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coaltar Le Beufon de Phénol Bobœuf et de quelques gouttes d’eau de Cologne ; puis on mettra de la ouate par-dessus et l’on entourera d’une bande.

Si les brûlures ont une grande surface il est bon de prendre des bains prolongés.

Pour la brûlure au 3® degré on appliquera d abord des compresses imbibées d’eau végéto-ininérale ou

des cataplasmes Eamilton froids, jusqu’à l’élimination des eschares ; puis on lavera la plaie et on la pansera avec des compresses ou de la charpie trempée dans de l’eau additionnée plus ou moins fortement de coaltar saponiné de Le Bœuf ou de Phénol Bobeuf, en ayant soin de tenir les compresses ou la charpie constamment humides. Lorsque les bourgeons charnus seront trop développés, il faudra les cautériser.

Si la brûlure du 3® ou du 4® degré a atteint la main ou les pieds il faudra séparer les doigts ou les orteils avec un linge enduit de cérat. Il est nécessaire de prendre les mêmes soins pour les orifices naturels, car les doigts pourraient se réunir et les orifices se fermer, si ces orifices sont étroits on peut y introduire une mèche ou une sonde.

Si une articulation est ouverte ou si une portion du membre est complètement brûlée, l’amputation devra se faire lorsque le malade aura traversé la période de douleur.

La surexcitation nerveuse produite par la douleur pourra être combattue par l’opium à haute dose.

Opium . 10 a 20 centigr.

Julep gommeux . . , quant, suffis.

S’il y a des frissons, du refroidissement aux extrémités, on peut employer la potion excitante suivante :

Eau de fleur d’oranger . 13 grammes.

Eau de tilleul. . 123 —

Sirop . 30 —

Acétate d’ammoniaque . 8 —

à la dose de deux cuillerées , par heure.

Dans les cas de brûlures très étendues le malade se contentera de tisanes rafraîchissantes et de bouillon. S’il y a de la diarrhée, 4 grammes de diascordium dans du pain à chanter 'seront d’un bon usage. S’il y a des complications du côté du cerveau, des poumons ou du ventre, on emploiera le traitement ordinaire pour combattre chacun de ces adcidents.

Lorsque les brûlures couvrent la plus grande partie du corps, on fait rester le malade deux heures dans un bain ainsi composé :

Alun . 200 gi'ammes.

Eau froide . 6à8 sceaux.

Lait caillé .1 . • • • 1 sceau.

Il est. bon de faire uriner les malades qui ont de larges brûlures.

Si le régime doit être léger dans les premiers jours qui suivent l’accident, il doit, en revanche, être tonique et réparateur pendant la période de suppuration et de cicatrisation; c’est dire qu’il faut nourrir le blessé avec des viandes rouges, du

vin généreux, et ne pas craindre de lui donner H préparations de fer et de quinquina.

D' Paul Lababthe.

BRUNISSEUSES. — Hygiène professionnelle. ^

Les brunisseuses sont les ouvrières qui donnent aùv divers objets d’or, d’argent, etc., le dernier poli. Lg brunissage se fait en écrasant les inégalités ou aspéri. tés qui sont à la surface extérieure avec un corps plus dur que lui, appelé brunissoir, fait avec le fer hématite et que les ouvrières ont baptisé sanguine La brunisseuse, après avoir préalablement trempé l’objet à brunir dans de l’eau de savon noir, le saisit entre le pouce et l’index de la main gauche et l’appuie fortement contre l’établi, tandis qu’elle le frotte vivement avec le brunissoir quelle tient à pleine main, de la main droite. Ainsi que l’a dit Tardieu le travail du brunissage ne paraît par exercer sur là santé d’autre influence que les autres occupations sédentaire. Seulement, il imprime aux mains des ouvrières certaines traces caractéristiques. Cet observateur sagace a constaté que toute la face palmaire de la main droite est calleuse et noircie, sauf au niveau des plis de flexion. Chez beaucoup d’ouvrières, la phalangette du petit doigt reste souvent maintenue dans la flexion. A la main droite, la face dorsale et le bord radial de l’index, la tête du deuxième métacarpien et la face palmaire du pouce sont très dures et très calleuses.

D’après le D' Beaugrand, qui a été pendant plus de vingt ans médecin de la grande fabrique d’orfèvrerie de Christofle, il y a de plus, chez un grand nombre de brunisseuses une autre déformation, non signalée par Tardieu. La plupart des brunisseuses tiennent bien l’instrument dans la paume de ■ la main, mais elles en font passer l’extrémité sur la première phalange du petit doigt plus fortement fléchi que les autres doigts; ce qui, paraît- il, donne plus de sûreté aux mouvements. Or cette pression sur la face dorsale de l’auriculaire serait intolérable si elle n’était annulée par une large bague en métal qui recouvre, comme d’un bouclier, toute la partie exposée; mais eh même temps la compression exercée sur la bague refoule les tissus vers les deux extrémités de la phalange et surtout vers l’articulation avec la seconde phalange; il en résulte en ce point un bourrelet mou, saillant et quelquefois assez volumineux, dans quelques cas on en trouve un second vers l’union du petit doigt au métacarpien correspondant, avec dépression centrale; mais ce second bourrelet est, en général, beaucoup moins accusé que le premier. Bien entendu qu’alors, dit le D® Beaugrand, les durillons à la racine du petit doigt du côté palmaire, font défaut.

D' Paul Lababthe.

BRYONE. — La bryone, vulgairement appelée vigne blanche, couleuvrée, navet du diable, est une plante cucurbitacée, grimpante, qui croît abondamment le long des haies. Elle a des feuilles palmées, calleuses, rudes au toucher. Ses racines énormes, puisqu’elles ont la grosseur du bras, sont fusiformes, charnues, succulentes, d’un blanc jaunâtre avec des stries circulaires plus ou moins marquées. Elles ont une odeur nauséeuse, une saveur âcre,

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très amère, et sont composées d’un principe actif, la hryonine, d’une forte proportion d’amidon et de diverses autres substances.

On prépare avec la racine de bryone une alcoolature que l’on donne à la dose de 10 à 20 gouttes contre l’état fébrile des maladies aiguës et contre la dyssenterie. Elle peut, en outre, être employée en poudre à la dose de 1 à 2 grammes dans les mêmes circonstances que la coloquinte et l’élatérium. EUe possède, comme ces deux plantes, des propriétés purgatives énergiques qu’on a cherché a mettre à profit dans le traitement des hydropisies de diverse nature. Mais son emploi se présente rarement à cause de sa vertu curative très variable et de son action toxique dangereuse. On a même utilisé parfois sa pulpe récente en applications révulsives lorsqu’on manquait de moutarde ou d’un tout autre révulsif équivalent.

En définitive, l’aUopathie en fait des applications rares, tandis que l’homœopathie, au contraire, la compte au nombre de ses principaux médicaments.

D'' Marc. Camboulives.

BUANDERIE. — (Voyez Lavoirs -publics,)

BUBON. — On donne le nom de bubon vénérien, de bubon chancreux ou de poulain, à l’adénite ou inflammation des ganglions lymphatiques du pli de l’aine qui survient à la suite du chancre simple et reconnaît pour cause première le chancre luimême, qui peut agir de deux manières. Ou bien agissant comme toute inflammation ou plaie simple, il peut occasionner l’irritation du système lymphatique et engendrer un bubon simple ou sympathique qui ne se distingue pas de l’adénite ordinaire produite par une plaie quelconque, et alors le bubon peut ne pas suppurer ou, s’il suppure, son pus n(est pas virulent, mais simplement phlegmoneux, et ne reproduit pas un chancre si on l’inocule au porteur. Ou bien, le chancre simple, par propagation de l’inflammation et du principe virulent le long des vaisseaux lymphatiques, porte ce principe dans un ou plusieurs ganglions et détermine un bubon virulent ou chancreux qui suppure fatalement et dont le pus, analogue à celui du chancre, inoculé au porteur, reproduit toujours un chancre.

On a vu un petit chancre simple amener un bubon énorme chez des individus de parfaite santé générale et suivant un traitement scrupuleux, tandis qu’on a vu des chancres larges et multiples n’amener aucune complication chez d’autres sujets paraissant se trouver dans les conditions les plus aptes à contracter la suppuration de leurs ganglions inguinaux. Cependant, d’une manière générale, les individus lymphatiques, scrofuleux, alcooliques, ceux qui se fatiguent par une marche prolongée, des exercices ou des travaux pénibles, sont plus sujets aux bubons que les individus doués d’un tempéramment sain et vigoureux, qui gardent le repos et suivent un régime sévère, lorsqu’ils sont atteints de chancres simples.

Le bubon est une complication assez fréquente du chancre simple. Pour ma part, sur un relevé de 283 malades atteints de chancres simples, observés en 1870, pendant le siège de Paris, à l’hô- Dictionnaire populaire de médecine usuelle.

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pital du Midi, dans le service du D' Simonnet, auprès duquel je remplissais les fonctions d'interne j’en ai trouvé 201 dont lés chancres furent suivis de bubons, et 82 qui furent exempts de cette complication. D’un autre côté, dans ma clientèle spéciale, sur 175 malades atteints de chancres simples, 47 seulement ont eu des bubons, et 128 en ont été exempts. Ces denx statistiques prouvent que dans la classe pauvre, qui forme la clientèle ordinaire des hôpitaux et des cliniques, les bubons sont bien plus fréquents que parmi les malades de la classe aisée, qui viennent nous consulter dans notre cabinet, et démontre, une fois de plus, l’influence qu’exercent sur la production de cette complication, les conditions individuelles de santé, de constitution et de régime, que j’ai signalées plus haut.

Le bubon est beaucoup plus fréquent chez l’homme que chez la femme. Cela paraît extraordinaire, au premier abord, puisque chez la femme le système lymphatique est beaucoup plus développé que chez l’homme. Cela s’explique cependant par le genre de vie plus actif et plus fatigant de l’homme et par la présence bien plus rare des chancres à la vulve qu’à la verge.

Le bubon siège à droite ou à gauche, suivant que le chancre est à droite ou à gauche. Un bubon du côté gauche peut aussi déterminer un bubon à droite et réciproquement. Ces faits s’expliquent par l’entrecroisement des vaisseaux lymphatiques sur la ligne médiane. Le plus ordinairement, le hubon n’occupe qu’un seul ganglion ; le plus interne et le plus superficiel lorsqu’il accompagne un chancre siégeant sur les organes génitaux, le plus externe au contraire, lorsque le bubon est dû à un chancre artal.

Le hubon chancreux se montre ordinairement dans le début du chancre, du 8® au 15® jour. Ses symptômes sont ceux de l’adénite aiguë inflammatoire. Tout à coup, le malade ressent une violente douleur dans l’aine, un ganglion se tuméfie considérablement, comme dans l’adénite inflammatoire et pour la même raison, c’est-à-dire par l’inflammation du tissu cellulaire péri-ganglionnaire, la glande d’abord enflammée, ne tarde pas à devenir adhérente. La peau prend aussitôt une coloration rouge, elle est luisante, tendue, très douloureuse au toucher. Le malade éprouve un malaise général, des frissons, de la fièvre, de l’anorexie ; ses urines sont rares et chargées. La tumeur, de forme globuleuse ou ovo'ide, qui était d’abord très indurée, se ramollit avec une extrême rapidité, devient fluctuante; la peau s’amincit à son sommet, devient blanche et se perfore spontanément si on ne donne pas passage au pus. Cette suppuration n’est pas seulement le résultat de l’inflammation, et il laut bien distinguer entre le pus apporté en nature dan les lymphatiques et le pus phlegmoneux formé sur place. Le bubon ouvert prématurément ou tardivement, et abandonné à lui-même, se transforme en une ulcération à bords inégaux, durs, grisâtres, décollés et taillés à pic, véritable chancre ganglionnaire qui suit dans son évolution la môme marche que les chancres simples.

Le bubon est plus ou moins grave, selon qu’il est sympathique ou chancreux. Le premier guérit faci-

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