‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 127 sur 289 · NO U · texte numérisé non relu

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dérable. . tt ,

pu choix d une nourrice. — Une bonne nourrice doit réunir un cerlain nombre de conditions, dont la plupart ne peuvent être vérifiées que par un médecin. Je ne saurais donc trop conseiller aux mères qui veulent faire allaiter leur enfant, de charger leur médecin de les aider de ses conseils dans°ce choix délicat et difficile.

En ce qui touche l’âge , il faut que la nourrice ait^de 20 à 35 ans. L’analyse démontre en effet

s chez des nourrices a distance est-elle consi- des efforts de succion qui le fatiguent et l’épuisent.

Quant au lait, il faut s’assurer de son âge, de sa e nourrice. — Une bonne nourrice quantité et de sa qualité.

;erlain nombre de conditions, dont Et d’abord, quel âge doit avoir le lait? Autrement peuvent être vérifiées que par un dit, faut-il prendre pour nourrice une femme qui saurais donc trop conseiller aux vient d’accoucher, ou une mère dont l’enfant à 2, lent faire allaiter leur enfant, de 3, 4, ou 6 mois? A mon avis, une femme qui vient

edecin de les aider de ses conseils d’accoucher, étant sujette à des engorgements de

élicat et difficile. l’utérus et de ses annexes, il ne me paraît pas pru-

ache l’âge, il faut que la nourrice dent delà choisir pour nourrice d’un nouveau-né.

ans L’analyse démontre en effet D’un autre côté, une mere dont l’enfant a plus de

«nV7e lait d’une femme de 16 à 20 ans renferme 3 ou 4 mois, a un lait trop fort qui s’éloigne trop

T grammes d’eau de moins que la moyenne, de la composition de eelurd une femme récemment :

Gammes de caséine de plus, 10 grammes de accouchée. En somme le meilleur lait est celui

leurie et fort peu de sucre, ce qui le rend d’une d’une nourrice accouchée depuis 6 semaines ou

anation difficile pour le nourrisson. Chez la femme 2 mois. , , , .... , ...

K à W ans, au contraire, le lait contient une Pour se rendre compte de la quantité de son lai lî srande quantité d’eau et moins de parties so- et de sa qualité, on le fait sourdre euccesstvemen Mes que la moyenne, il est, par conséquent, trop

^Généralement les nourrices brunes sont préféra- sissant un moment ou S/wt

sursis-

» 1 ÏSManS comme du lait ’deracbe, on

ue le lait d’une femme de 16 à 20 t

très bonnes, tout comme il y a des femmes brunes blanc, opaque, comum u qui sont de piètres nourrices. Autant que possible on dire qu il est riche, est-il prendra une nourrice ayant une belle dentition, les et d une couleur bleuat dents cariées indiquant souvent une mauvaise con- vrete. ûy -n.

stitution et donnant à l’haleine une odeur fétide. Il laut ensuite exam m

désagréable, et les dents absentes rendant la masti- car, ainsi qe 1 aiortb e. cation plus difficile et par suite la digestion plus demique, « Lenfant est £

laborieuse. On examinera le cou, pour voir s’il n’y Si 1 enfant est beau s i

a pas d.e cicatrices, de glandes ou de ganglions en- pleines, . > "

gorgés, signes irrécusables d'une conslitulion lym- brees, 1

P“Zesc0u\erat cœui el les poumons pour s'as- en Garde contre les supe surer qu’elle n’a. ni maladie de l’appareil circula- les substitutions moine toire, ni maladie de l’appareil respiratoire (bron- quentes d“^e* blJreJU chite chronique, phthisie, etc.). On s’assurera vdles’ de ensuite qu’elle n'est atteinte ni de syphilis, ni de s assurer que l enfa q fièvres intermittentes, ni de diarrhée chronique, ni bien ^Uement le sien, d’hystérie, ni d’épilepsie, ni d’aucune maladie dia- Uficj .de > naissa , thésique. On s’assurera enfin que ses réglés ne se e sont pas revenues, et qu’elle n’est pas enceinte a dans son JW ^ pc

n°Celaafait, on examinera les seins et le lait. Beau- fêtions on peut exam coup de parents sont séduits par les grosses ma ( N.. J, nreodre une r melles, c’est là une erreur qu’il importe de redre - P gQn r

ser. Les grosses mamelles sont souvent lindic fi Q nt déjà

d’une constitution lymphatique, car leur vomn . , y CTaad<

est dû plutôt à l’accumulation de la graisse qu au question napasgr d développement de la glande mammaire. 11 faut.

prendre une nourrice ayant des seins en poff » . j grandes ville

sur lesquels on voit des veines bleuâtres bien - engénéral les i

sinées, indices de la richesse de la

seins peu gros, mais possédant la glande t j îVxnérience

maire bien développée, c;est-Wu:e prMenla>i direction de Mlaitem.

palper de grosses nodosités, des “‘"s . ” “ares et soins à donner au non

conique et très prononce, exempts de gerçui aPrni(.re aues

de boutons, avec un mamelon percé d'un »» „ ®“-J ‘“S o2 un

dire qu’il est riche ; est-il au contraire séreux, clair, et d’une couleur bleuâtre, on peut affirmer sa pauvreté. .

Il faut ensuite examiner l’enfant de la nourrice, car, ainsi qe l’a fort bien dit Blot à la tribune académique, « l’enfant est le véritable réactif du lait. »

Si l’enfant est beau, s’il a le teint frais, les joues

pleines, l’œil vif, les fesses saillantes et bien marbrées, les chairs fermes, s’il pèse lourd, c’est que la mère a du bon lait. Seulement, il faut ici se mettre en garde contre les supercheries et les fraudes, car les substitutions momentanées d’enfant sont frequentes dans les bureaux de nourrices des grandes villes, de Paris surtout. Il est donc indispensable de s’assurer que l’enfant que présente la nourrice est bien réellement le sien, et exiger pour cela son certificat de naissance, et prendre, en outre, des ren seignements auprès du médecin de la nourrice

dans son pays. , , . . ..

Enfin, si l’on veut pousser plus loin ses investigations, on peut examiner le lait au microscope iV. Lait). ' . . , . .

Faut-il prendre une nourrice primipare, c est-a? dire qui en est à son premier enfant, ou lui en préférer une ayant déjà nourri. A la campagne la question n’a pas grande importance, la mère ayant presque toujours le temps de faire l’éducation d’une nourrice novice. 11 n’en est pas de meme dans les grandes villes, à Paris surtout, ou on préfère en général les nourrices ayant déjà tait une nourriture dans une grande ville, ayant Par " quent de l’expérience, tant au point de vu direction de l’allaitement qu’au point de vue des

soins à donner au nourrisson. ,

Une dernière question. Faut-il prendre une nourrice mariée ou une fille-mere? Dans les gran-

grand nombre d’orifices, ce dont on s’aAsurn en nourrice man^^^^^ me semble préférable, car t.,.». ieur base, avec le pouce et linaex, | u , 0iiA ost moins Axie-eante.

- ^ oul, - - lin nar co situation même, elle est moins exigeante,

une pression qui fait jaillir le lait en gerbe , V tyrannique que la nourrice mariée, dont le trop petit nombre d’orifices laissant sortir peu. y fi uJnt et continuel prétexte à ca¬

lait à la fois et nécessitant de la part du nourrisson man est un

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rottes. Rappelez-vous ce type, plus exact qu’on ne pense, de mari de nourrice, dans Nounou, la désopilante comédie du Gymnase!

Régime et hygiène de la nourrice. — Le régime de la nourrice sera celui de la mère qui allaite. Nous l’avons exposé au mot allaitement , nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur. Toutefois, il sera bon d’y apporter quelques modifications. Comme en général la femme qui se fait nourrice ne mange pas beaucoup de viande à la bampagne, il faudra d’abord lui en dpnner peu, mais, en revanche, force légumes, et on n’augmentera que peu à peu la quantité de viande. Comme boisson, avec le professeur Tarnier, je trouve qu’un demi-litre de vin ou une bouteille de bonne bière par jour sont suffisants. Si elle a soif entre les repas, on lui donnera de la tisane d’orge et' de réglisse. Je suis aussi d’avis, pour que ce régime soit rigoureusement observé, de faire manger la nourrice à la table des maîtres.

Quant -à l’hygiène corporelle, je crois qu’il est bon, non seulement de lui faire prendre un bain de corps tous les quinze ou vingt jours et des bains de pieds tous les huit jours, mais encore de lui faire, laver la bouche, les dents et les organes génitaux une fois par jour.

De plus, la nourrice devra sortir au moins deux heures par jour, lorsque le temps le permettra, mais jamais seule, et toujours accompagnée de la mère ou de quelqu’un delà famille, pour qu’elle ne puisse pas aller boire du vin, du café ou des liqueurs, et voir son mari ou son amant, ce qui pourrait amener une nouvelle grossesse : préjudiciable à l’allaitement. Dans l’intérieur dé la maison, bien loin de la laisser oisive, on lui fera faire des travaux de couture.

Il est essentiel que la nourrice donne alternativement les deux seins à l’enfant. Quant aux soins à leur donner avant et après chaque tétée, ils ont été exposés en détail à l’article allaitement, auquel nous ne pouvons que renvoyer.

Terminons cet article déjà long, par l’examen aun certain nombre de particularités qui peuvent survenir pendant le cours de l’allaitement.

La quantité de lait fourni par la nourrice peut îmmuer pendant les 5 à, 8 premiers jours. Cela îent presque toujours au trouble que lui causent le changement de milieu et de régime, et au chagrin bien naturel et bien, excusable que lui cause la séparation de son enfant, mais peu à peu elle s accoutume à sa nouvelle existence et le lait redevient abondant.

La nourrice peut voir ses règles revenir. Faut-il pour cela la renvoyer, ainsi que bon nombre de personnes le pensent. Tel n’est pas mon avis. Il est vrai que pendant la période menstruelle le nourrisson est assez souvent incommodé, qu’il dirère moins bien, qu’il a même parfois des vomîssements et de la diarrhée, mais tous ces accidents sont légers et éphémères dans la grande majorité (testas, et tout rentre dans l’ordre, aussitôt cette période passée. Il ne faut donc pas s’alarmer tout e suite et se hâter de renvoyer la nourrice. Il ne i se ; décider à cette extrémité fâcheuse que si

accidents signalés plus haut prenaient une gra- i

vitë réelle, surtout si l’enfant avait des désord du système nerveux, des convulsions. res

La nourrice peut devenir grosse. Faudra-t-il au • la renvoyer, par suite de cette croyance populai»1 absolument erronée que le lait d’une femme en ceinte est un véritable poison? Voici ma réponse' voyez les animaux, tous les jours on observe des femelles pleines allaiter leurs1 petits presque jus qu’au moment de mettre bas, sans que ceux-ci s’en portent plus mal. Voyez aussi les femmes, le nombre est encore assez grand de celles qui allaitent leur enfant presque jusqu’au terme d’une nouvelle grossesse, sans que ceux-ci en souffrent aucunement. Cependant je reconnais que certains enfants allaités par une nourrice grosse ont des troubles intestinaux graves et dépérissent. Dans ces cas, il faut faire cesser l’allaitement et changer la nourrice.

Enfin, la nourrice peut être atteinte d’une maladie. Si celle-ci est légère (angine simple, bronchite, rhume, grippe), vous pouvez laisser téter l’enfant. Si c’est une pneumonie, une pleurésie, il faut retirer l’enfant du sein. Si c’est une maladie contagieuse (rougeole, variole, scarlatine, fièvre typhoïde), il faut séparer l’enfant de sa nourrice, dès qu’on aura reconnu la maladie. Malgré cette séparation, il arrive encore souvent que la transmission de la maladie à l’enfant se fait quand m®me* Dr A.-L. Labarthe père.

NOURRISSON. — Nom donné aux petits enfants: pendant tout le temps qu’on les allaite, p. l.

NOUVEAU-NÉ. — On appelle ainsi l’enfant qui vient de naître. Le premier devoir de l’accoucheur, aussitôt la sortie de l’enfant des organes génitaux maternels, est de faciliter l’introduction de l’air dans les voies aériennes. En général, l’enfant est à peine expulsé que, sous rinflùence de la contraction des muscles pectoraux et du diaphragme,

1 air pénètre dans les poumons, puis, brusquement chassé par une expiration saccadée, détermine: un premier vagissement, suivi rapidement de plusieurs autres. On perçoit souvent, au moment de l’expiration, une sorte de barbotage dans l’arrière-gorge, résultat de la présence de grosses mucosités accumulées en ce lieu. Il suffit ordinairement de l’introduction, une ou plusieurs fois répétée, de l’index aans 1 arriere-gorge, pour amener à l’extérieur ces mucosités et débarrasser ainsi les voies aériennes de l enfant.

Mais ce premier vagissement tarde quelquefois à se produire soit que l’enfant naisse congestionné, ih,en Vite à la coloration bleuâtre de anép ? .Juelqoefois même de toute la surface cuanTmlé à hZ- Con?aire se présente comme

de tmm’l asphyxié> avec une pâleur générale

m , egumentSj et plus particulièrement des

ZsTe l S-leVreS 6t des Paopiores.

auelmZm- (‘er Cas’ ü sufflt souvent d’attendre JenrendreZ? f - P°Ur Voir peu a Pe'a la coloration tioPn s’établi f Z16 rosée‘ normale et la respiraformation tarZ?hement* D’autres fois, cette transsection nen i anî troP àse produire, on est obligé de sectionner le cordon ombilical et, avant de lelier,de

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laisser couler par le bout qui reste fixé au corps de l’enfant quelques gouttes de sang. Cette petite saicrnée suffit pour faire disparaître la congestion générale et provoquer les cris impatiemment attendus. H n’est Pas rare’ ^ans ce cas’ d’observer sous la conjonctive oculaire quelques taches ecchymotiaues limitées qui demanderont plusieurs semaines avant de disparaître complètement. C’est principalement à la suite des présentations de la face que ce phénomène se manifeste.

Asphyxie des nouveaux-nés. — Quand on est en présence d’un enfant à demi asphyxié, après avoir dégage l’arrière-gorge des mucosités souvent mélangées de méconium que l’enfant a pu aspirer, dans des efforts respiratoires pratiqués avant le dégagement de la tête, on sectionnera le cordon dont les deux bouts seront liés avec soin, et on cherchera par diverses excitations à provoquer des efforts respiratoires»

On frictionne la. poitrine avec du vinaigre, on excite la muqueuse pituitaire avec les barbes d’une plume introduite dans les narines, on pratiques quelques flagellations sur le siège en relevant les jambes, la tête étant tenue plus basse. Il faut avoir soin d’envelopper le corps de l’enfant, et surtout les pieds et les jambes, de linges chauds qu’on j renouvelle fréquemment.

On a encore essayé de provoquer les mouvements, respiratoires en tenant le corps de l’enfant avec les deux mains et lui imprimant de rapides mouvements de haut en bas.

Mais, de tons les moyens mis en avant, le meilleur est encore la respiration artificielle obtenue par l’introduction de l’air dans les poumons, à l’aide du tube insufflateur de Chaussier, modifié par Depaul. L’enfant bien enveloppé de linges chauds est disposé sur un oreiller, le cou étant légèrement saillant, par suite du rejet de la tête en arrière. Le tube est introduit dans la trachée, les mains de l’opérateur placées sur la face de l’enfant appliquent exactement les lèvres de l’enfant contre le tube en fermant les narines afin d’éviter que l’air, poussé dans les poumons qu’il doit distendre, ne s’échappe plutôt par les ouvertures naturelles. On souffle légèrement dans le tube, puis on se retire, afin délaisser à l’élasticité du poumon et de la poitrine le soin de chasser, parce même tube, l’air qu’on vient d’introduire. On répète la même manoeuvre jusqu’à ce que l’on voie la poitrine de l’enfant se contracter et faire elle-même des efforts inspiratoires et expiratoires. Mais l’on ne cessera la respiration artificielle qu’après avoir vu les efforts spontanés se rapprocher de plus en.plus et se produire même en dehors de toute insufflation nouvelle d’air dans la poitrine. Inutile d’ajouter que l’on devra enlever le tube insufflateur et le nettoyer chaque fois qu on aura reconnu la présence de mucosités dans ce tube. L’insufflation devra se refaire, non seulement toutes les fois qu’on aura reconnu l’existence de pulsations fœtales soit au cordon ombilical, soit par l’auscultation cardiaque, mais on devra aussi la tenter pendant quelque temps , même si l’on n a Perçu aucune pulsation cardiaque ou ombilicale. Lorsque, dans ces cas, après un quart d’heure d in¬

sufflation on n’a pas réveillé les pulsations, on peut considérer l’enfant comme impossible à ranimer. Après avoir pratiqué l’insufflation pendant une heure ou plus, bien qu’on ait obtenu des battements cardiaques, si on ne détermine pas d’efforts respiratoires, on pourra également renonce!- à ranimer l’enfant.

Lorsque la respiration s’est à peu près établie, on obtient une régularité plus parfaite et on augmente les forces de l’enfant en plongeant ce dernier dans un bain un peu chaud.

Nous avons dit qu’il fallait, à l’enfant qui naissait pâle, anémique, syncopé, s’empresser de sectionner le cordon ombilical et de le lier avec soin pour pouvoir donner à l’enfant les soins que réclame son état. Si, au contraire, l’enfant naît en bon état ou un'peu étonné, il est préférable d’attendre avant de couper le cordon ombilical. Dans ce cas quelques minutes suffisent, et il n’est pas nécessaire d’attendre, comme quelques auteurs l’ont proposé, que toute pulsation ait disparu dans le cordon. Toutes les fois qu’on sera pressé découper le cordon pour soigner l’enfant d’une manière ou d’une autre, on sectionnera cette tige ombicala à la place qui tombera sous la main sans s’inquiéter si on laisse au ventre du fœtus un bout plus long que d’usage. Il sera toujours temps de le régulariser plus tard. Autrement on doit laisser environ quatre à cinq centimètres de cordon au ventre de l’enfant, et la ligature très serrée devra être faite avec un fil assez gros qu’on aura préalablement ciré. On aura soin, si le cordon est gras ou infiltré, de surveiller la ligature pendant les deux ou trois premiers jours, et surtout dans les heures qui suivent la naissance, car il n’est pas rare que cette ligature ait besoin d’être resserrée ou même refaite complètement.

Souvent les enfants, au moment de la naissance, portent sur' les reins, les fesses, les cuisses, sous les aisselles, dans les aines, dans les plis génitaux cruraux, dans les plis du cou, etc., des amas graisseux, formés par l’accumulation de matière sébacée. Pour nettoyer les enfants on se servira d’un corps gras (huile, cérat, beurre, saindoux, jaune d’œuf), qui dissout cette matière et permet de l’enlever assez facilement avec un linge fin.

L’enfant devra ensuite être baigné dans de l’eau à 34 ou 36 degrés centigrades et, avec une éponge, on aura soin d’enlever le sang et les mucosités qui se fixent souvent aux cheveux. On passera ensuite l’éponge sur tout le corps et principalement dans les plis de la peau, afin d’enlever le surplus d’huile ou de tout autre matière grasse qui aura servi à enleyer la matière sébacée.

Après quoi l’enfant sera essuyé dans un linge préalablement chauffé ou dans un grand carre de flanelle. On le saupoudre ensuite avec de la poudre d’amidon sur toutes les parties du corps et on se met en devoir de l’emmailloter (V. Maillot).

Etant emmailloté, l’enfant est porté dans un berceau (V. ce mot) que je préfère fixe, c’est-à-dire monte sur quatre pieds et dépourvu de moyens propres à bercer. En un mot, je repousse absolument labercelonnette qui, par son équilibre insuffisant, a été cause quelquefois d’accidents graves. Le berceau

devra être chauffé et maintenu chaud à l’aide de boules pleines d’eau chaude maintenues à une certaine distance du corps de l’enfant. Le berceau devra également être muni de rideaux qui permettront à la température de rester plus fixe dans une aussi petite masse d’air, et qui éviteront les courants d’air et la trop vive lumière du jour.

On aura eu soin, pendant le nettoyage de l’enfant, de s’assurer de l’intégrité de tous ses organes, de l’existence d’un anus, du nombre de ses doigts aux pieds et aux mains, de la bonne conformation des pieds, de la bouche, etc., et l’on aura soin, si l’on aperçoit quelque point défectueux, comme le spinabifida, des bulles de pemphigus, un céphalæmatome, un bec-de-lièvre, etc., de prévenir aussitôt l’accoucheur, le mari ou tout autre personne de la famille, mais de n’en rien dire à la mère; j’ai vu une annonce semblable amener chez une femme impressionnable une attaque d'éclampsie.

Hygiène du nouveau-né. — Du cordon ombilical. — Nous avons déjà décrit dans une autre partie de ce Dictionnaire, les précautions à prendre pour lier le cordon ombilical (V. Accouchement). Nous avons dit qu’on avait l’habitude de laisser au ventre de l’enfant un bout de cordon d’üne longueur d’environ 4 à 5 centimètres. Quand le premier bain a été donné, avant l’emmaillotement, on panse cette partie. On prend un linge carré de 10 centimètres environ; on pratique au centre un trou suffisant pour faire passer le bout du cordon, ou l’on fait sur l’un des côtés de ce linge une fente qui se prolonge jusqu’au centre de ce carré, on met un peu d’huile, de cérat ou de beurre sur le linge, principalement autour du centre, et le bout du cordon ayant été placé dans l’ouverture ainsi pratiquée, le linge est replié plusieurs fois sur ce cordon qui se trouve en quelque sorte emmailloté. Après quoi on assujettit ce pansement à l’aide d’une bande de toile fine ou de flanelle de 8 à 9 centimètres de large environ, et qui ne doit pas faire plus de deux fois le tour du corps de l’enfant.

Le pansement du nombril doit se faire tous les jours le matin aussitôt après le bain. A ce propos quelques personnes hésitent à donner des bains au nouveau-né tant que le cordon n’est pas tombé. Je suis d’un avis contraire. D’abord le bain est dans les premiers temps un excellent moyen de propreté; il n’est pas assez prolongé pour affaiblir l’enfant et l’on est sûr, par ce moyen, que toutes les traces des déjections sont enlevées, surtout si l’on prend soin de passer l’éponge rapidement dans tous les plis de la peau. C’est pendant le bain qu’on doit retirer le linge carré qui enveloppe le nombril, quand ce linge a été bien pénétré par l’eau du bain. Il se détache alors facilement et l’on n’est pas exposé à provoquer par des tiraillements intempestifs une rupture prématurée des vaisseaux ombilicaux, ce qui exposerait à une hémorrhagie plus ou moins abondante.

Le bout du cordon ombilical laissé au ventre de l’enfant se détache et tombe, avec le linge qui l’environne, du quatrième au sixième jour : quelquefois il séjourne un ou deux jours de plus, mais c’est rare. Aussitôt après sa chute, la cicatrice ombilicale présente un bourrelet plus ou moins sail¬

lant avec un bourgeon rouge au centre. On piacp dessus une petite compresse pliée en quatre dont on a eu soin de graisser la face qui répond à la

Si le bourrelet est trop saillant, il sera bon d’exercer une légère compression par l’interposition d’une boulette de charpie placée entre la compresse et la bande de corps qui la recouvre et maintient le tout en place. Quelquefois on trouve autour du bourgeon central une zone ulcérée plus ou moins étendue. De petits cataplasmes de fécule font rapidement disparaître l’inflammation, et le premier pansement que nous venons d’indiquer . plus haut succède au calaplasme sitôt que les choses sont rentrées dans l’ordre. 11 arrive fréquemment que le bourgeon central donne lieu, pendant un certain temps, à un suintement séreux, séro-sanguinolent ou même purulent. Je me suis trouvé bien du pansement avec la poudre de quinquina, ou bien avec une boulette de charpie trempée dans du. vin ou du vinaigre aromatique étendu d’eau. On peut être conduit à cautériser une ou plusieurs fois avec le crayon de nitrate d’argent ce bourgeon central.

Des bains. — On dit que les bains ne sauraient affaiblir l’enfant. En effet, ces bains ne doivent pas avoir une durée de plus de 5 à 10 minutes, juste le temps de bien nettoyer la surface cutanée à l’aide d’une éponge réservée à cet usage. Toutefois, dans les cas où le siège du nouveau-né se recouvre d'érythème, ce qui est fréquent, surtout si l’alimentation n’est pas bonne, le bain sera un peu plus prolongé. En outre, il faudra couvrir les parties malades de poudre d’amidon, éviter le contact prolongé de l’urine et des matières fécales, et maintenir le maillot très lâche, pour que les surfaces, cutanées ne soient pas comprimées, ou serrées l’une contre l’autre (V. Erythème). J'ai l’habitude de faire continuer les bains quotidiens pendant les six premiers mois; après on n’en donne plus que tous les deux jours et enfin deux fois par semaine, dans les mois qui précèdent le sevrage.

Du coucher. — J’ai déjà dit que je proscrivais absolument la bercelonnelte et que je n’admettais que le petit lit carré, monté sur quatre pieds. Le tond de ce lit doit se composer d’une ou deux paillasses en varech ou en feuilles de fougère, sur lesquelles on place une toile imperméable ou un leutre absorbant qui éviteront la souillure des paillasses. Par-dessus se trouve un drap et un oreiller de varech ou de crin. L’enfant tout emmailloté, est placé dans ce lit, et recouvert d’un autre drap et de couvertures en quantité suffisante, suivant la saison. J’ai dit qu’on devait, dans le lit du nouveau-né, placer des boules d’eau chaude pour maintenir une température assez élevée. Ce w sera entouré de rideaux, et la chambre devra être chauffée.

Du sommeil. — En général, quand l'enfant a pris son bain le matin, on lui donne, à téter, puis u s endort. Le sommeil le gagne môme au sein; aussi faut-il avoir soin de l’emmailloter complètement au sortir du bain avant de lui donner le sein. Toutefois il sera bon de laisser les langes de laine flottants, car il arrive souvent que, pendant ce premier repas?

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les matières sont expulsées par en bas : On pourra 'nsi retirer la couche maculée sans grand effort et a^n§ crainte de réveiller le bébé, qui est alors porté tout endormi dans son lit.

le sommeil dure en général, dans les premiers temps de la vie, d’une tétée a l’autre, c’est-à-dire deux heures ou deux heures et demie, quelquefois trois heures. Il faut respecter ce sommeil, sauf chez ies enfants faibles et mal nourris qui ne

Rendraient pas, si l’on ne les forçait, une nourriture suffisante. Plus tard les enfants s’habituent à dormir toute la nuit, ne se réveillant qu’une ou deux fois pour téter et se rendormant aussitôt. Dans le jour ils font également un somme dans le milieu de la journée.

Des cris. — Quand l’enfant dort mal, qun sa- „ite, qu’il pousse des cris, il faut en rechercher la cause qu’on trouvera presque toujours en le démaillotant. Quelquefois l’enfant a froid, et une nouvelle boule d’eau chaude suffit pour le calmer ; d’autres fois il a trop chaud et, en le découvrant un peu. on rétablit l’équilibre. Mais il ne faut jamais que la mère ou la nourrice prenne avec elle l’enfant dans son lit pour le calmer. C’est non seulement une très mauvaise habitude à donner à un enfant, mais c’est encore s’exposer a un très grand danger, celui de l’étouffer en dormant.

Les cris de l’enfant méritent d’attirer l’attention de la mère. Le plus souvent il proviennent d’un état de malpropreté. 11 suffira de changer les langes pour voir les cris cesser. Ils peuvent indiquer la faim, qu’on apaise vite en donnant le sein, mais s’ils le rejettent trop souvent on fera bien de s’assurer de la quantité ou de la qualité de lait qui pourrait bien être insuffisant comme valeur nutritive. Enfin un maillot mal mis, trop serré, une épingle qui ressort et entre dans les chairs, peuvent provoquer ces cris.

Certains enfants crient pour être tenus sur les bras, promenés, amusés, bercés. Il faut bien se garder de satisfaire à leur caprice, qui se renouvellerait infailliblement plusieurs fois par jour.

Ces cris peuvent être le résultat d’un état maladif, d’une mauvaise digestion, ou de Dévolution dentaire, mais dans le premier cas Tentant émet moins des cris que des plaintes, et dans le second les cris se renouvellent plutôt par crises plus ou moins espacées. . ..

Des promenades. — A quel âge l’enfant doit-il faire sa première sortie? En général je ne conseille pas de sortir l’enfant nouveau-né avant sa mère, c’est-à-dire avant la fin du premier mois. Peut-être pourra-t on déroger à cette règle dans les beaux jours de l’été, mais il ne devra rester dehors qu’une heure-ou deux et, sans le promènera l’abri d’une ombre épaisse, il faudra le préserver des ardeurs du soleil ou du vent. Souvent pour sortir les enfants, même par un temps chaud, on les couvre de plusieurs vêtements supplémentaires qu’on se hâte de retirer sitôt rentre dans l’appartement. Il faut prendre garde à la temperature ambiante et ne pas oublier que l’ete il souvent plus chaud dehors que dedans.

E’enfant devra être porté sur les bras : de c manière, il est mieux soigné, mieux garanti; i Dictionnaire polulaire de Médecine usuelle.

changé sitôt qu’il est mouillé, et réchauffé s’il a froid. Dans les petites voitures d’enfant il est abandonné à lui-même, mal surveillé, et laissé en contact avec ses déjections tant qu’on ne pense pas à s’assurer de son état. De plus, il est arrivé de nombreux accidents, de nourrices et même de mères qui, terrifiées par l’arrivée d’une voiture lancée au grand trot, ont pris soin de se mettre à l’abri, oubliant sur la voie publique l’enfant dans sa voiture.

Je repousse donc absolument ce véhicule qui ne peut rendre quelque service que dans les jardins publics quand c’est la mère qui surveille elle-même son enfant.

Nourriture. — Je n’ai pas à parler de la nourriture de l’enfant qui a été si magistralement et si complètement exposée par le doyen de nos collaborateurs, le savant Dr A.-L. Labarthe père, au mot Allaitement (V. ce mot).

Vaccination. — Terminons en rappelant qu’il est bon de vacciner l’entant dans les trois premiers mois de sa vie, à moins que l'existence d’une épidémie variolique n’oblige à pratiquer plus tôt cette petite opération (V. Vaccination).

Dr A. de Soyre.

NOYAU. — Nom donné par les histologistes à des corps, en général sphériques, dont le diamètre ne dépasse pas quelques millièmes de millimètre, qu’on rencontre dans presque toutes les cellules arrivées à leur complet développement, lorsqu on les examine au microscope (V. Cellule ). P. L.

NOYÉ (sauvetage D’UN). — Dans les accidents isolés (qui sont les plus fréquents), le danger est toujours pressant, et le sauveteur n’a que son adresse et son énergie pour apporter au noyé une assistance

urgente. , ,

Toute personne en danger de se noyer, perd la tête ; ses mouvements sont désordonnés et presque tous tendent à la submerger plus complètement. De plus, elle s’accroche instinctivement et desespe rément à tous les objets qu’elle trouve à portée, avec une force convulsive assez considérable pour qu’il soit fort difficile de l’en détacher.

Le sauveteur doit réaliser l’indication capitale de saisir le noyé par derrière, par les épaules, la nuque ouïes cheveux, en évitant ainsi le renversement des rôles, qui l’exposerait à faire deux victimes au lieu d’une; il faut autant de prudence que de courage, pour agir avec célérité et sécurité. ^

Nous ne pouvons conseiller de songer à ramener le naufragé après l’avoir étourdi d’un coup de poing ou d’un cpup de talon sur la tête ; de même, il n’est pas humain d’attendre qu’il ait perdu connaissance, pour se porter à son secours, à moins qu’il ne s’agisse d’un homme d’une force corpore e reconnue dangereuse et que l’on n’ose pas abor er sur le premier moment. Nous voulons 1 action sans retard, et voici pour nous, la formule de la ec nique du sauvetage : Aborder le noyé par derrière, e le saisir rapidement de la main g^u^e par les cheveux, la barbe ou le collet de son habit, la main droite fixée à son épaule droite pour lempecher de se retourner, les bras étendusénergiquement devant i soi pour le tenir à distance. Pendant ce temps, le

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