ESS
cette action est trop locale pour déterminer une o-rande augmenlation des phénomènes organiques.
L’escrime développe les membres et les muscles du tronc, il développe cependant davantage les premiers que les seconds ; il développe moins les jambes que les cuisses, donne une grande souplesse aux articulations ; sous son influence les reins deviennent plus élastiques, les épaules se’ fortifient, s’effacent ; la poitrine s’élargit, la démarche enfin est rendue plus libre, plus facile. Seulement, il serait désirable que toutes les personnes qui se fivrent à cet exercice, le pratiquent alternativement des deux mains, de façon à égaliser au profit de la santé et de l’adresse les aptitudes des deux moitiés du corps, et à établir la symétrie dans le développement des membres du côté droit et du côté gauche.
L’escrime convient aux jeunes gens lymphatiques, aux personnes dont l’activité organique et fonctionnelle est ralentie et paresseuse, aux bureaucrates, aux individus prédisposés à l’obésité. Enfin l’escrime peut être appliquée comme méthode de traitement pour le redressement de certaines attitudes vicieuses.
D'' Paul Labarthe.
ÉSÉRINE. — Nom donné au principe actif de Ik fève de Calabar (V. ce mot) obtenu pour la première fois par Vée, sous forme de cristaux à lames minces et incolores, sans saveur, peu solubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool et l’éther. L’ésérine est remarquable par l’action spéciale qu’elle exerce sur les yeux. Quelques gouttes de la solution suivante :
Ésérine . 0,05 centigr.
Eau. . 10 grammes
instillées sur la conjonctive, déterminent, au bout d’un temps variable entre 5 et 15 minutes, une contraction et un resserrement de la pupille tel que son ouverture finit par être presque imperceptible. Le maximum de resserrement est atteint au bout de 30 à 35 minutes, puis il s’affaiblit insensiblement et disparaît au bout d’un temps qui varie de 36 à 48 heures. Elle est employée par les oculistes comme anti-mydriatique, pour prévenir ou rompre les synéchies, dans les kératites et les iritis, on l’emploie aussi dans le glauconie, l’ambliopie alcoobque, etc. (V. Fève de Calabar), p. l.
ESPÈCES. — Mot employé en pharmacologie pour désigner les mélanges par parties égales d’un certain nombre de plantes, incisées ou concassées, jouissant des mêmes propriétés. Les espèces les plus connues et les plus usitées sont : les espèces pectorales, mélange de fleurs de mauve, de guimauve, de pied-de-chat, de tussilage, de coquelicot et de violettes ; — les espèces aromatiques, mélange de feuilles de sauge, de serpolet, de thym, de romarin, d’hysope, d’origan, d’absinthe et de menthe poivrée ; les espèces béchiques, mélange de feuilles de capillaire du Canada, de véronique, d’hysope, de lierre terrestre, de scolopendre, et de capsules de pavot blanc ; — les espèces sudorifiques, diurétiques, vulnéraires , etc. • P. L.
ESPRIT. — Mot employé anciennement en chimie pour désigner les produits liquides obtenus par distillation. On dit encore ssprit-de-vin. pour alcool, esprit-de-bois pour alcool méthylique, etc.
ESQUILLE. — Nom donné par les chirurçiens à des fragments osseux, de forme et de dimensions variables, qui se détachent du corps d’un os à la suite d’une fracture, d’une carie ou d’une nécrose.
ESQUINANCIE. — Vieux mot employé encore quelquefois comme synonyme d' Amygdalite (V. ce mot). P. L.
ESSENCE.— Les essences, appelées encore huiles essentielles ou huiles volatiles, sont des substances liquides, rarement solides, incolores ou jaunâtres, d’une odeur généralement très vive, pénétrante et fortement aromatique, d’une saveur chaude, âcre et piquante, peu solubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool et l’éther, facilement inflammables et très altérables à l’air.
La plupart des essences se trouvent toutes formées dans les différentes parties de la plante, tantôt isolées,tantôt associées à des résines, à des baumes. 11 en est cependant qui ne préexistent pas dans les plantes et qui ne se forment que dans des conditions spéciales, comme les essences de moutarde, d’amandes amères, de laurier cerise, etc., qui ne prennent naissance qu’au moment où les parties de la plante sont mises en contact avec l’eau.
Le nom dihuile essentielle donné aux essences vient de ce que, comme l’huile, celles-ci font une tache sur le papier, mais avec cette différence que lorsque l’essence est. pure, la chaleur qui la fait évaporer fait aussi disparaître la tache complètement.
Divers procédés peuvent être employés pour obtenir les essences : la distillation par Veau, V expression et \ enfleurage.
La distillation par Veau a l’inconvénient de ne jamais donner des essences reproduisant exactement le parfum primitif de la plante, et de leur communiquer un goût d'alambic; malgré cela, c’est encore le procédé le plus généralement usité, principalement dans le Midi.
Le procédé par expression, qui consiste, après avoir râpé avec soin la partie colorée du péricarpe des fruits, de façon à l’éliminer le plus complètement possible, à enfermer la pulpe dans un sac de crin et à la soumettre à la pression, ce qui donne un liquide qui, par le repos, se sépare en deux couches, l’une formée par l’eau, l’autre par l’essence qu’on isole facilement et qu’on filtre au papier, le procédé par expression, dis-je, est de beaucoup le meilleur, car il donne l’essence sans lui enlever aucune de ses propriétés. Malheureusement, il n’est apphcable qu’à un petit nombre d’essences, telles que les essences de citron, d’orange, de bergamotte, etc.
Quant à Yenfteurage, qui consiste à saturer du parfum des matière grasses, puis à traiter celles-ci par l’alcool qui dissout seulement les essences, ce
EST
EST
procédé est défectueux, car les matières grasses se rancissent très vite et altèrent la suavité de l’essence.
Il y a un quatrième procédé, qui a été proposé par Naudin en 1879 et qui consiste à distiller les plantes en vases clos, dans le vide et à température très basse. D'' Paul Labarthe.
ESSOUFFLEMENT. - (V. In/iMow.)
ESTHIOMÈNE. — Nom donné par Huguier au lupus de la vulve (V. ce mot). P. L.
ESTOMAC. — Anatomie. — L’estomac est un gros renflement situé entre l’œsophage et l’intestin grêle. Il occupe la région épigastrique et empiète sur la
Ua.
2. Estomac. — 1. Œsophage. — 3. Orifice pylorique de l’estomac, rr- 4. Duodénum. — 5. Intestin grêle. — 6. Cæcum. — 7. Côlon ascendant. 8. Côlon transverse. — 9. Côlon descendant. — 10. Rectum. — 11. Foie. — 12. Vésicule biliaire coupée. — 13. Veines sus-hépatiques adhérentes au tissu du foie. — . 14. Rate. — 15. Vessie, recouverte incomplètement par le péritoine. — A. Aorte. — B. Veine cave inférièure. — c. Diaphragme et lès deux feuillets séreux qui recouvrent ses deux faces.
région des hypochondres , de l’hypochondre gauche surtout. On l’a comparé à un cône dont la base, située à gauche, serait arrondie, et dont l’axe décrirait une légère courbure à concavité supérieure.
L’axe de l’estomac est dirigé de gauche ’ et un peu de haut en bas. ^ '“oile,
Conformation et rapports de l’estomac tomac présente à étudier ; ' ^’es-
1" Une face antérieure. — Cette face co est en rapport avec le diaphragme qui laséna/?’ fausses côtes du côté gauche, avec le foie ave i partie supérieure de la paroi abdominale. ’
2” Une face postérieure. — Cette face repose le mésocôlon transverse et sur le côlon transver'^'' Elle est, en outre, en rapport avec le pancréas T troisième portion du duodénum, les vaisseaux m ' sentériques supérieurs, les vaisseaux spléniques ^
3“ Un bord supérieur. — Le bord supérieur ou petite courbure, s’étend du cardia au pylore. Il est en rapport avec le lobe de Spigel, le tronc coeliaque et le plexus solaire. C’est sur lui que s’insère le petit épiploon et que chemine l’artère coronaire stomachique.
4“ Un bord inférieur. — Appelé aussi grande courbure, ce bord donne insertion au grand épiploon. Il est placé contre la paroi abdominale , audessus du côlon , transverse. Les artères gastro-épiploïques droite et gauche sont en rapport avec lui.
3® Une grosse tubérosité. — La grosse tubérosité est le renflement qu’on voit à gauche de l’estomac. Elle répond à toute la portion d’estomac comprise en dehors de l’insertion du cardia. Située dans l’hypochondre gauche , elle est en rapport avec le diaphragme, qui la sépare des fausses côtes gauches en avant, avec la queue du pancréas , l’extrémité -supérieure du rein gauche, la capsule surrénale gauche et les vaisseaux spléniques en arrière. La grosse tubérosité repose sur l’extrémité gauche de l’arc du côlon. Elle est en rapport par sa partie gauche avec la face interne de la rate, qui s’applique contre l’estomac à l’état de plénitude de cet organe, et qui en est séparée par l’épiploon gastro-splénique à l’état de vacuité.
6° Une petite tubérosité. — On a donné ce nom au renflement situé à droite de l’estomac, au voisinage du pylore. Sa cavité est connue sous le nom d’antre du pylore. La petite tubérosité est en rapport, en avant, avec la paroi abdominale; en arrière, avec la tête du pancréas et la troisième portion du duodénum ; en bas, avec l’extrémité droite de l’arc du côlon,
7° Le cardia. — On donne ce nom à l’orifice œsophagien de l’estomac. Il est situé au-dessous et en arrière du foie, dont le bord postérieur présente une échancrure pour le recevoir. Il est en rapport en arrière avec les piliers du diaphragme. Il est entouré par le péritoine.
8“ Le pylore. — C’est l’orifice droit de l’estomac, l’orifice duodénal. Cet orifice regarde en haut, à droite et en arrière. Il est situé en avant de la tête du pancréas et de l’artère hépatique, en arrière de la paroi abdominale, au-dessus du côlon transverse.
Le pylore présente ra structure suivante : des fibres musculaires circulaires forment une sorte de sphincter. Ces fibres cessent brusquement d’exister au niveau de la valvule pylorique. A la face interne de ce sphincter, les tuniques celluleuses et muqueuses s’adossent à eUes-mêmes pour former une valvule circulaire.
EST
9“ La valycle pyloriqüe. — Cette val\'ule annulaire est percée, au centre, d un trou ovalaire admettant à peine l’extrémité du petit doigt. Vue du côté de l’estomac, cette valvule paraît peu saillante et dépasse à peine la surface interne de l’estomac; vue du côté du duodénum, elle présente une large
de Sume. A l’extrémité gauche de l’estomac, sur le renflement de la grosse tubérosité, on voit une sorte deventaü dont les irradiations partent du cardia : c est une partie des fibres longitudinales œsophagiennes qui se terminent à ce niveau. Sur la petite tubérosité, on observe une disposition logue, quoique plr- ’
sertion des fibres
Les fibres obliqm
le plan le plus profond. F”:
une partie moyenne qui embrasse^ la
,, - ana-
lus irrégulière,' due à l'inqui viennent du duodénum.
les ou en anses forment Elles présentent la grosse
tubérosité de l’estomac, et. deux extrémités qui viennent se fixer sur les deux faces de l’estomac, à une distance plus ou moins con-
àsidérable de la grande courbure.
La COUCHE CELLULEUSE, qui sert d’iriser-
ition aux fibres musculaires de l’estomac; elle est sous-jacente à la muqueuse,.
La COUCHE MUQUEUSE, , d’une épaisseur de
ri millimètre, est très résistante et se compose d’un derme, d’une couche épithéliale et d’un nombre immense de glandes.
Le derme est constitué par une foule de faisceaux de fibres lamineuses entre-croisées, ' de quelques fibrès élastiques, de matière amorphe et de noyaux embryoplastiques. Quelques fibres-cellules sont disséminées entre ces éléments, mais profondément; elles forment une
i. Estomac. — A. Foie. — C Rate. — D. Vésicule. — E. Duodénum. — i. Tronc cœliaque se divisant en 3 hranches ; — 2. artère coronaire stomachique ; — 3. artère hépatique ; — 4. artère spléniqùe; -- 5. artère pyloriqüe (branche de l’artère hépatique; —6. artère épiploïque droite; — 7. artère ceptique (branche de l’artère hépatique); — 8. artère gastroépiploïque gauche (branche de l’artère splénique}; — 9, 9. vaisseaux courts (branches de l’artère splénique) se rendant à la grosse tubérosité de l’estomac.
surface. Cette différence d’aspect des deux côtés tient à ce que les fibres du sphincter pyloriqüe cessent brusquement à ce niveau, et présentent du côté du duodénum une surface taillée à pic.
Structure de l’estomac. — Si nous examinons la structure de l’estomac, nous voyons que quatre tuniques superposées le constituent avec des vaisseaux et des nerfs. Les tuniques sont, en procédant de dehors en dedans : séreuse, musculaire , celluleuse, muqueuse.
La COUCHE SÉREUSE est formée parle péritoine qui entoure l’estomac de toutes parts (Voy. Péritoine).
La COUCHE MUSCULAIRE, formée de fibres musculaires disposées de trois manières différentes.
Les fibres circulaires se trouvent dans toute I étendue de l’estomac, depuis le cardia jusqu’au pylore. Elles forment sur le corps de l’estomac un plan très mince qu’on aperçoit facilement à l’œil ou ; mais au niveau du pylore, elles se multipüent ot constituent une couche musculaire considérable ?ni joue le rôle d’un vrai muscle sphincter (spbinclei* pyloriqüe).
Les fibres longitudinales ne forment pas un plan oegulier. Elles sont plus superficielles que les deux outres. On les rencontre à la petite courbure et aux deux extrémités de l’estomac. A la petite courbure, ces fibres établissent la continuité entre celles de I œsophage et celles du duodénum. Elles constipent un -faisceau assez considérable, appelé- era-
Fig. 460. — Glandes de l’estomac.