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Lorsqu’on a redressé une ankylosé incomplète, il faut imprimer des mouvements à l’articulation, si l’on ne veut pas voir l’articulation s’ankyloser de nouveau. Pour cela on se sert surtout des mains. Bonnet voulait qu’on commençât à mobiliser l’articulation vingt à trente jours après le redressement, ^u'üu se serve des mains ou d’une machine, il faut avoir soin de fixer très solidement le segment du membre situé au-dessus du point ankylosé, et d’imprimer des mouvements au segment sous-jacent. On renouvelle les séances tous les jours, et, s’il n’existe pas de douleur vive, deux ou trois fois par jour. Dès qu’il existe quelques mouvements, le mas¬
sage et les frictions finissent par amener la guérison.
Lorsqu’on redresse une ankylosé complète, il est exceptionnel d’observer des mouvements dans l’articulation, après la guérison. Nous avons vu cependant un malade opéré par M. Maisonneuve, et possédant des. mouvements dans la fausse articulation qui résulta de l’opération.
On redresse l’ankylose complète par une rupture de l’os, lorsque la conformation de celui-ci s’y prête, comme le col du fémur. Le plus souvent, on fait la section de l’os ou la résection. On comprend que s’il existe une soudure osseuse, le membre puisse être redressé après la section de l’os. La résection de J’os a été surtout employée dans les cas d’ankylose du genou avec flexion forcée. D' j.-a ' fort.
.ANKYLOSTOME. — Nom donné à un petit ver, long de 6 à 10 millimètres, cylindrique, dont la bouche, située sur la face ventrale, est armée de huit dints (4 en haut et 4 en bas) très aiguës, et qui habite les deux portions de nos intestins connus sous le nom de Duodénum et Jégunum. p. l.
ANNEAU. — Nom donné en anatomie à diverses ouvertures naturelles, le plus souvent triangulaires ou ovales, qui permettent aux veines, aux artères et aux nerfs de passer d’une région du corps dans une autre. Les anneaux les plus importants sont l’anneau cj'ural, l’anneau inguinal, l'anneau ombilical, l’anneau diaphragmatique. (V. Crural, Inguinal, Ombilical, Diaphragmatique.) P. L-
ANNEXES. — Qualificatif par lequel on désigne en anatomie certaines parties qui dépendent d'un organe principal. Ainsi les trompes et les ovaires sont les annexes de l’utérus ou matrice. P. L.
annulaire. — Nom donné en anatomie au quatrième doigt de la main, parce que c’est à celui-là que l'on met d’ordinaire les bagues ou anneaux. On donne encore ce qualificatif à certains organes ou portions d’organes, à cause de leur conformation en forme d’anneaux. Ainsi, on trouve dans le corps humain : le ligament annulaire du radius ; les ligaments annulaires du carpe au poignet, et du tarse au pied; le cartilage annulaire du larjmx; la protubérance annulaire du cerveau. (V. Doigt, Radius, Carpe, Larynx, Cerveau.) P- L.
ANODIN. — Qualificatif donné en thérapeutique aux médicaments et remèdes, administrés à l’extérieur ou à l’intérieur, propres à combattre et à faire diminuer ou disparaître la douleur (V. Calmant.)
ANOMAL. — Qualificatif donné en anatomie, à un organe qui, par sa structure et sa fonction, s’écarte du type régulier et normal, et en médecine, à une maladie dont les symptômes, la marche ou la terminaison, présentent quelque chose d’irrégulier, d’insolite. P- L-
ANOMOCÈPHALE. — Nom sous lequel E. Geoffroy Saint-Hilaire a .réuni tous les monstres dont la tête présente quelque vice de conformation. (V. Acéphale, Anencéphale, etc.) P- L.
ANORCHIDE. — Nom donné à un individu atteint d’un vice de conformation congénital, consistant en l’absence des testicules. (V. Testicule.) p. l.
ANOREXIE. — Mot employé en médecine pour dé-, signer le manque d’appétit. (V. Inappétence.) P. L.
ANOSMIE. — Mot employé en médecine pour désigner ladiminution ou la perte de l’odorat. L’anosmie se rencontre souvent chez les personnes qui ont l’habitude de vivre dans une atmosphère surchargée d’odeurs fortes et pénétrantes. Elle est constante chez les individus atteints de coryza ou rhume de cerveau. On l’observe aussi chez ceux qui sont atteints de fièvre pernicieuse, de fièvre typhoïde ou d’une des affections du cerveau qui peuvent amener la paralysie ■ des nerfs de l’olfaction. Enfin, l’anosmie s’observe chez certaines femmes hystériques, à la suite de troubles nerveux. P- P-
ANSE. — Nom donné par les anatomistes aux portions de quelques organes longs, recourbés en forme d’anse de panier. Ainsi on dit : anse intestinale, anse nerveuse. P. L-
ANTAGONISME. — Mot qui sert à désigner la résistance que s’opposent deux forces ou deux puissances contraires. Ainsi, en anatomie, il y a antagonisme entre les muscles extenseurs et fléchisseurs, entre les muscles abducteurs et adducteurs, entre
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les muscles droit externe et droit interne de l’œil, etc., qui produisent tous des mouvements opposés et contraires. En médecine, certains ont prétendu et prétendent encore, qu’il y a antagonisme entre certaines maladies, par exemple entre la pthisie et les maladies organiques du cœur, entre le diabète et l’albuminurie, entre la fièvre typhoïde et le choléra, etc. ; mais aucun de ces antagonismes n’est encore aujourd’hui réellement démontré. Enfin, en thérapeutique, on compte quelques médicaments antagonistes, c’est-à-dire produisant dès effets opposés, comme par exemple, l’opium et la belladone.
D' Paul Labarthe.
ANTÉCÉDENT. — Qualificatif par lequel on désigne, en médecine, l’ensemble de toutes les circonstances, concernant le malade lui-même, qui ont précédé une maladie, et dont la connaissance est utile au médecin pour l’aider à en établir les causes et la nature véritable. Ainsi, les habitudes, le genre de vie, les maladies antérieures d’un individu, et, dans certains cas, de ses ascendants directs, sont des antécédents.
Le public ne se rend généralement pas assez compte de l’importance qu’il y a pour lui, à ce que le médecin connaisse bien ses antécédents; et il n’est pas rare de voir des malades refuser absolument de répondre à toute question qui, à leurs yeux, ne semble pas avoir directement trait à leur maladie. Aussi, nous ne saurions trop recommander, à tout individu qui vient réclamer les soins d’un médecin pour une maladie présente, de bien faire connaître tous ses antécédents, car le plus souvent, nous le répétons, de leur connaissance exacte et complète, dépend l’institution du traitement le mieux approprié et, par suite, la guérison plus prompte et plus sûre. Paül labarthe.
ANTÉFLEXION. — Nom donné à un état particulier de l’utérus, dans lequel le col et le corps de cet organe forment un angle plus ou moins ouvert qui regarde en bas et en avant. (V. Utérus.) p. l.
ANTÉPHÉLIQUE. — Nom donné à certaines préparations pharmaceutiques et à des produits de parfumerie employés contrô les éphélides ou taches de rousseur du visage. (V. Éphélides.) p. l.
ANTÉVERSION. — Nom donné à un état particulier de l’utérus, dans lequel cet organe est incliné en avant, le corps se rapprochant de la symphyse du pubis, tandis que le col tend à se placer dans la concavité du sacrum. (V. Utérus.) p. l.
ANTHÉLIX. — Nom donné par les anatomistes à la portion du cartilage qui forme l’éminence du pavillon de l’oreiUe. (V. Oreille.) P. l.
ANTHELMINTIQUES. — On désigne ainsi les substances et préparations pharmaceutiques jouissant de la propriété de détruire ou d’expulser les vers intestinaux. On divise généralement les anthelmintiques en vermifuges proprement dits, dont les plus connus sont la monse de corse, Yarmoise, la tanaisie, la santonine, le semen contra, Y arsenic, le ca-
lomel,ei\x,.\ et en tænifüges, parmi lesquels on connaît la racine de grenadier, la fougère mâle et le kousso. (V. ces mots.) P. L.
ANTHRACOSIS. — Nom donné à une maladie caractérisée par la pénétration dans les poumons de la poussière de charbon venue du dehors en suspension dans l’air respiré, particulières aux ouvriers qui travaillent dans les mines de houille. D’après Dechambre, les plus exposés à cette affection sont ceux qui isolent et abattent la houille ou haveurs; ceux qui conduisent la houille dans les galeries de roulage ou bouteurs, et les chargeurs et boiseurs d'aérage. Les chauffeurs de locomotive et les charbonniers sont aussi sujets à l’anthracosis.
Voici en quelques mots la marche de cette maladie. Au bout de quelque temps, lorsque les poumons commencent à être emcombrés par la poussière de charbon, on constate que le malade tousse, surtout le soir ; il s’essouffle rapidement, il ressent des douleurs vives dans la poitrine, et est sujet, principalement pendant la saison froide, à des accès d’asthme. Il crache abondamment et les crachats sont noirs. A l’auscultation, l’oreille perçoit des râles secs répandus dans les deux poumons, et des râles humides en arrière et en bas.
A mesure que la maladie fait des progrès, l’oppression devient permanente, la toux opiniâtre, les accès de suffocation de plus en plus fréquents, les crachats sont plus nombreux et toujours noirs. On constate une déformation de la poitrine. Le malade a la figure pâle, anxieuse, la démarche affaissée ; les poumons sont envahis par les cavernes tuberculeuses, et le malade qui ne mange plus, arrive à une cachexie extrême et succombe à la pthisie.
L’anthracosis étant une maladie essentiellement professionnelle, les individus qui en sont atteints ne parviendront à s’en guérir qu’en abandonnant la profession dès l’apparition des symptômes.
D'' Paul Labarthe.
anthrax! — Nom donné à une maladie chirurgicale caractérisée par une inflammation limitée de la peau, des glandes sébacées et du tissu cellulaire sous-jacent, présentant à son début le même aspect qu’un furoncle, mais ayant des proportions beaucoup plus grandes, s’accompagnant très souvent de symptômes généraux graves et ayant une tendance à la gangrène.
L’anthrax est plus fréquent chez l’homme que chez la femme, chez l’adulte que chez le vieillard et l’enfant. La malpropreté de la peau et les irritations qu’elle entraîne peuvent donner naissance à l’anthrax. Celui-ci affecte plus spécialement les individus dont le tempérament est affaibli par la fatigue ou les excès ; les convalescents. Toutefois, on l’observe aussi assez souvent chez des individus vigoureux et bien portants. Certaines maladies, telles que le diabète, qui sont favorables à la production de la gangrène, prédisposent à l’anthrax. Ce fait, signalé pour la première fois par Marchai de Calvi, est aujourd’hui établi d’une façon indéniable.
Les régions du corps qui sont le plus spécialement affectées d’anthrax sont Ip, nuque, le cou, les parois du ventre et du thorax, les fesses. On
observe aussi l’anthrax à la face, aux lèvres et quel- 1 quefois même à la langue.
A son début, l’anthrax présente le même aspect qu’un furoncle, et si ses proportions ne deviennent pas trop grandes, on dit que l’anthrax est furoncu- Leux. Celui-ci se manifeste par de la tuméfaction et de la rougeur, accompagnées d’une douleur qui s'augmente avec elles. Quelquefois celle-ci est supportable, elle n’empêche pas les personnes qui en sont affectées de vaquer à leurs affaires, même lorsque les dimensions de la tumeur sont un peu grandes. Cette douleur est parfois sourde, parfois aiguë, lancinante; le malade ressent comme des coups d’aiguilles dans la région envahie et il éprouve une sensation de cuisson très vive. Lorsque l’anthrax arrive à la fin de son développement, on voit la peau se soulever et au centre de cette tumeur apparaissent un ou deux points de la grosseur d’une tête d’épingle qui ne tardent pas à blanchir, ce qui prouve que l’épiderme est soulevé par du pus. De nouveau points prennent naissance, la peau s'ouvj-e et laisse échapper, par chacun d’eux, un mélange de pus et de sang.
Avant cette ouverture de l’anthrax, la rougeur est la même dans toute son étendue, le tour seulement est un peu plus pâle. La peau est tendue, brillante, et si on presse la tumeur, elle est résistante, solide. Après l’ouverture, les conditions changent : au fur et à mesure que le pus s’écoule, la tumeur devient pâteuse sans cependant être jamais fluctuante. C’est alors que la rougeur de la peau disparaît et les limites de l’anthrax prennent une teinte jaunâtre. Dans ce cas, on peut être sûr que l’inflammation ne prendra pas un nouvel essor et que l’anthrax est un anthrax avorté, un anthrax /«rouciiZewx.
En dehors de cet anthrax, il y a l’anthrax vrai. Contrairement au premier qui ne détermine qu’une fièvre peu appréciable, celui-ci donne lieu à des troubles digestifs graves, à de pénibles maux de tête ; il détermine des frissons, et le malade se sent accablé, il est sans forces. Quelques jours avant l’apparition de l’anthrax, un vague malaise se fait sentir, .puis ces symptômes se déclarent trois ou quatre jours après l’apparition de la rougeur.
Les débuts de la tumeur sont les mêmes que dans le cas. précédent, rougeur, chaleur, cuisson; puis, au centre, apparaît une petite poche, formée par le soulèvement de la peau, une phlyctène, qui, en crevant, laisse écouler un liquide poisseux ou glutineux. L’évacuation de ce liquide ne diminue en rien ni la rougeur ni la douleur et n’empêche en rien le développement de l’anthrax. La douleur, au contraire, devient presque insupportable; c’est une sensation analogue à celle que produirait une pince avec laquelle on tordrait la partie malade ou bien celle d’une profonde brûlure. La rougeur devient tuméfaction et la partie envahie prend la nuance lie de vin. Les veines, les artères et les ganglions avoisinants s’enflamment eux-mêmes.
Le malade ne commence à avoir du soulagement que lorsque la peau se mortifie au centre de l’anthrax; ü y a gangrène et on voit apparaître une eschare noirâtre. C’est sur la limite de cette partie mortifiée, tout autour de cette eschare, que le pus tend à sortir avec une abondance d’autant plus Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
grande que la quantité de tissu cellulaire malade est plus considérable. Puis bientôt ce tissu cellulaire gangrené se fait jour au dehors par les différents orifices de l’anthrax. C’est ce que l’on appelle le bourbillon.
Si l’eschare se détache avec assez de rapidité, le pus et les lambeaux de tissu cellulaire sont expulsés, si au contraire la marche est lente, le pus peut former un abcès tout autour de l’anthrax et produire des décollements.
Lorsque les matières mortifiées ont été expulsées, l’anthrax entre dans sa période de réparation ; ses bords sont très irréguliers, la peau est décollée dans un espace plus ou moins grand et conserve une teinte violacée. Le fond de la plaie qui a été produite par la perte de substance se couvre progressivement de bourgeons charnus et la cicatrisation s’opère.
La durée et la gravité de l’anthrax dépendent de
son siège, de son étendue et de l’état général du malade. Des anthrax que l’on a abandonnés à euxmêmes se sont guéris en dix ou quinze jours, parce que leur valeur était peu considérable et que le pus s’écoulait au dehors par plusieurs ouvertures de la peau. Mais dans la plupart des cas, dans l’anthrax vrai, qui a formé une large eschare et, par suite, une grande perte de substance, la cicatrisation ne se fait que lentement. Il faut dans certains cas plusieurs semaines, et la durée moyenne, pour arriver à complète cicatrisation, est de deux mois au moins. La cicatrice conserve pendant longtemps une coloration brunâtre.
11 ne faut pas confondre l’anthrax avec la pustule maligne oXYq charbon. (V. ces mots.)
Le traitement de l’anthrax doit être général et local.
Dès le début, lorsque le malade ressent les premiers malaises, accompagnés de frissons, d’inappétence, de troubles digestifs, nous conseillons un purgatif salin avec de l’eau de Rubmat ou du sulfate de magnésie. Dans certains cas, on pourra même, ainsi que le récommande M. Alph. Guérin, administrer un vomitif.
Comme traitement local, certains chirurgiens ont proposé Rappliquer des sangsues sur la tumeur;
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d'autres, de la recouvrir d’une ou plusieurs couches de collodion, prétendant par ces divers moyens, enrayer la marche de la maladie. Nous rejetons cette pratique comme inutile et n’influant en rien sur le développement de l’anthrax. On a aussi conseillé les applications de glace ou de mélanges réfrigérants : avec la majorité des chirurgiens, nous les repoussons encore, car les réfrigérants, diminuant la vitalité de la partie malade, facilitent la production de la gangrène. Nous préférons de beaucoup appliquer sur la tumeur de larges cataplasmes de farine de graines de lin, arrosés de laudanum, et, si le malade les trouve trop lourds, nous conseillons de les remplacer par les cataplasmes Eamilton. Si la douleur est trop forte on aura recours à une potion calmante opiacée.
Mais tout cela constitue seulement un traitement palliatif. Le vrai traitement curatif est le traitement chirurgical qui comprend trois méthodes :V excision, la cautérisation et Vincision.
V excision n’a guère été employée jusqu’à présent. Quant à la cautérisation, d’après Follin et Trélat, elle doit être .plus généralement réservée aux anthrax qui s’accompagnent de phénomènes généraux graves. Elle peut être pratiquée à l’aide du fer rouge ou de certains caustiques, tels que le caustique de Vienne, le chlorure de zinc ou le beurre d’antimoine.
Reste la méthode des incisions qui, hâtons-nous de le dire, est le plus généralement employée. Avec Velpeau, Demarquay, Richet, Verneuil, Âlph. Guérin et la majorité des chirurgiens, nous sommes d’avis que les incisions doivent être pratiquées de bonne heure, avant l’apparition des accidents généraux, car elles arrêtent la marche de l’anthrax et s’opposent à la gangrène de la peau. De plus, nous conseillons des incisions multiples et profondes, s’étendant jusqu’à la base de la tumeur. Certains chirurgiens conseillent d’appliquer ensuite de simples cataplasmes sur l’anthrax incisé, d’autres recouvrent les anfractuosités, de la plaie avec de la poudre de quinquina, ou les pansent avec des solutions d’acide phénique, de permanganate de potasse. Nous préférons badigeonner ces anfractuosités aussitôt après l’opération, et les jours suivants, avec de la teinture d’iode. Ce procédé est certes douloureux, mais il a le sérieux avantage de modifier favorablement les parties qui tendent à se gangrener, de leur donner une nouvelle vitalité qui favorise et hâte la cicatrisation. Mais quel que soit le pansement adopté, il faut toujours tenir la plaie excessivement propre.
Si la suppuration est de longue durée, si la fièvre a affaibli le malade, il faudra lui administrer des toniques, des préparations de fer et de quinquina, et relever ses forces par une alimentation substantielle. B'' Paül Labarthe.
ANTHROPOLOGIE. — Littéralement, science de l’homme, mais ce nom a été employé indistinctement, jusqu’à nos jours, soit dans un sens plus restreint, soit dans un sens général. Platner, qui s’en servit l’un des premiers, considérait l’anthropologie comme cette partie de la science qui traite de l’intelligence humaine et des facultés intellectuelles servant à différencier l’homme des animaux. Bur-
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dach, au contraire, appelait anthropologie l’ensemble des connaissances scientifiques dans leurs appR. cations à l’étude de l’homme. Bien des définitions ont été données depuis, mais dans le langage actuel celle de Broca demeure le plûs généralement adoptée. L’anthropologie est l’étude du groupe humain, considéré en lui-même et dans ses rapports avec le reste de la nature.
Ainsi comprise, l’anthropologie est une science toute nouvelle ; elle date du commencement de ce siècle, et nul ne conteste qu’elle ne doive la place qu’elle occupe aujourd’hui dans la science générale et les progrès qui ont marqué les étapes de sa marche rapide, à l’homme éminent dont nous venons de rappeler le nom et dont le monde savant déplore la perte.
L’anthropologie a besoin du concours de toutes les sciences. Vanatomie qui décrit les diverses parties du corps de l’homme devient l’anthropologie anatomique, lorsque cette description est étendue à un certain nombre de sujets pris dans une même race, que des moyennes sont établies, et que ce môme travail accompli sur des sujets d’une race différente permet d’établir une comparaison entre les résultats obtenus pour les deux groupes. Il est advenu de cette application ainsi comprise de l’anatomie que plusieurs dé ses branches ont été étudiées d’une manière toute spéciale et ont pris, pendant ces dernières années, un grand développement; ainsi la crâniologie, l’étude du cerveau, de la taille, des cheveux, des yeux, celle de tout le squelette. Ce que nous venons de dire de l’anatomie est applicable à la physiologie, c’est-à-dire à l’étude des fonctions; les conditions d’existence matérielle de l’homme en visagé au point de vue de l'histoire naturelle, son acclimatation, ses croisements, ses maladies, sa longévité, les phénomènes d’hérédité qu’il présente, toujours étudiés dans les divers groupes humains et comparés entre eux, ont déjà donné bien des expli-' cations sur l’origine et la formation des races, les modifications qu’elles ont présentées, leur extinction. V ethnographie, que l’on doit entendre la description des caractères extérieurs des peuples, leurs mœurs et coutumes, leur histoire, n’est pas la partie la moins cultivée de l’anthropologie générale, et c’est grâce à cette manière d’entendre et de définir la science de l’homme que l’on commence à tirer parti des renseignements circonstanciés et mieux étudiés rapportés par les voyageurs. La linguistique, tout en ayant perdu la place prépondérante qu’elle gardait autrefois, — l’on a dit bien longtemps, telle langue, telle race, — n’apporte pas moins des éléments précieux dans le déterminisme des groupes humains. Les migrations des peuples, leur séjour plus ou moins prolongé au milieu d’éléments conquis, se reconnaissent souvent aux mots nouveaux, aux expressions modifiées, signalés après le passage ou la conquête. La géologie apporte à l’anthropologie un précieux concours en déterminant l’âge des terrains où ont été trouvés les débris de l’homme et ceux de son industrie, et Varcheologie dite préhistorique est devenue cette partie de l’archéologie dont l’objet est de signaler et de définir, par ces débris mêmes, les conditions d’existence des plus anciens habitants de la terre. Ainsi comprise, l’anthropologie a une noble
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mission. Elle éclaire les origines de l’humanité, facilite le classement des races humaines, étudie les divers milieux qu’elles habitent, et en essayant de reconstituer le passé, indiquent quelques-uns des moyens de préparer l’avenir. Limitée à l’histoire, elle rend déjà des services signalés ; appliquée à la sociologie ou à l’étude des sociétés humaines, elle en rendra de plus grands encore, si elle sait écarter la passion et les intérêts personnels qui trop souvent viennent paralyser les efforts de la science.
Nous devons dire pour terminer que l’anthropologie est représentée dans l’enseignement officiel par une chaire au Muséum, placée à côté des belles coll('xtions de cet établissement; et par un laboratoire faisant partie de l’École des hautes études. L’enseignement privé comporte à Paris la Société d’anthropologie fondée par Broca avec le concours de quelques savants, et qui grâce à l’activité et à l’autorité de son fondateur a servi de modèle à des réunions semblables établies dans les principaux pays de l’Europe ; une école libre dont les cours sont de plus en plus suivis ; un musée, aujourd’hui le musée Broca, ouvert au public dans les bâtiments de l’École de médecine, enfin des recueils spéciaux.
D' A. Düreaü,
Vice-Président de la Société d’Anthropologie.
ANTHROPOMÉTRIE. — L’anthropométrie est l’art de mesurer le corps de l’homme, soit en totalité, soit dans ses différentes parties. Elle réclame des connaissances assez complètes en anatomie et le maniement d’instruments délicats. La méthode de mensuration et le choix des instruments ne sont pas indifférents. Enfin la mesure d’une seule partie du corps est souvent insuffisante. Il est certain qu’il y a des têtes petites et de grandes têtes, comme il y a des petites et de grandes tailles, et que c’est la comparaison entre les proportions de la tête -et celle de la taille qu’il sera fort souvent utile de connaître. L’anthropométrie a donc aussi pour but l’étude des rapports entre les différentes mesures, d'- a. Dureaü.
ANTI. — Préposition qui, dans le langage médical, placée devant un adjectif dérivé du nom d’une maladie, sert à qualifier les médicaments employés à combattre et à guérir cette maladie. Ainsi, en disant antigouiteux,antiscrnfuleux, aniiblennorrhagique, etc., on désigne les médicaments usités contre la goutte, la scrofule, la blennorrhagie. p. l.
ANTIAPHRODISIAQÜE — Qualificatif donné aux médicaments qui jo-issent de la propriété de diminuer plus ou moins l’inclination aux plaisirs de l’amour, ou un état particulier d’éréthisme des organes génitaux, chez l’homme et chez la femme, qui n’en est cependant pas toujours le signe. Parmi les principaux nous citerons par ordre alphabétique 1 agnus castus, la belladoiie, le bromure de camphre, le bromure de potassium, le café, le camphre, la ciguë, la digitale; le houblon et son principe actif. Je lupulin; le nénuphar, Y acide salycilique, le tabac,, etc. (’if. ces mots. Voyez aussi : Anaphrodisie, Nymphomanie, Priapisme] Satyriasis.) P- h.
ANTICHAMBRE. — Nom donné à une pièce se¬
condaire, qui fait communiquer l’extérieur et l’intérieur des chambres^ de nos appartements, soit directement, soit par l’intermédiaire de couloirs qui s’ouvrent sur elle. Une antichambre devrait toujours être assez spacieuse, suffisamment claire, bien aérée, et d’une température telle que, pendant l’hiver, l’air venant du dehors puisse s’y échauffer avant de pénétrer dans les chambres de l’appartement.
ANTIDOTE. — Nom donné à toute substance jouissant de la propriété de prévenir ou de détruire les effets d’un poison. (V. Contrepoison.) P. L.
ANTIÉMÉTIQUE. — Nom donné en pharmacie aux remèdes propres à calmer ou à faire cesser les vomissements. P* L.
ANTIHYPNOTIQUE. — Qualificatif donné aux différents moyens et remèdes employés en médecine pour combattre le sommeil. P. L.
ANTILAITEUX. — Qualificatif donné aux ali¬
ments et aux médicaments qui ont la propriété de diminuer et de supprimer la sécrétion du lait, et à ceux qu’on emploie contre les accidents produits par la cessation brusque de cette sécrétion ou par l’engorgement laiteux des seins chez les nourrices. (V. Lait, Nourrice, Sevrage.) P. L.
ANTIMOINE. — L’antimoine ou régule d’antimoine est un corps simple, métallique, brillant, cassant, pulvérisable et insoluble dans l’eau. On le trouve dans le commerce en pains orbiculaires dont la surface présente une sorte de cristallisation sous forme de feuilles de fougère. Dans cet état, il est impur et contient particulièrement de l’arsenic dans I sa composition ; il doit être purifié pour les usages médicinaux, il présente alors une texture grenue, lamelleuse .et la couleur éclatante d’un blanc argintin.
L’antimoine et ses composés ont été employés en thérapeutique dès la plus haute antiquité. Dioscoride et Galien faisaient usage d’un sulfate d’antimoine naturel, qu’ils désignaient sous le nom de stibine. Vers la fin du moyen âge, Paracelse, Van Helmont commençaient à varier les préparations antimoniales: les uns prescrivaient l’aîifûftoine mélaUvfue, les autres vantaient l’oxyswZ/tire d’antimoine, qu’ils appelaient verre d’antimoine.
Les succès de l’antimoine allaient ainsi croissant à travers les siècles, lorsque Jacques Perreau inventa cette histoire d’après laquelle plusieurs moines auraient été empoisonnés par la stibine, d’où dériverait le mot anti-moine, le seul employé aujourd’hui. Dès lors, le médicament en question fut en proie à une foule de controverses. Défendu à outrance par ses partisans, attaqué avec autant d’énergie par ses adversaires qui, tels que Guy-Patin, le surnommaient le tartre stygié, pour faire ressortir qu’il conduisait sur les bords du Styx ceux qui avaient le malheur de goûtera ce breuvage; il resta ballotté par deux vents contraires jusqu’au moment où Louis XIV, gravement malade à Calais, lui dut sa guérison. A partir de ce moment sa réhabilitation
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fut établie, et de nos jours les composés d’antimoine sont journellement employés en thérapeutique.
On faisait jadis avec l’antimoine de petites balles purgatives appelées pilules perpétuelles, parce qu’elles pouvaient servir au même usage un grand nombre de fois. On en préparait aussi des gobelets dans lesquels on laissait séjourner du vin blanc, qui s’imprégnait, sous l’influence de l’air, d’une certaine quantité d’oxyde qui lui donnait des propriétés émétiques. Ces deux médicaments infidèles sont tombés dans l’oubli depuis nombre d’années. Nous pouvons on dire de même de la poudre. Cependant Trousseau s’en est servi avec avantage dans la pneumonie, le rhumatisme articulaire aigu, la bronchite capillaire, à la dose de 50 centigrammes à 4 grammes qu’il faisait prendre en pilules, ou bien en suspension dans un looch ou dans un julep gommeux. La même poudre triturée avec deux parties d’axonge, lui servait à faire une pommade irritante pouvant produire les effets d'une pommade faiblement émétisée.
Oxyde blanc d’Antimoine. — L’oxyde blanc d’antimoine s’obtient tantôt par cristallisation, il est fusible, blanc, volatil et, en cet état, il est souvent désigné sous le nom de fleurs argentines d'antimoine; tantôt par précipitation, il est alors d'un blanc bleuâtre et cristallise par le refroidissement en une couleur gris perle.
Trousseau l’employait comme contre-stimulant dans la pneumonie aux doses de 6 à 8 jusqu’à 16 grammes par jour, suspendu dans un looch ou dans un julep gommeux. Gubler prétend que des proportions beaucoup plus faibles peuvent produire des résultats semblables, car ces préparations insolubles trouvent toujours dans l’estomac une suffisante quantité d’acide pour les dissoudre convenablement. La. célèbre poudre antimoniale de James, ainsi composée d’après le Codex :
Oxyde blanc d’antimoine . 10 grammes.
Phosphate de chaux . 20
est un remède jadis très vanté en Angleterre à la dqse de 50 centigrammes à 2 grammes par jour, en j^otion ou en pilules, contre la pneumonie, les inflammations, les fièvres.
Chlorure ou Beurre d’Antimoine. — Le chlorure d antimoine, ou beurre d’antinioine, est un sel blanc, solide, demi -transparent, déliquescent à lair, très soluble dans l’eau et d’une saveur excessivement caustique. C’est un poison corrosif des plus énergiques; aussi est-il inusité à l’intérieur et ne s’eniplûie à l’extérieur que sous forme de chlorure liquide que l’on obtient en exposant le chlorure solide au contact de l’air humide dans un entonnoir de Terre. Ce sel se présente alors sous l’aspect d’une masse graisseuse (beurre d’antimoine), blanchâtre, demi-fluide, facile à étendre en couche mince, à l’aide d’un pinceau sur la pustule maligne ou les plaies envenimées qu’on veut cautériser.
Sulfure rouge d’Antimoine. — Nom donné à un sel d’antimoine plus connu sous celui de kermès (V. ce mot.)
ïàrtrate de potasse et d’antimoine. — Nom donné à un sel d’antimoine plus connu sous celui de émétique ou de tartre stïbié. (V. ce mot.)
D' ilABC Gambouuves.
ANTIMONIAUX. — Nom donné à un certain nombre de médicaments à base d’antimoine, dont l’emploi thérapeutique date de la plus haute antiquité. Ils peuvent se diviser en deux grandes catégories : les antimoniaux solubles et les antimoniaux insolubles. Les premiers sont dangereux à doses relativement peu élevées ; ils occasionnent des nausées, des vomissements, un ralentissement marqué de la respiration et de la circulation, suivi d’un affaissement général de tout l’organisme, lorsqu’on a poussé les doses jusqu’à l’intoxication; le tartre stibié ou émétique est le plus important des médicaments de cette catégorie. Les seconds, n’étant solubles que par l’intermédiaire de sucs sécrétés dans le tube gastrointestinal, ont une action plus lente, moins énergique; ils sont purement contro-stimulants et ne deviennent vomitifs que par l’administration de doses successives : le sulfure rouge d'antimoine ou kermès et V oxyde blanc d'antimoine sont les deux médicaments de ce groupe les plus usités.
D'' Marc Camboüuves.
ANTIPÉRIODIQUES. — Nom sous lequel on désigne des médicaments qui ont la propriété d’empêcher la reproduction des phénomènes morbides dont l’ensemble constitue une affection périodique. Le plus connu et le meilleur des antipériodiques est sans contredit le sulfate de quinine. (V. ce mot.)
ANTIPÉRISTALTIQUES. — Nom donné à des mouvements des parois de l’estomac et des intestins, qui se produisent de bas en haut, de telle façon que les matières alimentaires contenues dans ces organes se trouvent reportées en sens inverse de leur marche habituelle dans l’appareil digestif. C’est par des mouvements antipéristaltiques que le vomissement est déterminé. P. l.
ANTIPHLOGISTIQUES. — Qualificatif donné aux médicaments et autres moyens employés en thérapeutique pour combattre l’inflammation, tels que la saignée, les sangsues, les ventouses, les cataplasmes, les bains, l’abstinence plus ou moins complète d’aliments, etc. p
ANTIPSORIQUE. — Nom donné aux différents remèdes employés contre la gale. (V. ce mot.) p. l,
ANTISCORBUTIQUES. — Nom donné aux médicamerits simples ou composés qui ont la propriété de guérir \q scorbut. Les plus usités sont le cresson, le cochléaria, le raifort, etc., qui entrent dans la composition des préparations antiscorbutiques les plus connues et les plus usitées, telles que le cresson Maître, le sirop de raifort iodé de Grimault, le sirop de Portai, etc. (Y. ces mots.) p
ANTISEPTIQUES. — On désigne sous ce nom les diverses substances ou préparations hygiéniques et pharmaceutiques qui jouissent de la propriété de s’opposer à la décomposition des matières organiques, ou de Farrêter lorsqu’elle est déjà commencée. Les antiseptiques sont assez nombreux ; parmi les plus usités, nous citerons : l'alcool^ V acide phéni que.
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le phénol Bobœuf, Vacide salycUique, le salicol Diisaule,V acide tliymique,le thymol Doré, le vinaigre de Pennés, le coaltar Le Beuf, la glycérine, Yeucalyptol, les hyposulfites, le bichlorure de mercure, etc. (V. ces mots ; V. aussi Septicémie.) p, l.
antispasmodiques. — On désigne sous ce nom les médicaments qui ont la propriété de faire cesser et disparaître les phénomènes d’excitation du système nerveux désignés sous les noms d’état nerveux, vapeurs, et de calmer les contractions musculaires désordonnées connues sous le nom de^pasme^. Les plus connus sont : Vassajœtida, Vacide cyanhydrique, le castor eum, le musc, la valériane, etc... (V. ces mots.) P- l ,
ANTIÏMGUS. — Nom donné par les anatomistes à l’éminence conique du pavillon de l’oreille, située en face du tragus et en dessous d&Vanthélix.{y.Anthélix, Tragus, Oreille.) p. l.
ANURIE. — Mot employé en médecine pour désigner la suppression de la sécrétion urinaire. (V. ürine.) . P L.
ANUS . — Anatomie. — Nom donné à l’orifice inférieur du rectum, qui constitue la partie terminale du canal alimentaire. La nature a placé cet orifice loin des organes des sens afin que, selon la remarque de Fénelon « ils n’en soient incommodés. « Situé sur la ligne médiane, au fond du sillon qui sépare les fesses, entre les deux tubérosités de l’ischion, en avant de l’os coccyx, en arrière de la verge chez l’homme, et du vagin chez la femme, l’anus a son ouverture plus rapprochée du coccyx chez l’homme que chez la femme, c’est-à-dire plus en arrière.
L’orifice de l’anus est rond, étroit, formé à l’extérieur par la peau qui se continue avec la membrane muqueuse à l’intérieur et forme un grand nombre de plis qui s’effacent, lorsque cet orifice est dilaté par les matières fécales expulsées. Au pourtour de l’anus, la peau est généralement de couleur brune, humectée par un fluide onctueux, à odeur caractéristique, provenant des glandes sébacées qui existent là en grand nombre. Elle est couverte, chez l’homme, de poils abondants qui manquent généralement chez la femme.
L’orifice anal est maintenu fermé par un muscle circulaire, appelé sphincter anal, qui s’oppose ainsi au passage des matières fécales qui, sans lui, s’échapperaient involontairement. Il est dilaté parun autre muscle appelé releveur de l'anus. (V. Rectum, Défécation.)
Imperforation de l’anus. — Ce vice de conformation, que l’on rencontre chez quelques nouveau-nés dans les quarante-huit premières heures, consiste dans une occlusion du tube intestinal au niveau de l’ouverture terminale de l’anus. Cette occlusion présente plu sieurs variétés : tantôt l’orifice anal est fermé simplement par la peau, ou par une membrane mince, ou encore par une couche de tissus de quelques millimètres d’épaisseur, tantôt, l’orifice anal est ouvert extérieurement, mais il existe une cloison également mince à une légère hauteur.
Dans tous les cas d'imperforation de l’anus, s’il
n’existe aucune ouverture contre nature donnant issue aux matières stercorales, ceUes-ci s’accumulent dans l’intestin et le distendent ; l’abdomen se gonfle et se distend également ; il est douloureux ; l'enfant crie et fait des efforts ; il a des nausées, il vomit des matières jaunes ou vertes; sa face se congestionne, il a des hoquets, des mouvements convulsifs, et il finit par succomber.
Il faut donc pratiquer l’opération, dès que l’imperforation a été constatée. Pour cela, le chirurgien enfonce la pointe d’un bistouri au centre présumé de l’anus ; puis, il fend en croix, de dedans en dehors, la peau et la muqueuse ; saisit chaque lambeau avec une pince et en fait l’excision ; enfin, il procède au pansement qui consiste à introduire une mèche de charpie suffisamment grosse pour empêcher le rapprochement de la plaie, et pour que la cicatrisation se fasse sans rétrécissement de l’anus.
Anus contre nature. — On désigne ainsi une ouverture autre que l’anus naturel, située sur quelque point de la région abdominale et par laquelle sortent les matières intestinales. Cette infirmité dégoûtante
Fig. 101.
Appareil spécial destiné à recevoir les matières intestinales dans le cas d’anus contre nature.
est quelquefois un vice de conformation que l’enfant porte en naissant ; le plus souvent elle est accidentelle. L’anus contre nature s’établit surtout à la suite de blessures au ventre, lorsque l’intestin a été coupé en tout ou en pàrtie. Dans ces cas, il se forme, entre les bords de ia plaie du ventre et 1 intestin sectionné, des adhérences, et les matières intestinales sortent alors par cette ouverture. Si les adhérences ne se font pas, les matières s’épanchent dans l’abdomen et le blessé succombe à une péritonite. Les hernies étranglées, les obstructions intestinales
laO ANU
peuvent aussi donner lieu à l’anus contre nature. (V. Hernies, Obstruction intestinale.)
L’existence d’un anus contre nature entraîne une malpropreté continuelle, l’excoriation de la peau dans le voisinage de l’ouverture fistuleuse, et des modifications dans la nutrition de l’individu, qui diffèrent selon la portion du canal intestinal où elle s’est produite. Si la rupture a eu lieu à la partie supérieure ou moyenne de l’intestin, ce que l’on reconnaît facilement par l’odeur, la couleur et le degré de consistance des matières, le danger est d’autant plus grand que celles-ci sont plus molles, lactescentes et aigres; le malade, quoique mangeant beaucoup ne peut réparer ses forces, il maigrit, tombe dans le marasme et meurt. Si la rupture a eu lieu à la portion inférieure du gros intestin ou de l’intestin grêle, dans le voisinage de l’anus naturel.
Fig. m.
Établissement d’un anus artificiel a la région lombaire droite, ; à égale distance de la dernière côte et de la crête de l’os | iliaque. |
la nutrition du malade n’est que très peu troublée, | le bol alimentaire ayant été presque complètement | digéré. :
L’anus contre nature, lorsqu’il s’est produit spon- 1 tanément, peut quelquefois guérir tout seul, mais ' le plus souvent le chirurgien est obligé d’intervenir i et de pratiquer une opération délicate, spéciale, '
connue sous le nom A! entérotomie. (V. ce mot.) ;
Dans tous les cas, il faut nourrir très substantiel- ' lement le malade, tenir la plaie excessivement propre, préserver la peau des excoriations produites par l’écoulement des matières intestinales, au moyen de baudruches gommées ou de coUodion appliqué au pourtour de l’ouverture. Dans les cas incurables, ou lorsque l’opération de l’entérotomie ne sera pas pratiquée, il faut employer un appareil spécial [fig. 101), composé d’une plaque en ivoire qui s’applique à l’ouverture de l’anus contre nature ; cette plaque est percée au centre d’un trou par où passent
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les matières intestinales et auquel s’adapte un tube en caoutchouc muni d’une soupape par où s’écoulent ces matières pour s’accumuler dans un réservoir, qu’on peut visser et dévisser à volonté pour le vider et le laver. Le tout est maintenu fixé au corps par une ceinture à boucle.
Anus artificiel. — On désigne ainsi une opération chirurgicale qui consiste à pratiquer sur la paroi abdominale une ouverture artificielle destinée à l’écoulement des matières, dalns les cas d’imperforation congénitale de l’anus, de hernie étranglée, d’obstruction intestinale, etc. L’anus artificiel s’établit soit dans la fosse iliaque droite ou gauche, soit dans la région lombaire {fig. 102), au flanc. Cette opération est toujours grave et la moitié au moins des malades meurent de ses suites.
Abcès de l’anus. — (V. Abcès.)
Chute de l’anus. — (V. Rectum.)
Corps étrangers de l’anus. — (V. Rectum.)
Dilatation de l’anus. — (V. Pédérastie.)
Fissures à l’anus. — La membrane muqueuse qui borde l’ouverture de l’anus peut être le siège de petites excoriation superficielles qui ont reçu le nom de fissures à l’anus. On les observe principalement entre vingt et trente ans, et beaucoup plus chez la femme que chez l’homme. La constipation habituelle, les hémorrhoïdes, la vaginite, l’érythème humide qui succède à l’accouchement ou se produit spontanément, sont les causes déterminantes les plus fréquentes de cet accident.
Si on examine un anus atteint de fissures, on aperçoit entre les plis rayonnés de la muqueuse et parallèles à ceux-ci, des fentes ulcéreuses d’un rouge vif, parfois grisâtre, à bords renversés ou taillés à pic. Ges fissures, dont la longueur varie de 1 à 2 centimètres, avec une largeur moyenne de 1 à 4 milimètres, peuvent siéger à la partie antérieure ou postérieure, ou encore sur les parties latérales de l’anus.
Le malade éprouve des douleurs vives chaque fois qu’il va à la garde-robe. La défécation est quelquefois impossible malgré les efforts, et lorsqu’elle a lieu, la douleur produite par la sortie des matières (qui sont dures et tachées de sang) est très intense et persiste longtemps. Si bien que le malade, pour éviter d’aller à la selle, en arrive à se priver presque de nourriture. Les douleurs produites parles efforts de la défécation déterminent une constriction permanente du sphincter anal qui vient encore faire obstacle à l’issue des matières fécales.
On peut guérir les fissures à l’anus en employant les astringents locaux. Trousseau se trouvait très bien de la méthode suivante ; tous les matins, il administrait d’abord un lavement à l’eau de guimauve, ou mieux à l’huile d’olive pour vider l’intestin ; puis, il faisait prendre matin et soir un lavement ainsi composé :
Extrait de ratanhia . 4 grammes.
Alcool . 4
Eau . 125 —
Demarquay préférait aux lavements la pommade suivante :
Glyeérolé d’amidon . 30 grammes.
Extrait dé ratanhia . 2 —
Lorsque les douleurs sont trop vives, on peut ajouter à cette formule :
Extrait de belladone . 0.25 a 0..d0 centlgr.
Certains chirurgiens cautérisent les fissures avec le nitrate d’argent.
Ces divers moyens sont surtout applicables au traitement des fissures légères. Dans les fissures profondes, multiples, accompagnées de douleurs très intenses, avec con.striciion du sphincter, il faut débrider celui-ci par l’incision ou mieux par la dilatation forcée. Celle-ci se pratique de la manière suivante: on introduit dans l’anus, l’un après l’autre, les deux pouces préalablement enduits de cérat, puis, on les écarte par une traction lente et soutenue jusqu’à ce qu’ils produisent la déchirure interne des fibres du sphincter. On retire alors les doigts, et aucun pansement consécutif n’est nécessaire. Cette petite opération est généralement sans danger.
Fistules à l’anus. — On rencontre très fréquemment des individus atteints de fistules à l’anus. Celles-ci peuvent être complètes ou incomplètes.
Les FISTULES COMPLÈTES sont Celles qui ont deux ouvertures, l’une interne, dans le rectum ; l’autre externe, au pourtour de l’anus. L’orifice interne est généralement mou, comme déchiré. L’orifice externe est le plus souvent entouré de callosités. 11 est ordinairement unique, s’ouvre dans l’immense majorité des cas sur un des côtés de l’anus, quelquefois en arrière, exceptionnellement en avant de cet organe. Quelquefois les orifices externes sont multiples et rapprochés les uns des autres. Dans ce cas, les divers trajets de ces orifices externes aboutissent, en général, à un orifice interne unique. Les trajets des fistules complètes peuvent être directs et sinueux, avec des ampoules et des clapiers plus ou moins larges sur leurs parcours. Ils sont tapissés d’une membrane de nouvelle formation, lisse et très mince, analogue aux muqueuses.
Les FISTULES INCOMPLÈTES OU BORGNES SOUt Celles
qui n’ont qu’une ouverture. Lorsque celle-ci se trouve du côté du rectum, la fistule est incomplète interne ; lorsqu’elle se trouve au dehors seulement, la -fistule est incomplète externe.
Chez les individus atteints de fistule complète, on observe au pourtour de l’anus un ou plusieurs petits orifices, par lesquels s’échappent des gaz, du pus, des matières fécales. Si, le doigt indicateur d’une main étant introduit dans l’anus, avec l’autre , main armée d’un stylet mousse, on explore le trajet de la fistule, le stylet s’enfonce dans la fistule et son extrémité pénètre jusque dans le rectum, ou l’indicateur la sent directement.
Chez l’individu atteint de fistule incomplète interne voici comment les choses se passent. Au début, le malade constate au voisinage de l’anus la présence d’une tumeur dure et profonde, dans laquelle il ressent des battements et des élancements pendant plusieurs jours. Puis, un beau matin, en allant à la seUe, il rend par l’anus une certaine quantité de pus. Les garde-robes sont douloureuses et les matières fécales recouvertes de pus. Tout le pourtour de l’anus est sensible à la pression, la peau est altérée, livide, empâtée au niveau correspondant
à la fistule. Si on introduit le doigt dans l'anus, on rencontre en un certain point des inégalités dures, au centre desquelles est une partie moUe qui indique l’orifice de la fistule. Lorsque celui-ci n’est pas très bas, on le retrouve à l’aide d’un stylet mousse.
Enfin, lorsqu’on découvre une ouverture placée plus ou moins près de l’anus, qui donne issue à du pus, sans gaz, ni matières fécales, on peut présumer qu’on est en présence d’une fistule incomplète externe. On a la certitude de son existence lorsque, en explorant l’ouverture avec un stylet mousse, un , doigt étant en même temps introduit dans l’anus, on constate que l’extrémité de l’instrument reste toujours séparé de la cavité ano-rectale par une épaisseur plus ou moins grande de tissus.
Les fistules à l’anus sont généralement conséj cutives aux inflammatio n s chroniques de l’intestin, aux abcès de la marge de l’anus, aux chutes sur le siège. On les observe souvent chez les phtisiques.
Elles constituent une infirmité dégoûtante et très désagréable. Aussi, tout individu qui en est atteint, doit-il se hâter de s’en débarrasser, car elles ne guérissent jamais seules.
On a traité les fistules à l’anus de différentes ma- Fig. lOS.
nières. On a essayé les Fistule incomplète externe, pommades, des injections
irritantes de teinture d’iode dans le trajet fistuleux ; on a eu recours aux caustiques, à la compression, à la ligature, à l’excision. Ces différentes méthodes sont les unes inefficaces, les autres douloureuses, longues, incertaines.
La méthode le plus généralement employée aujourd’hui, celle que préconisent Verneuil, Duplay, Labbé, Després et la plupart des chirurgiens, est la méthode des incisions. C’est par les incisions que fut traité Louis XIV, atteint de fistule à l’anus, comme le raconte longuement son chirurgien Dionis, dans son Cours d'opérations, et il ajoute : « f’ai connu plus de trente courtisans qui voulaient aussi qu’on leur fît l’opération, et dont la folie était si grande qu’ils paraissaient fâchés lorsqu’on les assurait qu’il n’y avait pas nécessité de la faire. » Car, bien entendu, ces courtisans n’étaient nullement fistuleux ; mais, pour faire leur cour au Roi-Soleil, ils feignaient d’être atteints de la même infirmité, tout comme dans l’antiquité les disciples d’Aristote imitaient le bégayement de leur maître pour lui plaire.
Avant de subir l’opération, les malades s’y prépareront pendant huit jours, en prenant des lave-
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menls matin et soir, et la veille, en se purgeant avec 30 ou 40 grammes d’huile.de ricin, afin de bien vider le rectum et fie préparer une constipation de quelques jours qui est nécessaire au succès.
Le jour de l’opération venu , on fait coucher le malade sur le côté, au bord du lit, la cuisse de dessous étendue et l'autre fléchie ; un aide écarte les fesses, puis le chirurgien introduit par l’orifice externe une sonde cannelée d’argent recuit, et suit le trajet de la fistule jusqu’à son orifice interne ou rectal ; en même temps il introduit l'indicateur dans le rectum. Dès qu’il sent à l’orifice interne de la fistule le bout de la sonde, il ramène celle-ci vers l’anus 106-107).
Il pratique alors l’incision de toutes les parties soulevées par la sonde, et coupe de dedans en dehors la peau , l’anus et l’intestin soulevés par la sonde cannelée 108). Aussitôt après l’incision, nous conseillons de cautériser au fer rouge les surfaces saignantes. Cette cautérisation ale double avantage d’arrêter l’hemorrhagie et de soustraire pendant plusieurs jours la plaie au contact des matières fécales, grâce à l’eschare qui du reste est assez superficielle. On favorise la constipation par une alimention légère et par les préparations d’opium.
On entretient sur la région de larges cataplasmes de farine de lin ou des cataplasmes Hamilton tièdes. La cicatrisation n’est complète, dans la plupart des cas, qu’au bout de trois mois. Les opérés qui, au bout d’un mois, ne souffrent plus et sous ce prétexte veulent reprendre leurs occupations, feront bien de s’abstenir, caria marche irrite les lèvres de la plaie et, par suite, retarde la cicatrisation.
Nous avons dit plus haut que les fistules anales sont fréquentes chez les phtisiques. Certains chirurgiens ne sont pas d’avis de les opérer chez ces malades, parce qu’ils pensent que la fistule joue chez eux le rôle d’un cautère, d’un dérivatif dont la suppression imprimerait une nouvelle recrudescence à la phtisie. Nous croyons aussi qu’il ne faut pas
opérer les fistules à l’anus chez les phtisiques mais pour une autre raison, à savoir, que la plupart du temps on n’obtient pas chez eux une cicatrisation complète et qu’il reste toujours un ou plusieurs pertuis fistuleux qui suppurent.
D' Paul Labarthe.
Fig. 106.
Opération de ia fistule à l’anus: — Introduction de l’index dans le rectum, et de la sonde cannelée dans le trajet fistuleux.
Fig. 107.
Opération de la fistule à l’anus. — Index ramenant vers l’aiius l’extrémité de la sonde cannelée.
Fig. 108.
AORTE. — On désigne sous le nom d’aorte, en anatomie, la plus grande artère du corps, celle qui occupe sa partie médiane et donne naissance à tous les vaisseaux présidant à la diffusion du sang rouge. L’aorte prend son origine au ventricule gauche du cœur sur le même plan que l'artère pulmonaire, qu’elle croise en X, mais en arrière. Elle se dirige d’abord en haut et à droite, (aorte ascendante), derrière le sternum , qu’elle touche presque ; puis elle change de direction au niveau de la première côte et forme la crosse, courbure dont la concavité regarde en bas, et ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec une crosse d’évêque; L’aorte se porte ensuite directement en arrière et en bas, près de la quatrième vertèbre dorsale [aorte descendante), et se place sur le côté gauche de la colonne vertébrale , au - devant de laquelle elle arrive . insensiblement dès la huitième vertèbre dorsale;
Operation de la fistule à lanus. — Incision, avec le bistouri, de toutes les l’anrtp cp tarminp an parties soulevées par la sonde. ^ termine au
niveau de l ombihc en ' se bifurquant
(artères iliaques) pour le membre inférieur.
L’aorte descendante se subdivise en thoracique et abdominale.
La crosse donne naissance aux grosses artères qui, par leurs divisions, vont répandre le sang dans la tête et le membre supérieur [tronc brachio-céphalique, carotide primitive ci sous-clavière gauche).
Vaorte thoracique, limitée par la crosse et le diaphragme, que l’aorte traverse entre ses deux piliers avec le canal thoracique et la grande veine azygos, fournit des rameaux à l’œsophage, aux bronches et aux espaces intercostaux. Au-dessous du diaphragme, l’aorte, devenue abdominale , donne le tronc cœlicL- \ que et des branches au mésentère, au foie, aux cap-
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