BRI
Le goût particulièrement agréable de ce sirop, en fait plutôt un bonbon pectoral qu’un médicament proprement dit. Aussi voit-on les enfants et les personnes les plus difficiles le prendre, non seulement sans dégoût, mais avec un véritable plaisir. 11 s’emploie pur ou délayé dans un bol de tisane, à la dose quotidienne de 3 à 4 cuillerées à café pour les enfants, et de 3 à 4 cuillerées à soupe pour les grandes personnes. Cette quantité peut varier, bien entendu, suivant l’intensité de l’indisposition, mais une dose plus considérable est inutile. On le prend ordinairement à jeun et le soir avant de se coucher; on peut également le prendre dans la journée, pourvu que ce soit une heure ou deux après le repas. Ajoutons en terminant que, même pris à des doses supérieures à celles que nous venons d’indiquer, le sirop de Briant ne détermine jamais aucun accident. D-- L. Saint-Antonin.
BRIDES-LES-BAINS (eaüx minérales de). — Bridesles-Bains est un joli petit village de la Savoie, situé à 5 kilomètres de Moustiers, dans une ravissante vallée dominée par les glaciers des Alpes savoisiennes, dont les eaux minérales, d’une température de 30°, contiennent par litre 2s'350 de sulfate de chaux, 1®"031 de sulfate de soude et is'^222 de chlorure de sodium. Toniques et reconstituantes à petites doses, laxatives à la dose de 2 verres et purgatives au delà de 4 verres, ces eaux sont employées contre les embarras gastriques, la constipation, la pléthore abdominale et les hémorrhoïdes. Enfin, en 4875, notre ami, le docteur Philbert, a établi à Brides une cure spéciale de l’obésité, et le nombre des malades venant demander à ses eaux la guérison de cette infirmité augmente chaque saison.
D' Paul Labarthe.
BRIGHT (MALADIE DE). — (Voyez Albuminurie).
BRIOCHE. — On donne ce nom à une pâtisserie faite avec de la farine, du beurre frais, des œufs, du sel et de la crème de lait, d’une digestion généralement lourde, surtout lorsqu’elle est chaude, p. l.
BRIQUETIERS. — Hygiène professionnelle. — Les
ouvriers briquetiers sont exposés à plusieurs accidents professionnels pendant les diverses opérations de marchage, de moulage et de cuisson des briques.
Les marcheurs, qui pétrissent la pâte argileuse avec les pieds, sont exposés à toutes les conséquences du refroidissement des pieds et des jambes, et on rencontre souvent chez eux des rhumatismes aigus et chroniques, des douleurs articulaires surtout dans le cou-de-pied et de la crépitation douloureuse des tendons des muscles fléchisseurs des orteils. Lorsqu’ils pétrissent de l’argile à laquelle on a ajouté de la chaux pour augmenter sa fusibilité, les niarcheurs sont, en outre, exposés à l’action caustique de la chaux et on observe souvent chez eux à la face plantaire des pieds de petites ulcérations douloureuses dont la guérison s’obtient assez difficilement.
Les mouleurs, qui opèrent presque toujours sous des hangars ouverts à tous les vents, sont forcés de
déployer une activité énorme des bras et des mai si l’on songe qu’un seul ouvrier peut moui*’ jusqu’à 2,500 briques par jour. Aussi constate-tchez bon nombre d’entre eux une distension exae'*^ rée des ligaments du carpe, de l’aï douloureux d poignet et des éruptions érythémateuses à la facp palmaire des mains. De plus, comme ils opèrent toujours debout, les varices des jambes sont assez fréquentes chez eux.
Enfin, les cuiseurs exposés à l’action de la fumée de la flamme et de la chaleur des fours, sont souvent atteints d’inflammations du globe de l’œil et de blépharites ciliaires.
Il est malheureusement évident que l’hygiène prophylactique se réduit à peu de chose chez les briquetiers, et on ne peut que, recommander aux marcheurs et aux mouleurs l’usage de la flanelle et celui de lunettes et d’écrans spéciaux aux cuiseurs.
D' Paul Labarthe.
BRISE-PIERRE. — Nom donné à un instrument spécial destiné à broyer la pierre dans la vessie. (V. Lithotritië). P. l
BROCHET. — Le brochet est un poisson, commun dans les rivières de France et dans les étangs, dont la chair blanche, ferme, d’un goût agréable, se digère facilement, niais dont les œufs sont, par contre, très indigestes, excitent des nausées, souvent même des vomissements et, dans certains cas, produisent des effets purgatifs violents. p. i,.
BRODEUSES. — Hygiène professionnelle. — (V,
Dentellières).)
BROME. — Le brome, découvert par Balard, en 4826, dans les eaux mères des marais salants, est un liquide d’un rouge brun , d’une odeur forte et désagréable analogue à celle du chlore, et d’une saveur âcre et irritante pour les voies digestives. Peu soluble dans l’eau, beaucoup, au contraire, dans l’alcool et l’éther; le brome n’est guère employé en médecine ; par contre, des composés occupent une très grande place dans la thérapeutique (V. Bromures). P. L.
BROMOPHORME. — Le bromophorme est un liquide incolore, d’une odeur assez agréable et d’une saveur sucrée, ayant quelque analogie avec celle du chloroforme, qui possède les mêmes propriétés anesthésiques que celui-ci, mais qui n’a pas encore été employé en médecine. p. l. ■
BROMURES. — On donne ce nom à des composés résultant de la combinaison du brome avec un corps simple. Les principaux bromures sont le bromure de potassium, le bromure de sodium, le bromure d’ammonium, le bromure d’arsenic, le bromure de zinc, le bromure de fer et le bromure de camphre. Nous ne parlerons dans ce dictionnaire que du bromure de potassium et du bromure de camphre, qui occupent dans la thérapeutique une place très importante que les autres sont bien loin d’avoir acquis (V. Bromure de potassium, Bromure de camphré),^ P. l.
BROMURE DE POTASSIUM. — Le bromure de potassium est un sel blanc, cristallisé en cristaux cubiques, très soluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, d’une saveur salée avec arrière-goût amer et désagréable. Ce précieux médicament a été étudié par des expérimentateurs et des thérapeutistes d’une grande valeur, parmi lesquels il faut surtout citer Bazin, Besnier, Bidd (de Philadelphie), Brown- Séquard, Cersoy, Ferrand, Gubler, Legrand du SauEe, Moutard-Martin, Pletzer, Ricord, Stone, Tessier (de Lyon), Thomas (de Sedan), Voisin. Ces études expérimentales et cliniques ont mis en lumière les effets physiologiques et les propriétés médicinales du bromure de potassium, et ont permis d’instituer avec cet agent une médication rationnelle, remarquable par la régiüarité et la certitude relative des résultats obtenus suivant les doses prescrites.
Effets. — L’influence générale propre à la médication par le bromure de potassium consiste à modérer, ralentir et régulariser l’action du cœur, et à produire le calme de la circulation. C’est bien certainement en agissant d’abord sur les centres nerveux que le bromure de potassium exerce son influence sur le cœur; mais on admet de plus que c’est par l’intermédiaire des nerfs vaso-moteurs, dont il augmente l’action , que ce médicament amène la sédation et l’hyposthénie de tout le système.
Indépendamment de cette action générale, le bromure de potassium manifeste , sur certaines région, une action élective. Cette action s’observe à l’entrée des voies respiratoires et des voies digestives, où l’on signale l’augmentation de la saEve, et, lorsque la dose est suffisante, l’insensibilité de l’isthme du gosier et du pharynx; sur l’appareil génito-urinaire, où eEe se révèle par la cessation ou l’amoindrissement des excitations anormales du système génital, et par l’augmentation de la sécrétion urinaire.
Usages. — Le bromure de potassium convient dans tous les cas d’irritation, soit nerveuse, soit circulatoire, dans les hyperhémies en général ; dans les congestions des centres nerveux; c’est un agent hypnotique précieux là où les préparations opiacées échoueraient. Son utilité n’est pas moins marquée dans certaines maladies du cœur, et surtout contre les palpitations nerveuses ou symptomatiques.
Par lui, Gubler, de Beaufort, Siredey, ont combattu avec efficacité la toux spasmodique de la bronchite, la toux convulsive de la coqueluche, les crises de suffocation de l’emphysème et de l’asthme, la toux (déchirante des phthisiques ; il adoucit les douleurs cruelles de la laryngite ulcéreuse ; E est indiqué dans les phlegmasies de l’isthme du gosier et du pharynx, dans les cas d’œsophagisme et de dysphagie. On a cité des cas de guérison d’angine pseudo-membraneuse par ce médicament. 11 y a donc indication du sirop sédatif dans la diphthérie.
n combat les névroses en général, les convulsions, le tétanos, la toux nerveuse et les autres phénomènes de l’hystérie. Nous avons entendu M. Bucquoy vanter sa valeur dans la chorée. Mais c’est surtout l’épUepsie qu’il combat d’une manière vraiment remarquable, ainsi que l’attestent les müEers
d’observations recueiEies par MM. Bazin, Besnier, Blache, Voisin, Falret, Legrand du SauEe, etc. Son emploi est encore utile dans le deErium tremens.
Aucun autre agent n'est plus précieux pour combattre l’hérétisme génital (Lafont-Gouzy), les érections nocturnes, pour guérir la spermatorrhée, pour dissiper les souffrances qui ont pour cause la névralgie du col de la vessie. Waburton (d’Edimbourg), l’emploie dans l’incontinence d’urine des jeunes enfants, lorsque la beEadone recommandée par Trousseau ne produit pas de bons résultats.
Le bromure de potassium devient précieux dans la médecine des femmes et des enfants. Aussi les vomissements nerveux quotidiens, pendant la grossesse, en réclament l’emploi. Chez les enfants en bas âge, il calme l’agitation, l’insomnie (Brown- Séquard), la toux pendant la dentition, et peut, dans certains cas, prévenir les convulsions. Debout l’employait pour faire tomber chez les enfants l’excitation anormale des organes génitaux, qui aboutit si souvent à des habitudes vicieuses. Toutefois, chez les petits enfants, la diarrhée est une contre-indication.
La médecine opératoire sait utiEser les propriétés du bromure de potassium qui, en produisant l’anesthésie de l’isthme du gosier, rend plus faciles les opérations qui se pratiquent dans cette région, en particulier la staphylorrhaphie, et surtout l’exploration laryngoscopique. Enfin, le bromure de potassium, donné à la dose de 1 à 2 grammes immédiatement après une opération pratiquée sous l’influence anesthésique de l’éther ou du chloroforme, empêche les nausées consécutives à l’éthérisation de se produire. On l’a vue faire cesser ces nausées lorsqu’eEes existaient déjà, et même lorsqu’eEes étaient suivies de vomissements.
Le bromure de potassium a enfin reçu quelques applications externes. C’est ainsi qu’en 1872, le docteur Peyraud (de Libourne), est arrivé à guérir en 28 jours, un énorme cancroïde de la face, fongueux et saignant, en le recouvrant d’abord de compresses trempées dans une solution concentrée de bromure de potassium, puis en le saupoudrant de ce sel en poudre. La même année, le docteur Besnier traitait de la même manière, très avantageusement, deux lupus scrofuleux.
Comment faut-il administrer le bromure de potassium à l’intérieur? En raison de sa saveur salée et de son arrière-goût amer désagréable, ce précieux médicament demande à être administré avec certaines associations qui en rendent l’usage facile et agréable. M. Laroze qui, depuis longues années, fabrique en grand et avec succès le sirop d’écorce d’oranges amères, a été conduit tout natureEement à en faire le véhicule du bromure de potassium. Cette association du bromure de potassium avec le sirop d’écorces d’oranges amères est parfaitement rationneEe, car ils concourent tous deux au même but, et produisent sur le système nerveux une action analogue, congénère, c’est-à-dire sédative et régulatrice : l’un, le bromure, abattant en quelque sorte l’organisme, l’autre, le sirop d’écorce d’oranges amères, soutenant ce même organisme, tout en enveloppant le premier de manière à le faire accepter sans répugnance par l’organisme. D’aü-
leurs, dans cette préparation, le bromure de potassium est à l’état chimiquement pur, c’est-à-dire qu’il n’est pas uni à la plus petite parcelle d’iodure de potassium ; sans cet état de pureté, la préparation ne justifierait pas son titre de sirop sédatif. De plus, le dosage du médicament y est fixe, toujours le même. Une cuillerée à bouche représente invariablement 1 gramme de bromure de potassium, une cuillerée à café, le quart de la dose, soit 25 centigrammes. C’est donc sous forme de Sirop sédatif Laroze â! écorce d'oranges amères au bromure de potassium, adopté d’aiUeurs par la plus ^ande partie du corps médical, qu’il faudra de préférence administrer le bromure de potassium. La dose à prescrire variera suivant l’effet qu’on en veut obtenir. Comme sédatif ou anesthésique, la dose doit être de deux cuillerées à bouche au moins par jour pour les adultes, de quatre cuillerées à café pour les enfants. Si l’on veut calmer les accès de suffocation de certaines formes de l’asthme, il faut porter la dose à trois et quatre cuillerées à bouche. La même dose, et même une dose plus élevée, peuvent être nécessaires pour enrayer les convulsions choréiques, les accidents de l’hystérie. Dans le traitement de l’épilepsie, on administre de cinq à huit cuillerées à bouche, et même dix cuillerées par jour.
D' Paul Labarthe.
BROMURE DE CAMPHRE. — Le Tîromure de camphre, ou camphre monobromé, découvert par Schwartz en 1862, se présente en beaux prismes blancs, d’une odeur térébenthinée camphrée, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes et volatiles.
Ce sel, d’après le D' Bourneville, élève de Charcot, diminue le nombre des battements du cœur et des mouvements respiratoires, abaisse la température , possède" des propriétés sédatives et hypnotiques des plus marquées sans produire aucun trouble sur les voies digestives. Aussi a-t-il été employé avec succès par Deneffe , dans le delirium tremens; par Hammond, dans les convulsions liées à la dentition; par Vulpian, Charcot, Potain, Desnos, Lasègue, Bucquoy, Dujardin-Beaumetz, dans l’insomnie, l’épilepsie, la chorée, les spasmes, les toux nerveuses, la paralysie agitante, la nymphomanie, le priapisme, la spermatorrhée, les excitations des organes génito-urinaires, et toutes les névroses en général.
Comme le bromure de camphre est un produit d’un goût peu agréable, le D' Clin a eu l’heureuse idée d’en faire préparer des capsules et des dragées destinées à masquer sa mauvaise saveur; Les Dragées au bromure de camphre du Z>' Clin, dont chacune contient 10 centigrammes de bromure, se prescrivent au nombre de 2 à 12 par jour. Dans les cas qui exigent de fortes doses, les Capsules au bromure de camphre du Clin, renfermant chacune 20 centigrammes de principe actif, doivent être préférées. Quoi qu’il en soit, ces deux modes de préparation ont été jusqu’ici les seuls employés par les expérimentateurs, par la double raison qu’ils ont la propriété de se conserver indéfiniment et d’avoir une action thérapeutique toujours égale.
D' Marc Camboüuves.
BROMHYDRATE DE QUININE. — (V. Quinitie).
BRONCHES. — On donne ce nom, en anatomie aux deux branches de bifurcation formées par la trachée-artère, au niveau de la troisième vertèbre cervicale, qui s’écartent à angle droit ou légèrement obtus et pénètrent dans les poumons jusqu’à leurs racines, en se dirigeant de haut en bas et de dedans en dehors.
Il y a deux bronches : la bronche droite et la bronche gauche. La bronche droite est plus volumineuse et plus courte que la bronche gauche ; sa longueur varie de 1 centimèt. 1/2 à 2 centimèt. 1/2, Elle est en rapport avec la veine cave supérieure en avant, et en arrière et en haut avec la veine
Fig. 197.
Bronches. — Leurs rapports avec les artères pulmonaires vus par la face postérieure du poumon. — A. Oreillette gauche. — B. Trachée artère. — C. Artère pulmonaire. — 2-2. Veines pulmonaires. — 3-3. Bronches.
azygos. La bronche gauche, plus étroite et plus longue, atteint 5 à 6 centimèt. 1/2 de longueur et est en rapport avec la crosse de l’aorte en avant et en haut, eLen arrière avec l’œsophage.
' Arrivées à la racine des poumons, les deux bronches se divisent : la bronche, droite en trois branches plus ténues, se rendant chacune à un des trois lobes supérieur, moyen et inférieur du poumon droit; la bronche gauche en deux branches à peu près de même calibre, se rendant, l’une au lobé supérieur, l’autre au lobe inférieur du poumon correspondant. Ces nouvelles branches se subdivisent encore en d’autres branches plus petites qui se distribuent dans les lobules pulmonaires et se terminent par dè petites alvéoles ou vésicules arrondies, formant autant de culs-de-sac.
Dans tout leur parcours, les bronches sont accompagnées par les divisions de l’artère pulmonaire, qui y portent le sang veineux, et par les branches des veines pulmonaires, qui y portent le sang artériel. C’est dans les alvéoles dont nous venons de parler que se passent les phénomènes de la vivification du sang, c’est-à-dire la transformation du sang veineux apporté par les artères pulmo-
naires en sang artériel au contact de l’air (V. Res- sueur. L ingurgitation rapide de boissons froides ou viration]. glacées, le corps étant en transpiration, est encore
Les bronches ont la forme de la trachée, c’est- une des causes habituelles de la bronchite. Une an-
à-dire qu’elles sont cylindriques en avant et apla- gine,une larjmgite peuvent dégénérer en bronchite,
ties en arrière. Leur structure est identique à celle par propagation de l’inflammation par continuité de
de la trachée. Elles sont constituées par : 1“ des tissu. Chez un certain nombre d’enfants, le tra-
cerceaux cartilagineux, déstinés à maintenir tou- vail de la dentition donne lieu à un état fluxion-
jours béantes les voies que traverse l’air pour arriver naire de l’arrière-gorge et de la trachée qui se pro-
aux vésicules pulmonaires; 2“ du tissu fibreux dans page aux grosses bronches et détermine une forme
l’épaisseur duquel sont compris les cerceaux carti- de bronchite généralement bénigne. Les enfants ra-
lasineux, fibreux musculaire, doué d’une contracti- chitiques, scrofuleux, sont très' sujets aux bronchi-
lité propre, qui fait que les bronches se dilatent et se resserrent avec le poumon, par le fait de la dilatation et du resserrement des côtes, ainsi que de rabaissement et de l’élévation du diaphragme ;
3° une membrane muqueuse qui tapisse la face interne des bronches et de leurs ramifications jusqu’aux vésicules pulmonaires, et à la surface de laquelle s’ouvrent par des orifices très étroits de petites glandes qui sécrètent un liquide destiné à lubréfier leur surface interne. Lorsque cette sécrétion ;se trouve augmentée, sous l’influence d’un état inflammatoire aigu ou chronique, elle produit les mucosités appelées crachats, dont la couleur, la consistance, l’odeur et l’abondance varient selon les maladies. A l’état normal, la sécrétion de ces glan- 4es est trop faible pour provoquer l’expectoration. Mais cette structure se modifie à mesure que les ramifications bronchiques deviennent de plus en plus petites, si bien que dans les dernières ramifications, au moment où elles pénètrent dans le cul-de-sac des vésicules pulmonaires, la bronche est réduite à la membrane muqueuse seule.
Les bronches reçoivent leur sang par les artères bronchiques , qui viennent de l’aorte. Les veines bronchiques du côté droit se jettent dans la veine azygos, et celles du côté gauche dans la veine inter- .costale supérieure. Les nerfs proviennent des plexus pulmonaires antérieur et postérieur, et accompagnent les bronches et leurs ramifications dans toute leur étendue et en les entourant. Quant aux vais- ^aux lymphatiques , ils sont nombreux et se trouvent à la face externe des bronches.
D' Paul Labarthe.
BRONCHIQUE. — Qualificatif que l’on donne aux artères, veines, nerfs, ganglions et glandes des bronches. p. l.
BRONCHITE. — On donne le nom de bronchite à l’inflammation catarrhale de la membrane muqueuse qui tapisse la face interne des grosses et naoyennes bronches, le nom de bronchite capillaire étant réservé à l’inflammation de la muqueuse des petites bronches. Lorsque l’inflammation est aiguë, on dit qu’il y a bronchite aiguë', lorsqu’elle est chronique, on dit qu’il y a bronchite chronique. Nous allons étudier successivement : 1“ la bronchite aigue; 2“ la bronchite chronique; 3“ la bronchite capillaire.
Bronchite aiguë. — La bronchite aiguë est due le plus souvent au passage subit de l’air chaud à l’air froid et humide, à l’impression de l’air froid ou humide sur le corps, aux pieds ou à la tête, surtout au refroidissement subit de la peau mouillée de Dictiosxaibe populaire de Médecine usuelle.
tes, qui sont souvent, chez eux, une menace de phthisie pulmonaire. La bronchite aiguë est souvent symptomatique de la rougeole, de la coqueluche, de la grippe; elle est aussi dans certains cas l’indicé d’une maladie constitutionnelle ou diathésique, telle que herpétisme, arthritisme, tuberculose, etc., et les médecins disent alors que le malade a une bronchite herpétique, arthritique, tuberculeuse, etc.
La bronchite aiguë peut être légère ou intense.
La bronchite Zéyère,. appelée encore rhume de poitrine ou catarrhe simple, s’annonce par un léger enrouement, par un enchifrènement des grosses, bronches, accompagné d’une sensation de chaleur au-devant de la poitrine derrière le sternum, et d’une toux, d’abord sèche puis humide, suivie de l’expectoration de quelques crachats grisâtres, mousseux et peu épais. 11 n’y a généralement pas de troubles généraux, pas de fièvre, à peine un peu de malaise et de courbature et une légère diminution de l’appétit. Bientôt la toux devient plus rare et plus grasse, les crachats presque opaques et jaunâtres, et au bout de huit ou dix jours l’indisposition est généralement finie.
La bronchite aiguë intense débute par une courbature générale, des frissons et un mouvement de fièvre, plus ou moins violent, qui se prolonge quelquefois dune façon continue pendant plusieurs jours, en s’exaspérant vers le soir, sans que le pouls dépasse cependant 110 à lis pulsations et la température 37“ à 37°, S, dans les cas exempts de complications. Le malade se plaint de mal de tête, de manque d’appétit; il a la bouche pâteuse, la langue chargée d’un enduit blanchâtre; les urines sont troubles; il y a parfois de la constipation. Il éprouve en avant de la poitrine, derrière le sternum, ou dans le dos, entre les deux épaules, une sensation fixe de cuisson, de brûlure, s’accompagnant assez souvent de douleurs vagues dans différents points delà poitrine. La respiration est sifflante, pénible, et s accompagne dès le second jour de quintes de toux sèches courtes mais fréquentes, qui retentissent péniblement dans la poitrine, déterminent dans la trachée un raclement et une sorte de déchirement douloureux. Les fortes quintes sont suivies de douleurs déchirantes au niveau du diaphragme et des insertions des muscles intercostaux et occasionnent quelquefois, surtout chez les enfants, des nausées, des vomituritions et de véritables vomissements muqueux et alimentaires qui mettent fin à la quinte. La plupart du temps la respiration n’est pas gênée ; cependant les malades éprouvent une oppression assez marquée, et les grandes inspirations qu’üs sont portés à faire pour diminuer cette op-
pression provoquent un redoublement de quintes de toux.
Si l’on percute la poitrine, on constate une sonorité claire normale. Mais si l’on ausculte, on entend, dans les deux côtés de la poitrine, pendant l’inspiration et l’expiration, des bruits particuliers appelés râles ronflants ou sibilants, dus au passage de l’air dans les canaux bronchiques dont la muqueuse est inégale et boursouflée, qui se déplacent avec la plus grande facilité, s’étendent dans toutes les parties affectées et persistent ainsi tant que lé catarrhe est sec.
Dès le second ou le troisième jour, la toux est suivie d’expectoration de crachats séreux, blancs, filants et visqueux, parsemés de mucosités grisâtres et parfois striés de sang.
Du troisième au cinquième jour, les symptômes se modifient, les phénomènes généraux s’amendent, la fièvre tombe, la toux devient grasse et humide, l’expectoration plus facile et plus abondante, les crachats opaques, consistants, homogènes, d’un jaune verdâtre.
A la percussion, on ne constate aucune modification dans la sonorité de la poitrine. Si l’on pratique l’auscultation, on constate une modification dans les bruits respiratoires. Les râles secs, ronflants et sibilants sont remplacés par des râles humides ou huileux, donnant à l’oreille la sensation de bulles qui éclateraient avec bruit, produits par le passage de l’air à travers les mucosités de la sécrétion bronchique. Ces râles sont disséminés dans les deux côtés de la poitrine, ont leur paaximum d’intensité en arrière à la base du thorax et sont plus marqués et plus abondants lorsque les bronches sont pleines que lorsque le malade, en crachant, les a débarrassées de leurs mucosités.
Cette seconde période de la maladie dure une huitaine de jours, pendant lesquels l’amélioration survient graduellement jusqu’à la résolution qui s’opère, en général, assez rapidement du dixième au quinzième jour. Les urines deviennent abondantes et sédimenteuses ; souvent même survient une légère diarrhée. Les douleurs thoraciques disparaissent, la respiration devient plus libre, la toux plus facile et plus rare ; les crachats perdent leur purulence, redeviennent blancs, mousseux, diminuent d’abondance, et finissent par se tarir; le sommeil et l’appétit reparaissent et le malade guérit.
Telle est la marche et la terminaison habituelle de la bronchite' aiguë. Dans certains cas, elle passe à l’éta chronique ou, l’inflammation envahissant les petites bronches, survient une bronchite capillaire. La bronchite récidive avec une très grande facilité.
La bronchite légère guérit spontanément, il est prudent cependant de lui opposer un traitement. Dès le début, on provoquera la transpiration au moyen de boissons pectorales : tisanes de lierre terrestre, de violette, de guimauve, de capillaire, de lichen, etc., ou mieux en faisant prendre du Jaborandi du Goutinho; on appliquera des révulsifs légers, tels que le papier Wlinzi ou un large sinapisme Esménard entre les épaules. Plus tard, on aura recours aux préparations calmantes, telles que le sirop de Briant, le sirop de Berthé à la codéine ou le sirop de Gigon à la narcéine, et cette médi¬
cation simple et facile suffira souvent dans les ca légers pour amener une terminaison favorable. *
Dans les cas de bronchites intenses avec fièvre 8 ou 10 ventouses scarifiées appliquées à la base dé la poitrine, si le malade est fort et robuste, lo à 12 ventouses sèches appliquées sur chaque cuisse, si le malade est faible et délicat, produiront un excellent effet dès le début. Si l’expectoration tarde à se faire on donnera des pastilles d’ipéca ou 15 à 30 centigrammes de kermès dans une potion. Si les mucosités s’accumulent dans les bronches et ne peuvent pas être facilement expulsées par la toux, on administrera le vomitif suivant :
Sirop dqpéca . 30 grammes.
Poudre d’ipéca . 1 gr. 50
Tartre stibié . 0,03 centig.
aux adultes, ou 30 à 30 grammes de sirop d’ipéca aux petits enfants, à prendre par cuillerées à café toutes les dix minutes jusqu’à production de vomissements.
Contre la toux, on pourra donner le sirop de Briant pur ou dans une tasse de tisane ou de lait, faire manger des pâtes pectorales {pâté de Ber thé, pâte de Gigon), k intervalles plus ou moins rapprochés, selon la violence et la fréquence des quintes. Pouf calmer les douleurs thoraciques, on appliquera sur la poitrine des cataplasmes Hamilton laudanisés.' Contre l’insomnie, on administrera les préparations narcotiques à la codéine {Sirop de Berthé) ou à la narcéine [Sirop de Gigon), de préférence aux sels de morphine. Contre la constipation, on donnera l’huile de ricin, ou si le malade est difficile, un peu d’aloès, 2 ou 3 grains de santé de Franck ou 2 pilules de Bosredon. ■
Au bout de quelques jours de bronchite, il faudra opérer une révulsion salutaire à la peau par des badigeonnages quotidiens de teinture d’iode ou par l’application d’un emplâtre de thapsia Le Perdriel, ou encore par des vésicatoires Albespeyres,yo\ax\\Si, répétés.
Après la période d’augment, lorsque la fièvre est tombée, il faut modifier et diminuër les sécrétions bronchiques. Pour atteindre ce but. On pourra avoir recours aux balsamiques, aux préparations de goudron végétal (Gowdroji Freyssinge, Goudron. Le Beùf), aux préparations de sève ou de gemme de pin, d’hy^ dro-gemmine {Sirop de Lagasse,. capsules de Lapasse, etc), aux préparations sulfureuses {Sulfureux Pouillet) ou aux eaux minérales sulfureuses de Bigorre, de Cauterets, de Labassère, aux eaux arsenicales de la Bourboule, aux eaux alcalines de Royat, etc.
Bronchite chronique. — La bronchite chronique, appelée souvent par le public catarrhe chronique, peut être consécutive à la bronchite aiguë, mais elle se montre très souvent d’emblée chez les individus d’une constitution affaiblie par des maladies antérieures, chez les scrofuleux, les herpétiques, les goutteux, chez ceux enfin qui sont atteints d’emphysème pulmonaire, de maladies du cœur ou de néphrite albumineuse. Rare dans le jeune âge, la bronchite chronique est plus fréquente chez les individus âgés.
« Les malades sont pris de quintes de toux longues
et pénibles, qui se répètent fréquemment, surtout matin et soir; une conversation un peu animée, une marche un peu rapide, tout est prétexte pour la quinte, qui, le plus souvent, est suivie d'une expectoration abondante. Les crachats sont épais, jaune verdâtre {catarrhe muqueux), souvent entremêlés de crachats spumeux dont la prédominance constitue le catarrhe -pituiteux; plus rarement l’expectoration est en petite quantité, et les crachats globuleux ont la consistance de l’empois [catarrhe sec). A l’auscultation, on entend, disséminés dans les deux côtés de la poitrine, des râles ronflants et sibilants et des râles muqueux à grosses bulles qui,' par leur abondance, peuvent simuler- le gargouillement d’une caverne. La fièvre est nulle, l’appétit est conservé et la dyspnée est peu accusée en dehors des quintes de toux. La bronchite chronique n’a rien de fixe dans sa marche ; elle dure trois, quatre mois, s’amende à la belle saison pour reparaître aux premiers froids, et le malade vit indéfiniment avec son catarrhe, jusqu’à ce que des complications viennent changer la situation. Ces complications sont de nature différente : Les unes, brusques dans leur appârition, sont les phlegmasies aiguës broncho-pulmonaires, qui créent un danger immédiat ; les autres, lentes dans leur développement, sont la dilatation des bronches, l’emphysème pulmonaire et les lésions du cœur droit, dont les conséquences sont la gêne croissante de la respiration, la cyanose et l’œdème généralisé. Chez les vieillards débilités qui, à un moment donné, n’ont plus la force d’expulser les sécrétions accumulées dans les bronches, le catarrhe chronique peut se transformer en catarrhe suffocant. Dans le cours de la bronchite, l’haleine et la respiration deviennent quelquefois fétides ; cette fétidité, qui peut durer des semaines et des mois, s’amender et reparaître, tient à la décomposition des sécrétions bronchiques, à la présence de l’acide burytique, ou même à la gangrène de la muqueuse, gangrène qui, du reste, n’offre pas la gravité de la gangrène pulmonaire. » Telle est, courte et précise, la description de la bronchite chronique donnée par Dieulafoy dans son excellent manuel de pathologie interne.
Le traitement de la bronchite chronique — il ne faut pas l’oublier, — doit avoir pour objectif principal de tarir les sécrétions bronchiques et de modifier les parties sécrétantes. Ce biit peut être atteint par l’emploi prolongé et à doses alternativement croissantes et décroissantes de différentes préparations : — Préparations de goudron végétal [goudron Le Beuf, goudron Freyssinge , capsules de Raquin au goudron, etc.]; — préparations de sève 'ou de gemme de pin [sirop de Lagasse, capsules Lagasse, hydro-gemmine Lagasse, etc.); préparation de créosote de hêtre [capsules Bartois), de créosote associée | au tolu et au goudron [gouttes Livoniennes), de créosote dissoute dans la glycérine [glycérine créosotée de Catillon); — aux préparations de chaux : lactophosphate de chaux (^zrop de Busart); chlorhydrophosphate de chaux créosoté [solution Pautauberge); phosphate de chaux associé à l’antimoine {vin de Boudon, etc.); — préparations à base d’acide phénique [sirop phénique Yial); — préparations sulfureuses [sulfureux Pouillet, etc.).
A ce traitement on associera très utilement les eaux sulfureuses de Bigorre, Labassère, Cauterets, etc., les eaux arsenicales de la Bourboule ou les eaux alcalines de Pioyat, suivant que la bronchite chronique sera liée à un tempérament scrofuleux, herpétique, arthritique ou goutteux.
Contre les autres symptômes de la bronchite chronique, on pourra employer les médicaments révulsifs, calmants, vomitifs et laxatifs, conseillés plus haut contre la bronchite aiguë. Lorsque la dyspnée sera trop intense, la respiration trop gênée, on pourra faire fumer des cigarettes de Barrai, de Gicquel, de Grimault, etc., à base de datura, de belladone, de cannabis indica, etc. Enfin, chez les bronchiteux anémiés et débilités, on aura recours aux diverses préparations de fer et de quinquina.
Bronchite capillaire. — Ainsi que nous l’avons dit en commençant, la bronchite capillaire est l’inflammation des dernières ramifications des bronches. Cette maladie est encore appelée pneumonie lobulaire, parce que les lobules pulmonaires correspondant aux petites bronches sont aussi enflammés. Bon nombre de médecins lui donnent encore le nom de catarrhe suffocant, à cause de la dyspnée extrême qui en est le symptôme dominant.
Beaucoup plus commune chez les enfants et les vieillards que chez l’adulte, et chez l’homme que chez la femme, la bronchite capillaire est plus souvent primitive que consécutive à la bronchite aiguë. Elle est un des modes de terminaison fréquent du muguet, de l’érysipèle et complique souvent la rougeole, la fièvre typhoïde, la diphtérie, la coqueluche, etc., elle survient enfin quelquefois chez les enfants dont la dentition est difiîcile et laborieuse.
Qu’elle soit primitive ou secondaire, la bronchite capillaire s’annonce par les mêmes symptômes que la bronchite aiguë, mais beaucoup plus accentués, et dominés dès le début par une dyspnée extrêmement intense, continue et progressive. Cette suffocation qui est comparable à celle provoquée par le croup ou l’œdème de la glotte, est due a l’extrême difficulté avec laquelle l’air peut passer dans les petites bronches terminales dont la muqueuse enflammée diminue encore le calibre et qui sont, en outre, obstruées par les sécrétions bronchiques morbides. La respiration est courte et sifflante ; le nombre des mouvements respiratoires, par minute, peut monter de 40 jusqu’à 60 chez l’adulte et de 50 jusqu’à 80 chez les enfants. Pendant le même temps, le pouls bat 120, 140 et même 160 pulsations. Cette suffocation plonge naturellement le malade dans un état d’anxiété excessivement pénible :
I assis sur son lit, le corps penché en avant, les mus- I des respiratoires dans un état de contraction exagérée, pour arriver à respirer un peu plus librement, le malade est haletant, sa voix est brève et saccadée, ses lèvTes sont violacées, son visage pâle et couvert d’une sueur froide, ses extrémités se refroidissent ; il présente, en un mot, tous les signes de l'asphj^xie.
A la percussion, on constate ime sonorité normale du thorax. Si on pratique l’auscultation on perçoit des deux côtés de la poitrine, pendant les
deux temps de la respiration, des râles sibilanfs aigus ou sous-crépitants fins, disséminés en avant et en arrière. Lorsque l’inflammation a gagné les lobules des poumons et que la pneumonie lobulaire vient se joindre à la bronchite capillaire, la température s’élève à 40“ et 40®,d ; on trouve de la submatité à la percussion, et à l’auscultation l’oreille perçoit du souffle et de la bronchophonie au niveau des lobules atteints.
La bronchite capillaire est une affection des plus graves, et la mort peut survenir du quatrième au cinquième jour. On l’a notée sept fois sur huit chez les enfants. 11 est donc urgent de l’attaquer dès son début.
Le traitement à lui opposer est celui de la bronchite simple, mais plus actif et plus énergique. 11 doit avoir pour double objectif : de modifier au plus tôt la congestion des petites bronches et des lobules pulmonaires, puis de . faciliter l’expulsion des sécrétions bronchiques morbides. On arrivera à décongestionner les bronches et les lobules pulmonaires au moyen des révulsifs énergiques : emplâtres de ihapsia Le Perdriel et mieux ventouses sèches sur la poitrine et les épaules, vésicatoires Albespeyres volants chez les enfants; saignée au bras ou ventouses scarifiées sur la poitrine et vésicatoires volants chez les vieillards. On facilitera l’expulsion des sécrétions qui obstruent les bronches par des vomitifs répétés matin et soir et deux ou trois jours de suite, si c’est nécessaire, au moyen du sirop d’ipéca chez les enfants, de l’ipéca et du tartre stibié associés chez l’adulte, d’après, la formule donnée plus haut. Puis, lorsque les premiers accidents seront enrayés, on donnera les médicaments que nous avons indiqués pour la bronchite aiguë, et on aura soin de soutenir le malade en lui faisant prendre du lait et des boissons alcooliques. Enfin., pendant la convalescence on instituera une médication et une alimentation toniques et réparatrices. D'^ A.-L. Labarthe, père.
BRONCHOCÈLE. — Nom donné quelquefois au gjfitre (V. ce mot). P. l.
BRONCHOPHONIE. — On donne ce nom à la résonnance de la voix dans la profondeur des bronches, que l’on perçoit à l’auscultation dans la pneumonie, dans certaines bronchites, dans la phthisie et dans certaines pleurésies avec épanchement, résonnance qui est à peu près nulle à l’état normal’ P. L.
BRONCHORRHÉE. — ^ Nom donné à l’expectoration très abondante de mucosités écumeuses, visqueuses, filantes, semblables à du blanc d’œuf délayé dans de l’eau, et mélangées ou non de crachats, épais et purulents, qu’on observe surtout chez les vieillards atteints de bronchite chronique.
BRONCHOTOMIE. — Synonyme de Trachéotomie (V. ce mot). P. L.
BRONZÉE (MALADIE). — La maladie bronzée, appelée encore maladie d'Addison, du nom du méde¬
cin anglais qui l’a décrite le premier en 1855, est une affection qui consisterait essentiellement dans un état anémique profond, avec faiblesse du cœur troubles de l’estomac et coloration brun verdâtre’ bronzée de la peau, le tout lié à une altération — lê plus souvent à une dégénérescence caséeuse — descapsules sus-rénales. On est loin d’être fixé sur l’étiologie de cette maladie, rare d’ailleurs, qui peut se prolonger pendant un temps variable de quelques, semaines à plusieurs mois et même à deux ans, et qui se termine toujours par la mort, malgré ’lesdivers traitements employés jusqu’à ce jour qui ont êonsisté surtout dans l’emploi de tous les toniques^ reconstituants. p. l.
BRONZEÜRS.— Hygiène professionnelle.— Parmi les ouvriers bronzeurs on distingue ceux qui bronzent les métaux et ceux qui sont employés à bronzer des objets en bois, en plâtre, etc., c’est-à-dire à leur donner une surface dont l’aspect soit tout à fait celui du vrai bronze.
Le bronzage des métaux comprend deux opérations distinctes ; le polissage des métaux à bronzer et le bronzage proprement dir. L’acide nitrique, l’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique employés pour le polissage, déterminent chez les ouvriers desophthalmies et des conjonctivites chroniques rebelles, ainsi que des inflammations catarrhales de l’appareil respiratoire. Les sulfures d’arsenic et de cuivre employés pour donner au bronze la couleur bronze ordinaire, bronze noir ou bronze vert, laissent dégager des vapeurs d’acide sulfhydrique nuisibles, qui déterminent de violents maux de tête chez presque tous les ouvriers. On retrouve, aussi chez ceux qui font le bronze vert, les lésions spéciales que produit l’arsenic (V. Arsenic).
Le bronzage des objets en bois, en plâtre, etc., s’obtient tantôt en saupoudrant ces objets, préalablement enduits d’une couche de colle ou de vernis, avec un sachet rempli de poudre à bronzer, formée généralement par le mélange de poussière de cuivre, de limaille de laiton ou d’or massif, additionnées souvent de cendres pulvérisées;. — tantôt, en les frottant avec un amalgame de bismuth, d’étain et de mercure, et en recouvrant le tout d’une couche de vernis, etc.
11 est évident que les ouvriers sont exposés à destroubles de la digestion et de la respiration occasionnés par la pénétration, des poussières irritantesdans la bouche, les bronches ou l’estomac, soit aux accidents que détermine l’absorption du mercure.
L’aération parfaite des ateliers, l’emploi de mas-, ques respirateurs destinés à retenir les poussières,, des lotions et des bains fréquents, une bonne hygiène alimentaire, telles sont les mesures préservatrices que devront prendre les ouvriers bronzeurs.
. Ceux qui emploient le mercure suivront de plus lespréceptes recommandés aux ouvriers qui travaillent le mercure (V. Mercure). d' Paul Labarthe.
BROSSIERS. — Hygiène professionnelle. — (Voyez. Criniers).
BROU DE NOIX. — On donne ce nom à l’enveloppe verte charnue de la noix, avec laquelle on fa-
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brique une liqueur tonique et stomachique, très usitée dans beaucoup de familles, et dont voici la recette :
Nois récemment nouées . 30
Alcool k 83“ . 9 litres.
Girofle . 1 gramme.
Macis . 1 —
Cannelle de Ceylan . 1 —
On laisse macérer le tout ensemble pendant 2 ou 3 mois, puis on exprime, on filtre et on ajoute ;
Eau . 2 litres.
Sucre en poudre . • • • • 2 kilos 300.
et on obtient environ 10 litres de liqueur excellente. P. L.
BROUILLARD. — Le brouillard est dû à la précipitation ou condensation dans l’air, par abaissement de la température, sous forme de petites gouttes liquides excessivement fines, d’une partie de la vapeur d’eau qu’il contenait à l’état invisible. « L’opinion vulgaire, dit le professeur Fonssagrives, considère le brouillard comme très malsain et elle n’a pas tort, mais elle exagère quand elle veut les rendre'responsables de toutes les maladies épidémiques. On comprend l’influence pernicieuse des brouillards quand on songe qu’ils interceptent la lumière et deviennent, dans les pays et les localités où ils sont habituels, une cause de pénurie de l’excitant lumineux ; en second lieu, les gouttelettes d’eau qui constituent le brouillard dissolvent ou suspendent dans une zone très basse les miasmes, les émanations et les poussières terrestres qui, sans lui, se disperseraient dans les espaces plus élevés ; on respire ainsi dans une atmosphère insalubre ; les habitants des pays marécageux savent à merveille que la respiration du brouillard, le matin ou le soir, est pour eux une cause de développement de la fièvre ou de rechute si elle existe déjà ; une troisième cause d’insalubrité du brouillard tient au refroidissement qu’il provoque et qui devient une occasion de rhumatismes et de névralgies, de rhumes et de catarrhes ; il faut enfin tenir compte aussi de l’obstacle apporté à la transpiration par le séjour dans une atmosphère saturée d’humidité et par suite de l’accomplissement de cet acte de dépuration organique dont l’intégrité est si nécessaire à la santé. On a attribué au brouillard une participation très active au développement de quelques maladies, telles que le scorbut, la cécité nocturne ou héméralopie, etc.; mais il y a dans leur production des influences complexes et parmi lesquelles le brouillarâ, c’est-à-dire l’humidité, froide, ne joue qu’un rôle limité. Quoiqu’il en soit, il faut éviter de respirer le brouillard, et quand on est obligé de s’y exposer, on ferait bien d’user d’un respirateur métallique- ou d’en improviser un avec un cache-nez de laine dans les deux doubles duquel on interposerait une feuille d’ouate ». P.
BRUCINE. — La brucine, découverte par Pelletier en 1819, est l’alcaloïde de la fausse angusture ; elle se retire, ainsi que l’igasurine, des eaux mères alcooliques qui ont laissé déposer la strychnine.
[ Cette base cristaUise en gros prismes blanchâtres, amers, à peine solubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool; sa combinaison avec les acides forme des sels plus solubles qu’elle et d’une moindre amertume.
Ses effets thérapeutiques étudiés par Magendie, Andral, Bouchardat, Bricheteau sont semblables à ceux de la strychnine, à l’intensité près. Des doses cinq à dix fois plus considérables sont nécessaires poim combattre les mêmes affections morbides. Selon Bricheteau, la brucine à la dose de 1 à 15 centigrammes agirait mieux que la strychnine contre les paraplégies et les hémiplégies pourvu toutefois qu’il y ait six mois écoulés depuis la première attaque. Il y aurait également une différence notable entre les effets produits. En effet, tandis que l’action de la brucine ne se prolonge jamais au delà de trois jours, l’action de la strychnine peut se prolonger jusqu’à deux semaines après la cessation du traitement, lorsque celui-ci a été suivi pendant plusieurs jours (Rabuteau). L’accumulation des doses dans l’économie pour le premier de ces médicaments est encore plus marquée que pour le second; d’où le précepte de les diminuer ou de les suspendre dès qu’on voit apparaître les premiers phénomènes de strychnisme (V. Angusture, Noix vomique).
D" Marc. CAflBOüLU'ES.
BRULURE. — La brûlure est une lésion résultant de l’application du calorique' intense ou des agents chimiques caustiques sur nos tissus. La brûlure peut se produire à distance sans que la partie atteinte soit en contact avec le foyer de chaleur. Les coups de soleil en sont un exemple ; les femmes qui se servent constamment de chaufferettes et les personnes âgées qui ont l’habitude de placer leurs jambes près du feu ont souvent sur les membres inférieurs des plaques marbrées, de teinte violette ou brune qui ne sont autres que des brûlures.
La flamme par son contact direct est une cause de brûlures plus ou moins profondes. Suivant l’ardeur du foyer et selon que son action est plus ou moins prolongée.
La brûlure peut être produite par des corps solides, liquides ou gazeux qui, en nous touchant, transmettent . à nos tissus la chaleur qu’ils possèdent. Les solides font des brûlures d’autant plus profondes qu’ils ont plus de facilité à absorber la chaleur et qu’ils restent plus longtemps sur lios tissus. Les métaux sont les solides qui produisent la brûlure dans le temps le plus court, surtout lorsqu’ils sont en fusion. Le verre produit également de graves brûlures, on peut en avoir une idée faible en touchant le verre d’une lampe peu de temps après qu’eUe a été allumée ; lorsque le verre est en fusion il peut faire de profonds ravages, aussi les forgerons qui travaillent les métaux et les verriers présententils souvent des cas graves.
Il y a des solides qui fondent en s’enflammant et qui s’attachent aux tissus et les pénètrent, ainsi le phosphore, le soufre, les résines.
Il est très imprudent de faire prendre feu à une allumette chimique en frottant le phosphore avec le bout de l’ongle; une partie du phosphore enflammée peut se détacher, entrer sous l’ongle et y
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déterminer une brûlure d’autant plus grave que le temps que le phosphore mettra à brûler sera long. Ces corps agissent comme agit la flamme des vêtements lorsqu’ils prennent feu. Cette flamme s’attache aux tissus, les fait éclater, arrive aux couches graisseuses qui augmentent par leur action son intensité. Il en résulte des brûlures étendues et profondes.
Les liquides en état d’ébuUition produisent aussi d’importantes brûlures, lorsqu’ils se renversent sur une partie du corps ou que le corps y est plongé quelques instants et surtout si la personne est couverte de ses vêtements, parce qu’alors le contact est plus prolongé. L’eau détermine la brûlure à partir de 60°. Tous les liquides n’agissent pas avec la même violence. Ceux qui sont gras, épais, comme les huiles, les graisses, le sucre fondu ; ceux qui ne peuvent bouillir qu’à une température très élevée, les solutions salines par exemple, et .enfin les liquides caustiques, comme l’acide sulfurique, déterminent des brûlures diverses. Les graisses, les huiles, s’étalent et adhèrent à la peau, de sorte que la brûlure s’étend ; les solutions salines brûlent avec d’autant plus d’intensité que leur température d’ébullition est plus élevée, et les liquides caustiques agissent par leur propriété corrosive sur les parties qu’ils touchent.
L’huile de pétrole prenant feu par imprudence ou accidentellement, ainsi que l’alcool, l’éther, la benzine, la térébenthine, donnent lieu à des brûlures qui se font avec rapidité et dans une grande étendue. Cela tient à une conflagration instantanée de gaz qui s’enflamment. La vapeur d’eau lorsqu’il y a explosion d’une machine, produit des effets analogues ; mais si une partie du corps est soumise pendant quelques minutes à un jet de vapeur, les brûlures . sont très profondes, les tissus cuisent et on peut facilement les déchirer. En 1842 lors de l’accident du chemin de fer de Versailles dans lequel périt* Dumont d’Urvilie, une jeune femme qui avait été exposée quelques minutes seulement à la vapeur de la machine fut littéralement cuite et l’un de ses pieds resta entre les mains de l’homme chargé d’extraire des wagons les corps brûlés.
L’ingestion de liquides bouillants produit des brûlures internes qui sont d’une énorme gravité il en est de même de l’ingestion des caustiques liquides (Voir Em-poisonnement).
La foudre enfin produit également des brûlures, qui sont graves, malgré la rapidité avec laquelle elles ont été faites.
Il faut tenir compte dans le mode d’action de ces différents agents de combustion : 1° du temps que le corps qui détermine la brûlure agit; 2° de la peau qui résistera plus ou moins à la chaleur, suivant qu’elle sera calleuse ou fine ; 3“ enfin de la présence ou de l’absence de vêtements.
Depuis Dupuytren on distingue six degrés de brûures, suivant leur profondeur.
Le PREMIER DEGRÉ est produit généralement par un foyer de chaleur situé à distance ou par un liquide dont la température est moindre que 100“ ou par l’effet instantané d’une vapeur brûlante. La peau prend une rougeur diffuse, se tuméfie un peu. et on ressent une douleur cuisante de durée va¬
riable, quelques heures, parfois deux ou trois jours Ces symptômes disparaissent assez vite et la peau s' fendille, pâlit et se détache par écailles. Si la même partie du corps est souvent atteinte, la peau se ride s’épaissit et se couvre de marbrures, c’est ce què l’on remarque chez les ouvriers qui soufflent le verre.
Le SECOND DEGRÉ est dû à une cause plus énergique et plus prolongé. Un corps en ignition, un gaï enflammé, l’eau bouillante, un corps métallique fort chaud, un tuyau de poêle, par exemple, la déterminent. Ce degré est caractérisé par la formation presqu’immédiate d’ampoules remplies de sérosité appelées phlyctènes. Une douleur vive, âcre, brûlante se fait sentir. On peut ouvrir les phlyctènes, les percer, pour faire jour à la sérosité, parfois, sans le vouloir on détache la pellicule épidermique. Dans le premier cas, la sérosité s’écoule petit à petit, puis lorsque l’écoulement est terminé, la pellicule- se détruit pendant qu’une nouvelle couche d’épiderme se produit en dessous. Dans le second cas, lorsque l’épiderme a été détaché, le corps muqueux étant au contact de l’air, les douleurs sont beaucoup plus vives, et il y a un peu de suppuration de la surface dénudée. Elle cesse rapidement en général ; quelquefois elle se prolonge et, au lieu de voir se former un nouvel épiderme régulier, il y a formation de pettites brides, de cicatrices saillantes, qui laissent des traces, aussi faut-il prendre de grandes précautions lorsqu’on déshabille les brûlés.
Ces deux degrés peuvent être comparés par leurs aspects à l’érysipèle et à l’effet produit par un vésicatoire.
Le TROISIÈME DEGRÉ est produit par une action plus prolongée que dans le degré précédent ou par les corps gras ou résineux enflammés qui adhèrent à là peau ou bien aussi par les corps solides en ignition. Ce degré de brûlure peut présenter deux formes différentes : une forme humide et une forme sèche. Dans la première, il y a des phlyctènes remplies d’une sérosité trouble, sanguinolente et la portion superficielle du derme est ramollie dans ces endroits. Dans la seconde forme, labrûlure s’est opérée rapidement, l’épiderme dessèche et il se produit des eschares souples, jaunâtres, insensibles au toucher. Quelle que soit la forme, la douleur se calme après la première ou la deuxième journée, pour reparaître au bout de six à huit jours, moment où il se déclare une inflammation autour des eschares, inflanimation qui a pour résultat de les chasser. Ces eschares se détachent peu à peu laissant au-dessous d’eux une plaie suppurante. Puis cette plaie se dessèche laissant une cicatrice d’un blanc mat, qui restera toujours apparente, mais sans présenter de brides.
Le QUATRIÈME DEGRÉ est Celui dans lequel toute l’épaisseur de la peau est détruite, comme cette peau contient beaucoup d’éléments de sensibilité, la douleur cesse rapidement. Cette brûlure est produite. par un corps en ignition resté plus ou moins . longtemps sur la partie ou bien par là flamme des vêtements.
L’eschare qui se forme est sèche, dure au toucher, et. si on frappe sur elle on entend le même bruit que si on frappait sur un cuir tanné. La
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peau qui l’enyironne est froncée et forme des plis rayonnés. Autour de cette eschare il y a une zone rouge de 8 à 12 millimètres, séparée du point brûlé par un espace d’un blanc mat, bornée de ce côté par une ligne de démarcation bien nette, et de l’autre côté se fondent insensiblement avec ime rougeur diffuse, non circonscrite.
La suppuration s’établit autour des eschares si les tissus désorganisées se détachent peu à peu; après leur élimination, il se forme des bourgeons charnus qui se développent rapidement et en même temps les bords de . la plaie se rapprochent du centre. La cicatrisation se fait et le tissu cicatriciel tendant toujours au rapprochement du bord au centre, donne naissance à des brides, et tiraiUe les parties environnantes : de là les adhérences et les rétractions des membres.
Dans le cinquième degré, en plus de la peau, les muscles, les tendons, les vaisseaux et les nerfs jusqu’aux os sont détruits et forment l’eschare. L’inflammation pour l’éliminer est plus grande que dans le degré précédent et la suppuration plus abondante. A ' la chute de l’eschare il y a quelquefois des hémorrhagies. Le travail pour la formation de la cicatrice est lent. Enfin cette cicatrice se forme, elle est creuse, difforme, elle adhère aux tissus profonds, aux muscles, d’où il résulte des pertes de mouvements irrémédiables (V. Cicatrices vicieuses).
Le SIXIÈME DEGRÉ présente tous les désordres du précèdent et en plus les os ont été envahis. Malgré sa profondeur, la brûlure du sixième degré peut être produite avec une rapidité extrême, surtout’ par les métaux en fusion. Dans tous les cas, si c’est un membre qui a été atteint, il est facile de se rendre compte que c’est sa perte, soit que le travail d’élimination de l’eschare le détache, soit qu’il faille procéder à l’amputation.
Les accidents généraux varient suivant les degrés ou plutôt suivant l’étendue et la profondeur des brûlures.
Pour celles de peu d’étendue et de peu de profondeur, il n’y a pas de réaction appréciable. Mais si la surface atteinte est large, si la profondeur est grande, on voit se succéder des accidents qu’on a divisés en trois périodes. La période de douleur ou .congestion, la période de réaction inflammatoire, la période de suppuration.
La période de douleur est de courte durée lorsque les cas sont graves, mais si l’étendue de la brûlure n’est pas trop considérable, cette douleur est un des principaux phénoniènes du mal.
Si la brûlure est bien localisée, il y a peu de fièvre accompagnant la douleur ; dans les brûlures étendues le malade tombe dans un état de prostration plus ou moins grand. Il est anxieux, agité, il peut avoir du délire. Son corps qui offrait une grande chaleur' se refroidit sensiblement, le pouls faiblit, la bouche est sèche et la soif très grande, surtout dans les brûlures superficielles de l’arrièregorge et du larynx, par l’ingestion de liquides bouillants ou corrosifs.
La seconde période est fébrile et inflammatoire. La fièvre est assez variable comme intensité. Le blessé est eu général constipé les premiers jours.
puis survient la diarrhée accompagnée parfois de vomissements très pénibles. L’inflammation de la paroi thoracique, lorsque celle-ci a été atteinte, peut amener des accidents pulmonaires. C’est pendant cette seconde période que s’opère l’élimination des eschares et qu’ont lieu les hémorrhagies qui sont d’autant plus abondantes que de grosses artères sont comprises dans la brûlure. •
La troisième période est une période d’ affaiblis-' sement : il y a une abondante suppuration à la suite de l’élimination des eschares; la diarrhée existe assez souvent et se joint à la suppuration pour affaiblir le malade. A cette période la brûlure est pour ainsi dire une plaie ordinaire qui suppure, aussi peut-on voir survenir le tétanos, l’érysipèle, de gros abcès profonds appelés 'phlegmons diffus. Cette période se termine par la formation de la cicatrice.
Les brûlures du 1" et 2' degré n’offrent de gravité que par leur étendue et par leur siège; dans les autres degrés, on a à redouter la réaction inflammatoire qui aide à éliminer les eschares. La gravité dépend aussi de la durée de la suppuration, de la diarrhée et des pertes de substances.
Les cicatrices des 3®, 4® et 3® degrés peuvent amener de véritables difformités; enfin, dans le 6* degré, il y a nécessairement perte du membre.
Chez les vieillards affaiblis, chez les enfants débiles, la brûlure présente toujours de la gravité; Lorsque le cuir chevelu ouïe thorax ont été atteints, on a à redouter des accidents inflammatoirés du cerveau ou des voies respiratoires. Si la brûlure siège sur une articulation, on peut avoir à craindre que la chute de l’eschare ne l’ouvre. Le travail cicatriciel lui-même offre ses dangers parce qu’il peut oblitérer des orifices naturels, fléchir vicieusement les membres, faire adhérer entre eux deux organes qui devraient être séparés.
Le traitement d’une brûlure du premier degré est des plus simples : on met de la poudre d’amidon, ou des compresses trempées dans un mélange d’eau froide et d’eau blanche. L’application d’une coiiche de collodion ou mieux d’une feuille de taffetas Marinier, véritable épiderme factice, arrête la douleur. Si l’on craint que cette brûlure détermine un érysipèle, il est bon d’appliquer des compresses d’eau de sureau.
Au deuxième degré, lorsqu’il y a des ampoules et des phlyctènes, il faut bien se garder de jamais enlever l’épiderme, le contact de l’air sur les papilles déterminant des douleurs atroces. On se contentera de faire de simples piqûres avec une aiguille dans les phlyctènes pour en évacuer le liquide, puis on emploiera les mêmes topiques que pour les brûlures au premier degré. Si répiderme a été détruit ou enlevé, on appliquera de la ouate enduite de liminent oléo-calcaire, préparé avec :
Chaux éteinte . 30 grammes.
Eau . 300
. Huile d’amandes douces . 100 —
mêlées et agitées fortement jusqu’à ce que le mélange forme un ATai savon demi-liquide, ou bien du papier brouillard ou un linge fenétré enduit de cérat ou simplement de beurre ' additionné d’un
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