‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 165 sur 289 · PIN · texte numérisé non relu

PIN

ture s’il en est besoin, soit seules, soit avec quelques gouttes d’eau, on y ajoute peu à peu l’excipient et l’on pile longtemps jusqu’à formation d’une masse homogène et bien liée ; on ne s’arrête que lorsque la pâte cesse d’adhérer aü fond du mortier, ne se colle plus aux doigts et est facile à être roulée en pilules sans se fendiller ni subir une déformation quelconque. On procède de la sorte pour les substances qui n’ont aucun mordant; dans le cas contraire, on se sert des mortiers inattaquables par les substances acides corrosives ou par les sels métalliques dangereux, tels que ceux de gaïac, de verre ou de porcelaine. Pour une petite quantité de pilules, on n’a pas même besoin de mortiers, on se contente de faire la masse sur des tablettes de marbre, de verre, de porphyre, à l’aide d’une spatule ou d’un couteau ; le mélange sans doute n’est pas aussi exact, mais la déperdition du produit est bien moindre.

Après avoir obtenu la masse pilulaire, on la divise, à l’aide d’instruments particuliers, appelés piluliers, en petites boulettes sphériques qui sont les pilules proprement dites.

Pour se servir de cet appareil, on le saupoudre préalablement afin d’empêcher la masse pilulaire d’adhérer à ses surfaces; puis, prenant la partie plane de la règle, on roule la pâte sur la' tablette, de manière à lui donner la. forme d’un cylindre d’un diamètre égal sur toute son étendue. Cela fait, on porte ce cylindre sur les cannelures, on fait exécuter à la règle un mouvement de va-etvient et le cylindre médicamenteux est divisé en pilules : on achève de les égaliser en les roulant entre le pouce et l’index.

Ces petites boulettes étant confectionnées comme je viens de le dire, on les conserve dans une poudre inerte pour les empêcher d’adhérer entre elles et de se détériorer. Les poudres de magnésie, d’amidon, de réglisse, de guimauve, d’iris, de cannelle, de lycopode, peuvent toutes servir à cet usage. On préfère toutefois cette dernière poudre à cause de sa ténuité et surtout parce qu’elle n’est jamais influencée par l’humidité de l’air et qu’elle ne forme jamais de croûte à la surface des pilules. Les. allemands emploient de préférence les poudres d iris ou de cannelle dans le but de masquer en partie la mauvaise saveur et la mauvaise odeur de ces produits.

Mais il est, à cet effet, un moyen plus efficace et en même temps plus agréable à la vue, c’est celui qui consiste à dorer ou à argenter les pilules.

Toutes les pilules ne doivent pas être argentées et cela pour deux raisons différentes. D’abord, il est quelques matières capables de s’unir au métal comme les préparations mercurielles et les préparations sulfureuses qui, par cettehmion, dénatureraient les propriétés du produit.

Dr Marc. Cameoülives.

PIMENT. — Le piment des jardins, appelé aussi poivre long, poivre de Guinée, poivre de Cayenne est une plante annuelle de la famille des Sonnées' que l’on cultive aujourd’hui dans toute l’Europe, et dont les fruits, que l’on mange tantôt verts, tantôt rouges, sont employés comme condiment. Dans le Midi de la France on les mange verts, et crus, mê¬

lés aux salades. En Espagne, en Afrique, dans 1 Antilles on les mange mûrs, c’est-à-dire ’lorsaun sont très rouges. C’est avec eux, desséchés et n\a lus, que se font les fameuses sauces indiennes d Uf les Anglais sont très friands, et que les Arabesd l’Algérie et du Maroc assaisonnent leur couscou6 Avec le Dr de La Porte, on ne saurait trop s’élève' contre l’introduction, parmi nous, de pareilles épices1, La mode qui pousse les Anglais à s’en servir pour provoquer un appétit factice, est ruineux pour l’estomac. Cette poudre est un feu qui brûle le sang et détruit les couches délicates des villosités de la muqueuse stomacale, ouvrant ainsi la voie aux désordres les plus graves et aux conséquences les plus funestes. Du reste, pour s’en convaincre, il suffit de mâcher seulement la moitié d’un piment, et d’examiner ensuite sa bouche dans un miroir : on peut, d’après les désordres qu’on y constatera, se faire une idée de l’effet sur l’estomac. On peut aussi appliquer des piments écrasés sur la peau et au bout d’un certain temps, on constatera son action rubéfiante et vésicante. Costel, Alégre et Trousseau ont préconisé le piment en poudre, à la dose de 50 centigrammes ou 1 gramme, contre les hémorrhoïdes, non pas qu’il ait le privilège de les guérir radicalement, mais il apaise leur état inflammatoire, diminue leur volume et les rend indolentes.

PIN MARITIME. — Le pin maritime est un grand et bel arbre de la famille des Conifères, très commun en France, dans la Sologne, la Bretagne, la Provence, le Languedoc et, d’une façon générale, dans la région ouest de la France, entre Bordeaux et Bayonne, qui fournit à la thérapeutique : la térébenthine, le goudron, le galipot , la colophane et la poix (V. ces mots). Lagasse, le pharmacien bien connu de Bordeaux, à qui nous devons de si intéressants travaux sur le pin maritime, a en outre retiré de cet arbre, pour les utiliser en médecine^: la sève, la gemme et Vhydro-gemnine.

La sève de pin s’obtient en forceant de l’eau à traverser les troncs de pin, sous l’influence d’une forte pression, lorsqu’on injecte ces arbres par le procédé de Boucherie, pour assurer leur conserva* Mon. Elle se présente sous la forme d’un liquide lactescent, un peu plus dense que l’eau, douée dune saveur fraîche, balsamique, térébenthinée, persistante, rappelant celle du pin. Prise en petite quantité, la seve de pin est apéritive et facilite la digestion. Chez certaines personnes, elle produit S enï1 r -1-5 laxatifs- EUe aPa^ la toux et les atteint Ha amhte 1 expectoration chez les malades He nhtTiîei ronchlte> de catarrhe pulmonaire et commençante. Pour administrer la de Laan^oe mieux. est d’avoir recours au sirop de codéine (V. Lagvn)*’ 4 b“e de “,e de pi“ “

comme * un^rHH™6 1e.p*n et à Vhydro-gemnine, ce dictionnairp 6 Special leur a été consacré dans fV flSTTrf n0US y renvoyons le lecteur (V. Gemme, Eydro-gemnine). V PAm urartbe.

chirurgie düm' on s«°nnét à des instruments dC m on se sert pour faire des panse*

Page 1