‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 162 sur 289 · PHI · texte numérisé non relu

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truisant la vitalité des ferments organisés et vivants, » et d’insister sur les « avantages qu’il présente pour la facilité et la sûreté de son emploi. »

Les Indications du phénol sont celles de l’acide phénique. Il s’emploie à l’extérieur comme hémostatique, dans les hémorrhagies des plaies, des ulcères phagédéniques ou cancéreux, dans les hémorrhagies consécutives aux piqûres de sangsues, aux coupures, etc. En dissolution dans . la proportion de 1/4 à 1/20, il constitue un précieux topique désinfectant des plaies, sans les irriter, qui répond admirablement à toutes les indications du pansement antiseptique de Lister. Il constitue aussi un excellent topique contre les brûlures, les piqûres d’insectes, les morsures d’animaux, les contusions, les entorses, etc. Par son action astringente il fait cesser l’irritation et calme les douleurs très rapidement. C’est ainsi que, grâce à son emploi, le Dr Menuet, d’Enghien, est arrivé à faire cesser en dix minutes les cris de douleur d’un enfant assailli par une nuée de guêpes et qui, le lendemain, ne présentait plus que la trace des piqûres, au nombre de 250 au moins.

Le phénol rend aussi de grands services, en lotions dans la variole, dans l’intertrigo, le psoriasis, l’herpès et les affections parasitaires de la peau (poux; gale, etc.); en injections dans les leucorrhées, dans les écoulements des femmes enceintes et des nouvelles accouchées, dans l’ozène,les écoulements purulents de l'oreille; en gargarismes dans les stomatites et lés gengivites, les ahgines, ladiphthérië, etc.

A l’intérieur on administre le phénol dans les fièvres typhoïdes, les dyssenteries, le choléra, la coqueluche, la diphthérie, etc.

Enfin, lé phénol est journellement employé comme désinfectant hygiénique èn pulvérisations ou en vaporisations dans les hôpitaux Civils et militaires, dans les infirmeries, les salles de malades ; dans les ateliers, les usines, les casernes, en un mot dans les endroits où l’air se trouve vicié par l’accumulation d’un grand nombre d’individus.

Mais pour obtenir les résultats qüe nous venons d’énumérer, il faut bien se garder d’employer ces produits fraudés et falsifiés, qu’on rencontre à bas prix dans le commerce et qui n’ont du phénol que le nom; il faut sè servir exclusivement du phénol Bobœuf, c’est-à-dire du produit même de l’inventeur, préparé depuis sa mort, avec ses procédés, par lé laborieux chimiste Henri Clostre(V. Bobœuf).

D' P.-L. Tarride.

PHIMOSIS. — Le phimosis est cet état particulier dans lequel l’ouverture préputiale est trop étroite pour permettre au prépuce d’être ramené en arrière de la couronne du gland. Autrement dit, il y a phimosis toutes les fois qu’on ne peut pas décalotter.

Le phimosis est congénital ou accidentel, celui-ci est occasionné par la présence de chancres sous le prépuce.

Le phimosis congénital présente plusieurs variétés : l’ouverture peut être excessivement étroite ou au contraire assez large pour pouvoir être ramenée derrière la verge pendant là flaccidité de cet

Organe, mais non dans son état d’érection ; le prépuce peut recouvrir exactement la verge otl sè prolonger au-devant d’elle.

Le phimosis inflammatoire acquiert souvent des proportions énormes.

Le phimosis a plusieurs inconvénients. Il peut ; 1° gêner la sortie de l’urine ; 2Ô déterminer le dévei loppement de balano-poslhites très rebelles ; 3° empêcher le traitement des chancres placés sur le gland ou la face profonde du prépuce; 4° rendre le coït douloureux, etc.; 5° occasionner la stérilité'; 6°sè transformer aisément en paraphimosis (Y. ce mot).

Il faut donc l’opérer, et pour cela on peut Choisir entré deux méthodes : 1* incision et l'excision.

L'incision consiste à diviser, soit avec un bis-

Fig. 1041. — Opération du phimosis par incision.

A. Lame du bistouri introduit à plat entre le prépuce et le gland. — B. Manelie du bistouri. — C. Main gauche dit CÎnrurgien. — D. Main d’un aide.

tou ri, introduit à plat entre le prépuce et le gland, soit plutôt avec des ciseaux, la partie dorsale du prépuce, mais il résulte deux lambeaux latéraux qu’il faut encore exciser; l’incision sera doiic ré- . servée pour le phimosis congénital dans lequel le prépuce recouvre exactement la verge sans se prolonger au-devant d’elle.

L'excision est une méthode d’une application plus générale ; elle se pratique souvent par le procédé de Ricord qui comprend trois temps :

Dans le premier temps, on attire le prépuce en avant et l’on trace à l’encre la ligne suivant laquelle on veut inciser, puis on abandonne le prépuce à lui-même, on s’assure ainsi du retrait qu’il éprouvera après la section ; et si la ligne tracée ne Correspond pas à la couronne du gland, on en trace une autre au point convenable.

Dans le deuxième temps, on ramène le prépuce en avant, on applique une pince derrière là ligne, et 1 on coupe en avant d’elle tout ce qui dépasse.

Enfin, dans le troisième temps, la pince est retirée, la peau incisée se rétracte, et l’omaiperçoit là muqueuse bleuâtre qui recouvre le gfànd; on en saisit le bord au milieu de sa partie supérieure et on la fend d un-coup de ciseau jusqu’au niveau de la peau; on peut en réséquer une partie de chaque côte et détacher le frein; si elle a contracté des adhérences avec I6 gland, on les détache à l’aide

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d’une soude cannelée. La torsion suffit pour arrêter le sang provenant de la division des petites arté-rioles ; cela fait, on réunit les bords de la mu-

Fig. 101?. — Opération du phimosis par excision.

A. Section oblique du côté gauche du prépuce. — B. Bord droit du prépuce saisi par la pmce. — G. Pince courbe. — D. Ciseaux coupant au-dessus de la pince et le long de la peau.

queuse incisée à ceux de la peau à l’aide de quinze à vingt serres-fines que l’on ne doit pas laisser en place plus dé vingt-quatre heures, p? Léon Moynac.

PHLÉBITE. — On désigne sous ce nom l’inflammation des veines. On rencontre fréquemment cette affection; elle peut donner lieu à des. accidents très graves.

Le premier effet de la phlébite consiste dans la formation d’un caillot qui se solidifie, obstrue la veine et la transforme en un cordon imperméable, La longueur du caillot est variable, il remonte parfois jusqu’aux capillaires. Il est plus dur et présente au centre une coloration blanchâtre. Souvent le caillot disparaît et la veine redevient souple et perméable. Bans d’autres cas, des traînées de tissu fibreux s’établissent à travers le caillot, entre les parois veineuses qui se rapprochent et deviennent adhérentes. La veine est alors transformée en une corde fibreuse. Enfin, dans d’autres cas, des abcès se forment sur le trajet de la veine, le caillot est détruit par la suppuration, et ses détritus, emportés par le courant sanguin, donnent lieu aux redoutables accidents de Yinfection purulente.

La phlébite s’observe à tous les âges. Empis et leter ont publié des cas de phlébite spontanée sur^ venant dans le cours d’un rhumatisme. On a cité des exemples de cette affection à la suite d’un refroidissement. On l’observe aussi sur des veines atteintes de dilatations variqueuses. Mais, le plus souvent, la phlébite reconnaît une origine traumauque. On l’observe fréquemment à la suite d’une saignée pratiquée avec une lancette malpropre, foutes les opérations qui intéressent les veines (excision, section, ligature, compression, contusion, déchirement) peuvent lui donner naissance. Les éjections irritantes dans les varices sont une cause assez fréquente. Elle complique parfois les plaies C??fu.ses’ les Phlegmons diffus, les anthrax. La Phlébite des veines de l’utérus résulte souvent de la

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plaie produite par le décollement du placenta, après l’accouchement.

La phlébite s’annonce par une douleur sourde, augmentant par la pression et siégeant sur le trajet de la veine malade. On voit bientôt apparaître du gonflement des tissus environnants ; la veine enflammée semble dilatée, bleuâtre, puis elle devient plus ou moins rouge.

Elle se présente sous la forme d’un cordon dur et noueux au niveau des valvules distendues par le sang coagulé. Lorsque la. veine est le siège d’une plaie, celle-ci présente des bords enflammés, douloureux et sécrétant un pus mal lié. Le membre affecté devient lourd; le moindre mouvement y provoque parfois de vives douleurs. Ces symptômes locaux s’accompagnent de phénomènes généraux plus ou moins intenses. On observe le plus souvent un mouvement fébrile léger, de la céphalalgie, de la soif, de la courbature, un peu d'agitation ; puis ces symptômes disparaissent et tout rentre dans l’ordre. Mais, dans certains cas, on voit survenir des accidents généraux très graves: du frisson, une fièvre intense, des nausées, des vomissements, de l’insomnie, des accidents cérébraux. En même temps la douleur est très vive et le gonflement devient considérable. Ces symptômes doivent faire redouter la suppuration du caillot et l’infection purulente.

Lorsque la phlébite, dans les cas légers, se termine par résolution, elle se prolonge rarement au delà d’une dizaine de jours. Mais la phlébite suppurée est une affection grave qui aboutit fréquemment à la mort: la petitesse du pouls, le refroidissement des extrémités, une diarrhée fétide, des : sueurs, visqueuses, tels sont les symptômes d’une terminaison fatale.

La présence d’un cordon dur, noueux, plus ou moins profond, sans rougeur superficielle étendue, du gonflement et une douleur sourde, permettront de ne pas confondre la phlébite avec la lymphangite ou un phlegmon commençant.

Le traitement de la phlébite consiste, dès qu’on voit survenir cet accident, à prendre les plus grands soins pour éviter la terminaison par suppuration et l’infection purulente qui aboutit presque fatalement à la mort. On devra garder un repos absolu, car les mouvements peuvent détacher un fragment du caillot et provoquer ainsi des accidents mortels. On a beaucoup insisté autrefois sur la nécessité de pratiquer des émissions sanguines à l’aide de sangsues ou à l’aide de saignées fréquemment répétées. On a vanté aussi l’emploi de la teinture d’iode en badigeonnages sur les veines enflammées, les cautérisations au fer rouge, l'application de larges vésicatoires volants. Mais tout ces moyens thérapeutiques sont aujourd’hui abandonnés et nous préférons le traitement suivant. On entoure d’ouate le membre malade et on l’immobilise en le déposant dans une gouttière. On doit laver soigneusement la plaie qui a servi de point de départ à la phlébite et on y applique des compresses trempées dans une solution antiseptique. Dans la phlébite suppurée, dès que le pus sera collecté, on devra pratiquer de larges incisions afin de lui donner issue et chercher à éviter ainsi l’infection puru-

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lente. Desmon recommande des lavages avec une solution de chlorure de zinc à 1/12. Enfin on n’oubliera pas, c’est là un point important, d’alimenter et de tonifier le malade afin de soutenir ses forces le plus possible. Dr- Lotus Thomas.

PHELGMASIE. — Mot employé en médecine comme synonyme d 'inflammation (V. ce mot), p. l.

PHLEGMON. — Nom donné par les chirurgiens à des tuméfactions dues à l’inflammation du tissu conjonctif. Si la tuméfaction est limitée, on lui donne le nom de phlegmon circonscrit; lorsque', au contraire, elle occupe une grande étendue et qu’elle s’accompagne de symptômes généraux graves, elle constitue le phlegmon diffus.

ï. Phlegmon circonscrit.— Le phlegmon circonscrit peut être superficiel ou profond.

A. — Le phlegmon superficiel succède souvent à une irritation de la peau, à, une écorchure. Dans cette variété de phlegmon, il y a de la tuméfaction. La peau est chaude et présente une rougeur qui disparaît sous la pression du doigt. La tuméfaction est accompagnée d’une induration du point enflammé. 11 existe une douleur locale qui est plus vive le troisième ou le quatrième jour, mais qui diminue au moment où le point central de la tumeur se ramollit pour donner issue au pus de l’abcès qui s’est formé.

Les symptômes généraux manquent souvent.

Lorsqu’ils existent, ils consistent en ce qu’on appelle, en chirurgie, fièvre inflammatoire. L’appétit diminue, la soif augmente, il y a de la constipation, quelquefois on constate des vomissements bilieux. 11 y a de légers frissons, de l’ampleur et de la fréquence du pouls. 11 n’est pas rare de trouver de la céphalalgie, et, chez les enfants, un délire qui ne doit pas inquiéter.

B. — Lorsque le phlegmon est profond , la plupart de ces symptômes manquent; on est forcé d’établir un diagnostic d’après la douleur, les symptômes généraux, et, si la maladie siège sur un membre, d’après la tuméfaction de celui-ci.

Le phlegmon circonscrit présente tous les modes de terminaison que nous avons indiqué précédera ment pour l 'inflammation (V. ce mot). Il suppure le plus souvent et donne lieu à la formation d’un abcès (V. Abcès).

On peut confondre le phlegmon circonscrit superficiel avec un furoncle , un anthrax, un érysipèle (Y. ces mots).

Le phlegmon superficiel ne présente pas de gravité, à moins que l’angioleucite et l’adénite ne viennent le compliquer. Le phlegmon profond est plus grave, à cause du séjour, dans les tissus, d’un pus qui ne trouve pas une issue facile.

Quel doit être le traitement du phlegmon circonscrit? Au début, il faut chercher à obtenir la résolution. On y parvient quelquefois, en supprimant quand cela est possible, la cause même du phlegmon; en frictionnant, deux ou trois fois par jour, la partie enflammée, avec de l’onguent napolitain pur, ou mélangé à 1/15° d’extrait de belladone, si les douleurs sont violentes; ou bien en appliquant sur le même point un vésicatoire volant. Si, au

bout de quatre ou cinq jours, les symptômes persistent, l’abcès se forme. !

Le meilleur traitement, s’il y a suppuration, consiste dans l’incision, qui donne issue au pus fait, par suite, disparaître les symptômes inflammatoires. Si la suppuration s’est produite et que le pus soit encore à l’état d’infiltration, l’incision n’en est pas moins excellente, en ce qu’elle amène l’expulsion du liquide purulent déposé dans les mailles du tissu conjonctif. Enfin, s’il y a abcès à plus forte raison doit-on donner issue au pus.

II. Phlegmon diffus. — Le phlegmon diffus est une inflammation étendue, avec gangrène du tissu conjonctif. On distingue deux espèces de phlegmon diffus : le phlegmon superficiel et le phlegmon profond. Cette division est importante, car les symptômes de la maladie diffèrent dans les deux cas.

On observe le phlegmon diffus plus particulièrement chez les adultes, et notamment chez les adultes hommes, qui sont plus exposés aux accidents qui causent cette maladie. Ce phlegmon se développe, en effet, sous l’influence de contusions profondes, de froissements de la peau, à la suite de piqûres, surtout lorsque les instruments sont chargés de matière septique (piqûre anatomique).

Une écorchure de la peau, irritée par la chaussure ou par les vêtements, peut déterminer la formation d’un phlegmon diffus. Il en est de même de l’inflammation des bourses séreuses, phénomène fréquemment observé pour ces petites cavités dosés qui siègent au-dessous des durillons de la main, chez les ouvriers. Chez eux, cette inflammation, durillon forcé, se propage au tissu cellulaire lâche de la racine des doigts, pour gagner le dos de la main et l’avant-bras. •

Un panaris peut amener le développement d’un phlegmon diffus de la main ou de l’avant-bras, par propagation de l’inflammation le long delà gaîne tendineuse.

On ne sait quelquefois à quelle cause rattacher le phlegmon diffus ; mais, dans ce cas, il se montre rarement chez des individus d’une bonne constitur tion.

Les symptômes sont locaux et généraux.

Tantôt le phlegmon débute par la douleur et la rougeur, tantôt c’est par l’état général, un frisson violent, la fièvre. Dans quelques cas, les deux ordres de symptômes se montrent en même temps.

Les symptômes locaux varient selon que le phlegmon est superficiel ou profond.

A. Phlegmon superficiel. — Dans la première période, période d’inflammation ou d’induration, on observe une tuméfaction très étendue, avec rougeur disparaissant sous la pression du doigt et s accompagnant d’une induration de la peau dans toute la partie tuméfiée; cette induration connue sous le nom d’empâtement, conserve l’empreinte du doigt qui a comprimé. Le malade ressent une douleur atroce, se propageant quelquefois dans le sens des nerfs superficiels qui traversent le lieu de linflammation.

Dans la deuxième période qui est celle de suppuration, on constate la sensation de pulsations artenelles au niveau du phlegmon, la mollesse et

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la fluctuation, signe indicateur de la collection purulente. En même temps, on voit l’épiderme soulevé, çà et là, par un liquide séreux ou sanguinolent. Ces phlyctènes indiquent l’apparition prochaine d’eschares; celles-ci sont dues à la destruction des vaisseaux sous-cutanés parla collection purulente.

La troisième période a reçu le nom d’élimination des eschares. Une inflammation éliminatrice se produit autour des eschares, un sillon circonférenciel se creuse et laisse sourdre le pus. La chute naturelle ou l’ablation de l’eschare permet au pus de s’écouler plus librement ; toutes les surfaces suppurantes se couvrent bientôt de bourgeons charnus.

B. Phlegmon 'profond— Dans le phlegmon diffus profond, le malade accuse, le long des nerfs qui traversent le phlegmon, des douleurs atroces, dues à la compression violente des tissus par l’inflammation, compression telle que les liquides circulent difficilement, et que les nerfs eux-mêmes sont comprimés : il y a alors étranglement inflammatoire.

La compression des vaisseaux amène de l’œdème du membre, au-dessous du point malade. La région qui est le siège du phlegmon est généralement tuméfiée et douloureuse à la pression. Dans le phlegmon profond, il n’y a pas de rougeur et il ne se forme pas d’eschares, comme dans le phlegmon superficie] ; la fluctuation est obscure. On est donc réduit à établir le diagnostic par l’intensité des symptômes généraux, par la douleur excessive et par l’œdème.

Les symptômes généraux sont souvent d’une gravité extrême. On constate d’abord une prostration considérable; le malade est dans le décubitus dorsal; la face exprime la souffrance, les yeux sont caves, les traits tirés. Il y a anorexie et soif j très vive ; un enduit blanc jaunâtre couvre la langue qui est humide dans les premiers jours, mais qui, plus tard , devient sèche et quelquefois noire , comme dans certains cas de fièvre typhoïde. Dans les premiers jours, il y a de la constipation; mais, bientôt il survient une diarrhée qui persiste et qui peut entraîner la mort du malade.

Le pouls est plein, large, dur au début; plus tard, petit et faible ; la peau est chaude et brûlante.

Il existe fréquemment un délire assez intense, souvent suivi de somnolence et même de coma.

La maladie peut être divisée en trois périodes, que nous avons suffisamment caractérisées : d’inflammation, de suppuration et d’élimination des eschares. La durée est variable. Au minimum, le phlegmon diffus dure trois semaines; mais, ordinairement, on le voit durer un mois, un mois et demi, et même davantage. On comprend que le phlegmon diffus profond ait une durée plus longue que le superficiel.

Le phlegmon diffus se termine quelquefois par lu guérison , le plus souvent par la mort. Dans le premier cas, on constate d’abord un amendement des symptômes généraux, puis la cessation de la fièvre; plus tard les symptômes locaux disparaissent. Après la guérison, il reste une induration et des traces de cicatrices assez analogues à celles de lu brûlure.

Dans le deuxième cas, la mort survient, quelquefois, sous l’influence de l’intensité des symptômes généraux ; d’autres fois, par suite d’infection purulente : c’est alors qu’on voit, dans le cours de la maladie, le sujet pris de frissons violents précédés d’une coloration jaune terreux des téguments. Son corps est couvert d’une sueur froide et visqueuse.

Le malade succombe aussi quelquefois par épuisement résultant d’une longue suppuration.

Le phlegmon diffus peut être confondu, au début, avec le phlegmon circonscrit, Yérysipèle, la phlébite, Vangioleucite, un rhumatisme, une névralgie intense (Y. ces mots).

Ce que nous avons dit de la terminaison indique que le phlegmon diffus est très grave, et que le malade est exposé à de nombreuses chances de mort.

Il est plus grave dans certaines régions, au cou, par exemple, à cause du voisinage d’organes importants.

Quel doit être le traitement du phlegmon diffus?

Il ne faut compter sur aucun des moyens autrefois employés pour obtenir la résolution, onguents, vésicatoires volants, etc. Velpeau s’est bien trouvé de la compression, au début; mais il faut surveiller attentivement le malade, réappliquer l’appareil dès qu’il se relâche, c’est-à-dire quatre ou cinq fois par jour. Si nous disons, en outre, que ce moyen réussit rarement, et qu’il est dangereux lorsqu’il n’est pas employé avec beaucoup de précautions, on y aura rarement recours. Nous en dirons autant des cataplasmes.

Le vrai traitement du phlegmon diffus, à quelque période qu’on l’observe, est le traitement par le bistouri. De larges et nombreuses incisions, faites dès le début, et sur toute l’épaisseur des parties enflammées, amènent quelquefois la résolution. Ces incisions doivent être parallèles, et distantes les unes des autres de deux travers de doigt. S’il y a collection purulente, on donne issue au pus par une incision située au point déclive. On fera une contre-ouverture, si le foyer est vaste, et l’on pourra, avec avantage, faire passer par les deux ouvertures une mèche ou un tube à drainage. Plus tard, si le pus croupit en quelque point, il faut prévenir des accidents graves en faisant des injections dans la cavité purulente : injections d’eau, d’eau alcoolisée, d’eau phéniquée.

Au début, on pourra employer contre les douleurs les topiques calmants : onguent napolitain belladoné, cataplasmes laudanisés; une pilule d’extrait thébaïque de cinq centigrammes.

Dès que les symptômes fébriles sont calmés, il faut songer à alimenter le malade, en augmentant graduellement les aliments, afin qu’il puisse résister à la suppuration. Lorsque ses forces le permettront, on le fera changer d’air, surtout s’il se trouve dans un grand centre de population.

Pendant toute la durée du traitement, il est utile de tenir le membre dans un repos absolu, et l’extrémité du membre dans une position plus élevée que la racine.

On n’a plus recours aujourd’hui aux sangsues et aux saignées, qui affaiblissent les malades et qui 1 n’empêchent pas la suppuration. On n’en fera

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usage, au début, que dans des cas exceptionnels, chez des hommes sanguins et très vigoureux.

Dr J.-A. Fort.

PHLYCTÈNE. — Mot employé comme synonyme de bulle ou de véhicule (V. ces mots). p, L,

’ PHONATION. Mot employé pour désigner tous les actes qui concourent à la production de la voix et de la parole. Elle est limitée chez les animaux à la production de certains sons ; l’homme seul est capable, de produire la voix articulée,

L’existence des poumons et du larynx est la condition primordiale indispensable pour la production de la phonation.

Ues poumons sont chargés de fournir au larynx la matière première, l’air, que celui-ci utilise comme le ferait un instrument à anche, le hautbois, par exemple.

Le mécanisme de la phonation peut être ramené à trois actes principaux :

1° Emplissage des poumons (inspiration) de la provision d’air nécessaire pour la production des sons;

2° Expulsion de cet air (expiration), au travers du larynx ;

3° Utilisation de cet air expiré pour la production des sons et transformation des sons en voix articulée au moyen de l’appareil articulateur (bouche, langue, lèvres, dents, palais).

Comme il est impossible de parler sans emplir au préalable l’appareil pulmonaire d’une certaine quantité d’air, l’inspiration et l’expiration sont donc deux temps très importants dans la phonation.

L’introduction de l’air qui doit être utilisé pour la parole doit se faire uniquement par la bouche ; l’inspiration nasale n’est permise que pour la respiration vitale. L’expiration doit avoir lieu également par la bouche de façon à laisser aux organes, articulateurs une plus grande puissance pour la transformation du son en voix articulée. Cette transformation est un mécanisme beaucoup plus délicat que le jeu de la respiration, en raison de la complexité des manœuvres à effectuer et de l’exrtrême sensibilité des organes articulateurs, Pïous, avons exposé au mot parole le mécanisme de la production des voyelles et des consonnes. Nous expliquons au mot voix comment le larynx engendre les sons au moyen des . vibrations des cordes vocales. i)r A. Chervin.

PHOSPHATES. — Nom donné par les chimistes aux sels résultant de la combinaison de l’acide phosphorique avec une base. Les principaux phosphates employés en médecine sont les phosphates de chaux et le phosphate de fer (V.ce mot), p. p.

PHOSPHATES DE CHAUX. — Les principales préparations de phosphates de chaux, sont : le chlorhydro-phosphate de chaux et le lacto-phosphate de chaux, le bi-phosphate de chaux, qui forment la base, de la solution Pautauberge, du nin et du sirop de Dusarl , du vin de Baudon (Y. Pautauberge , Dusart, Baudon ). Comme elles

ont été étudiées à l’article Chaux, nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur (Y. Chaux). P. L

PHOSPHATE DE FER. — Le phosphate de fer est une poudre d’une couleur bleu ardoise foncé, insoluble et astringente, qui s’administre à la dose de 10 à 50 centigrammes par jour, en poudre, en sirop ou en pilules. Ce sel partage les propriétés du fer pour former les globules sanguins, et du phosphore pour consolider les os ramollis. Il peut rendre des services contre le rachitisme, l’ostéomalacie, la scrofule, et aussi, bien entendu, contre l’anémie, la chlorose et les affections qui en dérivent. Il est à peu près abandonné aujourd’hui, par suite de la préférence qu’on accorde aux préparations solubles de pyrophosphate de fer (V. ce mot). Dr M. c. ,

PHOSPHÈNE. — Nom donné par les oculistes à des apparitions lumineuses qui se produisent lorsqu’on agit sur la rétine, en exerçant avec le doigt

Fig. 1043, — Phosphène nasal

une pression sur le globe de l’œil. Ces apparitions occupent toujours une situation diamétralement opposée au point comprimé. Ainsi lorsqu’on exerce

Fig. 1044. — Phosphène frontal.

la pression oculaire du côté du temporal, le pho.s-phène se produit du côté du nez (fia. 1043); lorsqu on appuie du côté du front; le phosphène se montre en bas (fig. 1044). La production de ces phosphènes chez un individu qui a une opacité de la cornée ou du cristallin, ou une cataracte, indique à 1 oculiste que la rétine est encore sensible à la pression. p ,

PHOSPHORE. — Chimie. — Le phosphore, retiré d abord des urines par Brandt, en 1669, et extrait par Gahn, en 1769, des os calcinés, se rencontre

dans le règne minéral et végétal a l’état de phosühates et se trouve dans les oS, les nëffs, la moelle et le cerveau des hommes et des animaux.

H se présente dans le commerce sbüS trois états differents : lé phosphore normal ou cristâllisablô, le phosphore rouge ou amorphe et le phosphore noir, ho premier est le seul employé en médecine. C'est un corps simple, solide, mou, incolore où légèrement ambré-, inflammable par le frottemént, translucide, dégageant une odeur d’ail très prononcée, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther,* les corps gras et surtout dans le sulfure de carbone, et répandant des lueurs phosphorescentes dans l’obscurité. Lorsqu’on l’expose dans le vide ou soüs l’eau, aux rayons du soleil, il devient rouge, cesse d’être lumineux dans l’obsCürité ët passe à l’état amorphe : à cet état, il n’est pas toxique; ,

Effets. — A l’état de vàpeurs, le phosphore exerce une action irritante plus ou moins vive sur la conjonctive oculo- palpébrale et sur la muqueuse des voies respiratoires, et cette irritation | peut déterminer une inflammation plus ou moins ! intense. Le phosphore enflammé produit dés brûlures très douloureuses et graves;

- Administré à l’intérieur, à doses très faibles, l a 5 milligrammes, le phosphore produit dans l’estomac une sensation douce et agréable, stimulé l’appétit, facilite la digestion, rend le pouls plus fort, élève la température, accroît momentanément les forces musculaires, excite le système nerveux et exerce une action aphrodisiaque Sur l’appareil génital. Mais son usage ne doit pas être continué longtemps, autrement il s’aeCümule dans l’organisme et finit par déterminer de véritables phénomènes d’intoxication : douleurs gastralgiques, coliques violentes, diarrhée abondante, fièvre, miction pénible et douloureuse, etc. Avalé à doses massives de 10 à 15 centigrammes et au delà, il produit un empoisonnement complet, aigu, très grave, qui se termine par la mort.

Usages. — Le phosphore s’emploie à i’extériëur et a l’intérieur. A l’extérieur, on l’emploie sous forme de pommade, à la dose de 1 gramme de phosphore pour 100 grammes d’axonge, contre Certaines maladies de peau à forme squameuse ; on en a retiré de bons effets contre le lupus, le psoriasis, le pemphigus, et contre les engorgements ganglionnaires. Certains médecins s’en servent pour détruire le parasite de la gale. A l’intérieur, on l’administre comme aphrodisiaque dans l’anaphrodisie et l’impuissance; comme stimulant du système nerveux dans les paralysies anciennes du cerveau ou de la moelle (hémiplégie ou paraplégie), et dans l’ataxie locomotrice; mais dans Cette dernière affection, Gubler et notre excellent ami et éminent collaborateur Landrieux n’ont pas remarqué une seule fois d’amélioration vraiment satisfaisante.

Quant au mode d’administration , il faut toujours commencer par des doses très faibles, 1 milligraffi., pour arriver graduellement à 5 ou 8 milligrammes Par jour, en deux ou trois fois, au moment du fe- Pas. Le phosphore peut s’administrer en pilules ùü en solution dans l’huile. 11 faut avoir bien soin d’eii suspendre l’usage après dix à douze jours, de crainte

d’obsèrvér les accidents de l’àcCümülation, êt de le féCortiinettCër après cinq ou six jours, en débutant de nouveau par 1 milligramme.

Empoisbnüeihêht par le phosphore. — ■ L’éthpoisotthèhienl par le phosphore peut être aigu où Chronique. . ...

L'empoisonnement aigu est très fréquent depuis l’emploi des allumettes chimiques, et de la pâte phosphoréê destinée a détruire les rats ët aütrés animaux nuisibles.

L’empoisonhement aigu par le phosphore pro duit : 1° des symptômes locaux; 2° des symptômes géiiérâüx beaucoup plus gravés êt consécutifs à son absorption, qui Ont été très bien décrits par RâbUtéâü.

1° « Aussitôt après l'ingestion de la substance vénéneuse, dit-il, et parfois au moment même dé Cëttë ingestion, la victime éprouve des éructations alliacées et phosphorescentes. Puis, au bout de quelques heures, de 5 à 6 par exemple, elle ressent une douleur violente à l’épigastre, douleur qui se propagé dans l’abdomen. L’estomac et le ventre sont excessivement sensibles, il y a du météorisme. Al survient dés renvois de gaz ayant une odeur alliacée, et, le plus souvent, des vomissements de matières contenant du phosphore, avant une odëür forte, et lumineuses dans l’obscurité. Ces vomissements s’accom pagnent de selles diarrhéiques offrant les mêmes caractères, il est rare que les matières vomies et les Selles soient sanguinolentes dans cette première série de symptômes. Il peut se faire que tout së borné à ces accidents, Cé qui malheureusement n’est pas Commun ét ne peut avoir liëu que lorsque le poison contenu dans le tube digestif a été rejeté ëh totalité ou qu’une minime quantité a pénétré dans la circulation. ...

2» « La substancë toxique së trouve déjà diffusée dans l’organisme. A ce moment, le patient peut succomber rapidement dans le CollapSus, paf sÿneope ou dans les convulsions, comme s’il s’agissait d’une intoxication par l’oxyde de carbone ou l’acide Cyanhydrique. Mais, en général, les choses se passent de la manière suivante : l’halëiné, la sueur et l’Urine qui, naguère n’avaieht pas d’bdëür alliacée et n’étaient pas phosphorescentes, acquièrent souvent cettë odeur et lüisëht dans l’obscurité, ce qui prouve d’une maniéré frappante la pénétration du poison dans le sang, car on observé là même chose chez les animaux dans lësqüels On à injecté de l’huile phôsphorée. Puis il se manifeste ühë dépression Considérable de toutes les fonctions, dépression précédéë en général d’une excitation dé courte durée. Ainsi le pouls, d’abord fort et fréquent, devient petit, insensible, souvent irrégulier; la respiration, d’abord accélérée , déviéfat pénible, faible, stërtoreuse; la température, qui s’ était d’abord élëvéë, s’âbaiësë d’Uhé mânièré Considérable; lés muscles, qui étaient souvent atteints de tremblement, se paralysent; de sorte que non seulement lès mouvements sont difficiles, mais qü’il survient parfais dés selles involontaires, par suite de la paralysie du sphincter anal. Enfin, aui douleurs violentes de l’épigàstre ët de l’abdomen pendant la première période, àdx Crampes qüi se produisent pendant là secOhdë ftéiiticlë, après la pérté-

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tration uupuisuu uaus mproionaeur de l’organisme, aux sensations de fourmillement, succède une anesthésie pai-fois complète. »

Ensuite, vers le troisième ou le quatrième jour, surviennent de 1 ictère, de l’albuminurie, la stéatose des organes et autres symptômes qui indiquent le trouble de la nutrition. Enfin, la mort arrive, quelquefois précédée de convulsions, mais le plus souvent dans le collapsus et le coma. Dans les cas où la mort ne survient pas à la fin de la première période, elle arrive du huitième au dixième jour.

Le traitement de l’empoisonnement aigu par le phosphore consiste tout d’abord à administrer au malade un vomitif (soit 10 centigrammes d’émétique, soit 2 grammes d’ipécacuanha dans un demiverre d’eau), ou un émétho-cathartique, d’après la formule suivante :

. lOcentigr.

Sulfate de soude. . . . . 15 grammes.

.Lau chaude . . . 250 —

à prendre en trois fois, à un quart d’heure d’intervalle. Martin-Damourette recommande de préférence, comme vomitif, le sulfate de cuivre, qui serait réduit en phosphure de cuivre; puis comme purgatif la magnésie. Lorsque les effets vomitifs et purgatifs auront été obtenus, il faut faire Prendre au malade de l’eau de chaux, de la magnésie calcinée délayée dans de l’eau ; Personne et Laboulbene recommandent l’essence de térébenthine oui d apres eux agirait en empêchant dans le sang 1 oxydation du phosphore; dans ce cas, il faut une dose d essence 100 fois plus grande que celle du poison ingéré. On a aussi conseillé les essences de citron, de menthe, de lavande, de romarin, etc Recommandation importante : il faut bien se garder d administrer un purgatif huileux, tel que l’huile de ricin, et de faire avaler du lait, car ces sub-

lintoCxkationUdraient 16 phosphore et favoriseraient L’empoisonnement chronique est un véritable empoisonnement professionnel qu’on ne rencontre guère que chez les individus qui préparent le phosphore et surtout chez ceux qui fabriquent les \llumettes chimiques (Y. ce mot).

Les symptômes qui le caractérisent peuvent se résumer ainsi : Du côté des voies digestifs douleurs d estomac, dyspepsie, coliques^ diarrhée du cote des voies respiratoires : toux irritation h™»

chique, étouffements exhalation par la bouche dê vapeurs lumineuses dans l’obscurité; du côté ân système nerveux : céphalalgies, engourdissement des membres, phénomènes dépressifs du côté dn cerveau; du côté de la peau : coloration jaune de la peau et maigreur progressive.

En dehors de ces symptômes, on observe dans 1 empoisonnement chronique professionnel nar le phosphore, un accident très grave et vraiment ca ractenstique : c’est la nécrose phosphorée des ns maxillaires, que les ouvriers appellent le mal chimique. Pour les uns, cette nécrose serait une manifestation locale d’une intoxication générale • cette opinion n’est guère soutenable. Dès 1846, le DrThéophyle Roussel affirmait que la nécrose était le résultat de la pénétration du phosphore dans les

maxillaires par les dents malades. En 1375 ami Magitot, dans un remarquable mémoire *1°^ l’Académie des sciences, reposant sur un bon 1U à bre d’observations, a soutenu la même opinin°m' a démontré que « la nécrose des maxillaires 'd’n'*1 gine phosphorée reconnaît pour cause unique n„ porte d’entrée invariable et exclusive, une certaL variété de carie dentaire, la carie pénétrante 06 La nécrose commence par l’un ou l’autre maxil laire, plus souvent par le supérieur que par l’infé rieur. « L’inflammation débute par le périoste al" véolo-dentaire, gagne le corps de l’os, entraîne là suppuration, et souvent aussi donne naissance à de nouvelles formations osseuses qui, à leur tour prennent part à la formation du pus. II se formé là un vaste foyer purulent qui décolle le périoste et gagne du terrain. La mortification de l’os et la formation d’un séquestre en sont la conséquence Tantôt la nécrose s’étend à la totalité du maxilé laire, tantôt elle reste limitée à une portion de l’arcade al véolo-dentaire. L’élimination du séquestre dépend du plus ou moins d’extension de la nécroseelle se fait, en général, du côté de la bouche. Quant a la régénération, elle a lieu ordinairement au maxillaire inférieur, mais jamais d’une manière complète. Au maxillaire supérieur, l’absence de réparation est la règle. Quant aux symptômes, ce sont : une douleur dentaire, un gonflement phlegmoneux dépassant, le plus souvent, la limite du mal et s’étendant au cou et à la face. Un pus fétide s échappé au travers de fistules multiples. L’érysipele est un complication fréquente. Il y a, petit à petit, une véritable résorption d’éléments putrides. L alimentation devient insuffisante et les symptômes généraux d’épuisement finissent par amener la mort « (Layet).

Le traitement ou plutôt l’hygiène préservatrice de 1 intoxication professionnelle par le phosphore consiste dans l’emploi de mesures spéciales les unes aux chefs d’ateliers, les autres aux ouvriers qui fabriquent les allumettes chimiques. Elles ont ete exposees tout au long à l’article Allumettes chimiques (V. ce mot). m Paul Labahthi, •

pqfnn ^ SPHURE DE ZINC. — Le phosphure de zine

L , /e1C0U eUr.gdsâtre à reflets métalliques,

• , ,e c°mbihaison du phosphore avec le

df s. proportions telies qu’il ne contient que le quart de son poids de phosphore. Il a été

S)SSf*Jigie^P?Ur placer les préparacas aue cPp m !r°re‘ * S administre dans les mêmes à t^rannio dlca5nent’ à dose quotidienne de 8 a 15 granules doses chacun à 1 milligramme. P. L.

Les^ nho ri** h ^ ' ~ Hygiéne professionnelle. —

de leurPart à riî?eS SOnt exPosés> dans l’exercice exposés aux fnnJ?8 alcidents- Et d’abord ils sont

énergiques qu'ils em^- produits par les poiso,nnommé 1p «L S emploient journellement, J ai mercure et \e hfh de Potas‘sium, le bichlorure de

Les seuls ap cAlromatc de potasse (V. ces mots).

circonstances, C1ditnTarqdUi 86 S°Dt Pr°-dUitS ^ “p

cause soit l’existerJj ’ 0nt tûuJours eu pour existant a», . . ce de crevasses ou de coupures doigts, soit la persistance à frotter

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avec un fragment de cyanure de potassium solide les taches de nitrate d’argent sur la peau, et que le cyanure de potassium fait souvent disparaître.

Dans ce dernier cas, l’épiderme , ramolli d’abord par l’action énergiquement alcaline du cyanure de potassium, est bientôt enlevé par les frottements réitérés, et n’oppose plus aucune résistance à la mortelle absorption de ce produit.

Tous les photographes connaissent le fait suivant, qui a été publié par un de leurs confrères, Davanne : «Un photographe, M. M..., voulant faire disparaître les taches noires laissées à l’une de ses mains par le nitrate d’argent, les frotta avec un assez gros morceau de cyanure de potassium, et il s’en glissa un petit morceau sous l’ongle d’un des doigts. N’y ayant point d’abord fait attention, il ne tarda pas y éprouver une vive douleur, et en quelques instants il fut pris de vertiges, de telle sorte que tout semblait tourner autour de lui. Pour. se débarrasser promptement , il eut la malheureuse idée d’employer du vinaigre, le cyanure de potassium fut. aussitôt décomposé, et de l’acide cyanhydrique (qui n’est autre chose que de l’acide prussique) se trouva mis en liberté. Les vertiges arrivèrent au plus haut point, accompagnés de frissonnements, pâleur de ia face, œil éteint, dépression profonde des forces, impossibilité de parler, mais conservation de l’intelligence, puis refroidissement, des extrémités. Cet état dura près de dix heures. Des frictions froides le long de la colonne vertébrale. Des inspirations d’ammoniaque, une forte infusion de café noir, mirent un terme à ces graves accidents. »

U peut paraître surprenant que les photographes qui manient journellement le cyanure de potassium, n’éprouvent pas plus d’accidents, alors que, surtout en hiver, le séjour fréquent des mains dans l’eau leur occasionne des gerçures et des crevasses. Cela tient évidemment à ce que, dès que l’épiderme est gercé ou crevassé, le contact du cyanure sur cette partie dénudée provoque un picotement qui avertit suffisamment les photographes d’avoir à prendre des précautions, dont la meilleure consiste dans le lavage immédiat à grande eau de la partie atteinte par le cyanure.

Le bicklorure de mercure qu’on emploie aussi fréquemment en photographie, est un poison très violent, mais la science ne possède aucune observation d’empoisonnement par suite de son emploi.

Le bichromate de potasse, également d’un emploi fréquent en photographie, peut, par un usage répété, déterminer des accidents, car ce , produit est un caustique énergique et un. poison corrosif violent. .

L évaporation à laquelle beaucoup de photogra Pnes soumettent le bain d’argent pour en tire Parti, sans précipiter l’argent à l’état de chlorure peut aussi engendrer de graves accidents. En effet aans le bain d’argent se trouvent mélangés le ni rate d’argent, de l’alcool provenant des glace coltodionnées et l’acide azotique qu’ils y ont sou vent ajouté goutte à goutte, c’est-à-dire tous le éléments pouvant produire du fulminate d’argen qui détoné au moindre choc.

Nous avons eu à soigner, en 1884, pour des accidents survenus à la suite d’une opération de ce genre, un employé de notre ami E. Pirou, l’habile photographe du boulevard Saint-Germain, à qui nous devons la splendide collection, unique au monde, de tous les membres des cinq Académies formant l’Institut de France.

Le séjour de l’opérateur dans l’atelier de développement des clichés est insalubre; l’insalubrité gît dans l’absence de lumière blanche dans le laboratoire et dans le manque d’air.

L’atelier où l’opérateur développe et fixe ses clichés, devant avoir forcément une fenêtre munie de carreaux jaunes ou rouges, suivant le procédé employé, il s’ensuit que l’œil qui doit s’habituer à voir dans ce milieu obscur, éprouve une tension qui réagit sur le système nerveux, et qu’il doit nécessairement en ressentir une certaine fatigue.

De plus, il est certain que le manque d’air est contraire à toutes les règles d’hygiène. Or, l’acide pyrogallique, employé pour le développement des clichés, en contact avec l’ammoniaque également employé, absorbe rapidement l’oxygène. Il n’est donc pas surprenant que passant chaque jour un certain temps dans des ateliers hermétiquement clos où l’air ne se renouvelle pas, et où, sous l’influence du mélange cité plus haut, l’oxygène diminue de minute en minute, les opérateurs s’étiolent. Si nous ajoutons, par-dessus le marché, les émanations produites par l’ammoniaque et les vapeurs éthérées, nous comprendrons facilement les accidents éprouvés par les opérateurs, tels que céphalalgies, violentes douleurs aux extrémités des doigts, faiblesse dans les membres, etc.

Enfin, comme tous les photographes ont l’habitude de tenir les plaques de préparation entre le pouce et l’index, il en résulte d’une part, une altération profonde de l’épiderme des dernières phalanges de ces doigts, et d’autre part, un certain degré d’insensibilité cutanée accompagnée d’un engourdissement musculaire. De plus, comme cette façon, de tenir les plaques exige une contraction analogue à celle qui produit la crampe des écrivains, il en résulte une crampe professionnelle sur laquelle notre ami Napias a insisté, en 1879, dans les annales d’hygiène, et qu’il a appelé la crampe des photographes , Après un certain temps, cette crampe amène une douleur telle, que la flexion de l’index devient impossible.

En outre Napias, qui a été médecin delà Société de secours mutuels des employés photographes, et a pu, à ce titre, faire des observations nombreuses, a constaté que chez les retoucheurs de clichés, astreints à un travail qui exerce fortement la vue, il se produit à la longue une fatigue et un affaiblissement des yeux. Il a aussi constaté ces fatigues et cet affaiblissement, mais à un très haut degré, chez les photographes qui font des clichés microscopiques. Dr Paul Labarthe.

PHOTOGRAPHIE. — La photographie n’est pas seulement un passe-temps des plus agréables, c’est un art qui rend tous les jours de plus en plus des services précieux à toutes les sciences d’observation, principalement à la physiologie et à la médecine.

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En physiologie, c’est elle qui a permis au professeur Marey d’étudier les différents mouvements du vol des oiseaux. L’éminent physiologiste du collège de France s’est servi pour cela, d’un véritable revolver photographique avec lequel il a pu obtenir, coup sur coup, une série de photographies instantanées d’oiseaux pendant leur vol.

En médecine, la photographie sert à reproduire

l’opération ou le traitement, et cette double photographie, mieux que la meilleure description, donne une idée exacte et précise de l’état du malade avant et après l’intervention du médecin., le n’ai pas, dans un dictionnaire comme celui-ci à iaire l’historique de la photographie, ni à exposer les différents procédés au collodion humide, au collodion sec ou au gélatino-bromure d'argent, tour à

Fig. 1045.

graphique Derogy déployé, à fonctionner.

les pièces anatomiques fraîchement préparées ou séchées, et les pièces anatomo-pathologiques; les coupes microscopiques des éléments constitutifs de nos tissus; les monstruosités, les vices de conformation des organes externes, tels qu’un membre difforme, atrophié, hypertrophié, fracturé ou luxé, un moignon d’amputé auquel on veut adapter un appareil de prothèse, etc.

Grâce à la photographie, la médecine peut aussi reproduire les maladies de peau (tous connaissent le bel atlas photographique de l’éminent dermatologiste, le professeur Hardy, et du Dr de Montméja),les tumeurs, en un mot, tous les cas curieux qu’il rencontre dans sa pratique de tous les jours et qui, faute d’un dessinateur — et on en rencontre très rarement en province — seraient perdus pour lui et pour la science.

Depuis que la photographie s’est vulgarisée, il ne se passe pas de semaine où les médecins et les chirurgiens de province n’adressent à nos sociétés savantes des observations intéressantes d’affections chirurgicales ou de maladies de peau, accompagnées de la photographie du sujet, avant et après

tour employés jusqu’à ce jour. Je dirai seulement que de ces divers procédés, un seul — celui au gélatino-bromure, est vraiment à la portée de tout le monde, facile à exécuter partout, même en voyage, parce quil a considérablement simplifié les manipulations, en même temps qu’il permet de produire des clichés avec une rapidité de pose inconnue jusqu à ce jour et telle qu’on peut vraiment dire que, par lui, on obtient la photographie instan-

Parmi les appareils les plus simples, les plu: commodes, les plus pratiques et les plus remar quables, aussi bien pour la rapidité de la pose qu pour la nettete des clichés, je citerai, comme étan le plus employé, celui de Derogy, l’opticien biei connu du quai de l’Horloge, fournisseur des minis teres de lintruction publique, de la marine, d la guerre, des travaux publics et des mission WrS' U6S'i C 6iSt Celui dont Je me sers personnel années ^ PlUS grand SUCcès dePuis Plusieur

paiSïünctef (^‘ 104S) 86 COmpOSe de ^

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1° L’appareil photographique proprement dit qui comprend : chambre noire en noyer verni à soufflet conique tournant en peau, chariot brisé et rentrant, bascule, vis à manivelle pour la mise au point, châssis avec glace dépolie extra-fine à charnières, trois châssis négatifs â coulisses entoilées, deux planchettes d’objectifs à double déplacement, un pied brisé et à coulisses en bois verni très soigné, et un objectif aplanétique rectilinéaire. Le tout se démontant et se plaçant dans un sac en toile imperméable à courroie, que l’on peut porter avec soi en bandoulière, ou simplement à la main, comme un petit sac de nuit. A cet appareil, très léger, on peut joindre (pour ma part je je conseille fort à mes lecteurs) l’obturateur universel instantané à trois combinaisons de Cl. Guerry {fig, 1046), j qui s’adapte facilement sur le pavillon de l’objectif. Cet obturateur permet de varier à volonté le temps de pose, de un cinquantième à un cinquième ou un quart de seconde, résultat impossible à obtenir si l’on ouvre et ferme l’objectif avec la main.

2° .Les accessoires de l’appareil nécessaires pour développer et fixer le cliché, qui sont : 3 cuvettes de carton durci, 1 châssis positif à glace forte,

1 éprouvette graduée, 1 lanterne de voyage à verres rouge et jaune, 1 flacon compte-gouttes, 1 boîte de glaces au gélatino-bromure d’argent, 1 flacon d’oxalate neutre- de potasse, 1 flacon de sulfate de fer pur, 1 flacon d’hyposulfufite de soude, 1 flacon, de bromure d’ammonium. Enfin les accessoires nécessaires pour faire des épreuves sur papier : du papier sensible, 1 flacon de chlorure .d’or, 1 flacon de craie lévigée, 1 flacon d’eau distillée. Tous ces accessoires sont contenus et enfermés dans une boîte à compartiments. Dr Paul labarthe.

PHOTOPHOBIE. — On donne. ce nom à la sensibilité exagérée des yeux à la lumière qui fait que les individus qui en sont atteints redoutent le jour, tiennent leur tète constamment baissée et leurs yeux presque continuellement fermés. La photophobie est un symptôme qu’on observe dans un certain nombre de maladies des yeux, telles que conjonctivites, kératites, iritis, etc. (Y. ces mots), p. l.

PHOTOPHORE. — Nom donné par notre éminent confrère de Rouen, le Dr Paul Hélot, et l’habile

électricien G. Trouvé, à un appareil électrique de leur invention. Cet appareil se compose d’une lampe à incandescence dans le vide, comprise dans un cylindre métallique entre un réflecteur et une lentille convergente (fig. 1047).

Très léger et peu volumineux, ce photophore

Le même photophore appliqué sur le front.

s’applique sur le front (fig. 1048). La lumière qu’il fournit est très intense. Un léger déplacement de la lentille en fait varier le champ avec 1a. plus

Fig. 1049.

Le même photophore appliqué sur une table.

grande facilité. Placée dans l’axe des yeux, la lu mière accompagne pour ainsi dire le regard de l’opérateur qui n’a nullement à s’en occuper.

Dans les circonstances où l’on préférerait em-

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ployer l’appareil sans le porter au front, rien n’est plus facile que de le placer sur un support prenant son point d’appui sur une table, le bras d’un fauteuil ou un meuble quelconque (fig. 1049).

La source d’électricité est la pile au bichromate de potasse sursaturée de G. Trouvé (V. Pile). Elle peut, dans ce cas, fournir sans être rechargée, un grand nombre d’heures de travail, soit d’une façon continue, soit à des intervalles aussi longs qu’on voudra. Pour faire fonctionner le photophore en dehors du cabinet de l’opérateur, on emploie une petite pile portative, dont la durée d’action est forcément limitée par les dimensions. Cependant comme cette pile peut être facilement rechargée au cours même d’une opération, on pourra lui donner la préférence à cause de son prix très peu élevé, dans les cas où on n’aurait l’intention de se servir qu’exceptionnellement du photophore.

Ce puissant appareil d’éclairage électrique trouve son application en médecine dans un grand nombre de circonstances, qu’il s’agisse d’éclairer un champ opératoire profondément situé, ou des cavités naturelles comme la bouche, le nez, la gorge, les oreilles, le vagin, etc. nr paül Labarthe.

PHRÉNOLOGIE. — Littéralement, discours ou science de l’esprit, ce nom a été donné par Spurzheim, à la doctrine de Gall, et la phrénologie est l’étude de la conformation du cerveau, au point de vue des localisations cérébrales, et à l’aide des protubérances crâniennes.

\ L’affirmation des localisations cérébrales peut être considérée comme une des conséquences du grand mouvement scientifique du XVIIIe siècle, et Gall a eu le mérite d’en poser le principe.

Les idées doctrinales du savant anatomiste, sont les suivantes : 1° Les penchants et les facultés des hommes et des animaux sont innés ; 2° l’exercice de ces penchants et de ces facultés, aussi bien que celui des qualités morales de l’homme, quel que soit le principe auquel on les rapporte, est soumis à 1 influence des conditions matérielles et organiques ; 3° le cerveau est l’organe de tous nos instincts, penchants, sentiments, etc.; 4° chacun de ces instincts, penchants, sentiments, etc., a dans le cerveau une partie qui lui est spécialement affectée, un siège déterminé, et le développement de ces diverses parties, se manifeste à la surface extérieure du crâne par des protubérances visibles et palpables.

L’on conçoit aisément quel trouble la doctrine dé Gall apportait dans les idées philosophico-scientifiques d’alors. La majorité des savants considérait encore le cerveau comme un organe simple, puisque l’âme était considérée comme simple. Gall tout en admettant que l’organe cérébral était le siège exclusif de l’âme, le divisait en plusieurs organes servant chacun de résidence à une faculté. Il reconnaissait ainsi le rôle des circonvolutions; mais lui anatomiste habile, dit justement Broca, lui qui avait étudié le cerveau avec tant de sagacité, il négligea bientôt l’étude anatomique des circonvolutions mêmes, pour se livrer a celle de chaque faculté qu’il voulut ensuite classer et distribuer méthodiquement dans le cerveau.

C’est à la suite de nombreuses observations que

PHR

Gall proposa ses vingt-sept facultés. Selon lui, chacune d’elles est une intelligence douée de la faculté' perceptive, d’attention, de souvenir, de mémoire de jugement et d’imagination : ce qui revient à dire que chaque faculté perçoit, se souvient, compare juge et imagine. Par conséquent, le même homme peut avoir un jugement prompt sur certains objets et sembler ignorant sur certains autres.

Dès qu’il eut classé ses facultés, il les localisa symétriquement en apparence dans une [partie du

fsgifo/’jfc' 27 V;:>x

Mèék 2* ‘

Fig. 1050. — Type crânien donné par Spurzheim, vu de profil.

cerveau , une protubérance crânienne étant toujours le résultat de l’existence de la faculté : d’où absence de faculté, absence de protubérance.

Les idées nouvelles émises par Gall ne séduisirent pas le public de Vienne, qu’il voulut convaincre par des expériences, et c’est à qui redoutait de lui confier son crâne, soit vivant, soit après la mort, et 1 on cite des grands de la cour et des médecins ayant pris des dispositions testamentaires pour défendre a leurs héritiers de confier leur autopsie au docteur Gall, ce dernier recherchant surtout pour sa collection les crânes des gens distingués ou s’étant montres extraordinaires pendant leur vie, de quelque manière que ce fut.

Cependant, comme toute chose nouvelle, la phrénologie— 1 on disait aussi la crâniologie ou la crânologie, eut ses adeptes, et bientôt le docteur Spurzheim, anatomiste distingué, collaborateur et »îU,maitre’ différant d’ailleurs avec lui, sur Tïnmhtf r|U10rî? des Acuités, vint augmenter le H t vn’ celles~cG qu’il éleva au chiffre de 35, dont voici la nomenclature :

2 PhSSlh,ï?®QCtte.S: ~.A‘ Chants. 1, Amativité.

* ° Habitabilité. 4, Attachèrent, S, Courage»

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Destructivité. 7, Constructivité. 8, Acquisivité. 9, Sécréliî , B. Sentiments. 10, Amour-propre. 11, Amour de r «probation. 12, Circonspection. 13, Bienveillance. 14, Vé- 'ration. 13, Persévérance. 16, Justice. 17, Espérance. 18, Surn turalilé. 19, Causticité. 20, Idéalité. 21, Imitation, “facultés intellectuelles. — C. Facultés perceptives. oo Individualité. 23, Configuration. 24, Étendue. 23, Pesant"’r 26 Coloris. 27, Localités. 28, Numération. 29, Ordre. 30 Phénomènes. 31, Temps. 32, Mélodie. 33, Philologie. — 0 ’ Facultés réflectives. 34, Comparativité. 35, Causalité.

Les types crâniens donnés par Spurzheim ont été longtemps et sont presque généralement adoptés

Fig. 1051. — Type crânien donné par Spurzheim, vu de face.

par les personnes qui s’occupent encore de phrénologie. Nous les avons reproduits ici ( fig . 1050, 1051, 1052).

Mais la phrénologie ainsi comprise ne compte plus beaucoup d’adeptes. Les anatomistes n’ont pas tardé à faire remarquer que les deux parties de la colonne crânienne sont rarement symétriques; que l’on a vu des individus doués d’une grande mémoire, sans posséder des yeux saillants, et que la bosse de la musique n’existe pas chez tous les musiciens. Cependant, mis sur la voie, les savants ont mieux étudié, depuis G ail, l’anatomie du cerveau; le mouvement qu’il a imprimé à ces études ne s’est pas ralenti; Ton a vu une Société phrénologique fondée à Paris et présidée par l’illustre professeur Bouiliaud, et le principe des localisations est demeuré acquis. Broca qui, avec sa grande loyauté, a rendu justice aux efforts de Gall, et qui a attaché son nom à une circonvolution, siège de la faculté bu langage, a dit spirituellement « que la fixité du

sillon de Ptolando n’était pas un pur effet du hasard, et que les lobes occipitaux n’avaient pas été séparés des autres lobes à cette seule fin d’embarrasser les anatomistes, « et notre savant anthropologiste, qui a si bien travaillé pour le principe des localisations, résume ainsi son opinion : « Les cinq lobes partiels du cerveau sont des organes distincts ; il n’est pas défendu de croire que ces organes distincts ont des fonctions distinctes. » Les données

Fig. 1052. — Type crânien donné par Spurzheim, vu de dos.

actuelles de la physiologie cérébrale ne permettent pas d’admettre un siège particulier pour chaque faculté, pour chaque penchant , mais on peut reconnaître comme probable une localisation par groupe de fonctions et par groupe de circonvolutions ». Dr Â- Ddreaïï-

PHTHISIE PULMONAIRE. — On désignait autrefois sous le nom de phthisiques tous les malades atteints de dépérissement et de consomption. Aussi on distinguait un grand nombre de phthisies : Mor- . ton distinguait quarante espèces. Bayle fut le premier qui ne désigna sous ce nom que la consomption résultant des lésions pulmonaires. Cependant il compte encore six espèces de phthisies. Laènnec réunit toutes les espèces décrites jusqu à lul e“ une seule : la 'pldhisie tuberculeuse. Aujourdhui le mot phthisie est synonyme de tuberculose et l’on désigue vulgairement sous ce nom l’état de consomption qui résulte du développement dans les poumons de produits de nature tuberculeuse.

Quelles sont les lésions pulmonaires chez un phthisique? — La matière tuberculeuse se présente sous différents aspects. Au début on observe seulement des granulations tuberculeuses. Les gra-

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nulations sont d’un volume variable. Les plus petites sont à peine visibles a l’œil nu tandis que les plus volumineuses atteignent la dimension d un grain de chènevis. Elles sont transparentes, grisâtres et constituent les granulations grises de Louis. Plus tard ces tubercules se ramollissent. Leur^ partie centrale présente d’abord un point jaunâtre qui s étend peu à peu et forme les tubercules miliaires jaunes. Ces granulations sont ellesmêmes formées d’éléments primitifs (follicules tuberculeux) unis entre eux par une substance fondamentale. On voit, à l’aide du microscope, au centre du follicule tuberculeux une cellule (cellule géante) dont on a voulu faire l’élément spécifique de la tuberculose. Les granulations se développent sur les. parties des alvéoles (Y. poumon), sur celles des vaisseaux sanguins et dés vaisseaux lymphatiques. Indépendamment des granulations et des tubercules miliaires, on trouve une substance plus ou moins jaunâtre, comme infiltrée dans le tissu pulmonaire. C’est l 'infiltration tuberculeuse de Laënnec. On. lui a donné le nom de matière caséeuse , à cause de sa' ressemblance avec le fromage.

La substance tuberculeuse se ramollit peu à peu avec les progrès de la maladie. Elle finit par former une bouillie épaisse) plus ou moins jaune. Cette matière est expulsée par les bronches, il en résulte des cavités auxquelles on a donné le nom de cavernes. Les cavernes de formation récente sont arrondies, les anciennes, plus ou moins anfractueuses, renferment une matière verdâtre, parfois sanguinolente et présentant dans certains cas une odeur extrêmement fétide. Les cavernes pulmonaires ont un volume variable pouvant atteindre celui du poing. Elles siègent généralement au sommet du poumon et à droite.

Les lésions tuberculeuses débutent par le sommet du poumon pour envahir ensuite toute l’étendue de l’organe.

Quelle est la fréquence de la phthisie? — La

phthisie pulmonaire est une des affections les plus redoutables et les plus fréquentes. On croit généralement qu’elle est rare dans les pays chauds- c’est une erreur, car c’est précisément dans les régions chaudes et tempérées qu’on la rencontre le plus fréquemment. Elle est presque inconnue dans les ' régions boréales. Les altitudes élevées ont sur cette 1 affection une influence préservatrice et curative évidente. On cite généralement trois régions où la phthisie est rare, ce sont : l’Algérie, l’Égypte et les steppes Kùgis (Russie). Dans nos régions tempérées elle représente environ le tiers des décès généraux Elle est surtout fréquente chez l’adulte jusqu’à l’âge de trente ans. Les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes.

Quelles sont les causes prédisposantes de la phthisie? — L’âge est la première cause à considérer. C’est entre dix-huit et trente ans, selon Laënnec, que la phthisie détermine le plus souvent la mort. On l’observe aussi, mais plus rarement chez l’enfant et chez le vieillard. Parmi les professions, celles qui nécessitent une vie sédentaire dans un air confiné, prédisposent à la phthisie5 Cette affection est très commune dans toutes les

agglomérations d’hommes vivant dans des hah't tions trop étroites, malsaines, froides et hum’l (prisons, casernes, ateliers, couvents). Une alim eS tation insuffisante constitue un état de dénutrit/11' et de misère physiologique favorable au déveto*1 pement de la phthisie. On a regardé comme caus^'

. prédisposantes la plupart des affections chronique^ le diabète, l’alcoolisme (Lancereaux),. les affection' de la moelle, l’aliénation mentale (Charcot) ^ syphilis. Diaprés Yerneuil, le traumatisme influe sur le développement de la tuberculose. Perraud a démontré que les mariniers qui appuient leur gaffe contre la poitrine deviennent fréquemment phthisiques. On a dit que cette affection était antagoniste avec un certain nombre de maladies (asthme, affections cardiaques, fièvre typhoïde, impaludisme). Cette théorie n’est nullement prouvée. On range aussi parmi les causes prédisposantes les excès de toutes sortes, en particulier les excès vénériens, les fatigues, les chagrins, les grossesses répétées. En un mot, on peut dire avec Jaccoud que la phthisie est « l’aboutissant de toutes les détériorations constitutionnelles. »

La phthisie est-elle héréditaire? — Pour un grand nombre d’auteurs l’hérédité est la cause dominante dans la phthisie. Pour Louis, elle est héréditaire^ une fois sur dix, pour Rilliet et Barthez, une fois sur sept, pour Piorry, une fois sur deux. On a même été jusqu’à dire qu’elle était toujours héréditaire et lorsqu’un phthisique niait l’existence de cette maladie, on l’accusait volontiers de vouloir cacher la phthisie comme une tache de famille. On a prétendu que la transmission héréditaire pouvait se faire des enfants aux parents, ce qu’on désignait sous le nom d 'hérédité ascendante. Trousseau disait qu’il était « aussi dangereux pour des parents d avoir des enfant phthisiques, que pour des enfants d’avoir des parents tuberculeux ».

,L hérédité étant admise, comment doit-on l’interpréter? faut-il penser qu’on hérite directement de la phthisie comme on hérite de la syphilis? Nous ne lç pensons pas. On ne devient pas fatalement phthisique parce qu’on a des parents phthisiques, mais on hérite de prédispositions favorables au développement de cette maladie.

La phthisie est-elle contagieuse? Cette doctrine, soutenue avec, un vif éclat par Villemin, compte aujourdhm d’illustres défenseurs. Dès 1865, Viliemin a démontré que la tuberculose était inoculable. En inoculant de la matière tuberculeuse à des lapins et à des cobayes, il a réussi à produire c ez eux des tubercules. Cette découverte rencontra une vive opposition. On prétendit que les lésions qu on obtenait ainsi n’étaient pas vraiment tuberculeuses et, qu’on pouvait les obtenir en inoculant des substances diverses (fragments de foin, de r de ca°utchouc, etc.). Mais les recherches HÀfin;tLlri| SOnt venues confirmer d’une manière nÏÏI)nS f p?r ien® le Villemin.

de la tuberculose. - De la contagion au’un nas r!°Se a Sa nature paritaire, il n’y avait découvrit Ïa u pa,, a été franchit par R. Rock qui l’isola et râ a?‘ e de ïa tuberculose. Il le cultivai tnbercli &r\ en feulant, à reproduire la Ce bacille a la forme d’un bâtonnet»

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, de 3 à 4 millièmes de millimètres de

1 ne Sa présence est constante dans tous les pro- 7* .jly de nature tuberculeuse, dans les crachats des nbthisiques et dans les globules blancs du sang.

P Qette découverte permet de comprendre de nomb eux cas de phthisie qu’on ne saurait expliquer autrement que par la contagion. Quelle cause iner autre que la contagion, dans l’observation suivante empruntée aux leçons chimiques du doc- Debove : « Une jeune fille, sans antécédents héréditaires, soignait un phthisique. Elle revient dans sa famille où elle communique la maladie à cinq de ses sœurs qui la soignent, une sixième sœur qui vivait au loin de sa famille, est seule épargnée». Les observations de ce genre sont nombreuses. Comment expliquer autrement l’apparition de la phthisie, dans certaines îles du Pacifique où les naturels, indemnes de cette maladie, ne la connurent qu’après être entrés en rapport avec nous !

Cependant la théorie de la contagion n’est encore acceptée que par un petit nombre de médecins.

Quelles sont les formes de la phthisie? — La

phthisie révêt deux formes principales : 1° la phthisie chronique , c’est la plus fréquente; 2° la phthisie subaiguë ou phthisie galopante.

Phthisie chronique. — On a décrit un certain nombre de signes présomptifs. L’individu destiné à devenir phthisique est maigre, son système musculaire est grêle, le système pileux est, au contraire, très développé, les cheveux et les cils sont longs et soyeux, la main est amaigrie, l’extrémité des doigts est aplatie, les ongles s’hypertrophient et se bombent (ongles hippocratiques). On observe des laryngites, des bronchites, des pleurésies. Les malades se plaignent d’un « rhume négligé » qui persiste pendant plusieurs mois. Ils maigrissent, les forces s’en vont, l’appétit diminue et les digestions deviennent difficiles. Parfois on observe une hémoptysie^. ce mot) qui survient sans cause, au milieu d’une santé en apparence excellente. On voit cependant la phthisie se développer chez des gens vigoureux.

On distingue généralement trois périodes dans la marche de la phthisie : la première période, correspondant à la formation des tubercules; la seconde, dans laquelle la substance tuberculeuse se ramollit; et la troisième, ou période terminale, correspondant à la formation des cavernes.

lre période. — La phthisie pulmonaire présente un début lent et insidieux, L’amaigrissement est Un symptôme constant. Les malades se plaignent souvent de^ névralgies, surtout de névralgies intercostales. L’appétit est diminué et parfois perverti, h observe quelquefois des troubles digestifs, des omissements, de la diarrhée et une soif intense, os malades sont le plus souvent anémiés. Us se ? ajS^ent de palpitations. Les jeunes filles présente111 des troubles menstruels, de la phosphaturie. n observe des accès fébriles, irréguliers qu’on ne ait a quelles causes attribuer. La toux est souvent lartPre£]ier symPtôme fiui attire l’attention du raaae. Elle est généralement sèche, plus fréquente s le soir, quelquefois convulsive et s’accompa¬

gnant alors d’une dyspnée intense. L’expectoration, peu abondante au début, ne présente pas de caractères spéciaux. La voix est altérée, il existe un enrouement persistant. C’est pendant cette première période que les hémoptysies se produisent le plus fréquemment. Elles sont plus ou moins abondantes.

L examen de la poitrine révèle un aplatissement de la cage thoracique. A la percussion, on trouve un peu de matité sous l’une des clavicules ou dans l’une des fosses sus-pineuses. Au point où la percussion dénote de la matité, le murmure vésiculaire est affaibli, la respiration est saccadée, l’expiration est prolongée. Bientôt on entend quelques craquements secs pendant les grandes inspirations, puis les râles sous-crépitants apparaissent à leur tour.

2e période. — Cette période est caractérisée par le ramollissement des tubercules. Tous les symptômes de la première période prennent une impulsion nouvelle. L’amaigrissement devient considérable, la fièvre revêt les caractères de la fièvre hectique, elle redouble tous les soirs. On observe en même temps des sueurs profuses qui baignent la tête et la poitrine du malade surtout pendant son sommeil. L’expectoration devient épaisse, opaque. Les crachats présentent une forme arrondie {crachats nummulaires ). La toux fatigue les malades par sa fréquence., L’appétit est presque nul, les digestions sont pénibles et s’accompagnent souvent de. vomis-, sements alimentaires. La diarrhée est persistante et devient une cause puissante de consomption. La matité augmente; les râles, secs au début, deviennent humides et muqueux. Ils donnent la sensation de bulles d’air traversant un milieu liquide et finissent par produire un véritable gargouillement.

3e période. — C’est dans cette période qu’on observe la formation des cavernes pulmonaires. Le phthisique prend un aspect spécial. L’amaigrissement devient extrême, la face pâlit, les joues se creusent, les pommettes sont saillantes, . les yeux se cernent, le malade présente un aspect squelettique. L’expectoration devient puriforme et exhale parfois une odeur infecte. Les crachats verdâtres, parfois striés de sang, nagent dans un liquide visqueux. Ils renferment des bacilles en grande quantité. Si les cavernes' sont superficielles, la percussion fait entendre, à leur niveau, un bruit de pot fêlé. L’auscultation révèle les bruits les plus divers (râles caverneux, gargouillement). La voix est éteinte, soufflante. Parfois, lorsqu’on applique l’oreille au niveau d’une caverne, si l’on fait parler le malade à voix basse, on perçoit ses paroles, comme s’il vous chuchotait à i’oreille. Ce phénomène est désigné sous, le nom de pectorïloquie aphone. On observe de l’œdème des membres inférieurs. La diarrhée est souvent incessante. La bouche se remplit de muguet. Secoué par de violentes quintes de toux qui provoquent des vomissements, en proie à une dyspnée intense et épuisé par les sueurs nocturnes, le malade ne tarde pas à succomber, emporté par les progrès incessants de la maladie.

Phthisie aiguë. — La phthisie aiguë, vulgairement désignée sous le nom de phthisie galopante , se présente sous des aspects très différents.

Dans la forme catarrhale, elle revêt les appa-

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rences d’une fièvre catarrhale bénigne et le malade succombe, brusquement emporté par un accès de suffocation ou par une syncope.

La forme suffocante présente une marche très rapide. Elle est caractérisée par une dyspnée et une asphyxie croissantes qui éclatent brusquement. La fièvre est peu intense. On n’observe ni douleur, ni toux, ni expectoration, et l’auscultation ne révèle que des râles sans valeur. Colin cite une observation dans laquelle le malade succomba au bout de quatre jours.

La forme typhoïde présente la plus grande analogie avec la fièvre typhoïde. Les malades accusent d’abord de la céphalalgie. Ils ont de l’hébétude, de l’insomnie, du délire. Les dents et la langue se recouvrent de fuliginosités. On observe des épistaxis, des troubles abdominaux, de la congestion pulmonaire, des taches rosées lenticulaires ; en un mot, tous les symptômes de la fièvre typhoïde. Cependant dans la phthisie, la stupeur est moins profonde, les râles sont plus nombreux au sommet, des poumons et les crachats sont parfois striés de sang.

On a décrit une forme cérébrale dans laquelle la tuberculisation aiguë se révèle brusquement par une perte de connaissance , suivie d’accidents inéningitiques auxquels le malade succombe rapidement.

Quelle est la durée de la phthisie chronique? —

Rien n’est plus variable. Chez les uns la marche est rapide et continue/la phthisie évolue en moins d’un an, chez les autres, et ce sont les plus nombreux, la marche est lente et présente des temps d’arrêt, plus ou moins longs. Souvent chaque hiver provoque une recrudescence. Cependant la maladie peut, grâce aux soins hygiéniques, se prolonger pendant deux, quatre, six, dix années et même davantage. La fièvre exerce une influence désastreuse sur la phthisie. Les maladies fébriles intercurrentes précipitent la marche de cette affection. On voit des malades présenter des excavations pulmonaires étendues et vivre ainsi longtemps avant d’arriver à la période de consomption.

Quelle est la terminaison de la phthisie ? — La terminaison fatale est souvent hâtée par une nouvelle poussée de tubercules ou par une complication (phthisie laryngée, hémoptysie, perforation du poumon, pleurésie purulente, péritonite, méningite). Mais généralement, le phthisique parcourt lentement toutes les phases de la maladie. Quelquefois, il présente, pendant ses derniers moments, des accès de manie se traduisant souvent par un délire loquace. D’autres fois il est en proie à un violent délire érotique. On comprend combien un tel spectacle est pénible pour ceux qui entourent le malheureux malade. Enfin, le plus souvent le phthisique parvient jusqu’au dernier degré de la cachexie avec la plénitude de ses facultés intellectuelles. La mort vient le surprendre au moment où se croyant atteint d’un rhume sans gravité, confiant dans sa guérison, il se livre plein d’espérance aux plus beaux projets.

La phthisie peut-elle guérir? — Oui, la phthisie peut guérir et elle peut guérir à toutes les périodes de son évolution. Au début, les tubercules peuvent

se transformer en un tissu fibreux et devenir • inoffensifs. Ces granulations ont été décrites^5’ Cruveilhîer qui les appelait granulations de IP son. Les parois des cavernes pulmonaires pebUvri' aussi se transformer en tissu cicatriciel. Il ex-6f des cas de guérison incontestables.

A quels signes reconnaît-on la phthisie? — j diagnostic de la phthisie, au début, est souvent dif ficile. Un amaigrissement progressif, une toux sè' che, peu intense, des malaises, un léger mouvement fébrile vers le soir, des sueurs pendant la nuittels sont les symptômes qui doivent faire redouter l’apparition de la phthisie. La percussion et l’auscultation, pratiquées avec soin, donneront de précieux renseignements et éviteront de confondre les troubles de la chloro-anémie, si fréquents chez les jeunes filles, avec u n'e tuberculose commençante. Les hémoptisies sont le plus souvent symptomatiques de la tuberculose. Cependant elles n’ont pasla même valeur lorsqu’elles surviennent chez une femme au moment de la menstruation. Elles sont fréquentes chez les hystériques. A uné époque avancée, on ne confondra pas la phthisie avec la bronchite chronique, les gommes syphilitiques, la gangrène, les abcès du poumon.

Quel est le traitement de la phthisie? — Si l’on obtient rarement la guérison radicale de la phthisie, on peut du moins obtenir une curabilité relative qui permet au phthisique d’atteindre un âge souvent avancé. Le traitement comprend les moyens pharmaceutique et les moyens hygiéniques.

Traitement pharmaceutique. — Au début de la phthisie le traitement local consiste en révulsifs qu’on applique sur les régions malades. On emploie des badigeonnages à la teinture d’iode et des vésicatoires Àlbespeyres. Aujourd’hui on préfère appliquer une série de pointes de feu avec le thermocautère.

La toux sera combattue à l’aide de préparations opiacées. L’extrait thébaïque, par exemple, à la dose de 0,05 centigrammes pour une pilule à prendre le soir en se couchant. Si la toux est riche, on associe à 1 opium des expectorants, si elle s’accompagne de catarrhes, on prendra des balsamiques. La créosote est un médicament précieux; elle diminue I expectoration et stimule l’appétit. On peut l’employer sous forme de capsules Dartois, de gouttes Lwoniennes, de solution Pautauberge, etc. Viennent ensuite les autres balsamiques [goudron Freyssinge, sirop de seve de pin de Lagasse, capsules Lagasse a la gemme de pin, thérébenlhine, etc.).

Eontre 1 expectoration on a vanté les inhalations a iode, de goudron, de créosote, d’acide phénique- Germain See préconise, dans la phthisie à forme catarrhale, la préparation suivante :

Eau .

lodure de potassium.

Extrait thébaïque.

200 grammes

0,50 centigr.

a prendre a la dose de deux cuillerées à soupe par jour. r 9

Liodoforme a été récemment employé pour diminuer et surtout pour désinfecter l’expectoration, un le donne à la dose de 0,10 à 0,20 centigrammes

Par jour, sous forme de pilules.

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Contre les hémoptysies, on aura recours à Veau de Léchelle, à 1 ’hydrogemmine Lagasse, au seigle ergoté, au perchlorure de fer, etc.

°Les sueurs profuses des phthisiques constituent une cause de déperdition qu’il importe de faire cesser promptement. On a proposé un grand nombre de médicaments : l’agaric blanc, le phosphate de chaux ( sirop ou vin de Dusart,vin de Baudon, etc.), le tannin, le sous-acétate de plomb, le çoto. On emploie généralement l’agaric à la dose de 20 centigrammes. Le sulfate neutre d’atropine (Yulpian) constitue le moyen le plus actif de combattre ces sueurs.' On le prescrit sous forme de pilules du BT Clin, de un demi-milligramme. On donne 1 à 3 pilules par jour. Peter a employé avec succès les lotions d’eau froide vinaigrées.

La dyspepsie sera traitée par les préparations de pepsine et de pancréatine ( pepsine Boudault, pepsine Chapoteaut, élixir de pepsine de Catillon, élixir eupeplique de Tizy, pancréatine Defresne, etc).

Les vomissements seront combattus par l’opium et la belladone, la teinture alcoolique de noix vomique, les eaux et les préparations effervescentes (potions de Rivière). Debove regarde le lavage de l’estomac et l’alimentation artificielle comme le meilleur moyen d’arrêter les vomissements des phthisiques.

La diarrhée constitue un obstacle souvent insurmontable et contre lequel viennent échouer la plupart des moyens thérapeutiques (laudanum, astringents, nitrate d’argent, etc.). Le diascordium et le sous-nitrate de bismuth, administrés sous forme de bols, réussissent; souvent à diminuer le flux intestinal. Debove recommande l’emploi de la poudre de viande ( poudre de viande de Catillon).

4' La fi'evre chez les phthisiques est un des symptômes les plus tenaces. Au début, elle est due le plus souvent à la congestion pulmonaire; on la traitera par le sulfate ou le tannate de quinine ( capsules Pelletier). Jaccoud préfère l’acide salicylique qu’il donne à la dose de 1 à 2 grammes [solution du Br Clin). La teinture d’aconit et la digitaline Eomolle et Quévenne ont donné de bons résultats. On a vanté aussi les injections hypodermiques de bromhydrate de quinine. Dans la troisième période, la fièvre, due le plus souvent à la résorption putride, résiste à tous les médicaments que nous venons d’énumérer, mais elle cède parfois facilement à l’emploi du phénate de soude.

On doit chercher à favoriser la nutrition par tous les moyens possibles. L arsenic est un des meilleurs reconstituants. 11 peut rendre, surtout au début, de grands services. On le prescrit sous toutes les formes (granules d’arséniate de soude, liqueurFowler, eaux minérales arséniées). En cas de diarrhée la médication arsénicale doit être suspendue.

L huile de foie de morue pancréatique de D fresne produit d’excellents résultats. Elle favorise la nutrition des phthisiques. On voit l’appétit renaître, les forces revenir et on note bientôt une augmentation de poids. Les malades la supportent très bien. On doit la donner aux repas à la dose de une à quatre cuillerées par jour. Jaccoud arrive quelquefois à donner jusqu’à 300 grammes d’huile de foie de morue par jour.

niCTTONNAIBR POPI'MniR Mé,W8fiTNE ÜBDEH.E.

La glycérine [glycérine Catillon, glycérine Rocher, etc.) constitue un médicament d’épargne qui rend de grands services. C’est une substance analogue à l’alcool. On l’administre à la dose de 60 à 100 grammes par jour.

. Les sels de chaux, lelacto-phosphate, le chlorhydro-phosphate de chaux, le bi-phosphate de chaux (sirop ou vin de Busart, vin de Baudon, solution Pautauberge, etc.), jouissent d’une grande renommée justifiée par les résultats obtenus.

L’utilité des préparations ferrugineuses, contestée par les uns a été affirmée par les autres (Gallard, Peter). Elles combattent l'anémie et concourent au relèvement des forces (V. Anémie).

Enfin pendant la pénible agonie qui, chez certains phthisiques, se prolonge quelquefois pendant des mois, il est un médicament, dit Dujardin- Beaumetz , qui donne de merveilleux résultats, c’est la morphine. Les injections sous-cutanées d’une solution de chlorhydrate de morphine constituent le meilleur mode d’administration.

Les eaux sulfureuses (Eaux-Bonnes, La Bassère, Saint-Honoré, Cauterels, Amélie-les-Bains,Uriage), agissent de plusieurs façons. Elles améliorent l’état général et excitent les fondions digestives. Elles modifient heureusement les sécrétions pulmonaires, grâce à l’élimination du soufre par lés poumons. Mais on doit les administrer avec prudence. Leur action stimulante peut augmenter la diarrhée et produire des hémoptysies. Aussi on n’enverra aces eaux que des malades atteints de lésions peu avancées et sans fièvre. Le sulfureux Pouillet produit les mêmes effets que les eaux sulfureuses et on l’administre dans les cas où il n’y a pas de fièvre.

Les eaux arsénicales (La Bourboule, Royat, etc.) influent d’une manière favorable sur la nutrition. Elles conviennent surtout à la phthisie développée chez des arthritiques. On peut aussi faire usage des eaux ferrugineuses d’Orezza, de Renlaigue, etc.

Traitement hvgiéniqüe. — 11 est d’une grande importance. Parmi les différents moyens dont l’hygiène dispose, l’alimentation occupe la première place. Le pronostic de la phthisie est, pour ainsi dire, lié à l’état du tube digestif. « Entourez de soins pieux les fonctions de l’estomac » a dit avec raison le professeur Peter.

Comment le phthsique doit-il se nourrir? — On a beaucoup vanté le lait, particulièrement le lait d’ânesse. Cependant le régime lacté exclusif ne convient pas. Mais les malades se trouveront bien de prendre chaque jour trpis ou quatre tasses de lait non bouilli et, si c’est possible, venant d’être trait. Nous ne citerons que pour mémoire le koumys dont on a fait autrefois tant de bruit. Béhier recommande l’usage du beurre et des corps gras (graisse de veau, de cheval, etc.). La viande crue a été regardée comme un médicament spécifique de la phthisie. Elle présente l’avantage d’être très facilement digérée. Pour bien la préparer, il faut la râcler avec un couteau afin d’enlever toutes les parties fibreuses. Jaccoud la fait prendre associée à de l'alcool. Elle présente l’inconvénient de renfermer quelquefois des œufs de tænia. Le sang est un remède populaire, très répandu, surtout dans les grandes villes, où de nombreux phthisiques vont, 20?

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chaque matin, boire le sang des animaux qu’on vient d’abattre. Cette médication n’a pas grande valeur. J’en dirai autant de la laitance de hareng saur et de l’escargot, remèdes très usités dans la campagne.

Ce qu il faut au phthisique, dit Debove, ce n’est pas « 1 alimentation qui entretient, mais la suralimentation qui modifie ». Malheureusement, l’anorexie constitue parfois un obstacle insurmontable contre lequel tous les efforts viennent s’échouer. A peine les aliments ont-il pénétré dans la bouche que le malade, saisit d’un dégoût invincible, les rejette aussitôt. Aujourd’hui l’alimentation artificielle, grâce à la méthode Debove, nous permet de lutter avec succès contre l’anorexie. Après avoir introduit dans l’estomac le tube* de Faucher (V. Suralimentation), Debove verse le mélange alimentaire. Ce mélange se compose de viande crue ou mieux de poudre de viande (100 à 200 gr.), de 4 ou 5 œufs et d’un litre de lait. Plus tard, lorsque l’anorexie a disparu, les malades arrivent à prendre sans dédégoût de la poudre de viande (poudre de Catillon) délayée dans du lait et aromatisés avec une essence quelconque. On peut faire prendre ainsi, en quatre ou cinq fois, dans les vingt-quatre heures, une quantité de poudre de viande représentant un kilogramme de viande. La suralimentation est indiquée chez tous les phthisiques qui ont peu de fièvre et fiont les lésions pulmonaires ne sont pas trop profondes.

Bon nombre de médecins préfèrent avoir recours aux préparations de peptones (peptone pepsique de Chapoteaut, peptone Catillon, peptone pancréatique Defresne, etc.), qui nourrissent les malades sans leur occasionner aucune fatigue de restomac ni de l’intestin.

De l’influence des climats. — Lorsque la phthisie pulmonaire n’est encore qu’à l’état de menace, ou que les lésions ne sont qu’à leur début, on choisira des stations à altitude élevée, comme les plateaux de la Suisse ou du Tyrol. On a établi, à Saint-Moritz, une station des plus florissantes. La température moyenne de l’hiver est de —7° Cette station ne peut convenir qu’aux phthisiques dont l’affection suit une marche essentiellement chronique. Les phthisiques, atteints de lésions déjà avancées, choisiront, au contraire, les stations de plaine, où la température ne subisse pas de brusques variations. Parmi ces stations, nous citerons l’Algérie, Cannes, Menton, Nice, Hyères, Pau, etc. La phthisie compliquée de fièvre et d’hémoptysies se trouvera mieux des climats doux et pluvieux comme Pise et Madère.

L 'hydrothérapie est indiquée par certains auteurs comme un excellent moyen thérapeutique. Mais il faut être réservé dans l’emploi des douches. Il vaut mieux avoir recours aux bains tièdes qui, d’après Lasègue, diminuent les sueurs nocturnes, excitent l’appétit et calment l’agitation nerveuse de certains phthisiques.

On a longtemps discuté l’influence de l’air maritime sur la phthisie. Si l’utilité des voyages sur mer est contestable, il faut reconnaître que l’air marin est un excitant des fonctions digestives et que, par suite, il peut exercer une influence favorable!

De 1 hygiene domestique. - Quel que soit 1P mat, le phthisique choisira une demeure eXn0 une bonne orientation. Sa chambre à coucher? être spacieuse et surtout bien aérée. Il évitera*101* alcôves, soigneusement entourées de tentures*^ d épais rideaux où, dit Peter, il est interdit à iy * d’entrer comme à l’espérance, et où l’odeur vireus1 de l’opium, celle des tisanes et les émanations fé° tides des sueurs, des crachats et des déjections' constituent un ensemble horriblement répons’ sant. p

Le phthisique doit éviter avec soin de se refroidiril portera des gilets de flanelle , se couvrira soi! gneusement le cou et les épaules. Ses vêtements" seront larges afin que la respiration soit aussi aisée que possible.

Le phthisique doit-il se marier? — On comprend aisément toutes les raisons qui doivent empêcher le phthisique de se marier. Qui n’a pas vu, autour de soi, de ces unions malheureuses où l’un des conjoints, atteint de phthisie, transmet à l’autre le mal auquel ils succomberont tous deux? Les exemples de transmission matrimoniale sont en effet, très fréquents. Les uns y voient le résultat de la contagion, les autres invoquent, pour expliquer ces faits, les peines morales et physiques, le chagrin et les longues veilles imposées par la maladie de l’un des époux. Enfin si la phthisie survient après le manège, du jour où elle sera reconnue, les deux époux devront éviter de partager le même lit; car, si l’on refuse d’admettre la contagion, il faut reconnaître que les sueurs profuses du malade, sa toux incessante, l air souillé par le contact répété de ses poumons ulcérés, constituent des conditions hygiéniques déplorables pour la personne qui cohabite avec un phthisique.

Enfin, il est un dernier point qu’il ne faut pas oublier dans le traitement de la phthisie : c’est de soutenir le moral du malade. Le plus souvent on n aura qu’à l’entretenir dans les illusions qu’il se tait. Mais, il arrivera parfois que le malheureux phthisique, qui a vu tomber autour de lui la plupart de ses parents , se sentant frappé du même mal, redoute le même sort. C’est alors qu’on devra s efforcer de le consoler en le trompant.

Dr Louis Thomas.

— : - — L,a pntmsie laryngé

est une des manifestations les plus fréquentes de 1 phthisie pulmonaire. D’après Heinze, on la rencontr trente fois sur , cent cas de phthisie.

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