‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 128 sur 289 · NOY · texte numérisé non relu

NOY

sauveteur nage debout, la tête et les jambes mises ainsi à l’abri de toute atteinte; l’action est complète s'il a pu saisir son homme au-dessous du poignet droit qu’il faut alors ramener énergiquement derrière la tête, à hauteur de la main gauche, première place. A ce moment précis, il imprime quelques secousses au sujet, pour le faire flotter sur le dos, et se jette lui-même à la renverse, par la seule impulsion des jambes. Il regagne alors le rivage en nageant sur le dos, tout en maintenant fixée sur sa poitrine la. tête du repêché, auquel il fera bien de parler pour le rassurer et lui recommander l’immobilité.

L’application précise et rationnelle de ces préceptes, est absolument infaillible aux mains d’un nageur vigoureux et résolu; elle comporte peu de nuances et n’admet pas la moindre hésitation dans la pratique.

Si la personne en danger est en vüe, qu’elle sur- , nage ou qu’elle flotte entre deux eaux, le nageur devra prendre un rapide instant pour se débarrasser de ses vêtements flottants ; il devra même quitter ses chaussures, dénouer les cordons de son caleçon, retourner ses poches, etc., etc.; “avant de *se mettre à l’eau pour nager résolument, en prenant le haut du courant, vers le sujet qu’il n’a pas perdu de vue, afin de l’aborder par derrière et au moment opportun, comme il est indiqué ci-dessus.

Si le noyé vient de disparaitre dans une eau calme, les bulles d’air qui arrivent à la surface sont une indication sûre pour le plongeur.

Nous ne saurions trop proscrire toute espèce de lutte avec la personne qui se noie, surtout quand le nageur n’est pas de première force ou bien quand il a sujet de se défier de sa propre vigueur musculaire.

Dans le cas d’une fatigue excessive, ou bien si le naufragé veiiait à se retourner pour appréhender le sauveteur, celui-ci doit, d’un seul coup de jarret, reprendre du champ avant de revenir à la charge* mais sans, perdre de vue la personne en danger’ car il n’est pas rare de ne plus retrouver un noyé qui a semblé disparaître momentanément.

Le nageur saisj par un homme qui se noie, ne court de sérieux dangers que quand il est pris par la tête. Du moment qu’il se sent prêt à couler, il doit prendre haleine à fond, ne pas perdre son sang-froid, engager vivement les doigts de ses deux mains sous l’extrémité de ceux qui l’étreignent, les ouvrir d’un effort violent et brusque et s’échapper, rapidement par une secousse qui lui permettra d’aller à l’écart attendre le moment favorable pour ressaisir convenablement son noyé.

" Nous affirmons que la fidèle observance des règles et des préceptes qu’on vient de lire, peut faire de tout nageur ordinaire, un homme apte à en sauver un autre, et l’expérimentation que chacun en peut faire dans les écoles de natation ou les baignades, démontrera à tous que la vraie devise des sauveteurs doit être le plus souvent, pour ne pas dire toujours : Sauver sans périls.

Quant aux soins à donner au noyé après qu’il a été retiré de l’eau, il seront exposés au mot Submersion (Y. ce mot). - Dr E. Lux,

Médecin-major de 1" classe.

NOYER. - Le noyer et un bel arbre -originade la Perse, maintenant cultivé dans tous les u tempérés de l’Europe, qui fournit à la médecinétr^ parties importantes : les feuilles, le péricarne°1S les semences. Les feuilles sont très employées 61 tisanes, injections, bains, contre la scrofule f11 gourmes, le rachitisme, seules ou aidées par gJr ques altérants en renom, tels que l’huile de foj~ de morue, le sirop antiscorbutique, la solution d’iodure de potassium. Le péricarpe ou brou de noix charnu, vert aqueux, d’une amertume excessive, mis en macération dans de l’eau-de-vie avec du sucre avant sa maturité, forme une liqueur très stomachique, appelée eau de noix, souverainement utile contre les pesanteurs de l’estomac, les indigestions, les défaillances, les syncopes. Les semences très inégalement bosselées, quadrilobées au sommet et à la base sont recouvertes à leur surface par un tégument propre, d’abord blanchâtre, puis d’un jaune plus ou moins foncé, toujours d’une astringence remarquable. La chair, privée de son enveloppe et soumise au pressoir, donne une huile justement estimée, presque aussi douce que l’huile d’olive, pouvant agir comme elle en frictions adoucissantes ou en lavements laxatifs; elle n’a que l’inconvénient de rancir très vite avec les chaleurs de l’été.

Ces trois productions d’un même arbre (feuilles, semences, péricarpes) renferment dans leur composition du tannin, de la matière âcre et amère,' de 1 amidon, de la chlorophyle, des acides et des sels; ce qui les rend à la fois astringentes, toniques et antiscrofuleuses.

étudiée jusqu’ici et n’est malheureusement pas assez connue. Il serait à désirer que de nouveaux travaux fussent dirigés dans ce sens pour nous apprendre qu’elle est sa véritable valeur thérapeutique. Hippocrate et Dioscoride nous disent bien que les noix, mangées en grande quantité, expulsent les vers ; il est même certains • pays où les mères de famille font prendre comme vermifuge à leurs enfants des cuillerées à café d’huile de noix dans cette intention. Peyrilhe, Swediaur, Pollïni ont prétendu aussi que le* brou de la noix est un antisyphilitique précieux. Pomayrol et Raphaël rapportent avoir obtenu avec la feuille et l’écorce fraîche du noyer employées en applications topiques, des succès remarquables contre la pustule maligne et le charbcn.

Mais les expériences ultérieures n’ont pas confirme cette maniéré de voir ; il faut donc en arriver a- ~6S mtéressknts de Négrier, d’Angers \ ~ i),pour être initié aux véritables propriétés

de 1 arbre en question. Cet infatigable observateur a expérimenté les feuilles de noyer sous toutes les formes et, par des faits irrécusables, il a mis hors de contestation l’efficacité du remède contre les manifestations scrofuleuses de quelque nature queHes puissent être. On a été même un moment jusqu a croire à la spécificité du noyer contre la cro u e. 1 y avait là de l’exagération sans doute, EnL i •ne Pei!t nier que ce médicament ne rende mus les jours des services réels dans le traitement

s engorgements strumeux, des angines, des ca-

tarrhes, des états de langueur de même nature,

(jes plaies ulcéreuses, des caries osseuses, des trajets fistuleux, des arthrites chroniques, des tumeurs blanches. Les enfants lymphatiques avec les lèvres pâles, la face bouffie; les ganglions engorgés, la poitrine grasse, le corps rempli d’humeurs, comme on dit vulgairement, en retirent les meilleurs effets. Dr Marc Camboulives.

NUBILE. — NUBILITÉ. — On dit qu’un individu, homme ou femme, est nubile ou a atteint sa nubilité lorsqu’il est devenu apte au mariage, o’est-à- <jire apte à procréer ou à concevoir. L’homme n’est, généralement nubile que vers l’âge de 24 à 25 ans et la femme que vers celui de 18 à 21 ans. p. l.

NUCLÉOLE. — Nom donné par les histologistes à de petits corps- arrondis, brillants, qu’on rencontre dans le noyau des cellules, lorsqu’on examine celles-ci au microscope (Y. Cellule , Noyau).

NUQUE. — Nom donné par les anatomistes à la partie supérieure de la face postérieure du cou, audessous de la région occipitale. p. L.

NUTRIMENT. — On désigne sous ce nom toute substance qui, introduite dans le sang, est retenue et assimilée par les éléments de nos tissus et n’est pas rejetée par les urines. Le nutriment diffère de l’aliment en ce qu’il nourrit l’individu, alors même que celui-ci ne digère pas. Les aliments pour passer à l’état de nutriment et être assimilés ont besoin d’avoir subi préalablement l’action des diffé- : rents sucs digestifs, et d’être peptonisés. Ainsi, l’albumine injectée dans le sang directement, ne reste pas dans les tissus et est éliminée par les urines : elle n’est donc pas alors un nutriment, quoiqu’elle soit un aliment. Par contre, l’albumine, modifiée soit dans l’organisme par les sucs digestifs, soit hors de l’organisme par une digestion artificielle, qui l’ont transformée en peptone (Y. ce mot) et injectée dans le sang, reste cette fois dans nos tissus et n’est pas éliminée par les urines : dans ce se- ■ cond cas, elle est devenue un nutriment. C’est la connaissance de ces phénomènes qui a donné 1 idée de nourrir les malades qui ne peuvent pas digérer, en introduisant dans leur estomac des substances ayant subi une digestion artificielle, c’est-à-dire peptonisées et transformées en nutriments, qui n’ont par conséquent plus besoin des sucs digestifs et sont directement absorbables. Dr Paul labarthe.

NUTRITION. — La nutrition est la propriété vitale la plus simple de la substance organisée. Elle se compose principalement de Y assimilation et de la désassimilation, c’est-à-dire de la combinaison et de la décomposition des principes immédiats qui composent la substance organisée.

Les fonctions qui- concourent aux phénomènes d’assimilation sont connues sous le nom d & fonctions dé nutrition. L'absorption, la digestion, la respiration, sont des fonctions de nutrition qui ont pour Lut l’assimilation. La circulation est une fonction de nutrition dont le but est de répartir uniformé¬

ment dans les tissus vivants le sang chargé des matériaux assimilables. La sécrétion est une fonction de nutrition en rapport avec la désassimilation.

La nutrition se compose d’une série d’actes qui méritent d’être étudiés isolément, à cause de leur importance. Une définition du mot est difficile, mais il me suffira, pour être compris, de dire que le sang est l’agent principal de la nutrition, et que les phénomènes nutritifs se passent au niveau des vaisseaux capillaires.

Le sang, liquide nourricier, auquel Cl. Bernard a justement donné le nom de milieu intérieur, apporte sans cesse aux tissus des matériaux nouveaux qui lui sont fournis par la digestion et l’absorption intestinale, par la respiration et par l’absorption en général. Il en résulte que la digestion,* la respiration et l’absorption sont des actes de la nutrition. Ces derniers seront décrits séparément; mais seulement pour la facilité de l’exposition du sujet. Il en sera de même de la circulation-. Le sang reçoit à son tour dés tissus <fes matériaux dont il se débarrasse ou qu’il utilise de nouveau. On peut donc dire que la nutrition est un échange incessant entre le sang et les tissus .vivants.

Cette manière d’envisager la nutrition est un peu trop restreinte, et il convient d’y ajouter les échanges qui se font entre le sang, les gaz et les liquides de l’extérieur.

En résumé, je définirai la nutrition : une série d’actes consistant en un échange permanent entre le sang et les tissus vivants d’une part, entre le sang et l’extérieur d’autre part.

L’étude de ces actes ne me paraît pas suffisante, et je parlerai de phénomènes liés immédiatement à la nutrition,- qu’ils se' rattachent directement au sang nutritif, qu’ils soient une conséquence des échanges qui se produisent au sein des tissus, ou bien qu’ils aient une influence -prochaine ou éloignée sur les phénomènes intimes de la nutrition..

Je passerai donc en revue : l°.le liquide nourricier et les métamorphoses dans le sang des substances absorbées; 2° les échanges entre le sang et les tissus vivants ; 3° les échanges entre le sang et l’extérieur; h? les conséquences de ces échanges.

I. — Le liquide nourricier et les métamorphoses dans le sang des substances absorbées. — Le sang, sans cesse en mouvement, est le liquide nourricier des tissus. Il renferme, mélangés en différentes proportions, les agents et les produits de la nutrition. Il se répand jusque dans les plus petits capillaires, où il apporte les éléments de nutrition qui passent dans la substance des tissus à travers la paroi des capillaires.

La plupart des matériaux nutritifs qui pénètrent dans le sang pour servir à la nutrition subissent dans ce liquide des métamorphoses sur lesquelles j’insisterai bientôt.

g — Du liquide nourricier. — Ce liquide n’est pas seulement la partie liquide du sang, c’està-dire le plasma, quoique celui-ci renferme la plupart des éléments de la nutrition, c’est le sang complet, avec les globules rouges, car ceux-ci sont le véhicule de l’oxygène.

Sources du liquide nourricier. --Ce liquide re-

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nouvelle sans cesse les éléments de nutrition qu’il charrie. Ces derniers, dont une partie peut venir du dedans, par résorption, pénètrent dans le sang : 1° a la surface de la muqueuse intestinale; 2° à la base du cou ; 3° à la surface pulmonaire ; 4° à la surface cutanée; 5° dans l’épaisseur des tissus.

1° A la surface intestinale. — A chaque digestion, les capillaires de la veine grande mésaraïque prennent sur la muqueuse intestinale et charrient vers le foie de nombreux matériaux de nutrition. C’est là que pénètrent, par absorption, dans les capillaires, le sucre ingéré en nature et le sucre résultant de la transformation des substances amylacées; la peptonei résultant de la transformation des substances albuminoïdes; un peu A! albumine; des sels minéraux provenant des aliments et des boissons. L’eau du sang est absorbée aussi à la surface de la muqueuse intestinale; elle vient des boissons et des aliments qui en contiennent en plus ou moins grande proportion.

2° A la base du cou. — Les mêmes substances sont versées dans le sang veineux, à la base du cou, du côté gauche, par le canal thoracique, qui s’ouvre au point de fusion des veines jugulaire interne ' et sous-clavière gauche. C’est là que les matières grasses et la lymphe sont versées en nature dans le sang. Les matières grasses sont absorbées à la surface de la muqueuse intestinale par les chylifères, d’où elles pénètrent dans le canal thoracique. La lymphe vient de l’intimité des tissus, elle renferme des matériaux régressifs qu’elle verse en partiejjdans le canal thoracique et en partie dans la veine sousclavière du côté droit, par la grande veine lymphatique.

3° A la surface pulmonaire. — L'oxygène pénètre en quantité considérable dans les capillaires du poumon (744 gr. et plus en 24 heures pour un homme adulte), et il se fixe sur l’hémoglobine des globules.

■4° A la surface cutanée. — Le sang prend aussi 'de l 'oxygène à la surface de la peau, ainsi que le -prouve la respiration cutanée, et dans quelques circonstances particulières il y prend un peu d’eau.

5° Bans les tissus. — Le sucre contenu dans le sang provient en partie des intestins, mais une grande partie est versée dans le sang par le foie, ce que l’on démontre en analysant le sang venu ' du foie sur un animal qu’on a privé d’aliments féculents.

Tous ces éléments dè assimilation pris à différentes sources circulent dans le sang où ils sont mélangés aux produits de désassimilation qui se rendent aux différentes glandes chargées de leur élimination. L’acide carbonique exhalé en grande partie par les tissus, pénètre dans le sang, se mélange à celui qui se produit dans le sangpar suite de l’oxydation des aliments non azotés, puis il est porté aux poumons chargés de son excrétion. Une partie se porte également aux glandes sudoripares contenues dans la peau. L’urée provenant de la transformation d’une partie des matières albuminoïdes des aliments, des tissus vivants eux-mêmes et du foie, est dissoute dans le plasma du sang, qui la cède petit à petit au rein, chargé de l’ éliminer, etc.

Constitution du liquide nourricier. — Ces nom¬

breuses substances, ainsi que les globules h en suspension ou en dissolution dans le sé* du sang, constituent un liquide visqueux qui ntt111 celte propriété particulière de se prendre, dg coaguler , aussitôt qu’il cesse de circuler dans vaisseaux.

La diversité des sources des agents de la nutriti fait pressentir que le liquide nourricier n’est t** partout le même, et cela pour plusieurs raisons^

D’abord il est certain qu’on trouvera certains e'ié ments en plus grande abandance dans le voisinage des points où ils sont versés dans le sang; aussi le sang du cœur gauche renferme-t-il plus iï oxygène celui du cœur droit plus d’acide carbonique; parla même raison, il y aura plus de sucre dans ie sang qui a traversé le foie, plus d'urée dans l’artère rénale que dans la veine rénale, etc., etc.

D’un autre côté, il faut savoir que certaines substances se modifient dans le sang ou disparaissent avec une extrême, rapidité. Cl. Bernard a montré par exemple, que le sucre se comporte de la manière suivante dans le sang extrait des veines d’un cheval, à une température de 15° (Leçons sur le diabète) : au moment où le sang vient d’être extrait, il renferme lgr,07 de sucre par 1,000 grammes dé sang; après dix minutes, l§r,0t ; après trente minutes, 0gr,88 ; après cinq heures, 0s>, 44 ; après vingtquatre heures, 0§r,00. Il en est de même de l’hypoxanthine, substance qui se rapproche beaucoup de 1 acide urique. Salomon {Revue des sciences médicales, t. XII, pi. 67) a montré que le sang frais en renferme toujours des quantités notables, tandis que le sang du cadavre n’en contient jamais.

On voit, en somme, que le liquide nourricier, partout le même en apparence, est en réalité fort variable dans les différentes parties du corps.

Rapidité de la régénération du liquide nourri mer. Fournissant à tous les tissus les matériaux de leur nutrition, on conçoit que la constitution du sang change rapidement et que sa régénération doive être rapide. En effet, cette régénération est très active, et elle se fait principalement aux dépens de la respiration, de l’absorption intestinale et des matériaux régressifs que la lymphe verse dans le sang. Ce liquide nourricier renaît donc à mesure qu il se détruit, il est dans un état permanent de transformation.

Tous les éléments de nutrition sont dissous dans le liquide nourricier.- Les substances absorbées, gazeuses ou hquides, pénètrent dans le sang par

rictr m4Sei 6 les f dlssolvent dans le liquide nour- “ leS P°rte aux tissus- Elles passent dans npnt TJ- exosmose à ^avers la paroi membraneuse des vaisseaux capillaires. • '

circulatoire étant clos de toutes fpntr’pp JfSi lrnP0?sitde de concevoir autrement rwTLv k iS°rtie des matériaux de nutrition- Pt san Jnfnf S & des capillaires lymphatiques

et sangums que se fait la pénétration ; c’est au tra-

des substances feoSUi"S q"'a "eU 16

diaEDéd?se° oSndU’ phénomène «on démontré de la sortir des vik« admet paS que les lobules puissent éléments anat aUX Sangllins, et lorsqu’on voit les éléments anatomiques baignés par un liquide rou-

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<reâtre, il est admis que la matière colorante des ^ La fibrine provient de l’albumine, c’est un oxyde lobules s’est dissoute dans le plasma avant de d albumine (Scberer). Il est possible que l’oxygène transsuder. de la respiration, en se fixant sur les globules,

Rôle des globules rouges du sang dans la nutrition, forme une combinaison dont le résultat final serait

J’ai dit que les globules rouges doivent être con- la fibrine; autrement dit, les globules, en se détrui-

idérés comme faisant partie du liquide nourricier, sant, formeraient la fibrine du sang.

rce qu’ils sont le véhicule de l’oxygène, l’un des principaux matériaux de la nutrition. Mais il n’est pas prouvé que leur action se borne là, et ils accomplissent certainement, dans l’intérieur du liquide nourricier, un rôle que je qualifierai de mystérieux, pour accuser l’ignorance dans laquelle nous soinûies à cet égard.

Quelle est l’action des globules sur les substances contenues dans le plasma, les éléments anatomiques des tissus? C’est ce qu’on ignore.

On sait qu’on ne trouve ces globules que dans le sang, on sait qu’ils se forment sans cesse aux dépens des matières organiques du sang, de l’albumine, et qu’ils se détruisent sans cesse. Selon Hollander, leur durée n’est que de quelques jours, de sorte que les globules seraient dans un état de rénovation incessante.

La fermentation, et la destruction des globules rouges sont prouvées par ce fait que leur nombre diminue lorsque l’absorption digestive est diminuée ou supprimée. Lorsqu’un individu subit une perte de sang, les globules diminuent et la nutrition est ! languissante jusqu’à ce que les globules soient régénérés.

Rôle des globules blancs du sang dans la nutrition.— Les globules blancs, versés dans le sang veineux par le système lymphatique, etc., circulent dans le sang avec les globules rouges, mais nous ne savons pas ce qu’ils deviennent. On a admis, sans preuves suffisantes, qu’ils se transforment en globules rouges.

1 2. Métamorphoses dans le sang des substances absorbées. — Nous avons vu, en étudiant la digestion, à quel état pénètrent dans le sang les substances alimentaires. Ces substances circulent dans le sang, et le plasma n’est qu’une dissolution dans l’eau des substances absorbées, des globules détruits et des produits de désassimilation qui doivent être expulsés par les glandes. Que deviennent les substances absorbées? Vont-elles se fixer directement sur les tissus sans avoir subi de métamorphoses? Se dirigent-elles vers les glandes? Sontelles modifiées dans l’épaisseur du sang? Questions difficiles à résoudre et sur lesquelles la science n est pas définitivement fixée. Voici cependant les données que nous possédons.

Aliments azotés. — Les aliments azotés, substances albuminoïdes, substances quaternaires,

L’action de l’oxygène sur l’albumine se manifeste d’une manière évidente dans l’œuf des ovipares. Celui-ci, qui ne renferme que de l’albumine au début, contient un peu de fibrine dès que la respiration s’établit à travers les porosités de la coquille. On sait aussi qu’un courant d’oxygène fait naître de la fibrine dans le sang défibriné (Smée).

On croit assez généralement que la fibrine est exhalée par les vaisseaux au fur et à mesure de sa production, et que" les 3 millièmes de fibrine qu’on trouve dans le sang correspondent à la quantité de fibrine qui se serait formée pendant le temps que demande la coagulation du caillot. Autrement dit, le sang extrait de la veine ne contiendrait pas de fibrine, èt celle-ci se produirait en quelques instants par la destruction d’une certaine quantité de globules.

L’oxydation des peptones se continue dans lé sang sous le nom de matières extr < ■ tires. Le maximum, les degrés les plus avancés, ■! -s derniers termes de cette oxydation sont V acide nque et Vurée. Nous reviendrons sur ce sujet dans le paragraphe suivant.

Aliments non azotés. — Ces substances, formées d’oxygène, d’hydrogène et de carbone (substances ternaires), sont constituées par les matières féculentes, les matières grasses et le sucre. Les premières se transforment en sucre avant d’être absorbées, et les matières grasses pénètrent en nature dans le sang. L’oxygène de la respiration, fixé sur l'hémoglobine des globules, agit sur ces matières et les oxyde. Cette oxydation, dans laquelle l’oxygène libre se combine au carbone de la substance alimentaire, produit de l’acide carbonique et de l’eau par suite de la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène restant. L’acide cabonique de la respiration prend donc sa source, non seulement dans les tissus, mais aussi dans le sang.

Tous ces phénomènes d’oxydation, qui s’accomplissent dans le sang, produisent une certaine quantité de calorique et sont une des sources principales de la chaleur animale.

IL — Les échanges entre le sang et les tissus vivants. — Les substances alimentaires et l’oxygène absorbés arrivent dans les vaisseaux capillaires des tissus. C’est là que se produisent les phénomènes les plus intimes de la nutrition.

Les éléments anatomiques des tissus sont séparés

de peptone ou d ’albuminose.

D’après les recherches assez récentes, faites par

parla paroi des vaisseaux capillaires. Le phénomène de l’osmose va jouer un grand rôle dans la production des actes connus sous le- nom de trans-

e ralb^e de

de l’albumine de l’alimentation est absorbée aieiai d’albumine sans être transformée en peptone. D’après Pick, cette portion d’albumine et les peptones auraient une destination différente, ainsi que nous le verrons plus loin. , ,

Les globules rouges du sang se forment aux dépens de l’albumine.

— Transsudation et résorption interstitielles. — Transsudation. — La transsudation interstitielle consiste dans le passage des substances nutritives et de l’oxygène à travers les parois des | capillaires.

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L’oxygène, pris par le sang dans le poumon, passe à travers la paroi des capillaires (exhalation gazeuse interstitielle) et détermine l’oxydation des éléments anatomiques. C’est ainsi que se fait la respiration des tissus; c’est là une des principales sources dé la chaleur animale.

Le plasma du sang transsude également et vient baigner les éléments anatomiques d’une solution d’albumine, de fibrine, de substances salines et de sucre dans l’eau. Ce liquide, qui prend le nom de lymphe hors des vaisseaux sanguins, sert à réparer les pertes des éléments anatomiques;, puis il est repris par les capillaires lymphatiques qui le transportent dans les ganglions lymphatiques, où il se régénère, puis dans le canal thoracique, qui le verse à son tour dans le sang veineux.

Dans l’état actuel de la science, il est difficile d’expliquer par quelle action vitale l’oxygène est enlevé à l’hémoglobine. Le sang sorti des vaisseaux perd bien lentement son ‘oxygène. Mis en contact avec des substances très oxydables, il cède difficilement son oxygène, et cependant ce gaz se sépare rapidemént des globules si Ton injecte le sang dans le réseau capillaire d’un animal qu’on vient de tuer.

La quantité de matériaux nutritifs et d’oxygène consommés en un temps donné varie naturellement dans les tissus et dans diverses circonstances mal déterminées. On peut, par exemple, supposer que * les tissus en activité consomment plus de matériaux qu’à l’étal de repos, et cette supposition vient tout naturellement à l’esprit lorsqu’on envisage la différence qui existe entre la quantité d’oxygène consommé par un muscle à l’état de contraction et par le même muscle au repos.

Résorption. — Au fur et à mesure que les matériaux de nutrition et l’oxygène passent du sang vers les tissus, ceux-ci rejettent des matériaux de déchet et de l’acide carbonique qui sont résorbés par les mêmes capillaires.

Les matériaux de déchet forment les matières extractives du sang, qui seront éliminées par les glandes (eréatine, créatinine, acide urique, urée, etc.). L’acide carbonique se fixera sur le plasma, qui s’en débarrassera à son passage à travers le poumon.

Il est probable que la formation de l’acide carbonique commence dans les éléments anatomiques eux-mêmes, au contact de l’oxygène, et qu’elle se continue dans les. capillaires. Absorption de l’oxygène par les éléments anatomiques, et exhalation .de l’acide carbonique, voilà ce qui constitue la respiration des tissus. Les tissus respirent dans le sang, comme le sang respire dans l’air au niveau des poumons.

§ 2. — Assimilation et désassimilation. — La transsudation interstitielle précède incessamment l’assimilation, la résorption suit la désassimilation Voici en quoi consistent ces deux phénomènes :

Assimilation. — L’assimilation est une action en vertu de laquelle le corps transforme en sa propre substance les matières dont il se nourrit. Elle est donc destinée à réparer les pertes des tissus, à les accroître et à les régénérer.

L’assimilation porte sur les aliments azotés et sur les aliments non azotés. Nous avons vu plus haut que le liquide qui transsude aux travers des vais¬

seaux capillaires est une dissolution de matér' albuminoïdes, de sels, de sucre et probablement^ matières grasses. ae

Les substances albuminoïdes sont prises par 1 éléments anatomiques, qui se les approprient. Eli S se transforment peu à peu en la substance de l’ér' ment anatomique; elles concourent à sa constif6" tion, et sont pour cela désignées sous le nom T principes constituants.

Les aliments non azotés, sucre et peut-être matières grasses, qui imbibent les éléments anatomiques, apfès la transsudation, n’entrent pas dans la constitution même des éléments anatomiques fibres et cellules. L’action de l’oxygène continué à s’exercer sur eux, et cette oxydation produit une chaleur qui, probablement, favorise le fonctionnement de l’élément ahatomique.

Liebig avait divisé les aliments en plastiques & respiratoires. Les premiers formés par les albuminoïdes devaient être assimilés pour former les éléments anatomiques, les autres formés par les substances ternaires, non azotées, étaient destinés à produire de la chaleur parleur décomposition en acide carbonique et en eau.

Cette théorie, très séduisante, ne paraît pas soutenable aujourd’hui. D’après Liebig, les aliments azotés étaient assimilés, servaient à la constitution des tissus, principalement du tissu musculaire, et produisaient le travail du muscle. Mais comme ce travail s’accompagne de chaleur, on doit rapporter travail et chaleur à la même cause,- à l’emploi des mêmes substances assimilées.

U est admis aujourd’hui que les albuminoïdes du sang,, c est-à-dire les peptones se transforment en principes gras et en principes azotés. Les principes azotes sont éliminés au fur et à mesure de leur production, urée, etc., les principes gras se portent vers les tissus et jouent probablement le rôle de matériaux d’oxydation.

Injectez des peptones dans les veines d’un animaf’ tout 1 azote de ces peptones passe dans l’urine.

Laites la meme expérience sur un animal auquel vous aurez extirpé les reins, l’urée s’accumule ans e sang et dans le foie en plus grande quanstein)U a^reS ^ ext*rPat*on simple des reins (Gold-

a?Smentation d’urée après un repas tton dWpne'SeXphqUe qu’en atti-ibuant la produc-

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sance au* matériaux de déchet ou matières extractives, et à de la graisse qui va s’accumuler dans les tissus. Lorsque la désassimilation est supérieure à l’assimilation, il y a usure des tissus. Cette usure s’observe surtout dans le- tissu musculaire.

La désassimilation s’exerce' également sué les matériaux de nutrition non azotés, et par une véritable oxydation, soit dans l’épaisseur des tissus, soit dans les vaisseaux. Il en résulte une production d’acide carbonique et un développement de chaleur. . ’ ,

Dans les tissus non vasculaires (cornee, cartilages articulaires, épithélium, etc.), l’assimilation et la désassimilation sont identiques, seulement elles sont moins actives. Elles ont lieu- de proche en proche par l’intermédiaire des vaisseaux les plus voisins, vaisseaux de l’os pour le cartilage, vaisseaux sous-épithéliaux pour l’épithélium.

L'es matières extractives , matériaux de. déchet, formés par l’oxydation des éléments anatomiques, sont solubles et passent dans les vaisseaux capillaires par résorption interstitielle. Ces matières sont la créatine, la créatinine, la leucine, la tyrosine, l’acide urique et l’urée, etc. On voit donc que finalement les substances organiques albuminoïdes, sous l’influence de l’oxydation, passent à l’état inorganique cristallisable et qu’elles sont définitivement éliminées par les reins.

III. — Les échanges entre le sang et l’extérieur. —La nutrition ne consiste pas uniquement dans les phénomènes physico-chimiques qui se produisent ’ au sein des tissus, elle comprend aussi les phénomènes d’assimilation et de désassimilation gazeuses qui ont lieu à la surface cutanée et à la surface ■ pulmonaire.

Les matériaux de nutrition que nous avons étu- | diés.plus haut parviennent dans les tissus à l’état de dissolution, mais l’oxygène pris à la surface de la peau et du poumon est aussi un élément de nutrition, de même que l’acide carbonique est un élément de désassimilation.

L’assimilation consiste dans l’absorption de 1 oxygène par le poumon et par la peau. Ce phénomène sera étudié avec la respiration pulmonaire et la • respiration cutanée.

La désassimilation comprend, non seulement l’exhalation de l’acide carbonique, mais encore celle de plusieurs autres substances, et en particulier de. l’eau. Il sera question de l’exhalation de l’acide carbonique lorsque nous étudierons la respiration. -

Miasmes. — Parmi les matériaux de dechet qui Proviennent des tissus et du sang lui-même, U se trouve une substance volatile inconnue dans son . essence, mais dont là présence peut être prouvée dans l’air expiré. Cette substance organique spéciale, qui s’exhale sans cesse du corps de 1 individu, se reconnaît le matin à l’odeur de 1 atmo phère d’un appartement clos où une personne j a séjourné. Elle est en suspension dans l’air et ei Passe dans le sang avec l’oxygène de la respir lion. C’est elle qui, sous le nom de miasme, transporte le germé des maladies de l’individu ma à l’individu sain. On prouve son existence en misant passer le courant d’air de l’expiration a

vers une solution de nitrate d’argent qui se colore en rose, ou dans l’acide azotique qui se colore en jaune, réactions propres aux matières organiques.

IV. — Conséquences des échanges du sang avec les tissus et avec l’extérieur. — La conséquence des échanges du sang avec les tissus et avec l’extérieur, c’est Y accroissement (Y. ce mot).

Dr J.-Â. Fort.

NYCTALOPIE.— On l’appelle aussi cécité diurne, amaurose diurne. Ce qui caractérise cette affection, c’est que les sujets qui en sont atteints ne distinguent bien qu’après le coucher du soleil, et qu’ils sont aveugles dans la journée. La maladie se montre parfois simultanément sur un grand nombre d’in- . dividus.On rapportel’histoire de deux cents hommes du régiment de Picardie, en garnison à Landâu (Alsace) qui, pendant l’été de 1772, furent pris d’une cécité se manifestant vers le milieu du jour, pendant que le soleil brillait dans toute sa splendeur. Tant que cet astre n’était pas couché, ils ne pouvaient reconnaître leur chemin. Si, pendant un jour couvert, ils allaient se promener dans les champs et que les nuages, venant à se dissiper, découvraient le soleil, leurs camarades étaient obligés de les conduire jusqu’à ce que dps nuages vinssent de nouveau couvrir l’astre.

Il ne faut pas confondre avec la nyctalopie, 1 amélioration de la vision survenant, à la tombée de la nuit, chez les sujets atteints de photophobie ,- et chez ceux qui ont des. cataractes centrales. Dans les deux cas, la même amélioration s’obtient dans la journée, à la condition de tenir les malades dans un demi-jour ; ce qui a pour conséquence : pour les photophobes, de diminuer l’intensité de la lumière tombant dans l’oeil; pour les cataractés, de permettre à un certain nombre dé rayons lumineux de traverser les portions demeurées transparentes de la phériphérie du cristallin, laquelle phériphéne du cristallin est mise à découvert par la dilatation pupillaire. - Dc FaN0,

NYMPHÉA. — (V. Nénuphar.)

NYMPHES. — (V. Lèvres [petites].)

NYMPHOMANIE. — (V. Monomanie et Folie lucide.)

NYSTAGMUS. — C’est une affection caractérisée par des mouvements involontaires et oscillatoires du globe oculaire. Les yeux sont .agités de mouvements en divers sens : dans les cas légers, c est un mouvement de rotation du globe sur 1 axe antéropostérieur; dans les cas les plus graves, c est un déplacement latéral de l’.œil. Les oscillations sont quelquefois très fréquentes; on en a compe jusqu’à 180 par minute. Le malade n’a pas conscience de ces mouvements qui sont soustraits a empire de la volonté. Les émotions morales, I exercice du sens de la vue porté jusqu’à la fatigue, la fixation continue d’un objet, le regard dans certaines directions, augmentent le nombre des oscillations de l’œil.

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