‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 37 sur 206 · AOR · texte numérisé non relu

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suies surrénales, au rein, a la rate et au testicule.

On voit que l’aorte obéit à la loi générale des artères qui se cachent d'autant plus qu'elles sont volumineuses. Située profondément, en arrière de tous les organes du tronc, en avant du puissant rempart que lui offre la colonne vertébrale, cette ar tère, merveilleusement protégée, échappe aussi com- ‘ plètement que possible, aux agents vulnérants extérieurs, qui, en la lésant, porteraient ainsi atteinte à l’une

Cependant, être blessée par des extérieurs. Les plaies plus dangereuses ont produites par des armes à feu, tandis que des malades ont pu guérir à la suite de blessures faites par des instruments piquants. Bérard cite l’exemple du domestique de Gattuani, qui vécut très longtemps après avoir reçu un coup d’épée à l’aorte, niveau de la région lom baire. Par contre, des pi qûres d’épingle ont parfoi provoqué une mort immé diate.

On a encore vu rois de l’aorte se après un grand tisme, une chute, un effort violent pour traîner un fardeau : Trousseau raconte qu’il a vu mourir un cheval

Fig, m- Artère

trèo trt Ciarrette l. Artères cardiaques. — 9. Crosse de l’aorte. — s. Aorte tho-

1res lourde. Les ruptures racique. — 4. Aorte abdominale. — 5. Artère sacrée moyenne.

forer l’œsophage et l’aorte. Jaccoud mentionne le fait d’un jeune homme qui, pendant la nuit, avala deux fausses dents et succomba rapidement : à l’autopsie, les dents furent retrouvées dans le cœur.

Pour toutes ces lésions, traitement, s’il est possible, sera celui des hémorragies artérielles, c’est-àdire compression, réfrigérants, etc. (y. Hémorragie.)

Anévrisme de l’aorte. — L’anévrisme de l’aorte, rare avant l’âge de 33 à 40 ans, s’observe surtout chez les âgés de 30 à 60 et plus fréquemment l’homme que chez la femme. Certaines professions y prédisposent d’une façon évidente. Ils sont très fréquents chez les postules jockeys et les individus qui sont souvent et longtemps à cheval. On l’observe souvent chez le?

individus qui jouent des instruments à vent et qui font de grands efforts de respiration. Les accès de toux violentes, les efforts répétés de vomissements, une chute d’un lieu élevé, coup reçu sur la poiont déterminé des anévrismes de l’aorte. Les vieillards, les malades atteints d’aortite, les personnes qui ont fait des excès alcooliques sont prédisposés à cette horrible maladie.

L’anévrisme siège le plus souvent à la portion ascendante de la crosse de l’aorte ; on le rencontre rarement à l’aorte descen-

sont plus fréquentes chez Troac brachio-céphalique — 7. Artère carotide primitive dante. Son volume peut Va-

les individus épuisés par Si.” 9. Artère sous- rier de celui d’une noisette

doo ^ ciaviere gauche. — 10. Artere carotide -primitive gauche — , , . ... j .

1, 1 xces veneriens, par — n, n. Artères iliaques primitives. — 12, 12. Artères ilia- 9, celui d une tete de fœtus.

1 alcoohsme ; on les ren- ques externes. — 13. 13. Artères iliaques internes ou hypo- u Peu de maladies , a contre aussi chez les vieil- gastriques. - 14. Artère bronchique. - 13. Artère œsopha- justement l’im-

Pt dono ...... gienne. — 16. Artères intercostales du côté gauche. — . , cnnt cncci

larûs, et dans tous ces cas, 17. Artères intercostales du côté droit. 18. Artères dia- ^0^?! Laennec, sont aussi eues sont te résultat d’une phragmatiques. — 19. Tronc cœliaque. — 20. Artère mésen- insidieuses que 1 anevrisdégénérescence des parois térique supérieure. — 21, 21. Artères rénales. — 22. Artère uie de l’aorte; on ne le Morgagni parled’unhomme «connait que se

de cinquante-neuf ans qui, circonflexes.— 26 Artère épigastriques.— a. Corps thyroïde.— prononçe a 1 exteneur. On ayant abusé de la vie sous B- Trachée-artère. — C. Bronche droite. — D. Bronche peut à peine le soupçontoutes ses formes, fut pris gauche. — E. Œsophage. — P. Rein. — G, G. Uretères. — ^gr lorsqu’il comprime d’éternuments incoercibles aortiques. — R. Rectum. — v. Vessie. quelque organe essentiel

et mourut en quelques heures : son aorte, ossifiée, s’était rompue à un doigt de son origine.

Enfin, parfois, des corps durs avalés par mégarde, des noix, des pierres, des objets pointus, ont pu per-

et en gêne les fonctions d’une manière grave; et, lorsqu’il ne produit ni l’un ni 1 autre de ces effets, souvent le premier indice de son existence est une mort aussi subite que celle qui a été donnée par un

Dictiokhaibe populaire de médecine usuelle.

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coup de feu. J’ai vu mourir de cette maladie des hommes que l’on croyait dans l’état de santé le plus parfait et qui ne s’étaient jamais plaints de la plus légère incommodité. On peut donc dire que l’anévrisme de l’aorte par lui-même n’a point de signes qui lui soient propres. Tous ceux qui ont été incüqués par les auteurs annoncent seulement l’altération et la compression des organes environnants. »

Toutefois, dans bon nombre de cas, l’anévrisme de l’aorte peut se révéler par un ensemble de signes physiques et de symptômes fonctionnels qui varient suivant le siège de la tumeur et la nériode d’observation.

Dans la première période, l’anévrisme reste caché dans la poitrine et comprime les organes voisins; cette compression détermine une foule d’accidents qui varient suivant l’organe comprimé; ainsi on peut observer un sifflement remarquable pendant Tinspiration et l’expiration ; de l’altération dans le timbre de la voix, un affaiblissement du bruit respiratoire dans tout un côté de la poitrine ou seulement dans une partie; chez certains malades, il y a de la gêne de la déglutition, due à la compression de l’œsophage par l’anévrisme; des troubles dans les battements du cœur et des défaillances passagères; chez d’autres, les veines superficielles de la poitrine et du bras sont dilatées, et les battements artériels de ces parties sont affaiblis ou supprimés ; la chaleur est diminuée, les bras sont engourdis et infiltrés. Dans tous les cas, il y a de la dyspnée, de l’oppression, des spasmes de la glotte ou des accès de suffocation.

Dans la seconde période, la tumeur anévrismale fait saillie à l’extérieur. Elle se montre à droite et en avant, si l’anévrisme siège à la portion ascendante de la crosse de l’aorte; on le rencontre au bas du cou, dans la fossette située au-dessus du sternum, s’il occupe le sommet de la crosse, et en arrière et à gauche, vers la colonne vertébrale, s’il occupe la portion descendante de la crosse. Si on percute la tumeur, on trouve de la matité qui est en rapport avec son volume; si on l’ausculte, on perçoit des battements isochrones à ceux du pouls, mais distincts de ceux du coeur, on dirait qu’il y a deux cœurs dans la poitrine. Dans cette période les symptômes produits sur les organes internes par la pression de la tumeur diminuent d’ordinaire, et il n’est pas rare de voir des anévrismes rester inconnus, faute de produire des troubles notables.

L’anévrisme de l’aorte est lent à se produire, il met quelquefois des années à se développer, mais sa terminaison est fatale dans l’immense majorité des cas. La tumeur finit par se rompre à l’extérieur ou à l’intérieur. Lorsque la rupture a lieu à l’intérieur, elle peut se faire dans l’un des organes de son voisinage, bronches, œsophage, péricarde ou plèvre. La mort qui suit inévitablement la rupture d’un anévrisme de l’aorte est plus ou moins subite, suivant que la perforation de la poche anévrismale est plus ou m vins considérable.

On traite l’anévrisme de l’aorte par les préparations d’iodure de potassium (Sirop de Laroze), de digitale (Digitaline Homolle et Qaémnne)-, les préparations, antispasmodiques les applications déglacé sur la tumeur, les injections sous-cutanées d’ergo-

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tine. Dans ces dernières années, M. Dujardin-Beaumetz a cherché à introduire en France le traitement par l’électropuncture, prôné par Cinisselli, et ce procédé compte aujourd’hui plusieurs succès. Mais quel que soit le traitement adopté, le malade devra toujours prendre certaines précautions spéciales, éviter toute commotion morale, ne se livrer à aucun exercice pénible ou violent pouvant augmenter le mouvement irrépulsif du sang, prendre des aliments légers, faciles a digérer et les manger de préférence froids, ne pas boire d’alcool et ne pas fumer; enfin, si la tumeur fait saillie à l’extérieur. >1 la protégera contre les chocs venus du dehors au moyen d’unt petite cuirasse de fer-blanc, remplie d’eau froide et moulée sur la tumeur, ainsi que le conseille le professeur Niemeyer. D' Paul Labahthe.

AORTITE. — Nom donné à l’inflammation des parois de l’aorte, dont les causes principales sont l’alcoolisme, le rhumatisme, la goutte, la vieillesse, l’empoisonnement par les sels de plomb. L’aortite est aigue ou chronique : la première forme, rare du reste, est presque impossible à diagnostiquer et se montre à la suite à' endocardite, de péricardite, de néphrites; une de ses suites assez communes est l’infection purulente, et c’est là le plus souvent le seul diagnostic de l’aortite aiguë : on la traite par les antiphlogistiques, la saignée, le repos, la digitale.

V aortite chronique suit une marche plus bénigne et moins rapide. Elle se manifeste par des douleurs sourdes et profondes, de la matité sur le bord droit du sternum, une gêne de la respiration, des défaillances, une sensation de chaleur et de malaise, et surtout par des pulsations violentes le long de l’artère. Si elle gagne* les orifices du cœur, elle détermine Yangine de poitrine (v. ce mot). L’aortite chronique ne se guérit pas. La première indication est de retarder la dégénérescence par une sobriété continue, le régime lacté, végétal, léger ; la seconde de traiter les diathèses rhumatismale, syphilitique, alcoolique dont elle peut être la suite, et la dernière de soigner les maladies dues aux lésions de l’aorte, telles que hypertrophie du cœur, insuffisance aortique, angine de poitrine, anévrismes. (V. ces mots.) D' Paul Labarthb.

APEPSIE. — Mot qui signifie littéralement, absence de digestion. (V. Dyspepsie.) P. l.

APÉRITIFS. — Nom donné aux moyens hygiéniques et aux substances médicamenteuses qui ont la propriété de faire naître, d’ouvrir ou d’augmenter l’appétit. Le changement d’air, le séjour à la campagne ou aux bords de la mer, l’exercice, la promenade, la chasse, l’hydrothérapie sont les meilleurs moyens hygiéniques propres à stimuler l’appétit, sans oublier la régularité des repos et la variété dans les menus. Les apéritifs médicamenteux, presque tous empruntés aux amers, sont le quinquina, la gentiane, le quassia, l’absinthe, le bitter, le vermouth, la noix vomique, la strychnine, etc. (V. ces mots et Appétit, Inappétence.) L.

APHASIE. — On désigne sous le nom d’aphasie

l’état des individus qui, tout en ayant des idées, ont perdu, d’une façon plus ou moins complète, la faculté de les représenter par des signes et de comprendre ceux qui sont l’expression des idées des autres.

C’est en 1861 que Broca jeta les fondements de la théorie de l’aphasie, qu’il appela d’abord aphémie. A l’autopsie de deux malades qui avaient présenté la perte de la faculté du langage avec conservation de l’intelligence, il constata une lésion de la troisième circonvolution frontale du côté gauche du cerveau, désignée maintenant sous le nom de «circonvolution de Broca. » Il n’hésita pas à y localiser la faculté du langage et les observations ultérieures lui donnèrent raison. Voici le relevé des faits dont le résumé se trouve dans l’excellente thèse de M. Nadine Skwor-Boff (Thèses de Paris, 1881).

Cas d’aphasie. Lésions de l’hémisphère.

Séguin . . . 260 243

Trousseau. . 145 135

Voisin. ... 146 140

Magnan. . . 31 30

Broca .... 17 16

Ainsi sur 599 cas, 564 fois l’altération siégeait à gauche.

C’est donc dans la troisième circonvolution frontale du côté gauche, dans la couche corticale, bien entendu, que retentit en dernier lieu la lésion qui produit l’aphasie. Le plus souvent il s’agit d’un ramollissement par embolie, plus rarement par thrombose, dans les branches de l’artère sylvienne. On a vu aussi des exostoses, des gommes syphilitiques, des tubercules et d’autres tumeurs autour de cette artère. L’aphasie a été observée aussi dans les fièvres graves, dans le diabète, dans l’épilepsie, etc. Le D" Bourneville a vu l’atrophie partielle de la troisième circonvolution. Quant aux cas très rares où la lésion siège ailleurs, il faut admettre avec le professeur Charcot, qu’elle atteint les fibres nerveuses de communication entre cette circonvolution et le noyau bulbaire de l’hypoglosse. C’est, du moins une des explications plausibles. Il est impossible, dans un article tel que celui-ci, d’entrer dans de plus grands détails.

Le malade aphasique, d’une façon générale, se présente sous l’aspect d’un individu intelligent (c’est-à-dire ayant conservé à peu près ses facultés intellectuelles normales), paralysé d’ordinaire du côté droit, avec une légère déviation de la bouche, mais quia souvent disparu lorsqu’on est appelé près de lui.

De fait, c’est seulement en lui adressant la parole qu on s’aperçoit de son état. Au lieu de vous répondre, ou bien il reste absolument muet, ce qui est le cas le plus^ rare ; ou bien il sè livre à une pantomime qui s’efforce d’être expressive, en prononçant des mots ou des syllabes, souvent les mêmes et sans aucune signification. Un malade n’avait à sa disposition que le mot cousisi : un autre, observé par Trousseau, répétait sans cesse; monomomentif. Une dame citée par le même auteur prononçait deux ou trois injures à l’adresse de ses visiteurs, tandis

qu’elle s’imaginait dire : « Donnez-vous donc la peine de vous asseoir ! » Il y a des malades qui ne peuvent pas écrire, d’autres qui sont incapables de lire même mentalement, d’autres enfin ont perdu la faculté de s’exprimer par signes. Chez certains aphasiques au contraire, ces facultés sont conservées. Quelques • uns ne peuvent plus chanter ni dessiner. Chez d’autres, c’est le contraire ; il y a le cas très curieux de ce malade de Béhier, qui ne pouvait dire què taun, tan, ta, an, qui chantait la Marseillaise sur ces « paroles-là. »

Mais d’ailleurs, il n’est guère de perspnnes qm n’aient pu constater sur elles-mêmes, des phénomènes analogues à ceux-là, à l’intensité près. Tous les jours, il arrive qu’on a le nom d’un individu sur les « lèvres », comme on dit, sans pouvoir le trouver; il ne faut pas s’y tromper : c’est de l’apharsie momentanée et non dangereuse, — mais c’est de l’aphasie. On met cela sur le compte delà mémoire, et dans un sens on n’a pas tort, puisque la mémoire joue un rôle capital ici comme dans la plupart des opérations de l’esprit ; mais le phénomène est plus complexe : c’est la troisième circonvolution frontale gauche qui ne fonctionne pas pour ce cas particulier. Je suppose que le nom soit « Baptiste. » Vous voyez très bien le B, vous dites « cela conimence par un B, j’en suis sôr ; parfois même, vous voyez le t, et il vous est impossible de former le mot. C’est le cas de l’aphasique, mais en permanence, et pour le vocabulaire entier. Autre fait intéressant et de même ordre : certaines personnes, dit M. J. Falret, ne se rappellent les paroles des romances qu’en les chantant. (Art. Aphasie, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales), La vérité est que le fait est général, c’est-à-dire que lorsqu’on a oublié les paroles d’une chanson, le moyen le plus simple pour les retrouver est de se mettre à chanter l’air: ce n’est pas une idiosyncrasie, une spécialité propre à certains individus ; . il serait absurde d’invoquer ici l’association des idées, au sens métaphysique ; il y a là un fait tout mécanique qui se passe dans les appareils ganglionnaires de la troisième circonvolution de Broca.

Quoi qu’il en soit, la formation des signes et Vextérioration des idées sont des phénomènes très complexes que je ne puis, à mon grand regret, analyser ici. Mais on comprend que ces phénomènes, quand ils viennent à être troublés, produisent des variétés distinctes d’aphasie, ou mieux d’asemie (« priv. et signe) si Ton voulait employer cette expression plus générale.

Il y a d’abord Y aphasie ataxique dans laquelle le malade a les mots dans l’idée, dans la tête, comme on dit, mais est incapable de les former, bien que les organes de la voix soient intacts.

11 peut écrire ordinairement, mais si on veut le faire parler, il ouvre la bouche, remue les lèvres, grimace et n’aboutit qu’à produire des sons qui n’ont pas de sens. — Ensuite Yaphasie amnestique: « Là où les idées manquent, dit Méphistophélès, on voit arriver le mot propre en temps voulu. » Ici, c’est tout le contraire, les idées y sont, mais le mot ne vient pas. Le malad» a bien l’idée de l’objet, de ses propriétés dans la têfè, mais le mot n’y est pas, comme précédemment. La mémoire ici

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On pourrait rapprocher de l’aphasie amnestique la tuméfaction des cordes vocales supérieures. Celles ies deux variétés curieuses décrites par Kussmaul, ci étant en effet gonflées, leurs faces inférieures remous les noms de cécité et de surdité des mots. Ces posent sur la face supérieure des cordes vocales, et individus peuvent parler et écrire : mais pour eux en empêchent les vibrations.

se réalise la parole de l’Évangile, oculos habent et non Laryngite catarrhale chronique. Dans la larynvidebunt, etc. Ils ont des yeux et ils ne voient pas, gite catarrhale chronique,! épaississementdes cordes ils ont des oreilles et ils n’entendent pas, ou plutôt supérieures joue encore un rôle important au point tout en entendant les sons, ils ne comprennent pas de vue de l’aphonie, mais la cause principale doit le sens L’auteur cite, à ce sujet, plusieurs obser- être reportée sur l’épaississement même de la muvations' très intéressantes reproduites dans la thèse queuse des vraies cordes qui prennent un aspect de M"' Skwortzoff. Il y a là des faits d’un extrême charnu, raboteux, inégal. Il est facile de comprendre intérêt non seulement pour le médecin, mais encore que dans ces cas, les vibrations sonores ne se font pour le psychologue, qui devrait toujours être un plus qu’avec la plus grande difficulté, physiologiste. On y trouve entre autres, par certains Phtisie laryngée. — L’aphonie est la règle dans côtés au moins, la confirmation de cette théorie qui la phtisie laryngée. Elle se produit de diverses mafait de la mémoire une propriété non seulement des nières.

cellules cérébrales, mais encore des organes des Elle peut d’abord se produire sans autre lésion du sens, surtout de l’ouïe, de la vue et du toucher. On larynx qu’une légère rougeur. Dans ce cas elle doit ne peut ici que signaler ces faits à l’attention des être mise sur le compte du défaut d’action pulmochercheurs qui trouveront là un vaste champ à naire.

exploiter. Elle peut être le résultat d’une tuméfaction consi-

Le diagnostic de l’aphasie se tire de la conserva- ' dérable des replis laryngiens supérieurs infiltrés de tion constatée des facultés intellectuelles. Quant au matière tuberculeuse ou œdématiés. Le plus soutraitement, il consiste dan^ celui des affections, énu- vent, elle est causée par des ulcérations des cordes mérées plus haut, et dans le cours desquelles elle inférieures, ulcérations qui déterminent des œdèmes est susceptible de se développer. a. Regnard. des aryténoïdes, de l’espace interaryténoïdien, de

l’épiglotte, etc.

APHONIE. — Le mot aphonie, si on s’en tenait à II arrive souvent aussi, pendant le cours d’une la traduction littérale, ne devrait servir à désigner que tuberculose laryngée, que les ulcérations des cordes les cas dans lesquels la voix est complètement per- et de l’espace interaryténoïdien revêtent une forme due. Il est de convention aujourd’hui de dire qu’un végétante. Dans ce cas, on voit survenir progressivemalade est aphone, toutes les fois que la voix devient ment de l’aphonie, d’une part, parce que ces végétaen quelque sorte chuchotée. tions entravent les vibrations des cordes, d’autre

Quoi qu’il en soit, l’aphonie n’est pas une maladie ; part parce qu’elles s’opposent au rapprochement des elle n’est qu’un symptôme ou pour mieux dire le lèvres de la glotte, rapprochement indispensable résultat de lésions laryngées de diverses origines, ou pour la phonation.

bien encore le résultat de lésions pulmonaires oübien Enfin, il n’est pas rare, pendant le cours de cette

pharyngées. maladie, et à sa dernière période, de voir la destruc-

Nous allons passer en revue ces diverses mala- tion totale de l’une et même des deux cordes infédies. On peut donc, d’après ce que nous venons de rieures être la cause de l’aphonie, dire, diviser les causes de l’aphonie. 1° en causes Syphilis. — De même que la tuberculose, la syinfra-laryngées ; — 2» en causes laryngées; — 3° en philis amène l’aphonie de diverses manières, causes supra-laryngées ; — 4° en causes non déter- En premier lieu, et au début de la période seconminées. ■ ^ ^ daire, on voit quelquefois survenir des congestions

Causes infra-laryngées. — Celles-ci ne doivent intenses de la muqueuse laryngée, congestions qui que très peu nous arrêter. Toutes les fois que les amènent l’aphonie comme le fait la simple congespoumons seront gravement atteints dans leurs fon- tion catarrhale.

tions, il est évident qu’il y aura aphonie. Pendant cette même période secondaire, on ren¬

ions les médecins ont observé l’aphonie pendant contre dans le larynx des syphilides ulcéreuses suie cours d’une pneumonie grave on d’une pleurésie, perficielles et profondes qui s’accompagnent presque La colonne d’air expirée n’est plus suffisante pour toujours d’aphonie.

faire entrer les cordes vocales en vibration. C’est en- Les syphilides superficielles agissent en congescore ce qui se passe chez les moribonds. L’aphonie tionnant les muqueuses du voisinage, les syphihdes

existera encore chaque fois qu’il y aura compres- ulcéreuses profondes au contraire, s’accom paument

sion suffisante de la trachée ou une tumeur dans ce toujours d’œdèmes plus ou moins étendus, plus ou

conduit. moins intenses qui s’opposent au libre fonctionne-

Causes laryngées. — Celles-ci sont de beaucoup ment des ligaments vocaux. 11 n’est pas rare chez les plus fréquentes. les syphilitiques guéris de rencontrer une aphonie

Le mécanisme qui anime l’aphonie dans les affec- persistante due à des cicatrices vicieuses, ou à un

tions laryngées est différent suivant ces affections, épaississement définitif de la muqueuse dès cordes,

nous allons les passer en revue. Les accidents tertiaires de la vérole sont souvent

Laryngite catarrhale riiyu'é. — Dans cette affec- la cause d’aphonies, tion, l’aphonie peut être plus ou moins complète ; Tantôt c’est une gomme développée au niveau de elle est due en partie à l’infiltration et à l'épaissis- l'un des aryténo'ides dont le libre fonctionnement se

sement de la muqueuse des cordes, mais surtout à trouve entravé. Tantôt, c’est une gomme développée

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dans l’espace interai-yténoïdien qui empêche le rapprochement des cordes ; tantôt c’est une lésion de même nature qui a envahi l’épiglotte, qui alors forme en quelque sorte bouchon sur le larynx. Plus tard, ces mêmes lésions guéries peuvent être la cause d’aphonie par suite des désordres occasionnés dans l'organe vocal ; cicatrices, pertes de substance.

Cancer du larynx. — Au début de son évolution le cancer laryngien ne détermine que de la dyspho^ nie. Plus tard, quelle que soit la forme du cancer, on voit survenir l’aphonie.

Tout d’abord, elle n’est déterminée que par la tumeur elle-même ; plus tard il se produit des œdèmes et des destructions qui amènent la perte totale de la voix.

Scrofulides du larynx. — C.Qn'e%i qu’à une période très avancée de leur évolution que des scrofulides déterminent l’aphonie. 11 faut pour cela que le lupus ait détruit les cordes vocales, ce qui est très rare.

Œdèmes. — Les œdèmes au contraire, quelle que soit la lésion qui les ait déterminés, sont toujours accompagnés d’aphonie, du moment où iis acquièrent un volume considérable. Les œdèmes tuberculeux et cancéreux sont ceux qui s’accompagnent le plus fréquemment d’aphonie.

Paralysie. — Ce sont surtout les paralysies du larynx qui amènent l’aphonie et beaucoup de médecins encore réservent cette dénomination pour désigner spécialement cette affection.

L’aphonie la plus fréquente de toutes est de nature hystérique et se rencontre surtout chez la femme. Il n’est pas rare de trouver chez des hystériques une perte complète de la voix par suite du défaut de rapprochement des cordes vocales inférieures. Quelques malades peuvent encore proférer quelques sons et en général la maladie s’est développée sous l’influence d’une excitation morale violente (peur, chagrin, joie, etc.). L’aphonie dans ces cas peut être pour le moment la seule manifestation de l’hystérie, mais le plus souvent elle s’accompagne d’autres manifestations telles que des analgésies, des anasthésies, des perversions des sens.

L’aphonie par paralysie des cordes par compression est rare, car le plus souvent, la compression de» nerfs récurrents est unilatérale et dans ces cas il y a seulement dysphonie. J’ai observé la compression des deux récurrents et par conséquent l’aphonie, dans un cas d’adénopathie trachéo-bronchique.

Rares aussi sont les paralysies laryngées d’origine cérébrale. On en a signalé quelques cas ; nous nous contentons de les citer.

Polypes. — Les polypes laryngiens sont souvent la cause de l’aphonie qui est plus ou moins prononcée suivant les dimensions des polypes. Toutes choses égales d’ailleurs, les polypes situés sur les bords libres des cordes vocales sont le plus fréquemment la cause d’aphonie et celle-ci est d’autant plus prononcée que le polype siège plus près de l’angle d’insertion des cordes. Il est inutile de dire que la nature même de la tumeur n’influe que très peu sur le plus ou moins d’intensité de l’aphonie.

Nous nous contenterons de citer comme pouvant déterminer l’aphonie, les plaies du larynx, les fractures de cet organe et enfin les corps étrangers.

Causes supra-laryngées. — L’aphonie peut en¬

core être déterminée par des lésions de la langue ou du pharynx. Elle est alors purement mécanique et nous nous contenterons de citer les glossites intenses surtout les glossites mercurielles, le cancer de la langue, les abcès et les tumeurs du pharynx, le cancer des amygdales.

Causes indéterminées. — Il est un certain nombre d’affections pendant lesquelles on voit survenir l’aphonie, sans que l’on puisse affirmer que ce soit telle ou telle cause qui la détermine. Nous nous contenterons donc aussi de les énumérer. On voit l’aphonie survenir pendant le cours d’un rhumatisme articulaire. Quelques-uns dans ces cas ont prétendu que les articulations crico-aryténoïdiennes étaient envahies.

Les fièvres intermittentes graves s’accompagnent quelquefois de la perte de la voix.

L’aphonie est la règle dans le choléra asiatique — on la retrouve encore dans l’intoxication rabique et dans quelques intoxications surtout gazeuses.

On le voit donc par cet exposé, l’aphonie n’est qu’un symptôme et ne constitue pas une maladie proprement dite, et le plus souvent, ce n’est pas à elle que le médecin doit s’adresser dans sa thérapeutique. Cependant il doit la traiter, comme il traite la douleur, comme il traite des vomissements — surtout en s'adressant à la cause. Aucune affection ne justifie mieux l’adage: sublaia causa tollitur effectus.

Seules les paralysies de nature nerveuse réclament un traitement propre, je veux parler des électrisations directes ou indirectes. Les électrisations directes se font avec une pile ordinaire de Trouvé ou de Chardin dont on porte les deux pôles dans le larynx, sur les parties immobiles, à l’aide d’un exc> tateur spécial. L’électrisation indirecte se fait avec le même appareil dont on place les pôles de chaque côté du cou sur le trajet des nerfs récurrents.

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