POIDS MOYEN
de
l’enfant.
augmentation
de
poids par jour.
augmentation
de
poids par mois,
Grammes.
Grammes.
Grammes.'
Naissance. . .
l" mois. . .
C’est ainsi que la balance devient le meilleur criterium de la manière dont un enfant est allaité. Le pèse-bébés imaginé par le D' Bouchut et modifié par M. Galante est destiné à la même vérification.
La figure 64 montre la disposition générale de cet appareil au moment où il fonctionne.
Combien de temps doit durer l'allaitement? — Faut-il, pendant l'allaitement, donner à l'enfant . d'autres aliments que le lait, et à quelle époque peut-on. commencer? — Ces trois importantes ques- | tiens seront traitées avec tous les développements , qu’eUe coinporte aux mots Enfance, Nouveau-né, ! Régime et Sevrage. (V. ces mots.)
%° Allaitement étranger par une nourrice. (V. Nourrice.)
3° Allaitement artificiel par le lait d’un animal Sans parler de la louve — excellente louve ! — qui allaita Romulus et dont l’espèce semble malheureusement perdue ; abstraction faite des juments, chamelles, brebis et chiennes, voire même des truies, dont le lait sert dans différents pays à pratiquer l’allaitement artificiel, nous ne nous occuperons ici que de l’ânesse, de la chèvre et de la vache, les trois animaux qui sont communément employés chez nous pour cet usage.
Tout d’abord, et sans étudier ici en détail le lait de chacun (V. Lait], disons que le lait pris directement par l’enfant au pis de ces animaux aurait l’avantage d’être toujours pur, vivant et à une température constante, d’autant que la conformation du pis est chez eux assez bien appropriée à la bouche du nourris^ son. Mais, d’un autre côté, nous verrons tout à l’heure que tous ces laits ont besoin d’être coupés avant d’être donnés à l’enfant. Or, ces coupages deviennent impossibles si on fait boire l’enfant au pis. De plus, ânesse, chèvre et vache n’ont pas toujours le caractère très commode. Enfin, il est difficile de placer les enfants qui les tetteraient dans une position convenable et commode. Sans compter que je ne vois pas très bien, dans les villes surtout, une ânesse, une chèvre, encore moins une vache logées au cinquième, ou même au premier étage d’une maison.
Allaitement par le lait d’anesse. — Le lait d’ânesse est celui qui, chimiquement, se rapproche le
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plus de celui de la femme. C’est surtout en Hollande qu’il sert à allaiter les enfants, et on trouve dans ce pays plusieurs ânesseries (si on ^eut se permettre ce néologisme) renfermant chacune 30, 40, et jusqu’à 80 animaux destinés à fournir du lait aux enfants. Rejeté chez nous par Delpech et Jules Guérin, il a été remis en faveur par Parrot et Tarnier. Ce dernier pense que pendant les six premières semaines ou les deux premiers mois, il est très supérieur au lait de chèvre et de vache, mais après ce temps, il le trouve insuffisant parce qu’il est trop léger, et il lui substitue le lait de vache coupé.
Inutile d’ajouter que le lait d’ânesse ne pourra jamais servir à allaiter les enfants pauvres, à cause de son prix très élevé. A Paris, on le vend 6 francs le litre au public, et les administrations, qui en prennent de grandes quantités, régulièrement , lé payent encore 4 francs le litre.
Régime alimentaire de Vânesse. — Le régime qu’on doit faire suivre à l’ânesse a son importance, car il exerce une influencé réelle sur la quantité et la qualité de son lait. Comment donc faut-il la nourrir? Le professeur Parrot préconise le fourrage sec, parce qu’il a vu plusieurs enfants tomber presque subitement malades après avoir bu du lait d’ânesses laitières auxquelles on avait substitué le fourrage vert au fourrage sec. Tarnier partage cette manière devoir.
Allaitement par le lait de chèvre. — Chimiquement, le lait de chèvre ressemble moins au lait de femme que le lait d’ânesse. Il est fort, et la caséine' qu’il renferme se dépose en flocons volumineux qui forment dans l’estomac de l’enfant une masse difficile à digérer. Parrot et Tarnier n’en sont nullement partisans : « A la Maternité, où je l’ai essayé, disait ce dernier en septembre 1882 à l’Académie de médecine, tantôt j’ai mis les enfants au pis de l’animal, tantôt j’ai donné ce lait au verre, soit pur, soit coupé de différentes façons. J’ai toujours échoué. Les digestions étaient mauvaises, puantes. De tout enfant nourri de lait de chèvre s’exhalait une odeur forte, et l’on pouvait dire de lui : Eireum olet, il sent -le bouc. Cela est si vrai et si bien connu, que les partisans de l’allaitement au lait de chèvre recommandent les chèvres blanches et sans cornes, qui répandraient, dit-on, une odeur moins forte que: les autres. » Le lait de chèvre a de plus un inconvénient qui, à défaut des autres, l’empêcherait de servir de base à l’allaitement artificiel : il manque pendant quatre mois de l’année environ. Son principal avantage, c’est qu’il se vend relativement bon marché.
^LAiTEMENT AU LAIT DE VACHE. — Comme. Celui de chevre, le lait de vache s’éloigne sensiblement du lait femme par sa composition chimique. C’est un lait fort, plus concentré que celui de femme, dont a caséine se dépose aussi en flocons volumineux ans 1 estomac, ce qui le rend d’une digestion diffi- <^le. Cest cependant celui qui est lé plus généralement employé chez nous. La première cause en est 'ndemment dans son bon marché et dans la facilité vec laquelle on le trouve en abondance. Voyons onc quelles sont les précautions à prendre pour le onner dans les meilleures conditions possibles pour on bon aUaitement.
Régime alimentaire de la vache laitière. — Et
d’abord, il. est important de savoir que l’alimentation de la vache a une très grande influence sur son lait. Comment faut-il donc la nourrir? En 1881, au congrès de Salzbourg, un médecin distingué de Neuchâtel, le Dr Albrecht, répondant à cette question, a dit que tous les fourrages verts, la drêche, les tourteaux, les pulpes de betterave devaient être proscrits. A son avis, la meilleure nourriture d’une vache laitière doit être pour vingt-quatre heures : un barbotage fait avec de l’eau et
Paille hachée . 5 kilos.
Farine d’orge . 2 kilos 500 grammes.
Farine d’avoine. ... 1 kilo 500 grammes.
Il ajoute à ce barbotage 10 kilogrammes d’un mélange de paille et de foin ou de regain.
A la ferme modèle de Lancy, près de Genève, qu’ont pu visiter les membres du congrès de Genève en 1882, on donne par vingt-quatre heures à chaque vache laitière une nourriture ainsi composée :
Foin. . 8 kilos.
Regain . . . 5 kilos.
Farine d’orge. .... 2 kilos 500 grammes.
Farine de maïs .... l' kilo 250 grammes.
Sel .... . 5 grammes.
De plus, on lui administre deux fois par semaine du sel de Glauber pour entretenir les intestins libres.
Hygiène et régime de l’enfant dans l’allaitement ARTIFICIEL. — Faut-il allaiter avec du lait cru ou bouilli ? — Un certain nombre de médecins donnent encore le lait cru. Le plus grand nombre trouve préférable de le faire bouillir avant de le donner à l’enfant. A la vacherie modèle de Lancy, dont nous venons de parler, on porte et on maintient le lait pendant une heure, dans un vase clos, à la température de 110% et ce lait se conserve facilement, sa caséine se précipite en flocons très petits, et les enfants le digèrent avec beaucoup plus de facilité que le lait cru.
Faut-il allaiter avec du lait pur ou coupé? — Parrot est un des rares médecins qui préfèrent donner le lait pur dès les premiers mois de l’aUaitement. Presque tous sont d’avis que le lait de vache doit être pris de préférence coupé.
Avec quoi faut-il couper le lait, et dans quelles proportions? — On a proposé de couper le lait de bien des façons. Trousseau et Depaul sont d’avis de le couper avec de l’eau panée, des décoctions d’orge ou de gruau ; Lorain conseille les décoctions d’orge, de gruau ou d’avoine; Désormeaux tient pour de bouillon de poulet ; Jules Simon préfère le gruau ; Cazaux et Tarnier sont tout simplement pour l’eau. Quel que soit le liquide employé pour le coupage, il faut toujours y ajouter du sucre dans les proportions de 30 à 40 grammes pour 1,000. Quant aux proportions du coupage, eUes doivent varier avec l’âge de l’enfant. D’après Cazaux, pendant la première semaine, le lait de vache ordinaire doit être coupé avec les trois quarts d’eau ; pendant les premiers mois avec la moitié ; puis, à moins que les déjections ne soient difficiles, avec un quart seulement jusqu’au
sixième mois, époque à laquelle on peut le donner pur.
Quelle quantité de lait faut-il donner par repas et à quelle température ? Combienfaut-il faire prendre de repas en vingt-quatre heures. — Le nombre des repas que doit faire dans les vingt-quatre heures l’enfant allaité artificiellement, est exactement le même que celui des tetées dans l’allaitement maternel. La quantité de lait que boira l’enfant à chaque repas est aussi la même si on lui donne du lait coupé. Cette quantité sera moindre si on lui donne du lait ])ur. Voici les chiffres proposés par Parrot : 30 grammes à chaque repas pendant le premier mois; 60 grammes pendant les quatre mois suivants et 100 grammes à partir du sixième mois. Mais qu’on donne du lait pur ou coupé nous conseillons de le faire prendre à la température qui’ se rapproche le plus de celle du lait de femme, c’est-à-dire à 37“ environ.
A l’aide de quels appareils fait-on boire le lait aux enfants? La cuiller, la timbale ou le verre et le biberon ou petit pot, sont les appareils usités d’ordinaire. Les deux premiers ont le grand avantage de pouvoir se nettoyer facilement. Tarnier leur donne la préférence et dans son service de la Maternité, il fait donner le lait à la cuiller et à la timbale à tous les enfants qui ne sont pas nourris au sein, et ceuxci s’y accoutument très vite et fort bien. Mais en général on se sert plutôt du biberon. (V. ce mot).
4° Allaitement mixte. — L’allaitement mixte est cekii dans lequel on emploie simultanément l’allaitement naturel et l’allaitement artificiel. 11 doit être exclusif à la mère qui allaite son enfant et dont le lait, d’ailleurs de bonne qualité, n’est pas sécrété en quantité suffisante. Dans ce cas, la mère donnera le sein pendant le jour et réservera le lait de vache pour la nuit, ce qui lui permettra de se livrer plus longtemps au sommeil et de diminuer par suite les fatigues de l’allaitement.
Quelle est la valeur relative des différents modes d’allaitement? — Nous résumerons ce long article en classant, selon leur valeur, les différents modes d'allaitement, dans l’ordre suivant : 1“ L’allaitement maternel; 2“ I’allaitement par une nourrice SUR lieux; 3“ I’allaitement mixte; 4“ I’allaitement artificiel et 5“ Fallaitement par une nourrice a la CAMPAGNE. (V. Accouchement, Biberon, Délivrance, Dentition, Enfance, Lait, Mortalité, Nourrice, Nouveau-né, Régime, Sevrage.)
D' A.-L. Labarthe, père.
allantoïde. — Nom donné à un annexe du fœtus, en forme de boyau ou sac membraneux, destiné à la formation de la vessie urinaire, du cordon ombilical et du placenta, qui disparaît avant la fin du second mois de la vie embryonnaire (V. Embryon). P.
ALLEVARDj (eaux ihnébaies d’). — Allevard est une petite ville de 3000 habitants, située à 40 kilomètres de Grenoble, dont les eaux minérales connues et employées depuis une cinquantaine d’années, sont sulfurées, calciques et contiennent des traces d’iode. Elles proviennent d’une seule source qui donne 4000 hectolitres par vingt-quatre heures.
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L’eaü d’ Allevard a une odeur plus forte et un go(^| moins prononcé que l’eau d’Enghien ; elle est fraîche hépatique, un peu astringente et salée ; les malades s’y habituent Wlement. Elle excite la vitalité, ; circulation et les. actes nutritifs, spécialement les fonctions de la muqueuse et de la peau. Elle occa- ' sienne même quelquefois la fièv7’e thermale et ij poussée. I
• L’eau d’Allevard se prend en boisson, en bains en douches et en inhalations dans un établissement thermal très bien distribué et aménagé à cet effet.
Les applications thérapeutiques de l’eau d’Allevard sont celles des eaux sulfureuses en général : maladies de la peau et de l’appareil respiratoire. Le D” Niepce déclare avoir obtenu les plus grands succès dans le traitement de la phtisie, et n’avoir jamais vu survenir d’hémoptysies après l’usage de ces eaux comme à Eaux-Bonnes. Le D" Laure de son côté affirme, d’après sa longue expérience personnelle, que « l’eau d’Allevard bien administrée- peut enrayer la marche de la phtisie, aider à l’expulsion du tubercule et soulager encore dans la période hectique. » L’eau d’Allevard est encore conseillée en boissons et en inhalations contre les affections du larynx, les aphonies, les angines, les catarrhes bronchiques, les pleurésies chroniques, l’asthme, et en bains et en douches contre les rhumatismes, la leucorrhée, etc.
Les eaux d’Allevard se conservent très bien et ; peuvent se boire transportées. Paul Labarthe.
ALLIAIRE. — Plante annuelle de la famille des crucifères, à feuilles en forme de cœur, à fleurs blanches disposées en grappes terminales, à fruit allongé et grêle, qui croît en France da,ns les bois, dans les taillis et le long des chemins sombres et ombragés. Ses feuilles dégagent, lorqu’on les frotte une vive odeur d’ail, c’est ce qui lui a fait donner son nom.
Le vulgaire l’appelle encore Herbe -aux- aulx ou Piedd’âne.
L’alliaire était employée autrefois aux mêmes usages que l’ail. En médecine on utilise ses feuilles, ses fleurs et ses graines, mais lorsqu’elles sont fraîches, car la dessiccation leur fait perdre leurs propriétés.
L’aliia,ire est considérée comme diurétiqu%. veP mifuge à la dose de 30 à 60 grammes de feuilleS ®® j infusion. Virey lui avait trouvé des propriétés expeC' [ torantes et l’avait conseillée contre la phtisie pulnW' naire. On a utilisé le suc de la plante pour le pansS' ment des plaies de mauvaise nature. A la campag®®’ les paysans se servent assez souvent de sa graio^> réduite en farine comme celle de la moutarde, faire des sinapismes. . D' Paul labarthe-
ALLOPATHIE. — Nom dont Hahnemann et les hO' mœopathes de sa suite ont jugé à propos d’affuil®^
Fig. 65. - Allialre.
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toutes les doctrines médicales autres que la leur. Comme l’homéopathie traite par /es semôtaôZgj, c’està-dire par des médicaments qu’on suppose devoir provoquer une maladie analogue à celle qu’on veut guérir, l’allopathie serait la doctrine de ceux qui traitent par les contraires. La médecine scientifique aussi bien que l’ensemble des doctrines médicales ne répondent nullement à une définition aussi incomplète et en réalité aussi saugrenue. 11 faut en laisser la responsabilité aux homéopathes et leur abandonner l’usage exclusif d’une expression qui n’a de sens précis que pour eux seuls. (V. Homéopathie.) A. Regnard.
ALLUMETTES CHIMIQUES (fabricants D-). — Hygiène professionnelle. — La fabrication des allumettes chimiques, dont le monopole appartient à l’État depuis la loi du 2 août 1872, est une des industries les plus insalubres. Sans parler des dangers d’explosion et d’incendie auxquels elle expose, et des émanations délétères qui se dégagent des usines, elle détermine chez les ouvriers qui y sont, employés une série d’accidents et de maladies terribles. Aussi les fabriques d’allumettes ont elles été justement rangées dans la première classe des établissements insalubres, incommodes et dangereux.
La fabrication des allumettes comprend une série d’opérations successives qui sont : 1“ la coupe du bois et la fente des baguettes ou tiges d’allumettes;. 2° la confection des boîtes ; 3’ la mise en presse et en châssis des tiges d’allumettes ; 4“ la préparation des pâtes ou mastics inflammables ; 5“ le trempage des allumettes dans ces pâtes ou mastics ; 6“ le dépôt dans l’étuve ou le séchoir; 7“ le démontage des presses ; 8° la mise en paquets ou en boîtes.
Parmi ces opérations diverses, les trois premières n’exposent à aucune cause diverse d’insalubrité les ouvriers qui les exécutent. Disons toutefois que la mise en presse et en châssis des tiges est accompagné d’un dégagement de poussière de bois très fine, dont l’absorption finit par produire l’irritation des bronches.
Par contre, les cinq dernières ont toutes l’inconvénient' capital d’exposer ceux qui y sont employés à des, émanations phosphorées. Ces émanations déterminent,, à la longue, une intoxication qui se manifeste par des lésions très graves, ainsi que nous lè verrons tout à l’heure.
La préparation des pâtes ou mastics inflammables et le trempage sont de plus la source d’accidents terribles. L’emploi des enfants est interdit par la loi dans les locaux où se font ces deux opérations.
Quelle que soit la pâte employée, elle contient toujours une assez forte proportion de phosphore Diane, ainsi que cela résulte de l’examen des formules usitées par la Compagnie générale des allumettes, dont nous donnons ici les trois principales :