‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 160 sur 289 · PEL · texte numérisé non relu

PEL

L’artère pédieuse occupe également la face dorsale du pied. C’est une branche terminale de l’artère tibiale antérieure qui part de la partie moyenne du cou-de-pied et va se distribuer à la plante du pied. P- L-

PÉDILUVE. — (Y. Bains.)

PÉDONCULE. — Nom donné parles anatomistes à des cordons blancs, de volume variable, qui relient entre elles les diverses masses encéphaliques (V. Cerveau , Cervelet). P. L.

PEINTRES EN BATIMENTS ET DÉCORS. — Hygiène professionnelle. — (Y. Plomb.)

PELADE. — (V. Teigne.)

PELLAGRE. — On donne ce nom à une affection générale caractérisée par une éruption érythémateuse qui apparaît exclusivement sur les parties du corps habituellement à découvert.

Cette maladie, inconnue en Europe avant 1620, pénétra d’abord en Espagne, puis en Italie, et de là se répandit en France vers 1820. Elle apparut d’abord dans le bassin d’Arcachon, puis dans celui de l’Adour. Peu de temps après, la pellagre fut signalée dans la Gironde et dans les Landes. Vers 1842, Th. Roussel en observa plusieurs cas à Paris. Enfin, Landouzy a signalé l’existence de la pellagre à l’état endémique, en Champagne. Depuis, des cas isolés ont été observés sur un grand nombre de points.

La pellagre a été l’objet de recherches nombreuses- On a voulu l’attribuer à un champignon, le verdet, qui se développe sur le maïs altéré et qui produirait une véritable intoxication chez les personnes qui font usage comme aliment de la farine de maïs. Mais, des cas ayant été constatés chez des personnes qui n’avaient jamais mangé de maïs, il a fallu renoncer à cette théorie. Aujourd’hui la pellagre est regardée comme une affection générale due à des causes complexes et l’alimentation par le maïs ne peut être incriminée qu’à titre de nourriture insuffisante et trop pauvre en principes azotés. La misère en est la cause principale. C’est, en effet, sur les populations les plus pauvres que s’observe la pellagre.

Cette maladie apparaît le plus souvent au printemps. Elle débute par des érythèmes localisés sur la face, le cou, les mains et, en général, sur toutes les parties du corps exposées aux rayons du soleil. Ces plaques érythémateuses sont le siège d’une sensation de prurit et de cuisson. Parfois, on n’observe pas de symptômes généraux, parfois, au contraire, les malades accusent une faiblesse générale, des douleurs musculaires, des vertiges et des troubles gastro -intestinaux.

Vers le mois de juillet, tous ces symptômes disparaissent. On pourrait croire à la guérison, si l’on ne savait pas qu’au printemps suivant, les mêmes accidents se manifesteront avec plus de gravité. Après plusieurs atteintes, les altérations de la peau persistent : la peau est dure, fendillée, recouverte de croûtes, et l’état des malades va en s’agravant.

Des accidents gastro- intestinaux , vomissements, diarrhées opiniâtres, affaiblissent de plus en plus lé malade. On voit alors apparaître les symptômes nerveux. La démarche est chancelante, l'intelligence abolie, les sens émoussés ; les paralysies, la folie même, sous toutes ses formes, viennent clore la série, et le malade ne tarde pas à succomber aux progrès incessants de la cachexie.

La durée de la pellagre est assez longue. La « mort survient rarement avant la troisième année ».

Une bonne hygiène, une alimentation substantielle et réparatrice, telles sont les bases du traitement de la pellagre. On recommandera aux malades, déjà atteints une fois, d’éviter, au printemps, les rayons du soleil. Les bains tièdes modifient l’état de la peau et procurent un grand soulagement. Le régime lacté a donné de bons résultats. Enfin, les préparations ferrugineuses, le quinquina seront employés contre les progrès de la cachexie.

D* Loüis Thomas.

PELLETIER (capsules). — Les capsules Pelletier sont des petites capsules gélatineuses contenant du sulfate de quinine (Y- ce mot) de Pelletier, dit des trois cachets, le seul d’une pureté absolue, puisqu’il n’est autre que celui de son premier inventeur, l’illustre chimiste Pelletier, membre de l’Institut, dont la fabrique est aujourd’hui sous la savante direction de MM. Armet de Lisle.. Ces capsules renferment le sulfate de quinine eü nature, tel qu’il est obtenu, légèrement comprimé et conservant son aspect soyeux et cristallin, sans gomme, sucre, amidon ou poudres inertes, que l’on trouve toujours dans l’intérieur des pilules et des dragées. Elles contiennent chacune 10 centigrammes de sulfate de quinine et se délivrent én flacons de 10 à 20 capsules, soit 1 ou 2 grammes de sulfate de quinine par flacon. MM. Armet dè Lisle préparent aussi des capsules de bromhydrate, de valérianale et de bisulfate de quinine, dosées également à 10 centigrammes.

Dorénavant, surtout en présence des quinines altérées et falsifiées par le mélange éhonté de 40 et 50 p. 100 de quinidine, de cinchonine, etc., qu’on importe en France et qu’en 1883 on a même introduites dans la pharmacie centrale des hôpitaux, tout médecin consciencieux qui veut être sûr de la pureté de la quinine qu’il emploie, doit exclusivement se servir de la quinine Pelletier ou des trois cachets, sous forme de capsules Pelletier. En dehors de la pureté, on peut dire légendaire, du produit, ces capsules ont l’avantage précieux de masquer complètement l’amertume si désagréable et si caractéristique de la quinine, et comme elles se dissolvent rapidement dans l’estomac, le médecin n’aura plus à craindre de les voir, comme cela arrive avec les pilules et les dragées laites d avance, durcir rapidement et traverser 1 estomac et les intestins sans agir. Elles sont aussi preferabies aux cachets médicamenteux qui s’ava-

ent difficilement. Enfin, elles se conservent indéfiniment, se dissolvent plus vite, et ne sont pas attaquées par les insectes, surtout dans les pays

Rappelons, en terminant, que chaque capsule de quinine porte, imprimé en noir, le nom de Pelletier, ce qui est encore un surcroît de garantie d authenticité. Dr L- Saint-Antonin.

PELLETIÉRINE. — Nqm donné par Tanret à un alcaloïde qu’il a découvert en 1876, dans l’écorce de grenadier et auquel est due la propriété tænifuge de cette écorce (V, Grenadier). P. L-

PELLICULE. — Nom donné à de petites lamelles épidermiques simples, qui se soulèvent et se détachent de la surface cutanée dans certaines maladies de la peau. P. L.

PELVIEN. — Non donné à la cavité du bassin, cavité pelvienne , et aux membres abdominaux qui se rattachent au bassin. p. L.

PELVIMÈTRE. —-Nom donné a un instrument | analogue à un compas d’épaisseur, dont les accoucheurs se servent pour mesurer les divers diamètres du bassin. P. L.

PELVI-PÉRITONITE . — Nom donné par Bernutz et Goupil à l’inflammation de la partie du péritoine qui tapisse les organes renfermés dans le bassin.

Les causes des pelvi-péritonites sont nombreuses : 1° l’état puerpéral (accouchement , avortement) en est la cause la plus active; 2° le traumatisme, c’està-dire les excès de coït, les fatigues insolites, les injections irritantes, les cautérisations et surtout le cathétérisme de l’utérus; 3° la blennorrhagie; 4° la tuberculose : sur 45 cas de tuberculisation des organes génitaux, Brouardel a constaté que 22 fois le péritoine était tuberculeux.

La pelvi-péritonite s’annonce par des douleurs très vives, limitées à la partie inférieure du ventre ; ces douleurs s’exaspèrent parla pression et le mouvement, et elles s’accompagnent parfois de nausées et de vomissements; il survient dè la fièvre avec ou sans frisson préalable.

Le caractère principal de la pelvi-péritonite, c’est l’existence d’une tumeur située dans le cul-de-sac utéro-rectal, soit en arrière, soit sur les côtés : cette tumeur qui peut atteindre le volume du poing est très fluctuante, ainsi qu’on peut s’en assurer par le toucher vaginal combiné au palper hypogastrique-, elle est formée par une accumulation de sérosité ou de pus dans le cul-de-sac du péritoine, et elle se trouve enkystée par les adhérences des anses intestinales (qui , on le sait, sont tapissées par le péritoine). L utérus est refoulé du côté opposé à la tumeur.

• La pelvi-péritonite peut se terminer : l°par résolution, terminaison assez rare ; 2° par induration et passage à l’état chronique, terminaison fréquente dans laquelle les douleurs et la gêne ne sont qu’assoupies, prêtes à se réveiller sous l’influence du coït, de la menstruation, d’une fatigue quelconque, etc.; 3° par suppuration : le pus, après être resté longtemps enkysté, s’ouvre une voie dans le vagin, dans le rectum, etc.; l’ouverture devient fréquemment fistukuse et la malade succombe épui¬

sée par l’infection putride, la phthisie, etc. Les pelvi-péritonites de nature puerpérale suppurent presque fatalement.

La pelvi-péritonite pourrait être confondue avec une hématocèle rétro-utérine, soit avec un phlegmon du ligament large (V. ces mots).

Son traitement est le même que celui du phlegmon du ligament large (Y. ce mot). Dr Léon Moynac.

PELVIS. — Mot latin employé souvent par les anatomistes et les accoucheurs comme synonyme de Bassin (Y. ce mot), v p. l.

PEMPHIGUS. — Le pemphigus est une maladie de peau caractérisée par une éruption d’un ou plusieurs bulles qui se rompent facilement, laissant échapper le liquide qu’elles renferment, et sont remplacées par des ulcérations superficielles et des croûtes minces laissant après elles des taches dont la durée est plus ou moins longue.

Les causes du pemphigus sont peu connues.

Le pemphigus aigu peut être précédé pendant quelques jours de malaise et de fièvre, puis on voit apparaître sur un point quelconque de la surface du corps un certain nombre de taches plus ou moins volumineuses, du centre desquelles s’élève une bulle parfaitement semblable aux larges phlyctènes produites par un vésicatoire ou par une brûlure au deuxième degré.

L’épiderme qui la forme se déchire facilement et laisse couler le liquide citrin qui le soulevait : en ce moment la chaleur et la démangeaison diminuent notablement, il reste une tache lie de vin qui s’efface peu à peu.

Le nombre des bulles de pemphigus est plus ou moins considérable, elles peuvent se montrer sur toutes les parties du corps.

Le pemphigus aigu dure en moyenne huit à dix jours. Mais parfois la maladie passe à l’état chronique, il se fait pendant des mois et des années des éruptions successives de petites bulles laissant après elles des croûtes jaunes, grisés, qui sont le siège de vives démangeaisons. Si le pemphigus' est limité à une partie du corps, le malade peut vaquer à ses occupations, mais si l’éruption est générale, le travail est à peu près impossible. Quelques-uns de ces malades maigrissent, puis leurs membres s’infiltrent et ils peuvent succomber dans le marasme.

Pemphigus des nouveaux-nés. — Le pemphigus n’est pas très rare chez les nouveaux-nés ; il occupe exclusivement la paume des mains ou la plante des pieds ; quelques auteurs considèrent cette éruption comme un symptôme de syphilis; cette proposition est vraie, mais non d’une manière absolue. Quoi qu’il en soit, le pemphigus des nouveaux-nés annonce habituellement une constitution débile.

Comme traitement du pemphigus, au début, on emploiera des applications émollientes, des bains, des purgatifs légers; dès que les bulles seront formées, il faut éviter de les rompre trop vite; si les croûtes qui leur succèdent tendent à se détacher, on en provoquera la chute par l’application d’un cataplasme émollient.

PEN

PEN

Le pemphigus chronique exige, en outre, un traitement général, car il se lie fréquemment à un mauvais état de la constitution.

Le pemphigus des nouveaux-nés devra faire rechercher les antécédents syphilitiques chez.les parents. Dr Léon Moynac.

PENDAISON. — La pendaison est un acte de violence dans lequel le corps, pris par le cou dans un lien attaché à un point fixe et abandonné à son propre poids, exerce sur le lien suspenseur une traction assez forte pour amener brusquement la perte du sentiment, l’arrêt des fonctions respiratoires et la mort (Tardieu).

On croit généralement que, dans la mort par pendaison, le corps doit nécessairement être suspendu, dans une position verticale, à une certaine hauteur au-dessus du sol et loin de tout point capable d’offrir un appui aux pieds. Cette manière de voir est absolument fausse. On sait aujourd’hui que la mort par pendaison volontaire survient soit debout contre un mur et les pieds reposant à plat sur le sol, soit à genoux, soit ployé en deux, assis, accroupi ou presque couché. Les exemples de ce genre sont excessivement nombreux. Sur 174 pendus observés par Brierre de Boismont, 124 avaient à leur portée le sol ou un support quelconque, 6 s’étaient pendus dans leur lit, les genoux pliés, les pieds reposant en plein sur les matelas ; 23 étaient accroupis, à genoux, ployés en deux; 4, après s’être accrochés aux colonnettes de leur lit, s’étaient laissé glisser à terre, et leur corps était ainsi presque parallèle au sol; 11 étaient assis ; l’un d’eux était dans un fiacre, la tête contre l’une des glaces et passée simplement dans une des ganses qui servent de poignée : il n’y avait pas d’autre lien. Marc rapporte l’histoire d’un individu qui s’était pendu avec son mouchoir à la fenêtre très basse de son cachot et qui avait eu le soin de se lier fortement les mains avec un autre mouchoir à l’aide de ses dents. Ce cas était certainement de nature à faire naître des présomptions d’homicide si le suicide n avait été prouvé par d’autres circonstances.

On peut donc dire qu’il n’èxiste pas une seule position du corps dans laquelle la mort volontaire par pendaison ne soit possible et que l’homicide par pendaison est extrêmement rare.

On croit également à tort que tous les pendus ont la face bouffie et livide, les yeux saillants et hors des orbites, la langue noirâtre, tuméfiée et sortie de la bouche, les traits contractés, le pénis turgescent, les doigts crispés, etc. Ce tableau peut être présenté par des criminels livrés au supplice ou par des individus pendus ou étranglés par des mains homicides ; mais celui qui s’est froidement suicidé présente rarement une figure bouleversée ou horrible.

La pendaison peut déterminer deux ordres de phénomènes très différents ; ceux de Tapoplexie ou ceux de l’asphyxie, et souvent même les uns et les autres existent simultanément. Ces différences résultent surtout de la manière dont la corde a été placée. Si le cou n’est pas comprimé circulairement et si la corde est placée sur le cartilage thyroïde, l’asphyxie se produira lentement et déter¬

minera lentement l’apoplexie. Si le lien est appliqué au-dessus de l’os hyoïde, entre le menton et le larynx (ce qui arrive dans la grande majorité des cas), les parties molles refoulées en arrière ferment l’ouverture du larynx et l’individu périt rapidement asphyxié.

La turgescence du pénis est presque constante chez les pendus ; mais on observe rarement une véritable érection suivie d’éjaculation, et ces phénomènes ne sont pas propres à la pendaison.

Les autres lésions qu’on trouve exceptionnellement sont les fractures de l’os hyoïde, du larynx, la luxation des vertèbres cervicales. Ces désordres étaient surtout observés à la suite des exécutions capitales parce qu’on tournait la corde.

D’après Blanchard, le meilleur signe que la suspension aurait été opérée pendant la vie serait la présence dans le tissu cellulaire profond, au niveau du sillon laissé par le lien constricteur, entre le muscle et les vaisseaux, de sang extravasé, coagulé, fortement adhérent, que la macération et le lavage n’enlèvent pas. Ce signe a de la valeur; mais il peut également se produire après la mort.

Signes de la pendaison. — A. Signes externes.— Il est généralement admis aujourd’hui comme un fait incontestable que dans le plus grand nombre des cas de pendaison il n’y a pas d’ecchymoses; qu’il n’y a, en général, ecchymose que lorsque, à la suspension, se joignent quelques violences, ou bien lorsque l’individu s’est pendu avec un lien très long et s’est précipité d’un lieu élevé (Devergie, Tardieu, Briand et Chaudé). Les auteurs qui ont admis l’ecchymose ont considéré comme telle la couleur brunâtre que présente la peau dans le sillon produit par la constriction. i&m-

C’est au cou qu’existe la lésion principale; elle varie suivant le nombre de tours, suivant la grosseur et la nature du lien. Les sillons sont d’autant plus étroits et plus profonds que le lien est moins volumineux.

Il y a à considérer dans le sillon, la situation, la forme, la direction et l’aspect.

Il est situé au-dessus du larynx dans les quatre cinquièmes des cas; sur le larynx dans l’autre cinquième. On a trouvé deux fois le lien au-dessous du larynx. , -

J"ict uu- smon est très importante. Elle esf parabolique; c’est un fer à cheval dont la trace es très marquée en avant, moins sur les côtés; élit cesse au-dessous des oreilles et elle est nulle er arriéré. Pour que le sillon soit circulaire, il fau que le pendu ait serré la corde avant de se pendre ou qu il ait fait plusieurs tours.

La direction du sillon se rapproche presque de 1 axe du corps. r ’

Nous venons de voir que l’aspect du sillon n’es pas une ecchymose comme dans l’étranglement LriaeXamane la Peau du cou immédiatemen E J™^a,?aiS0IV 011 n'obsef,ve d’abord aucui - n rAm f ^ C°1UleUr> maÎS lorsque la SUSpCU a, Plusieurs jours le sillon est brun hlpnAtrps m 6t- lmUé Par deux autres sillon; hpmînp vlolaces- Eu disséquant cette peai

cent ïassé P?,?n tI>0UVe le tissu Claire sous-jacent tasse et d un aspect brillant et argentin. Le:

PEP

PEN

muscles sterno -mastoïdiens sont déprimés par le lien.

Cet état de la peau et du tissu cellulaire est le résultat de la dessiccation de la peau sous l’influence de l’air; ce sont des phénomènes purement physiques qui ne sauraient constituer un signe certain de la mort par pendaison. Ils ne sont pas constants, ne se manifestent pas immédiatement après la mort et peuvent être produits sur un cadavre par la constriction'.

B. Signes internes. — Ce sont les plus importants et c’est surtout par l’examen des poumons et du cœur qu’on peut reconnaître les signes caractéristiques de la suspension.

La muqueuse du larynx et de la trachée présente une coloration rosée; l’écume est beaucoup moins fréquente que dans la strangulation et la suffocation, mais elle est plus épaisse et plus adhérente.

Les poumons sont engoués, emphysémateux sur certains points et présentent une coloration noirâtre sur les parties déclives; cette coloration résulte de la stase sanguine produite par les lois de la pesanteur. Le cerveau contient également du sang sur les parties déclives si la tête reposait sur le sol. La congestion de l’organe est presque . constante.

Si la suspension a déterminé la mort par apoplexie, les deux ventricules du cœur contiennent du sang, le droit comme le gauche. Si la mort a eu lieu par asphyxie, les cavités gauches du cœur sont vides de sang, tandis que les cavités droites et les gros vaisseaux en contiennent en plus ou moins grande quantité. On n’a jamais observé d’ecchymoses sous-péricardiques ; le sang est très fluide et l’on trouve rarement quelques caillots dans le cœur.

L’expert qui aura à se prononcer dans un cas où la pendaison aura donné lieu à des présomptions d’homicide cherchera d’abord à établir si la pendaison a eu lieu pendant la vie ; il notera la nature et la longueur du lien, la forme, le nombre et la direction des sillons, puis toutes les circonstances qui ont accompagné l’accident. Il importe de savoir que, s’il est possible d’étrangler un homme avec les mains, il est plus difficile de l’étrangler avec un lien et presque impossible de le pendre, sauf les entants, les imbéciles et les gens paralysés. La pendaison homicide exige le concours de plusieurs individus : on doit donc supposer une lutte et rechercher les traces de la résistance opposée par la victime, telles qu’égratignures , ecchymoses, blessures, luxations, fractures des doigts, etc.

Dr A. Lütaud.

PÉNIS. — (V. Verge.)

PENSÉE SAUVAGE. — La pensée sauvage, appelée aussi herbe de la Trinité , pensée tricolore, est une plante annuelle bien connue, de la famille des Violariées, que l’on trouve en grande abondance dans les champs où elle croît naturellement et qu’on cultive dans les jardins, dont les feuilles et les fleurs desséchées, douées d’une légère amertume, servent à préparer une infusion et un sirop

employés comme sudorifiques, antiscrofuleux et antiherpétique , et dont la racine est légèrement émétique à la dose de 2 à 4 grammes. p. l.

PEPSINE. — La pepsine est la matière organique du suc gastrique, sécrétée par les glandes à pepsine qui occupent toute la surface muqueuse de l’estomac, et dont le nombre est considérable. Elle joue un rôle fondamental dans l’acte complexe de la digestion (Y. ce mot) et elle attaque les aliments azotés ou albuminoïdes, tels que viandes, œufs, poissons, gluten, caséine, etc., les dissout, les digère et les transforme en une substance soluble, assimilable appelée peptone (V. ce mot),: qui est alors apte, après avoir subi l’action du suc pancréatique dans l’intestin, de se répandre dans la circulation par les veines et les tissus, pour y former le sang et la chair qui sont les sources de la vie.

Découverte par Schwann en 1836, la pepsine, qui occupe aujourd’hui une place des plus importantes dans le traitement des affections des voies digestives, n’a été introduite dans la thérapeutique qu’en 1834, époque où l'éminent chimiste Bpudault réussit, le premier, à l’isoler du suc gastrique de l’estomac des moutons, sous une forme à la fois pratique et inaltérable. Le Dr Corvisart en fit aussitôt l’essai clinique, se fondant sur ce principe qu’un grand nombre de troubles de la digestion étant dus à l’insuffisance de sécrétion de la pepsine ou à son altération, il était rationnel de suppléer à la pepsine faisant défaut par la pepsine animale qui est en tous points identique à celle de l’homme. Les travaux de Boudault et Corvisart furent couronnés par l’Institut.

La pepsine animale, extraite à l’état pur de l’estomac des moutons, à l’aide de procédés spéciaux très délicats, qu’il serait trop long d’expliquer ici en détail, la pepsine animale, dis-je, se présente sous la forme d’une poudre blanc jaunâtre, visqueuse, d’une odeur forte de fromage, d une saveur nauséeuse amère, très soluble dans l’eau, la glycérine, le vin et les liqueurs alcooliques faibles. Elle est facilement altérable à l’air humide et ne se conserve indéfiniment que dans des flacons bouchés hermétiquement.

Elle possède au même degré que la pepsine contenue dans le suc gastrique de l’homme, moyennant l’intervention d’un acide (acide chlorhydrique, lactique, tartrique, etc.), la propriété d opérer la dissolution de la fibrine et des matières albuminoïdes (viande, bœuf, poisson , gluten, caséine). Chacun peut s'en assurer au moyen d'une expérience très facile. Il suffit de mettre de la pepsine en contact avec de la viande et de l’eau acidulée

PEP

PEP

avec un des acides cités plus haut, à une température de 40° (température de l’estomac), pour voir la viande se digérer exactement comme cela arrive dans l’estomac. Même dans de l’eau à la température ordinaire et sans acide, la pepsine attaque la viande et la digère en partie.

La pepsine trouve donc son indication dans tous les cas où la sécrétion du suc gastrique et de son acide est diminuée, soit dans sa quantité, soit dans sa qualité, soit dans ses deux modes à la fois. Lorsque sa quantité est moindre, la pepsine et l’acide du suc gastrique deviennent insuffisants à opérer la dissolution des matières ingérées, et une partie des aliments passent dans le tube intestinal et dans les selles sans avoir reçu une élaboration complète. Lorsque c’est la qualité de la sécrétion gastrique qui est altérée , la digestion se ressent de l’insuffisance de l’un ou des deux éléments principaux qui manquent. Enfin, lorsque la quantité et la qualité de la sécrétion ne sont plus normales ou font presque complètement défaut, il n’y a plus de digestion possible et le sujet maigrit très rapidement et dépérit, malgré les quantités normales d’aliments qu’il avale chaque jour.

Bon nombre de médecins, ainsi que l’a fort judicieusement écrit notre collaborateur et ami Marc Gamboulives, ne se pénètrent pas encore assez du rôle physiologique de la pepsine; ils prescrivent quand même des aliments à des estomacs qui ne peuvent les supporter , parce qu’ils ne renferment pas le ferment nécessaire à leur tranformation en nutriments, pour parler le langage de Gorvisart, c’est-à-dire en substances assimilables. Qu’arrivet-il alors? C’est que ces produits sont chassés au dehors par les vomissements ou par les selles sans avoir servi à la nutrition. Il est donc urgent, dans toutes les altérations de sécrétion du suc gastrique, de prescrire de la pepsine, si l’on veut que les aliments soient digérés et assimilés.

Les indications de la pepsine sont donc nettes et précises. Elle est souveraine contre les dyspepsies stomacales putrides. Elle convient admirablement aux individus dépourvus d’appétit, dégoûtés des aliments, qui digèrent mal, dont l’estomac gonfle, se ballonne et devient douloureux à la moindre pression; qui, en sortant de table sont disposés à la somnolence, à des congestions de la face, a des migraines violentes, accompagnées de renvois et de vomissements.

Elle doit être recommandée aux individus atteints de dyspepsie liée à un excès de travail, à des veilles prolongées, à une vie sédentaire, etc. Elle rend des services remarquables dans la dyspepsie des chlorotiques, des anémiques, des phthisiques, des diabétiques, des cancéreux, en régularisant les digestions, et en faisant supporter les toniques. On l’a vue aussi amener la cessation des vomissements incoercibles chez les femmes enceintes, lorsque ceux-ci tiennent à un défaut de sécrétion du suc gastrique. Barthez, et après lui presque tous les médecins qui s’occupent de pathologie infantile, l’ont administrée avec succès contre l’apepsie des enfants. Enfin la pepsine trouve son indication chez les individus convalescents d’une longue maladie, dont l’estomac rendu paresseux par une diète

prolongée, ne sécrète que difficilement et in suffi, samment le suc gastrique.

La pepsine se dose à la dose de 50 à 75 centigrammes ou 1 gramme après chaque repas. Parmi les préparations de pepsine les plus recommandables et aussi les plus usitées, nous citerons d’abord la première en date, celle qui a servi à établir d’une façon indiscutable les précieuses propriétés de ce médicament, la pepsine Boudault (Y. Bou ■ dault), pure ou mélangée d’amidon ( pepsine amylacée) qui s’administre en poudre, en vin, en élixir ou en pastilles; la pepsine Chapotaut (V. Çhapotaut ), enfermée, pure et sans mélange, dans de petites capsules gélatineuses dosées à 20 centigrammes ; la pepsine Cotillon (V. Cotillon ), que ce pharmacien prépare sous forme d’élixir à la glycérine. On peut aussi, dans des cas spéciaux, avoir recourt à Y élixir eupeptique de Tizy, dans lequel la pepsine est associée aux deux autres ferments digestifs : la diastase et la pancréatine.

Dr Paul Labarthe.

PEPTONES. — Lehmann a donné le nom de peptone à un liquide qui est le résultat de la transformation, pendant la digestion, des aliments albuminoïdes par les sucs gastrique et pancréatique, et qui est destiné à être absorbé et à reconstituer et renouveler nos tissus. C’est là la peptone physiologique ou naturelle.

Beaucoup d’individus, par suite du défaut de sécrétion d’une quantité suffisante des sucs gastrique et pancréatique, ne peuvent arriver à opérer cette transformation des aliments albuminoïdes en peptones, et par suite ne se nourrissent plus qu’imparfaitement et dépérissent. A ces malades, pour les aider à digérer, on donne la pepsine et la pancréatine depuis qu’elles ont été introduites dans la thérapeutique , la première, par Boudault; la seconde, par Defresne. Mais, pepsine et pancréatine nécessitent encore une participation active de l’estomac et de l’intestin, et beaucoup de malades ne voulaient ou ne pouvaient pas se résoudre à avaler la quantité de substances nécessaires à l’alimentation.

C est alors que, pensant aux peptones physiologiques, on se demanda s’il ne serait pas possible de fabriquer des peptones artificielles, jouissant des mêmes propriétés que les peptones physiologiques, qu on administrerait aux malades et qui les nourriraient aussi bien, sans le concours actif des organes digestifs.

• i, ea au Iait> oa fabriqua des pepto- Hp iy Ia ^Ciel fS‘ En France’ ces peptones sont de deux sortes: la peptone pepsique et la peptone pan-

^IetPtZepepSTe est obtenue Par le procédé h f prenc 1 kilogramme de viande de

neusps T86! udCS Parties Srasses et tendi' k la temnéï ^ hachées ^ l’on met à digérer, avec 7 iiïLs a™ de 45 de»rés, pendant 12 heures,

chlorhydrique purlK pat2° rWrant e ■ et 5 grammes de pepsine pure flbrine. Le mélange,

Après îo hen^a® ,°Uillie’ se fluidifle peu à peu. P - eures de digestion on filtre. La peptone

PEP

PER

ainsi obtenue a une couleur jaune foncé, une odeur légère et une saveur acidulé rappelant le bouillon.

La peptone pancréatique est obtenue à 1 aide de la pancréatine, suc desséché du pancréas, et qui, dans l’intestin grêle est chargée de liquéfier le pain, d’émulsionner la graisse et de peptoniser la viande sans le secours de l’acide chlorhydrique, en un mot, de transformer tous les aliments qui ont échappé à l’action de l’estomac. Voici le procédé de Defresne : Il prend 100 kilogrammes de viande de bœuf débarrassée des parties grasses et tendineuses, et finement hachée avec 3 parties deau tiède et 1 kilogramme de pancréatine. La viande change d’aspect, se désagrège et se dissout ; on obtient ensuite par filtration un liquide savoureux, dont le goût rappelle le consommé.

Ces diverses peptones artificielles ont été l’objet d’expériences entreprises sur les animaux d’abord, puis sur l’homme, par Defresne, Potain, Catillon, Dujardin-Beaumets, Daremberg, Chapotaut, Pelletan, etc., pour ne parler que des français, qui ont nourri d’abord des animaux, pigeons chiens, etc., avec des peptones, et ont constaté qu’ils gagnaient en poids. Ce qui prouve pertinemment que l’organisme se nourrit et se reconstitue à l’aide des peptones artificielles sans le secours de l’estomac ni des intestins, ni des sucs digestifs. Ces messieurs ont ensuite essayé les peptones sur l’homme. Il les ont administrées par la bouche chez certains ma- . lades, en lavement chez d’autres ; et ces malades ont été nourris, ont augmenté de poids. Daremberg, entre autres, cite le cas d’un homme atteint de rétrécissement organique de l’œsophage ne permettant le passage d’aucun aliment, à qui il fit administrer chaque jour trois lavements de peptone précédés d’un petit lavement laudanisé, et qui vécut ainsi 14 mois, engraissant légèrement, marchant et écrivant. Il est donc bien démontré que les peptones ont une grande puissance nutritive, qu’elles sont facilement absorbées, qu’elles assurent la nutrition avec augmentation du poids du corps et que le résultat est le même, soit qu’on les administre par la bouche, soit qu’on les donne en lavement.

On conçoit donc de quelle ressource sont les peptones en thérapeutique, et quels immenses services elles rendent aux malades atteints de gastrite chronique, de dyspepsie gastro-intestinale, d’entérite chronique, d’ulcère ou de cancer de l’estomac, de rétrécissement de l’œsophage, de phthisie, d anémie profonde, d’épuisement prématuré.

Ajoutons, de plus, que d’ordinaire lorsque les organes digestifs sont fatigués, leur énergie se révefile sous l’influence des peptones, l’appétit reparaît et la nutrition devient plus complète.

Léo principales peptones employées sont la peptone Catillon et la peptone Chapotaut préparées avec la pepsine, et la peptone Defresne, préparée avec la pancréatine. Quant aux différentes formes sous lesquelles on les administre, et aux doses qui conviennent suivant les cas, nous prions le lecteur de se reporter aux articles consacrés à ces produits spéciaux (V. Catillon , Chapotaut, Defresne ).

Dr Paul Labarïhe.

PERCHE. — La perche est un poisson vert brun sur le dos qui est garni de piquants, avec de larges bandes verticales noirâtres, doré sur les flancs, à nageoires ventrales et anales rouges, tandis que la première nageoire dorsale a une marque noire, dont le poids ne dépasse guère 1 kilogramme 1/2 à 2 kilogrammes. Elle vit dans les eaux douces et est très commune dans les étangs, les lacs et les rivières, où elle se nourrit de vers, de têtards de grenouilles, et surtout de poissons plus petits qu’elle. Sa chair est blanche, tendre, ferme, d’une saveur délicate, très nourrissante, et se digère facilement. La perche des lacs et des rivières est de beaucoup préférable à celle des étangs, qui sent presque toujours la vase. La perche du Rhin est la plus estimée. Ce poisson se mange, suivant la grosseur, frit, grillé ou en court-bouillon. p. l.

PERCHLORURE DE FER. — Le perchlorure de fer est un sel brunâtre, volatil, déliquescent, d’une saveur excessivement astringente, d’une solubilité très grande dans l’eau, l’alcool, l’éther. En médecine et en chirurgie, on ne se sert pas du perchlorure de fer à l’état solide à cause de sa trop facile altération. On en prépare des solutions aqueuses plus ou moins concentrées dont la plus forte marque 45 à 50° à l’aréomètre de Baumé, elle est meilleure comme cathérétique ou topique local sur les verrues, les cancroïdes, ou pour arrêter les hémorrhagies produites par les plaies, les piqûres de sangsues. Mais la solution que le Codex recommande et qui se trouve dans toutes les pharmacies ne dépasse pas 30° avec une densité de 1,26; cette solution normale, de couleur brun rougeâtre, sert de base à tous les médicaments au perchlorure de fer employés. Quelquefois pourtant il est bon de se servir d’un litre moins élevé, on ajoute alors de l’eau distillée en quantité suffisante pour faire descendre la solution à 25,20,15, jusqu’à 10° Baumé.

Appliquée avec une pinceau une ou deux fois par jour sur des chancres, des végétations, des tumeurs érectiles, des cancroïdes, la solution forte au perchlorure de fer constitue un excellent cathérétique capable de détruire rapidement les tumeurs morbides, de neutraliser sur place les virus infectants. Injectée dans les trajets fistuleux, portée sur les surfaces atteintes d’angine maligne, diphthéritique ou gangréneuse, la solution normale du Codex cicatrise les premiers, cautérise les secondes au point de momifier les pellicules couenneuses et les eschares, sans porter atteinte profondément aux parois vivantes. Appliquée sur une muqueuse, la solution aqueuse à 30 degrés y détermine une astriction considérable parfois suivie d’inflammation. Mise sur une plaie suppurante ou saignante, elle resserre les tissus, fait contracter les vaisseaux, neutralise le pus, coagule le sang épanché, s’oppose à l’infection putride et aux hémorrhagies capillaires. On emploie aussi le perchlorure de fer pour arrêter les piqûres de sangsues et les hémorrhagies externes produites par l’ouverture de quelques petits vaisseaux dont on ne peut faire la ligature ou la torsion. A cet effet, on trempe des boulettes de charpie dans du perchlorure, on les essuie ensuite en les pressant fortement entre deux

PER

PER

ou trois plis de linge et on les applique sur la piqûre de sangsue ou la plaie, en les comprimant pendant un quart d’heure ou plus, si cela est nécessaire. On emploie aussi le perchlorure à l’extérieur dans certaines maladies de peau, telles que le psoriasis, le lichen, l’eczéma, le rupia, l’ecthyma, les ulcères syphilitiques ou scrofuleux, après la période aiguë, sous forme de pommade.

Perchlorure. de fer . 1, 2 ou 3 grammes.

Axonge . 30 —

ou bien des lavages :

Perchlorure de fer. .... 1, 2 ou 3 grammes. .

Eau . . . 30 —

On a aussi pratiqué des injections de perchlorure de fer dans les anévrysmes, les varices, les tumeurs érectiles pour en amener la guérison.

Introduite dans l’estomac, la solution normale de perchlorure de fer détermine sur la muqueuse une irritation caustique. Aussi ne remploie-t-on qu’étendu d’eau ou dans une potion. La dose moyenne par jour est de 1 à 3 et même 4 grammes pour les diverses affections hémorrhagiques internes, l’hémoptysie, la gastrorrhagie, la métrorrhagie, l’uréthrorrhagie, etc. D'Marc. Camboulives.

PERCUSSION. — Nom donné à un mode spécial d’exploration employ é en médecine, à l’aide duquel on peut reconnaître les lésions des organes placés dans les cavités profondes du corps, par les sons que rendent ces cavités lorsqu’on les percute. Découverte par Avenbrugger et mise en lumière au commencement de ce siècle par Corvisart, puis par le professeur Piorry, la percussion peut être immédiate ou médiate.

La percussion immédiate est celle que l’on pratique directement sur la surface de la région à explorer, à l’aide des quatre doigts de la main droite, réunis sur une seule ligne, le pouce étant placé dans l’état d’opposition à la réunion de la deuxième et de la troisième phalange de l’index. On frappe la partie à explorer avec la portion pulpeuse du bout des doigts, perpendiculairement, légèrement et en les relevant aussitôt après qu’ils ont porté.

La percussion médiate consiste à interposer tin corps solide, de nature variable, mais bon conducteur du son, entre les doigts qui percutent et la partie percutée. On a souvent recours à un doigt de la main gauche, l’index ou le médius, appliqué à plat sur la surface à explorer, sur lequel on frappe avec la pulpe de l’extrémité des doigts de la main droite, comme dans la percussion immédiate. On se sert aussi d’une petite plaque d’ivoire appelée plessimètre (V. ce mot).

La percussion est surtout employée pour l’exploration de la poitrine, de l’abdomen et des organes renfermés dans ces cavités. Elle est un excellent adjuvant de Y auscultation (V. ce mot). On a plus souvent recours à la percussion médiate qu a la percussion immédiate. m Paul Labarthe.

PERDRIX. — La perdrix, oiseau de la famille des Gallinacées, dont on connaît surtout deux variétés la perdrix grise , commune dans toute la France et

la perdrix rouge , plus grosse et plus estimée qu’on rencontre dans l’Anjou, le Poitou, la Saintonge et la Gascogne, est un gibier très estimé que Tousse nel n’a pas craint d’appeler « la poésie des festins » Sa chair, ferme mais tendre, délicate, d’un goût tin et d’un fumet agréable, constitue un aliment facile à digérer, lorsque la perdrix est jeune et qu’on la mange rôtie et non faisandée. Vieille, la perdrix devient dure, coriace, et beaucoup moins succulente. Elle peut alors faire un excellent bouillon très agréable au goût, que certaines personnes préfèrent même au bouillon de poulet. La perdrix préparée en salmis, aux choux et en pâté, est d’une digestion difficile et ne convient pas aux individus atteints de dyspepsie. P> L

PERFORANT (mal). — On donne ce nom à une destruction spontanée et lente (ulcère) du derme, marchant de la face superficielle à la face profonde’ et siégeant presque uniquement au niveau des articulations métatarso-phalangiennes.

Le mal perforant se rencontre principalement chez les adultes. On ne connaît qu’un très petit nombre d’exemples de cette affection chez la femme; on a même longtemps nié son existence dans le sexe féminin. Elle paraît causée par la pression qu’exercent les chaussures sur les saillies osseuses, par le défaut de soins de propreté : en effet, on ne l’observe guère que chez les indigents. La cause prédisposante du mal perforant paraît être une lésion athéromateuse des artères, ce qui donnerait au mal perforant un certain rapport avec la gangrène sénile. Sans nier l’influence de cette dégénérescence des vaisseaux, le Dr Maurel, dans sa thèse

inaugurale sur V anatomie et la physiologie pathologiques du mal perforant (Paris, 1871), insiste surtout sur les lésions osseuses des phalanges, fl11* accompagnent le mal plantaire, dans la grande majorité des cas. Quoi qu’il en soit, on peut dire que cette etiologie est encore fort obscure, et que de nouvelles recherches sont nécessaires avant qu’on puisse se prononcer sur ce point.

Le mal perforant débute par un épaississement de I epiderme, un durillon; puis l’épiderme est soulevé par un liquide sôro-sanguinolent , qu’^

laisse échapper au dehors ; la couche superficielle, étant ainsi détruite, laisse à nu le derme qui, rougeâtre, produisant une sécrétion continue de liquide puriforme, s’ulcère à son tour. L’ulcère, entoure par un bourrelet épidermique plus ou moins étendu, mais toujours dur et épais, est rouge, villeux. Si on l’explore au moyen du stylet, on ne cause pas de douleur; quelquefois, on rencontre au fond de l’ulcère un trajet fistuleux qui s’enfonce plus profondément; on reconnaît

alors que les os sont malades ; ils paraissent friables et se laissent facilement pénétrer par un instrument pointu.

Le mal persiste à cette période pendant un certain temps, qui est variable suivant les précautions prises par les malades. Mais il fait toujours des pro- M

grès, quel que soit son aspect exté- ^ ^

rieur, et ces progrès s’accomplissent 1Q surtout du côté des os et des articulations. Celles-ci sont ouvertes et deviennent fongueuses. Des cas semblables réclament nécessairement l’amputation.

Il ne faut pas confondre le mal perforant avec les eschares de la gangrène sénile qui se montrent dans quelques cas; cette dernière est souvent héréditaire, peut s’accompagner de la gangrène d’une partie ou de la totalité d’un orteil, et marche plus vite. L’ulcère syphilitique accompagne d’autres lésions syphilitiques; ses bords sont nettement découpés ; il guérit sous l’influence d’un traitement mercuriel.

Enfin, on peut être embarrassé par une fistule ayant succédé à. l’inflammation d’une bourse séreuse. Ordinairement, cette dernière lésion ne s’accompagne pas de callosités.

Le pronostic de cette affection est assez grave, en raison de la fréquence des récidives et des moyens chirurgicaux auxquels on est souvent , obligé d’avoir recours.

Le traitement consiste à enlever le durillon, en intéressant un peu le derme en même temps; on cautérise ensuite la plaie avec le nitrate d’argent ou le fer rouge. Les applications de teinture d’iode. ont donné de bons résultats. Pendant toute la durée du traitement, il est nécessaire que le malade garde le repos absolu au lit, et observe de grands soins de propreté. Nous avons vu que, lorsqu’il y a lésion des articulations, il faut amputer. Quand le mal perforant siège, comme cela est le plus fréquent, au niveau de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil, on enlève celui-ci, en réséquant, si elle paraît malade, la tête du premier métatar-

PERFORATION. — Nom donné en pathologie à des ouvertures accidentelles consécutives à une lésion externe ou à une maladie interne des organes contenus dans les cavités thoracique et abdominale, Dictionnaire polulaire de Médecine usuelle.

principalement le poumon, l’estomac et l’intestin. Une perforation est une complication toujours très grave, souvent mortelle. p. l.

PÉRICARDE. — Le péricarde est une sorte de sac membraneux clos recouvrant toutes les parois du cœur. Il recouvre aussi la portion antérieure et inférieure des vaisseaux qui en partent. Il

Fig. 1027.

Coupe de la région pectorale destinée à montrer la disposition du péricarde, des plèvres. et des poumons.

6. Péricarde. — 1. Poumon gauche, lobe supérieur. — 2. Poumon gauche, lobe inférieur. — 3. Poumon droit, lobe supérieur. — 4. Poumon droit, lobe moyen. — 5. Poumon droit, lobe inférieur. — 7. Adossement des plèvres, médiastin antérieur. — 8. Veine cave supérieure. — 9. Veine sous-clavière gauche. — 10. Veiné sous-clavière droite. — 11. Veine jugulaire interne droite. — 12. Veine jugulaire interne gauche. — 13. Carotide primitive droite. — 14. Corps thyroïde. — 13. Nerf diaphragmatique. — 16. Coupe du feuillet pleural gauche. — 17. Coupe du feuillet pleural droit. — 18. Diaphragme. .— 19. Septième côte. — 20. Muscle transverse de l’abdomen . — 21. Ligne blanche.

est formé, comme toutes les membranes séreuses, par deux feuillets : l’un pariétal, l’autre viscéral. Il est constitué par deux couches, l’une externe, l’autre interne. Cette dernière sécrète un liquide destiné à faciliter leur glissement (V. Cœur), p. l.

PÉRICARDITE. — On désigne sous ce nom l’in-

PÉR

PÉR

flammation du péricarde. Elle est' aiguë on chronique.

1° Péricardite aiguë. — La péricardite aiguë est primitive ou secondaire. Cette première forme est très rare. Le froid peut cependant la produire. La péricardite secondaire est, au contraire, très fréquente. Elle reconnaît deux ordres de causes différentes. Tantôt elle est consécutive à une inflammation de voisinage (pleurésie, pneumonie, endo-. cardite, etc.); tantôt élle est associée à un état général morbide (rhumatisme, tuberculose, variole, scarlatine, mal de Bright). Elle est plus fréquente chez l’homme que. chez la femme, chez l’adulte que chez l’enfant.

On trouve généralement dans le péricarde un épanchement de liquide variant de quelques grammes à un litre ou même plus et des adhérences entre les deux feuillets de cette membrane.

L’invasion de la maladie est variable. Une douleur lancinante, terrible, des frissons, une dyspnée intense, des palpitations violentes, accompagnées d’anxiété précordiale : tel est souvent le début delà péricardite primitive; tandis que dans la forme secondaire, le début est, le plus souvent, lent et insidieux. Dans ce cas, un examen attentif est nécessaire pour découvrir la présence de la péricardite. On observe à la région précordiale une voussure en rapport avec la quantité de l’épanchement. La percussion dénote de la matité dans cette région. La matité et la voussure manquent dans la péricardite sèche. A l’auscultation, les bruits normaux du cœur sont assourdis et s’entendent dans l’éloignement, de plus; on perçoit un bruit de frottement, spécial, comparé à un bruit de cuir neuf.

La marche de la péricardite est irrégulière et sa gravité dépend des causes qui ont produit la maladie.

La première indication, dans le traitement, est de combattre l’inflammation au moyen de teinture diode, d huile de croton tiglium, de larges vésicatoires Albespeyres, de ventouses scarifiées ou de sangsues à la région du cœeur. On s’attachera à prévenir les défaillances cardiaques à l’aide de la digitahne d’Homolle et Quevenne), mais on n’emploiera cette substance qu’avec une extrême prudence et seulement d’après les conseils du médecin. On combattra la douleur à l’aide de l’opium. Si l’épanchement s’est produit malgré ce traitement, on aura encore recours aux révulsifs cutanés [vésicatoires Albespeyres , etc.), on conseillera le régime lacté les diurétiques (nitrate de potasse à la dose de 2 à 4 grammes pour un litre de tisane de chiendent) les purgatifs, particulièrement les drastiques (pilules de Bosredon, grains de santé de Franck, etc ) pour favoriser la résorption de l’épanchement en taisant de la révulsion sur le tube intestinal.

Enfin quant l’épanchement est considérable et l’asphyxie imminente, on devra donner issue au liquide en pratiquant la ponction du péricarde. Cette opération hardie est devenue, grâce aux nouveaux appareils aspirateurs, particulièrement celui de Dieulafoy,' sinon complètement inoffensive, du moins plus facile et beaucoup moins dangereuse.

2u Péricardite chronique. — On peut en distinguer deux sortes : l’une succède à la péricardite ai¬

guë, l’autre commencé lentement et est chronique dès son début. ^

La péricardite chronique est souvent liée à une autre affection du cœur. En général, toutes les causes de la péricardite aiguë peuvent lui donner naissance.

Quand cette affection se borne à quelques adhérences, quand l’épanchement est peu considérable elle passe facilement inaperçue. Souvent la douleur manque complètement et le malade accuse plutôt de l’embarras, de la gêne à la région du cœur qu’une véritable douleur. Mais la percussion dénote une matité plus ou moins étendue, en rapport avec la quantité de l’épanchement ou l’épaisseur des fausses membranés. Les bruits du cœur paraissent assourdis et éloignés. On peut percevoir aussi un bruit de frottement analogue à celui qu’on entend dans la péricardite aiguë.

Parfois la face est pâle, bouffie et les membres sont légèrement infiltrés.

La péricardite chronique est sujette à des alternatives d’exacerbations et de rémissions. C’est une affection grave, parce qu’elle expose le malade à toute la série des complications cardiaques (asphyxie, asystolie, mort subite); mais elle peut guérir et n’est pas, comme le croyaient les premiers observateurs, fatalement mortelle.

Indépèndamment des moyens thérapeutiques, propres à la péricardite aiguë et qui sont applicables à la forme chronique, on a conseillé quelques moyens différents. Hope a indiqué l’emploi du mercure à faible dose. On a conseillé les toniques et les amers (extrait de quinquina, de gentiane), les frictions avec des liniments stimulants et les bains sulfureux. Enfin tous les auteurs sont d accord pour conseiller le repos et un régime compose d’aliments faciles à digérer. Dr Louis Thomas.

rhRINEE. — Anatomie. — On désigne sous le nom de périnée, la région comprise entre les branches descendantes du pubis et la branche ascenan e de 1 ischion, qui contient toutes les parties molles qui ferment l’orifice du détroit inférieur du bassin (V. ce mot). Le périnée, vu ses rapports avec les organes génitaux, doit être étudié séparément chez 1 homme et chez la femme.

rwfviT6 ClleZ: y1101111116- — Le périnée se compose, A quatre feuillets aponévrotiques

laire ce niiEf^'*68 aUfreS par Une couche muscu" ché de f t lept Plans superposés. La multiplid’Lrmenï membraneuses a pour effet

En Siam deareSi1StanCe du plancher P^ien.

on rencontra a ex*eneur Vers les parties profondes, suivantes • ^ 16 perin®e de l’homme les couches

surtomWnA,q?i 6St, couvei>te de poils abondants, nièreenest^énL01!11, dePan,us> tandis que cette der- Assez mince a|ement dépourvue chez la femmeranhé Zll’J m°at en arrière, elle présente un T rA^? S1SSement médian.

triarLgulaireE™mm!ÉI|'fi''E, d“ forme

laquelle elle “TnfJn ‘P°nevrose moyenne, avec tinue nar ^ onfond Par sa base; elle se conla verge. ° Somrnet, avec la gaine fibreuse de

PÉR

PÉR

3° La codche musculaire inférieure comprenant cinq muscles qui représentent les côtés dé deux triangles symétriques et juxtaposés, dits ischiobulbaires. Ces muscles sont :

Les deux muscles transverses superficiels, éten-

1. Muscle bulbo-caverneux. — 2. Urèthre. — 3, 3' Muscle ischio: caverneux. — 4. Corps caverneux de l’urèthre. — 5. Muscle de Houston.— 6. Muscle transverse superficiel. — 7. Sphincter de l’anus. — 8. Anus, — 9. Coccyx. — 10. Muscle grand fessier. 11. Aponévrose périnéale superficielle. — 12. Couche souscutanée. — 13. Ischion. — 14. Nerf honteux interne. — 15. Artère honteuse interne.

dus transversalement de l’ischion au raphé périnéal, dont l’action est de comprimer la face antérieure du rectum, de tendre l’intersection du sphincter, de l’anus et du muscle bulbo-caverneux.

Les deux muscles ischio-caverneux qui enveloppent, comme dans un cornet, les racines des corps caverneux de la verge. Ces muscles prennent une part active au phénomène de l’érection, en comprimant ces racines et en chassant vers les corps caverneux le sang qu’elles renferment: de là le nom d erecteurs du pénis qu’ André Yésale leur a donne;

Le muscle bulbo-caverneux, muscle impair et médian, qui embrasse le bulbe de l’urèthre dans toute son étendue. Quand il se contracte, il accéere 1 émission du sperme et de l’urine. Il concourt de plus a augmenter la turgescence du gland pendant 1 érection, en refoulant vers cet organe le sang contenu dans la portion spongieuse du canal e 1 urethre. Cest ce muscle qui détermine, par ses contractions intermittentes, les saccades de la verge pendant l'éjaculation et la miction.

4 L aponévrose périnéale moyenne est formée

de deux feuillets : l’un inférieur, l’autre supérieur. Entre ces feuillets rampent les sinus veineux, très développés chez les vieillards. On rencontre aussi dans le sens de cette aponévrose la couche musculaire moyenne représentée par le muscle de Guthrie ou transverse, profond. Ce muscle rayonne autour de l’urèthre, et sert à expulser le sperme et l’urine contenus dans la portion membraneuse de ce canal. II. a encore pour usage de comprimer les glandes de Cooper, de la grosseur d’un noyau de cerise, qui sont englobées dans ses fibres, pour en exprimer le produit de sécrétion au moment de l’éjaculation.

5° La COUCHE MUSCULAIRE SUPÉRIEURE est constituée en arrière, par le sphincter de l’anus, muscle circulaire qui forme autour de l’extrémité inférieure du rectum un anneau de deux centimètres de hauteur et de près de un centimètre d’épaisseur, et maintient l’orifice anal fermé; sur les côtés par le muscle releveur de l’anus, et en avant par le muscle de Wilson qui entoure comme le muscle de Guthrie, la portion membraneuse de l’urèthre; ces derniers muscles produisent quelquefois, au moment du cathétérisme, un spasme de l’urèthre qui peut être pris pour un rétrécissement organique.

Le muscle releveur de l'anus est une sorte de diaphragme dont les fibres ont leur insertion fixe sur les parois du bassin et convergent autour de l’extrémité anale du rectum. La disposition de ce muscle lui donne une certaine ressemblance avec un entonnoir à sommet in-, férieur. Son action est de faciliter l’acte de la défécation, car il dilate et attire en haut l’anus, au passage des matières fécales.

6° L’aponérose périnéale supérieure est une lamelle aponévrotique qui recouvre le muscle releveur de d’anus et constitue la dernière couche du périnée.

Périnée chez la femme. — Nous avons vu que le périnée comprend chez l’homme l’ensemble des parties molles qui forment le plancher du bassin. Chez la femme, les accoucheurs donnent ce nom à la région comprise entre la vulve et l’anus. Sa longueur est de trois centimètres environ. Mais, grâce à l’élasticité des diverses parties qui entrent dans sa constitution, il se laisse facilement et peut, au dernier temps de l’accouchement, mesurer jusqu’à huit centimètres.

Le périnée de la femme est formé du même nombre de couches que celui de l’homme. Sans compter la peau, il se compose donc de cinq couches superposées : deux plans musculaires compris entre trois plans aponévrotiques. La multiplicité de ces couches concourt à donner au plancher du bassin une certaine résistance.

Les muscles du périnée de la femme ont tous leurs analogues dans le sexe masculin. Le plus superficiel est le sphincter de l'anus , dont les fibres s’entre-croisent en forme de 8 avec celles du muscle constricteur du vagin. Le dernier rétrécit l’orifice du vagin et permet à la femme d’exercer une constriction plus ou moins énergique de la verge pendant la copulation.

On rencontre encore, sur les côtés, les muscles transverses et les muscles ischio-caverneux. Les premiers sont destinés à élargir l’orifice vulvaire; ils agissent donc comme' antagonistes du muscle constricteur du vagin. Les muscles ischio-caverneux qui, chez l’homme, embrassent les racines des corps caverneux de la verge, recouvrent chez la femme les racines du clitoris. Ces muscles concourent à l’érection du clitoris en y chassant le liquide sanguin que contiennent ses racines; ils

Fig. 1029. — Périnée chez la femme,

A. Clitoris. — B.. Méat urinaire. — C. Muscle ischio-caverneux — D. Muscle constricteur du' vagin. — B.' Muscle transverse du périnée. — F. Muscle releveur de l’anus. — G. Sphincter anal. — H. Anus.— K. Artère honteuse interne. — L. Branches hémorrhoïdales. — M. Artère superficielle du périnée. — N. Artère bulbeuse ;du vagin. — 0. Artère caverneuse ou clitoridienne. — P, P. Muscles grands fessiers.

favorisent de plus les frottements de cet organe en l’attirant en bas, vers la verge pendant le coït.

Enfin, on trouve profondément les muscles ischiococcygien et releveur de l'anus , qui se confondent par leur bord contigu et semblent ne faire qu’un seul et même muscle. Leur action est identique dans les deux sexes; nous l’avons déjà indiquée plus haut à la description du périnée de l’homme.

Déchirures du périnée. — Le périnée se déchire quelquefois pendant l’accouchement, soit à cause de sa faible résistance au moment où la femme se livre tout à coup à de violents efforts qui chassent brusquement la tête de l’enfant jusqu’à la vulve avant que le périnée ait le temps de se distendre graduellement ; soit par suite du développement exagéré du fœtus. Le plus souvent la déchirure du périnée est peu accusée; quand elle descend jusqu’à l’anus, on la dit complète et, dans ce cas, elle

transforme le rectum et le vagin en un vaste cloaque. -C’est pourquoi les excréments liquides et les gaz s’échappent involontairement par la vulve ainsi agrandie et constituent une infirmité des plus pénibles. On y remédie par une opération appelée la pèrinéorrhapliie (V. ce mot). d- g. Witkowski.

PÉRINÉORRHAPHIE. — Nom donné à une opération chirurgicale qui a pour but de remédier aux déchirures du périnée survenues pendant l’accouchement et qui consiste à. aviver les bords de la solution de continuité avec un bistouri, puis à les rapprocher et à les maintenir en contact absolu, à l’aide de grosses serres-fines à mors plats et larges recouverts d’amadou, ou à l’aide de points de suture, jusqu’à ce que leur réunion soit complète.

A quel moment faut-il pratiquer la périnéorrhaphie? Les uns, parmi lesquels Daniau, Diéffenbach, Doléris, etc., veulent qu’on opère tout de suite après l’accouchement; Nélaton disait d’attendre sept ou huit jours après l’accouchement; la plupart des chirurgiens préfèrent attendre pour opérer, la cessation de l’état puerpéral, c’est-à-dire le retour de la menstruation. P. L.

PÉRIODE. — Mot employé dans le langage médical pour désigner les changements qui s’opèrent dans le cours d’une maladie continue [période ^invasion, d’augment, d'état, de déclin), et aussi la durée du temps qui s’écoule entre deux accès d’une maladie à forme intermittente. . p. l.

PÉRIOSTE. — Le périoste est une membrane fibro-élastique entourant tout le squelette, sauf ‘ au niveau des surfaces articulaires et aux points qui donnent attache aux tendons . et aux ligaments. Il est d’un blanc jaunâtre et présente une épaisseur généralement en rapport avec le volume de l’os. Le périoste adhère à l’os sous-jacent d’autant, plus intimement que l’os appartient à un sujet plus avancé en âge. Cette adhérence est due, en partie, aux nombreux vaisseaux sanguins qui passent du périoste dans les canaux de Havers (V. Os). ; L’enveloppe des os renferme encore, des artères et des filets nerveux en grande abondance.

Chez le fœtus et pendant la période d’accroissement des os, on observe à la face interne du périoste une couche de petites cellules, désignées sous le nom de couche ostêogène. Elle préside, par sa transformation en tissu osseux, à l’accroissement des os et à leur ‘reproduction lorsqu’ils ont ete frappés de mortification. Les nombreuses artérioles qui passent du périoste dans les canalicules de l os portent à ce dernier les éléments de sa nutrition. Aussi la destruction du périoste, entraînant celle de ses vaisseaux, a pour résultat de prijf ve*,10s ?es ses Principes nutritifs.

Elle est une cause fréquente de nécrose (v. ce mot), surtout si la lésion présente une certaine étendue; aussi e c irurgien doit-il attacher un grand inté ret a conserver le périoste lorsqu’il pratique la ré- “UD os 0u son évidement, car il est assure î°Wn aaULrl la- coproduction de l’os. Ollier, clunpHrwtû de L.yon, a démontré qu’un lambeau du périoste, détaché sur un animal vivant et fixé dans

PER

les parties molles d’un autre animal, peut reproduire un os de même dimension. Dr Louis Thomas.

PÉRIOSTITE. — Nom donné à une maladie produite par l’inflammation du périoste. On distingue deux types différents : la périostite circonscrite, la périostite diffuse ou phlegmoneuse.

La périostite circonscrite est aiguë ou chronique.

La forme aiguë reconnaît des causes locales, telles que des contusions, l’existence d’un ulcère au niveau d’un os superficiel, l’ostéite, etc., et des causes générales qui sont le rhumatisme, la scrofule et | d particulièrement la syphilis.

Au début, les malades accusent une douleur parfois très vive, exagérée par la pression. On observe du gonflement et une fièvre plus ou moins intense.

La périostite peut se terminer par résolution, par suppuration ou passer a l’état chronique. Le second mode de terminaison est le plus fréquent. Il s’annonce par des frissons irréguliers et un gonflement plus ou moins considérable de la région malade.

On utilisera, au début, la teinture d’iode en badigeonnages, les vésicatoires volants, les frictions d’onguent mercuriel. Mais le meilleur procédé consiste à pratiquer de bonne heure des incisions profondes, pénétrant jusqu’à l'os. Dans la périostite chronique, l’emploi des révulsifs et, en particulier, des pointes de feu, donne de bons résultats. Lorsque l’affection est d’origine scrofuleuse ou syphilitique, il faudra instituer un traitement général approprié.

La périostite diffuse se distingue de la précédente par l’étendue de l’inflammation et l’intensité des syptômes généraux.

Parmi les causes prédisposantes, on a cité des conditions hygiéniques défectueuses, certaines affections antérieures (variole, rougeole, etc.). Les causes occasionnelles sont généralement le froid, des fatigues excessives et le traumatisme.

Cette affection siège généralement à l’extrémité des os long et le plus souvent aux membres inférieurs. Chassaignac rapporte un fait curieux où presque tous les os de la moitié du corps étaient atteints.

Le premier symptôme est une douleur parfois excessive. Bientôt apparaît une tumeur dure, puis la fluctuation ne tarde pas à devenir facilement appréciable. La peau est souvent le siège de marbrures érythémateuses.

Les symptômes généraux font rarement défaut. Le malade accuse des douleurs vagues, des frissons, une soif vive, une céphalalgie intense. Parfois on observe de l’agitation, du délire même; parfois, au contraire, le malade est plongé dans une stu peur profonde et la mort survient dans le coma.

La périostite diftuse est une affection grave.

On a proposé un grand nombre de moyens de traitement tels que : teinture d’iode, sangsues, ventouses, vésicatoires Àlbespeyres, pointes de feu, Mais, à tous ces procédés, on devra préférer une large incision pénétrant jusqu’à l’os et l’usage des antiseptiques (Y. Pansements).

Dans certains cas, compliqués de nécrose de l’os; on a du recourir à la trépanation ou à l’amputation,

PER 701

Enfin, on donnera à l’intérieur des préparations ferrugineuses et de quinquina. L’opium et le chloral sont employés avantageusement pour combattre la douleur et l’agitation. Dr Louis Thomas.

PÉRISTAPHYLIN. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles du voile du palais : le péristaphylin externe qui s’insère, d’une part à la base de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, d’autre part à la face inférieure de l’apronévrose du voile -’u palais; le péristaphylin interne , qui s’insère, une part au sommet du rocher, et à la partie inférieur de la portion cartilagineuse de la trompe d’Eustache, d’autre part à la face supérieure de aponévrose du voile du palais. Le premier tend le voile du palais, le second l’élève, et tous deux empêchent ainsi le passage des aliments dans les fosses nasales pendant l’acte de la déglutition. p. L.

PÉRITOINE. — Anatomie. — Le péritoine est

Coupe verticale et antéro-postérieure de l’abdomen. — Trajet du péritoine dans les régions épigastriques et hypogastriques chez la femme.

A. Péritoine pariétal de la région hypogastrique. — B. Péritoine passant de la paroi abdominale sur la vessie. — C. Enveloppe séreuse de l’utérus. — D. Cul-de-sac recto-vaginal. — E. S iliaque. — F. Péritoine remontant vers le mésentère. — G. Enveloppe séreuse de l’intestin grêle. — H. Continuité du mésentère avec le mésocôlon transverse. — I. Feuillet antérieur du mésocôlon. — K. Péritoine pariétal de la région épigastrique. —

L. Péritoine tapissant la surface inférieure du diaphragme. —

M. Péritoine tapissant la face convexe du foie. — N. Péritoine tapissant la face inférieure du foie. — 0. Coupe de l’épiploon gastro-hépatique. — P. Feuillet séreux postérieur de l’estomac. — Q. Grand épiploon. — R. Feuillet supérieur du mésocôlon transverse. — S. Péritoine allant du mésocôlon transverse vers le foie. — T. Coupe du rein.

PÉR

PÉR

une membrane séreuse qui tapisse l’intérieur de la cavité abdominale, et enveloppe les viscères contenus dans cette cavité. Il est formé par deux feuillets, le feuillet pariétal et le feuillet viscéral , réunis par des points de réunion.

Le feuillet pariétal, partout continu, et plus épais que le viscéral, recouvre toute la paroi abdominale, les fosses iliaques, le diaphragme et les parois du petit bassin.

Le feuillet viscéral, partout continu également, mince et tout à fait transparent, recouvre tous les viscères abdominaux (intestin grêle, gros intestin, face supérieure du foie, estomac, vessie, utérus, etc.), sur lesquels il adhère.

Les points de réunion de ces deux feuillets, prennent le nom de ligament, mêso ou épiploon. Les ligaments sont des replis séreux, étendus du feuillet pariétal, au feuillet viscéral, qui recouvre les viscères autres que l’intestin et qui servent de soutient à ces deux organes; les mèso sont des replis séreux étendus du feuillet pariétal, au feuillet viscéral qui recouvre les intestins ( méso-côlon, méso-cæcum , mésentère). Les épiploons, sont les replis séreux qui se portent d’un viscère à un autre viscère.

Le péritoine, outre qu’il enveloppe tous les viscères contenus dans la cavité abdominale, est aussi destiné à faciliter les mouvements multiples et variés dont ces organes sont continuellement le siège.

Inflammation du péritoine. — (V, Péritonite.)

D? Paul Labarthe.

PÉRITONITE. — C’est l’inflammation du péritoine ; elle peut être primitive ou secondaire, aiguë ou chronique, partielle ou générale.

La péritonite essentielle, c’est-à-dire indépendante de toute lésion des parois ou des organes abdominaux et survenue sous l’influence du froid par exemple, est fort rare. Le plus souvent la péritonite est consécutive à la lésion de ces organes; chez la femme, à celle des organes génitaux, surtout à la suite des couches sous l’influence de lapuerpéralité ; dans les deux sexes, aux lésions du foie, de l’estomac, de l’intestin, etc. : les plaies pénétrantes de l’abdomen se compliquent très souvent de péritonite.

La péritonite peut rester circonscrite au voisinage de la lésion qui l’a engendrée, mais elle se généralise dans certaines circonstances (perforations intesteslinales, etc.).

Lorsqu’elle est limitée au péritoine qui tapisse le petit bassin, elle a reçu le nom de pelvi-péritonile.

Les lésions ne diffèrent guère de celles de là pleurésie (voy. Pleurésie) ; ce sont des altérations de la membrane et des épanchements séreux, purulents ou sanguins ; des adhérences pouvant circonscrire des espaces où le liquide s’accumule de manière à simuler des tumeurs fluctuantes. Lorsque la péritonite passe à l’état chronique, ce qui a lieu surtout dans les cas de tubercules, les fausses membranes acquièrent une épaisseur considérable, les anses intestinales sont maintenues immobiles et béantes au milieu de ces néo-membranes qui renferment très souvent de nombreuses granulations tuberculeuses grises demi-transparentes ou opa¬

ques; les ganglions mésentériques sont très tumé fiés, le liquide est au contraire peu abondant très souvent constitué par du pus. e

La pelvi-péritonite enkystée dans le bassin forme soit dans le cul-de-sac utéro-rectal, soit sur les parties latérales du vagin, des tumeurs qui s’étendent souvent vers les fosses iliaques et qui étaient autrefois confondues avec le phlegmon péri-utérin

Péritonite aiguë. — Elle peut débuter avec une violence inouïe par une douleur qui, localisée dans un point de l’abdomen, se généralise bientôt; c’est ce qui arrive dans les péritonites par perforation : dans tout autre cas, son début, quoique très franc' est moins brusque, il se traduit par des frissons, de la fièvre, des douleurs abdominales, des vomissements verdâtres, le ballonnement du ventre.

Les frissons sont très marqués, ils sont suivis d’une chaleur qui peut 'atteindre 40° 1/2, la rémission matinale est peu marquée. Le pouls est petit serré, dur et fréquent.

La douleur abdominale est des plus vives; circonscrite au début, elle se généralise rapidement à moins que la péritonite soit partielle. Cette douleur augmente par le mouvement, la pression la plus légère ; aussi le malade reste couché sur le dos et diminue les contractions du diaphragme, d’où une certaine dyspnée qui est bien plus marquée lorsque la péritonite est diaphragmatique; souvent il survient du hoquet, qui est une contraction spasmodique du diaphragme. La douleur s exaspère au moment des contractions intestinales.

pneiumieiie renexe très important et produit par l’irritation des filets soussereux du grand sympathique, sont verdâtres, porraces, très fréquents.

Le ventre se ballonne très rapidement et d’une manière uniforme; la percussion donne un son tympamque, sauf dans les parties déclives qui sont mates; deux conditions produisent donc la tension “ df,tei\si0n £azeuse des intestins para-

rniùptm ï’ ait de la phlegmasie séreuse et l’accumulation dune certaine quantité de liquide

frottement^'011 - eniendre parfois un bruit de constiDafinn p.fï ??+P°1n1n des surfaces séreuses. La nlàcée'nar (labltuelle5 mais elle peut être rem-

S dS spSete ee abondante e» “ rellche-

altéréen,sesa du* ^alade est profondément

l.S.«KSSt ï? en peu de

s’abaisse la dm i ° ®,t.enî:e générale, la température Fapparence de ia face Parfois la o-npri-n’ * ,nausees disparaissent, etc.

«. la Péri“He

cipalement dans les^as’m ainSl piT;

but une intensité ™ Cas q 1 ont présente dès le deques pér“°"itcs cbTmi'

laissent après °efleS et n ■ °S adhérences flu’ellcs divers les fonctions a qm entraveat à des degrés leurs sourdes, constiW °rgan.es. abdominaux (douadhérences de lÏÏSn a 0pimâtre> stérilité par obstacles au

PER

PER

Dans les cas de phlegmasie très intense, la mort peut survenir en quelques heures ou ^ quelques jours; c’est surtout ce que l’on observe à la suite des perforations intestinales.

Les péritonites partielles ont quelques symptômes spéciaux dont le principal consiste en une douleur circonscrite à leur niveau ; à celte douleur se joignent les troubles fonctionnels des organes tapissés par le péritoine enflammé: ictère dans le cas de péritonite hépatique, ténesme vésical et suppression de l’urine si la phlegmasie frappe le péritoine vésical.

La durée de la maladie est généralement en rapport avec le degré d’intensité qu’elle a présenté dès le début, elle peut tuer en quelques heures, se prolonger huit à dix jours ou passer à l’état chronique.

Au début, le diagnostic peut offrir quelques difficultés, car la phlegmasie aiguë de la plupart des viscères abdominaux peut simuler une péritonite ; en effet, l’hépatile aiguë, la néphrite, la cystite et surtout la métrite déterminent de la fièvre, des frissons, une vive douleur abdominale et même des vomissements, mais le météorisme, les vomissements verdâtres répétés, l’aspect grippé de la face et surtout la marche de la maladie, lèveront tous les doutes.

Dans la colique néphrétique, les douleurs suivent un trajet déterminé; d’ailleurs les attaques antérieures, les caractères de l’urine, la cessation brusque de l’accès lèvent tous les doutes.

Enfin, la péritonite constatée, il faut, chose très importante, en reconnaître la cause.

Le traitement doit, dès le début, être fort vigoureusement conduit. Appliquez des sangsues sur l’abdomen, proportionnez-en le nombre à la vigueur du sujet. Si le sujet était trop faible pour qu’il fût possible d’employer la saignée, faites sur l’abdomen de larges onctions d’onguent mercuriel; elle me semblent préférables aux applications de collodion élastique, dont l’usage a pu cependant être utile.

Béhier a préconisé l’emploi continu de la glace sur l’abdomen, ce moyen est fortement aidé par l’emploi de l’opium à haute dose (de 15 à 50 centigrammes par vingt-quatre heures).

Contre les vomissements, employez les boissons glacées, la potion de Rivière, l’eau de Seltz.

Péritonite chronique. — Péritonite tuberculeuse. — Presque Constamment liée à la diathèse tuberculeuse (onze fois sur douze), quelquefois à un cancer, la péritonite Chronique est très rarement consécutive à la péritonite aiguë.

Son début est souvent difficile à préciser; les malades maigrissent, ils présentent des alternatives de diarrhée et de constipation, quelques-uns vomissent et se plaignent de coliques sourdes. Après un certain temps, étonnés de la persistance d’un état qu’ils jugeaient sans danger, ils viennent réclamer des soins et 1 on constate chez eux deux sortes de symptômes, les uns locaux, les autres généraux.

Presque toujours dans les premiers temps de la maladie le ventre est un peu gros, car les intestins fonctionnent mal, il se produit une certaine quantité de gaz; mais le volume de l’abdomen tient surtout à de l’ascite, c’est-à-dire à

la présence dans la cavité péritonéale d’un liquide très souvent purulent ; ce liquide traduit sa présence par de la matité dans les points déclives et par de la fluctuation; mais il est souvent, surtout vers la fin de la maladie, trop peu abondant pour être constaté. Si l’on explore le ventre avec la main étendue à plat, on distingue le relief formé par les intestin englobés et durcis par les fausses membranes; le ventre présente une dureté, une tension et une rénitence tout à fait caractéristiques, car on ne les rencontre dans aucune autre maladie (Grisolle). Cette exploration est généralement peu douloureuse. Même en dehors des points occupés par l’ascite, la sonorité est affaiblie par les fausses membranes. L’auscultation peut révéler des bruits de frottement plus ou moins rares, déterminés par le froissement des fausses membranes.

Le malade est pâle, faible, il présente des alternatives de diarrhée et de constipation, il vomit quelquefois des matières verdâtres; ces vomissements coïncident avec un léger mouvement fébrile et quelques douleurs abdominales, ils révèlent une poussée de péritonite aiguë.

Très fréquemment le malade présente en même temps les signes de la tuberculisation pulmonaire.

Après un laps de temps plus ou moins long (en moyenne sept mois), les malades sont pris de fièvre hectique, de diarrhée colliqüative, et ils succombent dans le marasme ; cependant la péritonite chronique est curable..

La péritonite chronique se reconnaît à la tension et à la rénitence spéciale dei’abdomen, à l’ascite, aux troubles digestifs (vomissements et diarrhée). Lorsque la péritonite est de nature cancéreuse, les douleurs sont plus vives, l’affaiblissement plus rapide, plus continu, l’ascite mieux marquée, la tuméfaction mieux circonscrite.

Le traitement consiste à. soutenir les forces du malade par un régime tonique, de facile digestion, à combattre la diarrhée par le bismuth, le diascordium, les préparations opiacées, etc. Les révulsifs (badigeonnage à la teinture d’iode et vésicatoires Albespeyres appliqués sur le ventre) peuvent rendre quelques services.- Dr Léon Moynac.

PERMANGANATE DE POTASSE. — (V. Manganèse.)

PERNICIEUSE (fièvre). — (V. Paludéenne.)

PÉRONÉ. — Anatomie. — Le péroné est un os qui, avec le tibia à la face externe duquel il est situé, forme le squelette de la jambe. On lui considère un corps et deux extrémités.

Son corps long, mince, grêle, flexible, irrégulièrement prismatique et triangulaire, présente trois faces et trois bords. Sa face externe, la plus régulière, devient postérieure en bas, et donne insertion au muscle long péronier latéral sur son tiers supérieur, et au cours^ péronier latéral sur son tiers moyen. Sa face interne est divisée en deux parties par une crête verticale et devient antérieure en bas. Cette crête donne insertion au ligament interosseux qui le sépare du tibia. La partie de la face interne qui est en arrière de ln crête, donne inser-

PÉR

PÉR

tion au muscle jambier postérieur. Celle qui est en avant de la crête donne insertion, en haut, au muscle extenseur commun des orteils et, vers la partie inférieure, au muscle extenseur propre du gros orteil. Tout à fait en bas, la face interne, devenue antérieure et même externe, présente une deuxième crête verticale, qui sépare du reste de la face une surface triangulaire, allongée, placée sous l’aponévrose et surmontant la malléole. Enfin la

Fig. 1031. — Squelette de la jambe.

T. Tibia, face antérieure. — 1. Face interne. — 2. Face externe. — 3. Bord antérieur, crête du tibia. Épine du tibia. —

S. Surface articulaire externe. — 6. Tubérosité du tibia.. — 7. Surface rugueuse sur laquelle s’attache le ligament rotulien, tubérosité antérieure du tibia. — 8. Tubercule de Gerdy. — 9. Facette articulaire inférieure. — 10. Maléolle interne.

T' Tibia, face postérieure. — 1. Face postérieure. — 2. Bord externe. — 3. Bord interne. — 4. Épine du tibia. — 5. Surface articulaire externe. — 6. Surface articulaire interne. — 7. Tubérosité du tibia. — 8. Facette articulaire pour le péroné. - 9. Facette articulaire inférieure et externe ; elle reçoit l’extrémité inférieure du péroné. — 10. Malléole interne.

P. Péroné, face antérieure. — 1. Face externe. — 2. Face interne — 3. Bord antérieur, crête du péroné. — 4. Tête, du péroné — 5. Facette articulaire supérieure. — 6. Malléole externe. — 7. Tubercule antérieur. — 8. Surface articulaire inférieure.

P' Péroné, face postérieure. — 1. Face postérieure. — 2 Bord interne. — 3. Bord externe. — 4. Tête du péroné. — 5. Malléole externe. — 6. Tubercule postérieur. — 7. Facette de la malléole externe.

face postérieure est rugueuse dans son tiers supérieur, où elle donne insertion au muscle soléaire et lisse dans tout le reste de son étendue. Elle donne attache en bas au muscle fléchisseur propre du gros orteil. Le trou nourricier est situé sur cette face.

Le bord intérieur devient externe en bas, et donne insertion à la cloison aponévrotique'quj sépare les muscles de la région antérieure, de ceux de la région externe de la jambe. Le bord externe devient postérieur et donne attache à la cloison aponévrotique qui sépare les muscles de la région externe de ceux de la région postérieure. Enfin le bord interne donne attache au muscle jambier postérieur.

L’extrémité supérieure du péroné est volumineuse et renflée. Elle présente : 1° une surface articulaire plane regardant en haut, en dedans et en avant, de 1 centimètre de diamètre environ, qui s’articule avec le tibia ; 2° en avant, un tubercule qui donne insertion à l’origine du muscle extenseurcommun des orteils ; 3° en dehors, un tubercule pour l’insertion de l’extrémité supérieure du muscle long péronier latéral ; 4° en arrière, un tubercule pour l’insertion de l’extrémité supérieure du muscle soléaire; 5° en arrière et en dehors, il existe une saillie qui surmonte la surface articulaire, c’est l’apophyse styloïde du péroné, qui donne insertion au muscle biceps et au ligament latéral externe de l’articulation du genou.

L'extrémité inférieure a la forme d’une pyramide triangulaire à sommet inférieur. Connue sous le nom de malléole externe, cette pyramide;' présente une base confondue avec le corps de l’os et correspondant à la surface articulaire de l’extrémité inférieure du tibia ; un sommet donnant insertion au ligament péronéo-calcanéen ; une face; interne articulaire pour la face externe de l’astragale et pourvue d’une échancrure profonde, à la partie postérieure , pour l’insertion du ligament péronéo-astragalien postérieur, une face externe convexe sous-cutanée ; une face postérieure verticale, pourvue d’une gouttière pour les muscles long et court péronier latéraux. La malléole externe descend plus bas que l’interne, elle est plus saillante.

Fractures du péroné. — Les fractures du péroné sont fréquentes. Cette fréquence est due au peu de résistance de cet os et aussi au rôle important que son extrémité inférieure^ ue dans l’articulation du pied avec la jambe. Les causes qui les produisent sont, les unes indirectes, les autres directes. Celles-ci, plus rares, donnent lieu à des fractures qui ont la plus grande analogie avec les fractures des autres os longs. Les causes indirectes consistent en des mouvements anormaux de l’articulation tibio-tarsienne, ou dans l’exagération de mouvements normaux ; tous ces mouvements se produisent ordinairement dans des faux pas.

Il est évident que les fractures directes, siégeant au point frappé, peuvent présenter toutes sortes de variétés. Mais les fractures produites par cause indirectes peuvent siéger sur trois points de la longueur de 1 os : 1<* à la base de la malléole externe,

c est-a-dire au niveau du point qui est en contact avec la surface articulaire du tibia ; 2° à trois ou quatre centimètres au-dessus de la malléole; 3° vers le tiers supérieur du péroné.

Le mécanisme de ces fractures a été fort bien étudié par Maisonneuve; nous suivrons la marche que ce chirurgien a adoptée.

PER

PÉR

Nous venons de voir que des mouvements exagérés ou anormaux de l’articulation tibio-tarsienne déterminent des fractures indirectes du péroné. Ces mouvements sont les suivants : 1° renversement du pied en dedans; 2° renversement du pied en dehors ; 3° adduction de la pointe du pied; 4° abduction de la pointe du pied. '

Lorsque la plante du pied est renversée en dedans, l’astragale, qui est intimement uni au scaphoïde et au calcanéum, tend à suivre le mouvement de la totalité du pied; sa face externe, en contact avec la malléole externe, s’écarte de cette saillie osseuse, et comme celle-ci est unie au calcanéum et à l’astragale par trois ligaments, elle est arrachée, et la fracture occupe la base de la malléole. Lorsque la fracture ne se produit point pendant ce mouvement, il y a simplement entorse. Cette variété de fracture a reçu le nom de fracture par arrachement.

Lorsque la plante du pied se renverse en dehors, la malléole interne peut être arrachée par le même mécanisme; dans ce mouvement, qui est le contraire du précédent, la face externe de l’astragale repousse la malléole externe. Deux choses peuvent alors se passer : ou bien le ligament interosseux de 1 articulation tibio-péronéaie est déchiré, ou bien il reste intact ; s’il est déchiré, il y a une diastasis de cette articulation, et; le péroné, étant pressé à ses deux extrémités par la face externe du calcanéum et par la partie supérieure du tibia, se fracture vers le tiers supérieur, parce que ce point est le plus aminci ( fracture par diastase ). Si le ligament péronéo-tibial résiste, le sommet de la malléole étant repoussé en dehors, ce- ligament joue le rôle d’un pivot, et le corps du péroné, flexible, est porté vers le tibia;. dans ce dernier cas, si la fracture se produit, c’est toujours à trois ou quatre centimètres au-dessus de la base de la malléole. Pour que cette fracture ait lieu, il faut nécessairement que le ligament latéral interne soit déchiré ou que la malléole interne soit fracturée.

Dans l’adduction de la pointe du pied, si le côté externe de la pointe est arrêté par un obstacle, les mouvements des différentes articulations du pied se combinent de manière à déterminer un renversement de la plante du pied en dedans, et par conséquent une fracture par arrachement. Ce faux mouvement se produit quelquefois en courant.

k plante du Pied est Portée dans <ce mouvement s’observe encore dans S C0ndi;i0DS que le précédent, seulement terneï IDy pointe du pied sur son bord in-

dp l'ilram] horizontal du pied, et, par conséquent,

. ‘H’ e’ execute un mouvement de rotation

k i!mhpdrtaX(; vertical Passant par le milieu de Dans rp mm ?mkant sur le centre de l’astragale, traeale se Dortp^a partie antérieure de l’asen ripdans^ip- a ° deilors’ et ia partie postérieure

riere et en dehors par la face externe de rastr"»ale, ÿ 1 k maU“le -terneen dedts rnnnvpmpnf P , face Interne de l’astragale. Ce de laTmhP P m produ,lre uoe fracture des deux os de la jambe, et lorsqu’il donne lieu seulement à une

DlCHONNAIRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.

fracture du péroné, on voit cet os se briser à quelques centimètres au-dessus de la malléole. Maisonneuve a donné à cette fracture le nom àe- fracture par divulsion.

11 y a donc trois variétés de fractures du péroné :

1° fracture par arrachement ; 2# fracture par diastase; 3° fracture par divulsion.

1° Fracture par arrachement. — • La déformation est rare, et la crépitation difficile à sentir. On est, le le plus souvent, obligé d'établir le diagnostic sur la présence de l’ecchymose, du gonflement et de la douleur siégeant au niveau de la base de la malléole. On peut quelquefois obtenir la mobilité anormale, en embrassant la partie inférieure de la jambe de la main gauche, le pied de la main droite, et en renversant celui-ci successivement en dedans et en dehors, l’un des pouces étant appuyé sur le sommet de la malléole.

On peut ainsi percevoir, dans quelques cas, la crépitation. Il peut arriver , le déplacement étant un peu considérable, que Fig 1032. le bord interne du pied soit lé- FractUre du péroné gèrement relevé, et que sa face par arrachement, dorsale regarde en dehors.

Cette variété de fracture est fréquemment compliquée de fracture de la malléole interne, d’entorse et d’épanchement sanguin intra-articulaire, comme toutes les fractures qui communiquent avec les articulations, k

2° Fracture par diastase. — Autour du cou-depied, on constate de la douleur et de la tuméfaction, un écartement des malléoles, souvent le renversement du pied en dehors, et une certaine mobilité de l’astragale entre les deux malléoles. Il n’est pas rare de voir l’axe de la jambe tomber en dedans de l’axe antéro-postérieur du pied.

C’est au niveau de la partie supérieure du péroné qu’on perçoit une douleur fixe, très vive, et quelquefois la crépitation, qui trahit le véritable siège de la fracture. On constate en même temps la présence d’une ecchymose, qui occupe dans certains cas, toute la longueur du péroné.

3° Fracture par divulsion. — Il y a de la douleur, delà tuméfaction, souvent une ecchymose au niveau du péroné, à quelques centimètres au-dessus du sommet de la malléole, un écartement léger entre les malléoles. Ordinairement, il existe, au niveau du point fracturé, une dépression formée par l’enfoncement des deux fragments, coup de hache (Dupuytren). On peut percevoir la mobilité anormale et la crépitation, en usant du procédé que nous avons indiqué pour la fracture par arrachement. La pointe du pied est quelquefois déviée en dehors, et la malléole interne fait saillie ; dans ces cas, l’axe delà jambe tombe sur un point voisin du bord interne du pied. De même que la fracture par arrachement, elle se complique d’entorse et de fracture delà malléole interne.

On pourrait confondre ces fractures avec une entorse; mais, dans la fracture, la douleur est

PÉR

PER

située le long du péroné, dans le point correspondant à la solution de continuité, tandis que, dans l’entorse, elle est beaucoup moins localisée, et répond à l’articulation et aux ligaments qui l’environnent. Dans la fracture, nous trouvons encore une tuméfaction circonscrite, puis tous les signes propres aux fractures, et qui, lorsqu’on peut les percevoir, ne peuvent laisser aucun doute : mobilité anormale , crépitation, déformation du pied.

Dans les cas difficiles, il faut se rappeler que les symptômes de l’entorse existent autour de Farti- Fig- 1033. culation, dans le plus

Fracture du péroné par divulsion, grand nombre de cas.

On fera le diagnostic des diverses variétés entre elles par la comparaison de leurs symptômes.

Peu graves, ces fractures guérissent assez vite.

Lorsqu’il y a écartement des malléoles, la récidive est à craindre. S’il y a complication d’entorse , il faut condamner le malade au repos le plus absolu, car il pourrait survenir une inflammation lente, ou une tumeur blanche, surtout chez les sujets prédisposés.

Dans la majorité des cas, la fracture est assez simple pour qu’on puisse appliquer un appareil inamovible; en général, il n’y a pas de déplacement.

On commence d’abord par s’occuper du traitement des complications, celui de la fracture vient ensuite.

Dans le cas où le pied serait fortement renversé en dehors, on pourrait appliquer l’appareil de Dupuytren pour le diriger dans le sens oppposé. Il faut toujours l’immobiliser dans sa direction normale ; sans cette précaution, il pourrait rester définitivement dévié. .

Luxations du péroné. — Les deux articulations du tibia avec le péroné peuvent être le siège de luxations. Ces luxations de l’articulation péronéotibiale supérieure sont excessivement rares; quant

à celles de l’articulation péronéo-tibiale inférieure on n’en connaît qu’un exemple rapporté par Nélaton. Aussi n’en dirons-nous rien. pr j.-a. fort.

PÉRONIER. — Nom donné par les anatomistes à des muscles et à un artère de la jambe.

Les muscles péroniers sont au nombre de trois :

1° Le muscle 'péronier antérieur qui s’étend de la moitié inférieure du bord antérieur et de la face interne du péroné, à l’extrémité postérieure du cinquième os métatarsien ; c’est un faisceau du muscle, extenseur commun des orteils ;

2° Le muscle long péronier latéral , qui s’insère en haut à la tête du péroné, en bas à la partie externe de la base du premier métatarsien, et qui a pour action d’abaisser fortement le bord interne du pied et de relever par conséquent son bord externe ;

3° Le muscle court péronier latéral, situé audessous du précédent, qui s’insère d’une part aux deux tiers inférieurs de la face externe du péroné, et à des cloisons aponévrotiques qui le séparent des muscles de la région antérieure et postérieure de la jambe ; d’autre part, à l’extrémité postérieure ■ du cinquième métatarsien. Il a pour action d’élever le bord externe du pied et de tourner sa pointe en dehors.

L’artère péronière est une branche de bifurcation du tronc tibio-péronier qui descend à la partie profonde de la région postérieure de la jambe, le long de la face interne du péroné et va jusqu’à la malléole externe au-dessus de laquelle elle se divise en deux branches : la péronière antérieure qui traverse le ligament interosseux à sa partie inférieure, descend sur le dos du pied et donne des rameaux aux parties voisines; la péronière postérieure, qui descend derrière la malléole externe et fournit des rameaux à toute la partie externe du pied. Toutes deux s’anostamosent avec les artères voisines. Dr Padl labarthe.

PERSIL. — Le persil est une plante à odeur très agréable, de la famille des Ombellifères, originaire de la Sardaigne, qui croît spontanément en Provence et qu’on cultive dans tous les jardins à cause du grand usage qu’on en fait comme assaisonnement dans les préparations culinaires.

En médecine, on utilise la racine, les feuilles et les fruits de cette plante. La racine, grisâtre, grosse comme le petit doigt, administrée en décoction est diurétique; elle est très usitée dans les campagnes, pour combattre les engorgements des viscères abdominaux, l’ascite, l’hydropisie ; elle fait partie des cinq racines apéritives. Les feuilles fraîches et pilées jouissent d’une vogue populaire comme résolutives sur les contusions, les piqûres d’insectes et surtout contre les engorgements phlegmoneux ou laiteux des mamelles. Dans ces derniers temps, Pcraire les a affectées au traitement des fièvres intermittentes et des maladies à forme périodique avec un certain succès; il les a employées fraîches sous forme d&suc, d’hydrolat, d’alcoolature, d’extrait ou de sirop. Les semences sont très aromatiques, données en infusion, elles ont des propriétés carminatives dans les gastralgies et les flatulences.

Fracture du péroné avec le coup de hache très accusé en A, et une projection du pied en dehors.

Page 1