‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 181 sur 206 · FÉV · texte numérisé non relu

FÉV

FIB

• l’inverse de la belladone et de Tatropine. Aussi *st-elle utilisée par les oculistes comme anti-mydriariffue pour prévenir ou rompre les synéchies, dans kératites et les iritis. On l’emploie aussi dans le laucome, l’ambliopie alcoolique, etc. Administrée I l’intérieur, la fève de Calabar exerce, sur la partie inférieure de la moelle, une action dépressive et paralysante qu’on a cherché à utiliser dans le trai-

Fig. 491.

Fève de Calabar entière et ouverte.

tement de là chorée, des convulsions, de l’épilepsie etdu tétanos, mais, je dois le dire, sans grand succès. Les effets de la fève de Calabar sont dus à la présence, dans la graine, d’un alcaloïde nommé éserine (V. ce mot).

A dose toxique, la fève de Calabar détermine une soif intense, de la constriction de la gorge, une salivation abondante, la rareté et la faiblesse du pouls, une sueur froide et visqueuse, l’abolition graduelle des mouvements volontaires, des contractions des membres et du tronc alternant avec la résolution musculaire, la paralysie des membres inférieurs, une difficulté très grande delà respiration, le ralentissement des battements du cœur, l’asphyxie et la mort. Lorsque surviennent des vomissements et de là diarrhée, le sujet peut être sauvé. 11 n’existe pas encore dans les annales judiciaires d’exemple d’empoisonnement criminel par la fève de Calabar. D' Paul Labarthe.

FÈVE DE SAINT-IGNACE. — La fève de Saint- Ignace, qui porte le nom du fondateur de l’ordre des jésuites, parce qu’elle fut importée en France pour la première fois par un membre de cette puissante corporation religieuse, la fève de Saint-Ignace est la semence du vomiquier amer [strychnos ignatia amara) de la famille des logoniacées, grande liane qui Fig. 492. s’élève en serpentant au sommet fève de Saint-Ignace, des plus grands arbres dans les iGrandear naturelle). ’ îles Philippines et en Cochinchine.

Cette plante do nne un fruit du volume d’une forte grenade, dont les graines, grosses comme des olives, offrent à une extrémité la cical^ce d’un point d’attache. La substance de ces ll’uines est opaque, grisâtre, cornée, inodore et U une saveur très amère. Elles contiennent de la ^^ychnine et de la brucine (V. ces mots), comme noû wmique (V. ce mot), dont elles ont la même action physiologique, et constituent un poison vio- *®Dt tétanisant.

Employée dans l’Inde comme vermifuge et quelquefois contre les fièvres intermittentes, la fève de Saint -Ignace est employée en Europe comme apéritive et stimulante des fonctions digestives. On Futilise contre la constipation, les dyspepsies gastrointestinales accompagnées de flatulence et de coliques venteuses. Longtemps administrée sous la forme de solution alcoolique connue sous le nom de gouttes amères de Baume, à la dose de 1 à 10 gouttes dans le vin aux repas, la fève de Saint- Ignace n’est plus guère administrée aujourd’hui sous cette forme, dont la composition est par trop variable. On préfère avec raison avoir recours à ses alcaloïdes, c’est-à-dire à la brucine et à la strychnine (V. ces mots). D' Paul Labarthe.

FÈVE TONKA. — On donne ce nom à la graine du fruit du coumarouna, grand arbre de la famiUe des légumineuses papillonacées , qui croît dans les forêts de-la Guyane, où il atteint jusqu’à 25 et 30 mètres de hauteur , avec un diamètre moyen de 1 mètre.

Le fruit du coumarouna, qui renferme la graine, est analogue comme forme et comme texture à une amande ordinaire. Quant à la graine ou fève tonka, elle est oblongue, plus ou moins ridée, noirâtre, et possède une saveur huileuse, do uce et agréable, et une odeur aromatique très agréable, tenant à la fois de celles de la vanille et du mélitot, due à un principe neutre cristallisable appelé coumarine qui se '^93.

trouve aussi dans la va- Fève tonka (fruit et graine), nille et le mélitot.

La fève tonka n’a pas encore été , que je sache, employée en thérapeutique. Seuls les parfumeurs et les liquoristes utilisent son parfum. J’oubliais bon nombre de priseurs qui mettent aussi une fève tonka dans leur tabatière pour parfumer leur chère poudre. Je leur conseille même de ne pas abuser du tonka, parce qu’à dose très forte il détermine de la céphalalgie, des vertiges et des vomissements.

D” Paul Labarthe.

FIBRE. — On donne ce nom en anatomie à des petits filaments microscopiques allongés qui sont l’élément constitutif de certains tissus ou entrent dans leur composition, comme les fibres élastiques, musculaires, nerveuses, etc. P. L.

FIBREUX (CORPS). — (V. Utérus.)

FIBREUX (TISSU)-. — On donne ce nom, en anatomie, à un tissu élémentaire du corps humain, variété du tissu cellulaire (V. ce mot), formé par des fibres serrées et réunies en gros cordons ou faisceaux plus ou moins rectilignes, d’un blanc mat.

Le tissu fibreux forme les aponévroses et les fendons (V. ces mots). p. L.

FIBREUSES (TUMEURS). — (V. Fibromes.)

FIBRINE. — La fibrine est une substance organique, naturellement liquide; mais qui peut se coaguler spontanément, et qui, dans cet état, est alors demi-solide, plus pu moins élastique, disposée en flocons ou en masse suivant son abondance, d’un blanc sale, inodore, insipide, insoluble dans l’eau froide, l’alcool et l’éther, très soluble dans l’acide acétique. Lorsqu’elle est desséchée, elle devient dure, cassante, jaunâtre, hygrométrique. Elle existe surtout dans le sang, d’où on l’extrait par le battage ou le lavage; on la rencontre aussi dans la lymphe, dans la sérostté de l’ascite, de l’hydrothorax, de l’hydrocèle, etc.; elle forme la presque totalité des fausses membranes diphthéritiques A. l’état normal, la fibrine existe dans le sang dans la^proportion dé 3 pour fOOO. Cette proportion diminue dans certaines maladies telles que la fièvre typhoïde et les fièvres éruptives: elle augmente au contraire dans toutes les maladies inflammatoires. p. l.

FIBRO-CARTILAGE — Nom donné par les anatomistes à un tissu formé de cartilage et de tissu fibreux, comme celui du pavillon de l’oreille, de l’épiglotte, etc. p. l.

FIBRO-CYSTIQUE. — On appelle ainsi des tumeurs formées de tissu fibreux et qui contiennent des kystes. , p. L.

FIBROME. — On désigne sous le nom de fibrome les tumeurs bénigne- exclusivement formées par du tissu fibreux. Ces tumeurs sont nettement délimitées,'aiTondies, lobulées, en forme de polypes; leur volume, petit d’ordinaire, varie beaucoup, et on en a observé qui pesaient jusqu’à 25 et 35 kilos. En général, les fibromes sont durs; on en rencontre cependant qui sont aussi mous que le tissu cellulaire sous-cutané.

Les fibromes se développent surtout dans la peau, dans le tissu cellulaire sous-cutané et sous-muqueux, sur les aponévroses et sur le périoste. On en a observé dans le tissu cellulaire profond, dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, dans les muscles, dans la mamelle, dans l’orbite, etc. On ignore leur cause. Ils s’observent plutôt à l’âge adulte et sont rares dans la vieillesse; souvent on en rencontre chez des individus ayant toutes les apparences d’une santé parfaite; quelquefois ils sont congénitaux.

La marche des fibromes n’est pas toujours la môme. Tantôt ils peuvent, en quelquesorte, s’enkyster et demeurer stationnaires ; tantôt ils s’accroissent, envahissent leS tissus voisins et se pédiculisent. Ils peuvent aussi être mobiles ou adhérents aux parties profondes. Le plus souvent ils sont uniques ; quelqùefois ils sont très nombreux. Dans ce dernier cas, ils siègent dans le tissu cellulaire souscutané, et peuvent alors acquérir un volume considérable. D’ordinaire la peau qui les recouvre est mobile et non adhérente. Dans bon nombre de cas, elle est amincie, et lorsqu’elle est trop distendue

par des fibromes trop gros, elle peut s’enflam s ulcerer. Les fibromes eux-mêmes s enflammer, s’ulcérer, et parfois sf ^nssi Mais en général leur évolution est lente pas douloureux, sauf les cas de douleur parla compression des tissus voisins lorsÏÏ^'ï"^ trop volumineux, et ils n’ont aucun retent^J^ sur la santé générale. ^®^®’^tissement

Lorsque les fibromes sont d’un petit volume in dolents et stationnaires dans leur évolution^ ’ les abandonner à eux-mêmes. Lorsqu’ils tent de volume, il faut les enlever soit avec lphi“' touri, soit au moyen de l’écrasement linéaire snU enfin au moyen de la galvanaucaustie. ’

D’’ P AÜL LABARTHE.

FIÈVRE EN GÉNÉRAL. - Considéré dans son acception la plus générale, le mot fièvre sert à désigner un état pathologique dont les symptômes constants sont une augmentation de la combustion et de la température organiques, et dont les symptômes les plus variables sont des désordres’^ans la circulation, la nutrition et l’innervation.

, On connaît les conditions dans lesquelles se produit la fièvre, mais on ignore le mécanisme de son développement. La fièvre se produit ; 1“ dans toutes les inflammations aiguës ; — 2“ dans les fièvres éruptives ; - 3“ dans la fièvre typhoïde, le typhus; — 4® dans les intoxications paludéennes (fièvre des marais, intermittentes, etc.), la dysenterie, le choléra, etc. ; — 5“ dans les affections virulentes ou septiques (morve, charbon, syphilis, septicémie, infiltration d’urine, etc. ; — 6° sans cause appréciable (fièvre éphémère).

Les théories pathogéniques de la fièvre (qui ne sont que des hypothèses) sont au nombre de deux principales :

1“ La théorie nerveuse, d’après laquelle la cause de la fièvre agissant sur le grand sympathique déterminerait d’abord l’excitation des nerfs vaso-moteurs et par suite le resserrement des vaisseaux, ce qui produirait le frisson, puis la paralysie âe ces mêmes nerfs vaso-moteurs et par suite la dilatation des vaisseaux, une activité plus grande des combustions organiques en rapport avec f afflux considérable du sang, et, comme conséquence, l'augmentation de chaleur.

2° La théorie humorale qui suppose que l’agent fébrile agit d’une façon inconnue sur le sang pour déterminer l’accroissement des combustibles et de la chaleur.

L’état fébrile se caractérise par des symptômes que l’on peut, avec Jaccoud, grouper sous quatre chefs : A. Désordres de la calorification ; B. de la NUTRITION ; G. de la circulation ; D. de I’innerva-

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