ENF
d’administration publique, qui a été promulgué le 27 février 1877.
L’article 1" de la loi porte que tout enfant âge ne moins de deux ans qui est placé, moyennant salaire, en nourrice, en sevrage ou en garde, hors du domicile de ses parents, devient, par ce fait, l’objet d’une surveillance de l’autorité publique dans le but de protéger sa vie et sa santé.
La même loi impose certaines obligations soit à celui qui place un enfant en nourrice, en sevrage ou en garde, soit aux nourrices. Pour ces dernières, ces obligations varient suivant qu’elles veulent se procurer des nourrissons en sevrage ou en garde, ou se placer comme nourrice sur lieu.
Des commissions locales sont instituées, par arrêté du préfet, après avis du comité départemental, dans les parties du département où l’utilité en est reconnue, pour concourir à l’application des mesures de protection des enfants et de surveillance des nourrices et gardeuses d’enfants.
La surveillance des enfants dans la commune est surtout assurée par des visites d’un médecin inspecteur dont la nomination appartient au préfet.
L’inspecteur de service des enfants assistés est chargé de centraliser tous les documents relatifs à la surveillance instituée par la loi. Chaque année, il présente un rapport sur l’exécution du service dans le département, et il rend compte du résultat de ses tournées.
Enfants nourris par leurs mères. — Depuis un grand nombre d’années, l’administration de l’Assistance publique à Paris, pressentant qu’elle pourrait empêcher soit l’abandon des enfants, soit la remise des enfants à des nourrices mercenaires, avait décidé de donner des secours temporaires mensuels aux mères qui voudraient bien se charger elles-mêmes de nourrir et d’élever leurs enfants. Dès 1860, par les soins de l’Administration du ministère de l’intérieur, la mesure du secours temporaire ou secours à domicile était étendue à tous les départements. La loi de 1869 devait compléter cette organisation en classant, au nombre des dépenses intérieures du service des enfants assistés, les secours temporaires destinés à prévenir ou à faire cesser l’abandon.
La plupart des arrêtés préfectoraux fixent la durée des secours à trois ou quatre ans révolus. Si la mère vient à décéder, l’allocation mensuelle est continuée à l’enfant et mandatée au nom de la personne qui consent à le recueillir.
Pour favoriser les légitimations, les règlements stipulent une indemnité de 60 à 100 francs en faveur de la mère qui contracte mariage avec le père de l’enfant aux conditions établies par l’article 331 du Code civil. Cette allocation met fin aux secours temporaires.
Tel est l’exposé de notre système d’assistance publique en faveur de l’enfance.
Il convient d’ajouter que la charité privée vient joindre son action tutélaire à celle de l’assistance publique, dans le but de prévenir les abandons d’enfants et de favoriserl’allaitementmaternel.Dans cet ordre d’idées, nous citerons les Sociétés de charité maternelle, qui sont au nombre de 861, la Société pour la propagation de V allaitement ma¬
ternel, reconnue d’utilité publique le»
protectrices de l'enfance, les Crèches!
Cette charité privée accomplit son œuvr mentant chaque jour sa coopération et T’ série d’institutions, dont certaines sont adm perfectionne, par sa propre initiative l’organisation légale peut encore avoir plet (V. Aveugles, Crèches, Sociétés de mutuels, Sourds-Muets, Tours, Hôpitaux).
Trigant de Beadmont.
ENFANTEMENT. — (V. Parturition.)
ENFLURE. — Nom donné d’une manière générale par le vulgaire à la tuméfaction de la peau et X tissu cellulaire sous-cutané, sans s’inquiéter de U cause qui la produit. PL
ENGELURE. — On donne le nom d’engelure à un gonflement inflammatoire et douloureux de la peau et du tissu cellulaire non cutané, plus ou moins circonscrit, accompagné tantôt d’une simple rougeur avec démangeaison, tantôt d’un engorgement profond avec phlyctènes remplies d’une sérosité rougeâtre, tantôt enfin de véritables ulcérations amenant la destruction complète de l’épiderme et atteignant quelquefois jusqu’aux tendons et même aux os. Les engelures n^ sont pas produites par le froid seul, ainsi que beaucoup de personnes le croient, elles sont le résultat de l’action alternante du froid et de la chaleur sur nos tissus. Elles surviennent lorsque, venant du dehors avec l’onglée aux pieds et aux mains, on se met les mains et les pieds devant un feu ardent. Il se produit alors une réaction vive, c’est-à-dire une inflammation, et cette inflammation est entretenue par les alternatives de froid vif et de chaleur trop forte. Les bains de pieds chauds que l’on donne quelquefois aux enfants pour guérir leurs engelures, produisent un effet opposé à celui qu’on veut obtenir.
Les engelures s’observent chez les enfants et siègent le plus ordinairement aux orteils et aux doigts. Elles peuvent aussi exister sur les oreilles et le nez. Elles sont très rares en ces derniers points chev les ■ hommes ; au contraire, chez les femmes qui portent des voilettes il n’est pas rare de voir des engelures sur le point de l’oreille où le voile s’arrête.
Les engelures durent le temps des grands froids, à moins que les personnes qui en sont atteintes ne gardent le repos de la chambre. Elles ne s’ulcèrent que lorsqu’il y a un défaut de soin, lorsque les chaussures blessent les pieds ou lorsqu’on fait des marches forcées. D’ordinaire les ulcérations des engelures ne dépassent pas le derme et ne présentent pas de gravité. La gangrène qui peut survenir par compression sur l’engelure est plus sérieux, mais il est très rare qu un doigt soit perdu à la suite d’une engelure.
Tous les traitements préconisés contre les engelures ne les guérissent pas tant qu’il fait très froid. Il n’y a, en réalité, qu’un remède sûr contre cette affection : éviter les alternatives de chaud et froid. Quelques jours de repos (6 à 8) à la chambre, des cataplasmes Hamüton chauds, donneront le pltt&
souvent une guérison certaine. Mais, si le froid conrinue et si le malade sort, les engelures reviendront, surtout s’il se chauffe les pieds en rentrant.
Les applications de neige sur les engelures sont on vieux remède populaire sans valeur.
Dès qu’une engelure paraît, on peut la recouvrir d’une couche de taffetas Marinier au baume du Commandeur, ou bien d un morceau de papier fayard et Blayn; on peut aussi la badigeonner soir et matin avec un pinceau trempé dans de l’ammoniaque (alcali volatil) ou bien de la teinture d’iode. Au bout de quelques jours, la peau se flétrit, et on ne ressent plus aucune gêne.
P, Vigier a proposé de faire soir et matin des onctions avec la pommade suivante :
Axonge . . 15 grammes
Pommade Rosat . . . 28'^, 50
Alun calciné . 2s'',50
iodure de potassium . . . . 1 gramme
Laudanum de Rousseau ... 1 —
qu’il prépare de la manière suivante : il triture avec soin l’alun calciné dans 3 grammes d’huile d’amandes douces; il ajoute ensuite les corps gras et, lorsque le mélange est opéré, il y incorpore le laudanum et l’iodure de potassium préalablement dissous dans 1 gramme d’eau distillée.
On peut encore se servir du glycérolé suivant :
Glycérine pure ........ 60 grammes
Amidon . 4 —
Tannin . 1 —
qu’on prépare en délayant l’amidon et le tannin
dans la glycérine sur un feu doux, en remuant toujours, jusqu’à ce que le tout ait acquis une consistance de gelée, et qu’on applique froid en couche mince sur la partie malade, en ayant soin de recouvrir avec une bande de vieux linge.
Lorsque les engelures sont ulcérées on peut les panser avec ce même glycérolé pur ou additionné de coaltar Le Beuf; ou encore la pommade suivante :
Axonge . . 15 grammes
Poudre de lycopode . 0,50 centigr.
Tannin . . 0,50 —,
Guéneau de Mussy conseille -d’envelopper les doigts malades avec un morceau de flanelle imbibé de la mixture suivante :
Vin de quinquina . TO grammes
Alcool camphré . . . 30 —
Teinture d’arnica 12 —
Iodure de potassium . 4 —
Laudanum de Sydenham. . . 4 —
besprès conseille le repos et le pansement par occlusion avec des bandelettes de diachylon.
Les personne sujettes aux engelures devront tous les ans, au commencement de l’hiver, chercher à les prévenir, en fortifiant les pieds et les mains Phr des frictions sèches aromatiques, par des lobons avec de l’eau-de-vie, de l’eau-de-vie camphrée, fie l’eau froide additionnée de benjoin, de borax ou fi extrait de Saturne, en les enduisant de glycérine eu de beurre de cacao, etc. d' a.-l. labarthb père.
ENGHIEN (eaux minéeaies d’). — Enghien est une petite ville toute moderne, située à 11 kilomètres de Paris, dans un site délicieux, qui possède des eaux sulfatées calciques froides, faiblement minéralisées. Ces eaux alimentent un bel établissement, où on les administre en boisson, en bains, en douches, en inhalations et en pulvérisations, principalement contre les maladies chroniques, de l’appareil respiratoire, laryngites, asthme, bronchite chronique, phthisie au premier et au second degré greffée sur un tempérament lymphatique ou scrofuleux, p. l.
ENGORGEMENT. — On donne ce nom au gonflement, à l’augmentation de volume et souvent aussi de consistance d’un tissu ou d’un organe, déterminé par la compression ou l’oblitération des vaisseaux sanguins ou lymphatiques qui s’y rendent, ou par l’infiltration de sérosité ou de produits de sécrétion divers dans les interstices des éléments anatomiques. On dit aussi d’un conduit qu’il est engorgé, lorsqu’il y a réplétion et distension de ce conduit, avec embarras à l’écoulement des matières qu’il renferme, produit, soit par l’arrivée subite d’une quantité de liquide supérieure à celle qu’il peut contenir, soit par un obstacle matériel quelconque à l’écoulement de ce liquide. p. l.
ENGOURDISSEMENT. — On donne ce nom à un état particulier de stupeur qui paralyse instantanément un ou plusieurs organes en même temps, et nous empêche d’en faire usage selon les besoins de notre activité. Lorsqu’une partie seulement du corps est engourdie , cet état résulte soit d’une attitude trop longtemps prolongée, soit d’une fausse position de cette partie, soit d’une pression trop forte qu’elle aurait eu à subir, et l’engourdissement s’accompagne souvent alors de picotements et de fourmillements incommodes. Cet état est dû au trouble et à l’interruption momentanée de l’action du système nerveux ; la preuve en est qu’on peut le produire à volonté en comprimant simplement le nerf principal d’un membre (on peut aussi obtenir le même résultat par la compression d’une artère importante). Dans ces cas, l’engourdissement cesse ordinairement avec sa cause et, s’il ne disparaît pas assez rapidement, on le fait cesser par de simples frictions sèches locales. Lorsque l’engourdissement est général il est causé le plus souvent pa,r un froid vif et soutenu; il faut le combattre en frictionnant la personne engourdie, en lui faisant prendre une boisson très chaude, thé, grog, etc., et en ne lui permettant de s’approcher du feu que peu à peu. — 11 est enfin des cas où l’engourdissement est le symptôme d’une affection du cerveau. Lorsqu’il se montre chez un vieillard replet, il est presque toujours l’avant-coureur de l’apoplexie ou de la paralysie, p. l.
ENGRAIS (FABKICATION ET DEPOTS D’). ^ Hygiène publique. — Là fabrication des engrais au moyen de matières animales est une industrie rangée dans la première classe des industries insalubres et dangereuses à cause des émanations infectes et deleteres d’amm’oniac, d’hydrogène sulfuré, etc., qui se dégagent des matières animales pendant leur décom- I position et leur fermentation.
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On ne doit donc autoriser de pareils établissements qu’à la condition expresse qu’ils s’élèveront à une grande distance des habitations, qu’ils seront clos de murs , entourés de plantations d’arbres. De plus, on exigera que les matières premières soient désinfectées au fur et à mesure de leur arrivée dans la fabrique , à l’aide de mélanges désinfectants tels que sulfate de fer, chlorure de chaux, etc., dans la proportion de 10 kilos par 3 ou 4 mètres cubes de matières environ. P-
ENKYSTÉ. — On donne ce nom à des tumeurs qui sont renfermées dans une poche membraneuse contre nature développée accidentellement, qu’on appelle Kyste (V. ce mot). P L.
ENROUEMENT. — On donne ce nom à une altération de la voix qui est voilée, rauque, sourde et moins éclatante que de coutume (V. Amygdalite, Angine, Aphonie, Laryngite, Toux, Voix), p. L.
ENTÉRITE. — Le mot entérite signifie d’une manière générale l’inflammation de l’intestin. Limitée au gros intestin, elle a reçu celui de colite ; limitée au cæcum, celui de typhlite.
L’entérite peut être aiguë ou chronique.
Les causes de l’entérite peuvent se diviser en plusieurs groupes : l» Les entérites par mauvaise qualité des ingesta, qu’elle soit absolue ou relative; dans ce groupe se rangent : A. les catarrhes intestinaux reliés aux maladies de l’estomac; lorsque le viscère élabore les aliments d’une manière in-, complète, ceux-ci arrivent dans l’intestin dans de mauvaises conditions et jouent le rôle de corps étrangers ; B. le catarrhe des enfants à la mamelle ou à l’époque du sevrage; G. les catarrhes par purgatifs répétés, etc.
2“ Les entérites par troubles de l’innervation. — Émotions vives, frayeurs, larges brûlures, impression subite du froid, humidité. Dans ces diverses circonstances, le flux intestinal se produit par action réflexe.
3° Par stase veineuse. — Affections du foie, du cœur, des poumons, dilatation variqueuse des veines intestinales.
4° Entérites symptomatiques. — Dans les fièvres éruptives, la tuberculose, la fièvre typhoïde, le mal de Bright, la goutte, l’accumulation des matières fécales, les vers intestinaux.
Quels sont les symptômes de l’entérite ? Dans les cas légers, la maladie s’annonce par des douleurs de ventre qui, partant de l’ombilic, s’irradient dans divers sens, s’accompagnent de contractions intestinales et cessent en quelques instants, ce sont les coliques. Après un ou plusieurs de ces accès surviennent des évacuations composées d’abord des matières dures préalablement accumulées dans lé gros intestin, et puis de matières ramollies et même rendues liquides par le fait de l’hypersécrétion dont la muqueuse enflammée est le siège (diarrhée).
Tout peut se borner là, mais souvent les coliques et la diarrhée continuent, la peau de l’anus est irritée ; cependant au bout de quelques jours tout rentre dans l’ordre, du moins chez l’adulte, car chez les enfants à la mamelle ou qu’on vient de sevrer l’en¬
térite est toujours plus sérieuse ; elle s’acc de fièvre, de soif vive, d’une tension du ventre et souvent de nausées et de vomiss°*^^^“^ Lorsque l’entérite occupe le duodénum est plus rare que ne le croyait Broussais-
coccyx elle sacrum; elle précède souvent la dvsen terie. ^
Lorsqu’elle est limitée au cæcum, elle porte le nom de typhlite (V. ce mot).
Enfin chez les enfants, Barthez a décrit une forme d’entérite dite typhoïde. La peau est brûlante la température élevée, la fièvre continue avec redoublement, les lèvres et les dents s’encroûtent de fuliginosités, le ventre est tei du, il survient des vomissements et le malade succombe en une ou deux semaines. Cette forme, heureusement très rare, survient chez les enfants de deux à cinq ans.
L’entérite à forme chronique est primitive ou succède à l’état aigu et présente trois caractères principaux :
1“ Douleurs plus ou moins vives survenant d’ordinaire quelques heures après les repas, s’accompagnant de horborygmes et de mouvements intestinaux appréciables par le malade. Chez quelques-uns, les douleurs se produisent aussitôt après l’ingestion des aliments qui , mal élaborés par l’estomac , traversent l’intestin comme le ferait un corps inerte et sont reconnaissables dans les selles (c’est la lieutérie). Chez d’autres, les douleurs sont encore moins vives, mais le ventre est tendu , ballonné, au point de gêner la respiration, les digestions sont pénibles, il existe une constipation opiniâtre, puis, tout à coup, soit par le fait d’une accumulation excessive de matières fécales, soit par un dégagement plus considérable de gaz, surviennent des douleurs fort vives, suivies de l’expulsion d’une quantité énorme de matières, c’est ce qu’on appelle une débâcle. Cette forme spéciale d’entérite chronique s’observe surtout chez les goutteux, les hémorrhoïdaires; elle les plonge souvent dans l’hypochondrie.
2“ La diarrhée est habituelle, elle se reproduit huit, dix fois par jour, la couleur et la fluidité des matières varient souvent chez le même individu d’un moment à l’autre ; elle renferme parfois des parties muqueuses disposées sous forme de cylindres, quelquefois les matières alimentaires sont reconnaissables (lientérie).
3® L'amaigrissement fait des progrès rapides, en rapport avec l’abondance des selles et aussi avec le
siège de l’inflammation; lorsque l'estomac est intact, les forces du malade sont moins directement atteintes que dans le cas contraire.
La marche de l’entérite chronique présente de nombreuses alternatives d’amélioration ou d’agg^' vation. Sa terminaison est subordonnée à la cause qui l’a produite, symptomatique de tubercules, d’ulcérations, d’un mal de Bright, elle suit la destinée de ces maladies: même simple, elle pent rarement chez l’adulte, plus souvent chez l’enfant, entraîner la mort. La peau devient sèche, terreuse.
compagne souvent d’ictère soit par oblitératin l’ampoule de Vater, soit par extension de la masieàle . . 1 . P
Est-elle limitée au rectum, elle détermTne°*^'^^‘ vive douleur qui a son maximum d’intensité
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ramaigrissement fait des progrès contiauels et le ^ alade succombe dans le marasme.
Quel doit être le trmtement de l’entérite? — Lorsque l’entérite est légère, il suffit de prescrire le repos, la diète, quelques lavements et boissons
inucilagineuses ; si l’entérite occupait le gros intestin, on pourrait permettre l’usage de la viande hien débarrassée de ses parties tendineuses, car elle sera digérée par l’estomac et l’intestin grêlebout de un à deux jours, on prescrira quelques préparations opiacées ; elles calment les douleurs, godèrent les sécrétions et les contractions intestinales. 11 faut surtout s’attacher à combattre les causes de la diarrhée : tient elle à une mauvaise alimentation? purgatifs salins, puis changement de régime; à un refroidissement? les diaphorétiques et les opiacés ; à un catarrhe de l’estomac? les vomitifs. Mais, dans les cas où la diarrhée est plus sérieuse, elle résiste à ces précautions hygiéniques ; l’opium, le laudanum, le diascordium et le sous -nitrate de bismuth donnés par la bouche et en lavement sont suivis des meilleurs résultats. Contre les vomissements on emploiera la glace et les injections sous-cutanées de morphine. Si, malgré tout, la diarrhée persistait, il faudrait recourir à un moyen bien efficace, qui consiste à recouvrir tout l’abdomen d’un vésicatoire volant.
Coez les enfants, la forme typhoïde réclame l’emploi d’un régime tonique. Quant aux diarrhées qui sont si fréquentes pendant l’allaitement, un peu de sirop de coing, quelques petits lavements d’amidon et de bismuth, auxquels on joindrait au besoin une ou deux gouttes de laudanum, de petits bains émollients suffiront pour les guérir. Si l’entérite survient à l’époque du sevrage, on peut rendre une bonne nourrice à l’enfant, ou lui donner du lait de chèvre, d’ânesse, auquel on ajoutera un peu de bicarbonate de soude, ou mieux du sirop, de Dusart. Décoction blanche de Sydenham, lavements laudanisés, cataplasmes. L’alimentation doit être l’objet de grands soins : les œufs, la viande très peu cuite.
Contre les diarrhées chroniques on a proposé l’emploi du nitrate d’argent en pilules ou en lavements : il ne paraît avoir de l’effet que dans les cas où la diarrhée se relie à une altération de l’estomac ou du rectum.
Souvent dans les diarrhées chroniques on a employé avec succès les eaux alcalines (Vichy) administrées plutôt en bains qu’en boissons.
Il importe de ne pas condamner les malades à une diète trop absolue ; la viande crue peut rendre de grands services. D' Léon Moynac.
ENTÉROCÊLE. — Nom donné a la hernie de 1 intestin (V. Hernie). P. L.
ENTÊROTOME. — On donne ce nom a un instrument destiné à pratiquer Y entérotomie . Le plus connu et le plus usité est celui de Dupuytren yfig. 440). Il se compose de deux branches latérales O 15 à 20 centimètres de long qui s’articulent par O milieu à la manière d’un forceps, et dont l’une, U branche femelle, est pourvue d'une rainure dans uquelle s’engage la branche mâle, lorsque i’instru-
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ment est fermé. Le rapprochement des branches s’obtient a l’aide d’une vis de pression qui se trouve à l’extrémité des deux manches de l'instrument.
ENTÉROTOMIE. — On donne ce nom à une opération chirurgicale qui a pour but de guérir l’anus contre nature (V. Anus). Elle consiste à détruire à l’aide de l’entérotome, la valvule, désignée sous le nom d’éperon, qui résulte de raccolement des deux
Fig. 440.
Entérotomie pratiquée pour la destruction de l’éperon intestinal D. - A, B. Anse intestinale ouverte en avant pour laisser voir l’entérotome. - G Mésentère. — D. Éperon formé par les deux bouts, adossés de l’intestin. — E. Plaie extérieure. — F. Entérotome de Dupuytren.
bouts de l’intestin au niveau de l’anus contre nature, valvule qui empêche les matières alvines de passer du bout supérieur dans le bout inférieur de l’intestin, et à rétablir ainsi le cours régulier des matières dans toute l’étendue du tube intestinal.
Après s’être assuré par le toucher qu’aucune portion d’intestin ne se trouve logée dans l’angle formé par les deux bouts de l’intestin, on introduit l’entérotome, une branche dans le bout supérieur, l’autre branche dans le bout inférieur, plus ou moins profondément suivant l’étendue de l’éperon. Puis, on serre lentement et progressivement la vis de l’entérotome jusqu’à ce que le rapprochement de ces deux branches annonce la destruction de l’éperon, ce qui a lieu d’ordinaire au bout de 5, 6 ou 8 jours. On enlève alors l’instrument et on cicatrise l’anus contre nature par l’avivement de ses bords et leur suture. Paul Labarthe.
ENTERREMENT. — (V. Inhumation.)
ENTORSE. — On donne le nom d’entorse à une lésion qui se produit lorsque les ligaments d’une articulation ont été violemment distendus ou déchirés, sans que les surfaces articulaires se soient déplacées.
L’entorse se montre rarement dans les symphyses. Elle est fréquente dans les diarthroses ; la plus commune est celle de l’articulation tibio-tarsienne que nous allons prendre comme type.
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Un mouvement anormal, par exemple la flexion latérale du genou ou du coude, le renversement du pied ; l’exagération d’un mouvement normal , comme l’extension forcée du poignet ; la torsion d’un segment de membre ; les tractions exercées sur les extrémités des membres, peuvent produire une entorse. Les causes sont le plus souvent des coups, des chutes, des faux pas, etc.
Au moment où l’entorse se produit, les surfaces articulaires s’abandonnent, les ligaments inextensibles sont tiraillés et le plus souvent déchirés, soit autour de l’articulation, soit d’un côté seulement si la distension a été partielle, comme dans l’entorse du cou-de-pied.
Les surfaces articulaires sont le plus souvent intactes. Les ligaments sont éraillés, rompus ou arrachés. La déchirure de la synoviale accompagne ordinairement celle des ligaments ; quelquefois, on constate une petite hernie de la membrane synoviale à travers une éraillure ligamenteuse. Ces déchirures s’accompagnent souvent de la rupture de quelques filets vasculaires et nerveux, d’un épanchement de sérosité et de sang dans l’articulation et dans le tissu cellulaire qui recouvre les ligaments, ainsi que du déplacement momentané ou permanent des tendons qui glissent autour de l’articulation.
Les symptômes qui accompagnent l’entorse sont locaux et se divisent en symptômes fonctionnels et en symptômes physiques.
1° Symptômes fonctionnels. — Il existe une douleur, d’intensité variable, tellement vive au moment de l’accident que le malade peut avoir une syncope. Cette douleur empêche les mouvements articulaires, à moins que l’entorse ne soit très légère.
2“ Symptômes physiques. — L’inspection permet de constater du gonflement et une ecchymose, au niveau, du siège de l’entorse. Le gonflement est dû à l’infiltration sanguine et séreuse sous-cutanée, et souvent aussi à l’épanchement intra-articulaire ; il se montre peu de temps après l’accident. L’ecchymose se montre quelquefois au bout de quelques heures ; le plus souvent après deux ou trois jours. Elle est due à la déchirure des vaisseaux souscutanés. L’application de la main permet de percevoir une augmentation insignifiHnte de température. La pression, de même que les mouvements communiqués à l’articulation malade, exaspèrent la douleur.
Variétés d’entorse. — Il existe des entorses légères, intenses et de moyenne intensité. Ordinairement les symptômes de l’entorse existent tout autour de l’articulation ; quelquefois , d’un côté seulement, surtout si l’entorse n’est pas intense ; c’est pour cette raison qu’on décrit au cou-de-pied une entorse interne et une entorse externe.
La marche, la durée, et la terminaison de l’entorse sont subordonnées à l’intensité de l’entorse, à la constitution du sujet et aux complications. Ordinairement, la tuméfaction se maintient ou fait des progrès pendant deux ou trois jours. L’ecchymose se dessine en même temps. La douleur se modère au bout de quelques jours. Après huit, quinze jours, ou trois semaines, la guérison survient.
S’il existe une complication immédiate, comme
une fracture, la durée sera longue. Une tion consécutive, telle qu’une arthrite ou darthrose, peut se montrer et prolonger de la maladie. ^ 'i’irée
Enfin, dans quelques cas, si le malade se l’articulation avant la guérison, ou lymphatique, scrofuleux surtout, il pe^ qu’il se développe une inflammation chronb l’articulation, une tumeur blanche.
Il arrive quelquefois que les sujets conservent relâchement des ligaments, de sorte que l’eut peut récidiver. Dans quelques cas, il reste roi deur de l’articulation. eia i
L’entorse peut se compliquer d’un certain nom ! bre de lésions. Les articulations voisines sont plu' i ou moins affectées, comme on l’observe avec l’entorse ordinaire, dans les articulations a-tragalo'. scaphoïdienne et médio-tarsienne. On constaté quelquefois l’écrasement ou la rupture d’un cartilage articulaire, l’arrachement de la surface osseuse sur laquelle s’implante le ligament. Dans quelques cas, l’extrémité osseuse est fracturée en même temps. Les gaines tendineuses peuvent être déchirées et les tendons luxés.
Le diagnostic positif de l’entorse est établi d’après l’existence des symptômes que nous avons étudiés.
Le diagnostic différentiel doit être fait entre l’entorse, les luxations et les fractures au voisinage des articulations.
Il y a deux moyens de distinguer l’entorse d’une luxation. Dans la luxation, les saillies osseuses ne sont plus dans leurs rapports normaux, et il est impossible d’imprimer certains mouvements à l’articulation, à cause du déplacement des os ; dans l’entorse, au contraire, les saillies osseuses ont conservé leurs rapports, et il est possible de faire exécuter des mouvements, si l’ou voit le malade au moment de l’accident. Plus tard les mouvements seraient empêchés par le gonflement et par la douleur.
Dans une fracture, les mouvements de l’articulation sont possibles et à peine douloureux, tandis qu’ils sont très douloureux dans l’entorse. La douleur vive siège, dans la fracture, au niveau du point fracturé, tandis que, dans l’entorse, elle n’existe que sur le trajet des ligaments ou sur leur point d’implantation. Ce point de diagnostic est difficile, attendu qu’il existe souvent entorse et fracture en même temps. C’est ce qu’on observe pour le cou-de-pied, où la fracture de la- malléole externe accompagne fréquemment l’entorse (V. Frac-
tur' s dii péroné).
Chez les sujets bien portants, l’entorse, convena" blement traitée ne présente aucune gravité. Ilnen est pas de même chez les lymphatiques et les scrofuleux. Le moindre écart dans le traitement, lapw® légère complication de l’entorse amènent très facilement le développement d’une tumeur blanche-
On traite Pentorse par le massage, l’immobilisation de 1 articulation et des applications locales.
Quel que soit le mode de traitement employé» u est indispensable de condamner le membre à un.® immobilité absolue pendant toute la durée du traitement.
Massage. ~ Ce mode de traitement, employ®
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«ans discernement par les empiriques, est excellent dans quelques cas. On doit l’employer dans l’entorse exempte de complication, et il est préférable de l’appliquer peu de temps après l’accident.
On saisit l’articulation malade de la main gauche, tandis qu’on exerce de légères frictions avec la paume de la main droite, préalablement graissée. Ces premières frictions étant fort, douloureuses, on doit les faire avec une grande douceur. La douleur se calme insensiblement; on augmente graduellement la force des frictions. Ordinairement, au bout de 10 a 15 minutes, on peut communiquer des mouvements à l’articulation. On fait alterner alors les frictions et les mouvements articulaires. Il va sans dire que ces mouvements doivent être toujours les mouvements physiologiques de l’articulation, et que les frictions doivent être faites suivant la longueur des muscles. Lorsque la douleur a beaucoup diminué, on prend l’articulation à pleines mains et on la pétrit pendant quelque temps, avant de recommencer les frictions.
La séance dure un temps variable, en rapport avec l’intensité de l’entorse, d’une demi-heure à deux heures. Une entorse légère peut être guérie en une seule séance. Le plus souvent, il est nécessaire d’en faire de trois à dix. Lorsqu’on en fait un grand nombre, on les renouvelle deux ou trois fois par jour.
Lorsque le massage est bien fait, l’entorse de moyenne intensité guérit dans l’espace de 4 à ,6 jours.
Le massage agit en ramenant à leur place les organes déplacés, tels que synoviales herniées, tendons luxés, filets nerveux déviés ou comprimés. Il empêche la tuméfaction articulaire.
Après la séance de massage, il est bon d’envelopper l’articulation et de la comprimer avec une bande roulée.
Immobilisation. — L’immobilisation de l’articulation convient dans les cas où l’on suppose les ligaments et la synoviale largement déchirés, ou la prochaine invasion de l’inflammation. On l’obtient par les divers appareils inamovibles, ou encore, par une gouttière en fil de fer sur laquelle on place le membre. Celui-ci est entouré de plusieurs couches de ouate et d’une bande roulée par-dessus le tout. Il faudra surveiller l’articulation et ne pas laisser l’appareil trop longtemps en place, de crainte de déterminer une roideur articulaire.
L’articulation qui a été le siège d’une entorse demeurera évidemment faible pendant très longtemps. Il sera donc nécessaire de la soutenir. On y arrivera à l’aide d’un bas élastique Le Perdriel, qui laisse à découvert les orteils et le talon et qui a le double avantage de rendre la jointure moins mobile et de suppléer par suite à la faiblesse de ses ligaments et d’exercer sur elle une compression méthodique qui favorise le dégorgement des tissus.
Applications locales. - On peut employer des compresses imbibées d’eau-de-vie camphrée, d’eau Manche ou d’eau simple; des cataplasmes froids taits avec des substances diverses; l’irrigation conmue ; l’immersion prolongée de la partie malade ^Qs l’eau. Tous ces moyens sont excellents et peuvent être employés à peu près indifféremment, à la Dictionnaibe populaire de Médecinb usdelie.
condition suivante : il faut que le topique soit toujours à une température très inférieure à celle de la peau. C est pour cette raison que l’irrigation continue constitue un excellent moyen, de même que 1 immersion prolongée de l’articulation dans un courant d’eau froide.
S’il survient des complications, arthrite, hydarthrose, tumeur blanche, on fera le traitement de ces comphcations. D' j.-a. Fort.
ENTOZO AIRES. — On désigne sous le nom général d’entozoaires les vers parasites qui vivent dans les intestins ou dans certains tissus, tels que ascarides , bol hriocépJiale , dragonneau , filaire, hydatides, oxyure, iænia, trichine, trichocéphale, etc. (V. ces mots). p. l.
ENTRAILLES. — Mot employé souvent pour désigner les viscères abdominaux. p. l.
ENTRAINEMENT. — On donne le nom d’entraînement à l’ensemble des moyens employés pour arriver dans un temps relativement court, à rendre les hommes capables de supporter un exercice extraordinaire et propres à déployer le maximum de force et d’activité dont ils sont susceptibles.
Voici, d’après Roberston, la manière de produire l’entraînement ; on choisit un lieu élevé où l’air est très pur; dans les montagnes autant que possible. Le régime doit être exclusivement animal; du pain rassis , trois repas par jour, dont un qui ne compte guère. Déjeuner à huit heures avec du bœuf ou du mouton, du pain rassis ou du biscuit, peu de liquide. Dîner à deux heures, côtelettes, viande rôtie, cuisses de volaille, pain rassis, un peu de bière ou d’eau rougie, sans liqueur. A huit heures du soir, deux heures avant le coucher, on permet un peu de viande froide et du biscuit. Lever à cinq heures, en été; au jour, en hiver; immédiatement après trois ou quatre heures d’exercice; course, saut, équitation, marche. Exercices semblables entre le déjeuner et le dîner, ou bien exercice de la balle, de la boxe, des ddmbells. Après le dîner, il faut encore se promener, courir ou monter à cheval, et toujours de manière à transpirer.
Sept heures de sommeil sur un lit dur, frictions répétées, si cela est nécessaire, pour obvier à l’excès de sueur. On obtient ainsi les résultats les plus étonnants, dans un espace de temps qui varie de trois semaines à trois mois. Des hommes tremblants sur leurs jambes, incapables de supporter la moindre fatigue, affaiblis parla débauche et le vice deviennent vigoureux, robustes et capables d’endurer les exercices les plus violents et les plus prolongés. p. l.
ENTRECROISEMENT. — On appelle ainsi en anatomie le passage des fibres nerveuses d’une moitié latérale du corps dans la moitié opposée. C’est cet entrecroisement qui explique comment les effets d’une lésion du côté droit de l’encéphale se manifestent sur le côté gauche du corps et réciproquement. P. L.
ENTROPION. — On désigne sous ce nom le ren-
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versement en dedans du bord libre de la paupière. Les cils faisant partie intégrante de ce bord, ces appendices sont alors eux-mêmes dirigés vers l’œil, au lieu d’être tournés en avant, comme dans l’état normal. Dans le trichiasis, il y a une déviation analogue des cils, mais le bord libre de la paupière a conservé sa situation normale.
L’entropion est le plus souvent occasionné par des blépharites grandulo-cüiaires qui ont duré longtemps, et qui ont pour conséquence de produire sous l’influence même de cette phlegmasie prolon- ■ gée, un racornissement du cartilage tarse. Ce racornissement a pour effet de dévier le bord libre de la paupière en arrière. Les conjonctivites granuleuses traitées par des cautérisations répétées produisent un effet semblable, parce que le tissu inodulaire qui se forme aux dépens de la conjonctive palpébrale rétracte le bord libre de la paupière. Les tumeurs qui se développent dans l’épaisseur de la paupière produisent rarement l’entropion. Celui-ci est au contraire occasionné par les brides cicatricielles qui se forment à la suite d’opérations sanglantes diverses exécutées sur les paupières, ou à la suite de brûlures accidentelles de la conjonctive.
On a admis l’existence d’entropions aigus, par contraction du muscle orbiculaire des paupières, dans les ophtalmies aiguës, dans celles qui se développent après les opérations de cataracte suivies elles-mêmes d’iride choroïdite. Nous pensons qu’il n’existe pas, dans ces cas, un véritable entropion. Par un examen attentif, on peut se convaincre qu’il n’y a alors, qu’un fort rapprochement des bords libres des deux paupières, sans déviation de leur bord libre en arrière.
On a aussi admis l’existence d’entropions sipas.modiques, c’est-à-dire d’entropions produits par une contraction répétée du muscle orbiculaire des paupières, a.insi que cela arrive chez des sujets atteints, pendant longtemps, d’ophtalmies photophobiques qui les forcent à dérober leurs yeux à l’action de la lumière. J’ai cherché à démontrerdans un autre ouvrage que, dans ce, cas, l’entropion devait être la conséquence d’une hypertrophie des fibres musculaires palpébrales de l’orbiculaire, les seules qui, par leur disposition physiologique, peuvent produire le renversement du bord libre du voile en arrière.
Le relâchement de la peau de ' la paupière doit être considéré comme une conséquence et non comme une cause d’entropion.
L’entropion sénile, c’est-à-dire l’entropion qui se développe chez les vieillards, est probablement le résultat d’un affaiblissement des tissus aponévrotiques qui attachent le cartilage tarse au pourtour de l’orbite.
L’entropion affecte ùne seule ou plusieurs paupières, il occupe une portion ou la totalité du bord libre. La paupière supérieure est plus souvent atteinte que l’inférieure. L’affection est à un degré plus ou moins prononcé, depuis une légère déviation du bord libre en arrière jusqu’à un renversement tel que par suite d’une culbute complète du cartilage tarse, ce bord a pris une direction complètement opposée à la normale.
- Chez les sujets affectés d’entropion, on constate,
le plus souvent, l’absence d’un certain notm. cils, ou le remplacement de ceux-ci par follets. Parmi les cils restants, il en est déviés; d’autres ont conservé leur direction tive. Souvent il existe à la face interne de pière, de petites brides cicatricielles. Quelquefo-^ peau de la paupière supérieure forme unVériSi bourrelet qui tombe au-devant du voile, et ’• sinue, pendant la contraction spasmodique*^?' muscle orbiculaire des paupières, à travers l’ouv*^'^ ture palpébrale, de façon à s’interposer à l’œil et^' bord libre de la paupière. Assez souvent, le bord libre de la paupière est épaissi, irrégulier, échaa cré, raccourci d’une commissure à l’autre.
L’entropion est facile à reconnaître : qu’il soit partiel ou total, le bord libre de la paupière s’il s’agit de la supérieure par exemple, au lieu dWe tourné directement en bas et un peu en avant, offre une incurvation plus ou moins marquée eh arrière et les cils qui garnissent la lèvre extérieure de ce bord sont dirigés contre la cornée. C’est l’incurvation du cartilage qui caractérise l’entropion, et différencie ce dernier du trichiasis dans lequel les cils seuls sont déviés de leur direction normale, sans que le bord libre de la paupière ait cessé de conserver sa situation primitive.
La déviation des cils, conséquence de la déviation du bord libre de la paupière, a pour effet de soumettre la cornée et la conjonctive bulbaire à un frottement incessant par ces poils. De là production, après un temps variable, d’une hypérémie de la conjonctive scléroticale d’abord, plus tard d’une kératite vasculo-plastique, qui amène à son tour de la photophobie et une contraction spasmodique de l’orbiculaire.
Les effets mécaniques produits par l’entropion sur l’œil sont subordonnés aux conditions dans lesquelles se trouvent les cils de la paupière déviée. Lorsque ces cils ont conservé leur longueur et leur résistance, les accidents s’accroissent, et la vision peut être compromise. Les cils sont-ils devenus petits et à l’état de poils follets,- par suite de leur atrophie, l’irritation exercée sur l’œil est moindre; les accidents n’ont qu’une intensité médiocre.
Le traitement de l’entropion est fondé sur le principe suivant : ramener le bord libre de la paupière à sa situation normale. On arrive à ce résultat par des topiques, des moyens mécaniques, des opérations sanglantes.
a. Les topiques étendus sur la peau de la paupière ont pour but, en produisant une constriction du derme, d’attirer en dehors le bord libre de la paupière. On a conseillé une pommade au nitrate d’argent, le vésicatoire à demeure. Ces moyens échouent le plus souvent. Dans un cas d’entropion chez un vieillard, j’ai réussi, on badigeonnant la peau de la paupière avec un pinceau à miniature trempé dans du coUodion.
b. Les moyens mécaniques : bandelettes aggluti' natives, bandages divers, emplâtres, serre- fines, n’ont d’action que pendant la durée de leur emploi*
c. En pratiquant à la peau de la paupière une perte de substance et en réunissant les lèvres de cette plaie par la suture, on attire le bord libre de la paupière vers la cicatrice qui se forme consécu-
ENT
Üvement c’est-à-dire que l’entropion disparaît. Cette méthode com pte plusieurs procédés : le plus ancien mi’on rapporte àCelse consiste à pratiquer aux dé pens de la peau de la paupière, une perte de substance transversale qu on réunit par la suture entortillée. Ce procédé ne donne pas toujours un bon résultat. Celui qui consiste à pratiquer, aux dépens dé la peau de la paupière, une perte de substance verticale xers le niilieu du diamètre transversal de la paupière est bien supérieur au précédent.
Dans les deux cas, on se sert, pour faire l’exci-
l-'ig. 4il
Opération de l’entropion avec la pince W. Adams. —
E. Plaie produite. — F. Plaie réunie.
sion du repli cutané de là paupière, d’une pince spéciale, dite en béquilles. Dans la fig. 441 on voit cette pince B appliquée et les ciseaux D manœuvrant pour exciser, . à sa base, le repli cutané embrassé par les pinces.
On a quelquefois multiplié les incisions verticales, ainsi que le représente la fig. 441. On a donné d’autres formes aux excisions. Le pansement consécutif consiste en application de charpie imbibée d’eau fraîche.
Chez les sujets qui redoutent l’emploi de l’instrument tranchant on a cherché à provoquer une perte de substance de la peau de la paupière, soit en exerçant une compression très forte, pendant plusieurs jours, sur la portion de peau embrassée par l’instrument constricteur ; soit en cautérisant d’emblée cette portion cutanée avec le fer rouge, ou un caustique tel que l’acide sulfurique.
Dans les cas où l’entropion est produit par une forte incurvation en arrière du cartilage tarse, "le redressement de la paupière ne s’obtient plus par fe seul fait d’une perte de substance pratiquée aux dépens de la peau de la paupière. 11 faut agir sur cartilage tarse lui-même, qu’on divise en divers sens (procédés d’Ammon, de Guérin, de TyrreU, de ^rampton, de Jæger, etc.), en y ajoutant l’excision
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d’une portion de la peau de la paupière. Dans d’autres cas, où la courbure du cartilage tarse était plus prononcée encore, on a pratiqué l’excision partielle ou mêine l’excision totale de ce cartilage (Saunders). C’est une méthode à rejeter complètement, parce qu’ebe a pour résultat d’enlever à la paupière son soutien nécessaire, et qu’après une pareille mutilation la peau du voile s’enroule sur ellemême. Il est plus rationnel, comme l’ont fait Streatfield et Snellen, d’enlever une portion du cartilage au voisinage du bord libre, en donnant à cette portion la forme d’un coin à base dirigée vers la peau à sommet correspondant à la conjonctive.
Quelques chirurgiens ont cherché à obtenir le redressement du cartilage tarse, en établissant des adhérences solides entre la peau de la paupière, le muscle orbiculaire et le cartilage lui-même. Pour arriver à ce but, ils ont passé des fils dans l’épaisseur même de la paupière en faisant traverser par ces fils le muscle orbiculaire (Gaillard, Rau, Williams, Pagenstecher, Snellen).
Dans les cas d’entropion spasmodique, on a obtenu la guérison, en pratiquant la section sous-cutanée de la portion palpébrale du muscle orbiculaire des paupières. D' fano.
ÉNUCLÉATION. — On donne ce nom en médecine opératoire à l’extirpation totale d’une tumeur enkystée que l’on sépare des tissus environnants, après une incision préalable, en procédant comme lorsqu’on chass^ un noyau d’un fruit en le pressant.
ÉNURÉSIE. — Mot employé comme synonyme àünconiineace d'urine (V. ce mot). P. l.
ENVIE. — Mot employé en médecine dans plusieurs acceptions différentes. Il sert à désigner les dépravations des sens, principalement du goût, qu’on observe fréquemment chez les femmes enceintes ; — on l’emploi pour désigner des taches que certains enfants apportent en venant au monde (\.Nœvus). Enfin on appelle encore envies les petites parcelles de peau qui se détachent de chaque côté des ongles, en occasionnant lorsqu’on les arrache brusquement, une douleur assez vive, accompagnée parfois d’une inflamation plus ou moins forte, p. l.
ÉPANCHEMENT. — Le mot épanchement est employé d’une manière générale en médecine pour désigner l’accumulation dans une cavité naturelle ou accidentelle, de liquides normaux sortis des réservoirs ou des vaisseaux qui les renferment habituellement, ou de liquides anormalement sécrétés. L épanchement de sérosité dans l’abdomen constitue Vasci/e ; dans la plèvre la pleurésie; dans le péricarde, la péricardite, dans le thorax, Y hydrothorax, etc. L’épanchement de sang dans le tissu cellulaire sous-cutané constitue les eccAymo^es, etc.
ÉPAULE. — Anatomie. — On donne le nom d’épaule à la partie la plus élevée du membre supérieur qui sert d’union entre ce membre d’une part, la poitrine et le cou de l’autre. Son squelette est
formé par la partie acromio -coracoïdienne de Vomoplate en arrière, par l’extrémité externe de la claviculp. et l’extrémité supérieure de ïhumérus, en avant.
L’articulation de l’épaule, appelée scapulo-humeralp, est constituée par l’humérus et l’omoplate. L'humérus s’articule avec l’omoplate par sa tête qui représente le tiers d’une sphère obliquement dirigée en haut et en dedans, de manière à former un angle obtus avec l’axe du corps de l’os ; cette tête est circonscrite par une dépression à peu près circulaire nommé col anatomique. L’omoplate reçoit la tête de l’humérus dans la camté gléndide, surface articulaire ovale à grosse extrémitn dirigée en bas et qui regarde en haut et en dehors. La cavité gléno’ide représente à peine le tiers de la surface de la tête de l’humérus, de plus, elle est à peine excavée pour la recevoir ; ces dispositions assurent^ la liberté des mouvements de l’épaule, mais, en même temps, prédisposent aux luxations. La profondeur de la cavité glénoïde se trouve augmentée par le bourrelet glénoïdien ou cercle fibreux, qui couronne le pourtour de la cavité glénoïde.
Les différentes parties qui forment l’articulation de l’épaule sont réunies par une capsule fibreuse, sorte de sac à deux ouvertures qui s’insère d’une part sur le pourtour de la cavité glénoïde, en dehors du bourrelet glénoïdien, de l’autre sur le col anatomique de l’humérus dont elle suit exactement la partie supérieure et postérieure, tandis qu’en avant et en bas, elle s’implante à 6 millimètres environ au-dessous de la surface cartilagineuse de la tête humérale. Cette capsule est renforcée par le faisceau coraC"ïdiev:, loaïiàelette fibreuse qui se détache du bord externe de l’apophyse coracoïde pour s’irradier sur la partie supérieure de la capsule, et par le tendon de la longue portion du biceps. La face profonde de la capsule fibreuse est tapissée par la synoviale qui va se perdre, d’une part sur le pourtour de la cavité glénoïde, d’autre part, sur la tête de l’humérus.
Recouverte en avant, en arrière et en dehors par le muscle dAtoide, et d’une façon plus immédiate par les tendons des muscles qui de l’omoplate se portent sur les tubérosités de l’humérus, l’articulation de l’épaule répond, en dedans, au creux de Vaisselle (V. ce mot).
L’articulation de l’épaule possède des mouvements très étendus, ce qui tient au peu de profondeur de la cavité glénoïde et àl’axité de la capsule; la disposition des surfaces articulaires, la forme sphérique de la tête de l’humérus, permettent d’exécuter des mouvement dans tous les sens, que l’on peut ramener à cinq directions principales : l’adduction dans laquelle le bras se rapproche du thorax qui est limitée par la rencontre de la poitrine, mais qui, combinée à une flexion légère, peut être portée très loin; — 2“ V abduction dans laquelle le bras s’éloigne du thorax; elle peut être portée au point, de lui faire prendre une position verticale; elle est limitée par la rencontre de la voûte acromio coracoïdienne; — 3“ des mouvements en avant et en arrière-, — 4° des mouvements de rotation, dans lesquels l’uméru s tourne autour d’un axe fictif placé au-devant de lui; — 5” un mouvement de
circumduction ayant pour centre l’articulatin dis que l’extrémité inférieure de rhumérus^a-^"' un cercle plus ou moins étendu.
L’épaule a ses muscles propres qui sont • le a toïde, le sous-scapulaire, le sus-épineux ie j
la petite tubérosité. — G, G Section du deltoïde — D. Muscle biceps. - E. Bord du grand pectoral. — F. Apophyse coracoïde. — G. Veine céphalique. — H. Ligament coraco-claviculaire. — I. Acromion.
épineux, le petit rond et le grand rond. Les nerfs qui se distribuent à l’épaule naissent du plexus brachial. Le principal d’entre eux est le nerf sousscapulaire. Les artères sont fournies parla sousclavière et Vaxillaire; les veines sont les veines acromiale, scapulaire commune et circonflexes, qui naissent de l’épaule et vont se rendre à la veine axillaire (V. ce mot).
Luxations de l’épaule. •— Les luxations de l’épaule sont à elles seules plus fréquentes que toutes les autres luxations réunies. Cette fréquence s’ex-plique par le peu de profondeur de la cavité glénoïde, par la situation de l’épaule et du bras exposés à toutes les violences extérieures, et enfin par la longueur du levier représenté non seulement par l’humérus, mais encore par le membre supérieur tout entier. Les luxations se produisent dans les points les moins protégés, c’est-à-dire en avant et en bas. En effet) en arrière, l’acromion descend assez bas pour rendre impossible toute luxation, autre qu’une luxation incomplète, et en haut la voûte acromio-coracoïdienne s’oppose à tout déplacement.
On admet quatre variétés de luxations de l’épaule ; la distinction de ces variétés est basée sur les nouveaux rapports contractés par la tête de l’humérus : 1“ luxation soüs-coracoïdienne 'complète ou incomplète); 2“ luxation sous-glénoïdienne;
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30 intra-coracoïdienne ; 4® sous-épineuse (toujours
1“ Luxation soos-coracoïdienne. — La tête de rhuinérus est venue se placer en avant de la cavité trlénoïde, au-dessous de l’apophyse coracoïde, entre le muscle sous-scapulaire qu’eUe soulève et la partie antérieure du col de la cavité glénoïde.
Lorsque la luxation est incomplète, la tête humérale repose sur le bord antérieur de la cavité glénoïde, qui la divise en deux parties ; l’une, antérieure, répond à la fosse sous-scapulaire : l’autre, postérieure, est en contact avec la cavité glénoïde.
2° Luxation sous-glénoïdienne. — La tête de l’humérus est descendue au-dessous de la cavité glénoïde, elle est venue se placer sur la partie la plus élevée du bord axillaire de l’omoplate, entre la longue portion du triceps en arrière et le sous-scapulaire en avant.
3“ Luxation intra-coracoïdienne. — C’est l’exagération du déplacement précédent; la tête humérale est placée en dedans de l’apophyse coracoïde, presque au-dessous de la clavicule (luxation sousclaviculaire de Velpeau) ; pour atteindre ce point, èUe a violemment écarté le muscle sous-scapulaire de la fosse du même nom.
4® Luxation sous-épineuse. — Cette luxation est très rare et toujours incomplète, l.a tête de l’humérus repose sur le bord postérieur de la cavité glénoïde, au-dessous de Tacromion ; sa moitié antérieure répond à la cavité glénoïde, sa moitié postérieure à la fosse sous-épineuse.
Quelles sont les causes et le mécanisme des luxations de l’épaule? — Les luxations de l’épaule sont rarement produites par des causes directes. Cependant on a vu des contusions chasser la tête de l’humérus, soit en avant, si le coup a porté sur la partie postérieure de la région deltoïdienne, soit en bas, s’il a porté en haut, etc. Habituellement ces luxations sont produites par les causes indirectes, telles que des chutes sur le coude ou la main. En effet, dans une chute sur le coude, le bras est vivement écarté du tronc, la partie intérieure de la capsule se tend fortement, le col de l’humérus venant s’appuyer sur la voûte acromio-coracoïdienne, se trouve transformé en un levier du premier genre, ayant pour bras de puissance toute la partie de l’os comprise entre le col chirurgical et son extrémité inférieure, et pour bras de résistance la tête humérale qui, poussée de plus en plus, déchire la capsule et s’engage à travers son ouverture pour se porter, soit :
1“ Directement en bas (luxation sous-glénoï- ^enne), si l’abduction du bras s’est faite bien parallèlement au corps.
2° En avant, si le coude a été dirigé en arrière, et, suivant la force de projection, le tête s’arrêtera au-dessous de l’apophyse coracoïde (luxation souscoracoïdienne) ou la franchira (luxation intra-coracoïdienne).
3“ Enfin si le coude est dirigé en avant, la tête l’humérus sera projetée en arrière (luxation ^us-épineuse), mais elle rencontrera l’acromion, ffm ne lui permet qu’un déplacement incomplet. Quelques auteurs ont pensé que la contraction •Musculaire pouvait, à elle seule, déterminer une
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luxation. J’en doute, sauf cependant chez les gens qui ayant eu l’épaule plusieurs fois luxée, voient ce déplacement se reproduire avec la plus grande facilité.
Quels sont les symptômes des ' luxations de l’épaule? — Nous examinerons : 1° la déformation de l’épaule ; 2® l’attitude du membre ; 3“ les variations de longueur; 4® les troubles fonctionnels.
Luxation sous-coracoïdienne. — Déformation. — La région deltoïdienne, au lieu d’offrir sa convexité normale, est aplatie surtout en arrière, ce qui donne à l’acromion un relief insolite ; le creux sous-claviculaire est légèrement bombé dans sa
' Fig. 443.
Luxation sous-coracoïdienne.
A. Apophyse coracoïde — B. Tête de l’humérus. — C. Cavité glénoïde. — D. Deltoïde. — E. Insertion du deltoïde.
partie la plus externe, et le diamètre vertical de la paroi antérieure de l’aisselle est plus long que celui du côté opposé.
Par le toucher, on constate que les doigts s’enfoncent au-dessous de la voûte acromio-coracoidienne, que la tête humérale n’occupe plus sa place (en portant le bras dans l’abduction, on pourrait chez les sujets très maigres toucher la cavité glenoïde). Elle est placée au-dessous de l’apophyse coracoïde, ainsi qu’on peut s’en assurer en saisissant à pleine main la paroi antérieure de l’aisselle.
Attitude. — Le coude est écarté du tronc, le bras porté dans la rotation en dehors, son axe, prolongé parla pensée ne vient plus tomber dans la cavité glénoïde, mais se dirige vers le thorax : généralement le tronc est incliné du côté malade et la tète se penche dans le même sens.
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Yariations de longueur. — Malgaigne a fait remarquer que le bec de l’apophyse coracoïde étant situé plus bas que le sommet delà cavité glénoïde, la tête humérale devait forcément s’abaisser pour se placer au-dessous de cette apophyse, et qu’en conséquence il y avait un allongement du membre ; c’est vrai, mais de quelques millimètres seulement, de telle sorte qu’en clinique on n’a guère à se préoccuper de cette variation de longueur. Les autres signes de la luxation sont d’ordinaire si évidents, qu’on néglige la mesuration du membre.
Troubles fonctionnels. — Les mouvements actifs sont à peu grès impossibles; au contraire, les mouvements passifs sont possibles ; ainsi on peut exagérer l’abduction et la rotation en dehors, mais il est difficile de produire d’autres mouvements. Parfois, en cherchant à produire ces mouvements, on perçoit une sensation de crépitation sourde, bien différente de celles des fractures ; elle tient aux
Luxation intra-coracoïdienne.
A. Apophyse coracoïde. — B. Tête de l’humérus. — C. Cavité glénoïde. — D. Deltoïde. — E. Insertion du deltoïde.
frottements des surfaces humérales sur le pourtour de la cavité glénoïde.
Lorsque la luxation sous-coracoïdienne est incomplète, les symptômes sont les mêmes, mais bien moins accentués.
Luxation soüs-glénoïdienne. — Déformation. — L’aplatissement de la région deltoïdienne est beaucoup plus accentué ; de plus le creux de l’aisselle est occupé en entier par la tète de l’iiumérus ; au contraire, le creux sous-claviculaire est conservé.
Le coude est très fortement écarté du tronc. Le
bras est plus long de toute la hauteur de 1 glénoïde, c’est-à-dire de 3 à 4 centimètres bras est fortement fléchi par le fait de k’ t du biceps. L’abduction peut être exagérée mouvements sont difficiles. ’
Luxation intra-coracoïdienne. —Dé/bma/’
Aplatissement du moignon de l’épaule surhf" arrière. Le creux sous-claviculaire est très nnt ment bombé dans sa totalité, mais surtout en h dans de l’apophyse coracoïde, par la tête del’hum ’ rus qui, placée sous la clavicule, soulève k muscles sous-scapulaires et pectoraux.
Attitude. — Le coude est porté très en arrière et son axe prolongé se dirige vers la partie movenn. de la clavicule. ^ ®
Le bras est un peu plus court que celui du côté opposé, il est fortement appliqué contre le thorax et ne peut que bien difficilement être changé dé place.
Luxation sous -épineuse. — Cette luxation est rpe et toujours incomplète. La déformation consiste en un très léger aplatissement de la région deltoïdienne en avant, et en une légère voussure au-dessous de l’acromion ; on peut constater encore une dépressibilité peu étendue sur la partie antérieure delà région deltoïdienne; -mais ces difformités sont peu accentuées.
Le coude est rapproché du tronc et dirigé en avant.
Le bras est plus long et les mouvements à peu près imposibles.
Quelles sont les complications et les suites des luxations de l’épaule? — Ce sont :
Les fractures. — Elles sont assez fréquentes, et elles siègent sur le col ou les tubérosités humérales, plus rarement sur l’apophyse coracoïde et l’acromion : c’est là une complication fâcheuse, qui rend la réduction de la luxation et la contention des fragments difficiles ;
2® Les ruptures vasculaires. — Les quelques vaisseaux capillaires rompus produisent une ecchymose qui s’étend vers la partie interne du bras, mais n’atteint pas les proportions de l’ecchymose des fractures; ces déchirures ne constituent nullement une complication. Quant à la division des artères circonflexes ou des branches de l’axillaire, elle est presque sans exemple.
3» Paralysies. — La paralysie de tout le bras par compression du plexus brachial est très rare, mais celle du deltoïde l’est de beaucoup moins ; en effet» les nerfs circonflexes enlacent étroitement le col chirurgical de l’humérus, et ne sont pas doués de l’élasticité des artères du même nom, qui leur permet de se prêter à la distension ; aussi se déchirent-ils, et il en résulte une paralysie du deltoïde, souvent de longue durée.
4“ Atrophie du deltoïde. — Elle est la conséquence de la paralysie.
3° Douleurs articulaires. — H n’est pas rare d’observer à la suite des luxations de l’épaule, alors même qu’elles auraient été réduites, des douleurs très vives dans l’épaule; elles se rattachent soit au tiraillement des nerfs circonflexes, soit à quelque phlegmasie de la synoviale. ’
A quels signes reconnaît-on une luxation d’uu®
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fracture ? — A. Les luxations de l’épaule peuvent B. Pour reconnaître les diverses variétés de luxaêtre confondues avec une fracture du col chirurgi- tions, on se rappellera que : 1° Dans la sous-glénoïgal de l’humérus, voici à quels signes on les distin- dienne, le moignon de l’épaule est très aplati, le guera : ^ , coude très écarté du tronc, le bras allongé et la
jo Dans la fracture, \ aplatissement du moignon tête de l’humérus presque à fleur de peau dans le jje Vépaule est peu prononcé; il ne porte que sur la creux de l’aisseUe.
partie inférieure de la région deltoïdienne et l’on 2“ Dans la sous-coracoïdienne, le creux sous-clasent très bien la tête de l’humérus au-dessous de viculaire est un peu effacé ; le coude, écarté du l’acromion. Dans la luxation on peut, sans rencon- tronc, est dirigé en arrière, la tête humérale est trer la tête humérale, enfoncer profondément les placée très haut dans l’aisselle, mais facilement
appréciable.
3' La luxation intra-coracoïdienne présente l’exagération de ces caractères ; ainsi le creux sous-claviculaire est bombé, le coude peu écarté du tronc, mais dirigé en arrière, la tête humérale peu appréciable dans l’aisselle.
Tels sont les grands caractères des principales variétés de luxations de l’épaule. Si nous avons donné de nombreux détails sur le diagnostic des luxations et des fractures de l’épaule, c’est en raison de leur importance étrangère.
Pronostic. — Ces luxations se réduisent en général aisément, et seraient- Fig. 443. elles irréductibles ou abandonnées à elles-mêmes.
Luxation sous-épineuse de l’épaule en arrière; fl^’au bout d’un certain temps une nouvelle arti-
déformation du membre. culation aurait rendu au bras la presque totalité
A. Saillie de la tête humérale sous l’épine de l’omoplate- de son action. 11 faut aussi tenir compte des mouvements étendus dont l’omoplate est susceptible, doigts au-dessous de l’acromion, qui présente un Cependant la faiblesse du deltoïde, les douleurs prorelief des plus accentués. longées, la facilité de la reproduction aggravent le.
2° Dans la fracture, s’il existe un relief sur la pronostic, paroi externe du creux de l’aisselle, ce relief est Quels sont les divers procédés de réduction des peu prononcé et constitué par une vive arête, luxations de l’épaule? — Et d’abord, à quelle épo-
tandis que dans la luxation on trouve une tumeur que ne doit-on plus réduire une luxation ? — Au
volumineuse, lisse et arrondie. bout de deux mois environ, lorsqu’il s’agit d’une
3“ Dans la fracture, le coude est à peine écarté luxation iritra-coracoïdienne ou sous-glénoïdienne ; du tronc, et peut en être facilement rapproché; une au bout de trois mois environ, pour les luxations traction légère suffit pour faire disparaître la défor- sous-coracoïdiennes.
mation, qui se reproduit aussitôt que le membre Les procédés de réduction sont innombrables; est abandonné à lui-même; dans la luxation, au nous ne pouvons citer que les plus importants,
contraire, l’écartement du coude est plus considé- Voici comment on pourrait agir :
rable et la déformalion ne peut disparaître qu’au La luxation reconnue, sans que le malade soupprix de grands efforts qui amènent la réduction. çonne votre dessein, passez- lui votre bras gauche 4° Dans la fracture, on peut percevoir une crépi- au-dessous de l’aisselle, et, tout à coup, appuyez
tatioh franche, le bras a conservé sa longueur, ou fortement avec, votre main droite sur le coude,
Diême il est légèrement raccourci ; dans la luxation, vous transformez ainsi l’humérus luxé en un levier
point de crépitation ou une crépitation sourde, et du premier genre dont le bras de puissance est fort
souvent un allongement du bras. Dans la fracture, long.
l’ecchymose, presque constante, est très développée Par ce procédé, j’ai vu réduire et j’ai réduit St occupe à la fois le moignon de l’épaule (car la quelques luxations sous-coracoïdiennes ; les luxafracture est souvent produite par une cause directe) lions intra-coracoïdiennes (sous- claviculaires de
et la partie antérieure et interne du bras ; dans la quelques auteurs) sont les plus difficiles à ré¬
laxation, l’ecchymose, moins marquée, se trouve duire.
localisée sur la partie interne du bras; Malgaigne Comme méthodes de douceur, on se sert encore Raccorde que peu de valeur à ce signe, auquel souvent du procédé d’élévation. Le malade est assis
"upuytren donnait une grande importance. par terre; l’omoplate étant bien fixée par un aide.
EPA