D’HYGIÈNE PUBLIQUE ET PRIVÉE
ABAISSE-LANGUE. — On appelle ainsi des instruments spéciaux à l’aidè desquels on déprime la base de la langue de façon à pouvoir explorer le pharynx et pratiquer certaines opérations dans l’arrière-bouche.
La plupart des abaisse-langue sont constitués par une plaque en bois, en métal ou en ivoire, creusée à sa face linguale de petits sillons transversaux destinés à empêcher le glissement, adaptée sur un manche en bois. On fabrique des abaisselangue dans lesquels le manche en bois est remplacé par une seconde plaque plus petite que la première, articulée à charnière, de façon à s’appliquer sur elle. Ce modèle a l’avantage de réunir en un même instrument et sous un petit volume deux abaisse-langue, servant l’un pour les enfants et l’autre pour les adultes. Dans un autre modèle, on a adapté sur le manche une pince mobile au bout de laquelle on peut fixer une petite bougie, ce qui facilite l’exploration et permet au médecin de garder la liberté d’une de ses mains.
Tout récemment MM. Rainai frères ont imaginé et construit un abaisse-langue auquel ils ont adapté un pulvérisateur ; le tube à pulvériser fait corps avec l’abaisse-langue, et est disposé de façon à pouvoir graduer la pulvérisation. Avec C3 nouvel instrument, le médecin peut diriger la pulvérisation sur un point fixe, et cela d’une seule main; l’autre main, restée Fig- 2.
libre, lui permet d’éclairer la cavité Abaisse-langue buccale.
L’appareil de MM. Rainai se compose d’uq tube nikelé traversant un bouchon en caoutchouc, fermant hermétiquement le flacon dans lequel on introduit le liquide à pulvériser ; à l’extrémité du tube existe une olive qui sert à graduer la pulvérisation en tournant ceUe-ci de droite à gauche. La soufflerie Dictioniiaire de médecine dsdelle.
qui est fixée après une des branches en métal nikelé se compose de deux poires en caoutchouc. La
Fig. 3. — Abaisse-langue articulé, de Ricord. première reçoit les impulsions de la main qui doivent être rapides. La seconde sert de réservoir d’air ^ et permet d’obtenir une pulvérisation Kl sans intermittence. Toutes les pièces de cet appEu
reil se
démontent et peuvent être facilement remplacées.
Les abaisse-langue sont très utiles, sans être pour cela indispensables. On peut, dans l’immense majorité des cas, les remplacer par le manche d’une cuiller d’argent et mieux d’étain, celle-ci étant plus flexible et pouvant être coudée plus ou moins, selon les cas.
D’une introduction généralement facile, surtout chez les adultes, l’abaisse-langue est souvent très difficile à introduire chez les enfants. Nous conseillerons de ne jamais avoir recours
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à la force, et d’user surtout du petit artifice suivant, qui réussit presque toujours : lorsque l’enfant refusera de desserrer les dents, prenez-lui l’ouverture des narines entre vos doigts. La surprise et, à son défaut, le besoin de respirer lui feront vite entr’ouvrir la bouche. Profitez de ce moment pour introduire l’abaisse-langue.
Une fois que l’abaisse-langue a été ainsi introduit,
l’enfant peut de suite fermer la bouche, ce qui est un inconvénient dans bien des cas. Pour l’empêcher, ciu lieu d’introduire l’abaisse-langue, on place d’abord entre les deux mâchoires, au niveau de l’une des commissures des lèvres, l’extrémité d’uné cheville de bois plus ou moins grosse, arrondie, bien polie, ayant à peu près la longueur du doigt indicateur, qu’un aide contient en place en même temps qu’il tient la tête de l’enfant entre ses genoux. En cet état, ni enfant ni adulte ne pouvant fermer la bouche, l’abaisse-langue reste fixe et il est facile de manœuvrer sans crainte dans la cavité buccale et l’arrière-gorge. Ce moyen m’a servi beaucoup, il y a quelques années, dans une épidémie d’angine couenneuse, D' a -l. labarthb, père,
Ancien interne des hôpitaux.
ABAISSEMENT. — Action d’abaisser ou de déprimer un organe sain ou malade : abaissement de la langue; abaissement de la cataracte. Ou bien encore situation acquise par un organe occupant une situation plus déclive que dans l’état normal : abaissement de la matrice. p. l.
AB AISSEUR. — Qualification imposée à un muscle qui porte un organe en bas , ainsi : muscle abaisseur de l’œil. On donne aussi ce nom à certains instruments usités par les chirurgiens pour attirer quelques organes vers des parties plus déclives. C’est dans ce sens qu’on a dit : abaisseur de l’œil, abaisseur de l’utérus. p. l.
ABAT-JOUR. — On désigne sous ce nom des appareils qu’on emploie pour éviter la diffusion de la lumière et pour la concentrer sur un point donné ; le plus souvent une table de salon, de salle à manger ou de cabinet de travail. Il y a des abat-jour en opale, en porcelaine, en métal recouvert de couches de peinture et en papier. Leurs formes et leurs couleurs varient presque à l’infini. Malheureusement ceux qui plaisent le plus à Vœil sont précisément ceux qui sont le plus funestes à la vue. Nous ne saurions trop le répéter : on ne devrait jamais se servir, pour travailler, d’abat-jour présentant des alternatives de parties claires et obscures, non plus de ceux qui sont ornés de couleurs bigarrées et multiples. Les meilleurs de tous les abat-jour sont sans contredit les abat-jour en opale, ou en papier vert uni, couleur obtenue par une préparation arsenicale connue sous le nom de vert de Schweinfurst (dissolution d’acide arsénieux avec une quantité égale d’acétate basique de cuivre).
Hygiène professionnelle. — Les ouvriers qui fabriquent ces derniers sont sujets, ainsi que l’a démontré le D' de Pietra Santa, dans un mémoire publié en 1858 dans les Annales d'hygiène, à une affection particulière caractérisée par la manifestation de vésicules,, pustules, plaques muqueuses et ulcérations, situées sur les parties exposées au contact immédiat de la matière colorante (doigts de la main et des pieds, parties génitales et plus particulièrement le scrotum). Ces accidents sont locaux, sans retentissement sur l’organisme, sans trouble des systèmes circulatoires et assimilatifs, et ne présentent aucune gravité. Leur fréquence est en rapport direct avec le défaut de propreté et la négligence des ouvriers eux-mêmes. Leur développement peut, être arrêté par des précautions hygiéniques,
. telles que les ablutions fréquentes, les bains, l’usage des gants, etc. Chez les nombreux malades qu’il a eu occasion d’observer et de soigner à la prison des Madelonnettes, M. de Pietra Santa s’est constamment servi, et avec le plus grand succès, de lotions d’eau salée sur les parties malades, qui étaient immédiatement saupoudrées de calomel. (V. Arsenic, Papiers peints) (i). D'f Padl Labarthe,
Membre de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, et de la Société française d’hygiène.
ABATTEMENT. — Sous le nom d’abattement on doit entendre une diminution notable des phénomènes vitaux, caractérisée le plus habituellement par une atténuation des fonctions des principaux organes ou systèmes organiques. Le système nerveux surtout est primitivement frappé, aussi bien celui qui préside à l'intelligence que celui qui a sous sa direction les phénomènes nutritifs et sécréteurs.
Plusieurs termes médicaux peuvent être considérés comme synonymes du mot abattement : nous citerons, entre autres, les mots prostration des forces, asthénie, adynamie; ce dernier est fréquemment employé et même a pu servir à Cullen d’abord.
(1) Il est à peine besoin d’avertir le lecteur une fois pour toutes que tous les mots, en italique ou autres, dont la technicité le surprendrait, ont un article spécial à. leur place alphabétique dans le Dictionnaire.
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puis à Pinel, pour établir une certaine classe de maladies dites adynamiques.
Une altération organique doit-elle précéder nécessairement l’apparition de cet état que l’on désigne sous le nom d’abattement? Non, sans aucun doute; de violentes émotions, de profonds chagrins suffisent sans altération aucune, pour déterminer la prostration des forces. Dans ce cas, l’énergie morale fait défaut; la réaction de l’organisme est insuffisante, et le moindre ébranlement, une simple grippe survenant, par exemple, entraînera comme conséquence, pendant l’évolution morbide ultérieure, une prostration, un abattement complètement en désaccord avec une maladie généralement aussi bénigne. Certaines races, certains tempéraments sont beaucoup plus vivement frappés que d’autres, par suite de cette disposition innée ou acquise. Pendant le siège de Paris, de nombreux cas semblables furent fréquemment soumis à notre observation.
Non seulement certains tempéraments prédisposent à l’abattement, mais certaines maladies jouent aussi, a cet égard, un rôle prépondérant ; la fièvre typhoïde, les maladies virulentes causées par la présence des microbes (fièvre puerpérale, variole, choléra) provoquent rapidement l’apparition d’un état tel que les malades n’ont, pour ainsi dire, plus conscience de leur intelligence et de leurs actes; les forces musculaires sont anéanties, les sécrétions et les excrétions se modifient d’une façon telle que les échanges organiques moléculaires, nécessaires à l’entretien de la vie, ne s’opèrent plus et mettent le malade en danger, si une réaction spontanée ou provoquée ne se fait pas rapidement. Citons encore la sénilité, l’alcoolisme , parmi les causes les plus fréquentes de l’abattement.
La thérapeutique, fort heureusement, possède un arsenal assez satisfaisant pour modifier un tel état : les stimulants de toute espèce, aussi bien les stimulants du système nerveux central que ceux qui agissent sur la périphérie cutanée (bains, frictions, révulsifs) sont de la plus grande utilité. Les cordiaux, les toniques, les excitants, (quinquina, quinine, caféine, coca, noix vomique), pourront aussi permettre de lutter avec succès, tout en agissant sur le tube digestif, pour contraindre le malade à supporter une alimentation en rapport avec sa situation : c’est dans des cas semblables que les aliments pepionisés seront d’un précieux avantage.
D'’ landriedx.
Médecin des hôpitaux, ancien chef de Clinique médicale de la Faculté de médecine de Paris.
ABATTOIRS. — Hygiène publique.— Les abattoirs sont des établissements publics communaux, dans lesquels on abat et on dépèce les animaux, tels que boeufs, veaux, moutons, porcs, qui servent à notre alimentation. Ils ont remplacé les anciennes tueries particulières et sont d’institution toute moderne. C’est en 1810 que le décret ordonnant leur établissement fut promulgué; et en 1818 seulement qu’eut lieu leur institution définitive.
Nul ne saurait contester aujourd’hui les avant^es immenses des abattoirs au point de vue de l’hygiène et de la salubrité publiques, grâce â l’ensemble des conditions hygiéniques qu’ils doivent présenter.
Ces conditions sont relatives a leur situation générale et a leur aménagement intérieur.
Les abattoirs doivent toujours être placés hors des villes ou tout au moins a la circonférence: l”pour éviter les accidents qu’entraînerait fatalement le passage des bestiaux a travers les rues ; 2" à cause des odeurs très désagréables qu’exhalent certaines opérations qui se pratiquent dans ces établissements, telles que la cuisson des tripes, la fonte des suifs, et à cause des émanations putrides qui s’échappent de la fermentation des matières animales, telles que vidanges, sang, abats, graisses, tripes, fumier, etc. ; S" a cause des cris des animaux et des dangers graves qui pourraient survenir dans le cas où un animal mutilé s’échapperait des abattoirs ; 4° a cause des incendies, toujours à redouter, par suite des provisions de fourrages, des fontes de graisses, des brûloirs, etc.
Leur.construction aura lieu a proximité d’un cours d’eau ou dans un endroit où on pourra amener l’eau facilement et en grande abondance. On choisira aussi de préférence un point élevé , en tenant compte, pour l’orientation, du degré de fréquence des vents qui régnent dans la ville. Une autre précaution utile, comme le fait justement remarquer le D’’ Beaugrand, serait d’interposer entre eux et la ville une double rangée d’arbres élevés dont les racines absorberaient les liquides imprégnés de matières animales qui, malgré toutes les précautions, s’infiltrent dans le sol, et dont le feuillage intercepterait les émanations fétides.
Les abattoirs sont rangés dans la première clisse des établissements insalubres, dangereux et incommodes.
La loi de 1874 sur le travail des enfants et des filles mineures employés dans l’industrie, proposée par M. A. Joubert et à laquelle a tant travaillé le D” Th. Roussel, interdit (arM3) l’emploi des enfants au dessous de seize ans dans les abattoirs, a cause des dangers, de blessures qu’ils y pourraient courir. P. L.
ABCÈS. — On donne ce nom à toute collection de pus dans une poche circonscrite. Lorsque la formation du pus est accompagnée de phénomènes inflammatoires bien tranchés (rougeur, douleur, chaleur, gonflement), l’abcès est dit chaud ou phlegmoneüx. Ces phénomènes inflammatoires sont-ils, au contraire, peu prononcés, l’abcès est dit froid. Dans le dernier cas, s’il n’existe aucune lésion osseuse concomitante à l’abcès, celui-ci est appelé froid idiopathique. Si, au contraire, il y a altération d’un des points du squelette, plus ou moins éloigné, mais en communication avec la collection purulente, c’est u abcès FROID SYMPTOMATIQUE OU OSSIFLUANT. 11 exist 3 encore un autre genre d’abcès dits métastatiques.
L Abcès chauds ou phlegmoneüx. — Us se développent quelquefois spontanément; bien plus souvent à la suite de violences de toutes espèces, ou encore consécutivement à la pénétration au milieu des tissus vivants, soit de corps étrangers venus du dehors ou même de l’intérieur de l’organisme, soit de liquides contenus dans les réservoirs naturels du corps (vessie, intestin), alors que ces liquides s’infiltrent dans le tissu cellulaire par le fait d’une rupture des viscères.
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Ces abcès se rencontrent dans tous les points de l’organisme, même dans le tissu des os ; mais ils sont surtout communs dans les parties du corps riches en tissu cellulo-graisseux.
Il faut considérer dans tout abcès chaud le contMiu de la poche, c’est-à-dire le pus ; le contenant, c’est-à-dire la poche qui renferme ce liquide ; l’état des parties qui entourent la cavité purulente.
a). Le Püs offre des caractères particuliers qui lui ont fait donner le nom de püs phlegmoneux. C’est un liquide blanc jaunâtre, onctueux, opaque, homogème, de consistance crémeuse ; mélangé parfois de grumeaux de fibrine, ou bien d’une certaine quantité
de sang ; dans le dernier cas, il a un aspect lie de vin.
h). La POCHE a des dimensions variables ; la face interne en est de couleur rouge, traversée parfois, d’une paroi à l’autre, par des brides qui sont des vestiges des vaisseaux et des nerfs de la région.
c). Tout autour de la poche, le tissu cellulaire ambiant est infiltré d’un liquide que l’inflammation, origine de l’abcès, a laissé transsuder de l’intérieur des vaisseaux sanguins, et que l’on appelle lymphe PLASTIQUE. Cette zone de lymphe plastique empêche le pus de s’infiltrer au loin ; plus tard, elle se transforme en une membrane pyogéniqüe, c’est-àdire en membrane sécrétant le pus.
Lorsqu’un abcès chaud est abandonné à sa marche naturelle, le pus tend graduellement à se porter vers la surface du corps ; ce liquide détruit lentement, par un travail di' absnrptioji progressive, les diverses couches qui le recouvrent, et il finit par se frayer une issue au dehors, à travers des ulcérations dont la peau elle-même est atteinte. Lorsque la collection se forme à une certaine profondeur au-dessous de la peau, et qu’elle est située au voisinage d’une cavité naturelle (bouche, vessie, vagin, plèvres), elle s’ouvre parfois dans celle-ci, et le pus est alors expulsé par d’autres voies.
Après l’ouverture de l’abcès, abandonné à son évolution spontanée, il arrive : ou bien, ce qui est rare, que les parois opposées du foyer s’agglutinent et que la guérison survient; ou bien, fait plus commun, que les parois ne se recollent qu’en partie, et qu il subsiste une ou plusieurs ouvertures, nommées fistules, fournissant de la suppuration, se cicatrisant par intervalles, pour se rouvrir de nouveau.
Tout abcès chaud est précédé d’une tumeur que Ion appelle phlegmon {Y. ce mot). Lorsque le phlegmon se termine par suppuration, ce qui est le cas le plus commun, le malade accuse dans la tumeur des battements continus, appelés douleurs lancinantes. Une fois formé, l’abcès chaud se présente sous
la forme d’une tumeur, bien circonscrite, plus ou moins volumineuse, de consistance dure à la circonférence, molle et élastique dans le reste de son étendue et surtout au centre ; fournissant à la pulpe des doigts des deux mains qui exercent une pression sur elle, à une certaine distance, une sensation spéciale dite de fluctuation, qu’il ne faut pas confondre avec la fausse fluctuation fournie par des tumeurs d'un autre genre, par exemple les tumeurs blanches des articulations, le cancer encéphaloi'de.
La fluctuation vraie étant le signe pathognomonique, c’est-à-dire caractéristique de l’abcès, il est facile de comprendre que les collections purulentes sont d’autant plus difficiles à reconnaître qu’elles occupent un siège plus profond. Lorsque le chirurgien conserve des doutes sur l’existence du pus, il pratique parfois jusque dans la tumeur, à travers toutes les parties molles qui la recouvrent, une ponction exploratrice avec une lame de bistouri étroite ou un trocart. S’il existe un abcès, quelques gouttes de pus apparaissent sur la portion de la lame du bistouri restée en dehors des parties molles, ou dans la canule du trocart.
Le traitement des abcès chauds est préventif ou curatif.
a) . On combat le phlegmon, point de départ de l’abcès, par des émissions sanguines (sangsues sur la tumeur, saignée du bras), des cataplasmes émollients de farine de lin et d’eau de guimauve, la situation élevée de la partie, quand cela est possible, afin d’y modérer l’afflux du sang, la diète plus ou moins sévère, les boissons dites délayantes (limonade, bouillon de veau ou de poulet), les purgatifs.
b) . Dès qu’on a constaté la présence du pus par la fluctuation, il faut évacuer le liquide au moyen d’un bistouri plongé dans la tumeur. La lancette n’est employée que dans les abcès d’un très petit volume- 11 faut proscrire les caustiques et les pommades de
Position du bistouri tenu comme une plume à écrire, le tranchant en bas, pour ouvrir les abcès, de dehors en dedans, dans les régions où il faut inciser avec précautions.
toutes sortes, de la nature de ces derniers, qui exigent un temps fort long pour détruire les tissus recouvrant la poche purulente. Cet expédient est réservé pour des cas spéciaux, par exemple pour les collections purulentes qui occupent un siège profond, comme l’abdomen, la poitrine, et dans lesquelles on n’arriverait d’emblée avec le bistouri sans s’exposer à léser des organes importants.
Après l’ouverture de l’abcès, on introduit quelques brins de charpie entre les lèvres de la plaie, pour en empêcher une cicatrisation trop prompte, ce qui
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nécessiterait une nouveUe incision. Au bout de vingtquatre heures, cette précaution n’est plus nécessaire.
Tant que l’abcès est accompagne de phenomenes inflammatoires (gonflement, rougeur), on maintient sur la région des cataplasmes de farine de lin ; on soumetlarégion, si elle est favorablement située pour remplir cette indication, à des bains émollients, d’une demi-heure de durée, deux fois par jour. Après la cessation des phénomènes inflammatoires, on couvre la plaie d’un linge troué enduit de cérat ou de vaseline, par-dessus lequel on place des gâteaux de charpie fine, destinée à absorber le pus.
On complète le pansement avec des compresses de toile fine et un bandage contentif approprié.
Lorsque l’abcès ne se cicatrise pas au bout d’un certain nombre de jours, il faut chercher la cause de ce retard. Si c’est un corps étranger qui entretient la suppuration, il faut l’extraire. La peau qui avoisine l’ouverture de l’abcès est-elle très amincie, décollée, ce qui l’empêche d’adhérer aux parties profondes, une compression méthodique suffit parfois pour obtenir ce recollement ; ou bien il est nécessaire de fendre avec un bistouri toute l’étendue de la portion décollée ; dans certains cas, il faut exciser cette portion. Certains abcès occupent une situaj tion telle que le fond delacollec- ;tion se trouve dans une partie ' déclive, ce qui ne permet pas au
au dehors de la cavité purulente, une injection d’eau pure ou d’un liquide médicamenteux pour laver la cavité purulente. Cet expédient est connu sous le nom de drainage chirurgical. (V. ce mot.)
■'en est de deux sortes.
a). Abcès FROIDS IDIOPATHIQUES. — Ils sont rares.
Sous ce nom, on a décrit le plus souvent des adénites suppurées, c’est-à-dire des collections purulentes formées dans l’épaisseur et autour des ganglions lymphatiques. On les rencontre au cou, dans l’aisselle, à l’aine.
Ces abcès se rencontrent principalement chez les individus doués d’un tempérament lymphatique ou d’une diathèse strumeuse. On les observe plus fréquemment chez les enfants et les femmes que chez les hommes.
b). Abcès froids ossiflüents. — Ce sont ceux qui ont pour point de départ une lésion osseuse. Lorsque cette altération du squelette siège sur un point éloigné de la surface du corps, et que le pus est obligé de parcourir un trajet plus ou moins long avant de former une tumeur proéminant sous la peau, l’abcès est dit par congestion.
Si, au contraire, le point du squelette malade n’est pas éloigné de la surface du corps, l’abcès reste dans les environs de son point de départ, et on l’appelle SESSILE.
Les abcès ossiflüents reconnaissent généralement pour cause la
Fig. 8. — Position du cMrurgien incisant un abcès de l’avant-bras.
diathèse scrofuleuse.
Le pus renfermé dans ces abcès pus de s’écouler par l’ouverture A. Trocart à drainage, la pointe dans le manche, présente des caractères physi-
pratiquée, dans le principe, avec “ Ponction. - „^gg différents de ceux du pus
le bistouri. On fait alors une d. Tube à drainage. des abcès chauds. C’est un li-
nouvelle incision dans le point quide peu' consistant, séreux, de
déclive (contre-ouverture), et on passe à tra- | couleur jaune verdâtre, semblable à du petit-lait
vers les deux ouvertures une bandelette étroite de linge en toile, ou bien une sonde en gomme, d’un petit calibre, très flexible, percée de trous dans toute sa longueur, à des distances égales et courtes. Ces sondes s appellent des drains. On peut pratiquer par l’un des deux bouts de la sonde, laissés
trouble, complètement inodore, tant que le foyer n’a pas donné accès à l’air atmosphérique. La poche est bien limitée de tous côtés ; les parois en sont tapissées par une membrane 'pyogénique, véritable organe sécrétoire , fournissant continuellement une nouvelle quantité de pus qui s’ajoute au
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liquide existant déjà. Mais eUe possède aussi la gion de la peau. Alors même qu’ils se
faculté d’absorber les éléments du liquide qu’elle sur des points du corps qui sont le g
contient. Suivant que la force de sécrétion l’emporte hernies, par exemple à l’aine, on les ûistingue ue
sur celle d’absorption, ou vice versa, le pus aug- ces dernières affections. (V. Hernies.)
mente ou diminue en quantité. Sous l’influence de Ces abcès sont toujours graves, en raison e a ce travail, l’abcès peut disparaître progressivement, ration osseuse qui les accompagne, et sur laqueue
Le plus souvent, l’abcès augmente graduellement on ne peut le plus souvent exercer qu une action
de volume, et le pus se porte vers les points du corps qui lui offrent le moins de résistance. Il chemine le long des gaines aponévrotiques, et finit par arriver sous la peau, où il forme parfois une seconde poche, séparée par un canal étroit de la partie qui confine au tissu osseux malade.
C’est par ce mécanisme que les abcès symptomatiques d’une lésion des vertèbres apparaissent, suivant le siège primitif de l’altération osseuse, à la partie supérieure et interne de la cuisse, à la fesse, sur les côtés de la marge de l’anus, aux lombes, dans la région intercostale, sus-claviculaire, rétro-pharyngienne. Dans certains cas, ils se frayent un passage à travers l’œsophage, la plèvre, les poumons.
Les abcès froids ossifluents se présentent sous la forme d’une tumeur, plus ou moins volumineuse, bien limitée de toutes parts, élastique, fluctuante. La peau qui recouvre cette tumeur n’est alté- j rée ni de couleur, ni de température. La tumeur 1 est peu ou point douloureuse, soit par elle-même, soit qu’on l’explore avec les doigts. Elle est le plus souvent précédée, pendant un temps plus ou moins' long, de douleurs sourdes sur le point altéré du squelette. Ces douleurs deviennent parfois plus vives, lorsqu’on exerce une pression sur l’os malade, ou bien encore par le fait de certains mouvements qu’exécute le patient. Lorsque la colonne vertébrale .est le point de départ du mal, la tumeur se montre dans une région parfois éloignée du siège de la lésion osseuse, et il se peut que cette tumeur diminue de volume, lorsqu’on la comprime ou lorsque le sujet est dans la situation horizontale. Quelquefois la tumeur communique à la main qui la presse une certaine impulsion pendant les efforts qu’exécute le patient, lorsque celui-ci tousse par exemple.
Il est rare que les abcès froids ossifluents guérissent spontanément. Le plus souvent la collection se fraye une issue à la surface de la peau. Après l’ouverture de l’abcès, la suppuration devient fétide, et, sous l’influence de la résorption des éléments altérés du pus, il se déclare une fièvre continue avec exacerbation le soir. Le malade perd l’appétit, est atteint de diarrhée, maigrit, s’affaiblit graduellement et succombe a une infection putride, qu’il faut distinguer de Vinfection purulente. (V. ces mots.)
Dans les cas moins graves, il reste, après l’ouverture de l’abcès, une fistule ossifiuente qui peut guérir au bout d’un, temps plus ou moins long.
Les abcès froids sont généralement faciles a reconnaître, d’après les caractères exposés précédemment. Ils diffèrent dés abcès chauds par l’absence de phénomènes inflammatoires aigus. On peut les confondre avec des tumeurs graisseuses appelées lipom^^s, avec des kystes. Une ponction avec un trocart permettra toujours de s’assurer de la nature du liquide renfermé dans la tumeur.
Les abcès froids par congestion ne peuvent être reconnus que lorsqu’ils proéminent sur une ré¬
robinets et (le trois trocarts.
indirecte, à moins que cette lésion ne soit pas située à une grande profondeur.
Dans tout abcès froid ossifluent, il faut combattre l’altération osseuse qui est le point de départ du mal et chercher à obtenir la guérison du foyer purulent.
a) . Les moyens propres a obtenir la guérison de la lésion osseuse appartiennent à l’histoire de l’o^téite, de la carie, de la nécrose, des tubercules des os. (V. ces mots.)
b) . Les abcès froids doivent être ouverts dès que la tumeur s’est montrée sur un point de la surface du corps, et avant que la peau en soit amincie. Pour prévenir l’entrée de l’air dans le foyer, ce qui a pour conséquence de décomposer le pus et de produire ultérieurement les accidents de la résorption putride, on conseille d’évacuer le pus, en faisant des ponctions sous-cutanées, avec un bistouri à lame étroite ; ou bien un trocart muni d’un robinet io), en aspirant ensuite le liquide avec une seringue spéciale. (V. Aspirateur.)
Le pus, après l’évacuation, ne tarde pas à se reproduire ; la ponction simple n’est donc qu’un traite-
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ment vaUiatif. Pour obtenir la guérison, ü faut modifier la membrane pyogénique qui tapisse l’interieur de Tabcès, et agir localement sur la portion osseuse altérée. Dans ce but on pratique, dans l’intérieur du foyer, des injections avec le liquide suivant :
Teinture d’iode .
Eau distillée .
lodure de potassium .
50 grammes.
On a exagéré l’efficacité de cette méthode. Les injections iodées ont cependant l’avantage de prévenir ou de combattre l’infection putride ; mais il est douteux que, dans les abcès par congestion se montrant à la surface du corps, dans un endroit éloigné de la lésion osseuse, elles puissent agir sur cette dernière. D’autres praticiens préfèrent pratiquer à l’abcès une large ouverture, dans le but de prévenir la stagnation du pus et de favoriser le contact direct de la membrane pyogénique, débarrassée de ce liquide, avec les topiques introduits dans la poche. Ces larges incisions ont l’avantage de se rapprocher de la lésion osseuse et de permettre, au moyen d’une canule flexible engagée dans le canal de communication de l’abcès et de la maladie du squelette, de porter des agents médicamenteux sur la partie altérée. On a substitué à la teinture diiode la liqueur de Villate, modifiée d’après la formule suivante :
Sulfate de cuivre . . 10 grammes.
Sulfate de zinc. . . 10 —
Eau distillée . ? . 150 —
Ce traitement est aussi applicable aux cas où l’abcès froid, s’étant ouvert spontanément, s’est converti en fistule ossijluente.
Plus récemment, on a proposé de traiter les abcès ossifluents qui ne sont pas entretenus par une lésion osseuse incurable, au moyen de ponctions aspiratrices du pus contenu dans la poche, et de lavages à l’intérieur du foyer avec la solution suivante :
Acide phénique . 5 grammes.
Eau . 100 —
III. Abcès métastatiques. — Ces abcès se forment chez les sujets atteints dUn/ection 'purulente. (V. ce mot.) D' Fano,
‘ Professeur agrégé de la Faculté de médecine de Paris.
ABDOMEN. — Quelques étymologistes tirent le mot de l’hébreu àb domen, le père du fumier ; d’autres le font dériver des deux mots latins abdo, je cache et omen, présage, parce que les augures consultaient les entrailles des victimes pour connaître l’avenir qui y était caché. Suivant Freund, ce serait une contraction et une corruption du mot adipomen, de adeps, graisse : cette étymologie paraît plus satisfaisante, l’abdomen étant en effet la partie du corps où cette substance s’accumule en plus grande quantité chez l’homme.
L’abdomen, ou le ventre, est la grande cavité viscéi^e circonscrite en haut par le muscle diaphragme qui la sépare de la poitrine ; en bas par le bassin ; en arrière par la colonne v‘>r/ébralp ; en avant et sur les côtés par la peau doublée des muscles du ventre.
Anatomie. — Il faut étudier successivement la région antéro-latérale et la région intra-abdominale.
Région antéro-latérale. — Elle est constituée par les parois du ventre en avant et sur les côtés par la sangle qui, en dehors de toute cage osseuse, maintient seule et protège les entrailles. Elle comprend : r la peau, assez mince et mobile, excepté au niveau de Vombilic, et souvent recouverte de poils chez . l'homme, sur la ligne médiane ; 2° le tissu cellulaire sous-cutané, fréquemment chargé de graisse, ce qui est le cas normal chez la femme adulte. C’est pour cela que chez la Vénus de Milo, comme chez la Vénus de Médicis, deux chefs-d’œuvre du genre, l’ombilic ou nombril, au niveau duquel la graisse ne peut se développer, est fortement marqué par une dépression profonde. Chez les personnes obèses, l’épaisseur de la couche graisseuse peut devenir considérable. Dans le cas, au contraire, où la graisse est peu abondante, le tissu cellulaire est souvent décrit sous le nom de fascia super ficiaiis ; 3° la couche musculo-Jibreuse fournie par quatre grands muscles de chaque côté : le grand et le petit oblique, le transverse et \& grand droit. Il y a un cinquième muscle, appelé pyramidal en raison de sa forme, mais qui n’est pas constant ; 4” le tissu cellulaire sous-périio7iéal, au-dessous, formé de fibres lâchement unies et renfermant de la graisse dans la partie qui avoisine le péritoine ; 5” le péritoine, généralement très adhérent et formant la couche profonde qui tapisse, à l’intérieur, la paroi abdominale.
Région iNTRA - ABDOMINALE. — Nous indiquerons simplement ici les organes contenus dans la cavité abdominale, en marquant leurs rapports avec les parois du ventre.
On la divise en neuf sections {fig. H) par des lignes fictives, dont les unes horizontales, passent audessous des côtes et au niveau des hanches ; et dont les autres, verticales, tombent sur le milieu du pli de l’aine.
Ces subdivisions ont été appelées: épigastre (A), région ombilicale (B), hypogastre (G), hypochojidres (D, W), flancs (E, W), fosses iliaques [Y, F').
A chacune de ces régions correspondent des organes importants.
La zone supérieure abrite, au milieu, V estomac, le pancréas, et la partie du tube intestinal appelée colon iransverse ; à droite, le foie ; à gauche, la rate.
La zone moyenne comprend, au centre, Viniesiin grêle, et, de chaque côté, les reins et les parties du tube intestinal appelées colon ascendant (E) et colon descendant (E').
La zone inférieure renferme en C les organes internes de la génération, la vessie et le rectum ; en F le cæcum ou commencement du gros intestin et en F' la portion du tube intestinal désignée sous le nom de colon iliaque.
Physiologie. — Les parois antéro-latérules de l’abdomen, qui doivent seules nous occuper ici, jouent un certain rôle dans l’accomplissement de plusieurs fonctions. Dans la respiration, ce rôle est surtout passif ; en raison de leur mobilité, elles se laissent distendre au moment de l’inspiration par le diaphragme qui, en se contractant, refoule les viscères abdominaux, d’où le gonflement du ventre. Dans les cas où la poitrine se trouve comprimée, dans l’impossibilité de se dilater, l’inspiration peut s’effectuer uniquement par le jeu du diaphragme; que si le
ventre vient k être comprimé en même temps, l’action du diaphragme est annihilée,- et très rapidement arrive la suffocation. C’est ainsi que la mort se produit le plus souvent dans les foules, où les individus se trouvent soumis à une pression simultanée du ventre et de la poitrine. En pareille occurrence, ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de chercher à s’exhausser par tous les moyens possibles, de manière à dégager au moins la poitrine. Les muscles de l’abdomen ont un rôle actif et puissant dans les expirations énergiques, surtout dans l’eÿbrt (Y. ce mot), et contribuent ainsi à la défécation, à la miction ou expulsion de l’urine et à l'accouchemént.
Au point de vue des mouvements et de l’anatomie des formes, ces muscles, surtout le grand droit, fléchissent le tronc directement en avant; les deux obliques le fléchissent latéralement : d’où les saillies si admirablement marquées, à la face antérieure du ventre, dans le torse du Belvédère.
L’abdomen, dans les sujets bien conformés, offre une surface légèrement convexe chez l’homme, plus rebondie chez la femme. C’est au-dessous du rebord inférieur des fausses côtes , entre les hypocondres et les flancs, que se dessine le léger étranglement qui marque la taille. Par suite d’une mauvaise entente des conditions esthétiques, les femmes ont eu l’idée d’exagérer cet étranglement, au point de le rendre ridicule autant que nuisible. En se sanglant jusqu’à la suffocation dans leur corset, certaines d’entre elles sont arrivées k s’enfoncer le rebord des
côtes dans le foie ; si bien qu’k l’autopsie on a trouvé i un sillon profond tracé sur cet organe. : ]
Le corset peut être utile en soutenant la taille, eti 1 corrigeant les imperfections dont la nature est res- | pensable, mais k la condition de ne jamais déformer j ce qu’elle a fait de bien. i
Pathologie, — Il ne peut être question ici que des 1 affections chirurgicales ; les maladies des viscères seront traitées k part.
Nous étudierons tour k tour 1“ les contusions de l’abdomen; 2° les plaies; 3“ les corps étrangers;
4“ les épanchements.
1. Contusions de l’abdomen. — Elles peuvent être simples, limitées à la paroi, ou compliquées de la lésion d’un ou de plusieurs viscères, L’abdonsen, en raison de sa mobilité, peut échapper à l’action des corps contondants quand elle est peu énergique; pourtant, un coup de bâton, un coup de poing peuvent déterminer des contusions abdominales et, parfois, avec des conséquences mortelles. Le plus souvent, l’accident est dû k une chute, k un coup de pied de cheval et surtout au passage d’une roue de ' voiture.
La contusion simple est un accident généralement peu grave, qui se reconnaît aisément par les commimuatifs, par la douleur, par l’ecchymose (moins l’épanchement sous-péritonéal, ce qui est très rare). ^ Les cataplasmes, l’eau blanche ou l’alcool camphré . ’ et le repos en ont facilement raison. Mais il peut arriver qu’une contusion simple, sans lésion des viscères, détermine une péritonite; dans ce cas, il est ; à peu près impossible d’établir le diagnostic et d’écarter l’idée d’une lésion viscérale. D’ailleurs, le traitement, et par malheur aussi, trop souvent, le * pronostic sont les mêmes.
Dans les contusions compliquées, tous les viscères î énumérés plus haut, comme inclus dans la cavité ï abdominale,, peuvent être atteints. Pourtant, en rai- t son de son volume, de sa consistance et, en même v: temps, de sa friabilité, le foie l’est beaucoup plus fi souvent que les autres. Parfois, ce n’est qu’une dé- | chirure superficielle; dans d’autres cas, l’organe est | réduit , en bouillie, pour ainsi dire. Morgagni cite ^ l’exemple d’un enfant de trois ans, écrasé par une voiture, chez lequel une portion du foie, du poids de 3 grammes, avait été entièrement détachée. On ’ constate assez souvent la rupture de la vésicule du fiel ; par contre, celle des canaux biliaires s’observe très rarement.
On a observé des déchirures de la rate des reins, des déchirures et des contusions simples du tube digestif, des ruptures de la vessie, de l’utérus dans le cas de grossesse, etc. Toutes ces lésions sont ac-^ compagnées d’épanchements provoquant une péri- ; tonite presque toujours mortelle. Les signes sont ^ d’ailleurs analogues à ceux qu’on observe dans les ; plaies de ces différents organes. '
On peut rapprocher des contusions les ruptures musculaires de l’abdomen, qui peuvent avoir lieu par le simple fait d’une contraction, d’un effort. Sous ce dernier nom, le public désigne encore le > résultat pathologique de l’effort, quoique dans la ; grande majorité des cas il s’agisse d’une hernie plu- ■ tôt que d’une rupture musculaire. On a observé des déchirures du muscle grand droit, surtout dans '
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l’accouchement, pendant le coït, pendant le vomissement à la suite d’une torsion du tronc, etc. Il se fait un épanchement de sang souvent considérable, avec dépression des téguments au niveau de la déchirure, ecchymose, douleur vive. Si la déchirure, et par suite lepanchement sont considérables, la mort peut en être le résultat. En général, dans le cas de rupture par effort, sans contusion, l’accident se termine par la guérison.
Seulement, on peut voir se former et persister une hernie ventrale. Le traitement consiste dans l’emploi de la méthode antiphlogistique combinée avec le repos et la position.
Le tour de reins consiste dans la déchirure de quelques fibres des muscles de la région lombaire. Cela guérit avec le repos et quelques applications émollientes et résolutives.