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d’eau. Elles n’ont pas d’odeur, mais elles sont douées d’une saveur amère et stÿptique, et jouissent de propriétés astringentes et diurétiques manifestes.
On prescrit souvent la busserole en tisane contre les affections chroniques des voies urinaires avec prédominance de l’acide urique ; en tisane ou en lavement contre la diarrhée atonique. Quelques, accoucheurs ont aussi conseillé la busserole en obstétrique, à la place de l’ergot de seigle, mais elle est loin d’avoir une action aussi puissante et aussi sûre que lui sur les contractions utérines au moment de l’accouchement. D' Paul Labarthe.
BUTYRINE. — La butyrine, découverte dans le beurre en 1819, est un corps gras composé de glycérine et d’acide butyrique, fluide à la^température
ordinaire, soluble dans l’alcool, dont l’odeur rapuell celle du beurre chauffé, et rancit très vite, ^
BUTYRIQUE (acide). — L’acide butyrique est un liquide incolore, d’une odeur désagréable rappelant celle du beurre rance, d’une saveur acide et brû lante, soluble dans l’alcool et l’éther, découvert par Chevreul dans le beurre. L’acide butyrique existe aussi dans l’économie animale : on l’a rencontré dans les urines, la sueur, les fèces, le suc musculaire, la rate et l’estomac dans les troubles de la digestion. Enfin, on a constaté sa présence dans un certain nombre de plantes, dans la levure de bière dans les produits de putréfaction de la farine, de l’amidon, etc. Jusqu’à ce jour l’acide butyrique’n’a pas trouvé d’application en médecine. p,
CABARET. — (Voyez Asaret.)
CABOÜRG (BAINS DE MER DE). — Cabourg est une jolie petite viUe du Calvados, toute moderne, située à l’embouchure de la Dive, en éventail en face de la mer, qui possède une vaste plage à fond de sable vierge de galets, avec un bel établissement de bains de mer froids et chauds et une annexe pour les bains d’eau douce. P. l.
CACAO. — Le cacao est la graine du cacaoyer, theobroma cacao (de ôsoa. Dieu, et §pw[ia aliment : aliment des dieux), arbre originaire de l’Amérique méridionale, aujourd’hui cultivé dans la plupart de nos colonies. Cet arbre pouvant atteindre jusqu’à 10 mètres de hauteur, présente des branches allongées et grêles; des feuilles alternes, entières, ovales, glabres et lisses; des fleurs blanchâtres, disposées en petits faisceaux un peu au-dessus de l’aisselle des feuilles ; des fruits gros, ovoïdes-allongés, marqués de cinq à dix côtes longitudinales jaunes ou rouges. Chaque fruit, vulgairement nommé cabasse parce qu’il ressemble à un concombre, est formé d’un péricarpe et de plusieurs graines. Le péricarpe est épais, dur, coriace, indéhiscent, à une seule loge au centre de laquelle se trouvent les graines {c’est le cacao) groupées au milieu d’une pulpe mucilagineuse. Les graines au nombre de quinze à trente dans chaque fruit sont ovoïdes, comprimées, plus ou moins semblables à de grosses fèves [fèves du Mexique), lisses, charnues, d’une couleur brune tirant sur le violet. Leur enveloppe sèche (coque de cacao) est d’un rouge brun, elle est recueillie par les pauvres qui la font bouillir et la prennent en décocté comme du chocolat. Bodart en retire un extrait qui, mêlé à du sucre vanillé, constitue sa théobromine alimentaire, produit fort agréable au goût et appelé à rendre des services dans 1 alimentation (Dorvault). Leur amande [amande de cacao) est lisse, couleur de noisette obscure, un peu rougeâtre en dedans et d’un tissu oléagineux; eUe sert à faire le chocolat; eUe entre dans le Racahout, le Palamoud, le Théobrome.
On trouve dans le commerce deux sortes de cacaos : le cacao terré ou caraque et le cacao des
îles. Le premier, le plus estimé, se récolte principalement sur la côte de Caracas, il a été presque toujours enfoui en terre où il a perdu une partie de son âcreté qui l’a rendu plus doux et plus agréable. Le second, de qualité inférieure pour faire le chocolat, est préféré pour l’extraction du beurre; il nous vient des Antilles, des îles de France, de Bourbon ; il a été séché au soleil; ses graines sont moins grosses et plus amères. Ces deux variétés contiennent, d’après
Payen, 30 parties p. 100 d’une matière grasse, solide appelée beurre de cacao, 2 p. 100, d’un principe azoté, la théobromine, et en plus de l’albumine, de l’eau, du tannin, de l’amidon, de la cellulose, des substances minérales avec traces de matière colorante et d’essence aromatique.
^ Le beurre de cacao, d’une consistance de suif et d’un blanc jaunâtre, conserve l’odeur parfumée et la saveur douce du cacao torréfié. Bien préparé, il ne rancit que difficilement; il fond comme les graisses à une douce chaleur et se dissout entièrement dans l’éther. Son usage interne comme expectorant dans les bronchites n’offre guère d’indications que sous forme de pastilles ou de crèmes pectorales. Son usage externe, comme adoucissant local au même titre que les huiles et les graissés, présente des applications nombreuses. Tantôt il s’emploie sous
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forme de beurre qu’on a préalablement chauffé et qu’on étend en certaine quantité sur les rougeurs, les boutons, les excoriations, les gerçures ; tantôt il sert sous forme de cérat qu’on met plusieurs fois par jour sur les gerçures du mamelon et des lèvres ; tantôt enfin il est avantageux sous forme de suppositoires qu’on introduit dans l’anus contre les fissures de ce sphincter.
La théobromine est une substance azotée qui est analogue à la caféine et dont les propriétés physiologiques et thérapeutiques paraissent être absolument identiques. Elle est solide, incolore, d’une saveur amère, plus soluble dans l’eau que dans l’alcool et l’éther. C’est un tonique stimulant qu’il serait bon de rechercher dans les dyspepsies, les anémies, les affaiblissements généraux, toutes les fois qu’il est nécessaire de modérer les combustions organiques et de fortifier l’économie épuisée par des déperditions multipliées. C’est un alcaloïde encore peu étudié, dont on ne connaît pas bien ni les doses, ni le mode d’administration, ni les maladies qu’il doit Gomibafti’e avec le plus dè succès.
Disons en terminant que le cacao^ sert à préparer une pâte comestible, plus ou moins dure, le chocolat, dont l’usage est très répandu en Europe, non seulement comme aliment , mais encore comme friandise du goût le plus exquis (V. Chocolat.)
Marc. Camboulives.
Falsifications du cacao. — Dans le commerce on vend journellement comme cacao pur, des mélanges de cacao dont on a enlevé le beurre, de coques de cacao et de farine. Le meilleur moyen et le plus simple de constater cette fraude consiste, d’après M. L. Dufour, à prendre 10 grammes de cacao soupçonné, à le faire sécher complètement et à lé mettre dans un entonnoir dans la partie rétrécie duquel on a mis préalablement un peu d’ouate. On verse sur cette poudre de la benzine jusqu’à ce qu’une goutte du liquide qui s’écoule ne laisse plus sur le papier une tache persistante. On fait alors évaporer dans une assiette placée sur un vase contenant de l’eau qu’on entretient à l’ébullition jusqu’à la fin de l’opération, en ayant soin d’opérer en plein air pour éviter que les vapeurs de benzine ne s’enflamment. Lorsque celle-ci s’est complètement volatilisée, on laisse refroidir l’assiette, on recueille avec soin le beurre de cacao et , on le pèse. Si le cacao en poudre est pur, les 10 grammes doivent fournir 4s%50 à de beurre de cacao. Si la quantité recueillie est inférieure à ces chiffres, le cacao est falsifié.
Les droguistes falsifient aussi le beurre de cacao en y ajoutant de la moelle de bœuf ou de la graisse de veau. Il est alors d’une consistance moindre, sa couleur au lieu d’être d’un blanc légèrement jaunâtre est plutôt grisâtre, et à la cassure, sa masse présente des nuances marbrées. Si, d’après le procédé recommandé par le D' G. -A. Bjorkland, on agite, dans une éprouvette, à une température de 18° centigrades, 50 grammes de beurre .de cacao et 100 grammes d’éther, et que la solution se trouble, on peut affirmer que le beurre de cacao contient de la graisse. D' Paul Labarthe.
CACHE-NEZ. — On appelle ainsi les fichus ou foulards de laine que les hommes ont l’habitude de s’enrouler autour du cou, en le remontant jusqu’à la bouche et souvent même jusqu’au nez pour se préserver du froid et du vent. Ainsi que tous les hygiénistes, nous ne sommes pas partisan du cache-nez, qui, en maintenant le cou dans une chaleur humide par la vapeur dont la respiration imprègne le cache-nez, place l’individu qui le porte dans les conditions les plus favorables pour attrapper des rhumes, des angines et des torticolis, p. ^
CACHET MÉDICAMENTEUX. — Les cachets médicamenteux préparés par M. Limousin, depuis 1872 sont faits avec deux rondelles de pain azyme, à surface légèrement concave, entre lesquelles on place la substance médicamenteuse pulvérisée que l’on veut faire avaler, et dont les bords sont ensuite soudés à la presse, de manière à renfermer hermétiquement le remède et à en masquer ainsi le goût. M. Limousin fabrique aussi des cachets-cuillères qui permettent au malade de préparer lui-même, au moment du besoin, des cachets médicamenteux avec des substances qui ne sauraient se conserver. Lorsqu’on veut prendre un de ces cachets, il faut d’abord le mettre à tremper dans une cuillère à moitié remplie d’eau et ne l’avaler que lorsqu’il est suffisamment humecté, parce qu’alors il glisse beaucoup plus facilement. p. l.
CACHEXIE. — On donne ce nom à l’état général . dans lequel se trouve un individu par suite d’une altération profonde de la nutrition résultant d’une, maladie diathésique à forme chronique : cancer, phthisie, scrofule,, syphilis, fièvre paludéenne, etc., état général se manifestant par l’amaigrissement, la perte des forces, la pâleur ou la coloration terreuse jaunâtre de la peau, l’œdème des membres inférieurs, des palpitations, de l’essoufflement, la syncope, la fièvre, la diminution et l’altération des urines, et, dans certains cas, par des hémorrhagies cutanées, de la gangrène, du muguet, etc. Le traitement doit consister à combattre la maladie qui a engendré la cachexie : cancer, scrofule, phthisie,, syphilis, paludisme, etc., à l’aide de la médication spéciale à chacune de ces maladies diathésigues puis à lutter contre la cachexie elle-même au moyen du fer, du quinquina, de l’arsenic, des poudres deviande, des peptones, du lait, du vin vieux, etc.
CACHOU. — Le cachou est un suc astringent dont le commerce fournit plusieurs espèces extraites par décoction dans l’eau, soit des fruits de l’areca catechu (palmiers), soit dubois de l’acacia catechu (lé-gumineuses), soit des feuilles de Yuncaria gambir (rubiacées). On distingue donc le cachou de l’acacia, le cachou de l’aréca et le cachou du gambir. Ces troissortes de cachou, préparées dans les Indes Orientales, sont composées en grande partie de tannin et ont des propriétés fort analogues. C’est une substance inodore, d’un brun foncé, solide et fragile, d’une saveurastringente et un peu amère, bientôt snivie d’un goût sucré très agréable, complètement soluble dans l’eau bouillante et dans l’alcool chaud. Elle est sous forme-
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de pains reetangnlaires, aplatis, du poids de 90 à 120 orammes et généralement connus dans le commerce sous le nom de cachou de Pégu qui est la qualité la plus estimée. Les cachous de Bengale (pains ronds), de Bombay '(pains carrés), quoique possédant les mêmes propriétés, sont de qualité inférieure.
Tous les praticiens savent que le bon cachou est mi tonique astringent sûr et agréable. A petite dose, il augmente l’appétit, favorise la digestion, relève les forces; à fortes doses, il cause un peu d’irritation gastrique, fait cesser les écoulements sanguins, les flux muqueux et les diarrhées séreuses. De là son emploi avantageux comme stomachique dans la dyspepsie avec congestion inflammatoire de l’estomac, dans l’entérite, la gastralgie, les renvois acides et nidoreux. De là encore son utilité évidente comme astringent dans la diarrhée, le scorbut, les
Fig. 200. Fig. 201.
Cachou, tige fleurie. Cachou, coupe longitudinale
de la fleur.
hémorrhagies passives, les afî’ections chroniques de la gorge, les leucorrhées, les relâchements atoniques.
Ce médicament par sa saveur douce et agréable, se prescrit à l’intérieur sous toutes les formes; les enfants, les personnes les plus délicates le prennent sans en éprouver la moindre difficulté. Tantôt on laisse fondre dans la bouche un morceau d’excellent cachou, tantôt on l’emploie en infusion, en poudre, en extrait, en teinture, en sirop, en vin. On le mêle souvent à d’autres substances médicamenteuses, telles que la magnésie, le Colombo, la cannelle, la muscade, l’opium, etc., pour en faire des poudres, des teintures, des électuaires composés. Les gmins de cachou peuvent se préparer sans odeur ou s aronaatiser à volonté à l’ambre, à la violette, à la rose, à la vanille. Les tablettes de cachou simples et les tablettes de cachou à la magnésie sont aussi dun usage fréquent. Enfin le cachou de Bologne qm nous vient ordinairement de l’Italie dans de petites boîtes de sapin du poids de 20 grammes est une préparation excellente au goût, plus souvent employée comme bonbon que comme médicament. En voici la formule d’après Dorvault :
Suc de réglisse . lOo grammes.
Poudre de eachou . 30 —
Gomme arabique . 15 —
Poudre de mastic . 2 —
Poudre de cascarille . 2 —
Pqudre de charbon . 2 —
Poudre d’iris . 2 —
Ôn fait un extrait de consistance convenable et on
ajoute :
Essence de menthe . 2 gouttes.
Alcoolé de musc, . 6 —
Alcoolé d’ambre . 6 —
Après qu’on a coulé la masse sur un marbre huüé, on l’étend jusqu’à épaisseur d’un millimètre environ, puis on couvre les deux surfaces avec des feuilles d’argent, et on découpe la pâte en petits losanges.
Deux ou trois de ces pastilles suffisent pour donner à la bouche une odeur et une fraîcheur agréables dans les affections gastriques, la carie des dents, la mauvaise haleine des fumeurs. Dans une grande partie de l’Italie, les gens de la classe aisée en portent toujours sur eux et s’en servent comme passetemps. D' Marc. Cambotjlives.
CACOLET. — Les cacolets, dit le médecin-major Granjux dans son Manuel du brancardier militaire, sont des fauteuils très primitifs que l’on peut fixer sur le bât des mulets ; ils ont un dossier, un siège, des bras, une planchette pour appuyer les pieds, une courroie de ceinture pour éviter les chutes en avant. Toutes les parties constitutives du cacolet se replient les unes sur les autres et s’appliquent contre le bât du mulet, sur lequel ils sont accouplés par paire. Les malades sont assis parallèlement au mulet et regardent dans la même direction que lui. Quand un cacolet est occupé, il faut que son vis-àvis le soit aussi, sans cela l’équilibre serait rompu et le bât tournerait; s’il n’y a qu’un blessé à transporter, le conducteur est obligé de monter dans le deuxième cacolet. P. l.
CACTUS GRANDIFLORA. — Le cactus grandiflora est une plante de la famiUe des cactacées très commune en Amérique et cultivée depuis quelques années dans nos jardins pour la beauté de ses fleurs, qui a été tout récemment introduite dans la thérapeutique par le docteur Harvey L. Byrd, professeur au coUège médical de Baltimore. Ce médecin, dans un travail publié en 1883 dans le Philadelphia medical Times, Vante beaucoup les effets du cactus grandiflora dans le traitement des affections cardiaques provoquées par le rhumatisme. D’après lui, ce médicament calme toujours rapidement les douleurs cardiaques et il permet d’employer ensuite d’autres moyens que ce traitement, si cela est nécessaire. Cette action a porté, le médecin américain à donner également ce médicament dans les cas de rhumatisme articulaire subaigu ou chronique et ses espérances ont été réalisées de tous points, si bien qu’il ne serait pas surpris que ce médicament devienne une de nos meiUeures ressources thérapeutiques au début d’une attaque de rhumatisme.