PIL
de colombier. Le premier a une chair noire, dure et sèche, avec un goût de venaison très prononcé, malgré cela très nourrissante, mais difficile à digérer. Le second a aussi la chair noire, mais tendre, surtout quand il est jeune, grasse, assez délicate et très nutritive, qui convient aux estomacs vigoureux et nullement aux estomacs paresseux ou convalescents, surtout lorsqu’il est cuit en salmis, p. l.
PIGMENT. — Nom donné a la matière colorante qui détermine la coloration de la peau, des cheveux et de l’œil. Chez l’homme, le pigment est surtout abondant au scrotum, au périnée, au pénis, au mamelon, etc. Lorsque le pigment fait défaut chez un individu, on dit qu’il est atteint d’albinisme, qu’il est albinos (V. ce mot). p. L.
PILE. — On donne le nom de pile à des appareils destinés à produire un courant continu d’électricité galvanique ou dynamique. Nous n’avons pas à revenir ici sur les principales piles employées pour les usages médicaux, il en a été suffisamment question aux articles électricité et galvanocaustique (V. ces mots). p. l.
PILQGÂRPINE. — La pilocarpine, principe actif du jaborandi (v. ce mot), est un alcaloïde qui se présente sous la forme d’une masse incolore, de la consistance du caoutchouc, peu soluble dans l’éther, assez soluble dans l’eau et très soluble dans l’alcool, qui s’emploie en injections hypodermiques ou en potions, sous forme de chlorhydrate de piiocarpine, à la dose de 5 milligrammes à 2 centigrammes, comme sudorifique et dialagogue dans les mêmes cas que le jaborandi.
Dans les maladies occasionnées par les refroidissements, au début, la pilocarpine peut rendre , des services et enrayer quelquefois le mal par une ou plusieurs sudations (angines, laryngites, bronchites, grippes, pleuro-pneumonies). Dans l’asthme et les accès de dyspnée, dans l’emphysème, on se: trouve bien de son emploi ; si elle agit moins rapidement que la morphine comme sédatif, elle active les sécrétions bronchiques et met ainsi fin à la crise d’oppression. Elle serait utile dans la diphthérie, sans être un antidote du poison diphthérique; elle est employée surtout comme adjuvant du traitement mis en usage contre cette affection; mais on doit craindre qu’elle n’amène du coilapsus. La pilocarpine arrête parfois une pleurésie aiguë, franche au début, et le plus souvent l’influence favorablement; mais pour les épanchements anciens, il n’est pas rare de la voir échouer. Dans les néphrites aiguës, sous l’influence de ce médicament, les symptômes s’amendent rapidement, et dans certains cas, la maladie guérit assez rapide. Enfin on a employé la pilocarpine dans un grand nombre de cas, comme le hoquet rebelle, la coqueluche, les douleurs névralgiques persistantes, etc., avec des succès marqués.
Rappelons, en terminant, que l’on a attribué à la pilocarpine la propriété de favoriser la croissance des cheveux et dè modifier leur couleur. C’est ainsi qu en 1881 le Dr Prentiss, professeur de thérapeutique à l’Ecole de médecine de Washington, a Dictionnaire populaire de Médecine usuelle,
publié dans Philadelphia médical Times, l’observation d’une jeune dame de 25 ans atteinte de néphrite purulente, à laquelle il pratiquait, depuis douze jours, des injections sous-cutanées de pilocarpine, lorsqu’il s’aperçut, non sans étonnement, que les cheveux, d’un blond très clair avec reflets dorés de sa cliente, prenaient une teinte foncée manifeste. Quaire mois plus tard, et quoique dans l’intervalle les injections de pilocarpine eussent été suspendues pendant neuf semaines, la chevelure de la malade était devenue d’un noir éclatant. L’examen microscopique de quelques cheveux fit voir que leur structure était normale, mais qu'ils s’étaient imprégnés de pigment, en même temps qu’ils avaient gagné en épaisseur. De plus, les yeux de la malade, de bleu clair qu’ils étaient, étaient devenus bleu foncé. Depuis la publication de l’observation du Dr Prentiss, plusieurs cas analogues ont été rapportés, Dr Paul Labarthe.
PILULES. — On donne le nom de pilules à des préparations officinales ou magistrales qui se présentent sous la forme de petites boulettes composées d’une ou plusieurs bases et en même temps d’un ou plusieurs excipients destinés à leur donner la consistance voulue. Les pilules pèsent 5 à 30 centigrammes ; elles ont une forme régulièrement sphérique, et doivent être avalées sans être mâchées, pour éviter le mauvais goût et l’odeur désagréable qu’elles répandraient dans la bouche.
Les pilules se préparent avec des substances dè nature très variée. On se sert à volonté des poudres végétales, minérales ou animales, des extraits, des sirops, des résines, des gommes-résines, des. baumes, des sels, pourvu qu’ils ne soient pas déliquescents, des huiles essentielles, des conserves, etc. En un mot, la presque totalité des produits, qui composent la matière médicale sont susceptibles d’entrer dans leur composition, à l’exclusion toutefois des pulpes, des sucs, des vins et des teintures.
Certaines substances peuvent être directement roulées en pilules, sans l’intermédiaire d’aucun excipient, de ce nombre sont les extraits aqueux (extraits d’opium), la térébentine cuite, etc. ; certaines autres sont trop molles ou trop sèches pour prendre la cohésion nécessaire, on a recours alors à des excipients qui varient suivant la consistance de chacunes d’elles. Sont-elles trop sèches, pulvérulentes, il faut des excipients mous ou liquides, tels que des sirops (sirops de sucre, de guimauve, de gomme), des extraits (extraits de chicorée, de chiendent, de pissenlit), des mucilages (mucilages de gomme adragante, de gomme arabique), des conserves (conserves de rose, de cynorrhodon), du miel, des mellites, des oxymellites, des savons, de la manne, de la mie de pain, de l’alcool pour les ramollir. Sont-elles trop molles ou liquides, il faut des excipients secs ou pulvérulents, tels que les poudres de guimauve, de gomme, de réglisse, d’amidon, de cynoglosse, de magnésie, de sousnitrate de bismuth, de phosphate de chaux pour les durcir.
La confection des pilules s’opère ainsi qu’il suit: on met les bases, qu’elles soient molles ou sèches, dans un mortier de fer ou de marbre, on les tri-