Matité du foie
ovariens, rutérus est repoussé sur le côté et qu’il est même facile d’en sentir le relief en palpant la région suspubienne.
Quant au diagnostic différentiel avec les autres collections liquides que nous avons indiquées, on l’établira facilement en se reportant à cè qui a ’ été dit au chapitre spécial qui traite de chacune de ces affections.
La marche des kystes de l'ovaire est essentiellement lente, toutefois, les kystes multiloculaires se développent-ils plus rapidement que les autres La rapidité de la croissance de ces kystes est augmentée par l'âge de la malade, de 30 à 40 ans, par la grossesse et l’accouchement. Chez les femmes qui* ne sont plus réglées, les kystes ovariens sont plus longs à se développer.
La terminaison par la mort est fréquente. Cet événement est alors^produit par l’épuisement gé¬
nérai de l’économie et les troubles des organes vo’ sins, principalement les troubles cardiaques. y
Dans quelques cas, on a vu des kystes se résor ber spontanément ou disparaître à la suite dW ouverture dans l’intestin donnant lieu alors à une véritable diarrhée incoercible, jusqu’à ce que tout le contenu du kyste se soit vidé.
Quand le kyste s’enflamme, il détermine la plupart du temps une péritonite mortelle.
Nous venons de voir que le kyste peut s’ouvrir dans l’intestin après avoir contracté des adhérences avec cet organe. Il peut, par le même mécanisme s’ouvrir dans la vessie, l’utérus, le vagin ou à travers la paroi abdominale. Mais il peut aussi se rompre et le liquide s’épanche dans l’abdomen. Dans ce cas il se produit presque toujours une péritonite aiguë rapidement mortelle.
Un kyste de l’ovaire est donc une affection grave, et il ne faut guère espérer les quelques ter-, minaisons heureuses que nous avons signalées soit par résorption, soit par rupture dans un des organes qui, ayant une communication avec l’extérieur, permet au kyste de se vider complètement. D’autant qu’il n’est pas rare, dans ces derniers cas, de voir une récidive.
Le traitement des kystes de l’ovaire est médical ou chirurgical. Il est rare qu’avec le premier on obtienne plus qu’un ralentissement dans le développement du kyste. Il faut soutenir l’état général par un traitement tonique et reconstituant et, en môme temps, favoriser la diminution de l’épanchément par des purgatifs et des diurétiques. On soutiendra le ventre avec une ceinture abdominale, et 1 on pourra donner avec quelque succès l’iodure de potassium.
Malheureusement, pour quelques cas où l’on a pu obtenir une diminution de l’épanchement ou un arrêt dans le développement du kyste, dans le plus grand nombre on a totalement échoué, et il a fallu recourir au traitement chirurgical.
Ce dernier peut se résumer en trois points : i° ponction simple; 2° ponction suivie d’injection iodée ; 3° ovariotomie (Y. ces mots). D' A. de Soyre.
u v AaIUTUMIE. —
. - — L ovariotomie est une opera-
mn qm a pour but l’extirpation des ovaires malades. C est en général pour remédier aux kystes de 1 ovaire que l’on a recours à l’ovariotomie. Mais cette operation pourrait encore être tentée dans es cas de fibromes et de cancer de l’ovaire.
11 y a deux sortes d’ovariotomie : l’ovariotomie abdominale qui se fait au travers d’une ouverture pra iquee sur la face antérieure du ventre, et Lovai lotomie. vaginale qu’on pratique par le vagin, a première étant de ces deux opérations celle qui w6 16 P US fré(ïllemment et qui s’applique à j cas’. S,era seule que nous aurons en vue dans cet article.
nrfïr'?09’ Gn Amérique, dans le Kentucky,
fnk In, !0 ]'? fut P,rati(ïliée pour la première
.. , ^ ^ut curatif. A partir de cette époque,
ce Davs* Fn 'tf1 fut fréquemment renouvelée dans étéPsniirip« TaroPe’.les premières tentatives ayant ment lnsucc®s, l’ovariotomie fut générale-
J ee comme une opération absolument
OVA
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mortelle, et, en 1856, l’Académie de médecine de Paris prononça contre cette opération un violent réquisitoire et une condamnation formelle. Cependant les succès remportés en Angleterre par Clay, de Manchester, bientôt suivis par Keith, d’Edimbourg, et Spencer Wells, de Londres, attirèrent de nouveau l’attention sur l’ovariotomie, et bientôt deux opérateurs, malgré la réprobation académique, n’hésitèrent pas en France à faire entrer de nouveau cette opération dans la pratique courante. Ce furent Kœberlé, de Strasbourg, et Péan, de Paris.
Ces deux opérateurs qui comptent aujourd’hui chacun près de cinq cents cas, ont obtenu de nombreux succès, et tous les chirurgiens de nos jours ont marché sur leurs traces ayant pratiqué chacun un plus ou moins grand nombre d’ovariotomies. Il faut bien dire que l’emploi de la méthode antiseptique et les admirables résultats qui ont suivi l’application du système de Lister, ont singulièrement encouragé, la faveur, pour ne pas dire l’engouement, que les chirurgiens professent aujourd’hui pour cette opération.
Quels que soient les succès qu’on peut enregistrer maintenant, il ne faut pas oublier que l’ovariotomie est une opération grave qui fait courir les plus grands dangers à la malade. Cette gravité tient d’une part à l’état de santé général de la femme au moment de l’opération ; cette femme pouvant être plus ou moins épuisée parla maladie; et, d’autre part, aux complications qui peuvent se présenter pendant l’opération et que l’on ne saurait toujours prévoir avant l’ouverture de l’abdomen. D une manière générale, l’ovariotomie qui s’adresse à un kyste ovarique uniloculaire, n’ayant jamais été ponctionné et n’ayant contracté aucune adhérence avec la paroi abdominale et les organes voisins, est une opération presque toujours suivie de succès. Il n’en est plus de même quand on est en présence d’un kyste multiloculaire fréquemment adhérent soit avec la paroi abdominale, soit avec les reins, le foie, l’utérus, la vessie, les intestins, etc..., et dont le contenu est gélatineux. Dans le premier cas, l’opération peut ne durer qu’un quart d heure à vingt minutes; dans le second, elle peut se prolonger pendant deux heures et plus.
Soins préliminaires. — Avant d’opérer, il sera nécessaire de bien établir le diagnostic et de faire huit à dix jours auparavant une ponction exploratrice, qui viendra confirmer les données fournies par la palpation et l’examen général de la malade.
On devra choisir une pièce bien aérée, assezvaste et dégarnie de rideaux, tableaux, et^ tout ce qui peut être considéré comme un nid à poussières. Cette chambre devra être chauffée à 18° ou 20°.
La malade que l’on aura purgée la veille ou i avant-veille sera enveloppée d’une longue chemise en flanelle, couverte d’une couverture de laine et chaussée de bas de laine. On la placera sur une table étroite recouverte d’un matelas, la tête sou tenue par un ou deux oreillers, les jambes relevees et pliées sur les cuisses pour mettre les muscles abdominaux dans le relâchement. Des couvertures devront entourer les jambes, de façon à éviter tout refroidissement. , .
On aura fait dans la pièce quelques pulvérisa¬
tions d'eau phéniquée, et le pulvérisateur à vapeur sera disposé de manière à ce que le nuage vienne recouvrir la plaie abdominale sans gêner l’opérateur et sans empêcher la respiration de la patiente.
Le chirurgien aura soin de se munir de tous les instruments qui peuvent lui être utiles, et la liste
Fig. 1002. — Ovariotomie.
Femme disposée sur la table d’opération pour l’ovariotomie.. La chemise de flanelle est relevée jusque çous les reins, la poitrine recouverte d’une couverture, les jambes également! entourées de couvertures. Le ventre saillant, préparé pour l incision de la paroi abdominale.
en est si longue que je renonce à la produire ici. Tous ces instruments, ainsi que les linges, ^serviettes, serviettes-éponges et carrés de flanelles, et les éponges fines devront tremper depuis la veille dans une solution phéniquée.
La malade sera endormie avec un chlorotorme bien épuré, et la vessie sera vidée par le cathété¬
risme. . . ...
Opération. — Lorsque la femme est ainsi disposée sur la table, on commence l’opération par
l’incision de la paroi abdominale. Cette section, qui part de 5 à 6 centimètres au-dessus du pubis pour gagner l’ombilic, mesure environ 12 centimètres, se fait couche par couche, un aide ayant soin d appliquer au fur et à mesure une pince à forcipressure sur chaque point pii donne du sang. Quand l’ope-
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rateur est arrivé sur la séreuse péritonéale, ilia saisit avec une pince et, après avoir fait à l’aide d’un bistouri une boutonnière (fig. 1003), il incise le péritoine dans toute l’étendue de l’incision cutanée.
Après vient le second temps, qui consiste à évacuer le liquide contenu dans le kyste afin de diminuer le volume de cette tumeur. On obtient ce résultat à l’aide d’un gros trocard muni d’un tube en caoutchouc par lequel le liquide est conduit dans un seau voisin de la table d’opération. Ce temps est très simple dans les kystes uniloculaires, mais devient difficile dans les kystes multiloculaires ou la ponction doit être répétée plusieurs fois, et surtout dans les kystes dont le contenu est trop épais pour passer par la canule du trocard. L’opérateur est alors obligé de vider ce genre de kyste avec les mains, et il est bien rare qu’il puisse dans ce cas empêcher qu’une certaine quantité du contenu du kyste ne tombe dans la cavité abdominale en glissant sur la surface extérieure de cette tumeur.
Quand le kyste a été vidé, commence le troisième temps pendant lequel le kyste doit être attiré à 1 extérieur. Rien de plus simple quand on a affaire à un kyste uniloculaire sans adhérences. En parlant d’un cas semblable un chirurgien médisait dernière¬
ment que le kyste avait été enlevé du ventre avec autant de facilité qu’on retire un mouchoir de sa poche. Mais combien de difficultés et qu’elles précautions faut-il prendre quand on a affaire aux kystes qui ont contracté de nombreuses adhérences avec les organes voisins. Chacune d’elle doit être détruite avec les doigts, le manche d’un scalpel ou une spatule. 11 faut éviter à tout prix les hémorrhagies et se hâter de saisir avec une pince les petits vaisseaux qui laissent suinter des gouttelettes de sang et appliquer des ligatures sur ceux qui donnent lieu à un écoulement plus considérable.
Le quatrième temps comprend la ligature et le traitement du pédicule. Quand toutes les adhérences ont été rompues, le kyste ne tient plus à
l’abdomen que par son lieu d’implantation comprend l’ovaire, la trompe et la partie du ment large qui donne attache, à l’ovaire. Si ce nvr' cule est long et mince on passe autour une fo* ligature en soie phéniquée, et après avoir Sert/ énergiquement on sectionne à 2 ou 3 centimètrre au-dessus de cette ligature. Si le pédicule est p[eS large on est obligé de le lier en deux ou trois fois en le traversant avec une aiguille munie d’un fil dou ble dont l’un servira à faire la ligature de la partie droite, par exemple, et l’autre celui de la partie gauche. Après quoi on sectionne comme précédemment.
Aujourd’hui on abandonne complètement le pédicule dans l’abdomen et l’on referme la plaie abdominale sans plus s’en occuper. Autrefois on attirait le pédicule à l’angle inférieur de la plaie où on le fixait, dans la crainte que la suppuration de la partie sectionnée ne détermine, par sa rétention dans l’abdomen, l’éclosion de la septicémie, on se servait alors, avant d’appliquer la ligature, d’un instrument nommé clamp pour obtenir une hémostase complète. Quelquefois même le clamp restait appliqué et maintenu extérieurement jusqu’à ce
Fig. 1005. — Ovariotomie.
Application du clamp, après une opération d’ovariotomie.
ÎL™N°^lfication des tissus en amène la chute {f9' 100o> °,n- est enc°re obligé, dans certains cas, de ramener le moignon du pédicule à l’angle inféleur e a plaie quand ce moignon, saignant, malgré es ligatures appliquées sur sa base, a nécessité 1 emploi du thermo-cautère.
f ni W t i^ °-!° ™ie nécessite ce qu’on a appelé la temn lneû-Cela COnstitue le cinquième
temps, qui a pour objet d’enlever de la cavité péri-
sa^d^Bm^r1011/ dufond du bassin dans le cul-dep“i£ caiï&! ï SSitt JT inl?stinalesÆ toilette dUf kPte qu‘ anraie“t P" s’y’giîsserf Cette lv le lnè„S°“ aeÏM les serviettes-éponges, soit nn’nn no.it v -&eS dnes mouI®es sur des tiges et sïre en mémo f061 dans t0us les replis. 0n s’as' ne donnent Ta 6”lpS que les adhérences rompues après ces L ama aUCUn su^nient sanguffi, et naje ** tlons 0n ferme la plaie abdomi-
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C’est le sixième temps de l’opération. On réunit les lèvres de la plaie en appliquant l’une contre l’autre les bords du péritoine pariétal. Pour cela les points de suture placés à l’extérieur à environ 2 centimètres du bord de l’ouverture, viennent ressortir à la face interne à un centimètre de cette plaie, puis passent du côté opposé en étant dirigés en sens inversé, c’est-à-dire que le fil entré par la face interne à un centimètre de la plaie sortira sur la peau, extérieurement, à deux centimètres environ 4e l’ouverture abdominale.
On applique autant de points de suture qu’il est nécessaire, le premier et le dernier devant être établi à 1 centimètre environ de l’extrémité supérieure et de l’extrémité inférieure de la plaie, et les points intermédiaires se succédant en ne laissant entre eux qu’un intervalle de un centimètre et demi à deux centi mètres environ. Pour cette suture on emploie soit le fil d’argent, soit le fil de soie phéniquée, soit le boyau de ver à soie.
Ceci fait, on applique sur la plaie le pansement de Lister (Y. Pansement.)
L’ovariotomie, qui était autrefois une opération très grave, ne donne plus guère aujourd’hui qu une moyenne de 15 p. 100 de morts. Aussi est-elle bien plus souvent mise en usage, et l’on peut ainsi remédier aux kystes de l’ovaire à une époque où leur développement n’étant pas encore considérable, la santé générale delà malade n’est pas altérée, et quand des péritonites partielles n’ayant pas eu lieu, le kyste est alors dépourvu d’adhérences. C’est alors le cas de dire, comme le chirurgien que je citais plus haut: l’extraction d’un kyste en pareille circonstance est comparable à la manœuvre que l’on exécute en voulant retirer un mouchoir de sa poche. Dr A. de Soyre.
OVARITE. — On appelle ainsi l’inflammation de l’ovaire. Cette affection peut revêtir la forme aiguë -, ou la forme chronique. L’ovarite aiguë se produit quelquefois après l’accouchement ou l’avortement, et il est rare, alors, que l’inflammation reste limitée à l’ovaire. Elle s’étend généralement à tout le ligament large, et sera traitée comme nous l’avons indiqué pour les phlegmons du ligament large (V. ce mot). ,
Il peut cependant exister en dehors de 1 accouchement, une inflammation dont l’ovaire est le point de départ. Mais il est rare que cette inflammation reste ainsi limitée à l’organe qui lui adonne naissance. Généralement elle s’étend aux. tissus voisins et constitue ce qu’on appelle une pelvi-pen tonite. Aussi le traitement de l’ovarite est-il. te même que celui de cette dernière affection. Repos absolu, applications de sangsues sur la paroi abdominale, au niveau des fosses iliaques, onction avec l’onguent mercuriel, cataplasmes sur le ventre, injections vaginales chaudes et laxatifs repe es. Contre la douleur, on donnera des lavements laudanisés ou lavements au chloral. A l’intérieur, on administrera le bromure de potassium et des injections sous -cutanées de chlorhydrate de morphine (Y. Péritonite).
Si l’ovarite aiguë essentielle est une affecuo rare, l’ovarite chronique est au contraire une ma-
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ladie assez fréquente, qui reconnaît généralement pour causes, les troubles de la menstruation, des fatigues excessives, des excès vénériens, la masturbation, un coït incomplet, l’abus des alcooliques, etc... On a accusé le travail des machines à coudre de produire souvent cette affection.
Les symptômes de Lovante chronique sont les mêmes que ceux de la métrite chronique , avec cette seule différence, quand on peut l’établir, ce qui est rare, que le summum de la douleur spontanée, ou provoquée par la pression, siège plutôt dans l’une ou dansl’autre fosse iliaque, quelquefois dans les deux, quand Lovante attaque à la fois les deux ovaires.
Le traitement sera le même que dans la métrite chronique (V. ce mot). Cependant, on a, surtout en Amérique, institué pour cette affection, comme pour des accidents nerveux qu’on rapporte généralement à un mauvais fonctionnement des ovaires, une opération spéciale dite ovariotomie normale ou opération de Battey (V. Ovariotomie).
Dr A. de Soyre.
OVIDUCTE. — (V. Œuf.)
OVISAC. — (Y. Ovaire .)
OVULATION. — On appelle ainsi la fonction qui préside à la maturité de la vésicule de de Graaf, à sa rupture, au passage de l’ovule dans la trompe, et à la formation du corps jaune.
Rupture de L ovisac. — En étudiant l’ovaire au point de vue anatomique, nous avons vu que dans le grand nombre d’ovisacs qu’on pouvait observer dans la couche ovigène de cet organe, quelquesuns au nombre de quinze à vingt environ, étaient plus gros que les autres. Or, au moment de la puberté une de ces vésicules présente un développement’ plus considérable encore, vient faire une
Ovaire présentant une vésicule de de Graaf très développée et sur le point de se rompre.
saillie très prononcée à la surface de l’ovaire, et on observe sur cette saillie un réseau vasculaire plus apparent que partout ailleurs (fig. 1006 • Biento au point le plus saillant, les vaisseaux s atrophient, la paroi de la vésicule et la couche ovanque qui a Louvre s’amincissent peu à peu; enfin a vésicule finit par se rompre en ce point, et 1 ovule contenu dans cet ovisac, chassé de l’ovaire, est recueilli par le pavillon de la trompe [fig. 1007). Ce phenomene,
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qui se reproduit tous les mois, constitue ce qu’on a appelé la ponte spontanée, parce que cette rupture d’une vésicule de de Graaf et l’expulsion d’un ovule, s’exécute en dehors de toute excitation sexuelle.
On admet généralement que la maturité et la rupture de la vésicule ovarienne est le résultat d’une
Fig. 1007.
Rupture de la vésicule de de Graaf et issue de l’œuf.
A. Vésicule de de Graaf. - B, C, F. Granulations de la membrane granuleuse et du disque proligère. — E. Ovule. — B. Vésicule germinative.
hypersécrétion du liquide séro-albumineux contenu dans l’ovisac. Nous avons décrit ce mécanisme en parlant de la menstruation (V. ce mot), nous n y reviendrons pas. Nous rappellerons seulement que le point de départ de ces modifications organiques, est la maturité de l’ovule. C’est sous son influence qu’a lieu la première excitation périphérique, d’où découlent les autres : congestion ovarienne, gonflement de l’ovisac, sa rupture, congestion utérine, déchirure des vaisseaux capillaires de la muqueuse et flux cataménial.
Migration de l'ovule. - Quand la rupture de la vésicule de de Graaf a lieu, l’ovule qui y était contenu est chassé et recueilli par la trompe. C’est à ce passage de l’ovule dans la trompe utérine qu’on a donné le nom de migration. En général, au moment de la pupture de l’ovisac, le pavillon de la trompe est exactement appliqué sur l’ovaire, êt il était naturel d’expliquer cette situation par une sorte d’extension de Térétisme ovarien, puisqu’en dehors de la période d’ovulation, le pavillon tubaire est flottant, fixé simplement à l’ovaire par la grande frange qu’on y remarque (Y. Trompe).
Aussi est-ce à la contraction des fibres musculaires contenues dans la trompe, dans son pavillon dans 1 ovaire et le ligament large que Rouget attribue le mécanisme du mouvement qui, au moment de la ponte spontanée, applique le pavillon de la trompe sur 1 ovaire. Des recherches qu’il a faites sur la direction de ces diverses fibres musculaires, cet auteur compare le mouvement que ces fibres exécutent pendant leur contraction ou mécanisme par lequel on ferme une bourse quand on tire en sens inverse sur les deux cordons qui bordent son ouverture (Y. Œuf).
Du corps jaune.— Après la rupture de la vésicule de de Graaf et l’expulsion de son contenu, il reste dans l’épaisseur de l’ovaire une cavité qui tend peu a peu à disparaître ; souvent avant la rupture de l’ovisac il y a une déchirure des vaisseaux qui parcourent sa paroi, d’où résulte une petite ecchymose ; niais il est rare que l’expulsion de l’ovule ne s’ac¬
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compagne pas d’une légère effusion sàn<min0 se forme presque toujours dans la cavité .J’ etil la vésicule un petit caillot. Bientôt les tissus h,, de vaire, tenus préalablement écartés par Ja VPV lo~ distendue, tendent à se rapprocher après sa runfCUle et comme la paroi propre de l’ovisac ne pari pas à ce travail de régression, elle est obligée TPe replier sur elle-même; les bords de ces plis Se m ? tent en contact, et cette membrane toute recrom, vallée, forme une sorte de noyau au milieu dutissü ovarien. Or si l’on pratique une coupe du point or cupe par ce noyau, on lui trouve une coloration jaunâtre, de là le nom d ecorps jaune que lui a donné Malpighi. Quelques auteurs, se basant sur ce que ce noyau ne présentait pas chez tous les mammi feres la même coloration jaunâtre, lui ont donné une autre dénomination; c’est ainsi que Robin a proposé le nom d’oariule, et Raciborski celui de metoarion ; mais le nom de corps jaune a prévalu.
Les corps jaunes ne se comportent pas tous dé la même manière; ceux qui succèdent à une ponte spontanée, dans laquelle l’ovule n’a pas été fécondée, n ont pas, d’après Coste, une durée de plus de trente jours, dont dix employés par la période d’hypertrophie, et vingt par le travail de régression;' tandis que le corps jaune qui succède à la fécondation est beaucoup plus volumineux, il n’atteint son maximum d’évolution que trente à quarante jours après 1 ovulation et après être resté quelque temps stationnaire, il ne commence à décroître que vers le troisième mois de la grossesse pour subsister encore quelque temps après l’accouchement.
D' A. DE SOYRE.
OVULE. - (V. Œuf.)
OXALATE. — • Nom donné par les chimistes à un genre de sels formés par la combinaison de l’acide oxalique avec certaines hases telles que le fer (oxalate de fer), la chaux (oxalate de chaux), la potasse (oxalate de potasse), etc. Les oxalates sont rarement usités en médecine. p. l. ,
OXALIQUE (acide). — L’acide oxalique , appelé aussi sel d oseille, parce qu’on le trouve dans cette plante, est un corps solide, qui se présente sous forme de prismes incolores, translucides, d’une saveur acide très prononcée, très solubles dans l’eau bouillante et dans l’alcool. Cet acide est employé dans 1 industrie pour décaper le cuivre, pour enlever les taches d’encre sur le linge, et aussi dans 'les. indiennenes pour ronger certaines couleurs qui. sont dues à des oxydes métalliques. Il forme generalement la base de Veau de cuivre.
mpoisonnement. — L’acide oxalique est un P°i!ori lrritant très énergique; 8 ou 10 grammes suliisent pour occasionner la mort en moins d’une heure; il existe même un cas de mort d’un jeune omme qui n en avait absorbé que 2 grammes.
*aJern emP%é dans l’empoisonnement crihClde. oxallflue a é,té maintes fois avalé par erreur a la place du sulfate de soude et même de
semWance? ^ aVGC leS(îuelles 11 a assez de reS'
Loi sque 1 acide a été avalé en solution concen-
pr
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trée, le malade éprouve des douleurs violentes à la gorge et à l’épigastre, il a des vomissements de matières colorées ordinairement en jaune ou en brun et mêlées de sang, suivis de spasmes et de suffocations; son pouls s’affaiblit très vite et devient imperceptible ; ses pupilles sont dilatées, sa peau se réfroidit, les extrémités deviennent d’une coulenr gris de plomb, et si les secours n’arrivent pas à temps, la mort survient rapidement, soit après des convulsions, soit dans la stupeur.
Lorsque l’acide a été absorbé en solution éten- ' due, le vomissement se fait attendre; les battements du cœur, très faibles, s’accélèrent d’abord puis se ralentissent; le corps se refroidit, les extrémités deviennent livides ; il y a des fourmillements dans les membres, des accès de tétanos et de suffocation, delà stupeur. L’ensemble des accidents rappelle le choléra (Ferrand).
Dans les cas où le malade succombe, on trouve les muqueuses de la bouche, de l’œsophage et de l’estomac, blanches, ramollies et dépouillées de leur épithélium; l’estomac présente des érosions et contient un liquide brunâtre, couleur de café; le sang, ainsi que tous les tissus pourvus d’un système capillaire très apparent, présentent une coloration vermeille.
Le traitement de l’empoisonnemènt par l’acide oxalique consiste : à neutraliser cet acide en faisant avaler au malade de la craie ou de la magnésie calcinée en suspension dans l’eau (10 a 20 gr. par litre), qui forment avec l’acide oxalique un oxalate de ehaux ou de magnésie presque insoluble; 2° à calmer la douleur et les accidents nerveux au moyen des préparations opiacées ; 3° à administrer de l’alcool pendant la période de prostration.
Hygiène industrielle. — Les fabriques d’acide oxalique sont rangées dans la première classe des industries insalubres et. dangereuses, à cause des dégagements d’acide carbonique et d’hydrocarbures qu’occasionne sa fabrication. Par décret du 14 mai 1875, les enfants ne peuvent pas être employés dans les ateliers. Dr Paul Labarthe.
OXY AZOTIQUE (eau). — L’eau oxyazotique est une eau chargée de protoxyde d’azote sous une pression de 5 ou 6 atmosphères, c’est-à-dire contenant 5 ou 6 volumes de ce gaz, qui possède une saveur sucrée et jouit de propriétés diurétiques et antigoutteuses. p- L-
OXYDE. — Nom donné par les chimistes à un corps composé résultant de la combinaison de 1 oxygène avec un corps simple. Les plus connus en médecine sont : l’oxyde d’antimoine {S .Antimoine)', le protoxyde d’azote (V. Azote)-, l’oxyde de barium {Y. Baryte)-, l’oxyde de carbone (V. Carbone ); l’oxyde de fer (V. Fer); l’oxyde de manganèse (V. Manganèse); l’oxyde de mercure (V. Mercure ); l’oxyde de plomb (V. Plomb ) ; l’oxyde de zinc (Y. Zinc), etc. P- J'¬
OXYGÈNE. — L’oxygène, découvert par Priestley nn 1*774 et désigné par lui sous les noms d’air citai, air dephlogistiqué, air éminemment respi-
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rable, prit dix années plus tard la dénomination d 'oxygène, qui lui fut donnée par Lavoisier et qu’il porte encore aujourd’hui. Ce corps simple est un gaz élastique, permanent, incolore, inodore, insipide, incombustible, mais jouissant de la propriété d’entretenir les corps en combustion et de rallumer ceux qui sont en ignition. Il est peu soluble dans l’eau qui n’en dissout que le 27e environ de son volume. Il existe en abondance à l’état de combinaison dans les trois règnes de la nature. Tous les éléments en contiennent : l’eau, l’air, les plantes, les animaux et les plantes. Il entre pour plus d’un cinquième dans la composition de l’atmosphère, et, s’il est quelques endroits confinés où l’air soit infecté par le dégagement d’une trop grande quantité de matières putrides, cet air devient irrespirable et essentiellement nuisible au fonctionnement de notre organisme parce qu’il ne contient pas, dans un espace donné, une quantité d’oxygène suffisante, qui a été remplacée par des gaz méphitiques d’une puissante insalubrité.
Aujourd’hui, grâce à un petit appareil portatif dont nous sommes redevables à Limousin, un de nos pharmaciens les plus ingénieux, les personnes, mêmes étrangères aux manipulations chimiques, peuvent préparer rapidement et facilement l’oxygène pour l’emploi médical. Ce pharmacien prépare luimême ce gaz en grande quantité et en tient toujours à la disposition des médecins et des malades dans des ballons en caoutchouc [fig. 1010).
Effets. — Mis en contact avec la muqueuse respiratoire ou la peau dénudée, l’oxygène produit une sensation de chaleur, de picotement, suivie d’une rougeur et d’une fluxion consécutives. Dissous et transporté dans le torrent circulatoire, il ést l’agent principal des phénomènes de la respiration, c’est lui qui préside à l’accomplissement de l’hématose, c’est-à-dire à la transformation dans le poumon du sang noir ou veineux en sang rouge ou artériel, phénomènes qui sont étroitement liés à la nutrition de nos tissus et sont la condition essentielle de la. vie humaine.
Il ne faut donc pas s’étonner si ce gaz comburant, respiré à doses convenables, active toutes les fonctions sans les irriter. Il procure, en effet, à l’état normal,- un sentiment de bien-être, de chaleur bienfaisante, de force, d’alacrité, la respiration devient plus libre, plus ample, plus facile, le pouls augmente en pulsations, l’appétit s’accroît, la température reste la même et l’urine est moins chargée d’acide urique (Demarquay). Les plaies, sous l’influence d’une certaine quantité d’oxygène absorbée par le poumon, deviennent plus rouges, prennent un meilleur aspect, sécrètent en plus grande abondance de la sérosité et de la lymphe plastique d’où résulte la rapidité de leur cicatrisation. On observerait des phénomènes contraires si 1 air était vicié : elles resteraient alors blafardes, sanieuses, inguérissables. Injecté dans les veines, l’oxygène produit une légère irritation, mais ne transforme pas la constitution du sang, comme il le fait dans le poumon après des inhalations successives : il faut qu’il ait été charrié dans le cœur droit et qu'il soit arrivé dans les organes pulmonaires pour faire subir au sang cette métamorphose.
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Voila pour les effets physiologiques de l’oxygène employé à l’état de pureté. On peut l’utiliser aussi mêlé à l’air, et, suivant que la pression est exa- i gérée ou diminuée, on a Y air comprimé ou Y air raréfié (V. Aérothêrapie). '
Usages. — On emploie l’oxygène à l’extérieur et
Fig. 1008.
Appareil pour l’application de l’oxygène sur un membre atteint de gangrène.
à l’intérieur. Les chirurgiens s’en servent, soit en inhalations, soit en applications topiques pour modifier la surface des plaies ou des ulcères de mauvais aspect. Laugier et Demarquay envelop¬
avantageusement l’asthme, la dilatation brn que, la phthisie pulmonaire, l’albuminurie J1!?*' bète, et l’état cachectique. Ce gaz a l’avaita® A ne pas être toxique et de pouvoir être admirer en inhalations à la dose de 30 litres par jour n dant plusieurs semaines de suite. ^en~
Si l’on veut faire prendre l’oxygène à Y' térieur, on le maintient en dissolution da”" l’eau par une forte pression comme celle”' l’aide de laquelle on obtient l’eau de seltz artificielle. Cette préparation, connue enAn gleterre sous le nom d’eau gazeuse oxygénée, diffère de l’eau oxygénée de Thénard qui n’est autre chose qu’un bioxyde d’hydrogène, fort peu stable d’ailleurs. Cette eaü a été préparée aussi en France par Limousin et par Brin et a été rendue gazeuse par sursaturatioa d’oxygène; elle peut remplacer l’eau potable aux repas et se prendre en quantité variable, soit pure, soit coupée avec quelques gouttes de vin; elfe a été prescrite comme stimulant de l’estomac,
Fig. 1009.
Appareil Limousin pour administrer l’oxygène dans les cas d’asphyxie par submersion, pendaison, strangulation ou par un empoisonnement par des gaz ou des vapeurs toxiques
Fig. 1010.
Appareil Limousin pour pratiquer soi-même des inhalations d’oxygène.
dans les dyspepsies atoniques. Enfin, on peut encore prescrire à la place de l’oxygène pur des substances qui en contiennent et qui puissent le céder facilement à l’économie, telles que le permanganate de potasse à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour (Sampson), le chlorate de potasse ou de soude aux doses de 4, 6 a 8 grammes dansles vingt-quatre heures (Gubler).
Dr Marc Camboclives.
OXYMEL. — On donne ce nom, en pharmacie, à des sirops dans lesquels le sucre decanne est remplacé par du miel, et l’eau par du vinaigre pur ou un vinaigre médicamenteux. Lesplus usités sont : l’oxymel simple, employé en gargarismes, et l’oxymel scillitique (V. Scille). p. L.
paient d’un manchon de caoutchouc rempli d’oxygène, les membres affectés de gangrène spontanée pour les maintenir constamment dans une atmosphère d’oxygène destinée à arrêter les progrès du mal.
A l’intérieur, l’oxygène est une ressource précieuse contre l’asphyxie, surtout quand elle est due à une suffocation accidentelle, telle que stangulation pendaison, submersion, ou à un empoisonnement par des gaz ou des vapeurs toxiques; l’asphyxie des nouveau-nés trouve encore un lui un puissant remède. L’oxygène agit bien également contre la syncope produite pendant l’anesthésie par le chloroforme ou l’éther. Enfin l’oxygène peut modifier
OXYSULFURE. — Nom donné par les chimistes à la combinaison d’un sulfure avec un oxyde. Leplus connu et le plus usité en médecine est l’oxysulfure d’antimoine ou kermès minéral (V. Antimoine, Kermès ). p L. ‘
OXYURES. On donne le nom d’oxyures, ou oxyures vermiculaires, à des vers parasites très petits, ayant l’aspect d’un petit bout de fil blanc, dont les mâles n’ont pas plus de 3 à 5 millimètres et demi de longueur, tandis que les femelles peuvent atteindre 9 et 10 millimètres. Ces vers habitent le tube intestinal et principalement le rectum, dans lequel ils se développent en quantités prodi-