‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 134 sur 289 · ESO · texte numérisé non relu

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pièces de monnaie, les sangsues qui se trouvent dans l’eau des pays chauds, etc. On a noté une vingtaine de cas d’introduction de fourchettes. Un aliéné s’était introduit des lunettes.

Le premier symptôme qu’on observe est la toux, accompagnée parfois d’expectoration sanguinolente, de spasme œsophagien. Le malade accuse ' une douleur plus ou moins vive, enfin si l’objet est volumineux il détermine un violent accès de suffocation . La face devient rouge, larmoyante, tuméfiée, anxieuse. Mais tous ces accidents peuvent manquer. Bégin rapporte l’histoire d’un caporal qui avala un écu de six francs, le conserva pendant 14 jours sans être gêné et mourut d’hémorrhagie.

La présence des corps étrangers peut s’accompagner de graves complications. Ils peuvent déterminer de l’inflammation, des abcès (Y. Œsophagite). On a signalé des cas de perforation de l’aorte, de la trachée,, du péricarde, etc. La perforation des vaisseaux artériels est à la fois la complication la plus grave et la plus fréquente; elle donne lieu à des hémorrhagies le plus souvent mortelles. On • voit au musée Dupuytren un exemple, devenu classique, ds pGrforation de l’aorte par une pièce de cinq francs [fig. 944).

Le pronostic est toujours sérieux, cependant on voit souvent, ou bout de 4 ou 5 jours, des corps etrangers être rendus avec les selles, sans avoir déterminé d’accidents.

, Dès <ïu’on s’est assuré de la présence d’un corps etranger dans l’œsophage et qu’on a reconnu son siégé et son volume, il faut chercher à l’extraire par la bouche ou à le repousser dans l’estomac On tentera, lorsqu’il est possible, de l’extraire avec les doigts. S’il est enfoncé profondément on se servira d un des nombreux .instruments inventes pour pratiquer l’extraction. Nous recommanderons les pinces courbes de Collin et le panier à anse de- Græfe. On a construit aussi des instruments a ailettes et en forme de parasol.

Dans certains cas, on s’est servi avec succès des injections hypodermiques d’apomorphine dans le but de provoquer des vomissements. Mais il faut que 1 estomac contienne des aliments

SeC°nd pr0cédé’ celui de la Propulsion, on cherchera a repousser le corps étranger dans 1 estomac, soit en faisant avaler des liquides ou des

iïniw? pâteuses soit en le poussant avec la sonde oïdinaire ou 1 épongé montée Pour pratiquer toutes ses manœuvres, le patient sera assis, sa lete sera solidement maintenue entre les mains d’un aide.

Rétrécissements de l’œsophage. - Les rétrécissements de l’œsophage reconnaissent des causes multiples. Nous les distinguerons, selon la division classique, en rétrécissements spasmodiques et rétrécissements organiques.

Rétrécissements spasmodiques ou æsophagisme — Cette affection, se rencontre chez l’homme et chez la femme. On l’attribue à un grand nombre de causes (rhumatismes, vers intestinaux, dentition, etc.), mais la véritable cause prépondérante c est le nervosisme. ’

L 'æsophagisme débute brusquement. Chez une personne en bonne santé, le bol alimentaire s’ar¬

rête tout à coup au milieu d’un

i bout de quelques instants, il finit par Uls’ au Bientôt ces accidents deviennent de plUs passerfréquents. Généralement, les aliments ^ iplus cessent de passer, puis les liquides même fin- 6s par ne plus passer. Sauf à de rares intervall^6111 dysphagie est complète et. la mort peut vWJ la duite par l’inanition. Pr°'

Le début brusque des accidents, leur m™ v irrégulière et surtout le cathétérisme permetw d’établir le diagnostic. Permettent

Le chloral, l’opium, les injections hypodermiques, la morphine, le bromure de potassium à la dose de 4 à 8 grammes par jour, la belladone donnent de bons résultats. Jaccoud recommande d associer la belladone à l’iodure de potassium Mais le mode de traitement par excellence sera le cathétérisme.

Pour pratiquer l’exploration de l’œsophage on se sert d’un instrument composé d’une tige’ en baleine flexible, au bout de laquelle on petit visser des olives, en bois dur ou en ivoire, de grosseurs differentes. Pour introduire le catéther dans l’œsophage, on fera asseoir le malade, sa tête sera renversée en arrière et maintenue entre les deux mains, d un aide. L’opérateur abaissera la langue à l aide de 1 instrument connu sous le nom V abaisselangue qa il tiendra de la main gauche, tandis que, tenant le cathéter de la main droite, comme une plume a écrire, il l’introduira, après l’avoir huilé ou induit de vaseline, et le poussera doucement dans 1 œsophage. Il se produit souvent un spasme qui arrête 1 instrument au moment où il atteint la partie supérieure de l’œsophage. Il suffit alors u re (lue^ues instants, et d’imprimer une

nouvelle propulsiou à l’instrument

RETRECISSEMENTS organiques. - Les rétrécisse- . i» S or£amclues s°nt dus à des lésions des parois a^G* j6S ^ons ^connaissent deux orfinïnp! TSeS dlfférentes <Iui permettent de dis- SLde- Sftes de rétrécissements: 1» les d Tl9ine Matricielle; dans ce cas par des corne r®fultent d’ulcérations produites soit cès snrvp ^ etrangers, soit par l’ouverture d’ab- SS da“? le cours d’une variole, soit corrosifs^aci^^m1011 de ll(ïuides trop chauds ou Ses ™S,SUlfuri<ïue’ nitfique, etc.), ou causcissements ,, ld potassi; par exemple; 2° les.réfréniers le cnne™^”6 néoplasique. Parmi ces derquentes Sie-nal eSt Une des causes les Plus ?rè' à la tabirculose eTàTs'yp1Si(étrécisseme“‘S d°S débuté paHesm*^ CaUSe d’un rétrécissement, il

plus souvent, lenreu^PtÔmeS- Le début est’ 16

d’abord de la gêne danTf16^'^6 raalade ,acf se

leur au niveau d?, «i la déglutition, de la doules. Il est obligé^ ,°U entre les deux ?paU'

de les réduire à i’é?»âtdl!r 0ngten[lps les aiimenf’ Bientôt le n?alad( eiatf de pâte devenue ,i(luide' d’aliments solides • t à la déglu Üüon

ser. Enfin, ’les Lquides seuls peuvent pas-

liquides devient nnia d encore- la déglutition des vent que les alfm!?6 lraP0S8ible. 11 arrive sourétrécissement vmriütS s.éj°urnent au-dèssus du ’ y déterminent la formation d’une

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te de, poche, où ils s’accumulent. Puis les effets de la digestion en font deux parts: la plus 101 nde partie est rejetée, l’autre pénètre dans l’esce qui explique comment la vie peut se soutenir , quelquefois longtemps, chez certains

m Les rétrécissements cicatriciels peuvent guérir. ^ la mort survient, elle est due à l'inanition. Cependant le malade peut, être emporté par diverses complications (hémorrhagies , pleurésies, abcès gangréneux, etc.) . , ..

8 Grâce au cathétérisme, le diagnostic sera facile. Mais, dans certains cas, il présentera des difficultés

pour déterminer la nature, du rétrécissement. L’âge avancé du malade, l’œdème des malléoles, la cachexie feront penser au cancer.

Le rétrécissement reconnu, quel traitement devra-t-on adopter? C’est encore au traitement chirurgical' qu’on aura recours. On s’efforcera de dilater l’œsophage d’une façon méthodique et progressive. On se servira du cathéter, que nous avons décrit plus haut, auquel on adaptera des olives e plus en plus grosses. On pourra aussi avoir recours au dilatateur œsophagien de Le Fort. Dans les cas où le rétrécissement est dû à l’existence d une bri e de tissu cicatriciel, on pourra le sectionner en pratiquant Y œsophagotomie interne. Enfin, comme dernière ressource, on peut, lorsque le rétrécis serpent siège au-dessus de la portion thoracique, pratiquer Yœsophogotomie externe (V. Œsophogotomie) ; mais si le rétrécissement siège trop bas on aura recours à la gastrotomie (V. ce uio j. Cette opération consiste à établir, à la région epi gastrique, une ouverture stomacale par laquelle on introduit des aliments. Elle a été pratique par Léon Labbé avec succès.

Si le réirécissement est de nature syphili îqu , on administrera au malade l’iodure de potassium.

Dr Lodis Thomas.

ŒSOPHAGISME. — Nom donné parfois aux rétrécissements spasmodiques de l’œsophage (V.

Vhage [ rétrécissement de l’j). T*

ŒSOPHAGITE.— L’œsophagite, ou inflammation

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de la muqueuse de l’œsophage, est une maladie rare. Cette affection s’observe à tous les âges de la vie. Elle est primitive ou secondaire. Dans le premier cas, elle résulte d’un traumatisme. Elle est consécutive a l’ingestion de liquides corrosifs (acides sulfurique, nitrique), de liquides bouillants ou de substances irritantes, telles que l’iode et le tartre stibié à haute dose. Les corps étrangers, surtout lorsqu’ils séjournent un certain temps dans l’œsophage, sont une cause fréquente dœsophagite. On l’a encore attribuée au cathétérisme maladroitement pratiqué. Dans le second cas, elle résulte de l’extension d’une inflammation du pharynx, comme on l’observe dans le muguet et dans l’angine diphthéritique, ou elle survient dans le cours de maladies infectieuses : la fièvre typhoïde, la variole, le choléra. L’inflammation peut être légère et superficielle ou profonde. Dans les cas graves, la muqueuse est épaissie, ulcérée, parfois même les parois de l’œsophage sont perforées. . •

Souvent, les symptômes présentent si peu d intensité que l’affection passe inaperçue. Mais elle se traduit généralement par deux signes principaux . la douleur et la dysphagie. La. douleur, plus ou moins intense, peut être ressentie en plusieurs points : le long de l’œsophage, entre les deux épaules, à l’épigastre. Elle est exaspérée par l’inge,stion des aliments et des liquides trop chauds. et trop froids. Elle s’accompagne souvent de vomissements et d’hématémèses. Si l’inflammation . est très aiguë, on observe de la fièvre et de l’agitation.

L’œsophagite est, le plus souvent, une affection bénigne. Cependant elle peut se terminer, rarement il est vrai, par suppuration et donner heu a des accidents graves qui compromettent la vie du malade.

Lorsque l’oesophagite est consécutive à l’ingestion

de substances caustiques, elle est une cause frequente de rétrécissement de l’œsophage (V. c

m<Le plus souvent, dan s, les cas légers:, il suffira de donner des boissons mucilagineuses. On pourra appliquer quelques sangsues au-devant du cou. Si la douleur est trop vive on la calmera a l aide de frictions avec un Uniment calmant; on utilisera a l'intérieur les préparations opiacées, la morphine en injections hypodermiques, ou en potion. Dans l’œsophagite chronique, on aura recours a liodure de potassium. Dr Louis Thomas.

ŒSOPHAGOTOMIE. — L’œsophagotomie est une opération qui consiste à inciser l’œsophage dans les cas de rétrécissements cicatriciels situes audessus de la portion thoracique, indilatables par les moyens ordinaires, et dans le cas de corps etranger de l’œsophage, lorsque toutes les tentatives dex traction auront échoué et qu’on ne pourra, sans de graves inconvénients, le repousser dans 1 estomac. L’œsophagotomie est interne ou externe.

L’ œsophagotomie interne se pratique a l aide d i e 3 i f. ~or,r,hnnntome [ na. 94'

L œsopnagoioime iiuei ^ ^

instrument spécial appelé œsophagotorrœ {fig. 946). Elle consiste" à introduire par la bouche jusqu au rétrécissement, l’instrument destine a opérer sa section linéaire. Si l’on se sert de instrument du professeur Trélat, qui opère la section de bas en haut il faut l’introduire au delà du retrecissement.

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