‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 13 sur 289 · I-IOM · texte numérisé non relu

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similibus curantur (les semblables sont guéris par les semblables) de Paracelse, empruntée à Galien qui, après plusieurs siècles, revenait au jour. Hahnemann voulut voir si la loi s’appliquait aux autres médicaments, et il expérimenta le mercure, la belladone, la digitale, la coque du Levant, etc., et partout il crut la voir se vérifier.

Je ne raconterai pas ici les tribulations, les persécutions plus ou moins réelles qu’eût à subir la nouvelle doctrine, avant de pénétrer dans le public ; qu’il me suffise de dire que son inventeur consacra un grand nombre d’années à étudier les propriétés curatives des médicaments et à établir les règles de la nouvelle loi thérapeutique qu’il a consignées dans plusieurs ouvrages et en particulier dans YOrganon de P Art de guérir , que l’on doit considérer comme l’évangile de l’homœopathie.

Nous venons de voir que le principe fondamental de l’homoeopathie, le similia similibus curantur , repose sur l’expérience faite avec le quinquina. Molière fait dire à l’un de ses personnages: L’opium fait dormir, parce qu’il a une vertu dormitive; Hahnemann répond: Non, si l’opium fait dormir, c’est qu’il y a en lui une vertu excitatrice capable de chasser le sommeil, et, si le quinquina guérit la fièvre intermittente, c’est qu’il a la vertu de la donner. On le voit, c’est le système de Gribouille élevé à la hauteur d’une théorie, comme dit plaisamment Louis Reybaud.

Mais le principe fondamental de la doctrine résiste-t-il au plus simple examen? Non, mille fois non, le quinquina ne donne pas la fièvre ; il détermine, comme chacun peut s’en convaincre, un peu de chaleur vers l’estomac ; cette chaleur se répand par tout le corps et ressemble assez bien à celle que produit le café, voilà tout, et jamais il ne détermine des accès de fièvre intermittente. Le principe est faux, chimérique, et je défie tous les homœopathes du monde de me donner la fièvre avec le quinquina

Voyons maintenant la conséquence du principe admis par Hahnemann.

Il est bien évident que notre homme, placé en face d’un malade, n’avait plus qu’un problème à se poser : chercher la substance capable de déterminer chez une personne bien portante la maladie qu’il avait à traiter ou plutôt les symptômes que présentait le malade, car pour Hahnemann, disonsle en passant, il n’y a pas de maladie, il n’y a que des malades et des symptômes. C’est ce qu’il fit. Mais bientôt il s’aperçut que les médicaments qu’il administrait ainsi ne faisaient qu’aggraver l’état des patients.

Comme le dit le docteur Gallard, dans sa Note scientifique sur Phomœùpathie, qui est bien certainement la meilleure réfutation de cette doctrine que nous connaissions et à laquelle nous allons faire de larges emprunts, comme le dit le docteur Gallard, en présence d’un pareil résultat, qu’eût fait un savant, un philosophe, un honnête homme enfin, mû tout simplement par le désir de trouver la vérité ? Il devait conclure : Le système qui m’a conduit dans cette voie est absurde, l’expérience aussi bien que la raison répugne à le faire admettre, abandonnons-le au plus vite. Hahnemann n’en

fit rien et il continua de soumettre les malades aux conséquences désastreuses de cette idée bizarre Cependant les yeux les moins clairvoyants s’oul vraient à la vérité, le novateur dut chercher les moyens de se tirer d’affaire, et, un beau jour, il s’imagina de diminuer les doses des substances médicamenteuses. Les inconvénients devinrent de

moins en moins sensibles, jusqu’à être tout à fait nuis, quand les doses furent réduites à la plus simple expression, c’est-à-dire à néant. Le principe fondamental de la doctrine étant que l'action de la substance employée est en raison inverse de sa quantité, on arrivera à ne plus rien donner du tout.

En effet, le point de départ est un grain dans une quantité centuple de sucre de lait, de sorte que chaque grain de poudre renferme un centième de grain de la substance. C’est ce qu’on appelle la première atténuation. La deuxième atténuation, c’est le centième de grain, mêlé à cent grains de sucre de lait, et vous avez alors pour chaque grain un dix-millième. De même pour la troisième atténuation, et alors un grain de la substance représente la millionième partie de ce qui a été divisé. Hahnemann est allé jusqu’à la trentième atténuation, c’est-à-dire à la proportion d’un novemdécillionième, soit une fraction ayant pour numérateur l’unité et pour dénominateur cinquante-neuf zéros: Le docteur Korsakoff, plus hardi que le maître, est allé jusqu’à la cent cinquantième atténuation, c’està-dire à une fraction ayant pour dénominateur trois mille zéros !

S’agit-il de substances liquides, la préparation est la même et porte le nom de dilution. On met une goutte de ce liquide dans un flacon avec cent gouttes d’alcool; on agite, et l’on a la première dilution. Pour obtenir la seconde dilution, car la première serait trop forte, on prend une goutte de la première dilution, on la mêle à cent nouvelles gouttes d alcool et on agite. Chacune des gouttes de la seconde dilution renfermera un centième de centième ou un dix-miilieme de la goutte primitive. Mais les homœopathes n’osent pas administrer la seconde dilution. On prend donc une goutte de la seconde dilution, c’est-à-dire un dix-millième de la goutte primitive, et on la mêle encore à cent gouttes d’alcool, on agite et on a la troisième dilution de laquelle chaque goutte renferme seulement un millionième de goutte de la substance employée. On procède ensuite à la quatrième dilution en mêlant une goutte de la troisième à cent gouttes d’alcool, de la cinquième en mêlant une goutte de la quatrième à cent gouttes d’alcool, et ainsi de suite. On est allé jusqu’à la seize-millième dilution, mais ordinairement on se contente de la trentième, ou même de la douzième, et, comme dit le docteur Gallard, c’est déjà bien assez pour qu’il n’y ait plus rien.

Pour arriver à la treizième dilution, il faudrait une quantité d’alcool vingt fois plus considérable que la quantité d’eau répandue dans toutes les mers du globe. Et quand vous auriez une sphère, dit le Bulletin générai de thérap utique, qui, ayant la terre pour centre, serait capable de renfermer en outre la lune, le soleil et toutes les planètes, et que

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dans ce flacon, que vous rempliriez d’esprit-de-vin, vous délayassiez une goutte, une seule goutte ou un grain d’une substance médicamenteuse, vous n’auriez qu’une solution de la vingt-troisième dilution, et cependant l’on sait que la douce-amère demande vingt-quatre dilutions et la coquille d’huître trente dilutions.

Eh bien, vous vous imaginez peut-être qu’un médicament ainsi dilué est sans danger? C’est une o-rave erreur, et Hahnemann, dans YOrganon, vous dira qu’il trouve qu’une seule goutte de teinture de quinquina, assez étendue pour ne contenir que la quadrillionième partie d’un grain, est une dose suffisante pour opérer tout ce que le quinquina peut produire en pareil cas, et qu’il est fort rare d’être obligé d’en faire prendre une seconde au malade pour procurer la guérison.

C’est encore YOrganon qui vous apprendra qu’on peut fractionner ces gouttes contenant un quadrillionième du médicament pour les sujets sensibles, en les faisant respirer une seule fois dans un petit flacon contenant une dragée de la grosseur d’une graine de moutarde imbibée du liquide médicinal très étendu. Après que le malade a flairé, on rebou che le flacon qui peut servir ainsi des années, sans perdre sensiblement de ses vertus.

Mais pourquoi ces atténuations et ces dilutions? C’est pour dynamiser le médicament, c’est-à-dire ■pour accroître la force du remède. C’est tout simplement la magnétisation du médicament, semblable à celle que pratiquent les somnambules sur les carafes d’eau.

Maintenant que nous avons décrit fidèlement, scrupuleusement, d’après Hahnemann lui-même, les doses infinitésimales, voyons si le traitement homœopathique seul peut amener la guérison dans certains cas.

11 peut se faire que la guérison arrive naturellement, comme si l’on n’avait rien prescrit du tout, par les seules forces de la nature. Ces forces de la nature, natura medicatrix, Hahnemann les nie, c’est plus commode. Cette pauvre nature, qu’il appelle grossière, ab-urde, inintelligente, ne peut pas, en effet, toujours amener la guérison; mais nous devons reconnaître que, dans l’immense majorité des cas, elle est assez puissante pour guérir toute seule, et que le rôle du médecin consiste à surveiller ses efforts et à agir dans le même sens qu’eux.

u reste, dans les expériences faites sur une grande echelle, l’on a abandonné les malades aux seuls a ®rfs de la nature, et l’on a vu que tous ceux qui guérissaient sous la prétendue influence homœopade Ue’ ^U^SSa^ent sans que *'on aucune espèce t* ieation. Donc, les médicaments homœopa-

ques sont nuis sur l’homme sain et sur l’homme malade.

tanM6 dame> très portée au mysticisme, fréquend„ les somnarnl)ules et les spirites, et prise parus le marché de la manie de l’homoeopathie, D(ii.rlailudaun]'our de lui procurer des globules Elle Un J. me de cerveau qui l’incommodait fort. frènp116 dU q*!elle avait été guérie de son enchithp ent déjà une fois par un médecin homœopareliefJeC deS globules d’aconit, je crois. Elle prit g usemerft ceux que je lui donnai, et guérit au

bout de douze jours , par des globules de sucre de lait sans addition de médicament, convaincue que c’était à l’homœopathie qu’elle devait sa guérison.

On nous dira peut-être que certaines personnes ayant épuisé toutes les ressources de la médecine, ont guéri après le traitement homœopathique. Nous ne le nions pas, mais nous ferons remarquer que cela n’est arrivé que pour les maladies nerveuses dans lesquelles l’imagination joue le principal rôle, et que les résultats extraordinaires qu’on a obtenus, on les produit aussi bien avec de la mie de pain qu’avec les globules homœpathiques, comme cela nous est arrivé pour une dame atteinte de gastralgie. Je réussis de la même façon, du moins pendant deux ou trois mois, chez un homme de lettres hypochondriaque qui avait épuisé tout l’arsenal de la pharmacie. Tout le monde connaît les expériences faites par Trousseau, à l’Hôtel-Dieu, avec des pilules composées de froment et de gomme arabique qui produisirent sur les malades dont on avait frappé l’imagination, des accidents et des améliorations passagèrs. C’est ce qui explique, dit le docteur Gallard, pourquoi l’homœopathie a pour spécialité de guérir les migraines des femmes nerveuses et les vapeurs des chanteurs.

Les homœopathes ont imaginé des préservatifs contre les maladies. L’idée est aussi simple qu’elle est sublime. Traiter les individus bien portants pour leur faire éviter une maladie qui certainement épargnera le plus grand nombre d’entre eux, et, s’ils ont la chance d’être épargnés, leur persuader que c’est grâce au médicament qu’ils ont été préservés, n’est-ce pas merveilleux?

Vers 4868, une mère de famille qui envoyait sa fille et son institutrice suivre la retraite qui se faisait pendant le carême dans un des grands couvents de Paris, me dit qu’elle venait d’apprendre que la scarlatine régnait en ce moment dans la maison et qu’elle craignait la contagion pour sa fille et l’institutrice. Elle avait appris que l’homœopathie possède un préservatif certain — la belladone — contre la scarlatine et elle me supplia de lui procurer les précieux globules Je cédai à son désir, curieux de voir jusqu’où irait sa crédulité. Chaque matin, pendant vingt-huit jours, les deux jeunes filles prirent les globules, et j’entends encore la mère triomphante s’écrier : « Vous le voyez bien, monsieur le sceptique, l’homœopathie a du bon, ma fille et Mlle X... ont été préservées. » J’eus beau lui dire que des trois cents personnes qui avaient suivi la retraite, pas une seule n’avait gagné la scarlatine, elle n’en voulut pas démordre.

Appliquez la même méthode à une ville tout entière comptant six cent mille âmes et atteinte d’une épidémie quelconque qui fera dix mille victimes, les homœopathes pourront se vanter au même titre d’avoir sauvé la vie à cinq cent quatre-vingtdix mille personnes.

Il serait trop long de reproduire ici toutes les expériences faites dans les hôpitaux et ailleurs, en France et à l’étranger, pour démontrer l’inanité de la méthode homœopathique. Partout et toutes les fois que l’expérimentation a été faite au grand jour, les résultats ont été complètement négatifs. Toutes les académies, tous les corps constitués,

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tous les savants de l’Europe ont repoussé la doctrine homœopathique, et l’Académie de médecine de Paris, consultée par le gouvernement dès 1835, répondit : « L’homœopathie a subi l’épreuve des faits, elle a passé au creuset de l’expérience,. et la raison et l’expérience sont réunies pour repousser un pareil système. »

Malgré tout cela, l’homœopathie se porte assez bien, et j’entends dire de tous côtés qu’elle est en progrès. Cela n’a rien qui doive surprendre, et mes lecteurs ne s’en étonneront pas plus que moi, et ils penseront, avec le savant professeur Fonssagrives, de Montpellier, que « ce qui met le simple à la place du complexe, ce qui flatte en nous ce grain d’illuminisme, que les natures les plus positives renferment toujours, ce qui jette un défi à la vieille médecine, que l’on conspue pour les miracles qu’elle ne fait pas, doit trouver créance dans un certain nombre d’esprits de fausse équerre , que leur pente porte tout naturellement à l’erreur. » Et chose à remarquer, ce n’est pas dans les classes pauvres ou ignorantes de la société, comme le dit Bouchut, dans son Histoire de la médecine , que l’homœopathie trouve des adeptes. Ses clients et ses patrons sont justement des personnes riches, éclairées, des ministres, des officiers supérieurs, des lettrés, des femmes nerveuses du plus haut monde, des libres-penseurs même qui ne croient ni aux miracles, ni à la religion. Ces personnes, qui ne croient pas au surnaturel, pensent qu’un novemdécillionième de silice ou de charbon végétal, trituré d’une certaine façon, a des propriétés thérapeutiques plus puissantes qu’un caillou ou qu’un gros morceau de braise.

Je sais assez, hélas ! jusqu’où peut aller la sottise humaine, pour admettre qu’un certain nombre de médecins qui se disent homœopathes suivent exactement la doctrine du maître sans jamais s’en écarter; mais ces médecins-là sont très rares, et je crois pouvoir affirmer qu’on en trouverait difficilement un seul à Paris en ce moment. Tous ou presque tous mélangent le prétendu traitement homœopathique avec les remèdes préconisés par l’ancienne médecine, et je ne sais rien de plus incohérent que leur pratique.

J’ai connu, vers 1859, en Normandie, un médecin qui agissait avec plus de franchise. Un jour que j’assistais à la consultation qu’il donnait à une grande dame, il eut l’audace de lui demander devant moi si elle voulait être traitée par l'allopathie ou l’homœopathie. On ne peut guère, avouez-le, y mettre plus de bonne grâce et d’impudence.

' Ces déclassés de la profession qui montrent leurs ailes à qui veut un oiseau, et qui crient vivent les rats à qui veut une souris et tiennent boutique pour tous les goûts, comme on l’a dit, Ilahnemann lui-même les a condamnés dans les lignes suivantes qui me dispensent d’en dire davantage : « Lorsque des homœopathes, dit-il, essayent de mêler les pratiques fautives de l’allopathie à leurs prétendus traitements homœopathiques, ils montrent qu’ils n’ont pas une connaissance complète de notre doctrine. Ils font preuve en même temps de paresse, d’un mépris impardonnable des souffrances des, hommes, d’une présomption ridicule,

d’une négligence inexplicable qui les empêchent de rechercher le meilleur spécifique homœopathique pour chaque cas de maladie. Ils agissent souvent ainsi par cupidité et par d’autres motifs moins no. blés encore. »

En vérité, je suis honteux d’avoir infligé à mes lecteurs l’exposé de toutes ces insanités, et je m’arrête, croyant en avoir assez dit pour faire connaître sommairement cette aberration monstrueuse de l’esprit humain, la honte de notre époque médi. cale, rêve malsain, sinon d’un esprit malhonnête du moins d’un cerveau malade qui, Dieu merci' n’est pas né sur notre terre de France et qui a manqué, ô Molière, à ton rire immortel et à ta verve vengeresse. d* e. decaisne,

Lauréat de l’Institut, Rédacteur médical de La France.

HOMOLLE et QUÉVENNE (digitaline d’). — La digitaline, principe actif de la digitale dont elle représente exclusivement les propriétés thérapeutiques, qui a été obtenue pour la première fois en 1841, à l’état amorphe, par Homolle et Quévenne, est présentée sous deux formes pharmaceutiques répondant d’une manière complète à toutes les indications : i granules et solution.

Les granules de digitaline d’Homolle et Quévenne ? sont dosés exactement à 1 milligramme et ne renferment que la substance médicamenteuse unie à du sucre. Ils sont donc insipides, d’un très petit volume et très faciles à avaler.

Quant à la solution alcoolique, elle est titrée de telle façon que 10 gouttes représentent rigoureusement 1 milligramme de digitaline.

Il suffit de se reporter aux deux remarquables j articles Digitale et Digitaline de notre collaborateur Camboulives, pour voir combien il est plus avantageux et plus sûr pour le médecin et le malade, d’avoir recours aux granules ou à la solution de digitaline d’Homolle et Quévenne, de préférence aux diverses préparations de digitale (infusions, extraits, sirops, etc.), qui sont toutes mauvaises, jamais identiques, dont le dosage varie sans cesse, et qui de plus ont l’inconvénient d’être nauséeuses, et de déterminer, du côté des voies digestives, de la saturation et de l’intolérance, pouvant aller jusqu’au vomissement et à la diarrhée.

Les granules se prennent à la dose quotidienne de 1 à 3 ; la solution s’administre dans un peu d’eau ou de tisane, à la dose de 10 à 30 gouttes, faciles à mesurer à l’aide de compte-goutte, qui accompagne chaque flacon de solution. D- c. sarran.

HONORAIRES DES MÉDECINS. — Le médecin doit apporter le plus grand soin dans la rédaction de ses mémoires d’honoraires ; il doit spécifier le nombre et la date de ses visites, la nature des soins particuliers et des opérations. En agissant ainsi, il ne donnera prise à aucune critique et ne s’exposera pas à voir son mémoire discuté et souvent réduit.

Nous n’avons pas besoin de dire que le médecin ne doit jamais se départir de la plus grande équité.

Il doit tenir compte de la position de fortune dç

ses clients et subordonner le prix de ses visites à

leur nombre, en se montrant moins exigeant lorsqu’elles ont été très nombreuses.

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Te traitement à forfait des maladies est généralement condamné : en agissant ainsi, le médecin Poserait à s’entendre reprocher d avoir employé nePnression morale sur son malade pour lui faire souscrire un engagement onéreux. Il n’en est pas a! même lorsqu’il s’agit d’un accouchement ou d’uim opération chirurgicale bien definie et dont le • peut être aisément fixé à 1 avance. Il faut Paiement admettre qu’un médecin, requis par un rnalade qui demeure dans un autre pays, est auto- ÎSé a fixer ses conditions avant d’entreprendre un a Placement, et que le directeur d’une maison de santé à le droit, quoique médecin, d’indiquer a l’avance à ses clients le montant de la somme qu’il

entend recevoir.

Les conventions faites à l’avance entre médecins et malades ne sont nullement prohibées par la loi et ont toujours été respectées par la jurisprudence.

Il résulte d’un arrêt de la Cour de cassation du 21 août 1839 qu’un médecin peut, moyennant une somme fixée à l’avance, s’engager à donner les soins de son art pendant toute sa vie à une per¬

sonne.

Les honoraires du médecin sont privilégiés. — Code civil, art. 4101. — Les créances privilégiées sur la généralité des meubles sont celles ci-après exprimées, et s’exercent dans l’ordre ■ suivant : 1° les frais de justice ; 2° les frais funéraires ; 3° les frais quelconques de la dernière maladie, concurremment entre ceux à. qui ils sont dus.

D’après les articles 2104 et 2103 du Code civil, ces privilèges s’exercent d’abord sur les meubles et ne. s’étendent sur les immeubles qu’en cas d’insuffisance des premiers.

Le privilège du médecin doit-il s’exercer avant celui du propriétaire qui, aux termes de l’article 2102, a un privilège spécial sur les meubles? Cette question est généralement résolue par l’affirmative, mais la jurisprudence n’est pas absolument fixée sur ce point.

Que doit-on entendre par la dernière maladie? Est-ce seulement la maladie à laquelle le débiteur a succombé ou la maladie la plus rapprochée de l’événement quel qu’il soit : faillite, déconfiture ou décès qui donnent lieu à la distribution des deniers.

Cette dernière opinion est adoptée par un grand nombre de jurisconsultes, parmi lesquels nous citerons Duranton, Toulier, . Dalloz, Chaudé. «Sans doute, dit ce dernier auteur, il pourrait y avoir quelque inconvénient à admettre comme privilégiés les frais d’une maladie déjà très ancienne sous prétexte qu’elle a été la dernière du débiteur ; mais ce danger est peu à craindre si l’on songe que l’on pourrait invoquer la courte prescription de l’article 2272 (voyez ci-après), et que le juge pourra toujours rejeter la demande si elle ne semble pas complètement justifiée. Décider le contraire conduirait d’ailleurs à cette anomalie que le médecin qui aurait guéri son malade serait privé, pour le payement de ses honoraires, d’un privilège qui lui aurait été assuré si le malade avait succombé. » Prescription des honoraires.— Code civil, art. 2272. — c action des médecins, chirurgiens et apothicaires, pour leurs

visites, opérations ou médicaments, se prescrit par un an .

Art. 2274. — La prescription dans les cas ci-dessus a lieu, [Actionnaire populaire de Médecine usuelle.

quoiqu’il y ait eu continuation de fournitures, livraisons, services et travaux. Elle ne cesse de courir que lorsqu’il y a eu compte arrêté, cédule ou obligation ou citation en justice non

Il ne suffit pas que le débiteur invoque la prescription pour refuser le payement des honoraires de son médecin, il faut encore qu’il affirme par serment qu’il a payé les dits honoraires (art. 2275). Mais lorsqu’il s’agit d.’un héritier à qui l’on demande, après un an, des honoraires dus par celui de qui il a hérité, l’héritier peut repousser la demande en affirmant simplement qu’il n’est pas à sa connaissance que cette dette existe réellement. (Briand et Ghaudé.)

La question la plus importante est de déterminer l’époque à laquelle la prescription commence à courir. Quelques auteurs pensent que la prescription court du jour de chaque visite, et que toute visite qui a plus d’une année de date est prescrite. Mais la plupart des juriconsültes pensent au contraire que la prescription ne commence à courir que du jour de la guérison ou de la mort du malade, à moins que le médecin n’ait cessé ses visites avant ce temps, cas auquel la prescription court de 1 époque à laquelle le médecin n’a plus eu de rapports avec son client.

D’après Boileux, Massé, Verger, etc., la prescription ne doit commencer, potir les maladies aiguës, qu’à la fin de chaque maladie bu à la cessation des soins ; pour les maladies chroniques, qu’à l’époque où il est d’usage général de se faire payer dans ces sortes de maladies ; c’est ce qui a été jugé par les tribunaux de Besançon (14 août 1866), de Caen (21 avril 1868), fie la Seine' (tribunal civil, 15 janvier 1870). Disons cependant que l’opinion contraire, qui consiste à considérer chaque visite comme une créance distincte, a pour elle un arrêt de la cour de Toulouse confirmé par la cour de Paris (1859). D'A. Lutaud

HONORÉ (eaux minérales de saint). — (Y. Saint- Honoré.)

HONTEUX. — Qualificatif donné par les anatomistes à des artères, à des veines et à des nerfs qui

se distribuent aux parties génitales.

Les artères I onteuses sont les unes externes , l’autre interne. Les honteuses externes, au nombre de deux, l'une supérieure, l’autre inférieure, sont des branches de l’artère crurale ou fémorale et se distribuent toutes deux à la peau du pubis, a la peau des grandes lèvres chez la femme et a celle de la verge et du scrotum chez l’homme. La honteuse interne vient de l’artère iliaque interne ou primitive; elle fournit des branches qui se distribuent au périnée, à la partie inférieure du scrotum, et se termine par l’artère dorsale de la verge et par 1 artère caverneuse. , ,

Les veines honteuses sont, les unes externes, l’autre interne, et correspondent aux arteres du

même nom. ,

Quant aux nerfs honteux, ils proviennent du plexus sacré, ils sont également externe et interne et se distribuent au clitoris chez la femme et a la verge chez l’homme. ^p* u

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HOPITAUX, Hospices, Asiles d’aliénés. — En

raison même de leur destination distincte, les établissements hospitaliers se subdivisent ainsi' qu’il suit :

Hospices, où sont admis et entretenus les vieillards, les infirmes incurables,, les orphelins, les enfants trouvés et abandonnés.

Hôpitaux, où sont reçus et traités les malades indigents.

Asiles, nom donné aux hôpitaux spécialement affectés au traitement des aliénés.

Lorsque le même établissement contient à la fois des malades et des vieillards valides ou incurables, il est en même temps hôpital et hospice.

Hospices. — Les hospices (dénomination qui embrasse les trois catégories d’établissements cidessus énumérés) sont institués pour donner des secours sur place, à la différence des bureaux de bienfaisance qui ont pour objet la distribution de ces secours à domicile.

La plupart des hospices sont à la charge des communes ; mais il en est que les lois ont mis en partie au compte du département. Tels sont les asiles d’aliénés, aux termes de la loi du 30 juin 1838, et les hospices d’enfants trouvés et abandonnés, d’après le décret du 19 janvier 1811. De son côté, l’Etat entretient directement certains hospices nationaux dits : établissements généraux de bienfaisance (Y. Assistance publique).

Les hospices rentrent dans la classe des établissements publics de bienfaisance de l’ordre civil, ayant la qualité de personnes morales, c’est-à-dire pouvant acquérir, posséder, aliéner, en un mot faire tous les actes de la vie administrative.

En 1880, il existait en France, 1,636 hospices, dont les dépenses annuelles s’élevaient à 89,625,098 francs 47 centimes.

Organisation administrative. — La loi du 16 vendémiaire, an V, a donné à l’administration des hospices sa forme moderne en faisant disparaître le clergé de leur administration et en portant que les administrations municipales auront la surveillance des hospices civils établis dans leur arrondissement.

Les admissions dans les hospices et hôpitaux, de même que leur régime administratif, sont régies par la loi du 7 août 1851, dont voici les dispositions principales :

« Les malades et incurables indigents des communes privées d’établissements hospitaliers pourront être admis aux hospices et hôpitaux du département désignés par le Conseil général, sur la proposition du préfet, suivant un prix de journée fixé par le préfet, d'accord avec la commission des hospices et hôpitaux.

« L’administration des hospices et hôpitaux peut toujours exercer son recours, s’il y a lieu, contre les membres de la famille du malade, du vieillard, ou de l’incurable désignés par les articles 205 et 206 du Code civil.

« Une commission administrative est chargée de diriger et de surveiller le service intérieur et extérieur des établissements hospitaliers. La composition de ces commissions a été modifiée par la loi du 21 mai 1873. »

Certaines questions se posent en ce qui concerne les hospices destinés à la vieillesse.

Ne conviendrait-il pas notamment d’arrêter ]a progression croissante du nombre des individus admis dans ces établissements, qui sont généralement considérés comme des asiles où il est naturel d’aller finir sa vie, en favorisant le développement . d’un secours à domicile ? On exciterait de la sorte la prévoyance des pères et des enfants ; on restreindrait le nombre des demandes d’admission aux secours publics ; on substituerait, dans tous les cas, un subside temporaire aux frais d’entretien quj deviennent toujours définitifs dès que l’admission est prononcée dans l’hospice.

Ce qu’il importerait avant tout, ce serait l’extension du nombre actuel des maisons de retraite où, à un certain âge, on peut être admis, moyennant le versement d’un capital déterminé ou le paiement d’une rente viagère. Ces établissements ont évidemment une haute portée morale : l’homme qui a préalablement amassé le capital devant, un jour, assurer son admission- dans un de ces asiles y entre sans déchoir à ses propres yeux, car il sait qu’il participe, du moins pour partie, à la dépense qu’il occasionne et qu’en définitive l’assistance ( qu’il reçoit est le fruit de son travail passé et de ses économies. Ainsi, la Ville de Paris n’a que quelques maisons de retraite à offrir aux vieillards qui peuvent payer soit une petite pension, soit un capital minime. Il y a de ce fait une notoire insuffisance puisqu’il faut imposer une attente de trois années aux postulants qui se font inscrire pour être admis,

. soit aux Ménages, soit à Larochefoucauld.

En ce qui touche les hôpitaux, un problème se pose également : Trop souvent les hôpitaux des villes sont envahis par des malades étrangers ét leur traitement occasionne d’énormes dépenses dont le remboursement est très difficilement obtenu des communes d’où ces malades sont originaires. Les moyens de résoudre ce problème sont donc à rechercher.

Asiles d’aliénés. — Les asiles d’aliénés ont une organisation spéciale réglementée par la loi du 30 juin 1838.

Ces asiles sont établissements publics lorsqu’ils appartiennent à l’Etat, aux départements, aux communes ou aux hospices ; établissements privés, lorsqu’ils constituent des fondations particulières.

Les établissements publics d’aliénés sont administrés par une direction responsable placée sous l’autorité du ministre de l’intérieur et du préfet, du département, ainsi que sous le contrôle d’une commission de surveillance.

Les asiles privés sont assujettis, en vertu de la loi de 1838, à la surveillance du gouvernement. Aucun établissement privé, consacré au traitement d’autres malades, ne peut recevoir d’aliénés sans une autorisation spéciale et s’il n’affecte à ces derniers un local entièrement séparé. Nul ne peut ni former* ni diriger un asile d’aliénés sans l’autorisation du préfet, autorisation toute personnelle à celui auquel elle a été accordée et qui peut être retirée si les circonstances paraissent suffisamment graves à l’administration pour motiver cette mesure.

A la différence des asiles publics, particulière-

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ment destinés aux aliénés dangereux, séquestres dans un intérêt publie et aux aliénés indigents, les asiles privés, sont plus spécialement réservés aux personnes aisées.

* Les aliénés peuvent être places dans les asiles, soit par leur famille (c’est le cas de placement volontaire), soit par l’administration qui intervient d’office lorsque la liberté laissée à l’aliéné pourrait compromettre l’ordre public ou la sécurité des personnes (loi de 1838).

Maison nationale de Charenton. — La maison nationale de Charenton est un asile public d’aliénés appartenant à l’État et classé au nombre des établissements généraux de bienfaisance placés dans les attributions du Ministère de l’Intérieur.

L’État dispose, dans cet asile, de 69 bourses qui sont la représentation de la subvention allouée sur les fonds du budget général.

Établissements hospitaliers de la Ville de Paris. — L’administration de l’Assistance publique comporte dans son organisation actuelle : — des hôpitaux, soit généraux, c’est-à-dire consacrés aux maladies aiguës et aux blessures, soit spéciaux ou réservés à certaines maladies ; — des hospices ou maisons de retraite; — des asiles d’aliénés.

L’admission dans les hôpitaux a lieu sur le bulletin délivré par le bureau central, où est prononcée par la direction de l’hôpital sur l’attestation du médecin. Le secours d’hôpital n’est accordé gratuitement qu’aux habitants de Paris. Lorsque l’administration s’est assurée par une enquête que le malade n’habite pas la ville, elle réclame le prix des journées qu’il passe à l’hôpital, soit à sa famille, soit à sa commune.

Des hospices qui dépendent de l’administration de l’Assistance publique, les uns reçoivent leurs pensionnaires à titre gratuit, les autres moyennant une certaine pension ou le versement d’un capital fixe à l’entrée.

Pour être admis dans un hospice, il faut :

1° Avoir soixante- dix ans révolus ou être reconnu incurable et avoir vingt ans accomplis. Les infirmités doivent être constatées par le bureau central (avenue Victoria, 3) ;

Avoir fait un séj our de dix ans au moins à Paris ;

3® Etre inscrit au bureau de bienfaisance;

o° N’avoir pas de parents qui puissent recueillir.

Les asiles publics du dëpartemént de la Seine où sont reçus les aliénés indigents sont les asiles *amte- Anne, à Paris, de Villejuif ( Seine), de Ville-

ward (Seine-et-Oise) et de Vaucluse ( même dé- ^ Les aliénés sont aussi placés à Bicêtre ,

P r les hommes ; à la Salpétrière, pour les femmes.

de convalescence. — Au nombre des hosles s dlrectement entretenus par l’État, figurent asi es nationaux de Vincennes et du Vésinet. ment 6 nat*ona^ ^e Vincennes reçoit gratuiteatteî ’t Pjn<*an^ *eur convalescence, les ouvriers sur v. Assures ou de maladies en travaillant ment A , a”t(ers de travaux publics du départel’àdmiru * • ne et les convalescents envoyés par

L’asiip atl°n générale de l’Assistance publique, les rnm,oiûationa* du Vésinet reçoit gratuitement tration escents envoyés par la même adminis-

Les convalescents dès deux sexes qui ont été traités à domicile peuvent être admis gratuitement ou moyennant un prix de journée, en vertu d’autorisation du Ministre de l’Intérieur.

Pour ne pas laisser de lacune dans cet article, nous devons ajouter que les administrations de la Guerre et de la Marine ont en France quelques hôpitaux réservés aux militaires et marins.

Trigant de Beaumont.

HOQUET. — Le hoquet est essentiellement déterminé par une sorte de convulsion du diaphragme.

Il consiste, ainsi que le dit le professeur Béclard, en une inspiration brusque. Le diaphragme, en se contractant s’abaisse rapidement. L’air se précipite alors dans la poitrine et fait entrer en vibration les lèvres de la glotte. La vibration des lèvres de la glotte est la cause déterminante du bruit particulier auquel on reconnaît de loin le hoquet. Il est probable, toujours d’après Béclard, que, dans ce moment, la contraction des muscles dilatateurs de la glotte ne se trouve plus harmonisée avec l’action inspiratoire du diaphragme convulsivement et anormalement contracté. Les cordes vocales relâchées, cédant sous la pression de l’air qui se précipite dans la poitrine, résonnent tout en diminuant l’ouverture par laquelle pénètre l’air, et cette inspiration spasmodique devient bruyante et anxieuse.

Le hoquet peut se produire chez les enfants connue chez les adultes et les vieillards, chez les individus très bien portants comme chez les malades et les agonisants. L’état de réplétion de l’estomac chez les petits enfants et chez les ivrognes, diverses maladies de l'estomac, diverses maladies aiguës des parois de la poitrine et du ventre, déterment assez souvent le hoquet.

Dans certains cas, il a pour point de départ une excitation directe du système nerveux : il survient soit au milieu d’une attaque d’éclampsie, soit chez des hystériques Ou des épileptiques, soit simplement après une émotion pénible ou agréable. Il survient aussi aux approches de la mort et il est alors d’un fâcheux présage. Souvent, au contraire, il survient après de joyeux et bruyants éclats de rire. D’autres fois, il est le résultat d’une imitation instinctive inexpliquée : enfin, dans bon nombre de cas, il se produit sans cause connue.

Tantôt le hoquet n’est qu’un phénomène passager et insignifiant, tout à fait compatible avec un état de santé parfait ; tantôt, au contraire, il peut se prolonger pendant des journées, dés semaines, même dés mois. Il occasionne alors à la longue, le dépérissement et une tristesse profonde.

Faire une surprise au malade ; boire rapidement un verre d’eau très fraîche ; sucer un morceau de glace ; avaler un morceau de sucre arrosé de quelques gouttes de vinaigre ;■ respirer de l’éther ou du chloroforme ; comprimer fortement l’hypogastre avec la main ; tousser plusieurs fois de suite, etc. ; tels sont les moyens qui réussissent d’ordinaire à faire cesser le hoquet passager.

Dans les cas de hoquet grave, prolongé, chronique, on a conseillé le sirop d’éther ; le valérianate d’ammoniaque de Pierlot; les pilules de belladone ; un vésicatoire volant sur l’épigastre ; les

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