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élevés, les montagnes de Suisse, des Vosges et de riUemagne. Elle croît aussi en Amérique.
La racine est fibreuse, brune a l’extérieur et blanchâtre à l’intérieur ; les feuilles sont larges et radicales ; une tige s’élève du milieu de ces feuilles et se termine par des fleurs jaunes radiées, ayant à leur centre des graines noires, surmontées d’une aigrette grise; ces fleurs ont une saveur âcre et aromatique et une odeur particulière provoquant l’éternuement.
La fleur est la seule partie usitée aujourd’hui. Les paysans des montagnes la fument en guise de tabac, d’où le nom de tabac des Vosges, qu’on lui donne quelquefois.
L’analyse chimique a trouvé dans ces fleurs une résine, de l’acide gallique, du tannin, une matière colorante jaune, une hmle bleue, une huile essen-
Fig. 113. — Arnica Montana,
tielle jaune, de la gomme, de la cire et enfin un principe amer particulier nommé arnicine.
En thérapeutique les fleurs d’arnica s’emploient comme stimulantes et fébrifuges,, mais surtout comme vulnéraires dans le traitement des coups et des blessures. L’usage de sa teinture alcoolique est populaire pour le pansement immédiat des accidents occasionnés par les chutes. Cette teinture se prépare en faisant macérer pendant 10 jours 200 gr. de fleurs d’arnica dans 1 kilog. d’alcool à 60“. L’alcoolature qui se prépare avec des fleurs fraîches, est plus active mais moins usitée M. Leperdriel, pharmacien distingué de Paris, prépare le Taffetas vulnéraire Marinii^r à l’arnica, épiderme factice bien préterable à la teinture pour les coupure et les brûlures.
Dans les contusions, on applique des compresses de teinture d’arnica quelquefois pure, mais le plus souvent mélangée de parae égale d’eau. Elle empeche la coagulation du sang extravasé dans les tissus sous-cutanés et facilite sa résorption ; aussi importe-t-il d’en faire l’application le plus tôt possible apres 1 accident. Quand on veut panser une plaie ou
une blessures ayant saigné, il faut mélanger la teinture avec 3 ou 4 fois son volume d’eau.
Dans les mêmes cas on donne à l’intérieur comme stimulant et vulnéraire, soit une infusion de 2 ou 3 grammes de fleurs d’arnica, soit une vingtaine de gouttes de teinture dans un peu d’eau. L’infusion de fleurs d'arnica doit être passée avec beaucoup de soins, pour bien séparer les parties de l’aigrette, qui sont extrêmement ténues et qui en s’attachant a la gorge occasionneraient une toux pénible. Du reste on doit se servir avec prudence des fleurs d’arnica comme médicament interne, car elles produisent souvent des nausées et du vertige.
On l’utilisait autrefois contre les fièvres, ce qui lui avait valu le nom de quinquina des pauvres, contre les rhumatismes, la dyssentrie et la tendance à l’apoplexie; aujourd’hui on s’en sert surtout comme vulnéraire, résolutif, antispasmodique et sternutatoire. Alfred Chardon,
AROMATE. — On désigne sous ce nom toute substance de laquelle se dégage une odeur suave et pénétrante. La plupart de ces substances appartiennent au règne végétal, quelques-unes cependant font partie du règne animal comme le musc, le castoréum, la civette, l’ambre gris. Parmi les familles botaniques qui produisent le plus de substances aromatiques on peut citer les labiées et les hespéridées.
On appelle arôme le principe odorant de ces substances. Il est généralement volatil. Dans la plupart des végétaux il réside dans l’huile essentielle qu’ils contiennent et qu’on peut facilement isoler. Dans les uns, cette huile est fournie par les fleurs comme dans l’oranger et le rosier ; dans d’autres, c’est par les feuilles, le laurier cerise ; par la plante entière, les labiées et les synanthérées ; par les fruits, le citron, la bergamotte, le cédrat, l’orange, l’amande amère, etc. ; par l’écorce et le bois, la cannelle et le santal.
Souvent le principe odorant d’un aromate est difficile à fixer ; on doit avoir recours soit à une infusion, soit à une distillation dans l’eau, soit à une solution alcoolique ou à une trituration dans un corps gras.
Les aromates sont excitants comme le thé, le café, le poivre, le girofle, la cannelle, la muscade et en général tous ceux qui servent comme condiments culinaires : d’autres sont de puissants antispasmodiques, tels que le musc, le castoréum, la valériane et les gommes résines.
Mais c’est surtout dans l’art de la parfumerie que les aromates sont utilisés et l’on peut dire que presque tous y tiennent une place utile.
Alfred Chardon, Ph‘“.
ARRIÈRE-BOUCHE. — (Voyez Pharynx).
ARRIÈRE-FAIX. — (Voyez Délivre, Placenta).
ARRIÈRE-GORGE, — Voyez Pharynx).
ARROMANCHES (bains de mer d’).— Village du Calvados de 300 habitants environ, situé à 12 kilomètres de Bayeux, où l’on trouve un établissement de bains de mer et une belle plage sablonneuse. P. L.
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ARROW-ROOT. — Nom donné par les Anglais à une fécule alimentaire provenant des racines d’une plante herbacée de la famille des amomacées, connue sous le nom de Maranta, originaire des Antilles et cultivée dans les Indes. Pour obtenir cette fécule, on râpe les racines et on lave minutieusement la pulpe sur des tamis, de façon à entraîner toute la fécule dans un courant d’eau ; puis on laisse cette eau déposer l’arrow-root obtenu, on retire celui-ci et on le fait sécher au soleil. Lorsqu’il est bien sec, il se présente sous forme d’une poudre blanche, ressemblant sensiblement à l’amidon, mais un peu moins blanche, plus fine et plus douce au toucher. Examinée au microscope, cette poudre semble être constituée par des points sphériques ou anguleux, irréguliers, d’un diamètre de 2 à 6 millièmes de milbmètre, avec des lignes concentriques, nombreuses et fines autour d’un bile circulaire ou simplement linéaire. Lorsqu’on les jette dans de l’eâu bouillante, ces grains acquièrent un volume 20 à 30 fois plus considérable.
L’arrow-root cuit dans du bouillon, fournit un potage très agréable et nutritif qui a une certaine analogie avec ceux de sagou et de tapioca. Bouilli dans du lait, il constitue un très bon aliment pour les petits enfants et les convalescents. Les Indiens préparent avec l’arrow-root des gâteaux secs analogues aux biscuits de nos pâtissiers.
Nous n’avons parlé ici que de l’arrow-root vrai. On le falsifie souvent avec de la fécule de pomme de terre. Celle-ci se reconnaît au microscope, en ce que les grains sont plus gros et moins translucides que ceux de l’arrow-root. Elle se reconnaît encore à la cuisson. D’après Pfaff, dix grains d’arrow-root bouillis dans 30 grammes d’eau ne donnent qu’un liquide mucilagineux, tandis que la même quantité de fécule de pomme de terre donne une masse gélatineuse. D' Paul Labâkxhb;.
ÂRSËNIATES. — Nom donné à un certain nombre de médicaments à base d’arsenic, tels que Varséniate d’ammoniaque, l’arséniate d’antimoine, Varsé~ niate de cuivre, Yarskniate de fer, Varséniate de potasse, Varséniate de quinine et Varséniate de soude. Les cinq premiers, sauf Varséniate de fer, sont très peu employés, le dernier seul est d’un uscige très fréquent en thérapeutique.
Arséniate de soude . — L’arséniate de soude est un sel très soluble dans l’eau, cristaUisable en prismes héxahèdres régubèrs et efflorescents. Comme les composés arsenicaux en général, il est vénéneux pour toutes les classes animales. Il faut l’employer à faibles doses et en user avec circonspection. Ses propriétés physiologiques et thérapeutiques sont à peu près les mêmes que celles de Vadde arsénieux qu’il est destiné à remplacer souvent dans la médication interne, à cause de la facibté de son dosage et de sa moindre irritation sur les organes de l’économie. n est utile surtout contre les maladies de peau chroniques, les humeurs froides, les diathèses scrofuleuses et herpétiques, la phtisie, le catarrhe suffocant, les accès d’asthme.
11 se prescrit ordinairemant en solution plus ou moins étendue et l’une des plus employées est la liqueur de Pearson, dont voici la formule :
ARS
Arséniate de soude . 0,05 centigr.
Eau distillée . 30 grammes.
et qui se prend à la dose de 1 à 5 et 10 grammes par jour (20 à 100 et 200 gouttes) dans un peu d’eau ou une potion gommeuse. La poudre se prescrit quelquefois en paquets mêlée à du sucre on en fait aussi des granules et des pilules dosées à 1 milligramme chaque. On en prépare encore des cigarettes que Trousseau faisait fumer aux asthmatiques. Enfin on l’emploie aussi sous forme de bains.
Arséniate de soude . 2 à 10 grammes.
Eau . Q. s. pour un bain
que Guéneau de Mussy et bon nombre de praticiens recommandent contre les maladies de peau.
D' Marc Camboduves.
ARSENIC. — L’arsenic est un corps simple, solide, d’une couleur gris d’acier, à texture grenue et fragile. Chauffé à l’air, il en absorbe l’oxygène et donne naissance à de l’acide arsénieux, en répandant une odeur alliacée caractéristique. L’arsenic métalloïdique n’est pas employé en médecine; on le vend dans le commerce sous les noms impropres de Cobalt ou Poudre aux mouches. On s’en sert en effet pour détruire ces insectes. Pour cela, il est réduit en poudre, mis dans de l’eau et placé sur des assiettes où les mouches le prennent avec avidité.
ARSENIC (OUVRIERS oui travailleht l’), — Hygiène professionnelle. — Les ouvriers qui sont employés à l’extraction du minerai arsenifère dans les galeries souterraines, au broyage ou bocardage de ces minerais, à leur grillage et à la sublimation de l’oxyde formé, ainsi qu’à la préparation des divers acides arsenicaux, sont sujets à une série d’accidents plus ou moins graves, suivant qu’ils sont attachés à l’une ou à l’autre de ces diverses opérations.
Les ouvriers employés à l’extraction ne sont pas sujets à des accidents sérieux; on observe seulement chez eux des éruptions papuleuses à la peau, localisées plus spécialement au pli du coude, à la tête et aux intervalles des doigts, et qui cèdent facilement à l’emploi de simples précautions hygiéniques.
Ceux qui sont préposés au broyage du minerai, surtout lorsqu’ils le pratiquent à sec et à la main, sont sujets à des accidents cutanés plus accusés. On observe chez eux des ulcérations, des pustules, mais rarement des phénomènes d’intoxication.
Les plus mal partagés sont ceux qui se livrent au grillage du minerai, à la sublimation de l’oxyde formé et au raclage de l’acide arsénieux, qui s’est déposé dans les chambres de condensation. Ils sont exposés, en effet, à la double action nocive des vapeurs arsenicales et des poussières qui se dégagent pendant les divers temps de la fabrication.
Disons tout d’abord que chez ces ouvriers on n’a jamais observé d’empoisonnement aigu, sauf lorsque la chaudière dans laquelle se fait la sublima-