance à l’accroissement. A mesure qu’elles a^mententde volume, elles détruisent les tissus vivants, et se forment quelquefois une sorte de nid dans le squelette. On a vu de ces tumeurs occuper toute l’épaisseur d’un membre. Dans certaines régions, elles arrivent à déterminer des symptômes fonctionnels graves et un bruit insupportable, comme dans l’orbite. Les tumeurs artérielles et capillaires présentent de temps en temps des ulcérations spontanées ; il s’écoule un peu de sang, et il se forme une cicatrice qui, en se répétant, peut amener la guérison spontanée de la tumeur. Rien de semblable n’existe pour les tumeurs veineuses, qui ne présentent pas d’hémorrhagie.

Ces tumeurs ne compromettent que rarement la vie, lorsqu’elles viennent à être blessées. Néanmoins, elles guérissent difficilement, les veineuses surtout, et elles constituent une difformité désagréable. Elles récidivent quelquefois après l’opération dans les vaisseaux du voisinage.

Les tumeurs érectiles, sont le plus souvent congénitales. Le sexe et l’hérédité ne paraissent pas avoir d’influence marquée sur leur production. On a cherché à expliquer cette fréquence par les violences qu’exercent les organes maternels sur l’extrémité céphalique pendant l’accouchement. Virchow pense que l’existence des fentes branchiales joue un rôle important dans la production des angiomes congénitaux de la face ; aussi les appelle-t-il tumeurs érectiles fissurales.

On peut arriver à la guérison d’une tumeur érectile : 1“ en détruisant la tumeur ; 2“ en oblitérant les aréoles contenues dans la tumeur ; 3“ en empêchant l’afflux du sang.

A. Détruire la tumeur érectile.

On a recours ; 1° à l’extirpation de la tumeur ; 2® à l’amputation du membre, dans le cas de tumeur profonde et très volumineuse ; 3“ à la ligature simple, qui consiste à lier le pédicule ; 4“ à la ligature multiple, dans laquelle on divise la base de la tumeur en plusieurs fragments, dont on fait ensuite la ligature isolée ; 5“ à l’écrasement linéaire ; 6° à la cautérisation par le cautère actuel ou les caustiques, ceux-ci étant appliqués à la surface ou dans l’épaisseur de la tumeur ; et 7» à la combinaison, de l’excision, de la Ugature et de la suture.

L’extirpation donne lieu à des hémorrhagies ; la ligature simple n’est applicable, de même que l’écrasement linéaire , qu’aux tumeurs bien pédiculisées, et il faut faire en sorte de faire porter le lien constricteur sur une portion de peau saine. La meilleure méthode pour les véritables tumeurs artérielles est celle de la ligature multiple, par le procédé de Rigal, de Gaillac.

1'* temps. On traverse les parties molles sous-jacentes à la tumeiir avec trois épingles parallèles et

ironc et membres d’une femme qui porte un grand nombre de petites tumeurs érectiles sous-cutariées. line de ces tumeurs, très volumineuse, occupe la face interne de la jambe gaucbe.

qui les a fait comparer, par quelques personnes Ju monde, à des objets plus ou moins singuliers, à ûes animaux, souris, oiseaux, oreilles de chien, etc. W Va sans dire qu’on les a attribuées aussi à une impression vive de la mère pendant la grossesse, à la d’un objet analogue.

^6s taches peuvent persister indéfiniment, mais peut constater très souvent, au niveau d une Jache ou sans tache préalable, un soulèvement sous orme de tumeur irrégulière, mollasse, devenant flu^lquefois très volumineuse et augmentant de

ipffer sursurrus. Tous ces symptômes disparaissent ^ la compression des artères.

par

go Tdsietiiu érectiles veineuses. — EUes se mon- ^jit aussi sous forme de tache ou de tumeur, et occupent le cou, le tronc, les membres, mais surtout la face. La tache bleuâtre ou brune, presque noire, est souvent recouverte de pigment d’uQ système pileux anonuant. Leur forme var

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séparées par le même intervalle. Les orifices d’entrée et de sortie des épingles se trouvent à 3 millimètres de la base de la tumeur.

2' temps. Au milieu des deux intervalles qui séparent les trois épingles, on passe avec une aiguille un fil double, comme on a passé les épingles. A ce

Fig. 454.

Passage du fil dans la tumeur avec une seule aiguille.

moment, il existe au-dessous de la tumeur cinq trajets parallèles, dont trois renferment une épingle et deux un double fil.

3e temps. On saisit les deux fils les plus voisins de l’épingle moyenne , et on fait une ligature, d’un côté sous la tête de l’épingle, d’un autre côté sous la pointe, et l’on étrangle ainsi le tiers moyen de la

Fig. 455.

Tumeur érectile opérée par les ligatures multiples.

tumeur. On prend ensuite les fils extrêmes, et l’on fait un nœud au-dessous de la première et de la troisième épingle, de manière à étrangler les deux autres tiers de la tumeur. A la fin, on fait un étranglement général de la base de la tumeur, au-dessous des épingles, avec tous les bouts restants des fils ; et l’on n’a qu’à attendre la gangrène de la tumeur.

Le procédé de Luke repose sur le même principe que le précédent, c’est-à-dire sur la ligature multiple. Plusieurs aiguilles sont passées sur un même fil ; la première est enfoncée dans les parties saines, immédiatement en dehors de la tumeur: la seconde et les suivantes placées à égale distance les unes des autres, contournent la tumeur à sa base; elles doivent passer profondément, au delà des limites du mal. La dernière aiguille est placée comme la première. Cela fait, on coupe les fils au niveau

du chas des aiguilles ; on obtient ainsi d’anses, dont chacune est fermée par un tement serré. ^ nœud for.

B. Oblitérer les aréoles de la tumeur érern On se propose ici de modifier la structura ^ tumeur par l’inflammation. ne la

On a employé : 1“ l’injection d’un liquide irritai, alcool, teinture d’iode, nitrate acide de mer acide acétique, acide citrique, perchlorure de?’ acide tannique ; 2» les ponctions multiples avee^^^’ lancette chargée de vaccin ; 3“ les frictions stibieî 4» l’inoculation d’huile de croton tiglium- 50 1 broiement sous-cutané-, 6“ le séton; 7» l’acupu ture ; 8® l’incision et l’excision de la tumeur et*^' Aucun de ces procédés ne vaut la ligature muitini’ ou la cautérisation. ^ n

G. Empêcher V afflux du sang.

Pour empêcher l’afiiux du sang, on a ; 1» appli. qué sur la tumeur la compression, les astringents et les réfrigérants ; 2» fait la ligature des artères qui se rendent à la tumeur, la ligature des troncs principaux (carotide primitive pour une tumeur de l’orbite), des incisions multiples autour de la tumeur, et même la ligature des troncs veineux. Ces opérations sont dangereuses ; mais il faut avouer que, dans certains cas de tumeurs inaccessibles aux autres moyens et déterminant des symptômes graves, on est quelquefois obligé d’avoir recours à la ligature d’un tronc artériel.

Résumons. Les plaques érectiles seront traitées par l’inoculation du vaccin, par une application d’acide nitrique, de perchlorure de fer et mieux de pâte de Vienne, en plusieurs fois, si la plaque est étendue.

Les tumeurs érectiles cutanées, sous-cutanées ou , sous -muqueuses seront combattues avantageusement par la ligature de Rigal, de Gaillac, et, si elles sont trop étendues, par la cautérisation avec la pâte de Vienne et le caustique de Canquoin.

Les tumeurs profondes des membres et quelques autres seront traitées par des procédés spéciaux, nécessités par les circonstances du moment.

J.-A. Fort.

ÉRECTION. — L’érection chez l’homme est cet état particulier de la verge qui augmente de volume et de consistance et devient grosse et raide, par suite de l’accumulation et de la rétention du sang dans le tissu érectile des corps caverneux, du gland et de la portion spongieuse de l’urèthre. Elle a pour but de faciliter l’introduction du membre viril dans le vagin pour le coït.

Chez la femme, l’érection , se manifeste par le gonflement du bulbe du vagin qui, diminuant de calibre, fait que la verge est en contact plus direw avec ses parois pendant l’acte vénérien, et parlai' longement du clitoris qui se rapproche ainsi de a verge pour s’exposer plus directement à ses frottements, car le clitoris, ne l’oublions pas, est, de tou» les organes génitaux de la femme, celui qui de la plus exquise sensibilité et celui qui siège principal de la sensation voluptueuse peud l’accomplissement de l’acte vénérien. . ^

L’impossibilité d’entrer en érection constitué qu’on appelle V impuissance ; l’érection forte et do

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loureuse du pénis, non accompagnée du désir de lacté vénérien, constitue Ib priapisme (V. ces mots).

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D'' Paui, Labaethe.

ergot de seigle. — L’ergot est une petite plante parasite de la faniille des champiguons. Il se développe sur les épis du seigle, pendant les années pluvieuses, de façon à occuper la place d’un certain nombre de grains. On le rencontre aussi sur un grand nombre d’autres céréales : le blé, l’orge, l’avoine, le maïs, etc.

L ergot produit par ces dernières graminées est inférieur en qualité à celui du seigle.

Les physiologistes sont restés longtemps en désac-, cord sur la véritable nature de l’ergot : les uns le prenant pour un grain purement et simplethent avarié ,pai- l’humidité, les autres le prenant pour un grain altéré .par la piqûre d’un insecte, mais dans les deux cas non fécondé et monstrueusement développé. Aujourd’hui tous les naturalistes le regardent comme un petit champignon parasite qui s’implante sur l’ovaire, tue le germe et se développe à sa place. Si on le met en terre, il donne naissance à une masse de petites sphères, munie d’une tête et d’un support et désigné par Tulasne sous le nom de champignon pourpre, claviceps purpurea.

Tel qu’on le trouve dans le commerce, l’ergot représente un corps solide, de 2 à 3 centimètres de long sur 2 à 3 millimètres . de diamètre. Il est oblong, presque cylindrique, aminci aux deux extrémités, plus ou moins Fig. 456. semblable àl’ergot d’un coq.

Épi de seigle avec Sa couleur extérieure est d’un plusieurs ergots. -violacé, l’intérieur est

d’un blanc nuancé de violet sur -les bords : il a une odeur forte et désagréable, une saveur âcre et nauséeuse. On doit le tenir dans Un endroit sec et dans des vases hermétiquement si l’on veut éviter sa décomposition.

D’après les analyses les plus récentes, l’i

devrait

1 ergot

ut ses propriétés excitatrices à trois principes uimédiats; l’ergotine, la propylamine et l’huile urgot. Ces trois principes agiraient absolument oiûme l’ergot lui-même et produiraient les mêmes l’utér sur les fibres musculeuses de

seifff souvent et indistinctement le nom de

fagoté à l’ergot de seigle ; il y a pourtant D’OS grande différence entre ces deux dénomi¬

nations. Le seigle ergoté est du seigle contenant une quantité variable d’ergot et l’ergot de seigle est de l’ergot tout seul sans aucun mélange : le premier est dans certaines provinces employé comme aliment, le second n’est utilisé que comme médicament.

Dans les étés froids et humides, les grains de seigle sont mêlés à une grande quantité d’ergot qu’on ne retire que superficiellement, le reste se porte au moulin et sert à faire, pendant toute l'année, le pain des habitants qui le récoltent. Cette nourriture produit une sorte d’enivrement qui a beaucoup de ressemblance à celui que procurent les boissons alcooliques, mais qui est loin d’être toujours la cause des épidémies terribles de gangrène, décrites sous le nom d’ergotisme, qu’on a voulu sans preuves suffisantes, lui attribuer quand même.

Effets. — Administré à petites doses et d’une manière continue, l’ergot de seigle arrive dans l’estomac sans y produire de dérangement notable dans ses fonctions, puis il est rapidement absorbé et passe dans la circulation générale où il détermine différents phénomènes dont les principaux sont : le ralentissement de la circulation, la dilatation de la pupille, la petitesse et la dureté du pouls, les tranchées utérines d’autant plus fortes que le travail de l’accouchement est plus avancé. Ses effets se montrent un quart d’heure après son administration et se continuent pendant une demi-heure à une heure et demie, temps au bout duquel il est nécessaire de répéter les mêmes doses pour prolonger la durée des mêmes effets.

Cette action physiologique de l’ergot n’a pas été comprise de la même manière par tous les observateurs ; les uns prétendent qu’il agit directement sur les fibres musculaires de l’utérus; d’autres pensent qu’il fait contracter les vaisseaux capillaires de cet organe, lesquels détermineraient une contraction indirecte de la matrice, d’autres affirment qu’il y a une action directe sur le centre encéphalomédullaire et qu’il agit secondairement par action réflexe sur l’appareil utérin. Ces diverses théories ne paraissent guère admissibles, la plus vraisemblable est celle qui consiste à admettre que l’ergot opère la contraction des fibres musculaires lisses soit du sphincter- pupiUaire qu’il~ dilate, soit de l’utérus qu’il rés^rre pour'Wchâsséi^lrfœtus, un môle, des câiHôts, Te placenta, soit des vaisseaux qu’il rétracto pour en arrêter les hémorrhagies et principalement les hémorrhagies utérines, parce qu’alors il a un double effet sur la fibre musculaire et la fibre vasculaire ; de plus, comme dans l’état 'pûèrpefale les fibres lisses ont triplé de nombre et de volume, on conçoit que son action triple d intensité et soit souverainement efficace pour hâter l’accouchement et prévenir en même temps les hémorrhagies terribles qui résultent parfois de l’inertie de la matrice et de ses vaisseaux largement béants.

Mais si l’ergot à petites doses est un puissant accélérateur de Ttaceouchement et un précieux hémostatique ; donné à des doses élevées, il devient un toxique dangereux, il produit alors des vertiges, des nausées et quelquefois des vomissements,

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