‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 168 sur 206 · Glandes à mucus. — 2. Glandes à pepsine (composées · texte numérisé non relu

Glandes à mucus. — 2. Glandes à pepsine (composées

couche régulière en se mélangeant à des fibres lamineuses.

V épithélium est un épithélium de transition, se rapprochant beaucoup du cylindrique. .

Les, glandes, appelées smssî follicules gastriques, sont répandues dans la muqueuse gastrique, enfom cées perpendiculairement dans la muqueuse. Leuç nombre est considérable et atteindrait d’après Sappey le chiffre de S millions. Elles sont de deux espèces : 4“ les glandes à mucus {fig.. .46.0,1,). de beaucoup les

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moins nombreuses qui ne se rencontrent guere que dans le voisinage du pylore, préposées à la Sécrétion du mucus qui lubrifie la surface de l’estomac comme celle de toutes les muqueuses; 2» les glandes à pepsine (fig. 460,2) spéciales à l’estomac et qui président à la sécrétion de la pepsine (V. ce mot). Ces dernières, innombrables, occupent toute la surface muqueuse de l’estomac, sauf le voisinage du pylore.

Artères. — Les artères de l’estomac viennent du tronc cœliaque ou de ses branches. Elles occupent toutes les courbures de l’estomac. La coronaire stomachique longe la petilte courbure avec la pylorique. La gastro-épiploïque droite et la gastro-épiploïque gauche sont situées sur la grande courbure. Enfin les vaisseaux courts se rendent à la grosse tubérosité de l’estomac.

Veines. — Les veines de l’estomac sont dépourvues de valvules et vont se jeter dans le système de la veine porte.

Ly.mphatiqües. — Ces vaisseaux sont très nombreux et naissent de la muqueuse. Il se rendent dans les ganglions lymphatiques situés au niveau des deux courbures de l’estomac.

Nerfs. Les nerfs de l’estomac viennent du pneumogastrique et du grand sympathique.

Quelles sont les fonctions de l’estomac? — L’estomac a pour fonction de présider à cette partie de l’acte complexe de la digesLion qui a pour but de transformer le bol alimentaire en chyme.

Les bols alimentaires arrivent un à un dans l’estomac où ils se mélangent aux boissons et au suc gastrique pour former le chyme. Examinons comment se comporte l’estomac : 1° pendant son ampliation ; 2° lorsqu’il renferme la totalité des aliments, c’est-à-dire pendant la digestion stomacale; 3® enfin lorsque la digestion stomacale est terminée.

1“ Estomac pendant l’ampliation. — Les liquides ingérés seuls traversent rapidement l’estomac et ne s’y accumulent . pas comme les aliments solides. Lorsque le bol alimentaire descend de l’œsophage dans l’estomac , l’excitation produite sur la muqueuse amène par action réflexe la contraction des fibres musculaires de cet organe, et par conséquent du sphincter pylorique, qui n’est que la réunion d’un grand nombre de fibres circulaires, les aliments s’accumulent dans l’estomac, désormais fermé, et ne peuvent se porter vers l’intestin.

Le pylore, fixé aü foie par l’extrémité droite du petit épiploon, le cardia continu à la partie inférieure de l’œsophage et maintenu par l’orifice œsophagien du diaphragme, le pylore et le cardia, dis-je, étant immobiles, et la petite courbure de l’estomac étant située contre le foie, l’ampliation de ce viscère ne peut se faire que du côté de la grande courbure et de la grosse tubérosité. L’estomac normal est fort étroit à l’état de vacuité, et plissé du côté de sa surface muqueuse; il ne contient ni suc gastrique ni gaz , mais simplement une mince couche de mucus. A mesure qu’il se remplit, il se dilate, et celte dilatation se manifeste de plus en plus vers la région épigastrique qui finit par être soulevée, comme on peut l’observer après le repas.

Les auteurs s’accordent à dire, ce que je ne puis

admettre, que la face antérieure de l’estonifl supérieure pendant sa dilatation, et que sa térieure devient inférieure. Mes observaii^ sonnelles me portent à dire que la face anr de l’estomac est toujours antéro-supérieure est appliquée contre le foie, soit à l’état de soit à l’état de plénitude. L’estomac chanlTï’ forme, mais non de direction; il s’arrondit en avant et à gauche. en bas,

2“ Estomac lorsqu’il renferme la totalité

ALIMENTS, G’eST-A-DIRE PENDANT LA DIGESTION STOM CALE. — Lorsque le repas est terminé, le cardî' se ferme, comme le pylore, et l’estomac représenS une poche sans ouverture, dans laquelle les ali ments vont être, pour ainsi dire, brassés.

Les mouvements de l’estomac, mouvements réflexes, ne sont pas des mouvements énergiques • ce sont des mouvements vermiculaires comme tous les mouvements produits par les fibres musculaires lisses. Quelques auteurs ont nié ces mouvements mais aujourd’hui, personne ne les met en doute. ’

Si l’on est d’accord sur leur existence, il s’en faut qu’on s’entende sur la manière dont ils se manifestent.

Selon les uns (Beaumont, Bérard, Béclard, etc.), les aliments sont soumis à un mouvement de révolution dans l’estomac de l’homme comme dans celui des herbivores ; il y a un mouvement péristaltique qui se produit le long de la grande courbure, du cardia au pylore, et un mouvement antipéristaltique, le long de la petite courbure du pylore au cardia. Ces mouvements sont lents, et les aliments feraient une révolution complète dans l’espace d’une à trois minutes. Le mouvement péristaltique est celui qui fait cheminer les matières alimentaires de haut en bas ; il est produit par les fibres circulaires. On appelle mouvement antipéristaltique, celui qui refoule les matières de bas en haut ; ce mouvement est produit par les fibres longitudinales.

Selon d’autres (Béraud et Robin), la portion pylorique de l’estomac se contracte seule sur les matières alimentaires ; à mesure qu’elles sont réduites en chyme, elles passent par le pylore, et la grosse tubérosité contient, jusqu’à la fin de la digestion stomacale, des aliments non digérés.

Ewrard Home, Bérard et quelques autres ont observé une contriction circulaire sur l’estomac en pleine digestion, contriction qui déterminait à la surface de l’estomac un sillon profond divisant cet organe en deux moitiés, pylorique et cardiaque. Bérard a fait cette observation sur un homme enlevé par une mort subite. Longet a remarqué le même phénomène sur des chiens après que le travail de la digestion stomacale avait commencé. Enfin, Beaumont, a vu une saiUie en forme de repli valvulaire se former dans l’estomac d’un Canadien. (Ce Canadien reçut un coup de feu dans la région épigastrique ; il en résulta une eschare qui tomba en laissant une large ouverture à l’estomac, de sorte que le D' Beaumont put introduire directement dans une fistule gastrique accidentelle, ses doigts, des alinaents, un thermomètre, et se livrer enfin à des expériences d autant plus curieuses que des cas semblables s offrent plus rarement à l’observation).

Eü résumé, il existe dans 1 estomac des mouvements doux produits par les fibres musculaires de cet organe, mouvements qui commencent à se produire lorsque la digestion commence, et qui n3 cessent qu’après chymification complète, au moment où le pylore s ouvre pour laisser passer les aliments dans le duodénum. Le but de ces mouvements est de renouveler sans cesse la surface de la- muqueuse alimentaire, et de mettre de nouvelles portions en contact avec le suc gastrique qiii suinte par sécrétion des parois de la muqueuse.

3° Estomac lorsque la digestion stomacale est TEP.MINÉE. — Lorsque la chymification est terminée, les mouvements péristaltiques de l’estomac chassent.insensiblement les aliments à travers le pylore, qui n’est plus contracté ; cet organe se vide complètement des aliments et du suc gastrique qu’il contenait, pour entrer dans une période d’inertie égale à l’intervalle qui sépare deux repas.

Le pylore ne s’ouvre pas inconsidérément; il semble doué d’une sorte de tact qu’aucun physiologiste n’est parvenu à expliquer. Pourquoi, par exemple, laisse^t-il passer un liquide qui arrive dans l’estomac, tandis qu’il emprisonne les aliments? Pourquoi pendant la digestion ne laisse-t-il s’écouler que les matières réduites à l’état . de chyme? Pourquoi enfin laisse-t-il passer certaines substances, comme les végétaux, de préférence à d’autres qu’il retient plus longtemps prisonnières ? Ce dernier phénomènes s'exagère surtout dans le cancer de l’estomac. 11 est fréquent de voir un malade affecté de cette maladie digérer passablement certains aliments, lorsque d’autres sont rendus aussitôt qu’ils sont ingérés ; mais ce qu’il y a de curieux, c’est de voir un estomac cancéreux vomir tout ce qu’on lui présente, puis un. beau jour, on trouve dans les matières du vomissement des aliments que les malades n’avaient pas pris depuis plusieurs jours, et même plusieurs semaines. Les ouvrages de médecine sont pleins de faits de ce genre. A tous ces points d’interrogation la physiologie n’a pas encore répondu. D' j.-a. Fort.

Catarrhe aigu de l’estomac. — (V. Gastrite.)

Catarrhe chronique de l’estomac.— (V. Dyspepsie.)

Crampes d’estomac. — (V. Gastralgie.)

Ulcère simple de l’estomac. — On désigne sous ce nom une ulcération non spécifique de la muqueuse de l’estomac. Confondue avec le cancer jusqu’aux travaux de Cruveilhier.

L’ulcère de l’estomac est plus commun en Angleterre et en Allemagne qu’en France, chez la femme que chez l’homme. Il peut se développer à tout âge; les gens affaiblis y sont plus prédisposés. Son étiologie est fort obscure : on a accusé l’ingestion des boissons trop chaudes ou trop froides, l’abus des alcooliques, et cette dernière influence paraît être certaine. L’ulcère du duodénum est rare et presque toujours consécutif aux brûlures étendues; par quel mécanisme une brûlure des téguments peut-eUe déterminer une ulcération duodénale ? on 1 ignore. En tout cas, ces ulcérations consécutives aux brûlures n’ont rien de commun avec la maladie que ûous étudions ici.

Mais qu’est-ce qui provoque cet ulcère? Ce ne Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

sont ni des ulcérations tuberculeuses, cancéreuses, typhiques, dysentériques ; ce n’est pas davantage une inflammation. Voici l’opinion de Rokitansky ;

« La muqueuse stomacale éprouverait, dans une région circonscrite, un trouble circulatoire qui en affaiblirait la vitalité à un point tel, qu’elle se laisserait détruire par le suc gastrique. Le trouble circulatoire serait une stase sanguine, ou une thrombose, ou une embolie.

Ces ulcérations siègent souvent sur le pylore et sur la petite courbure; souvent il n’y en a qu’une, ses bords sont durs, saillants ; dans des cas rares, ils sont lardacés, taillés à pic ou en tubes, comme à l’emporte-pièce, le fond est grisâtre, mais sans végétations. Il peut atteindre le volume d’une pièce de 5 francs, et très souvent il est rond, d’où le nom &utcus rotundum. Sa profondeur est variable, car circonscrit d’abord à la muqueuse et au tissu sousmuqueux, l’ulcère gagne la couche musculaire, et peut même perforer le péritoine; mais antérieurement la séreuse, échauffée par le voisinage du processus ulcéreux, a contracté des adhérences avec les parties voisines (foie, pancréas, côlon, etc.), et la destruction du péritoine n’est pas suivie d’épanchement ; malheureusement Tulcéralion se dirige parfois vers une grosse artère, la splénique, les gastro-épiploïques, et il en résulte des gastrorrhagies qui peuvent être foudroyantes.

L’ulcère peut se cicatriser, laissant une surface lisse, polie, blanchâtre; mais souvent il se rétracte et modifie singulièrement la forme de l’estomac qui, fixé aux organes voisins par les adhérences péritonéales, peut voir sa motilité et les diamètres du pylore très sérieusement compromis; des troubles dyspeptiques peuvent en être la conséquence. Très souvent la muqueuse présente au voisinage de l’ulcère les altérations du catarrhe.'

L’ulcère duodénal n’occupe guère que la première portion de ce conduit, probablement en raison de l’action du suc gastrique.

On peut rencontrer des ulcères de l’estomac à l’autopsie d’individus qui, durant leur vie, n’avaient éprouvé aucun trouble gastrique. Chez d’autres, la première manifestation de l’ulcère consiste en une péritonite suraiguë ou une hématémèse foudroyante. Le plus souvent pourtant la maladie débute lentement par des troubles dyspeptiques variés ; bientôt elle se caractérise par deux symptômes ; douleur et vomissement.

Douleur. — Elle présente plusieurs caractères :: 1“ elle occupe la région épigastrique, le voisinage de l’appendice xiphoïde, présentant quelques irradiations vers les parties voisines ; 2° souvent à la manière d’un trait elle traverse la base de la poitrine pour retentir dans lé point correspondant du rachis; 3“ elle est vive, brûlante, plus rarement sourde , s’exaspère par la pression et les mouvements; 4" elle est continue, mais présente des exacerbations qui se produisent souvent quelques minutes après le repas, durent une ou deux heures, temps moyen de la digestion stomacale. Les aliments difficiles” à digérer augmentent son intensité. Pendant ces paroxysmes, on voit quelques patients se tordre dans d’affreuses convulsions.

Vomissement. — Au début, les malades éprou-

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vent de la pyrosis, des régurgitations aigres, mais bientôt surviennent les vomissements; ils peuvent être de trois espèces : 1“ les uns, composés de matières bilieuses, aqueuses (vomissements pituitaires), se rattachent au catarrhe qui accompagne presque constamment l’ulcère ; 2“ les autres, constitués par des aliments plus ou moins digérés suivant le temps qui s’est écoulé après leur ingestion, terminent généralement les accès douloureux; 3“ des vomissements d’un sang généralement rouge et abondant sont produits par la destruction des artères; cependant, si le sang était fourni par les capillaires et s’il avait subi un commencement de digestion, il pourrait être noirâtre; mais ceci a lieu bien plus fréquemment dans le cancer.

Les individus atteints d’ulcères sont généralement pâles, anémiques, mais n’ont pas l’aspect cachectique des cancéreux.

La durée de la maladie est indéterminée. Souvent surviennent les améliorations qui durent plusieurs années. La guérison peut être complète ou laisser après elle des troubles digestifs résultant de la gêne créée aux fonctions de l’estomac parles adhérences et les cicatrices dont nous avons parlé. La mort, qui est assez rare, résulte de l’épuisement ou d’une péritonite suraiguë, ou d’une hémorrhagie abondante.

Le traitement de l’ulcère simple de l’estomac a ■également été tracé d’une manière péremptoire et définitive par Cruveilhier :

Peu ou point de médicaments, disait-il : « Laissez reposer l’organe malade! Cette loi, si fidèlement observée dans le traitement des autres organes de l’économie, semble complètement oubliée quand il s’agit de l’estomac. On est vraiment sans pitié pour son estomac ; il a beau se révolter, il faut qu’il travaille toujours.

« Mais, si le repos de l’estomac doit être absolu quant aux médicaments, il ne saurait l’être quant à l’alimentation. Le repos de l’estomac, c’est le régime, c’est un choix et une quantité d’aliments qui soient en rapport avec les instincts de l’estomac et qui passe pour ainsi dire inaperçus.

« Le grand problème à résoudre est de trouver un aliment qui soit toléré sans douleur une fois trouvé, la guérison s’effectue avec facilité. Or, le lait semble agir dans ce cas à la manière d’un spécifique, mais sa spécificité vient exclusivement de son innocuité.

« On ne se fait pas une idée de la délicatesse de la finesse de tact que présentele sens gastrique (qu’on me passe cette expression). Il n’y a pas de réactifs chimiques, pas d’instrument de précision dans les sciences physiques, plus sensible que la muqueu.se de l’estomac malade, elle palpe tout ; elle apprécie tout jusqu’aux plus légères nuances.

« Ainsi dans quelques cas, le lait froid passe a merveille, alors que le lait chaud ou tiède ne passe pas ; le lait bouilli est bien supporté, le lait non bouilli ne l’est pas. J’ai vu des estomacs tellement délicats, qu’ils reconnaissaient que le lait qu’on leur (lonnait ne venait pas de la bête qui le leur fournissait ordinairement, qu’il était ou qu’il n’était pas de la première traite. » •

Donc, régime lacté intégral telle est h h traitement, jusqu’à la disparition desuhen ^®® morbides, douleurs et gratrorrhagie ^

Après le régime lacté, quelques fécules i surtout étaient recommandés par Cruveühavait remarqué que, la guérison obtenue des viandes se réveille presque d’emblée beaucoup de cas et, avant l’appétit des légu^

Il donnait d’abord un seul repas de poulet L •’ lieu du jour, continuant le lait le reste du temm' quelquefois, sans transition, il laissait les T ’ lades passer du lait au bœuf et au mouton H étu' diait les susceptibilités individuelles, extrêmement variables, les uns ne pouvant supporter qu’un seul repas copieux en vingt-quatre heures, les autres plusieurs petits. Aux uns la glace convenaitaux autres une température chaude ou même très chaude.

« La détermination du régime alimentaire se fait, disait-il, par le tâtonnement méthodique, par voie d’élimination. »

C’est « par des petits soins de garde-malade » qu’il obtenait la guérison définitive. . Il recommandait par-dessus tout d’être avare de purgatifs et , de vomitifs pendant la maladie, et après, même longtemps après la guérison, par crainte de récidives, dont la fréquence s’explique par la fragilité du tissu cicatriciel qui n’a pas la souplesse de la muqueuse.

« Très peu de médicaments, beaucoup d’hygiène et encore plus de révulsion, » est aussi la formule du professeur Peter,

Les révulsifs sont les vésicatoires, cautères, pointes de feu; Cruveilhier s’en trouvait déjà bien.

Contre une gastrique suspecte avant l’apparition d’hématémèses, les médecins allemands préconisent le sulfate de soude, 12 à 13 grammes tous les matins, associé à de petites doses de bicarbonate de soude et de chlorure de sodium.

Lavements quotidiens pour éviter à tout prix la constipation.

Le lavage de l’estomac, fort à la mode aujourd’hui, ne doit être employé qu’avec de grandes précautions ; il a plus d’une fois été suivi d’hématémèses (Millard, Galliard).

Quand la gastrorrhagie est venue ouvrir la période d’ulcère confirmé, les moyens hémostatiques, perchlorure de fer, eau de Léchelle, glace, en triompheront, si elle est peu considérable. Abondante au point d’inquiéter pour la vie du malade, elle requiert les injections sous-cutanées d’éther, le plus précieux des stimulants, en dernier ressort la transfusion du sang.

Contre la douleur, Cruveilhier n’était pas très enclin à donner l’opium qui lui paraissait soulager peu ; les injections sous-cutanées de morphine nous permettent aujourd’hui de soulager au contraire les douleurs trop aiguës. Il ne faut pourtant pas laisser les malades s’en pratiquer eux-mêmes à chaque crise douloureuse, sous peine de les exposer à ajouter un certain degré de morphinisme à la cachexie causée par l’ulcère. Hertzka, Dujardin- Beaumetz, Coignard, ont eu recours à l’hydrate de chloral à la dose de 1 à 2 grammes par jour en

deux fois, étendu d eau ou de lait, mais dans beaucoup de cas, la muqueuse refuse ce médicament.

Nous ne citerons qu’à titre de curiosité et comme tour de force chirurgicale 1 excision de la portion pylorique rétrécie par la cicatrice consécutive à un ulcère simple, pratiquée avec succès par Rydygier

en 1882.

Cancer de l’estomac. — Après l’utérus, l’estotomac est l’organe le plus fréquemment atteint par la dégénérescence cancéreuse. Les causes du cancer nous sont inconnues, mais on a remarqué que le cancer de l’estomac est habituellement primitif, qu’il frappe sans distinction les personnes des deux sexes, depuis quarante-cinq jusqu’à soixantecinq ans, qu’il est un peu plus fréquent dans la classe riche et les climats tempérés, et que l’hérédité, les chagrins prolongés, les dépressions morales ne sont pas sans influence sur sa production.

. Bien que toutes les parties de l’estomac puissent être atteintes par le cancer, il en est qui s’y trouvent plus particulièrement exposées : ce sont, par ordre de fréquence, le pylore et le cardia, puis viennent la petite et la grande courbure. Toutes les formes de cancer ont été observées dans l’estomac ; on y trouve le squirrhe, Tencéphaloïde, les cancers colloïde, villeux, mélanique ; il est assez fréquent de voir ces diverses formes se combiner entre elles.

Le début du cancer de l’estomac est toujours très obscur et les lésions peuvent être fort avancées au moment où le malade commence à s’inquiéter des troubles digestifs auxquels il n’accordait jusqu’alors qu’une médiocre importance ; il est même des cas où le doute est constamment permis. Quoiqu’il en soit, habituellement le cancer débute par quelques troubles dyspeptiques : c’est une lenteur et une difficulté croissante dans la digestion, ce sont des renvois acides, aigres (pyrosis), quelquefois même des nausées ou des vomissements alimentaires ou glaireux ; l’épigastre est sensible et même douloureux.

Au bout d’un temps fort , variable, le cancer se dessine nettement par des symptômes qui peuvent se grouper sous quatre chefs : douleur, vomissements, tumeur à l’épigastre, cachexie.

Douleur. — 11 est fort rare qu’un cancer de l’estomac ne soit pas douloureux ; niais la douleur se présente avec des caractères fort variés : elle occupe l’épigastre, retentit dans le dos, augmente par la pression, souvent aussi par l’ingestion des aliments ; efie est à peu près continue, surtout vers les derûiers temps de la maladie, mais elle présente bien rarement ces accès aigus si fréquents au contraire dans l’ulcère: elle est très vive dans le cas de péritonite circonscrite ou de cancer du péritoine.

Vomissement. — 11 est également très exceptionûel(^’un individu atteint de cancer de l’estomac ne ^omisse pas, du moins à une certaine période de la Maladie; or les vomissements peuvent être formes : i- par des matières alimentaires ; si le cancer oecupede cardia, le vomissement a lieu peu de après le repas et les aliments sont rendus presque intacts ; s’il siège au pylore, les aliments peuvent avoir été modifiés par le suc gastrique, ou e encore reconnaissables malgré un séjour pro- ®ugé dans l’estomac ; 2® par des matières filantes.

visqueuses, contenant des sarcines, matières analogues à celles qui constituent le vomissement du catarrhe chronique ; c’est qu’en effet un catarrhe s’est développé sur le pourtour du cancer; 3" par une matière noire comparable à de la suie ou à du marc de café, qui n’est autre chose que du sang noirci par un commencement de digestion; ces vomissements noirs n’indiquent pas toujours une ulcération de l’estomac, car avant que le cancer ne soit ramolli et fongueux, il détermine dans les parties qui l’avoisinent une hyperhémie énorme et des ruptures vasculaires: les vomissements de sang pur sont bien plus rares que dans l’ulcère simple ; lorsque le cancer ouvre une artère, ü se produit une hémorrhagie foudroyante.

Les vomissements noirs sont accompagnés fréquemment de déjections de même couleur et de même origine appelées melœna.

La fréquence du vomissement varie beaucoup non seulement d’un malade à l’autre, mais chez le même malade aux diverses époques de son affection. Les causes du vomissement sont fort nombreuses : ce sont les obstacles mécaniques à la progression des aliments par rétrécissement du cardia ou du pylore, le catarrhe chronique de l’estomac, l’irritation de ce viscère déterminée par la présence du cancer, la paralysie ou la destruction delà tunique musculaire. Vers la fin de la maladie, les vomissements peuvent cesser, soit par le fait d’un anéantissement complet, soit par la fonte d’une tumeur qui gênait antérieurement le cours des matières.

Tumeur. ■— Le cancer augmente toujours la consistance de l’estomac et, très souvent, il en modifie la forme au point de constituer une tumeur. Mais' induration ou tumeur sont plus ou moins appréciables suivant leur siège ; elles sont très manifestes lorsqu’elles occupent la grande courbure, la face' antérieure de l’estomac ou le pylore, plus difflciles à reconnaître lorsque c’est la petite courbure ou le cardia. La tumeur est dure , bosselée , eUe occupel’épigastre, remonte au-dessous des fausses côtes ;■ eUe peut, lorsqu’il n’y a pas d’adhérences, se déplacer d’un lieu à l’autre , suivant l’état de réplétion ou de vacuité de l’estomac. Lorsqu’il n’existequ’une induration , la palpation de Tépigastre dénote un défaut d’élasticité, une rénitence toute spéciale, dans laqueUe il faut faire la part de ce qui revient à la contraction spasmodique des muscles abdominaux. L’épigastre est moins sonore à la percussion et parfois complètement mat.

Cachexie. — Le cancer de l’estomac est peut-être celui qui altère le plus vite la santé, car à Tinfluence spéciale du cancer se joint ici le désordredesfonctions digestives ; aussi, dès le début, les malades maigrissent, pâlissent, perdent leurs forces, leur teint prend bientôt cette pâleur de cire et cette couleur jaune paille si caractéristiques. Enfin il survient habituellement soit des œdèmes cachectiques, soit des thromboses dans les veines iliaquesou fémorales.

Trousseau, atteint d’un cancer de l’estomac, se faisait illusion sur la gravité de son état jusqu’au moment où il fut pris d’un thrombose de la veine fémorale, signe dont il avait lui-même fait connaître la valeur. . -

Le pronostic est fatal sans exception. La durée de la maladie peut varier de un à trois ans ; les causes de la mort sont nombreuses, l’un meurt de faim par rétrécissement du cardia ou du pylore, un second succombe à une hémorrhagie, à une perforation de l’estomac, un troisième s’éteint dans le marasme.

Le diagnostic est dans certains cas si difficile, que l’on ne peut arriver qu’à soupçonner l’existence d’un cancer de l’estomac; c’est ce qui a lieu chez certaines personnes qui, sans causes appréciables, sans vomissements, sans tumeur à l’épigastre, perdent leurs forces, pâlissent, maigrissent et finissent par succomber dans le marasme; à l’autopsie, on trouve une infiltration cancéreuse des parois de h’estomac.

Cependant il est deux symptômes qui , sans être pathognomoniques, ont la plus grande valeur, ce sont ; 1" les vomissements noirs survenant chez un individu d’un certain âge qui s’affaiblit et éprouve des troubles digestifs ; 2“ la tumeur épigastrique. H est vrai que le foie, le pancréas, l’aorte, peuvent être le point de départ de tumeurs qui occuperont répigastre, mais chacune d’elles présente une physionomie qui lui est propre; la tumeur du foie s’étend à droite , elle suit les mouvements du diaphragme et offre une matité absolue ; l’anévrysme de l’aorte présente des battements, des bruits de souffie, le pouls de l’artère fémorale est plus faible que celui de la radiale, il est vrai qu’une tumeur de l’estomac comprimant l’aorte peut être soulevée et déterminer des bruits de souffle; mais l’anévrysme possède des mouvements d’expansion, tandis que le cancer est soulevé en masse; de plus, l’état général fournira bien d’autres renseignements. Le cancer du pancréas peut offrir la plupart des caractères du cancer de üestomac ; cependant le ptyalisme et les selles graisseuses lui appartiennent en propre.

L’ulcère de l’estomac était, avant les travaux de, Gruveilhier , fréquemment confondu avec le cancer; voici comment on établira le diagnostic entre ces deux affections.

1® L’âge du malade. — L’ulcère peut survenir à tout âge, il est même, plus fréquent dans l’adolescence que dans la Vieillesse ; le cancer ne se manifeste guère avant quarante ans.

2“ Les antécédents. — L’ulcère peut guérir, puis se reproduire (aussi les malades vous disent-ils avoir éprouvé à une époque antérieure des phénomènes semblables), la marche du cancer est continue.

3“ Le caractère de la douleur. — Elle . est extrêmement vive dans l’ulcère, et s’élance comme une flèche de l’appendice xiphoïde vers le rachis; la douleur est continue dans le cancer et elle est bien moins intense.

4” La durée de la maladie. — Lorsqu’elle date de plusieurs années, il y a lieu de croire à un ulcère. - 5® L’état général qui se conserve bien mieux dans l’ulcère que dans le cancer.

6“ Les vomissements noirs appartiennent surtout au cancer, les vomissementa rouges très abondants sont plutôt sons la dépendance de l’ulcère.

7® La tumeur épigastrique est spéciale au cancer.

. 8“ Enfin le régime lacté . est très efficace dans l’ulcère; il ne soulagée que médiocrement le cancer.

Le traitement ne peut être que palliatif ciguë employée à l’intérieur ou sous forniL plâtre, le calomel, les exutoires à l’épigastr ° jamais guéri de véritables cancers. Quoi n soit, le régime lacté , les préparations oS parfois la pepsine, les boissons gazeuses h 1 ’ pourront combattre certains symptômes tels m i*^® douleurs vives, l’imperfection des digestion!® 1 vomissements, etc. s s“OQs,les

Plaies de l’estomac. — Les plaies de l’estoTn peuvent être pénétrantes et non pénétrantes.

S’il n’existe qu’une simple piqûre, elle sê fer et guérit très rapidement, grâce à l’exsudatS d’une lymphe plastique sécrétée par le péritoine

La plaie est-elle moins étroite, la muqueuse forme un bourrelet plus ou moins saillant, qui est bientôt enfoui au milieu de la lymphe plastique sécrétée par le péritoine, lymphe qui crée des adhérences entre l’intestin blessé et la paroi abdominale.

La plaie est-elle plus large, si l’intestin ou l-’estomac blessé se trouvent en dehors, on ferme leur ouverture avant d’en pratiquer la réduction; mais s’ils sont dans la cavité abdominale, il se produit en général un épanchement suivi d’une péritonite mortelle, à moins que, par une circonstance aussi rare qu’heureuse, l’intestin soit vide ou qu’un autre organe, venant s’appliquer sur la plaie, permette à une péritonite circonscrite de prévenir la diffusion des matières.

Les plaies de l’estomac exposent à trois genres d’accidents :

1“ Les épanchements intra-péritonéaux et la péritonite consécutive; 2“ les hémorrhagies; 3“ les fistules stomacales. :

4“ Nous n’insisterons pas ici sur les épanchements abdominaux et la péritonite consécutive, nous dirons seulement que les conditions les plus favorables à leur production -sont d’abord une plaie assez large, un défaut de parallélisme entre la plaie abdominale et celle de l’estomac, la blessure d’un vaisseau important et la distension de l’estomac par le chyme ou les . aliments, au moment où il se trouve blessé.

- 2“ Les hémorrhagies ne sont point rares, car, enlacé par un cercle vasculaire qui circonscrit ses courbures, l’estomac est très vasculaire ; si l’écoulement du sang est peu abondant, s’il se fait à l’extérieur ou dans la cavité de l’estomac, il a peu d’importance; mais il est mortel lorsqu’un gros vaisseau est atteint.

3“ Les fistules stomacales ont été parfois observées à la, suite de plaies de cet organe, ces fistules livrent passage à des matières alimentaires et à du suc gastrique; il en résulte des troubles nutritifs en rapport avec la difficnlté que l’on peut éprouver à fermer la fistule, ou plutôt avec la difficulté queprouvent certains malades à supporter cette occlusion ; cependant dans quelques cas la santé, n a paru nullement souffrir de la présence de ces fistules.

C’est surtout ce qui a lieu lorsque, comme chez le Canadien observé par M. de Beaumont, la oiU' queuse boursouflée présente une sorte de valvme s’opposant naturellement à l’issue des matières. On

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que dans les laboratoires de physiologie une des expériences les plus usuelles consiste dans Tétajjlissement de fistules gastriques sur des chiens.

Le pronostic des plaies de 1 estomac, bien qu’en ffénéral très grave, varie beaucoup suivant l’étendue de lu pluie, 1 existence ou l’absence de complications; on connaît un certain nombre de guérisons.

En ce qui concerne le traitement des plaies de l'estomac, deux cas peuvent se présenter :

li’estomdc blBSSB fait hsTniê a V BxtéTieuT ' on y pratiquera des sutures et on le réduira; cependant, s’il s’agit d’une plaie contuse, mieux vaut réunir la plaie stomacale à la plaie abdominale et attendre que la guérison se fasse par une fistule stomacale;

go V estomac blBssé Bst rBsté dans VabdomBu; si l’on a lieu de. croire que la plaie est étroite, il faut placer le malade dans un repos absolu et dans une abstinence presque complète d’aliments et de boissons, lui donner de l’opium, quelques fragments de glace, appliquer sur la plaie abdominale une vessie pleine de glace.

. En cas de large plaie, peut-être serait-il utile, pour prévenir un épanchement toujours fatal, d’agrandir la plaie abdominale pour pratiquer la suture de l’estomac ou pour établir une fistule.

Corps étrangers dans l’estomac. — On trouve dans les annales de la science la relation d’un grand nombre de corps étrangers les plus divers introduits dans l’estomac (cuillers, fourchettes, couteaux, flûte, clefs, clous, canif, pièces de monnaie, aiguilles, verre, billes, balle de plomb, noyaux, cailloux, fausses dents, etc.)

Lorsqu’un corps étranger est arrivé dans l’estomac, ses destinées sont très variables ; elles dépendent à la fois de son volume, de sa forme, de sa composition chimique, de la façon dont il se dirige dans les voix digestives, etc. Quoiqu’il en soit, voici ce qu’on a eu l’occasion d’observer : il peut 1“ être rejeté par vomissement ; 2“ franchir le pylore ;

* 3® séjourner indéfiniment dans l’estomac et déter¬

miner des accidents, des ulcérations et être expulsé à travers ses parois; 4° il peut enfin s’engager dans l’intestin.

Le traitement consiste à provoquer son expulsion par la bouche, ce qui réussit rarement, ou par l’intestin, en favorisant son glissement au moyen de potions huileuses ou de liquides mucilagineux ; ou enfin, à en faire l’extraction par une ouverture pratiquée sur les parois de l’estomac (V. GastrotomiB], D' Léon Moynac.

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tahle qui a été signalé par Riolan et tous les cliniciens. C’est un fait presque banal, et nous citerons, comme faits à l’appui, les dilatations énormes de l’estomac que l’on observe chez les Groënlandais et les Esquimaux, qui ingèrent en une seule fois des quantités considérables d’aliments, ce qui a été observé chez les nègres mangeurs de terre.

L’inflammation chronique est une autre cause de dUatalion.

Toutes les fois que la muqueuse de l’estomac se trouvera enflammée pour une raison quelconque et que cette inflammation aura des tendances à passer à l’état chronique, elle se propagera à la couche musculeuse. Tels sont les effets des aliments irritants et surtout de l’alcool (gastrite chronique des buveurs).

Brinton attribue cette forme de dilatation à la paralysie de la tunique musculaire, consécutive à l’infiltration générale du tissu conjonctif.

L’hypochondrie et l’hystérie peuvent produire la dilatation de l’estomac qui est toujours douloureux. A la névrose succède une modification matérielle de la muqueuse et bientôt de la couche musculeuse. De même que l’on voit les paralysies hystériques de longue durée s’accompagner d’altérations matérielles de nerfs et des muscles, de même aussi, aux simples troubles fonctionnels des couches muqueuses et musculeuse de l’estomac s’ajoutent des altérations plus profondes.

Les dyspepsies et, en particulier, la dyspepsie flatulente, agissent de même. Cette dernière forme se traduit par une atonie de la couche musculaire qui, par suite de sa faiblesse, ne peut résister à l’expansion des gaz qui se produisent dans l’estomac- Au bout d’un certain temps, sa tunique musculaire paralysée ne peut accomplir que des contractions incomplètes : elle se laisse distendre de plus eh plus et bientôt la dilatation est établie.

L’existence de toute tumeur qui, par son siège et son volume, viendrait exercer une compression au niveau de l’orifice pylorique amènerait aussi la dilatation de l’estomac. Dans ces cas, le mécanisme qüi la produit s’explique de lui-même.

Voici le portrait que fait Brinton du malade atteint de dilatation de l’estomac. « La physionomie du malade, dit-il, est tellement caractéristique qu’eUe permet de faire le diagnostic au premier coup d’œil. Je ne tenterai pas de décrire ici par des mots cette figure amincie, anguleuse, amaigrie et ce teint spécial qui différencie pour l’observateur cette maladie de toutes les autres formes d’émaciations. Cependant, je dois faire observer que, dans le cas qui nous occupe, il semble que l’atrophie musculaire de la face soit hors de proportion avec les pertes subies par le tissu graisseux de cette région, a

Les symptômes du début de la dilatation de l’estomac sont ordinairement très obscurs, car elle est le plus souvent concomitante d’une autre affection. Comme l’écrit le D"^ Lafage dans sa thèse : on observe un gonflement notable de la région stomacale ; l’estomac, distendu par les gaz et les liquides, se dessine au-dessous des parois de l’abdomen qui s’appliquent exactement sur les organes sous-jacents. Ôn peut, dans certains cas, reconnaître, aux mou-

Dilatation de l’estomac. — Cette affection assez commune a été fort bien étudiée par M. le D' Lafage dans son excellente thèse inaugurale,, en 1882. Les causes qui la produisent peuvent, d’après lui, se diviser en deux classes :

1“ Dilatation atoniquB par excès d’aliments entraînant un défaut de tonicité et de contractilité de la couche musculaire de l’estomac, inflammations chroniques et paralysies nerveuses hystériques ou hypochondriaques amenant aussi l’atonie ®t la paralysie de cette couche musculadre.

2° Dilatation d'ordrB puremBut mécanique. — La dilatation des gros mangeurs est un fait incontes-

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vements péristaltiques, lents et énergiques que l’on ils se produiront peu à peu tous les in,

aperçoit, la nature et le siège de la lésion ; mais même plusieurs fois dans la journée. ^

les cas d’une pareille netteté sont rares ; aussi faut-il « Le vomissement, dit Brinton, a quelque ch avoir recours aux autres moyens d’investigation. presque pathognomonique; il survient au A la palpation, on sent une sorte de résistance tous les deux ou trois jours, laissant quelquefn' élastique comme celle d’un coussin à air. Les malade sans la moindre nausée dans l’intervallp^ ^ parois abdominales amincies permettent quelque- quand il se produit il rejette de l’estomac fois d’apprécier les contours de l’estomac et de matières dont la quantité et la qualité indinup^! juger ainsi de son degré de distension. La près- qu’elles se sont peu à peu accumulées dans^l’n^* sion exercée par les mains est quelquefois doulou- gane depuis la dernière attaque. Le liquide rpîpr reuse. (ïin» deux et même trois gallons, de 4 à lo et

Par la percussion on constate de l’élasticité sous litres) présente quelquefois une horrible fétidité ? le doigt, de la sonorité exagérée dans toute la ré- Lorsque l’on constate ces troubles fonctionnels* gion épigastrique distendue parles gaz. Cette sono- la maladie a déjà atteint un degré assez avancé et rité est particulièrement prononcée dans l’hypo- fait ressentir son influence fâcheuse sur IWachondre gauche. On trouve de, la matité dans les nisme tout entier. Le caractère aura changé, les parties déclives ; cette matité varie suivant la posi- malades auront perdu leur entrain, leur gaieté tion que l’on fait prendre au malade. Le système nerveux et le système musculaire

La percussion donne encore un signe d’une valeur seront eux-mêmes frappés, et l’amaigrissement

incontestable, la fluctuation. Si, l’oreille appliquée peu considérable au début, ayant fait des progrès

sur l’estomac dilaté par des liquides et des gaz, incessants, le malade se présentera quelquefois

l’on imprime au malade un mouvement brusque, dans un état cachectique si prononcé qu’on croira

on percevra un bruit caractéristique de glouglou au premier abord, avoir affaire à une lésion de na-

ou de clapotement. (Les auteurs accordent à ce ture organique.

signe, que l’on ne retrouve guère dans la dilata- La dilatation de l’estomac a une marche essention de l’estomac, une très grande valeur). En faisant tiellement chronique. Abandonnée à elle-même, boire au malade un liquide quelconque, on peut elle peut dans quelques cas rester stationnaire; entendre un bruit spécial qu’il nous est difficile de mais le plus souvent la maladie fait des progrès

caractériser ; et si ce liquide est une eau gazeuse, plus ou moins rapides. Sa durée est indéterminée;

on constatera en même temps une expansion des elle dépend le plus souvent de la cause qui lui a

parois de l’estomac. donné naissance. La terminaison est fatale lorsque

Parfois,, comme l’a indiqué le D‘ Beaumetz, il y la dilatation est consécutive à une lésion cancéreuse

a un bruit de tintement métallique entendu dans du pylore. Dans les autres cas, le pronostic ne devra

certains cas de distension extrême de l’estomac et pas être aussi grave. Cependant, la dilatation de qui peut faire croire à la possibilité d’un pneumo- l’estomac abandonnée à elle-même produit bientôt

thorax. « Si vous examinez, dit-il , attentivement un amaigrissement considérable , des troubles

Votre malade, vous constaterez que ce bruit cor- graves de la nutrition, qui peuvent et doivent don-

respond aux battements du cœur et qui résulte du ner la mort pa:r inanition, si l’intervention se fait

choc du cœur contre le diaphragme soulevé par longtemps attendre.

l’estomac dilaté et de la transmission de ce bruit à En dehors de quelques médicaments utiles tels la cavité pleine de gaz formée par la distension de que la noix vomique ; les gouttes de Baumé ; la

l’estomac.» poudre de Colombo et de charbon végétal ; la graine

A ces divers symptômes viennent se joindre des de moutarde blanche ; la craie lavée; la nourriture troubles fonctionnels. à la viande suivie de l’administration des diverses

Ordinairement le malade ressent pendant la di- préparations de pepsine animale {pepsine Boudault, gestion une sensation de. lourdeur, de plénitude de pepsine Chapoteaut , élixir de pepsine Cotillon , l’estomac, il éprouve, pendant plusieurs heures, une élixir eupeptique de Tisy, etc.), ou de pepsine anitorpeur et un malaise général qui indiquent une male (papaïne Trouetie-Perret) , peu de boissons et digestion laborieuse. Les contractions stomacales l’hydrothérapie, il n’y a qu’un bon moyen, c’est le sont convulsives, elles s’accompagneiit de nausées, lavage de l’estomac.

de régurgitations liquides et de quelques régurgita- Ce lavage de l’estomac est indiqué dans tous les tions alimentaires. La bouche est sèche, la soif cas de dilatation de cet organe, quelle que soit, d’ailintense. Le malade éprouve -des brûlures dans leurs, la cause de cette dilatation. 11 sera curatif

l’estomac, des borborygmes; il est atteint de cé- dans un grand nombre de cas, simplement paUiatit

phàlgie,; de bourdonnement d’oreilles et souvent de dans d’autres.

vertiges. Le ventre est ballonné, la constipation Lavage de l’estomac. — Le lavage de l’estomac habituelle, la quantité d urine, rendue dans les est une opération d’origine française. En effet» vingt-quatre heures, diminuée. en 1802, notre compatriote, le D*’ Casimir RenaidL

L’estomac renferme d’abord peu de liquide ; c’est proposa de vider mécaniquement l’estomac à 1 aide le soir surtout qu’on pourra constater sa présence, d’une pompe dans les cas d’empoisonnement. Plus tard, ce liquide se produisant en dehors de En 1810, Dupuytren approuva cette méthode, pm® tout travail digestif, l’estomac renfermera toujours elle tomba dans l’oubli malgré Robert et Lafargne

de l’eau, et c’est à partir de ce moment que les qui, en 1834 et 1837, essayèrent de la restaurer.

vomissements commenceront. Espaces au début, En 1867, Küsmaül la remit en honneur en annonçant

n’apparaissant que tous, les huit ou qumze jours, au congrès de Francfort plusieurs cas de guérison

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de düatation de l’estomac par l’emploi de la pompe stomacale. Depuis C. Paul, Dujardin-Beaumetz, Germain See, Debove, etc., ont contribué k ffénéra- User le lavage de l’estomac qui est aujourd’hui entré dans la pratique journalière, grâce à l’annareil du D' Faucher, qui simplifie singulièremkt son manuel opératoire.

Cet appareil, construit par Galante en mai 1878 sur les indications du D'' Faucher. ’

apparaître le liquide, et l’on détermine ainsi exactement la longueur nécessaire dans le cas particulier. ^

Si les résidus alimentaires viennent à boucher le tube, on verse une nouveUe quantité de liquide, qui ch^se l’obstacle, et, en düuant gradueUement les résidus, on parvient à les retirer. On peut encore inviter le malade à faire un léger effort, à contracter les muscles de l’abdomen ; on voit alors le liquide sortir avec force et entraîner l’obstacle.

Après quelques applications, les malades manœuvrent eux - mêmes avec une grande facilité, et l’introduction du tube ne leur cause plus de

pour le lavage de l’estomac.

mètre 50 centimètres de long, et de 2 millimètres environ de diamètre extérieur, dont les parois sont assez épaisses pour qu’il puisse se courber sans effacer son calibre. A l’une des extrémités est adapté un entonnoir de verre ou de métal; à l’extrémité libre, la paroi est percée d’un œil latéral, de façon à présenter deux orifices qui peuvent se suppléer en cas d’obstruction de l’un d’eux. Les angles de section sont arrondis.

Pour pratiquer le lavage, dit le D” Faucher, le malade porte dans le pharynx l’extrémité libre du tube préalablement mouillé, et le pousse en faisant un mouvement de déglutition. 11 est bon de fixer un peu le tube avec les lèvres ou les dents, pour l’empêcher de décrire une arcade à convexité supérieure et d’aller titiller le voile du palais. Le patient répété un certain nombre de fois l’acte d’avaler, en guidant avec la main le tube tenu près des lèvres, et fait de temps en temps une longue inspiration.

Lorsque le tube est intrpduit jusqu’à la marque 1 {fig. 461), faite à 50 centimètres environ de l’extrémité ut>re,le malade (ou mieux un aide pour les premières opérations) remplit l’entonnoir {fig. 462) et l’élève ^ la hauteur de la tête {fig. 463). Le liquide descend rapidement, et, lorsque l’entonnoir est presque pde, on l’abaisse rapidement au-dessous du niveau uo l’estomac {fig. 464), et on voit refluer le liquide, tûélangé de r-ésidus de digestion.

,Si le liquide ne revient pas; ou bien le siphon Q est plus amorcé, parce qu’on a laissé le tube se ^der avant d’abaisser l’entonnoir, ou bien la longueur introduite est insuffisante. — Dans le pre- “^ler cas, il suffit d’élever l’entonnoir, d’y verser ^0 nouvelle quantité de liquide et de recom- ^eucer la manœuvre. — Dans le second, l’entonoir étant toujours en bas, il faut introduire enquelques centimètres, du tube ;,on voit bientôt

Dans un cas pressé, un empoisonnement par exemple, lorsqu’on veut évacuer le contenu de l’estomac et pratiquer le lavage chez un sujet peu habitué, il faut introduire le tube comme une sonde œsophagienne, en le tenant le plus près possible du point engagé le dernier, afin de pouvoir pousser l’instrument sans le faire fléchir.

duire l’instrument et à le faire tolérer ; il est évident que la facilité des premières manœuvres dépendra de la tolérance particulière de chaque malade. Le plus souvent, dès la première tentative, le malade fait pénétrer le tube jusque dans l’estomac et fait passer ensuite 2. ou 3 litres de liquide

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dans la cavité. Quelquefois le médecin doit intervenir pour pousser lui-même l’instrument dans la seconde moitié de son trajet. Lorsque le lavage a été pratiqué une fois, le malade parvient toujours à faire pénétrer l’instrument à la seconde opération et bientôt après à manœuvrer lui-même l’entonnoir.

Certains opérateurs placent le malade dans le décubitus dorsal pour introduire l’instrument, aussi

trouvent-ils que la manœuvre ne s’exécute pas aussi bien que nous l’avons dit, et sont-ils obligés de préparer le patient pendant plusieurs séances par l’introduction d’une sonde rigide.

Un des effets réflexes produit par le contact du tube dans le pharynx consiste dans la sécrétion d’un flot de salive qui tend à s’écouler vers le larynx, si l’ouverture de cet organe est dans une position déclive. Le malade tousse, suffoque et rejette à la fois tube et liquide. Si, au contraire, on lui fait tenir la tête penchée en avant, en lui recommandant de ne pas s’inquiéter de la salive, de la laisser couler le long de l’instrument, tout en respirant sans tousser, la tolérance s’établit bien plus facilement et la seconde opération est en général beaucoup moins pénible.^

Si cependant on veut pratiquer l’opération sur un malade couché, il faut lui faire placer la tête de côté pour la même raison.

Le lavage ainsi pratiqué, lorsque le malade n’en est plus incommodé sensiblement, s’opère bien plus complètement qu’avec la sonde œsophagienne. Le tube, en effet, outre l’avantage d’un calibre plus considérable, a celui de se coucher sur les parties les plus déclives de la cavité et d’en retirer la partie profonde des résidus.

Le liquide employé peut être une eau malcaline, Saint-Galmier, Pougues, Royat guyon, Heucheloup, ou une solution faible^?^^®^' carbonate de soude : on proportionne la faible de sel à celle du mucus qu’il faut diss'^^n''^^® en général on emploie 6 grammes de bicalw, de soude par litre d’eau. Sonate

Lorsqu’on veut, non seulement laver, mais core désinfecter l’estomac, on peut employer solution d’acide borique à 5 grammes par ï d’eau, ou de résorcine à la même dose (Andeer Beaumetz). On peut aussi injecter, dans les cas d’

gastralgie, 20 grammes de sous-nitrate de bisihuth dans un demi-litre d’eau, et, pour combattre la tendance aux hémorrhagies, une solution avec une cuillerée de perchlorure de fer ou trois ou quatre cuillerées d’eau de LécheUe par litre d’eau.

En général, dans les lavages de propreté, on fait passer dans l’estomac, de 2 à 5 litres de liquide jusqu’à ce que celui-ci ressorte aussi limpide qu’il est entré.

Le lavage de l’estomac trouve son indication dans ce qu’on appelle les dyspepsies, c’est-à-dire, en remontant à la cause habituelle de cet ensemble de symptômes, dans le catarrhe de l’estomac. Dans cette affection, en effet, les sécrétions muqueuses

doivent être enlevées et la muqueuse malade modifiée, si l’on veut arriver à améliorer les diges* tiens. Lorsqu’il y a des vomissements et de la dilatation du viscère, on obtient des succès qu’aucun autre mode de traitement n’avait pu donner. gastrite alcoolique et certains cas d’ulcère chronique avec dilatation et sécrétions abondantes son heureusement influencées par les lavages. Enfin dans le cas de cancer de l’estomac, le lavage pe“ être utile; mais il est évident qu’il ne peut etr qu’un palliatif. or Labakthe.

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Hygiène de l’estomac. — Généralement on mange trop. OQ dépasse de beaucoup dans les repas la ration d’entretien necessaire à la vie : on se figure que la surcharge de l’estomac n’est qu’inutile, alors qu’elle est nuisible. En effet, la quantité des sucs digestifs étant limitée, la petite portion des aliments attaquée par eux se noie, pour ainsi dire, dans la masse indigérée. Alors surviennent des douleurs vagues, premiers signes d’une digestion difficile ; puis, les indigestions se multiplient, 1 excitabilité gastrique disparaît, l’estomac devient une poche inerte où se putréfient les aliments ingurgités. Leur fermentation produit des gaz, des aigreurs, des spasmes douloureux de l’estomac, des nausées, de l’oppression, des vertiges, le goût se pervertit, la sensation de faim devient douloureuse, et celle de soif continuelle. L’état dyspeptique est créé.

Mais la quantité des aliments n’est pas le seul facteur à incriminer : leur qualité est souvent aussi la cause des troubles digestifs. Toutefois, il est difficile de formuler à cet égard des règles précises. Chacun a, si l’on peut dire, son individualité gastrique. On ne saurait rien trouver de plus personnel et de plus tyrannique que les goûts et répugnances de l’estomac, les caprices de cette « cornue intelligente. » Cependant, on peut poser en principe que, si l’estomac aime la variété, il l’aime dans les mets simples et peu abondants; il s'accommode souvent mal de ces dîners modernes, sous chaque plat desquels, comme dit Addison, une maladie est embusquée.

On: raconte qu’un médecin lorsqu’il allait visiter un client riche, ne manquait jamais de passer à la cuisine pour serrer la main du chef. Comme on lui demandait la raison de cette bizarre manœuvre :

« C’est bien le moins, répondit-il, que je sois reconnaissant envers cet homme : c’est à son art ingénieux d’empoisonner les gens que nous devons d’aller en voiture.» Il y a peut-être de l’exagération dans cette boutade, car l’estomac a besoin d’être stimulé de temps en temps par les plats insolites d’un bon cuisinier. Mais la continuité de ce qu’on appelle une « bonne cuisine » est dangereuse. N’y aurait-il à lui adresser que le reproche de faire trop manger, que ce reproche serait capital.

Manger de peu, et peu à la fois, quitter toujours la table avec un reste d’appétit, voilà, en effet, des lois qu’on ne peut violer sans crainte, quels que soient la force et les caprices de l’estomac. Ces lois s’appliquent principalement à la vieillesse, si communément portée à la gourmandise qu’elle semble s’y réfugier souvent comme dans son unique jouissance. Le vieillard doit songer que l’indigestion est sa plus redoutable ennemie, et qu’il eh est, pour lui, des préceptes de la tempérance comme des préceptes de la chasteté : chaque.fois qu’il les transgresse, c’est une pelletée de terre qu’il se jette sur la tête, pour employer la rude expression du cardiûal Maury.

1.^6 repas principal des vieillards, conarne d’ailleurs, de tous ceux dont l’estomac est délicat et la ^gestion pénible, doit avoir lieu au milieu du jour ; le repas du soir doit être le plus léger po^ sible. Pourquoi, en effet, le dîner est-il si ordinairement mal digéré? Parce que le déjeuner a été Dictionnaire popdlairb de Médecine dsdelle.

trop copieux, ou plutôt parce que, dans nos mœurs habituelles, il n’est séparé du dîner que par un intervalle insuffisant.

Au lieu de cinq ou six heures, c’est huit heures qu’il faudrait entre le repas du matin et celui du soir, étant donnée surtout, la vie sédentaire de l’habitant des villes. Qu’arrive-t-il ? On présente le soir à l’estomac fatigué par une digestion laborieuse et qui s’achève à peine (troublée qu’elle a été souvent par des libations intempestives), les éléments d’un dîner fatalement condamné à être indigéré, et à causer, par suite, des troubles dans le fonctionnement gastrique. Si, au contraire, on s’impose la diète ou la demi-diète toutes les fois que l’estomac est fatigué par des écarts de régime et peu disposé à recevoir des aliments, les fonctions digestives acquièrent une vigueur nouvelle. Car la diète est la médication puissante, la sobriété, le remède sûr des troubles gastriques en général, surtout pendant la saison chaude, alors que l’appétit est moindre et la faculté d’assimilation peu active.

Ce que nous venons de dire du dîner s’applique a fortiori au souper, cette mode absurde, à laquelle tant de gens doivent une indigestion par repas, et qui ne devrait exister que pour les personnes dont la profession supprime le dîner.

Une question se présente naturellement, que l’on adresse souvent au médecin : Quel est le meilleur aliment? Chacun ayant, comme on l’a vu, son estomac à lui comme sa manière d’être, la réponse à celte question est facile à prévoir : le meilleur aliment est celui que l’on digère le mieux. Tous les jours on voit des dyspeptiques digérer, avec la plus grande facilité, les pâtisseries, le homard, le melon, la charcuterie, etc., alors que le lait, les œufs frais et les viandes grillées, suscitent de la part de leur estomac des révoltes continuelles.

Mais.il faut se garder he falsifier cette loi de nature èn disant : « On digère bien ce qui se mange avec plaisir, qupd sapit nutrit. » Cet axiome si commode est, comme on l’a dit, un redoutable chant de sirène, et la cause fréquente de bien des indigestions.

Sans méconnaître pour cela les bizarres caprices de l’estomac, il faut bien dire que les aliments ont un ordre scientifique de digestibilité exactement déterminé par l’expérimentation.

Cet ordre est, pour les viandes de boucherie : mouton, bœuf, agneau, veau, porc; pour les volailles : poulet, dindon, canard, oie.

Quant aux poissons, les plus faciles à digérer sont les poissons à chair blanche (carpe, sole); puis viennent les poissons à chair rouge, comme le saumon, beaucoup plus nourrissant, mais d’une digestion beaucoup plus dure ; en dernier lieu, les poissons graisseux (anguilles), lourds et indigestes.

Il est important de remarquer que certains aliments qui passent vulgairement pour nuisibles aux estomacs faibles leur sont fréquemment, au contraire d’une grande utilité. Nous voulons parlei surtout de la salade et des condiments vinaigrés, dont l’usage modéré rend les plus grands services, en ranimant l’énergie des forces digestives : ainsi agit la moutarde, comme un vrai sinapisme stomacal; de même l’acide oxalique renfermé dans la

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tomate rend de grands services aux estomacs paresseux. C’est ainsi également que l’état lactique contenu dans la choucroute rend cet aliment si lourd de réputation et d’allures, digestible même pour le dyspeptique. C’est probablement ainsi à la faveur de ce dernier acide (qui entre dans la composition du suc gastrique), que la diète lactée rend de si éminents services dans le traitement des affections aiguës et chroniques de l’estomac.

D’autres agents, considérés généralement comme indifférents ou utiles aux dyspeptiques, leur sont souvent nuisibles. Ce sont les eaux gazeuses et les boissons chaudes (thé), dont l’abus détruit peu à peu l’irritabilité musculaire de l’estomac; — le tabac qui, en supprimant en partie la déglutition de la salive, prive la digestion de l’un de ses auxiliaires les plus utiles ; — les purgatifs et les vomitifs, dont les personnes qui souffrent de l’estomac abusent si souvent, et qui troublent profondément la mécanique et la chimie de la digestion. L’abus du bouillon est également nuisible; on peut rendre son usage utile en l’administrant tiède, deux heures avant le repas. On sait, en effet, que le bouillon n’agit que comme stimulant de la muqueuse gastrique ; au point de vue alimentaire, «c’est une fleur parfumée, une madone de Raphaël, une symphonie de Beethoven, » pour employer les poétiques expressions d’un physiologiste d’outre- Rhin.

Quant aux boissons alcooliques, leur action sur l’estomac est des plus désastreuses et cause (o,n doit le dire) les trois quarts des dyspepsies. Ce sont surtout les liqueurs dites (par antiphrase probablement) apéritives, qu’il faut incriminer. Leur usage répété habitue à l’irritation la muqueuse de l’estomac et la rend peu à peu inerte et incapable de réagir aux excitations ordinaires de l’acte digestif.

Le même effet est produit par l’ingestion de la bière en dehors du déjeuner et du dîner. Cette boisson, fréquemment utile aux repas, est toujours nuisible pour la digestion et l’appétit, lorsqu’elle est prise en certaine quantité pendant la journée.

Quant aux liqueurs prises après le repas, elles n’ont généralement pas d’inconvénients quand leur qualité est bonne et leur quantité modérée : souvent même la chartreuse, l’anisette de Bordeaux, et le kummel, rendent des services aux dyspeptiques, surtout lorsqu’il y a tendance à la forme flatulente, c’est-à-dire au développement des gaz.

Non seulement l’estomac affectionne la variété dans la régularité ; il aime absolument l’harmonie. Chacun sait que la joie, la peur, les émotions de tout genre coupent l’appétit et paralysent la digestion. Certaines personnes ne peuvent digérer sans musique. Le docteur Louis Véron était de ce nombre et tel était le secret de son assiduité à l’Opéra.

Un sujet qui a l’estomac sensible doit dîner avec des gens gais, et éviter surtout les discussions et les querelles à table. C’est principalement aux discussions pobtiques et d’économie sociale que l’on doit infliger la fameuse comparaison de BriUat- Savarin, qui déclare que la colère à table produit à l’estomac l’effet de la déglutition d’une petite pelotte d’aiguüles.

n faut se reposer après le repas, et non pas

comme beaucoup de personnes le croient j de l’exercice. ’

Il s’agit, bien entendu, d’un repos relatif d’ heure environ. Quant à la sieste proprement elle ne se comprend que dans les pays chauds a bout d’une heure, il faut se livrer à un exerc’

modéré, en plein air, pour favoriser les mouvement

de la digestion ; « On digère avec ses jambes, a dit Chomel, autant qu’avec son estomac. » ’ ^

Il faut bien diviser et bien mâcher les alimentspour cela, l’art, à défaut de la nature, doit assurer le fonctionnement de la mastication.

Les gens qui souffrent de l’estomac, se trouveront bien de mener une vie active et d’éviter la réclusion, le désœuvrement, l’inertie, la tristesse et surtout les émotions si violentes du jeu ; s’il en est besoin, les fonctions organiques seront vivifiées chez eux, par la gymnastique, les frictions, l’eau froide, les bains de mer.

Enfin, nous ne saurions trop insister sur la nécessité de manger à des heures régulières, afin de discipliner l’estomac et de lui donner de bonnes habitudes, celle, entre autres, de résister à ces fausses sensations de faim, si funestes lorsqu’on y succombe.

Les quelques préceptes que nous venons d’exposer sont évidemment loin d’exclure l’intervention de divers agents médicamenteux, variables selon les symptômes objectifs et fonctionnels des affections de l’estomac. Mais nous croyons que l’appli-, cation de ces préceptes est la base de tout traitement. D' E. Monin.

ESTRAGON. — L’estragon est une plante de la famille des composées, originaire de la Tartarie, cultivée dans nos jardins potagers, dont les feuilles fraîches et les jeunes pousses, d’une odeur et d’une saveur aromatiques très agréables, sont employées comme condiment pour assaisonner les sauces et les salades, et pour aromatiser le vinaigre, les cornichons et la moutarde. L’estragon est apéritif et stomachique. On le dit aussi propre à exciter les sueurs. p. L.

ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES. — Hygiène publique. — On donne ce nom à des établissements qui sont nuisibles à la santé des ouvriers qui y travaillent ou incommodes pour les habitants du voisinage, parles odeurs, les vapeurs, les fumées, les résidus, les eaux vannes, le bruit, etc. Aussi leur exploitation est-lele soumise à des restrictions et à des mesures de précautions variables selon le genre et le degré des inconvénients qu’ils présentent.

La loi divise les établissements en trois classes.

Première classe. — EUe comprend les établissements qui doivent être éloignés des habitations particulières à raison de l’odeur qu’ils répandent ou des accidents auxquels ils peuvent donner beu (abattoirs, voiries et immondices, allumettes chimiques, acide sulfurique, artificiers, rouissage, engrais, etc). Ces établissements sont autorisés par le préfet de police dans le département de la Seine et par les préfets - dans les départements. La demande d’autorisation doit être adressée au préfet, affichée

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pendant un mois dans toutes les communes à 3 kilomètres de rayon, et soumises à une enquête de commodo et incommodo, à laquelle il est procédé par le maire.de la commune où l’établissement doit être installé. S’il y a des oppositions, elles sont jugées en premier ressort par le conseil de préfecture, sauf recours au conseil d’Etat. L’autorisation peut être accordée ou refusée par le préfet après enquête et avis du conseil d’hygiène. Dans le premier cas, ceux qui ont à se plaindre de l’autorisation accordée, peuvent former opposition devant le conseil de préfecture qui statue sauf recours au conseil d’Etat. Dans le deuxième cas, c’est-à-dire quand l’autorisation a été refusée, le demandeur peut se pourvoir au conseil d’État contre l’arrêté de refus.

Deuxième classe. — Elle comprend les manufactures et ateliers dont l’éloignement des habitations n’est pas rigoureusement nécessaire, mais qui néanmoins ne doivent être autorisés qu’à la condition de ne causer au voisinage ni ‘incommodité ni préjudice. ( Amidonnerie, asphaltes et bitumes, caoutchoucs, fours à chaux, fours à ciment, corroieries, cuirs verts et peaux fraîches, faïenceries, verreries, forges, chaudronneries, etc.) Ces établissements sont également autorisés par les préfets. La demande est adressée au sous-préfet et soumise à une enquête de commodo et incommodo. Les voies de recours sont les mêmes pour les établissements de première classe.

. Troisième classe. — Elle comprend les établissements qui peuvent sans inconvénient rester auprès des habitations, mais doivent rester soumis à la surveillance de la police. (Teintureries, toiles peintes, tôles et métaux vernis , vacheries dans les villes de plus de 5,000 habitants, distilleries d’alcool, bougies, brasseries, buanderie, céruse, dépôts de chiffons, huileries, mégisseries, etc.) Ces établissements n’ont besoin que de l’autorisation des sous-préfets en province, et à Paris du préfet de police.

D' Paül Labarthe.

ÉTAIN. — L’étain est un métal qu’on employait autrefois en médecine, sous forme de poudre ou de limaille à la dose de 5 à 10 et même 15 grammes comme vermifuge, et qui est aujourd’hui complètement abandonné.

En revanche, comme ce métal est à peu près inattaquable dans les conditions ordinaires, il est. employé pour la confection de divers ustensiles de cuisine'ou pour l’étamage des bassines, casseroles, cuillers, fourchettes, etc., en cuivre ou en fer battu Pour que ces ustensiles en étain ou étamés soient inoffensifs pour la santé , il faut que l’étain employé soit fin, et ne renferme que de très minimes quantités de plomb, c’est-à-dire 4 à 5 p. 100 au grand maximum.

Il est cependant des industriels assez peu consciencieux pour employer de l’étain contenant 25, 38, P. 100 de plomb. Il en est même d’assez canailles et Voleurs pour fabriquer de l’étain ne renfermant pas un atome d’étain, ce métal étant remplacé par ae l’aniimoine allié à 70 et 80 p. 100 de plomb ! Or on verra au mot plomb les accidents produits par ce “létal et ses composés, introduits dans l’organisme.

^ Quelques rares fabricants, enfin, remplacent 1 étain par le zinc qui, s’il n’est pas nuisible par lui-même comme le plomb, a l’inconvénient de se laisser attaquer et détruire par les acides, ce qui rend les étamages peu solides et expose à des accidents lorsqu’on fait usage de vases de cuivre étamés avec cet aliage d’étain et de zinc. Aussi, je suis d’avis que l’autorité, au nom de la santé publique, devrait rendre obligatoire le contrôle ou marque d’alliage et la signature des fabricants sur tous les ustensiles d étain. D' Paul labarthe.

ÉTERNUEMENT. — On donne ce nom à un acte, le plus souvent involontaire, déterminé par une irritation vague du voile du palais, mais surtout de la muqueuse qui tapisse l’intérieur des fosses nasales et qui est dip^pelée membrane pituitaire. L’éternuement est une expiration brusque et sonore, survenant après une inspiration profonde, expiration qui se fait en même temps par la bouche et par les fosses nasales et qui entraîne au dehors les sécrétions de la muqueuse buccale et de la membrane pituitaire. Souvent l’éternuement est précédé par une contraction spasmodique des muscles de la face, qui donne à la figure un caractère particulier. Dans certains cas, il est suivi d’ébranlement dans la tête et de douleurs assez vives dans la poitrine.

Lorsque l’éternuement est trop répété, il constitue une réelle incommodité. On peut le suspendre en empêchant l’air de pénétrer dans les narines, soit par la compression des ailes du nez, soit en plaçant au-dessous un mouchoir qui intercepte l’air.

Quelques auteurs prétendent que, pour empêcher l’éternuement, il suffit de comprimer fortement avec le doigt le grand angle de l’œil vers la racine du nez au moment où l’on fait l’inspiration qui précède l’éternuement.

Considéré comme un signe favorable, lorsqu’il survient au déclin des maladies aiguës, l’éternuement annonce, lorsqu’il est très fréquent, l’invasion d’un rhume de cerveau ou coryza.

D' Paul Labarthe..

ÉTHER. — On donne ce nom en chimie à des liquides obtenus par la réaction des acides avec l’alcool. Les principaux sont : Véther sulfurique, formé d’alcool et d’acide sulfurique; Véther acétique, formé d’alcooi et d’acide acétique; Véther chlorhydrique, formé d’alcool et d’acide chlorhydrique, etc. Mais le plus employé est Véther sulfurique (V. ce mot). ■ P. L.

ÉTHER SULFURIQUE. — L’éther sulfurique est le seul des liquides obtenus par la réaction des acides sur l’alcool qui soit constamment employé nn médecine. Il se présente sous l’aspect dun liquide incolore, excessivement volatil, d’une odeur vive, pénétrante et suave, d’une saveur chaude, piquante, suivie bientôt d un sentiment de fraîcheur assez agréable. Il est facilement inflammable et sa vapeur répandue dans l'air atmosphérique 1 constitue un mélange détonant; ce qui fait qu'on ne saurait apporter trop de prudence dans le ma- I niement de ce liquide et dans sa conservation.

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En raison de sa grande volatilité et de la chaleur se garder de persister trop longtemps sur les ms au’il absorbe en se transformant en vapeur, l’éther aspirations de crainte que le remède ne dpvest utilisé pour produire des refroidissements in- pire que le mal. *enne

tenses momentanés. On le projette à cet effet en Les inhalations d’éther inaugurées par le dnpf filet liquide ou mieux divisé à l’aide d’un appareil américain Jackson constituent l’une des plus b u pulvérisateur sur la partie qu’on veut anesthésier conquêtes delà médecine moderne. Ce savant^ v localement dans le but d’obtenir un effet curatif ou rurgien a trouvé le moyen, grâce à sa découvert* de pratiquer une petite opération, telle que l’avul- de pratiquer les plus grandes opérations sano sion d’une dent, l’ouverture d’un abcès, etc. moindre douleur. Huit à dix minutes suffisent oh-

L’éthèr est solûblé dans 9 parties d’eau et en nairement à produire ce résultat. Cette acti toutes proportions dans l’alcool. Son pouvoir dis- anesthésique de l’éther en inhalations si rapide°°f solvant s’exerce, en outre, sur une foule de subs- si prompte peut se diviser en trois périodes succès tances parmi lesquelles il convient de citer le sives. Au début, le malade éprouve des phénomènes soufre, le phosphore, l’iode, le brome, les matières d’excitation consistant en picotements, chaleur résineuses, les corps gras, les huiles volatiles, le gêne de la respiration, toux convulsive, lesquels camphre, le caoutchouc, et quelques alcaloïdes, provoquent de l’agitation et des efforts désordonnés Versé sur la main, il doit s’évaporer complètement pour éloigner l’appareil et se soustraire à l’insans laisser la moindre trace d’une odeur étran- fluence des vapeurs sporifiques : c’est la première gère; essayé au papier réactif, il doit rester entiè- période, période d’excitation ou d’ébriété. Puis les rement neutre. phénomènes changent, la tolérance s’établit, la

Effets. — Maintenant parlons de l’action physio- respiration devient plus facile, l’état de malaise logique de l’éther, elle mérite d’être connue, car cesse, le délire avec paroles incohérentes diminue, c’est d’elle que découlent tous ses effets thérapeu- Mais la respiration de nouvelles quantités d’éther

tiques. En met-on quelques gouttes sur la peau, continuant, la pensée s’éteint, la vue s’obscurcit,

;e produit s’évapore très vite et donne lieu aussitôt les pupilles se dilatent et sont tournées en haut'

â une sensation de froid avec une modification à le pouls se ralentit, les muscles volontaires entrent peine marquée de la sensibilité. En verse-t-on sur dans un complet relâchement, la sensibihté s’éle tégument sain une plus grande quantité en favo- mousse et finit par se perdre. Telle est la seconde

risant son évaporation, la surface du corps prise période ou période de stupeur. C'est le moment de

pour expérience pâlit, devient blanche, exsangue, commencer l’opération et de suspendre les inhalatrès froide, la sensibilité y est diminue, abolie, la tiens éthérées. Les symptômes restent un moment température y est descendue à 15°, 10“ et plus bas; stationnaires, cinq â dix minutes par exemple, puis elle peut même s’abaisser au point de produire des le réveil a lieu par degrés, à moins qu’on ne fasse phénomènes de congélation avec eschare. On se inhaler quelques autres gouttes d’éther pour achegarde d’atteindre ce degré extrême lorsqu’on veut ver l’opération. Le patient revient peu à peu à lui pratiquer une opération par anesthésie locale avec en parcourant en sens inverse les phases du narcoce produit. tisme. Enfin si par mégarde ou autrement on con-

Un phénomène semblable se passe pour l’éther tinue encore les inhalati . ns, le pouls devient plus pris à l’intérieur. De petites doses produisent sur lent, petit et imperceptible, la respiration halele moment une sensation de froid à l’épigastre, tante, profonde et stertoreuse, se ralentit de plus mais elle est suivie bientôt d’un sentiment de cha- en plus, les fonctions de la vie végétative sont meleur à la suite duquel on observe un calme relatif, nacées, l’hématose est enrayée, la calorification un apaisement des désordres nerveux s’il en existe, s’abaisse très vite, les mouvements respiratoires De hautes doses agissent à la manière de l’alcool s’éteignent et la paralysie du cœur se termine par dont il est un dérivé, c’est-à-dire en produisant de la mort. Cette période ou période de collapsus est Fexcitation d’abord, de la torpeur, de l’affaissement la dernière période de l’éthérisme aigu, ensuite, pouvant aller jusqu’à la mort si l’on est Le professeur Longet, étudiant les propriétés de allé trop loin. Il existe en Amérique des individus l’éther, au point de vue purement physiologique qui se grisent avec l’éther, comme on se grise en divise l’éthérisme en quatre périodes suivant qu’il France avec l’alcool; l’abus de ce liquide détermine atteint le cerveau ou le cervelet, la protubérance, à la longue un état pathologique connu sous le la moelle ou le bulbe. A l’éthérisme du cel-veau et nom d’éthérisme chronique, très analogue à l’ai- du cervelet se rattachent les troubles de l’intellicoolisme chronique que nous observons chez nous gence et du mouvement ; à celui de la protubérance parmi les buveurs de profession. la perte du mouvement et du sentiment volon-

Les effets thérapeutiques de l’éther sont très dif- taire ; à celui du bulbe, l’arrêt de la respiration, férents suivant qu’on le prescrit en aspirations, en de la circulation et l’extinction de la vie. inhalations, par la bouche, ou en applications to- Habituellement les phénomènes se passent comme piques. je l’ai exposé ci-dessus, mais l’éthérisme se com-

Utilisé en aspirations, l’éther est d’un usage fré- plique parfois de divers accidents qu’il est imporquent dans la syncope, les défaillances, les pâmoi- tant de connaître. Ainsi, des vomissements sursons, les convulsions, les attaques de nerfs, les viennent dans un bon nombre de cas des convulaccès d’asthme. On approche et on présente à plu- siôns très fortes, une stupeur profonde, une désieurs reprises un flacon rempli de cé produit à la pression excessive peuvent mettre la vie en danger muqueuse buccale et nasale jusqu’à ce que l’on ait et la mort survenir, non par asphyxie, parce qu’on obtenu une amélioration sensible. Il faut toutefois a soin de laisser un libre accès à l'air atmosphéri-

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nae mais par syncope, c’est-à-dire par une sorte fp sidération anesthésique résultant de l’envahis- ^emeat du bulbe ou noeud vital par les inhalations

4g vapeurs éthérées.

L’éther, le seul médicament employé avant le gUoroforme, ne compte aujourd’hui “qu’un petit nombre de partisans qui lui soient restés fidèles, entr’autres les Lyonnais et les Américains, le plus ,nnnd nombre accorde la préférence au chloroforme dans la grande chirurgie et des accouchements. Malgré son infériorité anesthésique, je devrais dire malgré son délaissement, l’éther sulfurique n’en est pas moins resté l’un des produits les plus employés de la matière médicale comme antispasmodique.

Usages. — Pris par la bouche et mis dans potion calmante à la dose de dix à trente gouttes jusqu’à deux et trois grammes par jour, il est journellement employé contre l’hystérie, les spasmes, les convulsions, les hoquets et les diverses manifestations morbides de la plupart des névroses. Il ressemble en cela aux autres antispasmodiques, tels que la valériane, le musc, le castoréum, pour lesquels il devient, dans certaines combinaisons, un auxiliaire puissant. Comme eux, en effet, il stimule légèrement le système nerveux pour en apaiser ensuite les désordres sensitifs et moteurs. Trousseau et Pidoux ont prétendu qu’il pouvait rendre d’im- Boenses services, conjurer une mort prochaine, dans les cas de métastase goutteuse et de localisation de ce principe sur le cœur, le cerveau et les centres nerveux splanchniques. On voit, disent ces auteurs, des syncopes menaçantes, des cardialgies atroces, des délires, des apoplexies inopinées disparaître en peu d’instants par de hautes doses d’éther prises tout d’un coup.

Les applications topiques de l’éther déterminent comme réfrigérantes une anesthésie et une anémie locale qu’il est bon de produire dans un certain nombre de cas. Ainsi les congestions et les phlegmasies de l’encéphale et des méninges, les céphalalgies, la migraine, quelques névralgies, les engouements herniaires, les hémorrhagies nasales, les brûlures au premier degré, les odontalgies sont des affections morbides que l’éther, en applications topiques faites avec une compresse ou dirigées sur lo point malade au moyen de l’appareil pulvérisateur de Richardson, est destiné à soulager ou à guérir. On lui a cru même une efficacité réelle contre la surdité ; mais si des injections répétées de ce liquide dans le conduit auditif agissent contre cette affection, ce ne peut être qu’en qualité d’antispasmodique ou de dissolvant du cérumen et nullement uans le cas de lésion de la caisse du tympan ou de

‘oreille interne.

Quant aux formes pharmaceutiques propres à lether, elles sont variées. Un des moyens les plus siinples de l’administrer chez les personnes qui

ont pas de répugnance pour sa saveur consiste à ou verser quelques gouttes sur un morceau de sucre, 00 bien à en mettre 5 ou 6 gouttes, soit dans un pou d eau sucrée, soit dans une infusion aroma-

que. G est un médicament très commode, très actif, o-voir toujours sous la main lorsque le 1 exige. 11 n’a que l’inconvénient, à cause de

son extrême volatilité, de se répandre dans la bouche, les fosses nasales et le pharynx où il exerce des picotements incommodes. Pour y obvier, on peut le prendre enfermé dans de petites capsules gélatineuses, faciles à avaler et qui ne se rompent que dans l’estomac qu’on sent comme inondé d’une sensation de fraîcheur agréable. On peut en prendre de 2 à 10 jusqu’à 20 et 30 par jour dans les états nerveux. Ce mode d’administration de l’éther est un des meilleurs. L’eau éthéree (eau distillée 80, éther 10) se prend à la dose de 20 à 200 grammes dans les vingt-quatre heures ; elle est peu employée à l’intérieur et à l’extérieur. A l’intérieur, elle se donne seule ou en potion ; à l’extérieur elle sert en lotions, affusions ou injections, comme dissolvant du cérumen de l’oreille, calmant et agent conservateur des principes organiques.

On fait un usage beaucoup plus fréquent du sirop qui est une excellente préparation que l’on administre par cuillerées à café aux enfants atteints d’accès convulsifs. 11 entre ainsi que l’éther pur dans la plupart des potions antispasmodiques. La liqueur d’Hoffmann composée de parties égales d’éther et d’alcool se met à la dose de 10 gouttes à 5 grammes dans un julep calmant.

Mais il arrive parfois que l’éther ne peut pas être pris par la voie gastro-intestinale, il faut alors le prescrire en lavements qui produisent un effet analogue.' L’éther pulvérisé est un réfrigérant souvent utilisé pour les petites opérations. Si l’on n’a pas de pulvérisateur, on verse le liquide sur la surface que l’on veut refroidir, et l’on active l’évaporation en soufflant à l’aide de la bouche, d’un soufflet ou d’un appareil spécial. Pour calmer une douleur de dent ou d’oreille, on en imbibe une boulette de ouate que l’on porte sur la dent cariée ou dans le conduit auditif. En tin si l’on veut obtenir l’anesthésie par les inhalations d’éther sulfurique, il faut un appareil assez compliqué, 20 à 30 grammes de liquide en moyenne, cinq à dix minutes de temps ; tandis que pour le chloroforme une compresse imbibée et deux à cinq minutes suffisent, sans que les risques à courir soient plus dangereux. Telles sont les raisons qui ont fait adopter les inhalations chloroformiques par l’immense majorité des chirurgiens. D--MARC. Camboduves.

ÉTHÉRISATION. — L’éthérisation n’est autre chose que l’administration de l’éther en inhalations pour arriver à obtenir l’awe^tàé^e (V. ce mot).

ETHUOIDÉ. ^ Nom donné par les anatomistes à un os impair, de forme carrée, lamelleux, percé de trous comme un crible, qui occupe la partie antérieure de la base du crâne, au-dessus des fosses nasales, dans l’intervaile qui sépare les deux yeux. Il contribue à former non seulement la b^e du crâne, mais aussi les parois des cavités orbitaires et la cloison des fosses nasales. Il s’articiüe avec tous les os de la face sauf le maxiUaire intérieur et les os molaires (V. Crâne, Fusses nasales), p l.

ETHNOGRAPHIE. — On donne ce nom à cette partie de la science anthropologique qui s’occupe

de l’étude des races, de leurs caractères extérieurs, de leurs mœurs et coutumes, etc. (V. Anthropologie). P. L.

ÉTIOLOGIE. — Nom donné à cette partie de la

médecine qui s’occupe de l’étude des causes des maladies (V. p. L.

ÉTOUFFEMENT. — (V. Suffocation.)

ÉTOURDISSEMENT. — (V. yertige.)

ÉTRANGLEMENT. — (V. Strangulation, Hernie, Occlusion.) ■ '

ÉTRETAT (BAINS de mer de). — Étretat est un bourg pittoresque de 1800 habitants, situé sur les bords de la Manche, dans la Seine-Inférieure, abrité entre deux falaises de 90 mètres de hauteur, découpées par la mer en arches immenses et en aiguilles gigantesques, qui possède une plage à fond de galets et ün établissement de bains de mer chauds et de bains d’eau douce. p. l.

ÉTRIER. — Nom donné par les anatomistes au plus interne des osselets de l’oreille moyenne, à cause de sa forme qui rappelle celle d’un étrier (V. Oreille, Tympan). P. l.

ÉTUVE. — On donne le nom d’étuve à des salles spéciales dans lesquelles les malades sont soumis au contact de vapeurs humides ou sèches, simples ou chargées de principes médicamenteux. étuve

Fig. 465-

Appareil portatif pour étuve humide et bains de vapeur humide. — (Cet appareil se composé d’un réchaud à charbon de bois ou à esprit-de-vin, d’un bouilleur sphérique en cuivre avec soupape de sûreté et robinet, d’un bouchon à vis dans lequel on introduit l’eau, d’un tuyau en caoutchouc sur lequel s’adapte une boîte à aromates.)

limitée est une sorte de caisse dans laquelle le patient est placé de telle sorte que sa tète reste libre pendant que tout son corps est soumis à l’action

e la vapeur. L’étuve limitée %st préférnhi tuve générale, parce qu’elle permet au méa localiser et de doser les effets qu’il vp„t ^

Étuve humide. - L’étuve humide coCtÏ^''®bain de vapeur et le bain russe. ‘“Pi’end le

Bain de vapeur. — Pour administrer un h • vapeur, on introduit le malade dans uhp où l’on fait pénétrer des courants de vapeiw

Fig. 466.

Malade dans l’étuve limitée ou caisse à sudation

la température varie de 36“ à 75°, le plus souvent elle est de 45“ centigrades. En entrant dans cette atmosphère saturée, la première impression qu’on éprouve, est celle d’une chaleur difficile à supporter; mais peu à peu cette impression s’efface et, au bout de quelques minutes , tout sentiment de malaise a disparu ; la respiration devient libre et régulière ; la tête, congestionnée au début, se dégage, la sueur commence à perler et finit par recouvrir toute la surface de la peau.

Le bain de vapeur constitue un agent d’une énergie si puissante et il est si facile à supporter, .qu’il n’y a pas , pour ainsi dire, de personnes qui lui soient réfractaires. Il a toutefois une action limitée, par cette raison qu’on ne peut pas souvent en renouveler les applications sans exposer l’organisme à un épuisement rapide; d’où la nécessité de joindre au bain de vapeur l’action de l’eau froide qui, sous une forme ou sous une autre, combat la débilité occasionnée par le calorique.

La durée du bain de vapeur oscille entre queb ques minutes et une demi-heure ; elle ne doit, dans aucun cas, durer plus de trois quarts d'heure.

Bain russe. — Le bain russe consiste en une étuve humide auprès de laquelle se trouvent deus salles : l’une, dans laquelle on pratique des appb' cations plus ou moins froides, et l’autre où les malades restent quelque temps au repos avant daller à l’air libre.

Dans l’étuve humide sont disposés des gradin® qui permettent de se trouver au contact d’une quantité de vapeur plus ou moins chaude suivant le degré sur lequel on se place. Sur ces gradins se trouvent des lits où l’on peut s’étendre et se fair® frictionner. En sortant de l’étuve, on 'reçoit une douche en pluie, où l’on entre dans une pisnm® alimentée par un double réservoir d’eau chaude ei d eau froide ; l’on pénètre ensuite dans la salle

ns où des frictions régulières sont faites sur tout î^corps. Ces pratiques seraient excellentes si elles 'laient dirigées par des personnes compétentes.

donnent trop souvent lieu, malheureusement, T^es accidents graves, les malades n’ayant pour ^de qu’un garçon de bain ignorant et incapable de fager de l’opportunité et de la durée de cette mé-.

dicationéner^-que.

Étuves seches. — On en distingue deux sortes : Yétuve sèche générale et M étuve sèche partielle.

Étuve sèch^ générale. — C’est une salle plus ou moins spacieuse, hermétiquement fermée et le long des cloisons de laquelle serpentent des tuyaux où circulent de l’eau chaude, de la vapeur d’eau ou de l’air chaud. La température de cette étuve peut être portée a un degré très élevé. Le malade y reste un temps plus ou moins long, suivant qu’on veut produire une simple élévation de température, provo- (juèr la transpiration ou activer la circulation du

* Ce genre d’étuve, d’une installation très dispendieuse, est peu usité, et on lui préfère habituellement Yétuve à la lampe, qui permet d’éviter au patient l’obligation de respirer l’air chaud, la tête restant en dehors de l’étuve.

Étuve sèche à la lampe. — L’appareil généralement usité aujourd’hui consiste en une chaise de bois entourée de cerceaux jusque vers la hauteur des épaules; le siège sur lequel le malade doit s’asseoir est percé de quinze à vingt trous de l centimètre de diamètre. Entre les pieds antérieurs de la chaise se trouve une planche verticale, également percée de trous plus ou moins nombreux, et à laquelle adhère un escabeau horizontal, élevé de quelques centimètres au-dessus du sol et destiné à soutenir ses pieds. Les grands arcs en bois dont l’appareil est garni extérieurement servent à maintenir les couvertures écartées du tronc et des membres. Une lampe à alcool, munie de 4 ou 5 becs, est placée sur le sol, au milieu de l’espace circonscrit par les pieds de la chaise.

Le malade, entièrement nu, étant assis, on entoure la chaise, d’arrière en avant, d’une large couverture de laine dont l’extrémité supérieure est fixée solidement autour du patient et dont les deux coins inférieurs sont ramenés en avant et attachés delà même façon. On dispose, de même, en sens inverse, une,seconde couverture par-dessus laquelle Oû étend un large manteau imperméable. Le malade se trouve donc dans une atmosphère entièrement close, dont la température peut être augmen- |6e ou diminuée à volonté, au moyen des mèches de la lampe, que l’on peut élever et abaisser facilement.

Si l’on recherche simplement l’effet sudorifique, «température ne doit pas être élevée au-dessus de à 50“ centigrades au maximum ; dans ces conditions, on peut la supporter un temps assez long ®ons en être incommodé sensiblement. Il faut avoir o^ussitôt que la sueur devient abondante, de aciliter l’entrée de l’air extérieur dans l’apparte- ®0ût, et l’on fait boire au patient un quart de d’eau froide toutes les dix minutes environ. 0 ^tte manière, le pouls et la respiration n’éprou- Oût pas de modifications sensibles, ni pendant, ni l’opération.

Si l’on veut obtenir un effet excitant ou révulsif, il faut que la température de l’étuve atteigne 55 ou 60 degrés. Le patient éprouve alors une sensation (le brûlure sur tout le corps, de l’excitation générale, de la soif, des nausées, des bruissements d’oreille, de la pesanteur de tête, etc. Le pouls devient fréquent, les artères temporales battent avec force, les veines du front se gonflent, et finalement le malade est dans un état de malaise qu’il importe d’arrêter. Il faut donc, comme on le voit, une surveillance attentive de la part du médecin. Quant on suppose l’excitation suffisante, le malade se plonge rapidement dans une piscine ou reçoit une douche.

Pour compléter la description de ce procédé, n’oublions pas de mentionner l’excitation particulière produite sur les parties génitales par l’acide carbonique résultant de la combustion de l’alcool.

Il sera donc bon de les préserver, autant que possible, de cette action qui peut être nuisible.

L’étuve sèche, employée seule, c’est-à-dire sans application froide consécutive, ne pourrait être supportée sans inconvénient; elle affaiblirait l’organisme ou serait susceptible de déterminer une excitation maladive de la peau.

Le procédé de l’étuve sèche est le plus sûr moyen d’obtenir la transpiration, même chez des malades qui suent difficilement ; il élève la température du corps et prépare le malade à l’action de l’eau froide ; il constitue enfin un des éléments que l’hydrothérapie fournit à la médication révulsive.

Bains turcs, maures, etc. — ’Ces bains, dont l’usage est très répandu en Orient, commencent à être fort usités en Angleterre, en Allemagne et en France. Ils consistent en une série graduée d’étuves sèches, à proximité desquelles se trouvent des appareils destinés à faire des appbcations d’eau chaude et d’eau froide. Les étuves sont généralement au nombre de trois. La première, ou tepidarium, est une salle où la température de l’air sec est d’environ 50" centigrades. Le baigneur est introduit dans cette étuve et y séjourne jusqu’au moment où la sueur commence à apparaître .

Il quitte alors le tépidarium pour pénétrer dans une seconde étuve appelée calidarium, où la température de l’air oscille entre 70“ et 80“ centigrades, et dans laquelle il reste jusqu’à ce que la transpiration soit généralisée. Si la peau est restée réfractaire à cette excitation et si la sueur n’a pas été provoquée, on fait entrer le baigneur dans une étuve dont la température varie entre 90“ et 100“ centigrades et où il séjourne jusqu’à ce que la transpiration soit abopdante. Quand elle est bien établie, on le conduit dans une salle de massage, d’où il passe ensuite dans le lavatorium, où l’on pratique des ablutions tièdes. Après ces opérations successives, il se plonge dans une piscine froide ou reçoit une douche, puis se repose pendant quelques instants, et se livre ensuite à un exercice approprié à ses forces physiques.

Le bain turco-romain exerce une influence très salutaire sur le fonctionnement de la peau, sur le système musculaire, sur le système nerveux et sur la circulation du sang; à ce titre, il peut rendre de très grands services dans un certain nombre de maladies. Malheureusement la multipbcité des pro-

Fig. 467.

Eucalyptus globulus iarbri entUr).

traUe, d’une croissance rapide, d’un bois dur et résistant, pouvant atteindre la hauteur extraordi¬

cédés dont l’ensemble constitue le bain turc proprement dit, rend son usage difficile en thérapeutique et restreint son intervention. II convient parfaitement aux personnes dont la santé n’est pas très altérée, à celles qui ont besoin d’être aguerries contre les changements de température, à quelques rhumatisants , à quelques goutteux , à condition toutefois que ceux qui se soumettent à ces pratiques balnéaires ne soient pas disposés à des congestions cérébrales ou n’aient pas à redouter des accidents du côté du cœur. Au point de vue hygiénique, pour les gens bien portants, le bain turc est une bonne chose; mais au point de vue médical, c’est-à-dire thérapeutique, on ne saurait apporter à son emploi assez de réserve et de discernement. Dans ce dernier cas, nous lui préférons une salle de sudation pure et simple dans laquelle la chaleur peut être réglementée par le médecin , suivant la nature de la maladie et suivant la susceptibilité du malade.

D'’ beni-barde.

EüCALTPTOL. — Nom donné à l’huile essentielle retirée des feuilles d’eucalyptus par distillation. P. L.

EUCALYPTUS. — L’eucalyptus globulus ou Gommier bleu est un très bel arlDre originaire de l’Aus-

naire de 60 à 80 mètres. Il a été dérrif première fois par Labillardière allant à la la de Lapeyrouse en 1792. Plus lard cet introduit en Europe et en Afrique par Ram des hommes qui pendant ce siècle a rb ^ plus à se rendre utile à l’humanité. En effet par l’idée philanthropique que la salubrité nue du climat de l’Australie est due auxT tiens embaumées de cet arbre dont les feuille^t'^^' ferment une huile volatile aromatique, d’une 0^“' suave, Ramel a pensé que son acclimatation dS"

Eucalyptus globulus (branches et fleurs).

les terrains incultes de l’Algérie, de la Provence, de TEspagne, de l’Italie et des îles de la Méditerranée produirait un fort revenu et deviendrait en même temps une puissante condition de salubrité pour ces pays marécageux. Nous n’avons qu’à le féliciter sur la réalisation de cette belle entreprise, qui se montre tous les jours de plus en plus féconde en applications pratiques industrielles, commerciales et thérapeutiques. C’est sur ce dernier point, le seul qui nous intéresse, que nous allons nous arrêter un instant.

Les feuilles d’eucalyptus ont une composition complexe, comme, du reste, toutes les parties des plantes que la médecine emploie. Elles renferment, outre certaines matières communes à la plupart des végétaux, du tannin, de la résine, un principf amer et une essence communément désignée sous le nom d’eucalyptol. Ce principe actif se présente sous l’aspect d’un liquide incolore, très fluide, doue d’une saveur fraîche assez agréable et d’une odeu^ aromatique assez analogue à celle du camphrC) p^r soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles. .

Effets. — Données à des doses modérées, IJ feuilles d’eucalyptus ou leur essence n’irritent p -

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