‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 43 sur 206 · ARN · texte numérisé non relu

ARN

celui qui rend tous les jours les plus grands services dans une foule d’états morbides différents. C’est, en un mot, le vade mecum de tous les praticiens. Sans parler des ulcérations, des végétations, des excroissances,des bourgeons charnus, de fausses membranes, des granulations, des fongosités que le crayon de nitrate d’argent fait disparaître comme par enchantement ; sans parler de ces vaginites et de ces métrites chroniques, presque toujours compliquées d’une leucorrhée plus ou moins abondante et rebelles à toute espèce de traitements, que la pierre infernale, employée en cautérisations hebdomadaires sur le col de l’utérus, aidée des tampons d’alun dans le vagin, guérit au bout de quelques semaines; que de trajets fistuleux, de plaies sanieuses, d’éruptions anciennes, d’ophthalmies graves ont été promptement modifiées par ce précieux agent I

Notons cependant que pour les maladies des yeux, on arecours aux crayons de nitrate d’argent mitigés plutôt qu’aux crayons ordinaires : ils agissent très bien contre les ophthalmies récidivées et les granulations conjonctivales. Leur composition diffère des précédents en ce que, au lieu d’être faits avec du nitrate d’argent seul, ils renferment du nitrate d’argent et du nitrate de potasse fondus ensemble dans la proportion du 1 du premier sur 2 du second. Par cette combinaison, ces crayons mitigés exercent, comme leur nom l’indique, une action moins irritante sur le globe oculaire.

Qu’on emploie l’un ou l’autre de ’ces deux caustiques, il suffit de les appliquer légèrement sur les surfaces malades pour qu’elles se recouvrent d’abord d’une pellicule blanche très mince, qui devient ensuite d’un gris violacé sous l’influence de la lumière. Au même instant que cette pellicule blanche se forme, les matières putrides et virulentes se coagulent, les vaisseaux se resserrent et la vitalité des éléments anatomiques reprend un nouvel essor.

D' Marc Cambodlives

Empoisonnement par le nitrate d’argent. -=-‘ Le nitrate d’argent, ainsi que vient de le dire notre collaborateur Camboulives, est un poison irritant et corrosif. Quoique d’un fréquent usage dans la médecine, dans les arts industriels, car il sert de base aux préparations de cyanure d’argent, d’iodure d’argent, employées pour la galvanoplastie et la photographie, les empoisonnements par le nitrate d’argent sont assez rares.

Les doses qui peuvent donner la mort sont relativement assez élevées, car, dans les cas observés, elles étaient de 4 à 5 grammes et cependant les malades ont été sauvés. Toutefois, le danger semble plus pand lorsque le nitrate d’argent est ingéré en solution étendue, que lorsqu’il l’est en solution concentrée ou à dose massive. De plus, les symptômes consécutifs à l’empoisonnement varient selon que l’estomac est vide ou à l’état de plénitude au moment de l’ingestion.

Les premiers symptômes se manifestent pêu de temps après que le poison a été avalé. Le malade ressent une saveur d’encre styptique dans la bouche; de la sécheresse et une forte con striction de l’arrièregorge, accompagnées de cuisson et de chaleur âcre ; puis, surviennent des nausées et des vomissements

I abondants et répétés, mélangés de stries blanchâtres et de grumaux ressemblant à du lait caillé. Le ma- I lade souffre horriblement dans la région épigas. trique, il a des vertiges, de l’agitation, du délire, et perd enfin connaissance. Tout son système nerveux est alors dans un état complet de révolution, à l’exception des muscles de la mâchoire et du cou, qui sont fortement contractés. La respiration est embarrassée et suspirieuse, le pouls lent et assez régulier les pupilles très dilatées et insensibles à la lumière!

On comprend qu’en présence d’accidents si graves, il faut intervenir le plus promptement possible; administrer au malade une dissolution de sel dé cuisine qui transforme le nitrate d’argent en chlorure d’argent qui n’est pas vénéneux ; puis le faire vomir en lui titillant la luette. Une fois le danger immédiat conjuré, il faut soigner les lésions locales produites par le nitrate d’agent, telles que dyspepsie, rétrécissement, ramollissement, ulcération de l’estomac, diarrhée, etc. D' Paul Labarthe.

ARGENT-VIF. — Voyez Mercure.

ARISTOLOCHE. — Voyez Serpentaire.

ARLANG (EAUX miîîérales d’). — Arlang est u» chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Ambert, département du Puy-de-Dôme, qui possède des eaux minérales froides renfermant par litre 1®' ,787 d’acide carbonique et de carbonate de fer. Nous

sommes surpris que ces eaux minérales très riche? en fer ne soient pas plus répandues. p. l.

ARMOISE. — Plante de la famiUe des synanthérées, tribu des sénécionidées. Les feuilles d’armoise que l’on trouve dans les pharmacies sont fournies par l’Artemisia vulgaris, appelée par le public herhe de Saint-Jean, plante herbacée, vivace, qui croît dans les lieux incultes et sur le bord des chemins. Sa tige est blanchâtre avec des stries rougeâtres; ses feuilles sont vertes en dessus, blanches et cotonneuses en dessous ; ses fleurs sont petites, jaunes et disposées en panicules.

On emploie surtout les feuilles, qui sont amères et aromatiques, comme emménagogue ; le plus souvent on s’en sert en infusé, 12 grammes par litre ; on en fait aussi un sirop, qui a le même usage; quelquefois on les emploie en fumigation.

La racine a, dit-on, des vertus antispasmodiques prononcées ; on l’a essayée avec un certain succès en Allemagne contre l’épilepsie et la danse de Saint- Guy. Enfin, l’armoise a eu la réputation imméritée d’un anthelmintique.

Il existe d’autres espèces d’armoises, parmi lesquelles on peut citer l’armoise des champs, l’armoise arôme ou citronelle, ainsi surnommée à cause de son odeur, l’armoise absinthe, l’armoise estragon dont tout le monde connaît l’usage dans l’art culinaire et l’armoise de Judée, qui fournit le médicament vermifuge connu sous le nom de semen-contra. (V. ces mots.) Alfred Chardon. Pli‘“

ARNICA. — L’arnica montana, de la famille des synanthérées, tribu des sénécionidées, est une plante herbacée, qui croît principalement sur les lieux

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