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les maladies chroniques de la peau et particulière- ! ment contre l’eczéma chronique.
L’aloès est contre indiqué chez les femmes enceintes et chez celles qui sont sujettes aux hémorragies de l’utérus ; chez les individus atteints de dysenterie et d’hémorrhagies intestinales ; enfin chez les malades atteints de rétention d’urine, de pissement de sang, de calculs urinaires et d’hypertrophie de la prostate. D' Paul Labarthe.
ALOPÉCIE. — (V. Calvitie.)
ALOSE. — Assez gros poisson de mer qui remonte les fleuves où on le pêche vers le mois de juin. D’un goût succulent, très recherchée des gourmets, l’alose ne convient pas aux personnes d’un estomac susceptible non plus qu’aux convalescents, p. l.
ALOUETTE. — Petit oiseau de l’ordre des passereaux, dont les deux principales variétés, l’alouette commune ou mauviette, et l'alouette huppée ou cochevis, sont très usitées pour l’alimentation. Rôtie, l’alouette est de digestion facile, mais en salmis ou à la sauce au vin et à plus forte raison en pâté, sa digestion devient laborieuse. Aussi les malades et les convalescents qui auraient envie de manger des \ alouettes, feront bien de ne jamais les manger , que rôties. p. L.
' ALTÉRANT. — On donne ce nom en thérapeutique à une série de médicaments qui, administrés, à petites doses et d’une façon prolongée, ne produisent pas d’effets immédiats sensibles, mais transforment peu à peu et à la longue, les humeurs, le sang et la constitution. Les altérants sont presque tous des poisons qui, pris à doses élevées, tueraient les malades, tandis que pris à doses fractionnées, ils produisent des effets curatifs souvent merveilleux. Parmi les médicaments altérants les plus usités, nous citerons : l’argent, l’arsenic, le brome, l’iode, le mercure, l’or, le platine et leurs composés. P. L.
ALTÉRATION. — Changement dans la nature, la forme, les qualités, les propriétés d’un corps, d’un tissu. P. L.
ALTHŒE. — (Voyez Guimauve.)
ALTITUDE. — On nomme altitude l’élévation des parties solides du globe au-dessus du niveau de la mer. Le phénomène physique dominant de l’altitude est la raréfaction de l’air, par suite la réduction de son poids et en même temps la diminution de la tension de l’oxygène. C’est surtout à cette dernière cause qu’il faut attribuer (avec Paul Bert) les accidents si graves qui accompagnent les ascensions élevées : l’oxygène ne peut se dissoudre et se fixer au sang, et il en résulte une combustion incomplète, la production d’acide carbonique et d’urée ; ce qui explique les nausées, les vomissements, les vertiges, les accidents convulsifs, les hémorragies, la réduction du nombre et de l’amplitude des nouveaux respiratoires et des contractions du cœur et, finalement, la mort. Ces graves accidents, qui se produisent à des très grandes hauteurs (10,000 mètres) ne sont
point, comme on pourrait le croire, la suite exagé, rée de cet ensemble de malaises qui accompag^g l’ascension d’une haute montagne et qu’on nomme mal des montagnes. Ces malaises sont, en effet, sûrement dus à la dépense considérable des forces physiques occasionnée par le travail de l’ascension lui-môzne, qu’aux conséquences immédiates de la raréfaction de l’air. (Voyez Air et Aérothérapie.)
D' Ed. Daopley.
ALUMINE. — L’alumine est l’oxyde de l’aluminium. C’est une substance blanche, pulvérulente inodore, infusible aux plus hautes températures insoluble dans l’eaü, soluble dans la potasse et la soude et dans un grand nombre d’acides, avec lesquels elle joue le rôle de base pour former des sels, tandis qu’avec quelques oxydes métalliques elle joue le rôle d’acide et donne des aluminates.
Elle est très répandue dans la nature ; elle entre dans la composition des argiles, des marnes, des micas et de beaucoup d’autres minéraux. On la trouve pure dans le corindon et ses variétés, le saphir, le rubis, la topaze, l’améthyste, l’émeraude. Ces corps sont les plus durs après le diamant.
On appelle hydrate d’alumine le précipité gélatineux obtenu en traitant une solution d’un sel d’alumine par l’ammoniaque.
Cet hydrate contient beaucoup d’eau, qu’il retient fortement. On s’en sert dans les arts pour obtenir des laques, qui sont des composés insolubles de matières colorantes et d’alumine hydratée.
L’alumine est inusitée en médecine, mais son composé, le sulfate double d’alumine et de potasse ou alun est très employé. Alfred Chardon, Ph*'".
ALUN. — Chimie. — En chimie, on donne le nom d’alun au sulfate double d’alumine et de potasse. C’est un sel blanc, inodore, d’une saveur astringente et amère et rougissant le papier tournesol. 11 cristallise en cube et en octaèdres, tout en ayant la même composition. A la température ordinaire, l’eau en dissout 10 p. 100 de son poids ; il est beaucoup plus soluble dans l’eau chaude et tout à fait insoluble dans l’alcool. Chauffé à 92“, il se liquéfie et prend en se refroidissant un aspect vitreux, sous lequel on lui donne le nom d’alun de roche. En le chauffant jusqu’à 200°, il se boursoufle, perd son eau de cristallisation et devient amorphe. C’est ce qu’on appelle l’alun calciné, presque insoluble et doué de propriétés caustiques qui le font employer en médecine.
Dans la nature, on le trouve rarement à l’état libre et pur. L’industrie le produit de plusieurs manières. En Italie, où sa fabrication est importante, on le retire de la pierre d’alun ou alunite, qui est composée d’alun ordinaire combiné avec de la silice et un excès d’alumine. On calcine cette pierre; elle se désagrège en refroidissant à l’air, on la traite par l’eau et on fait cristalliser. On obtient ainsi un produit assez pur et légèrement teinté de rose par des traces d’oxyde de fer. Il est connu dans le commerce sous le nom d’alun de Rome.
En France, en Angleterre et en Allemagne, on le retire des schistes alumineux et des argiles.
Alfred Chardon, Ph‘™.
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Effets. — Appliqué sur la muqueuse de la langue, l’alun détermine une sensation franchement astringente ; appliqué sur les tissus, il les contracte. Pris à l’intérieur, à faibles doses, il produit une sensation de serrement à la gorge, une légère irritation de l’estomac, de la tendance à la soif et a la constipation suivie, d’une diminution sensible des excrétions. A doses plus élevées, 2 ou 3 grammes, il trouble la digestion, détermine des nausées, des vomissements, tantôt de la diarrhée, tantôt de la constipation. Ce sel paraît être absorbé assez difficilement; cependant Orfila a trouvé de l’alumine dans le foie, la rate et les urines de chiens qu’il avait empoisonnés avec de l’alun.
Usages. — L’alun est peu employé à l’intérieur. Cependant, Trousseau l’a administré avec succès dans le traitement des coliques des peintres ou coliques de plomb., comme contrepoison des préparations saturnines qu’il rend à peu près inertes en les transformant en sulfate de plomb. On l’a aussi administré avec succès, dans la dysenterie, sous forme de lavements, d’après la formule suivante :
Alun cru . 5 grammes
Extrait de valériane. . . 2 —
Laudanum . 1 —
Amidon . 15 —
Décoction de guimauve. 250 —
pour un lavement. On en fait prendre deux par jour.
Nous ne rappellerons que pour mémoire les deux cas de guérison du diabète par l’alun associé à l’extrait de ratanhia, présentés à l’Académie des sciences en 1861, par le D'’ Demaux.
C’est surtout dans l’usage externe que l’alun trouve ses plus nombreuses applications et donne les meilleurs résultats. C’est ainsi que l’alun en poudre sert en insufflations contre l’ozène, le coryza chronique, les saignements de nez et les ulcérations de la muqueuse nazale ; contre certaines maladies des yeux telles que inflammations chroniques des paupières, conjonctivites granuleuses, taies et ulcérations de la cornée, etc.; contre certaines affections de la bouche et du pharynx, telles que les aphtes, la stomatite mercurielle, les angines simples, pseudo-membraneuses, couenneuses, gangréneuses, l’inflammation et l’hypertrophie des amygdales, l’œdème de la glotte.
Au lieu de l’alun en poudre insuflé, on peut employer, selon les cas, l’alun sous forme de collyre :
. . 0,05 centigrammes
Eau distillée .... 15 grammes
Ère yeux ; sous forme de coUu-
Alun. . .
Miel rosat
5 grammes
OU de gargarisme :
Alun . . . . , Eau de roses Miel rosat .
4 grammes
uSrvnt ‘ï® la bouche, de la gor^
ÏÏSriî' D' B. Young prétend
» mes a 1 alun ont des inconvénients <
personnes dont les dents sont malades. D’après lui, lorsque les dents sont dépouillées en partie de leur émail, la dentine se dissoudrait au contact de l’alun. Pour éviter dans ces cas l’action nocive de l’alun il faut, après s’être gargarisé, se laver la bouche avec une solution de bicarbonate de soude ou une eau alcaline.
On prescrit souvent avec succès aux femmes atteintes d’inflammations chroniques de la muqueuse vaginale, de flueurs blanches, des injections d’alun, dans lesquelles l’alun varie, suivant les cas, de 1 à 6 grammes pour 100 grammes d’eau. Mais je préfère cependant insufler tous les jours, dans le vagin, 1 gramme de poudre d’alun, ou y introduire un tampon d’ouate soupoudré de 1 gramme de poudre d’alun, que je fais maintenir en place pendant dix ou douze heures, à l’exemple de Gubler.
Enfin, j’ai souvent employé, avec succès, comme plusieurs spécialistes, la poudre d’alun mélangée par parties égales avec de la poudre de sabine pour faire disparaître les végétations si désagréables de la vulve et du gland, connues sous le nom de crêtes de coq. . D' Paül Labarthe.
ALVÉOLES. — Nom donné en anatomie aux cavités osseuses, creusées dans les deux os maxillaires, dans lesquelles sont comme enchâssées les racines des dents. (V. Dent, Maxillaire.) p. l.
AMADOU. — On appelle ainsi une substance spongieuse préparée avec un champignon nommé agaric de chêne.
Plusieurs autres cryptogames du genre polypore peuvent également servir à en faire. On leur a donné le nom collectif d’amadouviers.
On trouve ce champignon sur le tronc des vieux chênes et des hêtres. On se sert pour fabriquer l’amadou de la partie interne de l’agaric, que l’on découpe en tranches minces et que l’on met tremper dans l’eau pendant quelques jours. On les bat ensuite avec un maillet et après trois ou quatre opérations semblables, elles sont suffisamment assouplies. Autrefois, tout l’amadou fabriqué était imprégné d’une solution de sel de nitre, qui le rendait plus inflammable à l’étincelle du briquet, car son usage principal était de fournir du feu; mais aujourd’hui que les allumettes ont avantageusement remplacé le briquet, on ne lui fait subir que rarement cette dernière opération.
En médecine, il sert à chaque instant pour arrêter le sang dans les petites hémorragies, celles des piqûres de sangsues, des coupures et autres blessures. Il n’agit pas comme astringent, mais il favorise la formation des caillots, en absorbant très vite le sérum du sang. Il peut servir à faire des moxas, surtout lorsqu’il est nitré. Alfred Chardon, Ph'“.
AMAIGRISSEMENT. — On entend par ce mot la diminution du volume du corps se produisant graduellement par le fait d’une déperdition constante du tissu graisseux accompagnée d’une sorte de rétractation du tissu cellulaire. Il est dû à un trouble dans les fonctions des principaux organes qui jouent un rôle dans l’acte de la nutrition. Il ne faut pas confondre l’amaigrissement avec la maigreur, qui
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est un état constant dépendant du tempérament de la personne maigre. De même, on ne doit pas assimiler l’amaigrissement à V atrophie. Cette dernière ne s’adressant qu’à une partie déterminée du corps, telle qu’un membre ou une portion de membre, un organe ou bien un tissu.
Deux ordres de causes produisent l’amaigrissement, les unes dépendant d’un état physiologique particulier les autres rentrant dans le domaine de la pathologie, c’est-à-dire qui sont des conséquences d’une maladie' bien déclarée ou d’un état maladif persistant.
L’époque de la formation chez le jeune homme, celle de la déperdition chez le vieillard amènent l’amaigrissement ; l’accroissement rapide, les mauvaises habitudes, la masturbation, par exemple; les travaux demandant une grande dépense de forces physiques ou intellectuelles le déterminent aussi. Certaines professions prédisposent à l’amaigrissement, entre autres celles qui obligent à travailler dans des endroits où l’air est peu renouvelé, ou dans lesquelles on est obligé de respirer une atmosphère chargée de poussières. Les secousses morales violentes, telles que celles que produisent la haine, la jalousie, ainsi que le désir prolongé soit de vengeance, soit d’envie sont, avec la grande tristesse, des causes d’amaigrissement. Une nourriture insuffisante, tant par sa qualité que par sa quantité est une cause forcée de diminution du volume du corps. (V. inanition.)
Le tempérament prédispose plus ou moins à la maigreur : ainsi, les personnes nerveuses et celles dont le tempérament est bilieux ont un tissu graisseux peu développé, et néanmoins leur santé générale n’en souffre pas. D’ailleurs, il est à remarquer que parmi ces personnes, il y en a beaucoup dont le corps augmente de volume en avançant en âge, et telle personne qui jusqu’à quarante ans est resté maigre, peut prendre à partir de cette époque un réel .embonpoint. De cet embonpoint résulte une susceptibilité moins grande des organes régissant plus spécialement le tempérament et, par suite, de moins grandes chances d’avoir des inflammations chroniques.
L’amaigrissement qui prend naissance d’une ma- . ladie, qui en est la conséquence, est plus inquiétante, et la marche de cet amaigrissement sera d’autant plus rapide que la maladie sera plus grave et les organes lésés plus profondément atteints, surtout si ces organes sont de ceux qui concourent plus, spécialement à la nutrition. Les maladies qui déterminent de grandes évacuations, celles dans lesquelles la fièvre est continue agissent sur la diminution de volume du corps avec une très grande activité. Les •cancéreux, les diabétiques, les dysentériques, les' personnes qui ont de grandes suppurations dépérissent presque à vue d’œil. Dans la tuberculose, la phtisie pulmonaire, l’amaigrissement survient plus lentement, et dans les affections du cœur avec moins de rapidité encore.
Lorsque le cerveau est atteint, il peut se passer le phénomène suivant, et il n’est pas rare de voir des personnes paralysées engraisser au lieu de maigrir. Les névralgies en général déterminent peu ou point d’amaigrissement; il n’en est point de même des effets produits par la présence des vers intestinaux;
et lorsque le ténia, par exemple, ne s’est point fait connaître par l’évacuation involontaire des anneaux, il arrive souvent que l’amaigrissement seul du malade fait songer à sa présence.
Suivant les maladies, l’amaigrissement commence par se faire remarquer d’abord dans différentes parties du corps. Ainsi, lorsque les poumons sont atteints, c’est la poitrine qui diminuera de volume la I première ; dans le cas où il s’agira d’accidents tuberculeux dans la région abdominale, ce sont les cuisses qui commenceront.
Cependant, d’une façon générale, la marche de l’amaigrissement est toujours la même. Il se manifeste d’abord au visage, puis aux membres inférieurs, ensuite aux membres supérieurs, et enfin au tronc. On a remarqué que chez les femmes grosses, non seulement le tronc et les membres inférieurs ne maigrissent pas, mais même que dans certains cas ils engraissent pendant que le reste du corps maigrit. Chez les phtisiques et les scrofuleux, les doigts prennent un allongement très considérable ainsi que les ongles. L’amaigrissement agit sur la peau en la ridant, la durcissant et dans certaines maladies en modifiant sa couleur.
Lorsque l’amaigrissement se produit sans maladie déterminée, il doit préoccuper néanmoins, parce qu’il est l’indice d’une dépense des organes qui n’est plus en rapport avec leur nutrition. Aussi à force de souffrir, d’être privés, ils pourraient devenir le siège d’une inflammation. Il faut. donc cherchera s’opposer à l’amaigrissement et pour cela suivre un régime lacté, manger des aliments féculents, des viandes blanches, prendre des bains d’amidon, etc.
Lorsque l’amaigrissement est produit par une maladie, par la lésion d’un organe, il doit être considéré comme un symptôme grave. Il est évident que la première chose qu’il faut faire, c’est s’attaquer à la cause, car l’amaigrissement n’est qu’une conséquence d’une lésion grave. D' Paul Labarthe.
AMALGAME. — Nom donné en chimie à l’alliage du mercure avec un autre métal. P. L.
AMANDE. — Fruit de l’amandier. C’est un fruit allongé, gros comme la moitié d’une noix. Il est composé d’un péricarpe ou brou coriace et peu charnu, sous lequel se trouve une coque ligneuse qui renferme une semence blanche composée de deux cotylédons et enveloppée dans un épisperme peUiculaire jaunâtre. C’est cette semence blanche qui est la seule partie usitée,, soit comme aliment, soit comme médicaments.
Il en existe deux espèces : les amandes douces et les amandes amères.
1" Les AMANDES DOUCES sont agréables au goût, quand elles sont fraîches, mais à la longue, elles rancissent et deviennent un peu jaunâtres. Aussi doit-on les examiner et les choisir avant de les employer. Elles viennent en grande partie de la Provence et de l’Espagne. Elles contiennent environ 50 p. 100 d’huile fixe, 24 p. 100 d’émulsine, substance soluble analogue à l’albumine, du sucre, de la gomme, etc. C’est à l’aide de l’émulsine que l’huile fixe de l’amande s’émulsionne et reste en suspension dans l’eau.
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Les amandes douces sont les plus employées ; elles servent à préparer le lait d’amandes ou émulsion simple, le looch blanc et le sirop d’orgeat dans le* quel il entre un quart d’amandes amères.
Le lait d’amandes se prépare selon la formule suivante :
Amandes douces . 30 grammes
Sucre . âO —
Eau . 1 litre
On monde les amandes de leur épiderme au moyen d’eau chaude, on les pile ensuite dans un mortier avec un peu de sucre et quelques gouttes d’eau, de façon à en faire une pâte homogène et assez fine, que l’on délaie dans l’eau nécessaire et l’on passe à travers une étamine, on édulcore et on aromatise.
Le looch blanc se prépare de la même façon et suivant la formule ci-dessous :
Amandes douces . 30,00
— amères] . 2, »
Sucre blanc . 30, »
Gomme adragânte .... 0,50
Eau de fleur d’oranger, . 10, »
Eau commune . 120 »
On opère comme pour l’émulsion simple, toutefois quand l’émulsion est passée, on délaie la gomme, ou la bat vivement pour développer le mucilage et on mélange le tout. Cette addition de gomme a pour but de prolonger la conservation du looch qui s’altère assez facilement, en aidant a maintenir l’huile en suspension dans l’eau-
On emploie quelquefois un looch, nommé looch huileux , qui se prépare directement avec lo grammes Fig. 68 -Amande, d’huüe d’amandes douces émulsionnée à l’aide de IS grammes de gomme arabique dans 150 grammes d’eau sucrée et aromatisée.
Ces médicaments sont utilisés comme adoucissants et calmants dans différentes affections de poitrine, telles que la toux, la bronchite catarrhale, la coqueluche et l’asthme, et servent souvent de véhicule à des médicaments actifs, tels que le kermès, l’oxyde d’antimoine, le sirop d’opium, de morphine, etc.
Les confiseurs se servent d’amandes pour préparer quelques produits, tels que les dragées, les prahnes, le nougat, etc.
L huile d’amandes douces s’extrait des amandes par la pression. Comme elle s’altère facilement, elle doit être employée fraîche.
Elle est d’un usage très fréquent, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur. La parfumerie en fait une grande consommation. Elle est la base du cérat et du coldçream. C’est aussi un excellent laxatif. A la dose de 30 à 60 grammes, eUe constitue le plus agréable des purgatifs pour les enfants,
2“ Les AMANDES AMÈRES renferment les principes des amandes douces, mais elles contiennent de plus nne substance particulière nommée amygdaline.
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qui en présence de l’émulsine et de l’eau, donne naissance à une Jiuile volatile,^ d’une odeur spéciale, contenant une forte^ proportion d’acide prussique ou cyanhydrique, qui la rend vénéneuse, mais qui lui donne des propriétés calmantes prononcées.
L’huile fixe des amandes amères ne diffère en rien de celle des amandes douces et sert absolument aux mêmes usages. On peut même dire que ce sont elles qui en fournissent le plus, parce que les parfumeurs vendent sous le nom de pâte d’amandes le tourteau d’où on a extrait l’huile fixe.
Leur émulsion s’emploie beaucoup en lotion contre les éphélides ou taches de rousseur, contre certaines démangeaisons; la lotion de Gowland dont voici la formule :
Amandes amères . 90 grammes.
Eau . 500 —
Sublimé corrosif . . 0,8
Sel ammoniac . * 1,8
Alcool. ........... 15 —
Eau de laurier cerise. ... 15 —
s’emploie avec plus de succès dans les mêmes cas et dans certaines affections de la peau, telles que l’acné, le pityriasis, le lichen et l’eczéma chronique. Enfin, Réveil conseillait un cataplasme fait avec :
Poudre d’amandes amères. . . . . q. s.
Eau tiède . . q. s.
pour calmer les douleurs vives des adénites, des névralgies et de la migraine.
Alfred Chardon, Ph’'”.
AMAUROSE. — L’amaurose ne saurait plus être aujourd’hui considérée et décrite comme une affection spéciale. Les progrès de l’ophtalmologie et la facilité avec laquelle on peut explorer toutes les pârties de l’œil, ont permis de retrancher de là classe des amauroses un grand nombre d’affections dont les causes et les lésions sont désormais bien déterminées.
Cependant on réserve encore le nom d’amaurose à ces cas mal connus,, dans lesquels il existe une perte totale ou presque totale de la vue, sans qu’on puisse constater aucun obstacleà l’arrivée des rayons lumineux au fond de l’œil et sans que cet organe luimême soit le siège d’aucune altération appréciable des anciens groupes dans lesquels on divisait autrefois l’amaurose; on ne peut guère conserver aujourd’hui que celui des amauroses sympathiques dépendant de lésions d’organes tout à fait étrangèrs à l’appareil de la vision.
On reconnaissait autrefois trois degrés dans l’amaurose ; dans le premier degré l’acuité visuelle était simplement diminuée, c’était Vamhliopie; dans le second degré la vue était très affaiblie, mais le malade distinguait encore lalumièredel’obscurité; dans le troisième degré enfin, le malade n’avait plus aucune perception lumineuse, c’était l’amaurose complète, absolue.
Considérée au point de vue de son étendue, l’amaurose peut être partielle, c’est-à-dire ne porter que sur une partie du champ visuel ; dans ce cas elle en occupe généralement la moitié, et ce trouble de la vue s’appelle hémiopie. {V. ce mot.)
On appelle amaurose partielle temporaire, ou sco-
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tome scintillant, ou encore migraine ophtalmique, une affection dans laquelle se manifeste brusquement devant un œil ou devant les deux yeux un obscurcissement limité (scotome) et de forme variable. Ce scotome offre la forme d’une hémiopie verticale (c'est-à-dire que le malade ne voit que la moitié gauche ou la moitié droite des objets), ou d’une hémiopie horizontale (le malade ne voit alors des objets placés devant lui, que leur moitié supérieure ou leur moitié inférieure) ; d’autres fois il s’agit d’un scotome central (le malade ne voit pas l’objet qu’il veut fixer, mais il distingue les objets placés autour du point de fixation).
Bientôt, sur la partie ainsi obscurcie, se manifestent des lueurs, des flammes, des éclairs ; la région d’abord obscure finit par paraître embrasée. C’est là le scotome scintillant.
L’affection peut se compliquer de phénomènes généraux : embarras de la parole, perte de la mémoire, paralysie passagère d’un membre, vertiges, tintements d’oreille. Ces troubles ne sont en général que les prodromes d’une migraine interne, décrite par Riony sous le nom de migraine ophtalmique.
La durée de l’attaque varie d'un quart d’heure à une demi-heure, mais souvent les crises sont avortées, surtout quand l’affection dure depuis longtemps.
L’examen ophtalmoscopique ne révèle aucune altération du fond de l’œil, même pendant l’attaque. Les opinions formulées sur la nature de cette maladie sont d’ailleurs très variables ; il est probable qu’il s’agit d’un trouble de l’innervation.
L’amaurose temporaire n’est pas une affection grave, mais elle inquiète beaucoup les malades.
Le traitement est surtout prophylactique et s’adresse à la cause de la maladie : état nerveux, hystérie, dyspepsie, anémie, etc. Au début de l’accès, on peut en diminuer la violence et la durée en plaçant la tête dans une position déclive, ou en flagellant la figure avec un mouchoir mouillé d’eau froide, ou bien encore en faisant prendre d’emblée au malade deux ou trois grammes de bromure de potassium (sirop de Laroze).
V héméralopie est une amaurose incomplète qui ne se montre que pendant la nuit. (V. ce mot.)
De même nous parlerons à l’article Rétine de, l’ambliopie causée par l’anesthésie de la rétine.
On trouve encore de l’amaurose chez les individus empoisonnés par le plomb (amaurose saturnine). Cette amaurose paraît causée par la présence de l'albumine dans les urines. Chez les fumeurs, chez les alcooliques, la vue est simplement troublée dans la plupart des cas.
Dans un certain nombre de cas la cause de l’amaurose est complètement inconnue.
Amaurose simulée ; médecine légale. — Il nous reste à traiter brièvement un point qui offre le plus grand intérêt. 11 s’agit de l’amaurose simulée. Quelques malades simulent l’amaurose, soit pour se faire exempter du service militaire, soit pour se faire donner des secours s’ils sont indigents; la simulation se rencontre encore chez des enfants paresseux qui veulent se faire dispenser de l’école, chez des femmes nerveuses qui simulent par caprice et par bizarrerie de caractère, il ne faut cependant pas oublier que l’amblyopie hystérique existe certai¬
nement avec, des signes bien déterminés. Enfin nouj avons rencontré un certain nombre de cas de sinm. lation chez des individus qui, ayant subi un léggf traumatisme de la tête ou de l œil, exagéraient beaucoup leur état dans 1 espérance d obtenir dgj dommages-intérêts plus ou moins considérables des particuliers ou des compagnies. Toujours ces pej. sonnes simulent l’amaurose d’un seul côté. Simulej. la cécité complète leur rendrait en etfet la vie insup. portable.
Malheureusement pour ces malades, rien n’est plus facile que de reconnaître et de démontrer la simulation. Il existe pour cela plusieurs procédés.
Si, plaçant le malade dans une chambre noire éclairée par une lampe, on projette brusquement, au moyen d’une loupe, sur l’œil prétendu amaurotique^ un faisceau de lumière, on voit la pupille se contracter, ce qui n’aurait pas lieu si l’œil était réellement aveugle.
Un autre procédé consiste à placer devant Vceii sain un prisme dont la base est tournée en haut ou en bas. L’image vue de cet œil est déviée, mais elle reste simple. Si le malade est ignorant, il accusera deux images qu’il attribuera à l’action du prisme sur l’œil sain.
Voici d’autres modes d’emploi du prisme qui peuvent s’appliquer chez les individus les plus rusés et les plus instruits. L’épreuve connue sous le nom de procédé de Welz consiste à faire lire à l’examiné un prisme de 14° étant placé devant son œil droit, la base en dehors. Cet œil se déviera pour voir simple et se redressera au moment où le prisme sera retiré, mouvements incompatibles avec l’absence de la vision des deux yeux.
Voici une variante de la même expérience : on fait lire à haute voix le sujet en imprimant un mouvement continu de rotation au prisme placé devant son œil; si la vision des deux yeux existe, la lecture des deux caractères deviendra très difficile. Il faut bien veiller dans ces expériences, à ce que le malade ne fermé l’un de ses yeux sous aucun prétexte.
M. Baudry (de Lille) a proposé un procédé très simple. Il prend un fragment de glace à biseau sans tain ; c’est en somme un prisme dont la base se continue par un milieu à faces parallèles. On fixe devantla pupille la lignequi sépare laportionprismatiquedela
portion plane, et on fait fixer au malade une bougie. Les rayons passant par la portion plane du prisme ne seront pas déviés; au contraire, ceux passant par la portion biseautée seront déviés.
Cet appareil offre donc l’avantage d’être peu coûteux, de produire immédiatement et d’une façon très nette la diplopie monoculaire, enfin de produis à volonté la diplopie monoculaire ou la simple déviation, selon que la portion prismatique ou la ligne de séparation des deux portions du verre sera amenée devant l’œil.
Un dernier moyen, très simple, de découvrir In simulation, c’est l’emploi du stéréoscope, qui offre en même temps l’avantage de permettre la mesure de l’acuité visuelle.
On fait voir à l’individu supposé amaurotique un carton de stéréoscope composé comme le montre 1® fîg. 69. S’il possède la vision des deux veux, iL verra les deux lettres placées l’une au-dessus de l’autrQ