‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 101 sur 289 · ONGUENT GRIS · texte numérisé non relu

ONGUENT GRIS

Onguent napolitain . 125 grammes.

Axonge benzoïne. . . 375 —

Dans certains cas on ajoute à ces pommades de l’extrait de belladone ou d’opium, lorsque l’on veut obtenir une action calmante autant que résolutive.

Chlorures de mercure. — Le mercure forme avec le chlore deux combinaisons chimiques importantes : 1° le protochlorure, et 2° le bichlorure, tous les deux d’un usage très fréquent en médecine, mais à des titres divers.

1° Protochlordre de mercure. — Le protochlorure de mercure, appelé aussi calomel, calomélas, mercure doux, précipite blanc, est un sel d un blanc grisâtre, très pesant, inodore, insipide, volatil ; insoluble dans l’eau et dans l’alcool soluble dans le chlore qui le transforme en bichlorure. Il est très fréquemment employé en medecine comme altérant, dépuratif, purgatif et anthelmintique.

Pris à l’intérieur, le calomel est insipide, les

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enfants et les personnes délicates l’acceptent avec la plus grande facilité, cela lui a valu le nom de mercure doux. Il est aussi insoluble, mais a la faveur des acides de l’estomac, il ne tarde pas à se dissoudre. On a même observé que les chlorures alcalins et l’acide cyanhydrique le décomposent en partie : les uns en sublimé corrosif, l’autre en cyanure de mercure. Pour éviter les accidents qui pourraient se produire par les effets de ces redoutables poisons, il est prudent de ne jamais prescrire le calomel associé avec des chlorures, à des carbonates alcalins ou à des médicaments renfermant de l’acide cyanhydrique. Ainsi, il faut se garder de le faire prendre peu dé temps après l’injestion de boissons ou d’aliments salés, ou bien de le prescrire én même temps que les carbonates et les bicarbonates de soude et de potasse; il ne faut pas non plus le donner concurremment avec l’eau de laurier-cerise, l’eau et l’émulsion d’amandes amères, le looch blanc, etc.

Ingéré par les voies digestives, le calomel agit différemment suivant qu’il est administré à doses faibles ou à doses élevées.

De fortes doses traversent promptement l’estomac, ' irritent la muqueuse intestinale, en font affluer une grande quantité de bile et donnent aux selles une couleur verte. Elles sont généralement expulsées au dehors sans avoir eu le temps d’être absorbées , font l’office de purgatif cholagogue. Elles n’ont que Finconvénient d’avoir des effets incertains qui peuvent devenir dangereux si l’on continue plusieurs jours de suite le même remède, car leur absorption est d’autant plus intense, que leur action évacuante est moins prononcée.

.De faibles doses agissent d’une manière tout à fait différente; elles ne produisent ni douleurs, ni coliques, ni purgation, elles sont absorbées rapidement, ralentissent la circulation, diminuent la température, abaissent la chaleur animale, et sont éliminées :par toutes nos excrétions où l’on en retrouve des traces manifestes. Elles deviennent alors contro-stimulantes, antiphlogistiques, altérantes, résolutives, puissamment utiles pour la guérison des phlegmasies cérébrales (méningites) congestion cérébrale, etc.) ; des phlegmasies thoraciques (pneumonies, bronchites, capillaires, etc.); des phlegmasies abdominales (péritonites, métrites, etc). Elles ont en outre une action dépurative <Iue Fon met souvent à profit contre les affections syphilitiques, herpétiques, scrofuleuses, etc.

Lorsque le calomel est donné comme purgatif, il se prescrit en poudre, aux doses très variées de 5 à 50 centigrammes pour les enfants, de 30 centigrammes à 1 gramme 50 centigrammes pour les adultes, dans de l’eau sucrée, du lait, du miel, des confitures, une capsule Le Huby, un cachet médicamenteux Limousin, etc. Son action se fait sentir au bout de 3 ou 4 heures et se prolonge un temps indéterminé. D’autres fois elle est plus tardive, mais n’en est pas moins efficace. Les premières selles ont presque toujours la couleur ordinaire, les suivantes seront colorées en vert par l’afflux de la bile que le protochlorure de mercure, agissant plus ou moins directement sur le foie, ferait déverser par le canal cholédoque dans le canal intestinal.

Cela expliquerait comment l’administration du calomel est avantageuse dans l’ictère, les maladies du foie ou la rétention de la bile enraye les fonctions de cet organe. Cela expliquerait aussi comment \\ rend des services dans les hydropysies et les maladies du cœur, en facilitant la circulation hépatique et par suite toute la circulation générale.

Le calomel manque son effet purgatif ou agit trop légèrement sur un adulte vigôureux, ce sont là les deux principales raisons pour lesquelles on l’associe ordinairement à d’autres substances purgatives, telles que la rhubarbe, la scammonée, le jalap, l’aloès, dans le double but d’augmenter l’action évacuante et d’empêcher l’absorption du sel mercuriel qui, dans quelques circonstances pourrait être fort nuisible.

Comme vermifuge, le calomel offre l’avantage de n’avoir aucun goût désagréable. Les enfants le prennent avec d’autant plus de facilité qu’on leur fait croire qu’on leur donne dû lait. En effet, il suffit de mettre 5 à 20 centigrammes de poudre de calomel dans un peu d’eau sucrée pour que la liqueur prenne une couleur laiteuse manifeste. On fait avaler le tout en une seule fois. Le petit malade va à la selle au bout de trois ou quatre heures, quelquefois dans huit ou dix heures, sans avoir éprouvé ni malaise, ni coliques. Ce purgatif a le seul inconvénient dç manquer parfois son effet, il faut répéter la même dose ou une dose supérieure le lendemain en le faisant prendre dans de l’eau sucrée, dans du lait, du miel, des confitures, etc.

Le calomel est vermicide et vermifuge en même' temps. Il tue les vers et les expulse au dehors avec les matières fécales auxquelles il communique une coloration verte caractéristique due à la présence d’une forte proportion ne bile. Ce serait cette forte proportion de bile verte, aidée du médicament, qui tuerait ces vers intestinaux et les expulserait. Il ne faut pas craindre de faire prendre jusqu’à 50 centigrammes à la fois, à un enfant de cinq à six ans, si l’on veut obtenir un résultat définitif.

A l’extérieur, le calomel, mêlé à parties égales, de sucre finement pulvérisé, sert à préparer un collyre sec résolutif dont on fait souvent usage contre les blépharites et les ophthalmies chroniques; pour cela, on met une pincée de poudre dans un tuyau de plume, et on l’insuffle dans l’œil, après avoir préalablement écarté les paupières, ou bien on projette la même quantité de poudre dans le même œil à l’aide d’un petit pinceau qu’un coup sec sur le doigt met en vibration.

Le calomel seul ou mélangé à l’amidon, en proportions variables suivant les cas, est souvent employé pour panser les chancres syphilitiques, les boutons d’herpès préputial, etc.

Il sert aussi à préparer, à la dose moyenne de 3 grammes pour 30 grammes d’excipient, un cérat, une pommade, un glycérolé, qu’on utilise en applications topiques sur la peau ou sur les muqueuses atteintes de syphilides, de lichen, de pitvriasis, dherpes, et aussi contre les taches cutanées, les éruptions a la face après les couches, connues vulgairement sous le nom de lait répandu.

M Bichl°mre de meucure.— Le bichlorure de mercure, appelé aussi sublimé corrosif, est un sel d’un

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hlanc mat, cristallin, volatil, sans odeur, d une sa- Inr extrêmement âcre et caustique, peu soluble a n s l’eau mais beaucoup plus soluble dans l’alcool p? dans l’éther. C’est un poison corrosif des plus énergiques qui réclame la plus grande prudence dans&son administration.

Annliqué sur une plaie ou sur la peau pendant „n Temps suffisant, le sublimé détermine la mortification des tissus et une eschare dont l’élimmation s’effectue assez rapidement. ,

Administré à l’intérieur à faible dose, le sublime est facilement supporté par les malades, à la condition d’être pris dans une grande quantité de ve- Wll1p n traverse l’estomac sans l’irriter , passe ZL la circulation ou il modifie la crase du sang Pt des humeurs. Continué pendant longtemps, il lt comme dépuratif et, à ce titre, il est administre avec avantage dans le traitement de la syphilis constitutionnelle. Ses effets altérants sont en meme temps utile contre l’herpétisme. De hautes doses

sont éminemment toxiques. . .

Lé bichïorure de mercure peut s’administrer sous diverses formes. A l’intérieur, on ne doit pas dépasser la dose de 5 milligrammes à5 centigrammes par jour, il est même prudent de ne pas aller au delà de 1 à 3 centigrammes dans les vingt-quatre heures. 11 se donne en poudre dans de l’eau sucrée, du lait, ou dans un véhicule quelconque, pourvu qu’il soit pris en suffisante quantité pour enlever au sublimé son action caustique. Aussi ne doit-on plus avoir recours au bichïorure de mercure en pilules, connues sous le nom de pilules de Dupuytren, parce que ce chirurgien du commencement du siècle les prescrivait, et dont voici la formule :

PILULES DE DUPUYTRSN.

Sublimé . . . . . . 0?r.20 centig

Extrait d’opium . . 0 40

Extrait de gaïae. ....... 0 80

pour 20 pilules, contenant chacune 1 centigramme de sublimé. C’est une mauvaise préparation.

Lorsqu’on administre le bichïorure de mercure, on le fait généralement sous la formé de liqueur titrée, connue sous le nom de liqueur de Van Swieten, dont voici la formule :

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