‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 161 sur 289 · PET · texte numérisé non relu

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Mais ce n’est pas là leur seul vertu, elles ont — et c’est là la plus précieuse — une action particulièrement remarquable sur la menstruation. Cette action est due a un principe actif, découvert en 1847 par les docteurs Joret et Homolle, Yapiol, qui se présente sous la forme d’un liquide oléagineux, d’une couleur jaune ambrée, d’une saveur âcre et piquante, et d’une odeur rappelant celle de la graine pulvérisée. L’apiol est un emménagogue puissant et les capsules d’apiol Joret et Homolle sont la seule forme sous laquelle on doive donner ce médicament, si l’on veut être sûr d’obtenir des effets remarquables et constants dans les différents troubles de la menstruation, dans l’aménorrhée et la dysménorrhée (V. ApioV). Dr Marc. Camboulives.

PERTE. — Mot par lequel on désigne souvent dans le vulgaire, les hémorrhagies utérines en dehors des règles (V. Métrorrhagie). P. l.

PERTE BLANCHE. — (Y. Leucorrhée.)

PERTE DE CONNAISSANCE. — (V. Syncope.)

PERTES SÉMINALES. — (V. Spermatorrhée .)

PERVENCHE. — La pervenche est une plante, charmante, à jolies fleurs bleues, de la famille des Apocynacées, très commune en France, où on la rencontre dans les bois et les haies humides, dont les feuilles, à saveur amère et astringente, . sont employées par le vulgaire en infusion comme tonique et stomachique contre les dyspepsies, la gastralgie, et aussi comme vulnéraires, hémostatiques et même antilaiteuses. p. l.

PESSAIRE. — On donne ce nom en chirurgie à

dier aux chutes, déviations ou hernies de cet organe. On fabrique des pessaires em plastiques, des pessaires en caoutchouc, des pessaires en bois, en

Fig. 1037.

1. Pessaire en porcelaine. — 2. Pessaire élythroïde. — 3. Pessaire en 8 de chiffres.

os, en ivoire, en étain, en plomb, en argent, ete. On leur donne la forme ovalaire, annulaire, élytroïde, en gimbelette, en boule, en bondon, en 8 de chiffres, en conservant une ouverture au centre

être introduits

Fig. 1038. — Pessaire anneau de Dumontpallier.

pour laisser passer le sang des menstrues. Nos lecteurs trouveront au mot TJtérus (V. ce mot) à la partie consacrée aux déplacements, aux déviations et aux hernies de cet organe, quels sont les genres de pessaires qui conviennent à chaque cas particulier. p. L.

PÉTÉCHIE. — Nom donné à de petites taches rougeâtres ou noirâtres, de forme arrondie, assez semblables à des piqûres de puces, dues à de petits épanchements de sang qui se font dans l’épaisseur de la peau, et qu’on observe’dans le cours du scorbut, du purpura, de la fièvre typhoïde, du typhus, etc., dont elles constituent un symptôme grave. p. l.

PETIT-LAIT.— Le petit-lait n’est autre chose que le sérum du lait (V. Lait) débarrassé de la caséine. C’est un remède adoucissant et laxatif; on le donne à jeun à la dose de 200 à 500 grammes contre la constipation, la dyspesie, les entérites chroniques sans diarrhée, l’hypochondrie, les engorgements du foie et de la rate, l’obésité, et dans un bon nombre de maladies chroniques où il opère parfois des cures merveilleuses. Il constitue une boisson très

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rafraîchissante et très agréable qu’on peut prescrire aussi bien dans les maladies fébriles que contre les vomissements. Certaines personnes le supportent difficilement au début, il faut le couper alors avec des eaux minérales pour en faciliter la digestion. Son usage doit être continué pendant cinq ou six semaines au moins, au bout desquelles on doit observer une amélioration sensible. On se le procure généralement chez les personnes qui fabriquent des fromages à la crème. On peut le préparer soimême en faisant chauffer un litre de lait de vache, et en ajoutant au liquide arrivé à l’ébullition un peu de bon vinaigre, ou de jus de citron, ou de présure, ou d’acide tartrique. Le lait se caille ; on passe, puis on le remet sur le feu, en y délayant la moitié d’un blanc d’œuf, battu avec un peu d’eau froide. Une fois l’ébullition arrivée, on passe de nouveau à travers un linge, et l’on a ainsi le petitlait. Veut-on le rendre purgatif? On y ajoute 10 à \ 5 grammes de crème de tartre. Veut-on le rendre diurétique ? On y fait dissoudre par litre 2 à 4 grammes de nitrate de potasse.

Avec l’usage du petit-lait longtemps continué, on opère quelquefois des guérisons surprenantes, dites cures du petit-lait. Pour que ces guérisons se produisent, il faut que les malades soient sobres de viandes noires, d’aliments gras ou sucrés, de vins ou de liqueurs fortes; ils doivent rendre à leur régime des herbages et des fruits cuits, faire de l’exercice dès le matin et ne se livrer à aucune sorte d excès. Dr marc. Camboulives,

PETITE-VÉROLE. — (V. Variole ,)

PÉTREUX (os). — (V. Rocher .) .

PÉTROLE. — Le pétrole, appelé aussi huile de Gabian, du nom de cette localité du département de l’Hérault qui en possède une source abondante, est une huile qui, purifiée, constitue le naphte, et de laquelle on retire la vaseline , deux produits employés en thérapeutique et en parfumerie (V. Naphte Vaselme). p L

PEUPLIER. — Le peuplier, que tout le monde connaît, est un arbre de la famille des Salicinées, dont les bourgeons, oblongs, pointus, d’un vert jaunâtre, sont employés en infusion comme diurétiques, sudorifiques et expectorants. La substance résineuse qui les enduit forme la base de l’onguent •populéum, (V. ce mot). p ^

PHAGÉDÉNISME. — Nom donné par les chirurgiens à une complication des plaies (ulcères vénériens, scrofuleux, cancéreux, etc.) qui fait que celles-ci au lieu de marcher vers la cicatrisation s’étendent au contraire de plus en plus, en détruisant les parties voisines, en dépit des traitements employés.

Le phagédénisme réclame un traitement local et un traitement général. Le traitement local consiste en applications de nitrate d’argent, de tartrate ferrico-potassique, et même d’iodoforme et dans certains cas en cautérisations profondes à l’aide du cautère actuel. Le traitement général

consiste dans l’administration des toniques d préparations de fer et de quinquina. p ’ ûes

PHALANGE. - (V. Doigt, Orteil.)

PHARMACIE. — La pharmacie est la science qus’occupe de l’étude des médicaments et des drogues simples, et de l’art de les préparer pour les usages médicaux. — On donne aussi le nom de pharmacie à l’officine ou boutique dans laquelle ces médicaments et ces drogues sont préparés et vendus par le pharmacien, ou sous sa surveillance et sa responsabilité. — On donne enfin le nom de pharmacie de poche, ou de pharmacie de famille, à des boîtes renfermant les médicaments d’urgence indispensables, que chacun devrait avoir chez soi. Les plus commodes et les plus usitées sont celles de Le Perdriel. P ,

PHARMACIE (exercice de la). — L’exercice de la pharmacie est régi par loi du 21 germinal an XI, l’ordonnance du 29 octobre 1846, et le décret du 8 juillet 1852.

Tout pharmacien reçu suivant les formes établies par la loi, ayant officine ouverte, est tenu d’adresser copie légalisée de son titre, à Paris, au préfet de police et, dans les autres villes, au préfet du département. Ce titre doit être également produit par les pharmaciens aux greffes des tribunaux de première instance dans le ressort desquels se trouve placé le lieu où le pharmacien est établi.

Les pharmaciens de première classe peuvent s’établir et exercer leur profession dans toute la France. t ^es pharmaciens de seconde classe ne peuvent s’établir et exercer leur profession que dans le département pour lequels ils ont été reçus. ;

Nul ne peut exercer la profession de pharmacien, ouvrir une pharmacie, préparer, vendre ou débiter aucun médicament s’il n’est pourvu de son diplôme, et s il n’a pas rempli les formalités prescrites par la loi. Cependant, les médecins établis dans les bourgs, villages ou communes où il n’y a pas de pharmacien ayant officine ouverte, peuvent fournir des médicaments simples ou composés aux personnes près desquelles ils sont appelés, mais sans avoir le droit de tenir officine ouverte.

La liste des pharmaciens établis dans les différentes villes de chaque département sera dressée, imprimée et affichée chaque année par le préfet. Cette liste doit contenir les noms, prénoms des pharmaciens, les dates de leur réception et leur lieu de résidence. ^

tous les pharmaciens ayant pharmacie ouverte, sont soumis a une inspection annuelle par une commission composée de deux docteurs et professeurs de 1 ecole de médecine et de deux professeurs de 1 ecole de pharmacie, assistés d’un commissaire de police, dans les villes qui possèdent des écoles de pharmacie. Dans les autres villes et communes, mina S^>eCtl!)nJS SOnt failes par un jury composé de médecins et de pharmaciens désignés par l’autol,!,RÙOns ont P°ur objet de vérifier la nlS ptqüî lte des dr°gues et des médicaments simnrpupniai. mPoses. Les pharmaciens sont tenus de P les drogues et compositions qu’ils auront

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dans leurs magasins, officines et laboratoires. Celles qui sont mal préparées doivent être saisies à l’instant par le commissaire de police, et il doit ensuite être procédé conformément aux lois et règlements.

Les pharmaciens ne peuvent livrer ou débiter des préparations médicales ou drogues composées quelconques, que d’après les prescriptions ou ordonnances d’un docteur en médecine ou d’un officier de santé, et sur sa signature. La loi est formelle, et d’une précision remarquable sur ce point. De plus, les pharmaciens ne doivent jamais modifier l’ordonnance du médecin. « Il doit, ainsi que l’a fort justement écrit le professeur Bouchardat, se «■arder de faire, sous aucun prétexte, aucun changement ou substitution sans l’agrément du médecin, quelle que soit l’analogie de la substance substituée; son. premier et son plus impérieux devoir est la plus scrupuleuse exactitude, même pour les choses qui lui paraissent les plus insignifiantes. » | Comme sanction de cette obligation de rien changer à l’ordonnance d’un médecin, les pharmaciens ne doivent pas oublier que la peine de 500 francs d’amende portée par l’arrêt du Parlement de Paris, du 23 juillet 17s48, est généralement appliquée.

L’ordonnance du médecin que le malade porte au pharmacien pour la faire exécuter, appartient au malade. Le pharmacien ne peut pas, ne doit pas préparer plusieurs fois de suite une ordonnance du médecin sur la simple demande du malade (Y. Ordonnance ).

Les pharmaciens ne doivent pas vendre de remèdes secrets.

Les pharmacièns doivent toujours tenir les substances vénéneuses dans un endroit sûr et fermé à clef. Voici, d’après le décret de 1850, la liste des substances vénéneuses qui doivent toujours être sous clef : l’acide cyanhydrique; — les alcaloïdes végétaux vérieneux et leurs sels ; — l’arsenic et ses préparations ; — la belladone (extrait et teinture);

— les cantharides (entières, en poudre et en extrait);— le chloroforme ;— la ciguë (extrait et teinture) ; — le cyanure de mercure; — le cyanure de potassium; — la digitale (extrait et teinture);— l’émétique; — la jusquiame (extrait et teinture) la nicotine; le nitrate acide de mercure; — l’opium et son extrait ; — le phosphore ; — le seigle ergoté ;

— le stramonium (extrait et teinture) ; — le sublimé corrosif.

Les pharmaciens ne peuvent vendre des substances vénéneuses que sur l’ordonnance d’un médecin, officier de santé ou vétérinaire, signée, datée, et énonçant en toutes lettres la dose desdites substances, ainsi que le mode d’administration du médicament. Les pharmaciens doivent transcrire lesdites ordonnances, avec les indications qui précèdent, sur un registre spécial, coté et paraphé par le maire ou parle commissaire de police. Ces transcriptions doivent être faites de suite et sans aucun blanc. Les pharmaciens ne rendront les ordonnances que revêtues de leur cachet, et après y avoir indiqué le jour où les substances auront été livrées, ainsi que le numéro d’ordre de la transcription sur le registre. Ce registre doit être conservé pendant vingt ans au moins, et doit être présenté à toute réquisition de l’autorité. Enfin, avant de délivrer la prépa¬

ration médicinale, le pharmacien doit y apposer une étiquette indiquant son nom et son domicile, et rappelan t la destination interne ou externe du médicament.

Pour les préparations et compositions qu’ils doivent exécuter et tenir dans leurs officines, les pharmaciens doivent se conformer aux formules insérées et décrites dans le Codex. Ils ne pourront faire, dans les mêmes lieux ou officines , aucun autre commerce que celui des drogues et préparations médicinales.

Exercice illégal de la pharmacie. — Nous avons vu plus haut que les pharmaciens ont seuls le droit de vendre des médicaments. Nous avons vu aussi que la loi admet une exception.

Ainsi, les médecins établis dans des localités où il n’y a pas de pharmacien ayant officine ouverte, peuvent fournir des médicaments simples et composés aux personnes près desquelles ils sont appelés, mais sans avoir le droit de tenir officine ouverte. Nous devons à la vérité de déclarer que les médecins se conforment toujours exactement à la loi ; et on ne les voit que tout à fait exceptionnellement vendre des médicaments à leurs malades, ce que le simple bon sens admettrait cependant, le médecin ayant aussi bien que le pharmacien la connaissance des médicaments et de leurs préparations , et, de plus, sachant leur mode d’action physiologique et thérapeutique, choses capitales que le pharmacien ignore d’une façon absolue, la thérapeutique ne figurant pas dans le programme de l’enseignement pharmaceutique. Mais, en revanche, il ne se passe pas de jour où chacun des 5,000 pharmaciens qui tiennent officine en France, ne se livre au moins une fois, à l’exercice illégal de la médecine en prescrivant, au mépris de la loi et souvent à tort et à travers, des médicaments aussi bien simples que composés, au premier individu qui entre chez eux leur demander un conseil!

Rappelons, en terminant, que la loi autorise la veuve d’un pharmacien de tenir officine ouverte pendant un an, à la condition quelle place à la tête de la pharmacie un élève âgé d’au moins 22 ans, présentant les garanties suffisantes de capacité, et sous la surveillance d’un pharmacien désigné.

Mais, en dehors de ces deux exceptions, tout individu non pharmacien qui vend des médicaments au poids médicinal, est coupable d’exercice illégal de la pharmacie. Les communautés religieuses sont celles qui pratiquent le plus cet exercice illégal, malgré les nombreuses condamnations dont elles ont été l’objet de la part des tribunaux, sur les différents points du territoire. Dr Paul Labarthe.

PHARMACIENS. — Il existe aujourd’hui en France deux ordres de pharmaciens: les 'pharmaciens de première classe et les pharmaciens de seseçonde classe. Voici les conditions exigées pour l’obstention de chacun de ces grades.

Pharmaciens de première classe. Le titre de pharmacien de première classe est délivré par les Écoles supérieures de pharmacie et les Facultés mixtes de médecine et de pharmacie.

Les aspirants au titre de pharmacien de première classe doivent produire le diplôme de bachelier ès-sciences, avant de prendre la première inscrip-

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tion de stage soit dans les Écoles supérieures, soit dans les Facultés mixtes, soit dans les Écoles préparatoires de médecine et de pharmacie.

Pour obtenir le titre de pharmacien de première classe, il faut être âgé de 25 ans au moins, justifier de trois années d’études dans une École supérieure de pharmacie ou une Faculté mixte, soit douze inscriptions, et de trois années de stage dans une officine. Le stage et les études que représentent les inscriptions sont essentiellement distincts ; la simultanéité est impossible. Le stage précède toujours la scolarité et se termine par un examen de validation.

Les élèves qui se présentent pour prendre leur première inscription doivent déposer au secrétariat :

1° Leur acte de naissance ;

2° S’ils sont mineurs, le consentement de leur père ou tuteur ;

3° L’indication de leur domicile et celle du domicile de leur père, mère ou tuteur;

4° S’ils résident dans une officine, l’autorisation à eux accordée par le pharmacien de suivre les cours de l’École.

Le régime des examens pour l’obtention des diplômes de pharmaciens de première et de deuxième «lasse a été déterminé par les décrets organiques des 12 juillet et 31 août 1878.

- Le registre des inscriptions est ouvert du 20 octobre au 1 0 novembre, au début de l’année scolaire ; il. est ouvert de nouveau, pour le renouvellement dés inscriptions, pendant les quinze premiers jours de chaque trimestre.

; Les droits a acquitter pour le titre de pharmacien de première classe sont les suivants :

. Les inscriptions au nombre de douze sont gratuites.

Travaux pratiques pendant les trois

années (à, 100 francs par année). 300 fr. 3 examens de fin d’année à 50 fr. .150 Les deux premiers examens dé fin d’études, à 120 francs. ...... 340

Le troisième examen et diplôme . . 340 Bibliothèque . . .. . . . . . 30

Total. . . . 1,060 fr.

Indépendamment de ces frais d’études et de réception, il y en a d’autres qui sont facultatifs. Exercices pratiques autorisés par le Directeur moyennant un droit fixe de 40 francs.

Des examens, qui ont pour but de constater que les étudiants ont mis à profit 1’enseignement oral ont lieu tous les ans, au mois de juillet et de novembre et en avril* après la dixième inscription.

Ceux qui n’ont pas subi ces examens avec succès ne peuvent prendre l’inscription du trimestre suivant.

Le programme des examens de fin d’études est le même pour les deux classes, savoir: 1er Examen. Deux épreuves : 1° Analyse chimique; 2° Epreuve orale sur la physique, la chimie, la toxicologie et la pharmacie. (La première épreuve est éliminatoire.) 2' Examen. Deux épreuves : 1° Epreuve de micrographie; 2° Epreuve orale sur la botanique, la zoologie, l'hydrologie, l’histoire naturelle des dro¬

gues simples, l’histoire naturelle des minera (L’épreuve pratique est éliminatoire.) 3e Exam^ Deux épreuves : 1° Epreuve orale en deux séanc^ tenues à une semaine d’intervalle ; 2° PrêparatiT’ chimiques et pharmaceutiques. (Quatre jours so^ accordés aü candidat entre les deux séances orale pour effectuer les dites préparations.)

Les candidats au diplôme de pharmacien ne sont pas tenus de faire de thèse. Ceux qui désirent traiter une thèse spéciale communiquent d’avance au directeur de l’École le sujet de leurs recherches Le directeur, après avoir pris l’avis de l’École, peut les autoriser à travailler dans le laboratoire, aux frais de l’établissement. Les produits obtenus sont placés dans les collections.

Les élèves en pharmacie, n’ont pas à justifier de stage dans les hôpitaux, comme les élèves en médecine; mais ils concourent comme ces derniers pour l’internat.

Le temps passé dans les hôpitaux civils de Paris en qualité d’interne, compte pour deux ans, quelque soit le lemps passé dans ces établissements, pourvu que ce temps soit supérieur à deux années.

Les élèves peuvent commencer leurs études par les inscriptions et par le stage.

Pharmaciens de seconde classe. — Le titre de pharmacien de seconde classe est délivré soit par les écoles .supérieures de pharmacie, soit par les facultés mixtes et par les écoles secondaires de médecine et de pharmacie.

Les pharmaciens de deuxième classe doivent subir leurs examens devant l’école dans le ressort de laquelle est situé le département où ils veulent se fixer.

j Dans les écoles secondaires, il y a deux sessions d examens de réception, en avril et septembre. Chaque session est présidée par un professeur délégué des Écoles supérieures ou Facultés mixtes.

Pour être reçu pharmacien de deuxième classe, il faut justifier de trois années de stage validées par un examen, et de douze inscriptions de scolarité. r

Avant de prendre sa première inscription de stage, le candidat au titre de pharmacien de deuxième classe doit justifier du certificat d’examen de grammaire.

Les autres conditions et les programmes d’examens de fin d études sont les mêmes que pour le

titre de pharmacien de première classe.

Les droits à acquitter pour le titre de pharmacien de deuxième classe sont les suivants :

Les douze inscriptions sont gratuites.

Travaux pratiques . . 30o fr.

Deux examens de fin d’année. Ces

actes sont gratuits . „

Les deux premiers examens à 90 fr.

ensemble . 180

Troisième examen et diplôme.’ .’ .’ .' 340 Droits de bibliothèque . 30

Total . 850 fr.

, ^S.?^armac^ens de première classe ont seuls le droit d exercer dans toute la France. Les pliarmaci ns e seconde classe ne peuvent exercer que

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dans le département pour lequel ils ont été reçus. S’ils veulent changer de département, ils sont obligés de subir au préalable de nouveaux examens. Autrefois, les pharmaciens de seconde classe ne pouvaient s’établir dans les départements dont les chefs-lieux possèdent une École supérieure de pharmacie. Cet article du règlement a malheureusement été abrogé par un arrêté ministériel du 30 novembre 1 867.

Diplôme supérieur de pharmacie.— Depuis 1878, par un décret du ministre de l’instruction publique, il a été créé un diplôme supérieur de pharmacie, qui peut être obtenu par les pharmaciens de première classe , après une quatrième année d’études validée par une épreuve écrite, une épreuve pratiqué, une épreuve orale, et après la soutenance d’une thèse originale acceptée par l’École. Les candidats qui justifient du titre de licencié ès-sciences physiques ou ès-sciences naturelles ne sont astreints qu’à la soutenance de la thèse.

Le diplôme supérieur de pharmacie est équivalent au diplôme de docteur ès-sciences pour les candidats à l’agrégation dans les Écoles supérieures de pharmacie et des Facultés mixtes de médecine et de pharmacie.

Dr Paul Labakthe.

PHARMACOLOGIE. — La pharmacologie est l’art de connaître et de préparer les remèdes.

Elle ne s’occupe que du médicament considéré en lui-même, indépendamment de ses effets physiologiques sur l’organisme et de sa valeur curative, ce qui est du domaine de la thérapeutique (Y. ce mot). p. L.

PHARYNGIEN. — Nom donné par les anatomistes à des artères et à un nerf du pharynx.

Les artères pharyngiennes sont au nombre de deux : 1° Yartère pharyngienne inférieure , qui naît de la carotide externe, au niveau de l’artère faciale, monte le long de la partie latérale et postérieure du larynx et .se divise en deux branches, l’une qui se distribue aux parois du pharynx, l’autre à la partie occipitale de la duremère crânienne; 2° Yartère pharyngienne supérieure, qui naît de la maxillaire interne au niveau - la fosse zygomatique, franchit le canal ptérygo- Palatin et se distribue à la muqueuse de la voûte du pharynx.

, ^es nerfs pharyngiens, souvent au nombre de deux ou trois, fournis par le pneumo gastrique, descendent derrière la carotide interne et s’appliquent sur les côtés du pharynx et s’anastomosent avec des filets des nerfs glosso-pharyngiens et du ganglion cervical supérieur, pour former le plexus Pharyngien, dont les filets innervent les muscles et “ Muqueuse du pharynx. p. l.

PHARYNGITE. - (Y. Angine.)

PHARYNX. — Anatomie. — Le pharynx est la Partie du tube digestif qui fait suite à la cavité buccale et précède l’oesophage. A l’état de repos, sa mngeur est de treize centimètres ; pendant la déglu-

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tition, au moment où son extrémité inférieure s’élève pour saisir le bord alimentaire, sa longueur ne dépasse guère quatre centimètres. Son diamètre transversal, qui est de cinq centimètres dans sa partie moyenne, est de trois centimètres dans son tiers supérieur où il répond aux fosses nasales, et de deux centimètres à sa partie inférieure où il se continue avec l’œsophage.

Situé dans la région du cou, il est limité, en arrière, par la colonne vertébrale; en haut, par l’apophyse basilaire; il communique, en avant,

18. Coupe antéro-postérieure de la cavité buccale et de l’arrièregorge laissant voir-la cavité du pharynx.

4. Cavité et méats de la paroi- externe de la fosse nasale du côté droit. — 2. Voûte palatine. — 3. Voile du palais. — 4. Orifice de la trompe d’Eustache. — 5. Coupe de la langue.

— 6. Symphyse du menton. — 7. Coupe de l’os hyoïde. — 8 Piliers antérieurs du voile du palais. — 9. Amygdales. — 10. Piliers postérieurs du voile du palais. — 11. Épiglotte. — 12. Glotte. — 13, 14. Cartilages du larynx. — 15, 15'. Trachée.

— 16. Corps thyroïde. — 17. Œsophage. — 18. Pharynx.

— 19. Canal vertébral. — 20, 24. Corps des vertèbres.

avec les fosses nasales dans sa partie supérieure (V. Fosses nasales), et, avec la bouche, dans sa moitié inférieure; le voile du palais le sépare de cette dernière cavité. Il s’arrête en bas, au niveau de la sixième vertèbre cervicale. Sur les côtés, il est en rapport avec des organes importants : artère carotide primitive avec ses deux branches carotide interne et carotide externe, veine jugulaire interne et nerfs glosso-pharyngiens, grand hypoglosse, nerf laryngé supérieur et grand sympathique.

Le pharynx est formé par trois tuniques, qui

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sont, de dedans en dehors : la couche muqueuse, la couche fibreuse et la couche musculeuse.

La muqueuse se continue avec celle des organes voisins : œsophage, larynx, bouché, fosses nasales, trompe d'Euslache pilier postérieur du voile du palais et amygdale (Y. ces différents mois).

La couche muqueuse renferme des glandes en grappe et des follicules clos.

Au-dessous d’elle est la couche fibreuse ou aponévrose pharyngienne qui recouvre la couche

Fig. 1040. — Pharynx vu sur le côté.

1. Arcade zygomatique. — 2. Conduit auditif externe. — 3. Apophyse styioïde. — 4. Muscle stylo-glosse. — 5. Muscle constricteur supérieur du pharynx, séparé en avant par l’aponévrose buccinalo-pharyngienne du muscle buccinateur (11). — 6. Muscle stylo-pharyngien. — 7. Muscle constricteur moyen du pharynx. — 9. Œsophage. —10. Artère linguale. — 11. Muscle buccinateur. — 12. Os maxillaire inférieur. — 13. Muscle hypo-glosse. — Os hyoïde. — 15. Membrane thyro-hyoïdienne. 16. Cartilage thyroïde. — 17. Muscle crico-thyroïdien. — 18. Trachée.

membraneuse formée par différents muscles appelés : constricteurs supérieur, moyen et inférieur stylo-pharyngien et staphylo-pharyngien (V. ces mots). Les muscles sont destinés à rétrécir la cavité pharyngienne et à rapprocher la partie postérieure du pharynx de sa partie antérieure, actes nécessaires à la déglutition et la phonation (V. ces mots).

Les artères du pharynx sont les pharyngiennes inférieure et supérieure; ses veines, qui forment à sa face postérieure un lacis très remarquable, se jettent dans la veine jugulaire interne; ses nerfs sont les nerfs pharyngiens.

Plaies et blessures du pharynx. — Le larynx

peut être lésé dans les cas de tentative d’homicide lorsque la gorge est coupée. ‘

Il se fait alors une hémorrhagie abondante. Les lèvres de l’incision s’écartent lorsque le blessé porte la tête en arrière. Cette plaie donne passage à la salive, au sang et à une partie des aliments.

D’autres fois, les blessures du pharynx sont dues aux objets que l’on tient dans la bouche. C’est ainsi que nous avons rapporté l’observation d’un enfant qui, ayant un tuyau de pipe dans la bouche, tomba dans un escalier. Le tuyau pénétra dans les parties molles au niveau du maxillaire. Il se forma un abcès qui ne guérit que lors de l’extraction du corps étranger.

Inflammation du pharynx. — (Y. Pharyngite.)

Corps étrangers du pharynx.— Généralement, ce sont des morceaux de viande, des fragments d’os, des arêtes de poisson, des fausses dents, des boutons, des pièces de monnaie, des aiguilles, des épingles et même des sangsues.

Les corps étrangers déterminent de la gêne, surtout au moment de la déglutition, quelquefois même des ulcérations et des abcès du pharynx. -

Si le corps étranger est volumineux, il peut produire de la suffocation.

Pour s’assurer de la présence d’un corps étranger, il faut placer le malade, la bouche ouverte, devant une fenêtre. Si le corps du délit ne siège pas dans les parties inférieures, on aura beaucoup de chances de l’apercevoir, autrement il faudra avoir recours à l’examen au moyen du laryngoscope.

Les corps moux sont enlevés avec le doigt ou avec la pince. Les corps pointus sont extraits en suivant la direction de leur axe, avec des pinces spéciales. Les pièces de prothèse dentaire seront aussi enlevées avec des pinces. Dr J. baratoox.

PHELLANDRIE. — La .phellandrie n’est autre chose que la ciguë aquatique (V. Ciguë), p. L.

PHÉNIQUE (acide). — L’acide phénique, appelé aussi acide carbolique, est un des nombreux produits de la distillation du goudron de houille, qui se présente, quand il est pur, sous la forme de cristaux incolores, allongés, inflammables, peu solubles dans l’eau, mais solubles dans l’éther, l’alcool etla glycérine, d’une odeur forte, désagréable, rappelant celle de la créosote, et d’une saveur âcre et brûlante.

L’acide phénique forme, avec les oxydes alcalins des composés, parmi lesquels le phénale de soude ou phénol, découvert par Bobœuf, qui jouit d’une vogue considérable et méritée, car il possède tous les avantages de l’acide phénique sans en avoir les inconvénients (V. Phénol).

Appliqué sur la peau, l’acide phénique pur cause des douleurs très vives, blanchit l’épiderme, le désorganise, le fait tomber en lambeaux ; en un mot, le cautérise fortement. 11 agit de même sur les muqueuses, mais avec une énergie plus intense. Administré à l’intérieur, il produit sur les muqueuses et en particulier sur la muqueuse digestive, les mêmes effets irritants et caustiques, mais plus énergiques, plus violents et plus rapides. A doses

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thérapeutiques, il est irritant, occasionne des malaises, des douleurs épigastriques , des nausées, quelquefois des vomissements et une accélération des mouvements respiratoires. A doses faibles, en solutions au millièmej il donne une sensation de chaleur dans l’œsophage et l’estomac, et augmente la sécrétion salivaire.

L’acide phénique est facilement absorbé par les plaies et aussi par la peau intacte, puisque Huseman et Hoppe Seyler, ont rapporté des cas d’intoxication à la suite de simples badigeonnages de la peau avec une solution phéniquée. Il est aussi absorbé par la muqueuse digestive et respiratoire. Il s’élimine rapidement par les reins et les urines, qui se colorent très souvent en brun ou en noir sous son influence ; il s’élimine aussi par la salive et les voies respiratoires.

A l’état de dissolution aqueuse, l’acide phénique jouit de propriétés astringentes, hémostatiques, désinfectantes et antiseptiques remarquables, non seulement à l’extérieur, mais encore à l’intérieur. 11 coagule les matières albuminoïdes et tue les ferments organisés et les animaux inférieurs.

A l’extérieur, l’acide phénique s’emploie en solution aqueuse variant du cinquantième au cinq millième, dans le pansement des plaies et des ulcères; en injections contre la leucorrhée, l’ozène, les otorrhées, etc.; en lotions, contre la variole, la gale, les poux de la tête et du pubis; en gargarismes, contre les angines, la diphthérie, les stomatites et les gengivites ulcéreuses ; en vaporisations dans les chambres de malade, les salles d’hôpital, etc. La solution alcoolique par parties égales peut être utilisée contre la carie dentaire, les morsures des animaux venimeux, les piqûres anatomiques, etc. Enfin, on fait avec l’acide phénique uni à l’axonge, à la vaseline ou à la glycérine, des pommades et des glycérés qu’on utilise contre l’impétigo, le lichen, l’herpès, l’acné et les affections parasitaires de la peau.

A l’intérieur, l’acide phénique a été administré en potion ou en girop à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme, ou 1 gramme 50 centigrammes contre la coqueluche, la diphthérie, les affections chroniques des bronches, la variole, la fièvre typhoïde, etc. Le sirop phénique de Vial (Y. Vial) est, dans ce cas, la préparation à laquelle on a recours de préférence.

Empoisonnement par l’acide phénique. — L’acide phénique est une substance qui peut occasionner des empoisonnements aigus ou chroniques.

L’empoisonnement aigu peut être produit par des doses variables chez l’adulte, de 2 à 5, 10 grammes et au-dessus, car il y a d’énormes différences dans la susceptibilité individuelle. Lucas Championnière a donné des soins à un enfant de six ans empoisonné par 25 centigrammes d’acide phénique, et a eu toutes les peines du monde à le rappeler à la vie- Aussitôt après que le poison a été avalé, le malade éprouve uue très vive sensation de brûlure dans la gorge, le larynx, l’œsophage et l’estomac; d a des nausées, parfois mais rarement des vomissements; ses membres s’affaissent, perdent leur forces et leur sensibilité; il survient du coma, des sueurs visqueuses, un refroidissement général; la respiration est haletante, puis ralentie ; les pulsa- Dictionnaihe populaire de Médecine usuelle.

tions du cœur et des artères sont rapides, irrégulières, à peine perceptibles; les urines sont noires, le système nerveux est profondément affecté et la mort peut survenir rapidement.

Le traitement consiste à provoquer le plus tôt possible le vomissement par l’administration de 10 centigrammes d’émétique ou de 2 grammes d ipécacuanha dans un demi-verre d’eau; puis à faire boire au malade une grande quantité d’eau albumineuse, et ensuite à lui faire avaler un mélange de 20 grammes d’huile de ricin et de 50 grammes d’huile d’olive. Il faut, de plus, réchauffer le patient par des enveloppements chauds et des frictions.

L’empoisonnement chronique est dû, dans l’immense majorité des cas, aux pansements par l’acide phénique, ce qui lui a fait donner le nom d’empoisonnement chirurgical. Il se produit aussi à la suite de l’administration intérieure de l’acide phénique. « Cette intoxication lente se caractérise, dit Lucas- Championnière, par un état fort analogue à celui de l’embarras gastrique fébrile : céphalalgie souvent plus pénible, inappétence, état saburral de la langue. Le malade accuse un abattement, extrême. Après quelques jours de durée, la langue qui était blanche, devient rouge et sèche, la fièvre s’allume, la température monte. La gastralgie est un phénomène très commun, et cela chez des gens qui n’ont jamais pris d’acide phénique à l’intérieur. L’état de malaise des patients et leur irritabilité sont des phénomènes très prononcés. L’état des urines est beaucoup moins caractéristique que dans l’intoxication aiguë : Elles sont rarement très noires, mais généralement brunes, d’une teinte verdâtre, elles contiennent de l’acide phénique. La première indication dans l’intoxication chronique, c’est la suppression de l’acide phénique, mais il faudra aussi traiter l’embarras gastrique. Les évacuants légers sont indiqués,, le sulfate de soude en particulier; on lui croit même une action spéciale.

Dr Paul Labarthe.

PHÉNOL. — Le phénol, qu’il ne faut pas confondre avec l’acide phénique, ainsi que le font beaucoup de personnes, est un produit obtenu par la combinaison de l’acide phénique et de la soude avec laquelle il forme un sel défini : le phénate de soude. 11 a été découvert par Bobœuf, et a valu à ce chimiste le prix Monthyon, sur le rapport de Flourens à l’Académie des sciences, en 1861. Ce sel est, en réalité, l’acide phénique amené à une forme facilement maniable, toujours identique dans sa composition et ses effets, entièrement inoffensive, et d’une odeur saine et hygiénique. Il en a tous les avantages physiologiques et thérapeutiques sans en avoir les inconvénients, et lui est par conséquent préférable.

Comme l’acide phénique, en effet, le phénol est astringent, hémostatique, désinfectant et antisepti • que. Mais il a, de plus, l’immense avantage de ne pas irriter les surfaces malades, de ne ne pas être caustique, en un mot de ne pas déterminer d’accidents. L’illustre professeur d’hygiène Bouchardat a donc eu raison d’appeler le phénate de soude préconisé par Bobœuf et connu sous le nom de phénol Bobœuf, « un agent précieux de désinfection, dé-

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