AIN
une espèce de petit dard piquant et rétractile, situé à la partie dorsale du dernier anneau de l’abdomen de quelques insectes, (V. Abeilles.) p, l.
aiguiseurs. — (V. Émouleurs.)
AII»- — Genre de plantes de la famille des liliacées, caractérisé par des fleurs disposées en ombelle et environnées avant leur épanouissement par deux spathes membraneuses.
Plusieurs espèces sont employées, soit dans l’alimentation comme assaisonnement, soit en médecine. La plus active est l’ail cultivé,
L’Ail cultivé (alium sativum) est originaire du midi de l’Europe. Son bulbe est composé de plusieurs petits bulbes ou odieux accolés l’un à l’autre, que l’on désigne souvent, mais à tort, sous le nom de gousses d’ail.
L’ail jouissait chez les anciens d’une grande réputation ; les Égj’^ptiens l’avaient mis au nombre des dieux. Les Romains en faisaient prendre à leurs soldats pour les animer au combat; mélangé au serpolet, on le servait aux moissonneurs accablés par la chaleur du jour; aujourd’hui encore, on le donne aux coqs et aux chevaux pour les exciter au combat ou à la course.
Ses propriétés stimulantes font qu’il entre comme condiment dans nos ragoûts. Les peuples méridionaux, surtout les Espagnols, en consomment comme aUment. Mais il ne convient pas toujours aux personnes dont l’estomac est délicat, car il trouble les digestions, occasionne des renvois fétides et communique une odeur désagréable à l’urine et à la sueur. Par la cuisson, il perd son âcreté et peut alors être absorbé plus facilement.
Le bulbe de l’ail contient une huile volatile âcre, appelée sulfure d'allyle, de la fécule, de l’albumine et une matière sucrée. L’huile volatile, très abondante, douée de propriétés énergiques, prend naissance quand on râpe l’ail ou le contuse. On la recueille par la distillation avec l’eau (tOO kilos d’ail donnent 200 à 220 grammes d’huile essentielle). Cette essence, plus dense que l’eau, d’une odeur âcre,, est irritante et vésicante; elle provoque le larmoiement ; sa saveur est brûlante. A l’extérieur, en frictions, eUe amène de la rougeur et une véritable vésication ; à l’intérieur, elle produit des effets d’excitation très marqués et peut occasionner un état febrile.
L ail pilé participe à un degré moindre de toutes ces propriétés.
La cuisson, en chassant l’huile volatile, les lui fait perdre pour conserver seulement les qualités mucilagineuses. Il en est de même pour les autres aulx. On s’en sert alors comme cataplasmes émollients dans la médecine domestique.
Le peuple emploie l’ail dans des cas assez nombreux. Ainsi, on s’en sert comme irritant local et révulsif contre la gale, la teigne, les cors; comme antiseptique contre les morsures d’animaux venimeux; en décoction dans du lait, en sirop, en lavement contre les vers ascarides, lombricoïdes, oxyures, etc. Raspail prétend tuer ces vers par l’emploi suffisamment continué d’une simple gousse d ail, prise en salade ou frottée sur des croûtes de
pain, ou écrasée dans du bouillon ou dans du lait.
La pulpe de l’ail mélangée aux sinapismes augmente leur activité. L’ail cuit passe pour un émollient; on le dit de plus antiscorbutique, et les orientaux le considèrent comme un excellent antirhumatismal. Il y a environ vingt ans, on l’a beaucoup préconisé contre le choléra et la rage. Enfin, tous les médecins de l’armée et de la marine vous diront que soldats et marins le regardent comme fèbrigene, et se donnent la fièvre en s’introduisant une gousse d’ail dans le rectum, lorsqu’ils veulent entrer à l’infirmerie. En résumé, la plus sérieuse propriété de l’ail c’est d’être un rubéfiant énergique. D'' A.-L. Labarthe, père.
AILANTE. — (V. Vernis du Japon.)
AILES. — Nom donné par les anatomistes à certaines parties similaires, plus ou moins triangulaires, placées de chaque côté d’un organe impair et symétrique. Ainsi, les ailes du nez, les ailes de l’os sphénoïde, etc. (V. Nez, Sphénoïde.) P. L.
AILLOLI. — L’ailloli ou beurre de Provence, est un composé d’ail pilé et d’huile d’olive. Il se prépare en pilant dans un mortier des gousses d’ail jusqu’à ce qu’elles forment une pâte fine, puis en y mêlant goutte à goutte l’huile d’olive jusqu’à ce que le mélange ait pris la consistance du beurre frais. Certaines personnes y ajoutent du jus de citron.
En dehors de l’odeur insupportable qu’il communique à l’haleine et à la sueur, l’ailloli a encore l’inconvénient de se digérer difficilement. P. L.
AIMANT. — On donne le nom d’aimant naturel ou pierre d'aimant à un minerai de fer, l’oxyde de fer, qui a la propriété d’attirer le fer et sa limaille, ainsi qu’un certain nombre d’autres métaux, l’acier, le chrome, le cobalt et le nickel, que l’on désigne sous le nom de substances magnûiques. Si l’on roule un morceau de pierre d’aimant dans la limaille de fer, celle-ci s’attache à la surface, mais pas d’une manière égale à tous les points. C’est surtout à deux régions opposées appelées les pôles de l’aimant que s’accumule la limaille. L’action attractive de la pierre d’aimant s’exerce à travers le vide et à travers toutes les substances solides, liquides ou gazeuses qui ne sont pas elles-mêmes magnétiques.
En frottant un morceau d’acier avec une pierre d’aimant, on peut faire des aimants artificiels qui, mis en contact avec le corps sous forme de plaques ou de bagues, exercent une heureuse influence sur la migraine, les crampes, la sciatique et certaines autres névroses.
Nous n’avons pas à étudier ici l’action des aimants naturels et artificiels, non plus que les lois des phénomènes magnétiques. Nous n’avons pas non plus à faire connaître les propriétés physiologiques et thérapeutiques des aimants. Ces importantes questions seront traitées avec toute l’importance qu’elles comportent aux articles magnétisme, électrothérapie, métallothérapie. (V. ces mots.)
D' C. Sarran.
1 AINE. — Anatomie. — Nom donné à une région
importante du corps humain intermédiaire entre l’abdomen et la cuisse, circonscrite par une ligne oblique partant de la partie antérieure et supérieure
Fig. S3. — Pli de l’aine. — AHE, artère honteuse externe.— VH E, .veine honteuse externe- — O, aponévrose formant le paroi antérieur de l’entonnoir fémorali- vasculaire. — TA, artère tégumutaire abdominale. — NC, nerf crural. — AF, artère fémorale. — VF, veine fémorale. — VSI, veine saphène interne.
de Yépine de Vos iliaque ou os des hanches et gagnant la symphyse du pubis, et par une ligne demi-
Fig. 54. — Bandage spica simple de l’aine.
circulaire s’étendant de l’épine antérieure et supérieure de l’os iliaque au pubis, en passant à la hauteur du petit trochanter, une des trois éminences
de l’extrémité supérieure de l’os de la cuisse ou * fémur.
Le pli de Z’aine est dirigé obliquement de haut en bas et s’étend depuis l’épine antérieure et postérieure de l’os des hanches au dehors, jusqu’à l’épine antérieure et supérieure du pubis en dedans. 11 décrit un trajet convexe en bas, plus long chez la femme que chez l’homme à cause de l’évasement plus considérable du bassin chez elle, et se continue en bas et en dedans avec le sillon qui sépare la cuisse des bourses ou scrotum chez l’homme et la cuisse de la grande lèvre correspondante chez la femme.
La profondeur du pli de l’aine est variable. Peu accusée dans l’extension, elle augmente par la flexion de la cuisse sur le tronc et par la distension de l’abdomen pendant la grossesse, ou chez les hydropiques.
Le pli de l’aine divise la région de l’aine en deux parties : la partie supérieure, appelée région de l'aine proprement dite ou inguinn-abdominale, qui renferme le canal inguinal, et la partie inférieure ou région inguino-crurale qui renferme le canal crural. (V. ces mots.)
Pathologie. — La région de l’aine peut être le siège d’un certain nombre de maladies qui sont presque '
Fig. 55. — Bandage spica double de Taine.
toutes du ressort de la chirurgie : adénites, anèorismes, bubons, hernies, phlegmons. (V. .ces mots.)
Bandage de l’aine. — On peut appliquer à l’aine divers bandages, parmi lesquels nous signalerons le spiça simple et double, et le bandage en T.
Le spica simple de l’aine est un bandage en huit de chiffre, dont une anse, la plus grande, embrasse le bassin, et dont l’autre entoure la cuisse. Pour l’appliquer, on fait avec une bande longue d’environ 8 mètres et large de 4 à 5 centimètres, deux circulaires autour du bassin ; puis, arrivé sur la crête de l’os des hanches du côté malade, on fait passer la bande sur l’aine et onia dirige vers la partie interne de la cuisse que Ton croise horizontalement en passant sur la partie postérieure ; puis on croise obliquement son côté externe, on fait passer la bande sur l’aine, au-devant de la circonvolution décrite déjà, on la dirige vers- l’épine iliaque du côté sain, et on la ramène par derrière à l’épine
AIR
AIR
iliaque du côté malade. On répète cette manœuvre autant de fois que la longueur de la bande le permet et on termine le bandage par une ou deux circonvolutions autour du bassin.
Le spica double ou croisé de l'aine nécessite une bande d’au moins 12 mètres. Pour l’appliquer, il faut : 1° faire deux circonvolutions autour de la taille, et lorsqu’on est arrivé à l'épine d’un des deux os iliaques , la droite par exemple, passer successisur les faces antérieure, interne, postérieure et externe de la cuisse droite et revenir croiser la première circonvolution comme dans le spica simple ; puis décrire un tour horizontal autour de la taille jusqu’à l’épine iliaque gauche ; 2” porter la bande en bas successivement sur les côtés externe, postérieur et interne de la cuisse gauche ; croiser le premier jet oblique sur le pli de l’aine gauche ; porter la bande sur la crête de l’os iliaque gauche, puis horizontalement et par derrière sur l’épine iliaque droite, et enfin recommencer les tours de bande autour des cuisses. Deux circonvolutions autour de la taille terminent ce bandage.
Enfin le bandage en T de l’aine est un bandage triangulaire très simple qu’on emploie surtout pour maintenir un pansement sur l’aine.
Fig. 56. — Bandage
D' Paül Labarthe.
AIR. — Physique. — L’air, mélange gazeux, est un des facteurs de la vie des êtres organisés. Il forme autour de la terre une enveloppe qui se nomme atmosphère et qui participe au mouvement diurne de la terre. Il est sans odeur, insipide, invisible sous un petit volume, azuré vu sous de grandes masses ; il est pesant, compressible et élastique.
Comme l’air est sans cesse agité, sa présence nous est sans cesse révélée. Malgré cela, il fut nié par les anciens qui l’envisageaient comme un des éléments de la nature, comme un être immatériel semblable à 1 âme humaine, ainsi qu’il résulte de la définition de 1 âme par Anaxagore : « L’âme, disait-il, est quelque chose d’aérien » et ailleurs : « l’air est la divinité même. » Cette erreur, qui s’est maintenue jusqu au XVIL siècle, a été irrévocablement détruite, d abord par Galilée qui, en 1633, détermina expérimentalement la pesanteur de l’air, et plus tard, en 1646, par Pascal.
La machine pneumatique n’était pas encore inventée, et c’est en comprimant l’air dans un vase que Galilée démontra la différence de poids avant et apres 1 opération. D’où il conclut quq l’air supplémentaire introduit étant pesant, celui que le vase contenait d’abord devait l’être aussi.
Plus tard, un duc de Florence, pour satisfaire à une fantaisie de grand seigneur, fantaisie que peut se passer aujourd’hui le plus modeste habitant des Villes, voulut faire monter l’eau aux étages supérieurs de son palais. Des tuyaux furent disposés Dictionnaire populaire de médecine usuelle.
dans ce but, mais la surprise fut grande : les pompes ne purent élever l’eau au-dessus d’une hauteur de 32 pieds. Galilée interrogé à l’improviste, ne trouva qu’une réponse insuffisante : « L’eau est pesante, dit-il, et son poids s’oppose à ce qu’elle s’élève. » Cette explication n’était point de nature à faire oublier complètement le « natura abhorret a vacuo » d’Aristote; tout au plus, voulut-on bien admettre que la nature n’avait horreur du vide que jusqu’à 32 pieds.
Cependant, l’explication de Galilée, quoique incomplète, mit Toricelli sur la voie d’une glorieuse vérité. « Le poids de l’eau, dit-il, est, à 32 pieds, équilibré par la pression atmosphérique. » Les expériences furent reprises avec le mercure qui, étant 13 fois 1/2 plus lourd que l’eau, ne s’éleva qu’à une hauteur 13 fois 1/2 plus petite que 32 pieds, c’est-à-dire à 28 polices, soit 0“,76 centimètres.
Le baromètre était inventé.
A l’aide de ce précieux instrument, on pouvait, dès lors, évaluer la pression atmosphérique en kilogrammes et reconnaître que, sur une surface d’un centimètre carré, cette pression à 0“ est égale au poids d’une colonne de mercure ayant pour base un centimètre carré, et pour hauteur 0'”,76 centim., c’est-à-dire 1 kil. 033 grammes.
Depuis l’invention de la machine pneumatique par Otto de Guéricke, vers l’an 1650, il est devenu facile de déterminer le poids de l’air, en faisant le vide dans un ballon d’une capacité d’un litre. On trouve ainsi par la différence des poids avant et après l’opération, que le poids d’un litre d’air égale 1®’’,2993.
La surface moyenne du corps humain supporte un poids d’air évalué à 17,000 kilogr. Nous serions écrasés par ce poids énorme, si l’air, en pénétrant librement dans toutes les cavités, ne faisait équilibre à cette pression superficielle.
Les expériences si connues des hémisphères de Magdebourg et de la vessie, démontrent à la fois l’énorme pression atmosphérique et la valeur des réactions.
D’après Marchand, le poids total de l’atmosphère égale 5,263,623,000,000,000,000, poids qui, d’après Dumas, pourrait faire équilibre à 580,000 cubes de cuivre ayant un kilomètre de côté.
La hauteur de l’atmosphère a pu être évaluée à 80 kilomètres, à l’aide des interprétations barométriques, du décroissement de densité et des phénomènes crépusculaires.
Chimie. — Vers la moitié du XVID siècle, on soupçonna que l’air était un composé ; mais c’est à Lavoisier que revient l’honneur d’en avoir déterminé la véritable nature. En 1788, cet illustre chimiste prouva par une expérience très simple, que l’air était un composé d’oxygène (O) et d’azote (Az) ; cette composition de l’air ne fut connue d’une manière exacte qu’au commencement de notre siècle, par les recherches de Bertholet, de Gay-Lussac, et plus tard, par les travaux des savants Dumas et Boussingault.
L’air est formé de :
O Oxygène. . 20,93 en volume. 23,13 en poids.
Az Azote. ... 79,07 — 76,87
Il contient de plus de la vapeur d’eau en quantité
AIR
AIR
minimum et un peu d’acide carbonique dans la proportion de 4 à 6 dix-millièmes . *
En outre de ces divers éléments, l’air contient encore une minime quantité -d’ammoniaque provenant sans doute de la décomposition incessante des matières organiques. La présence de cette ammoniaque a été reconnue par Grœgori et plus tard par Frésénius; elle n'atteint pas un millionième du poids de l’air employé.
On trouve encore dans l’air" des traces d’iode^ découvert par Chatin et prorenant des mers et des végétaux marins des carbures d’hydrogène ; des myriades de corpuscules;, des germes; des moisissures; des ferments découverts par M. Pasteur; des poussières de cristaux.
L’oxygène de l’air sous certaines influences électriques, se transforme en ozone. (V. ce mot.)
L’air est doué d’une force élastique très grande ; il est soumis à des variations de pression, appréciables par le baromètre et, co'incidant, d’une facoh générale, avec des mouvements atmosphériques dont l’observation permet, jusqu’à un certain point, de prédire le beau temps,, la pluie, le vent et la tempête.
Les qualités hygrométriques de l’air dépendent de causes variées, dont une des principales fut signalée en 1825,. par les expériences de BoussingauU, relatives au déboisement qui rend les pluies plus torrentielles. On mesure communément l’état hygromér trique de l’air, à l’aide d’un instrument de physique appelé hygromètre. (V. ce mot.)
La température de l’air est variable avec les hau- j teurs. Dans les couches inférieures de l’atmosphère, elle dépend du rayonnement terrestre et du rayonnement céleste, et aussi du rayonnement solaire direct. La nature des sols élève ou abaisse la température de l’air. 11 en résulte qu’à latitude égale, toutes les autres conditions étant identiques, la température moyenne peut varier avec la composition du sol, pour des lieux même très rapprochés..
La température s’accroît avec la hauteur jusqu’à 21 mètres. Pendant la nuit, la tranche superficielle du sol se refroidit moins que la couche d’air eu con- ■ tact avec elle, et l’émission de chaleur de cette tranche superficielle réchauffe les corps placés au-dessus d’elle, à une faible hauteur.
L’air est indispensable à la vie de l’homme, et des animaux qui s’en rapprochent, c’est le véritable paôiilum vitæ.
Si l’on place une bougie sous la cloche d’une machine pneumatique, on voit la lumière décroître à mesure que la raréfaction s’opère et quand le vide est complet, s’éteindre, mourir comme on dit dans un langage non moins scientifique qu’imagé.
Si, de même, l’oxygène de l’air qui, après chaque inspiration, se fixe aux globules du sang et va dans l’intimité des tissus opérer les phénomènes chimiques de combustion, de décomposition et de dédoublement, se trouve par une cause quelconque, atténué, l’animal passe par tous les degrés de l’asphyxie et meurt. (V. Respiration.)
Il est donc extrêmement important de garantir la pureté de l’air dans lequel on vit. Comme il n’est pas toujours facile de se rendre compte de prime abord, des qualités de cet air, il est utile d’établir
dans les lieux habités, une ventilation constante', par les procédés en usage. (V. Ventilation.)
L’air est libre ou confiné ; comprimé ou raréfié.
Ces deux dernières qualités ont été étudiées dans l’article aérothérapie, auquel nous renvoyons le lecteur.
L’air libre est le plus propre à la respiration des animaux; comme 41 peut accidenteUenient être vicié par les germes, les ferments, les miasmes, il est indispensable pour l’entretien de la société qu’il soit de temps en temps purifié.
Les orages exercent sur la purification de l’air une. influence utile, en électrisant l’oxygène et en produisant cet ozone dont nous avons parlé plus haut.
Il est actuellement démontré par les expériences faites à Strasbourg (1854-55), par M. Bôekel, que le développement du choléra co'in eide toujours avec une réduction ou une absence d’ozone dans l’atmosphère. Le D*" Cook, de Bombay, a également démontré, par des expériences nombreuses et patientes, que dans l’Inde, le choléra, la dyssenterie, les fièvres intermittentes sévissent en raison inverse de la quantité d’ozone dans, l’air.
Par opposition à Vair libre, on donne le nom à’ air confiné, à l’air vicié par la respiration et par les exhalations d’individus accumulés dans des em ceintes closes. (V. Encombrement.)
A. chaque inspiration, dix-huit fois par minute, l’homme adulte enlève à l’air de 4à 6 p. 100 de sou oxygène et rend dans le même temps, à la place, 3- à 5i p. 100 d’acide carbonique, en sorte que dans ; une heure, il expire 21 litres environ d’acide carbonique à 0”, représentant H8%3 de carbone.
D’autre part, les muqueuses exhalent de 500 à 470 grammes de vapeur d’eau chargée de débris organiques très altérables.
L’air est encore vicié par la transpiration cutanée et par les geiz de la digestion.
Il l’est par l’éclairage et par la combustion.
Dans une heure, l’éclairage :
A Phuile produit. ....... 13 litres d’acide carbonique.
Au gaz d’huile distillée ... 42 — —
Au gaz de houille ...... 128 — —
La combustion d’un kilo de combustible pendant une heure, exige d’air froid :
Pour le bois sec. . . . . .• 6,75 mètres cubes..
le bois ordinaire . . 5,40 —
le charbon . 16,04 —
la tourbe . 9,05, —
la houille . 18,10 —
le coke . 15, » —
On remédie mieux à ces inconvénients parla vem tilation parfaite, que par le rationnement individuel d’espace.
Ainsi altérée depuis que l’homme existe, la totalité de l’atmosphère aurait été transformée, si les causes décomposantes n’avaient été incessamment équilibrées par les forces recomposantes. C’est à cette fixité de la composition de l’atmosphère que nous devons de vivre.
Les causes recomposantes sont nombreuses, si elles ne sont pas impérissables :
1° La vapeur d’eau atmosphérique se condensé;
AIR
Aïs
lorsque la pression s’abaisse. Son propre poids la fait tomber en pluie sur la terre. Dans son trajet, elle dissout les principes solubles, l’acide carbonique, par exemple, et, comme un filtre, elle entraîne les particules mécaniques.
2" La minéralisation incessante de l’acide carbonique par les madrejores. La formation des coraux, à elle seule, absorbe des quantités considérables d’acide carbonique. Pour n’en citer qu’un exemple, le détroit de Torrès qui a 15G lieues de longueur, est sur le point d’être oblitéré par les masses de coraux qui y pullulent.
3° D’autre part, les végétaux respirent aussi, et cette fonction envisagée au point de vue de la vie animale, est une des plus importantes de la nature. Sous l’influence de la lumière scdaire, les parties vertes des plantes absorbent l’acide carbonique de l’air ; de plus elles lui restituent l’oxygène. Ce phénomène, il est vrai, se produit d’une manière inverse dans l’ombre ou l’obscurité, mais dans de moins grandes proportions.
Le rôle des plantes est également important à un autre point de vue: Elles emploient, en effet, l’hydrogène de l’eau et restituent à l’atmosphère l’oxygène élémentaire de ce liquide.
Les végétaux sont donc d’une utilité vitale aux animaux qui, sans ce travail de reconstitution, finiraient par mourir d’avoir vécu.
Réciproquement, les végétaux ne pourraient vivre sans les animaux, car ils seraient inaptes à fabriquer les principes immédiats de leur être, bois, cellulose, fécule, chair des fruits, essence, etc., etc.
Ainsi s’opère - une suite mystérieuse d’analyses et de synthèses, qui assurent l’intégrité constante de l’atmosphère et qui fait partie du cortège des transformations incessantes, à propos desquelles Lavoi- , sier a pu dire : « Rien ne se perd, rien ne se crée dans la nature, « et, Paul Bert : « l’oxygène est un infatigable ennemi de sa liberté. »
D’' £d. Daupiæy.
AIRELLE. — L'airelle, connu aussi snus les noms de myrtille, raisin des bois, brindille, etc., est une
-Fig. S7,. — Rameau d’airelle. F%. .58. — Fruit d’airelle.
petite plante de la famille des éfieacées, qui pousse ■communément en France dans les endroits secs et
montueux. Ses feuilles ont une grande ressemblance avec celles du myrte, ses fleurs sont blanches et son fruit appelé .communément mauret, est une baie noir violacé de la grosseur d’un pois, d’une saveur aigrelette assez agréable. Beaucoup d’enfants mangent le fruit en guise de groseilles. En Sibérie, nous dit Gmolin, on en retire un alcool assez concentré, ce qui permet de penser qu’on pourrait peut-être faire avec ce fruit une espèce de vin. Toujours est-il que beaucoup de marchands .se servent de la matière colorante violette qu’il fournit pour colorer les vins.
En médecine on a préconisé le fruit de l’airelle contre la diarrhée, la dysenterie, les crachements de sang, le scorbut. Le D"^ Reis a constaté leur efficacité co-ntre la diarrhée. D' A. L. labarthe, père.
AISSELLE. — - Anatomie. — On donne le nom ^aisselle^ creux de Vaisselle, région axillaire, à l’enfoncement qui se trouve situé chez l’homme audessous de la jonction du bras avec l’épaule. Il est limité en avant par une saillie formée par une portion des muscles grand et petit pectoral, et en arrière par une autre saillie formée par les muscles
Fig. — Région de l’aisseJle. — i, muscle grand pectoral soulevé par une érigne. — % muscle petit pectoral. — 3, muscles grand dorsal et grand rond. — 4, muscle biceps. — 5, muscle triceps. — 6, aponévrose brachiale. — a. artère axillaire. — b, muscle coraco-brachial. — e, nerf musculo-cntané. — d, nerf médiau. — e, brachial cutané interne. — f., nerf cubital. — g, veine axillaire. — î, artères et veines scapulaires inférieures. — k, artère axillaire à sa terminaison enhumérale.
grand dorsal et grand rond. Ces deux saiUies se sentent assez facilement au-dessous de la peau.
La région de l’aisselle, destinée à s’accommoder aux nombreux mouvements du bras sur le tronc, est très extensible. Le creux de Faisselle varie de profondeur selon la position que prend le bras et la tension des muscles. Lorsque les muscles du bras sont relâchés et que celui-ci est rapproché du tronc,
Aïs