‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 10 sur 289 · HEN · texte numérisé non relu

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morrhoïdes a l’aide de pinces à cuvettes remplies de caustique Filhos qui étreignaient et mortifiaient le pédicule des tumeurs et Jobert(de Lamballe) appliquait plus tard de la pâte de Vienne sur les bourrelets hémorrhoïdaux que faisaient saillir deux lames métalliques à bords concaves qu’il réunissait au-dessus d’eux. Le professeur Gosselin emploie avec succès les cautérisations superficielles avec l’acide nitrique monohydraté, en renouvelant ces cautérisations sept à huit ou dix fois, à intervalles assez éloignés. Ce procédé a ce grand avantage de permettre aux malades de ne pas garder le lit et de ne les exposer ni aux hémorrhagies, ni à la phlébite. Il calme, en outre, rapidement les douleurs qui peuvent résulter des fissures, mais il a par contre ce grave inconvénient de ne pas amener une guérison rapide.

Le professeur Richet voulant combiner et l’écrase-

leur le périnée et la peau qui entoure l’anus, à l’aide de linges ou de charpie imbibés d’eau fraîche, le chirurgien saisit les anses de fil, fait saillir les tumeurs et écrase chacune d’elles, l’une après l’autre, entre les mors de la pince chauffée à blanc. La destruction doit être poussée assez loin pour que le fil tombe de lui-même.

U écrasement linéaire qm, sans nul doute, est la méthode la plus fréquemment employée, date de 1855 et a pour inventeur Chassaignac. Elle donne de brillants résultats, ne déterminant jamais d’hémorrhagie, ne prédisposant pas à l’infection purulente et s’effectuant assez rapidement, sans occa- ^ sionner de trop grandes douleurs.

C’est en somme à cette méthode que l’on doit donner la préférence. D* Albert bergeron. 1

HÉMOSPASIE. — Nom donné par Junod à un moyen dérivatif, imaginé par lui, pour at- \ tirer le sang sur une grande étendue de la

J surface - de la peau à l’aide d’énormes ven-

ê touses (V. Ventouse). p. l.

HÉMOSTATIQUE. — Nom donné aux divers moyens physiques et chirurgicaux, J et aux agents chimiques ou pharmaceuti- | ques qui jouissent de la propriété d’arrêter I les hémorrhagies.

Parmi les moyens physiques proprement | dits, nous citerons la glace et le fer rouge, en applications locales. La glace peut aussi être ï administrée à l’intérieur.

Parmi les moyens chirurgicaux, nous ci- , terons la compression, le tamponnement, la ligature , Yacupressure, la suture et la tor- : sion.

Parmi les agents chimiques ou pharma- j ceutiques, nous citerons les astringents tels que Yalun, le tannin, le seigle ergoté, Yha-

Fig. 592. — Ablation d’un bourrelet himorrhoïdal au moyen de l’écraseur linéaire.

A. Main d’un aide écartant l’une des fessés. — B, E. Fil passé dans une partie de la tumeur. — C. Tumeur formée par le paquet hémorrhoïdal. — D. Pince érigne saisissant la tumeur. F. Écraseur appliqué et sectionnant lentement.

-ment et la cautérisation et réunir les avantages réels de cés deux méthodes, inventa des pinces dites: pinces cautères écrasantes. Elles se terminent par des mors renflés en olives et canelés sur leur surface plane, mors qui sont montés sur des branches eh bois, et par conséquent mauvaises conductrices de la chaleur.

Le malade étant soumis aux inhalations du chloroforme, on pédiculise les hémorrhoïdes internes au moyen de gros fils d’argent terminés par une aiguille d’acier qui traverse le bourrelet de dedans en dehors en plusieurs points situés à égale distance les uns des autres; les hémorrhoïdes externes sont aussi traversées à leur base, en sorte que chaque anse de fil attire et maintient solidement le bourrelet hémorrhoïdal muqueux et cutané; on a ainsi plusieurs tumeurs artificiellement pédiculisées et séparées les unes des autres par des sillons profonds. Après avoir protégé contre l’action de lacha-

mamelis, Yeau de Lèchelle, etc.; les styptiques ou caustiques tels que le perchlorure de fer, Yacide . sulfurique, Yeau de Rabel, etc. - Ces divers agents ' s’appliquent à l’extérieur et peuvent aussi être administrés à l’intérieur. p. L.

HENNÉ. — Nom arabe d’une plante de la famille des salicariées, le lawsonia inermis, originaire des Indes Orientales, très cultivé en Perse dans les terrains ombragés et humides, dont les fleurs et les feuilles sont diversement employées par les Orientaux. Avec les fleurs, dont l’odeur est forte et pénétrante, ils préparent par distillation une eau parfumée pour leurs bains et leur toilette. Avec les feuilles, qui ressemblent un peu à celles du myrthe, séchées et réduites en poudre, ils font pour les cheveux et la barbe une teinture qui les colore en jaune d’or. Pour l’appliquer, ils préparent, avec la' poudre et de l’eau, une pâte dont ils recouvrent la tête et la barbe pendant une heure environ. Au bout de ce temps, tous les poils sont jaunes dorés. Pour les amener à la couleur' noire, ils appliquent de la même manière une poudre bleue indigufère, dont l’origine nous est encore inconnue, et, au bout d’une demi-heure, barbe et cheveux sont, de venus d’un noir de corbeau magnifique. Les femmes

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égyptiennes, mauresques et arabes se teignent j aussi les ongles des pieds et des mains avec le henné. Dr Paul Labarthe.

HÉPATALGIE. — Nom donné à une douleur très vive, localisée dans l’hypochondre [droit, au niveau du foie, et s’irradiant vers le sein droit, le cou et l’épaule, très commun dans la plupart des maladies aiguës du foie, principalement dans les coliques hépatiques (V. Foie). P. L.

HÉPATIQUE (çoliûde). — (V. foie [calculs du].)

HÉPATIQUE. — Qualificatif employé par les anatomistes pour désigner les artères, les veines et les nerfs qui se rendent au foie, ainsi que le conduit excréteur de cet organe (V. Foie). p. l.

HÉPATISATION. — Nom donné par les médecins à la dégénérescence du tissu pulmonaire qui prend une coloration et une consistance analogues à celles du foie, dans le cours de la pneumonjf (Y. ce

mot). p. l.

HÉPATITE. — Rare dans nos climats, l’hépatite suppurée est fréquente dans les pays chauds, où elle règne d’une manière endémique et frappe spécialement les gens non acclimatés et ceux qui se livrent à des excès de table.

Compagne habituelle de la dysenterie, elle peut se développer la première et sous l’influence de la même endémie; lorsqu’elle est consécutive, on a prétendu qu’elle était sous la dépendance de la dysenterie elle-même : des particules septiques provenant des ulcérations intestinales pénétreraient dans la veine porte, oblitérant quelques-unes de ses divisions hépatiques et produisant ainsi un abcès.

L’hépatite la plus commune de nos climats est celle de l’infection purulente; il est probable que son mécanisme est aussi celui de l’embolie, malgré le trajet un peu long qu’il faut parfois lui supposer. L’hépatite peut être trauihatique et succéder à des lésions de voisinage (fractures de côtes, cancer et ulcère de l’estomac, ascaride lombricoïde, etc.).

La suppuration est-elle précédée de la dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques, de coagulations albumineuses dans les canalicules hépatiques ? On l’a dit. Ce qui est certain, . c’est que la suppuration commence par de petis foyers pouvant se fusionner au point de constituer des poches énormes.

Ces abcès peuvent s’enkyster, ou bien gagner rapidement la surface du foie, provoquer une péritonite adhésive et s’ouvrir dans l’estomac, le duodénum, la plèvre, les bronches, etc. L’abcès ouvert et vidé, il arrive souvent que la suppuration continue abondamment, et la cicatrisation peut s’effectuer, *Qais difficilement. Enfin, dans des cas très rares, le pus pourrait se résorber et laisser après lui une cicatrice.

L hépatite peut être aigue ou chronique, orme aïgue. — Elle s’annonce par des frissons

P? es> de la fièvre et une vive douleur dans l’hyf0c it011 droit, douleur qu’exaspèrent le mouve-

. e Pression : aussi, en résulte-t-il une dysp- <ÏU1> jointe aux symptômes précédents, peut

faire croire à une pleurésie diaphragmatique ; le diagnostic, difficile au début, se fera plus tard par l’absence des signes d’auscultation et par la percussion indiquant une augmentation du volume du foie

L’ictère se montre souvent vers le quatrième ou le cinquième jour, mais ce n’est pas un symptôme constant; les vomissements bilieux sont au contraire habituels.

Après quelques jours de cet état (10 à 30), la fièvre diminue d’intensité, il survient de petits frissons irréguliers, la peau est chaude, visqueuse, et le malade accuse une amélioration notable; tous ces symptômes indiquent la formation du pus.

Forme chronique. — Bien plus insidieuse, elle peut passer complètement inaperçue, mais elle se traduit d’ordinaire par des douleurs sourdes dans l’hypochondre, une teinte subictérique, une fièvre qui peut revêtir le type intermittent et différents troubles digestifs; souvent le diagnostic est difficile;

Abcès. — Aux signes déjà indiqués viennent se joindre les changements dans le volume et la forme du foie. L’abcès peut soulever le diaphragme, dilater les espaces intercostaux, proéminer au-dessous des côtes et donner lieu à de la fluctuation ; il peut aussi comprimer la veine porte et les conduits biliaires, d’où ascite et ictère. Très souvent la fièvre, la diarrhée colliquative plongent le malade dans le marasme.

L’abcès peut s’ouvrir à l’extérieur, ce qui est très rare; dans le péritoine, ce qui arrive lorsqu’une péritonite adhésive ne s’est pas produite dans son voisinage : il en résulte une péritonite aiguë; dans la plèvre et les bronches (pneumothorax et vomique) ; enfin dans l’estomac et l’intestin,; ce qui s’annonce par des vomissements et une diarrhée purulente. '

La mort est la terminaison habituelle.

Lorsque l’hépatite est de nature traumatique, on pourra la traiter par les saignées, surtout par les sangsues et le calomel à doses fractionnées. Dans les formes chroniques, il faut soutenir les forces du malade par un traitement tonique : on pourrait employer le sulfate de quinine et les révulsifs sur l’hypochondre (vésicatoires, etc.).

Lorsque l’abcès est reconnu, il faudrait le vider avec un appareil aspirateur, que l’on emploierait pour faire des injections détersives si, comme cela a lieu habituellement, la formation d’une nouvelle quantité de pus nécessitait de nouvelles ponctions.

Dr Léon Moynac.

HERBE. — On donne le nom d’herbe, en botanique, aux plantes annuelles, c’est-à-dire dont la, tige meurt chaque année.

Dans le langage vulgaire, on emploie le mot herbe, suivi d’un qualificatif, pour désigner bon,, nombre de plantes herbacées dont voici les principales :

Herbe aux chats. — (V. Valériane.) .

Herbe aux engelures. — (V. Jusquiame .)

Herbe à foulon. — (V. Saponaire.)

Herbe à la gale. — (V. Morelle.)

Herbe aux gueux. — (V. Clématite.)

Herbe aux hernies. — (V. Herniaire .)

Herbe d’hirondelle. — (V. Chélidoine.)

Herbe aux ladres. - (Y- Véronique.)

Herbe aux magiciens. — (V. Mandragore.)

Herbe aux mites. — (V. Mol'ene.)

Herbe au pauvre homme. — (V. Graüole.)

Herbe aux plaies. — (V. Sauge.)

Herbe aux pouilleux. — (V. Pédiculaire.)

Herbe à la puce. — (V. Sumac.)

Herbe aux puces. — (V. Plantain.)

Herbe de Saint-Jean. —(V. Armoise.)

Herbe aux teigneux. — (V. Bardane.)

Herbe au vent. — (V. Anémone.)

Il est à remarquer que pour certaines de ces plantes, le qualificatif employé par le vulgaire rappelle une de leurs propriétés industrielles ou médicales. P. L.

HERBORISTE. — On donne le nom d’herboristes aux individus qui, en vertu d’un diplôme spécial, ont le droit de vendre des plantes médicinales indigènes, sèches ou fraîches, non vénéneuses , à l’exclusion de toutes les autres ( Décret du 22 août 1854).

11 y a deux diplômes d’herboriste : celui de première classe, valable dans toute la France, et celui de deuxième classe , valable seulement dans le département pour lequel 'le candidat a été reçu.

Les aspirants au titre d 'herboriste de première classe qui n’est délivré que par les Ecoles supérieures de Pharmacie , subissent un examen préparatoire qui donne lieu à deux sessions annuelles tenues en avril et en novembre, sous la présidence du secrétaire de l’École, et porte sur les matières dL après : 1° la lecture; 2° l’orthographe (cette épreuve consiste en une- dictée de 20 lignes , de texte ; le maximum des fautes est fixé à 5); 3° deux problèmes sur les quatre opérations fondamentales de l’arithmétique et portant spécialement sur les questions usuelles ; 4° notions élémentaires sur le système métrique.

Les aspirants pourvus du certificat d’admission au dit examen sont autorisés, à partir de 21 ans, à subir l’examen probatoire ou professionnel qui a pour objet : la connaissance des plantes médicinales, les précautions nécessaires pour leur récolte, leur dessiccation et leur conservation. Indépendamment de la détermination des plantes usuelles, le candidat fournira, en outre, quelques notions élémentaires concernant le caractère de ces plantes.

Les aspirants au titre d 'herboriste de- deuxième classe, qui est délivré par les Écoles supérieures de pharmacie, par les Ecoles de plein exercice et par les Écoles préparatoires de Médecine et de Pharmacie, ont à subir un examen semblable à celui des herboristes de première classe.

Les droits d’examen et de diplôme s’élèvent à 100 francs pour les herboristes de première classe, et à 80 francs pour ceux de seconde classe. Le diplôme doit être enregistré à la mairie de la localité où l’herboriste veut s’établir, excepté à Paris, où l’enregistrement doit être fait à la préfecture de police.

Tout herboriste de seconde classe qui veut s' 'établir dans un département autre que celui pour lequel il a été reçu, doit passer un nouvel examen. Il est expressément défendu aux .herboristes de

vendre des plantes exotiques, des médicaments ,1 composés ou même des préparations médicamen- f teuses les plus simples, telles que tisanes, emplâ- i très, etc., sous peine de poursuites judiciaires. En .. revanche, ils peuvent joindre à leur commerce tout ^ autre industrie, épicerie, mercerie, parfumerie, etc.

Tout comme les pharmaciens, les herboristes j sont soumis aux visites que font, au moins une fois § par an, les inspecteurs accompagnés du commis- i saire de police pour vérifier la bonne qualité de leurs produits.

Enfin, un individu exerçant la profession d’her- y boriste, sans être pourvu d’un diplôme, peut être poursuivi pour exercice illégal.

Disons en terminant que les femmes sont ad- f mises comme les hommes à se faire recevoir her- ; boristes. D' Paul Labarthe.

HÉRÉDITÉ. — C’est la loi de nature en vertu de laquelle les êtres vivants transmettent leurs qualités à leurs descendants par la génération. Peu de m faits sablent aussi bien connus du public;:® chacun sait que les enfants ressemblent à leurs |" parents, non seulement au physique, mais encore jt au moral. Et pourtant, lorsqu’il s’agit de tirer des .1 conséquences, on ne prend plus ces idées au sé- m rieux, et chacun s’empresse de considérer comme |§ non avenus ces enseignements de l’expérience de chaque jour. Les gens tombent des nues quand y; vous leur dites que tel récidiviste a été guillotiné S uniquement parce que son cerveau mal conformé « lui avait été transmis par des ascendants vicieux,® alcooliques ou aliénés; et, ce qui est plus grave, * lorsqu’il s’agit de mariage, les futurs s’inquiètent ® beaucoup moins des qualités physiques, intellec- M tuelles ou morales des parents que de leur for- 1 tune.

Certes, et quelle que soit la dépravation actuelle ® de l’espèce, à certains égards, je ne mets pas en I doute qu’une pareille manière d’agir ne provienne de l’ignorance plus encore que de la passion désor- 1 donnée des richesses. Si les jeunes gens qui épou- ? sent aujourd’hui des filles nées de parents scrofu- | leux, tuberculeux ou aliénés, savaient qu’ils ont 99 chances sur 100 pour voir leurs propres enfants 1 pourris d’humeurs froides, emportés à vingt ans | par la phthisie ou enfermés quelque jour à Sainte- : Anne ou à Charenton, je ne doute pas qu’ils ne •. reculassent d’horreur, s’agit-il de la reine de Gol- ,‘f conde avec tous ses diamants. 11 faut leur appren-. ; dre que la vérité est au-dessus de ce qu’ils peuvent imaginer; que l’on hérite des aptitudes morbides ou vicieuses des parents tout aussi bien que des | traits de leur visage ; et mieux encore, en ce sens J que la ressemblance peut n’être point parfaite, bien qu’elle existe cependant, tandis que la maladie, 1 cancer, épilepsie, propension au vol ou au meurtre, i se marque toujours par des caractères malheureusement trop faciles à reconnaître. Car, c’est un fait désormais acquis et incontestable, grâce aux admirâbles travaux de Darwin sur l’Évolution, que l’hérédité domine la vie humaine comme elle domine la biologie tout entière : la loi est implacable | comme la nature même, dont elle est l’expression | abstraite.

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L’hérédité des qualités physiques proprement dites est trop simple, trop évidente, surtout en ce qui concerne l’habitude extérieure, pour pouvoir être méconnue. Sans parler du nez des Bourbons et de la lèvre des Habsbourg, tout le monde sait que, dans la grande majorité des cas, les traits, le teint, la couleur des cheveux des parents se retrouvent chez les enfants. De même pour les parties internes; les anomalies de nombre, de configuration des vaisseaux et des muscles, se transmettent comme les doigts et les orteils surnuméraires: de même aussi, ce qui est plus fâcheux, les aptitudes des organes, comme le poumon, le coeur, l’utérus, à devenir le siège de maladies déterminées, tubercule, cancer, etc.

Ces faits, mal appréciés, ont donné lieu à la fâcheuse création de l’entité diathèse. Le grand Galien, défiguré tant de fois par d’ineptes commentateurs, ayant écrit que «la maladie est une diathèsis contre nature», ce qui veut dire tout simplement un «état» contre nature, des gens ignares s’emparèrent du mot grèc pour lui donner une signification à laquelle le médecin de Pergame ne pouvait pas songer. Pour Chomel, la diathèse devint « une disposition en vertu de laquelle plusieurs organes sont le siège d’affections spontanées dans leur développement et identiques dans leur nature, dues à une cause interne commune, et non évidente. » Il faut quelque chose d’immense, de merveilleux, de mystique, en un mot. Que de pareilles idées comptent encore des partisans dans la patrie de Bichat, de Broussais et de Claude Bernard, voilà qui pourrait paraître incompréhensible, si l’on ne savait que le mysticisme et la routine ont constamment servi, et avec succès, à l’exploitation de la crédulité humaine. Molière avait raison : Diafoirus est immortel. La multiplicité des altérations dans les tissus similaires n’implique qu’une plus grande extension de la disposition morbide héréditaire; lorsqu’elle se manifeste dans une étendue considérable du corps, on peut, dit Virchow, appeler cette disposition une diathèse constitutionnelle, dans le sens de la pathologie solidiste. Il n’y a plus ici ni merveilleux, ni spécificité : la diathèse n’est plus qu’un mot exprimant un des modes énergiques de la prédisposition héréditaire.

Il aurait fallu tâcher de comprendre les anciens au lieu de défigurer leurs théories, pour la plupart très positives. C’est ainsi qu’il y a lieu de revenir à la doctrine des tempéraments, par quoi il faut entendre une des formes très réelles de cette même prédisposition. Sans doute il ne s’agit plus des quatre éléments, ni des quatre qualités, ni des humeurs correspondantes. Mais s’il n’est plus question d’un tempéramment « pituiteux », il y a certainement. un tempérament lymphatique ; c’est celui des individus aux chairs molles et blanches, aux cheveux blonds, ou plutôt « pâles », avec développement prédominant et susceptibilité exagérée au systeme lymphatique, etc. Il n’y a plus de temmenf16111 <( mélancolique » ; mais il y a certaine- , , ^ iempérament nerveux, caractérisé par une îmrfn ^n^anc® excessive du système nerveux, par une extreme impressionnabilité et, d’une façon géa e’ Par une aptitude spéciale, héréditairement Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

transmise, au développement de toutes les maladies de ce système. C’est ainsi qu’on voit, dans certaines familles, se succéder l’épilepsie, la folie, l’hystérie, le suicide, l’instabilité excessive. •

En envisageant les choses à ce point de vue, qui répond à la triste réalité, il est très juste d’affirmer que, dans les neuf dixièmes des cas, les maladies mentales sont héréditaires. Bien plus, — et c’est là une des vérités les plus importantes à proclamer, — le seul fait d’engendrer, étant en état d’ivresse, peut déterminer chez l’enfant une affection nerveuse (V. les ouvrages de Maudsley, Morel, Legrand duSaulle, Moreau de Tours, etc).

L’Intelligence et les Sentiments n’étant que des modalités du mouvement dans les cellules grises de l’écorce cérébrale, il est clair que ces phénomènes ultimes, épanouissement suprême de l’Évolution organique, doivent être également soumis aux lois de l’hérédité. Pour ce qui regarde l’intelligence, il suffit de citer la famille des Bach, qui durant huit générations n’a pas produit moins de 29 musiciens éminents, parmi lesquels l’immortel auteur de la Passion et de tant d’autres chefsd’œuvre ; la famille des Corneille, celle des Darwin, des Bernouilli, des de Jussieu, des Mill, des Chénier, des Musset, etc. ; dans l’ordre politique, la gens Cornélia comprenant P. Cornélius, Scipion, Cornélie, les Gracques ; la remarquable lignée qui de Pépin d’Héristal, aboutit, en passant par. Charles Martel et Pépin le Bref, à Charlemagne ; les Médicis, la famille de Cromwell, celle de Gustave-Adolphe, des Mirabeau, et tant d'autres qu’il est impossible d’énumérer ici. (Voyez le livre si remarquable de M. Th. Ribot, Y Hérédité psychologique, 2e édit. 1882). De même pour les sentiments et les passions : je me bornerai à citer la famille Julia- Claudia, avec ses quatre Césars, le lypémaniaqüe Tibère, l’épileptique Caligula, l'imbécile Claude, et Néron, qu’il suffit de nommer (V. pour cette question et pour les criminels héréditaires, l’article Criminalité.)

L’Hérédité est dite directe lorsque l’enfant ressemble à son père ou à sa mère ; en retour, lorsqu’un degré est sauté et qu’il reproduit les caractères de son grand-père ou de quelque ancêtre plus ou moins éloigné. Cette dernière forme, beaucoup mieux désignée par le nom d 'atavisme ( atavas , ancêtre), comprend aussi les faits qu’on a eu le tort de classer à part sous le nom d’hérédité indirecte, c’est-à-dire ceux dans lesquels l’enfant ressemble à quelque parent de ligne collatérale; car il est bien évident qu’il s’agit alors de la reproduction de caractères appartenant à un ancêtre commun.

On n’aurait qu’une idée fort imparfaite de l’hérédité, et l’on ne comprendrait pas son rôle dans l'évolution des êtres, si l’on s’imaginait qu’elle porte uniquement sur les caractères et les particularités originaires, apportés en naissant.' Elle reproduit également les qualités acquises. L’expérience de Brown-Sequard sur les cochons d’Inde est caractéristique ; ayant déterminé artificiellement l’épilepsie chez certains de ces animaux, ce physiologiste a pu constater la transmission de cette maladie. à leurs petits. Du fait-, comme l’établit très bien Ilæckel, chaque organisme lègue à ses descendants, 11»

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outre les propriétés qui lui ont ete transmises , une uartie de celles qu’il a acquises durant sa vie, de sorte qu’il y a une transmission conservatrice et une transmission progressive. C’est en vertu de cette dernière et non par je ne sais quelle loi d’inneite, imaginée par Prosper Lucas, en dehors de tout principe scientifique, que se constituent les vane-

upe scieuuiHiue, 4U0 « .

us» , c’est en vertu de l’hérédité progressive combinée avec les effets de la sélection naturelle et de^la

lutte pour l’existence que les individus se sont développés, des formes les plus inférieures, dans chaque ordre distinct, suivant une série graduelle et ascendante.

Il ne faudrait pas croire, d’ailleurs, que cette série soit indéfinie. Pour me borner à ce qui concerne notre espèce, on sait assez que les fils d’hommes éminents ne tiennent pas toujours de leur père et, d’une façon générale, même dans les familles les mieux douées, le niveau intellectuel moyen se rétablit d’ordinaire en cinq ou. six générations. .

Ce fait n’est nullement en contradiction avec la loi de l’hérédité : l’illusion provient de ce qu’on ne tient compte que d’un seul facteur. Par exemple, Goethe eut de sa domestique, femme d’un esprit vulgaire, un fils qui lui ressemblait pour la force du corps, mais qui était borné comme sa mère. Wicland l’appelait « le fils de la servante » [Der Sohri der Magd). En général, et en dépit de 1 opinion contraire, extrêmement répandue, on ne sait trop pourquoi le fils ressemble plutôt au père : l’exemple des familles royales, des Bourbons par exemple, dont les descendants mâles se reconnaissent aisément à leur profil , à travers quatre ou cinq générations, prouve assez que les traits caractéristiques ne provenaient pas de la mère. Mais la règle est loin d’être absolue, et du reste, l’enfant tient toujours, par quelque côté, de ses deux parents à la fois. Déplus, trois autres facteurs entrent en jeu : l’atavisme paternel ; l’atavisme maternel et enfin l’ensemble des caractères acquis par l’individu depuis sa naissance, sous l’influence des milieux, des circonstances, de l’éducation, etc. Peu importe la nature de l’élément qui introduit dans l’organisme le germe de la décadence ; une fois implanté, l’hérédité le développe avec la même facilité et la même inconscience qu’elle avait mise à régulariser l’évolution ascendante.

« Considérée comme une œuvre indirecte de la décadence, l’hérédité agit par accumulation. Toute famille, tout peuple, toute race apporte en naissant une certaine dose de vitalité, une somme d’aptitudes physiques et morales qui doivent se produire un jour avec le temps. Cette évolution dure jusqu’au moment où la famille, le peuple, la race a accompli sa destinée, brillante pour quelques-uns, remarquable pour beaucoup, obscure pour le plus grand nombre. Dès que cette somme de vitalité et d’aptitudes commence à s’affaiblir, la déchéance commence. Si faible qu’elle soit au début, l’hérédité la transmet â la génération suivante, puis de celle-ci à une autre, et ainsi, descendant toujours, jusqu’au complet anéantissement, à moins qu’une pause extérieure ne vienne arrêter la décadence. »

(Ribot, loc.cit, p. 276). Il faut s arrêter là et se i garder des déclamations pessimistes renouvelées . J du livre de Job ou de l’Ecclésiaste. Sans doute le ] progrès indéfini est une pure chimère, sans doute I ce globe sur lequel nous vivons aura une fin comme j il a eu un commencement, sans doute comme le dit le docteur Jacoby « la science, l’art, les idées pour I naître et se développer, consomment des généra- . j tions et des peuples ; « peu importe ! L’affaire n’est pas de vivre longtemps, mais de « bien vivre, » comme disaient les Grecs, c’est-à-dire, en réalisant le plus grand épanouissement possible des facultés A physiques, intellectuelles et morales, de mériter l’admiration des contemporains et celle de la postérité reconnaissante. Aux yeux des générations éclairées, la démocratie athénienne avec ses deux siècles d’existence et sa moisson de grands hommes, telle que lesr siècles futurs n’en verront probablement point de pareille, sera toujours plus glorieuse, plus enviable et plus admirée que 1 Empire Chinois avec ses millions d’années, dut-il même se perpétuer jusqu’au jour où l’extinction de notre salut amènera la catastrophe finale de la planète.

La démocratie n’est pas l’égalité dans la médio- 1 crité, et la mort ne nivelle rien. Elle anéantit ceux qu’elle prend ; mais leur existence subjective, la mémoire de leurs vices ou dé leurs vertus, des crimes commis ou des services rendus, se perpétue dans le cycle des générations successives. j

Nous devons donc nous efforcer de réaliser la plus haute perfection possible et de faire tourner : à notre avantage, par l’intervention de coutumes et de règlements convenables, la grande loi de l’hérédité. Les conséquences pratiques de mesures ap-, propriées en ce sens, peuvent être considérables au point de vue de l’amélioration physique, intel- j leetuelle et morale de l’espèce. On les trouvera indiquées au mot Mariage (Y.- aussi Folie et Criminalité). A. Regnard. <4

HÉRISSON. — Ce petit animal insectivore, de la grosseur d’un lapin ,,dont tout le corps, à l’excep- | tion du nez, des oreilles et des pattes, est recouvert de piquants acérés, qui habite les bois, les creux des arbres, les haies, etc. , se nourrit de limaces et d’insectes dont il débarrasse les jardins, et de petits reptiles, voire même de vipères, est assezv recherche ^ pour sa chair blanche et délicate, que l’Eglise considère comme aliment maigre, à côté du pilet et de la sarcelle. Dans les campagnes , on en fait la soupe ; on le prépare aussi en fricassée , comme le poület. p. l.

HERMAPHRODITE. — On donne le nom d’hermaphrodite aux individus qui présentent à la fois ; les organes externes mâles et femelles plus ou moins développés. Autrefois les hermaphrodites étaient considérés comme des monstres indignes de vivre. Les Athéniens les jetaient, dès leur naissance,, à la mer, et les Romains dans le Tibre. Au moyen âge, ils étaient brûlés vifs, comme possédés du démon; et encore au XVIIe siècle, Riolan disait : ; « Quant à l’être qui, moitié homme , moitié femme» fait injure à la nature, il doit être mis à mort. » ' Dans l’espèce humaine, l’hermaphrodisme résulte

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Fig. 593.

Hypertrophie du clitoris simulant le gland de l’homme èt ; pouvant faire croire à l’her- . maphrodisme de l’individu (Fort).

d’un arrêt de développement des organes génitaux. Chez les hermaphrodites, ou bien les organes externes d’un sexe se rapprochent plus ou moins de l’autre sexe, ou bien les organes internes et externes des deux sexes existent chez le même individu. La première espèce constitue Y hermaphrodisme apparent, qui a été subdivisé en deux variétés : l’une, masculin (atrophie ou imperforation du pénis, persistance de la division scrotale, anorchidie); l’autre, féminin (hypertrophie du clitoris * soudure des lèvres, imperforation du vagin) ; la seconde espèce est Y hermaphrodisme vrai.

L’anomalie la plus fréquente est Yhermaphrodisme apparent masculin , qui fait considérer comme femme, des individus appartenant à l’autre sexe. Un exemple curieux de ce genre d’anomalie est celui d’Ale-

xina B . ,qui fut élevée

dans un pensionnat de jeunes filles jusqu’à l’âge de 22 ans et se donna la .mort en 1868, après, un jugement de la Rochelle qui rectifiait son état civil en la rendant à son vérit able sexe; elle présentait un pénis rudimentaire et une dépression au fond de laquelle s’ouvraient les canaux éjaculateurs des vésicules séminales.

L ’ hermaphrodisme apparent féminin est dû , le plus souvent, à l’hypertrophie du clitoris que l’on prend pour un membre viril. Telle était Madeleine Lefort, morte à l’Hôtel-Dieu de Paris en 1866, dont 1 examen induisit en erreur plusieurs chirurgiens qui la prenaient pour un sujet du sexe masculin. Son clitoris était très développé et simulait une petite verge dont le gland eut été imperforé. L’urine et le sang des règles passaient par un cloaque commun.

Y hermaphrodisme vrai ou bisexuel n’est jamais parfait dans l’espèce humaine ; et si, chez le ™eme individu, on rencontre des organes mâles dp eruplles, ils sont les uns et les autres dépourvus cevoh ‘ ne Peuvent ni féconder ni. con-

?n notre éminent confrère, le Dr Lutaud, a tiona* 6 Société de médecine légale, l’observa- 40 individ|1 fiui a présenté jusqu’à l’âge de dnm-S aes caractères d’un hermaphrodite avec prénoT>tlnanCe sexe féroiniu et a pu avoir des rapné s^els. Ce même individu a vu ensuite son nar>fvf6 devef°PPer et a pu remplir, quoique im- ™tetTnt’ les Onctions mâles dans l’acte fiuer lé nrnTest pas douteux, comme le fait remar- Pu ionp 1 ,taud> fiue cet hermaphrodisme, qui a ' ressantJiV^6 ^es deux> n’ait occasionné d’inté-' tractîî. m let)ats J'udiciaires s’il lui avait plu de contacter manage en France.

Quant

aux cas d 'hermaphrodisme spontané qui

feraient changer subitement le sexe, ils s'expliquent par la descente brusque et tardive des testicules dans les bourses, sous l’influence d’un violent effort.

Rappelons, en terminant, que l’article 180 du Code civil admet la nullité du mariage dans lequel l’un des conjoints aura été trompé à l’égard du sexe de

1 aUtre‘ Dr G. WlTKOWSKI.

HERNIAIRE. — (Y. Turquette .)

HERNIAIRE (bandage). — (V. Bandage herniaire.)

HERNIES. — On désigne sous le nom de hernies toutes les tumeurs formées par la sortie d’un viscère ou d’une portion de viscère hors d’une des deux grandes cavités thoracique et abdominale ; que cette issue ait lieu par une ouverture naturelle ou accidentelle , spontanément ou à la suite d’un effort.

1° Hernies du poumon. — Les hernies du poumon ont presque toujours pour origine un traumatisme, mais elles peuvent être primitives ou consécutives.

Dans la hernie primitive, le poumon s’échappe à travers la plaie, mais il faut que celle-ci soit encore d’une certaine dimension, car le poumon, au lieu de se porter en dehors comme font les viscères abdominaux, tend au contraire, en raison de sa rétractilité normale, à s’affaisser et à se rapprocher de la colonne vertébrale quand l’air pénètre dans la cavité thoracique à travers la blessure de la plèvre. Le poumon présente à l’extérieur une tumeur d’un volume variable, bientôt livide, puis se flétrissant peu à peu.

Le seul traitement dans ce cas, consiste à réduire rapidement en débridant la plaie, s’il y a urgence, et dans le cas où la partie herniée serait déjà frappée de sphacèle, à en effectuer la résection immédiatement.

Dans la hernie consécutive, la portion de poumon herniée est recouverte par les parties molles. Le déplacement s’est effectué lentement à travers un point de la paroi thoracique qui a perdu, sous l’influence d’un traumatisme, sa résistance normale.

Le traitement se résume à réduire la hernie et à la maintenir à l’aide d’un bandage approprié.

2° Hernies abdominales. — On donne le nom de hernies abdominales aux tumeurs que les organes contenus dans le ventre viennent former sous la peau ou à l’extérieur, en s’échappant à travers des ouvertures naturelles de la paroi abdominale qui s’agrandissent ou à travers des plaies ou des cicatrices de cette .paroi.

De là trois grandes divisions : les hernies à travers une plaie récente de la paroi abdominale, les hernies à travers une cicatrice et les hernies sans plaies ou hernies ordinaires; ceUes, du reste, dont l’étude est la plus importante.

1° Hernies a travers une plaie récente de la paroi abdominale. — Le plus souvent, c’est l’intestin qui vient se placer entre les lèvres de la plaie; l’anse intestinale peut être complète ou incomplète; elle peut être ou non accompagnée d’épiploon.

Le traitement indiqué est de réduire l’anse intes*

HER

tinale ' si cette anse intestinale est elle-même ouverte il faut pratiquer la suture future en pique de Gély de Nantes) avant la réduction. Si 1 épiploon ne rentre pas malgré les tentatives de taxis, ü faut le laisser dans la plaie et ne pas s en inquiéter

(Gosselin)» ~ naf

2° Hernies a travers une cicatrice. — Ces fermes ne sont pas très rares et leur existence nécessité l’emploi d’un bandage. Elles peuvent etre, du reste, sujettes aux mêmes complications que les hernies ordinaires. . , . .

3° Hernies ordinaires. — Les hernies ordinaire ou abdominales, à proprement parler, se rencontrent le plus souvent dans les régions ou existent des ouvertures destinées à laisser passer des vaisseaux, des nerfs, des ligaments. D’apres le siégé anatomique, ces hernies prennent differentes dénominations, et constituent des variétés sur lesquelles nous insisterons bientôt, nous bornant en ce moment à des considérations générales sur 1 anatomie pathologique de ces tumeurs.

A. Les enveloppes sont constituées par les téguments, par les plans fibreux dont la disposition varie selon les régions et par le péritoine qui constitue le sac herniaire. ,

Voici comment se forme le sac herniaire : le péritoine qui se laisse assez facilement distendre sans se rompre est doublé lui-même par le fascia propria peu adhérant aux parois abdominales. Quand les viscères passent sur l’anneau, la membrane sereuse s’engage dans l’ouverture qui se présente audevant d’élle, entraînant nécessairement les portions péritonéales voisines, d’où il résulte que le

Variétés de sacs herniaires.

sac est formé par une sorte de locomotion du péritoine et par la distension avec amincissement de cette membrane.

11 est des hernies qui sont dépourvues de sac herniaire, ce sont celles dans lesquelles 1 organe déplacé est incomplètement enveloppé par le péritoine. , .

Dans le sac herniaire on doit distinguer plusieurs parties :

Le collet qui, servant d’orifice, fait communiquer le sac avec la cavité péritonéale. Ce collet n’existe

presque pas au début, mais plus la hernie devient ancienne, plus il se manifeste. Les plis de la mem- ! brane séreuse, adossées les uns aux autres, se réu- 1 nissent bientôt à l’aide d’adhérences, le tissu grais- I seux qui se trouve dans l’épaisseur du fascia protia disparaît, des vaisseaux se développent dans il la couche celluleuse, puis le tissu fibro- celluleux | augmente de résistance, la vascularisation diminue, I le collet s’épaissit et se rétractant davantage, il tend à diminuer chaque jour les dimensions de l’orifice où s’est engouffré l’intestin. Le professeur Gosselin a parfaitement démontré que ce tissu fibreux de nouvelle formation, est analogue au tissu cicatriciel, d’où la rétraction graduelle. I

La forme affectée par le collet du sac étant en rapport avec celle de l’ouverture fibreuse qui lui donne passage, est arrondie, ovalaire et même triangulaire. • , , . . .

Le fond est la partie la plus evasee et la plus éloignée du collet; sa forme et ses dimensions varient avec la nature et le volume de la hernie.

Le corps du sac s’amincit le plus souvent et se confond avec les parties qui le recouvrent; il arrive quelquefois qu’il présente des rétrécissements sur- j venus spontanément et qu’il constitue alors une -J variété désignée sous le nom de hernie à bissac.

La face externe contracte des adhérences avec jj les fascia qui l’entourent, et la/ace interne . lisse, le plus souvent, contracte quelquefois avec l’epiploon des adhérences qui déterminent des petites loges dans lesquelles l’intestin 'peut pénétrer et trouver j là encore de nouveUes causes d’étranglement. Cette ; face interne sécrète une sérosité plus ou moins j abondante. , ,.

B. Les parties externes sont constituées par i intestin et par l’épiploon. Dans certains, l’intestin est seul hernié, alors la hernie est dite enterocele. Dans d’autres cas, il entraîne avec lui une certaine quantité d’épiploon et on a la hernie entéro-epiploïque; enfin, quand l’épiploon seul est sorti de la cavité abdominale, on al’ épiplocèle.

Au point de vue de l’étiologie, les causes des hernies peuvent être divisées en causes prédisposantes et en causes occasionnelles.

Les causes prédisposantes sont essentiellement anatomiques. La principale est la faiblesse de laparoi abdominale dans certains points, faiblesse telle, qu’elle ne peut résister à la pression que les viscères exercent continuellement. Cette faiblesse, normale dans les premiers temps de la vie, existe surtout dans les points par où sortent les vais--

Les causes occasionnelles les plus habituelles sont les effets à la suite desquels la capacité de l’abdomen se trouvant diminuée, les viscères se trouve» par cela même plus étroitement appliqués et mien repoussés contre les parois. .

Les symptômes doivent être divisés en physique et fonctionnels. .

. Les symptômes physiques consistent dans la P1 sence d’une tumeur plus ou moins appréciable» arrondie, molle, dépressible spus la main, redu ' tible lorsqu’on exerce sur elle une certaine py® ' sion, mais ne tardant pas à reparaître aussn | que survient un effort comme celui de la tou

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ou même sous l’influence seule de la station ver-

Ü nîiand elle rentre, la hernie fait alors entendre ° hrnit tout particulier, bien caractéristique, hrnit de gargouillement, produit par le déplacent des gaz renfermés dans l’anse hermee.

“ï es svmtômes fonctionnels passent souvent ma-

•fL J es malades constatent d abord une legere «Sr absolument indolente, disparaissant pour naître et il faut toujours un certain temps pour Sne sensation douloureuse appelle leur attention. q Dans ces conditions, la hernie ne saurait constituer une affection grave, sérieuse si on n avait pas touiours à redouter les complica ions quelle entraîne avec elle. Aussi ne faut-il jamais hesiter, aussitôt qu’une hernie a été bien diagnostiquée, a appliquer le bandage approprie a la variété en nrésence de laquelle on se trouve (Y. Bandages).

P Le diagnostic ne peut donc s’établir que d apres des notions précises, notions anatomiques qui varient elles-mêmes selon la région qui occupe la

La hernie inguinale se produit par le canal ingui-

Nous venons de passer rapidement en revue les différentes variétés de hernies qui peuvent réclamer, à certain moment, l’intervention chirurgicale.

Grosse hernie inguinale descendue dans le scrotum.

Quand ces hernies ne déterminent d’autres accidents qu’un peu de gêne, quelquefois de la douleur, le bandage approprié en a facilement raison, mais encore, faut-il qu’il soit bien fait, léger et solide tout à la fois, prenant bien la hernie, la mainte -

aal.Elle est. oblique ou externe quand elle s’engage dans le canal par la fossette inguinale externe ; elle est directe ou interne quand elle sort par la fossette interne; enfin elle est oblique interne (Velpeau) quand elle passe entre la saillie du muscle droit antérieur et l’artère ombilicale.

La hernie crurale se fait au-dessous de l’arcade crurale, soit par le canal crural, soit par une éraillure des tissus fibreux qui avoisinent l’anneau crural.

Le professeur Gosselin dit avec juste raison que les variétés de cette hernie présentent fort peu d’utilité pratique et qu’il est donc inutile d’y insister longuement.

La hernie ombilicale se produit à travers l’ouverture ombilicale ou bien à travers un orifice accidentel placé au voisinage de cette ouverture (Gosselin). Elle est en général congénitale, résultant d’un arrêt de développement (Heckel, Duplay). Quand elle survient à un certain âge, elle se trouve sous la dépendance des mêmes causes que les hernies inguinales ou crurales.

nant bien réduite, sans permettre qu’une seule parcelle puisse passer. Cela est l’affaire des bandagistes et souvent c’est à eux seuls qu’on a recours. Mais qu’une complication survienne, quelque minime qu’elle paraisse au début, elle peut toujours être l’origine d’un des plus graves accidents qu’on puisse redouter, j’entends parler de l’étranglement. C est alors qu’intervient le chirurgien, et sans entrerai dans le mécanisme de cet étranglement herniaire, il faut insister sur l’intervention chirurgicale qui est, pour ainsi dire, d’urgence en pareil cas.

Hernies étranglées. — L’étranglement des hernies abdomimales est la construction plus ou moins forte de l’intestin dans un trajet herniaire, constriction qui gêne la circulation sanguine, arrête le cours des matières fécales, apporte un obstacle invincible ou passager à la réduction et semble menacer, si elle persiste, de se terminer par une perforation ou une gangrène.

C’est la meilleure définition de l’étranglement herniaire; c’est celle que le professeur Gosselin à donné en 1864.

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Il y a surtout trois grands signes auxquels on reconnaîtra une hernie étranglée: l’irréductibilité et la tension douloureuse de la tumeur, les vomissements et le balonnement du ventre par les gaz, et enfin 1 absence d expulsion stercorale et gazeuse par l’anus.

La hernie, réductible auparavant, ne peut plus rentrer dans l’intérieur de la cavité abdominale et forme une tumeur dure, résistante sous la main, douloureuse spontanément et au toucher, et ne donnant plus à la pression la sensation de gargouillement. A son niveau la peau est tendue, lisse, chaude , prenant une coloration rouge plus ou moins foncée.

Des nausées apparaissent dès les premières heures et s’accompagnent bientôt de vomissements. Les matières vomies sont alimentaires au début, puis deviennent muqueuses et bilieuses. L’inappétence est absolue. Au bout de trois à quatre jours les vomissements changent de caractère ; ils sont d’un jaune brunâtre, souvent verdâtres et le malade indique de lui-même le goût et l’odeur désagréable qu’ils présentent.

Ce sont les vomissements fécaloïdes formés par les matières alimentaires et autres, venues de l’intestin grêle et remontées dans l’estomac avant d’être rejetées. En même temps survient un hoquet incoercible, le ventre est ballonné, la paroi abdominale est tendue et plus résistante, et cet état coïncide avec l’absence absolue de déjections alvines et d’émission de gaz par l’anus. Quelques jours après le début, on constate une prostration générale des forces, un ralentissement et un affaiblissement du pouls, une diminution notable de la calorification ; les traits s’altèrent, la face devient grippée et, si la maladie est abandonnée a elle-même, ou l’intestin se gangrène ainsi que les téguments et il se forme un anus contre nature, ou bien la mort survient, soit par épuisement nerveux, soit par péritonite.

Il est évident que si les symptômes de l’étranglement herniaire se présentaient toujours avec la même netteté, la même régularité, il n’y aurait pas de causes d’erreur dans le diagnostic et de difficultés dans la pratique; mais c’est que, dans bien des cas, il y a des rémissions bizarres qui peuvent don- ’ner le change. Quoi qu’il en soit, un médecin expérimenté ne se trompera pas à l’existence de ces trois grands signes qu’il saura bien toujours découvrir, malgré les différences individuelles qu’ils présentent, et quelque mal dessinés qu’ils puissent être, à savoir : l’irréductibilité et la douleur du côté de la tumeur herniaire, les nausées et les vomissements, et l’absence de garde-robes vraies et d’émission gazeuse par l’anus.

En présence d’une hernie qui s’accompagne des symptômes que nous venons d’étudier , il n’y a qu’une conduite à tenir, et cela sans plus délibérer, c’est de pratiquer le taxis et le débridement : au début le taxis, et aussitôt que le taxis est jugé insuffisant, l’opération.

§ I. Taxis. — Le taxis est une opération manuelle, qui a pour but de refouler la hernie ët de la faire rentrer dans le ventre. Absolument contre-indiqué quand on a des raisons de croire que l’intestin est déjà perforé ou que l’étranglement dure déjà depuis

trois jours ; le taxis est indiqué, pour la plupart des hernies, dans les vingt-quatre premières heures de l’étranglement, à ce moment où l’étranglement est moins serré qu’il ne le sera dans la suite, et plUs tard encore jusqu’à la fin du troisième jour, pour les grosses et moyennes hernies. Pour les petites il est sage de s’abstenir, sujettes qu’elles sont plUg que les autres à présenter les lésions redoutables de la perforation.

Le taxis une fois reconnu nécessaire, on essaye pendant quelques instants de faire rentrer la hernie, et si la résistance est grande, on administre le chloroforme et on reprend l’opération. Le taxis doit être continu et non -.pas intermittent; il faut le pousser jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’on ait fait rentrer la hernie ou qu’on soit, au contraire, absolument convaincu qu’elle est irréductible.

Cette pratique est excellente, car elle permet ou de mener le taxis à bonne fin et de réussir dans un bon nombre de cas, ou si on ne réussit pas, d’être à même et en toute connaissance de cause de pratiquer le débridement assez rapidemént, pour qu’on puisse espérer encore sauver le malade..

Le taxis est modéré lorsqu’on le pratique sans fatigue, avec une main ou avec les deux, mais en ne le prolongeant que quelques minutes.

Il est forcé lorsqu’on déploie une certaine vigueur et qu’on le prolonge jusqu’à ce que les mains se fatiguent. i

Il est 'prolongé lorsqu’il est continu au delà d’un quart d’heure.

Il est progressif, lorsque la force de pression est augmentée à mesure que le temps s’écoule, c’està-dire lorsqu’il est d’autant plus forcé qu’il est plus prolongé.

Toutes ces indications si bien et si nettement formulées par le professeur Gosselin, ont une telle importance qu’il était bon de s’y arrêter un peu longuement.

Quant au manuel opératoire , il est très simple if le malade doit être couché sur le dos, les cuisses fléchies sur le bassin. Un oreiller est glissé sous le siège, qu’il maintient ainsi légèrement élevé. Le* chirurgien se place du côté correspondant à celui qu’occupe la hernie et, de préférence à droite si la hernie est à peu près médiane.

De sa main gauche placée en pronation, la face palmaire tournée du côté du ventre, il entraîne aussi complètement que possible la hernie au niveau du pédicule, soit avec l’extrémité des deux ou trois premiers doigts si la tumeur est petite ou moyenne, soit avec la totalité de la main si elle est volumineuse, formant ainsi une sorte de canal que la hernie devra traverser pour rentrer dans l’abdomen. Puis il applique l’extrémité des doigts de la main droite sur le contour du corps de la tumeur et non pas sur le fond, dans la crainte de décoller le sac herniaire et de réduire en masse ce sac et l’intestin qu’il renferme.

H fait alors agir les doigts de la main droite pour exercer une pression modérée, graduelle et comme pour refouler le corps de la hernie du côté de son pédicule. Les doigts de la main gauche appliqués à ce niveau , pressent à leur tour de manière à em pêcher la hernie de s’étaler. Les deux mains exer-

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, temps des pressions réitérées, dont

C6Ilt ifffmente progressivement l’énergie si l’on sent Elïtumeur résiste; mais il faut toujours que la En droite développe une force plus grande que Eauche, afin que les pressions aient pour resultaUc refouler la hernie vers le ventre, c est-a-dire

Fig. 598. — Taxis ou réduction .

A. Hernie inguinale descendue dans le scrotum. — B Main droite du chirurgien comprimant l’intestin. — .C. Main gauche cherchant à pédiculiser l’intestin pour le faire rentrer petit à petit.

en haut et en arrière pour les hernies crurales, en I haut et en dehors pour les hernies inguinales, et directement en arrière pour les hernies ombilicales.

Lorsque les doigts commencent à se fatiguer on les retire, pour les' replacer bientôt après. Si la fatigue est par trop grande, on se fait remplacer, si c’est possible, par un aide, sinon on s’arrête pendant quelques minutes, pour reprendre aussitôt qu’on se sent reposé.

On continue pendant une demi-heure au moins, une heure au plus, et on cesse - lorsque la résistance est si grande que tous les efforts sont demeurés infructueux et qu’on n’a plus rien à demander au taxis.

Lorsque les hernies sont volumineuses et très •saillantes, on peut faire usage de la bande en caoutchouc, de la bande d’Esmark par exemple, qu on enroule autour de la tumeur et par-dessus laquelle on fait le taxis manuel.

. le taxis a réussi, on est averti que la réduction s’est effectuée, par la sensation brusque d’une résistance vaincue, par un bruit particulier de gargouillement et par la diminution très notable de •la tumeur. Mais il peut arriver deux choses : ou qqe 1 on ait réduit en masse le sac et l’intestin, ou bien encore qu’on ait rentré la totalité du liquide contenu dans le sac, sans qu’on ait pu refouler 1 intestin lui-même.

Dans ces deux cas, on verra persister les sympf.m.es de l’étranglement, coliques, vomissements

ca oïdes, absence d’émission de gaz par l’anus, etc.;

tous symptômes qui, par contre, ne tardent pas à disparaître, si l’intestin a été bien réduit.

§ II. Opération. — Si le taxis est jugé insuffisant, il faut avoir recours à l’opération de la hernie étranglée ou herniotomie (Y. ce mot).

Dr Albert Bergeron.

HERNIOTOMIE. — On donne le nom de herniotomie, ou de kélotomie, à l’opération de la hernie étranglée. Son indication est bien nette et bien tranchée ; elle doit être exécutée aussitôt que l’on a reconnu que la hernie ne pouvait pas rentrer, soit après l’emploi méthodique du taxis avec chloroforme, soit parce qu’il s’est écoulé trop de temps depuis le début de l’étranglement, pour qu’on puisse essayer le taxis.

Temporiser est ici le plus funeste des conseils, car les suites de l’opération sont en elles-mêmes d’une telle simplicité, d’une innocuité si absolue, que les résultats malheureux qui ont été constatés sont dus, pour la plus grande partie, au retard que l’on met à opérer ou à des tentatives de taxis faites par des personnes maladroites et inexpérimentées. Aussi, ne saurait-on trop le répéter: c’est un devoir impérieux que d’opérer et d’opérer vite.

A. Mancel opératoire. — Le malade est couché dans le décubitus dorsal, sur une table recouverte d’un matelas ou sur un lit un peu élevé, le bassin légèrement relevé au moyen d’un oreiller.

Sur un plat ou une planchette, sont placés les instruments nécessaires : bistouri droit, pinces à dissection et à torsion, pince à griffes, ciseaux, bistouri boutonné droit ou courbe, sonde de femme, ténaculums, fils, etc. De l’eau et des éponges sont à la disposition des chirurgiens.

Si c’est le soir ou la nuit qu’on opère, il faut que deux aides au moins tiennent une. bougie basse, le plus près possible de la tumeur; le malade est maintenu par d’autres aides.

L’opération de kélotomie comprend quatre temps : Premier temps. — Incision de la peau et des couches sous-cutanées. — Le chirurgien fait une incision simple, verticale, ou transversale selon le sens du plus grand diamètre de la tumeur. L’incision se fait directement ou sur un pli transversal, préalablement formé sur la peau. On a Soin d’ailleurs de prolonger assez haut pour qu’elle dépasse ou, que tout au moins elle atteigne la pédicule et la hernie et par suite le siège de l’étranglement On divise ensuite, couches par couches, les tissus sous-jacents, soit directement, soit sur la sonde cannelée, selon la profondeur à laquelle on croit être arrivé. Ces couches sous-cutanées offrent en effet, un nombre et une épaisseur variables suivant les sujets, suivant les régions que la hernie occupe, suivant aussi que cette dernière est déjà ancienne ou bien de date toute récente.

De toutes façon, oh est shr de n’être pas arrive sur la face herniaire, tant que la couleur des tissus est celle de la graisse. Quand on commence à voir une couche plus rouge, une teinte plus foncee, on est averti du voisinage du sac, et c’est alors qui! faut redoubler de précautions et ne plus saisir les tissus qui se présentent qu’avec des pmce^ ûe façon à les attirer à soi et à faire sur eux, en dédo-

Iant, une, ouverture à travers laquelle on introduit la sonde cannelée, pour diviser sur elle les tissus,

‘ Fig. o99. Herniotomie, ou opération de la hernie.

A. Plaie sur les côtés de laquelle on voit les anses intestinales pressées par le doigt de la main gauche. -• B, B. Main gauche de l’opérateur dont l’indicateur, introduit dans la plaie, sert à guider un bistouri boutonné. — C. Main droite tenant le bistouri porté à plat.

d’abord de bas en haut, puis de haut en bas. On lie à mesuré les petites artères qui se trouvent divisées.

Deuxième temps. — Ouverture du sac. — On continue de la sorte, procédant avec lenteur, épongeant avec soin, liant au fur et à mesure les vaisseaux, jusqu’à ce qu’il s’écoule par la boutonnière ainsi pratiquée, de la sérosité jaune ou sanguinolente. On est alors probablement sur le sac.

Je dis probablement, car il peut se faire que l’on soit tombé sur une cavité kystique superposée ou parfaitement indépendante. Quoiqu’il en soit, l’écoulement de la sérosité est le meilleur signe qu’on puisse désirer, 'mais il n’est pas infaillible, car il peut arriver d’autre part, que l’on ait affaire à une . hernie sèche ; aussi doit-on rechercher avec le plus grand soin, si l’on reconnaît au-dessous l’anse intestinale dont la surface est absolument lisse et qui forme une masse arrondie, bombée, se prolongeant dans l’abdomen. Une fois qu’on est certain d’avoir vu et touché l’intestin, on agrandit avec des ciseaux, sur en haut, du côté du pédicule, l’ouverture du sac herniaire.

Troisième temps. — Débridement 'proprement dit. — On saisit alors chacun des bords du sac ainsi ouvert avec des pinces que l’on confie à un aide, en lui recommandant de tirer légèrement en dehors et en avant, de manière à tendre le collet. Puis le doigt indicateur, la face palmaire tournée vers l’intestin, .est portée au niveau de l’anneau constricteur, en refoulant le plus possible l’anse intestinale. Sur l’angle, on glisse lentement et à plat la lame du bistouri boutonné, on tourne le tranchant du côté de l’anneau et, faisant pénétrer la lame de deux ou trois millimètres, on emporte l’obstacle.

Si cette première incision ne suffit pas pour débrider, on en pratique une seconde sur le même point ou sur un autre, en employant les mêmes

précautions. Ce troisième temps est le plus délicat de tous ; il doit être fait suivant une direction déterminée, différente pour chaque variété de hernies, de façon à éviter de léser les vaisseaux et les organes qui peuvent être en rapport avec l’an, neau constricteur. Aussi ne doit-on pas redouter de faire plusieurs incisions qui valent mieux qu’une seule trop profonde et de pratiquer aussi le débridement partiel de Vidal et Callin.

Quatrième temps. — Exploration de l'intestin. Réduction.— Une fois l’étranglementlevé, — et on n’en est sûr que si le doigt tourne à l’aise pour pénétrer dans l’abdomen,— il faut explorer l’intestin sur une certaine étendue, pour s’assurer qu’il n’est ni gangrené, ni perforé. Pour cela on attire légèrement à soi l’anse intestinale de façon à amener à l’extérieur le point sur lequel a porté la constriction, là où siégeraient de préférence, si elles doivent exister, la section, la perforation ou la gangrène des tuniques de l’intestin. On examine de même, le reste de l’anse herniée, et si l’on a constaté qu’elle est saine, on s’applique à la repousser doucement jusqu’à ce qu’elle soit rentrée dans le ventre. C’est une manœuvre qui est généralement assez facile, lorsque l’anse est petite et que le débridement a été largement appliqué.

Lorsque la réduction est' obtenue, le chirurgien essuie de nouveau ses doigts et conduit l’indéx de la main droite par l’ouverture herniaire dans l’intérieur du ventre, pour s’assurer que l’anse intestinale est bien rentrée dans la grande cavité abdominale.

Il pourrait se faire, en effet, que l’intestin eut été refoulé dans un canal inguinal notablement agrandi aux dépens de la paroi extérieure, ou bien encore qu’on se trouvât en présence de ces sacs à deux collets, l’un placé au niveau des deux anneaux confondus en un seul, l’autre situé plus profondément dans la cavité péritonéale et qui continuerait alors à étrangler l’anse intestinale.

Dans le premier cas on débride au niveau de l’anneau inguinal externe, et on fait rentrer la portion scrotale de l’intestin non pas dans le ventre, mais dans le canal inguinal agrandi.

Dans le second cas, on fait le débridement du second étranglement, comme on l’a pratiqué pour le premier, en ayant également soin d’attirer l’intestin à l’extérieur pour s’assurer qu’il n’est ni perforé ni gangrené, c’est en somme une seconde ’ herniotomie que l’on a à faire.

Quant à l’épiploon qui, dans un grand nombre de cas, accompagne l’intestin hernié, que doit-on faire ? Si la portion épiploïque est peu considérable et ne présente aucune trace d’inflammation vive on peut, à la rigueur, le réduire aussi ; mais si elle était un peu volumineuse ou bien que sa surface fut recouverte de quelques fausses membranes, ou bien encore que son parenchyme fut épaissi et comme infiltré de sésorité, alors il y aurait contreindication absolue à la réduction. 11 en serait de même si l’épiploon était gangrené, ou s'il présentait un volume tellement considérable qu’on aurait de la peine à le faire rentrer tout entier. J’ajoute que, de toule manière, il vaut mieux laisser l’épi' ploon dans le sac, c’est-à-dire dans la plaie, car

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l’Mnérience sur ce point a prononcé, et l’épiploon abandonné à l’extérieur est habituellement sans

^rTnon réduction de l’épiploon étant admise en -ncine si la masse en était par trop volumineuse i fTue l’ôn put redouter les suites de l’inflammation suopurative, on aurait, recours à la ligature en rnasse ou à l’excision, mais il faut, croyons-nous, donner la préférence à l’excision que l’on a soin de nratiquer à une certaine distance au-dessus de Vanneau, pour éviter que la surface de section rentre dans le ventre et détermine ainsi une péritonite ve sinon mortelle. Les vaisseaux seront liés à mesure qu’ils seront divisés et si, malgré ces ligatures partielles sur les rameaux artificiels, l’écoulement de sang persistait, on en viendrait facilement à bout en badigeonnant légèrement la surface de section avec du perchlorure de fer.

B. Contre-indication a la réduction de l’intestin. — Marche a suivre dans ce cas. — Un axiome que répète souvent le professeur Gosselin , c’est que quelle que soit l’expérience d’un chirurgien, jamais il ne se trouvera en présence d'une hernie étranglée absolument semblable à une de celles qu’il aura opérées jusqu’à ce jour.

Cet axiome a sa place ici, car la situation est critique quand il s’agit de prendre une décision pour la réduction.

Si l’anse intestinale n’est pas refroidie, si d’autre part elle n’est pas affaissée, c’est qu’il n’y a pas gangrène et on peut réduire sans crainte.

Mais des cas se présentent où, dès l’ouverture du sac, on reconnaît une gangrène indubitable, précisément à cet affaissement de l’anse herniée, à la mollesse et à la sensation de froid qu’elle procure au toucher. Quelle conduite doit-on tenir à ce sujet? Si l’on tente le débridement on peut redouter que la paroi de l’intestin désorganisée comme elle l’est, se déchire au niveau ou audessus du point où porte le débridement. 11 est sage alors de ne pas débrider, au moins provisoirement, d’abandonner les choses à elles-mêmes, et de mettre dans le bout supérieur de l’intestin une sonde à demeure pour assurer, d’une part , l’écoulement des matières intestinales et d’autre part, pour rendre plus faciles- les soins de propreté.

Il est aussi des cas où on a affaire à des érosions, des ulcérations même superficielles ; il faut bien se garder alors de réduire. Si on se trouvait en présence d’une ou de plusieurs petites perforahons, il faudrait également laisser l’intestin en dehors en attendant les événements, c’est-à-dire la terminaison naturelle de la fistule stercocale ou celle de l’anus contre nature, dans le cas où la Pa|'°ls intestinale viendrait à se gangrener ou à s e iminer. Dr Albert Bergeron.

HERPÈS. — L’herpès est une maladie caractérisée par une éruption aiguë et rapide* de vésicules, à base enflammée, réunies en groupes disincts Çt irréguliers, séparés par des parties plus eu moins étendues parfaitement saines, vésicules gu occasionnent des démangeaisons, du prurit, de ouleur et se terminent par dessiccation et des- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

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quamation, au bout d’un laps de temps qui varie de 10 à 20 jours.

Avec Willan, dont la classification a été adoptée par la plupart des dermatologistes anglais, français et allemands, nous admettrons deux espèces bien distinctes d’herpès : A. l’herpès non parasitaire ou herpès proprement dit ; B. l’herpès parasitaire.

A. Herpès non parasitaire ou herpès proprement dit. — L’herpès non parasitaire ou herpès proprement dit comprend trois variétés: 1® I’herpès phlycténoïde ; 2° I’herpès fébrile; 3° I’herpès génital.

1° Herpès phlycténoïde. — L’herpès phlycténoïde se montre surtout chez les jeunes gens; il se développe à la suite du froid, et chez les individus sujets, aux migraines et aux troubles gastriques ; il se montre tantôt à la face, tantôt au front, au cou ou aux membres.

Il est caractérisé par des plaques rouges, à la surface desquelles se dévelopent des vésicules, dont le vol ume varie depuis celui d’une tête d’épingle jusqu’à celui d’un grain de millet ou d’un petit pois, et qui sont remplies d’une sérosité tantôt transparente, tantôt mélangée de pus ou de sang. Cette éruption, qui est accompagnée de chaleur à la peau, de picotements, d’élancements douloureux, coïncide souvent avec un mouvement fébrile, de la courbature, de l’embarras gastrique. Elle dure de huit à dix jours, au bout desquels la vésicule se dessèche et forme une croûte qui tombe en squasmes légères, laissant une tache rosée qui disparaît au bout de peu de temps. Dans certains cas, sa durée peut se prolonger plus longtemps comme lorsque des éruptions successives se produisent, et i’herpès phlycthénoïde passe alors de l’état aigu à l’état chronique.

Le traitement de l’herpès phlycténoïde est assez simple. Il consiste surtout dans l’emploi des tisanes rafraîchissantes (tisanes d’orge, limonade, etc.), des purgatifs salins légers, et dans l’application sur les parties malades, de poudres absorbantes ou astringentes, telles que poudre d’amidon, poudre de sous-nitrate de bismuth, poudre de vieux bois. On a aussi conseillé de badigeonner les parties malades avec du collodion élastique.

2° Herpès fébrile. — L’herpès fébrile, désigné assez souvent sous le nom d’herpès labialis, parce qu’il se montre surtout sur les lèvres où il forme parfois une sorte de cercle incomplet autour de l’orifice buccal, s’observe à tous les âges; toutefois il est plus fréquent chez les jeunes gens. Un refroidissement, un excès de fatigue peuvent l’occasionner, mais le plus souvent, il survient comme complication d’une maladie existante, telle que le coryza, une angine, la grippe, la bronchite, la pneumonie, un embarras gastrique, les fièvres mter-

D’ordinaire, l’apparition de l’herpès labialis est précédée d’un mouvement de fièvre, avec courbature, malaise général, inappétence et embarras gastrique. Ces symptômes durent quelques jours, puis l’herpès se montre.

Il débute par une tache rose ou rouge, un peu saillante, de forme arrondie, allongée ou irrégulière, mais d’ordinaire d’assez petite dimension. Des

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le lendemain de son apparition , sur plusieurs points de cette tache se montrent de petites vésicules, grosses comme une tête d’épingle, arrondies ou pointues, réunies par groupes de 5, 6, 8 et même plus, renfermant un liquide d'abord clair et transparent, qui, les jours suivants, devient jaune, trouble et purulent.

Au bout de trois, quatre ou cinq jours, ces vésicules se dessèchent et forment une croûte brun foncé qui, au bout du même laps de temps, se détache sous forme de squames, sans laisser, dans la plupart des cas, aucune tache consécutive à l’épiderme. Pendant toute la durée des vésicules jusqu’à la période de dessiccation, les malades éprouvent de la chaleur, de la cuisson, des picotements douloureux sur la partie où siège l’éruption.

Dans certains cas graves, l’herpès labiali i peut s’étendre sur le nez, autour de l’ouverture des narines; il peut aussi se montrer à la face interne des lèvres, sur la langue, sur les amygdales et la gorge. Il constiue alors Y angine herpétique (V. ce mot).

Cette variété d’herpès ayant une grande tendance à guérir, il n’est généralement pas besoin d’instituer un traitement; on se contente de saupoudrer les parties atteintes avec de la poudre d’amidon ou de sous-nitrate de bismuth bien lavé ; et on soigne, cela va sans dire, la maladie fébrile principale qu’il est venu compliquer.

3° Herpès génital. — L’herpès génital s’observe chez l’homme et chez la femme.

Chez l’homme il siège surtout sur la peau, sur la face interne du prépuce, sur le gland, et principalement sur la couronne du gland, dans le sillon balano-préputial. Lorsqu’il siège sur la peau, il a l’aspect de l’herpès fébrile. Lorsqu’il siège, au contraire, sur les muqueuses du prépuce et du gland, les vésicules sont tantôt rassemblées en groupes de 4 ou 3, tantôt disséminées sur une surface plus ou moins étendue. Elles se rompent rapidement et font placeàdes ulcérations superficielles, rosées dans certains cas, dans d’autres, au contraire, recouvertes d’une pseudo-membrane grisâtre. Ces ulcérations, le plus souvent arrondies, sont parfois allongées, irrégulières, et formées par la réunion de plusieurs vésicules. Quelquefois il n’existe qu’une ou deux ulcérations , quelquefois plusieurs. Chez certains individus même, l’ulcération atteint des proportions assez fortes et occupe une assez grande surface de la face interne du prépuce et du gland, surface qui sécrété lin liquide séro-purulent qui détermine une variété de balanite ou de balano-posthite.

Lorsque l’herpès génital siège sur la muqueuse, sa durée est plus longue que lorsqu’il siège sur la peau; elle peut se prolonger dix quinze, vingt, vingt-cinq jours. J’en ai même vu dont la guérison s’est faite attendre un mois.

Chez la femme, l’herpès génital s’observe à la vulve, aux grandes et aux petites lèvres, autour du méat urinaire, dans le repli vulvo-vaginal, enfin, mais plus rarement, sur le pubis et même sur le col de la matrice. Les vésicules présentent le même aspect et suivent la même marche que dans l’herpès génital chez l’homme.

Les ulcérations qui, dans certains cas, peuvent occuper une assez grande surface, occasionnent de

la chaleur, de la cuisson et des démangeaisons parfois très vives. Le principal obstacle à leur cicatrisation est l’humidité naturelle de la région vulvaire et le contact du liquide vaginal qui agit comme irritant.

L’herpès génital offre à peu près la même durée chez la femme que chez l’homme. Dans les deux sexes il est très sujet à récidiver, et ces éruptions successives se produisent la plupart du temps sans cause appréciable : excès de fatigue, excès de table, excès de coït ou coït avec une femme atteinte de flueurs blanches; défaut de propreté locale, etc. L’herpès génital peut aussi survenir au contact du pus blennorrhagique ou chancreux chez les individus atteints de chaude-pisse ou de chancre, surtout lorsqu’ils n’ont pas des soins de propreté très minutieux.

Il n’est pas toujours facile de reconnaître l’herpès génital, surtout lorsqu’on n’est pas appelé dès le début de l’éruption. Les deux affections avec lesquelles on peut le confondre, sont : le chancre infectant ou syphilitique et le chancre simple.

Pour éviter de confondre l’herpès génital avec un chancre infectant , il faut se souvenir : que l’herpès est toujours multiple et formé d’un groupe de vésicules, tandis que le chancre infectant est solitaire, dans l’immense majorité des cas ; que l’herpès est une lésion vésiculeuse d’abord, puis ulcéreuse, tandis que le chancre infectant est une lésion relativement plane, pseudo-membraneuse. De plus, et j’insiste sur ces signes, lorsqu’on examine attentivement un large herpès, on voit que ses contours sont formés par une série de petits segments de circonférence nettement dessinés, provenant de la réunion de plusieurs petites plaies circulaires, tandis que la circonférence du chancre infectant est toujours très régulière. En outre, l’herpès occasionne toujours un vif prurit, tandis que le chancre infectant est la plupart du temps indolent ; enfin l’herpès ne s’accompagne que tout à fait exceptionnellement d’induration et d’adénopathie, tandis que ces deux symptômes sont de dans le chancre infectant.

Quant au diagnostic différentiel de l’herpès et du .chancre simple , il est parfois très difficile à établir. Reconnaissons toutefois que, le plus habituellement, on y parviendra en tenant compte des quelques considérations suivantes que nous empruntons à Fournier :

4° Les ulcérations herpétiques sont généralement plus nombreuses, plus petites et plus superficielles que les ulcérations chancreuses. Ce triple signe n’est cependant pas absolu, puisque l’herpès peut être solitaire, creux et large; mais il ne présente que rarement ces trois caractères associés.

2° Les ulcérations de l’herpès sont généralement prurigineuses, et produisent une ardeur, une excitation locale, «un feu», comme disent les malades, dont ne s’accompagne pas habituellement le chancre.’

3° Fort souvent l’ulcération herpétique présente une configuration, consistant en ceci : le contour de l’ulcération n’est pas constitué, comme celui du chancre, par une ligne plus ou moins régulièrement circulaire, mais bien par une série de seg-

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nts de circonférence, ce qui tient à ce que la bord libre ces grandes lèvres malades, de petites

nE . totale résulte de la fusion de plusieurs plaies ulcérations à fond grisâtre, qui semblent être le

R Oculaires. Cette disposition, quand elle existe, est résultat de l’inoculation d’un liquide virulent fourni

Cresque pathognomonique de l’herpès. Elle ne par les ulcérations des grandes lèvres, tandis qu’il

^observe pas avec le chancre. Lors même que plu- ne faut voir là que l’effet du contact d’un liquide

sieurs chancres viennent à se fusionner, leur con- simplement irritant sur deux surfaces qui se cor-

tour figure plusieurs grands cercles réunis, mais il respondent et se touchent, etc... »

ne présente jamais ces petits segments de circonfé- Dans ces cas, si ce que nous avons dit plus haut, ce ue je n’hésite pas à donner comme caracté- ne suffit pas pour faire reconnaître l’herpès du ristique de l’herpès. chancre, l’inoculation ne laisse plus de doute. Si

4“ Il existe presque toujours, en même temps elle est positive, l’ulcération sera un chancre sim-

e les ulcérations chancriformes de l’herpès, pie ; si elle est négative, ce sera de l’herpès,

d’autres manifestations herpétiques non douteuses, Le diagnostic est peut-être plus important chez telles que vésicules encore intactes, ulcérations la femme que chez l’homme, car il peut se faire

petites et groupées, etc. Ajoutons que l’éruption que le médecin soit consulté par un tribunal, comme

herpétique se fait quelquefois par poussées succès- cela arriva à Legendre. On lui amena un jour une

sives, de sorte que la présence d'un vésicule, soit jeune enfant qui avait été victime . d’une tentative

antérieure, soit postérieure à l’ulcération douteuse, de viol, et que l’acte d’accusation disait atteinte « de

peut éclairer le diagnostic de cette dernière. chancres de la vulve. » Ce médecin l’examina et

5° Il est assez rare que l’herpès ne se produise aperçut, en effet, des ulcérations qui simulaient

que pour une fois et d’une façon purement acci- très bien les chancres simples. Mais un examen

dentelle. Le plus souvent il constitue une affection plus attentif et quatre inoculations, toutes néga-

chronique, une véritable diathèse à poussées mul- tives, lui permirent de dire, avec toute la certitude

tiples. Il est même un grand nombre de malades possible, que la jeune enfant n’avait pas de chan-

qui sont affectés d’herpès génitaux se répétant de cres simples, mais seulement de l’herpès de la

mois en mois, de quinzaine en quinzaine, et cela vulve.

plusieurs années de suite. Cette disposition singu- L’herpès génital peut enfin être confondu avec lière s’observe aussi dans le sexe féminin, mais à une affection qu’on rencontre chez certains diabé-

un degré moindre de fréquence. Certaines femmes, tiques et qui consiste en une espèce de balano-pos-

toutefois, sont prise d’herpès vulgaire presqu’à cha- thite, inflammation du prépuce et du gland qui sont

que période menstruelle." rouges et présentent quelques ulcérations superfi-

6° Enfin l’évolution de la maladie est plus signi- cielles sécrétant un liquide muco-purulent et occaficative encore que tous les caractères précédents, sionnant de très vives démangeaisons. L’analyse L’herpès ne tend pas à s’étendre et se répare bien des urines, dans ces cas, permettra de porter un plus facilement que le chancre. Cependant il faut diagnostic certain.

savoir qu’il affe.'tè parfois une durée assez longue, Peu grave d’une manière générale, l’herpès genisurtout dans sa forme ulcéreuse, ou bien lorsqu’il tal n’en constitue pas moins une infirmité désaa été irrité par de mauvais pansements ou des eau- gréable, à cause de sa ténacité et de sa grande térisations répétées. tendance à récidiver. De plus, certains malades s’en

Les différentes variétés d’herpès se rencontrent affectent à un très haut point, parce quils le prenfréquemment encore chez la femme. Chez cette der- nent pour une affection syphilitique, et l’on a toutes nière , elles constituent souvent des ulcérations les peines du monde à les persuader du contraire, d apparence chancreuse qui ont été décrites avec Le traitement de l’herpès génital doit varier suibeaucoup de soin et d’exactitude par Legendre, vant que celui-ci est aigu ou revêt la forme chro-

« Ces ulcérations, écrivait-il dans les Archives gè- nique.

nérales de médecine, en 1855, ressemblent souvent Contre l’herpès à forme aiguë on a recours, dès à s’y méprendre aux chancres non indurés de la le début, aux bains locaux émollients, à l’eau de guivulve ; la ressemblance est même parfois si grande mauve, aux grands bains de corps additionnés de il devient nécessaire d’avoir recours à l’inocu- son ou d’amidon ; lorsque les ulcérations sont for- . ion Pour décider la question d’une manière po- mées, on' hâte leur cicatrisation au moyen de los.itive... Elles sont en général superficielles et cons- tions légèrement astringentes, avec de l’eau blanche muent plutôt des érosions que de véritables ulcé- ou une décoction de roses rouges ; dans certains rations; elles sont régulièrement arrondies, à bords cas, on peut même avoir recours à de légères cauûettement découpés, à fond grisâtre; de la largeur térisations au nitrate d’argent. Une bonne précauu une très petite lentille lorsqu’elles sont isolées, tion consiste à séparer les surfaces muqueuses du . «s s°Qt plus étendues et irrégulières quand elles prépuce et du gland au moyen d’un petit carré de su tent de la réunion de plusieurs ulcérations chiffon fin, ou d’un peu de charpie ou de ouate, voisines. Inutile d’ajouter que le malade, homme ou femme,

fi1? flu’en général ces ulcérations soient très su- évitera les fatigues, les excès de table, les rapports sim i es’ 11 en est cependant dans le nombre qui sexuels, etc. ,

simulent de véritables chancres par leurs bords Contre l’herpès à forme chronique, le traitement «icves, taillés à pic, et par leur fond grisâtre. En- local ne suffit plus. Il est alors indiqué d’avoir re- T ^Ui aj°ute quelquefois à l’illusion, c’est le cours aux préparations arsenicales à l’intérieur, développement sur les points de la surface interne (granules de Dioscoride, liqueur de Fowler, etc.) aux cuisses qui correspondent aux ulcérations du eaux de La Bourboule, de Saint-Honoré, de Caute-

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