‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 27 sur 206 · ALLUMETTES RONDES · texte numérisé non relu

ALLUMETTES RONDES

Gomme . II kilos.

Phosphore blanc . 3 k. 500

Minium . 26 kilos.

Acide azotique . 15 kilos.

Eau . 12 kilos.

3° ALLUMETTES PARAFFINÉES

Gomme . 1 k. 900

Phosphore blanc . . 1 k. 300

Azotate de potasse . 1 k. 600

Chlorate de potasse .... 0 k. 550

Blanc- de zinc . 0 k. 650

Eau . 2 k. 400

Le broiement et le mélange nécessaires à la prépation des mastics, d’après les deux premières formules, qui doivent être employés à chaud, donnent lieu à des vapeurs phosphorées très abondantes, mais n’exposent pas aux déflagrations. Dans la préparation de la pâte d’après la troisième formule, qui doit être employée à froid, le dégagement des vapeurs phosphorées est moindre, mais, en revanche, les explosions se produisent beaucoup plus facilement. Dans tous les cas, les brûlures occasionnées par le phosphore qui fond en brûlant, sont assez graves parce que le phosphore laisse dan’s la plaie de l’acide phosphorique qui est très corrosif.

Quant aux vapeurs de phosphore, elles sont réellement absorbées par les ouvriers : la preuve en est dans ce fait que, lorsque ceux qui ont passé la journée dans ces vapeurs se trouvent le soir dans l’obscurité, les gaz qu’ils rendent par des éructations deviennent lumineux, de telle sorte que ces malheureux paraissent rendre des flammes par la bouche.

Les effets de ces vapeurs phosphorées se font sentir sur toute l’économie. La peau prend une coloration jaune-pâle; les ouvriers éprouvent des maux de tête, des engourdissements des membres, un affaissement de leurs facultés cérébrales. Leur gorge et leurs bronches s’irritent ; la toux survient, puis l’asthme et la bronchorrhée. Ils ont des maux d’estomac, de la dyspepsie, des coliques et s’amaigrissent progressivement. Les femmes employées dans les fabriques^ d’allumettes semblent prédisposées à l’avortement. Mais la maladie caractéristique, vraiment professionnelle, c’est celle que les ouvriers appellent le mal chimique et que nous autres médecins nous désignons sous le nom de nécrose phosphorée des deux os maxillaires. (V. Maxillaire, Nécrose, Phosphore). Toutefois, d’après le D" Magitot, cette terrible affection ne se produirait que chez les ouvriers déjà atteints d’une certaine variété de carie dentaire, la carie pénétrante. Pour notre savant ami, cette carie serait selon ses propres expressions « la porte d’entrée invariable et exclusive » de la nécrose phosphorée.

Existe-t-il pour les ouvriers employés à la fabrication des allumettes un moyen de se préserver des accidents produits par les vapeurs phosphorées? Oui. Depuis quelques années on s’est assuré que l’essence de térébenthine jouissait de la propriété de neutraliser le phosphore.

En Angleterre, nous dit M. Ch. de Freycinet, dans

les fabriques d’allumettes, on place dans toutes les salles où se dégagent les vapeurs de phosphore des vases remplis d’essence de térébenthine et on fait porter aux ouvriers, suspendu a leur cou et appuyé sur leur poitrine, une petite boîte ouverte remplie aussi d’essence de térébenthine, dont les vapeurs s’échappent et se répandent dans l’air qu’ils respirent.

D’après le professeur Personne , 1 essence agirait en s’opposant à l’oxydation du phosphore et par suite à l’altération des globules du sang.

En dehors de ces précautions, les ouvriers feront bien d’observer un régime alimentaire convenable, d’éviter l’abus des alcools, de boire leur vin coupé, sinon avec des eaux minérales alcalines trop chères pour eux, du moins avec de l’eau ordinaire additionnée par litre de 2 à 4 grammes de bicarbonate de soude. Mon regretté maître, le professeur Gubler, leur conseillait de se nettoyer les dents avec de la poudre de charbon et de magnésie, et d’avaler même, avant chaque repas, un peu de ce mélange qui a la propriété d’absorber et de neutraliser les acides dérivés par oxydation du phosphore.

Mais c’est surtout aux directeurs d’usines qu’il appartient de pratiquer la ventilation parfaite des ateliers, pour atténuer autant que possible les effets désastreux des vapeurs phosphorées.

Il existe bien un moyen absolument efficace de supprimer l’insalubrité de cette industrie, c’est de remplacer dans la fabrication le phosphore blanc pm; le phosphore rouge amorphe. Celui-ci ne prend feu qu’à 180 degrés, brûle sans répandre de vapeurs, n’est fusible qu’à 280 degrés. Il est alors devenu insoluble et n’est donc, plus vénéneux. Messieurs Lundsstrom et Boettger febriquent des allumettes au phosphore rouge, d’après la formule suivante : Ils font une pâte composée de :

Chlorate de potasse , , 6 parties.

Sulfure d'antimoine , , 2 à 3 parties.

dans laquelle ils trempent les tiges d’allumettes ; puis une seconde pâte composée de :

Phosphore amorphe. . 10 parties.

Sulfure d’antimoine. . 8 —

Colle forte sèche ... 4 —

qu’ils étalent sur le de la boîte, préalablement enduit de verre pilé ou de sable au moyen d’une couche de colle forte. Outre qu’elles ne sont pM vénéneuses,, ces allumettes 'ont l’avantage de n’être pas spontanément inflammables, et de ne s’allumer que lorsqu’on les frotte sur le frottoir:

EMn, un moyen plus radical encore, serait de fabriquer des allumettes sans phosphore, d’après la formule suivante due à Hochstetter :

Chromate de potasse . , , . . 8 parties.

Chlorate de potasse . 28 —

Oxyde de plomb . . ; 18 —

Sulfure rouge d’antimoine. . . 7 —

Pierre ponce on verre pilé . . 12 —

Gomme . 8 —

Eau . . . 36

Sans aller jusqu’à demander la suppression du phosphore dans la fabrication des allumettes chimi¬

ques, nous appelons de tous nos vœux une loi rendant obligatoire l’emploi du phosphore rouge amorphe, a l’exclusion du phosphore blanc, dont nous venons d’énumérer les funestes effets.

Empoisonnement par les allumettes chimiques,

(V, Phosphore.)

D' Paul Labarthe.

ALOÈS, — On appelle aloès en matière médicale une substance gomme-résineuse provenant de la dessiccation de la plante qui porte ce nom. Un grand nombre d’espèces d’aloès peuvent fournir ce suc.

L’aloès fait partie de la famille des liliacées, tribu des aloïnées. Il croît dans les pays chauds, principalement en Afrique et en Asie ; cependant on en trouve dans le midi de la France en plein air, ou ailleurs dans des serres tempérées. C’est une belle plante composée de feuilles épaisses, charnues, armées de piquants sur leurs bords, et d’une tige vigoureuse.

Fig. 66. — Aloès Socrotin. Fig. 67. — Fleur entière.

qui s’élève du centre de ces feuilles et dont le sommet porte des fleurs tubuleuses, bilobées, le plus souvent rouges et rangées en épi.

L’aloès officinal s’extrait de plusieurs manières : la meilleure est de couper les feuilles à leur base et de les mettre debout dans un vase dans lequel s’écoule le suc, que l’on fait évaporer lentement. Ce procédé donne le meilleur produit. On l’extrait encore en écrasant les feuilles, que l’on presse ensuite pour en retirer le suc. Dans certaines contrées, on fait bouillir dans l’eau les feuilles écrasées et lorsque l’eau est saturée on évapore. Ces différents modes d’opérer, autant que la différence des plantes d’où on les extrait, font la variété des atoès du commerce.

Les principaux sont : I’aloès sücotrin ou socotrW I’aroès du Cap, 1’ aloès des Barbades ou hépatique et I’aloès caballin.

L’aloès sücotrin ou socotrin, qui croît dans l’îl® de Socotora, est le plus pur et le plus estimé, mais il est très rare dans le commerce.

L’aloès du Cap nous vient du cap de Bonne- Espérance. Il est brun verdâtre et translucide, quand il est en lames minces. Sa poudre est d’un jaune verdâtre. Son odeur est forte et sa saveur très amère. C’est le plus employé dans les pharmacies françaises

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