I. Les poisons hématiques. — Celte classe comprend
1° les poisons globulaires ou agissant spécialement sur les globules rouges du sang ( oxyde de carbone , acide cyanhydrique , acide sulfurique et suif hydrate d'ammoniaque , composes du sélénium et du tellure , phosphore, arsenicaux , alcooliques ) (V. ces mots) ;
2° les poisons plasmatiques ou agissant sur les globules et le plasma ( nitrites et vapeurs nitreuses, sels d’argent injectés dans les veines, la plupart des sels métalliques, à doses faibles et continues).
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IL Les poisons neurotiques. — Cette classe comprend :
1° Les poisons paralyso-moteurs ou abolissant les fonctions des nerfs moteurs {curare, fève de Calabar, aconitine, cicutine ) ;
2° Les poisons spinaux ou exagérant le pouvoir réflexe strychnine, oxygène comprimé, cantharides, etc.) ;
3° Les poisons cérébro-spinaux ou agissant sur les éléments du cerveau et de la moelle épinière ( chloroforme , éther, opium).
III. Les poisons névro-musculaires. — Dans cette classe rentrent les solanées vireuses, la digitale, les antimoniaux.
IV. Les poisons musculaires. — Dans cette classe rentrent : Y acide carbonique, la vératrine, les sels de potassium , de barium, le cuivre, le zinc, Y étain, le mercure, le plomb, etc.
V. Les poisons irritants ou corrosifs. — Dans cette classe rentrent : les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, fluorhydrique, oxalique, la potasse, la soude, Y ammoniaque, les sulfures alcalins, Y iode, le chlore, etc.
A cette classification, nous préférons celle du professeur Tardieu , qui ést uniquement fondée sur les caractères cliniques de l’empoisonnement, et qui, par cela même, répond mieux aux besoins de la science médico-légale.
Cet auteur ramène tous les empoisonnements à 5 groupes principaux, qui se répartissent de la manière suivante :
I. Poisons irritants et corrosifs. — Ce groupe comprend : les acides , les alcalis, les irritants drastiques.
IL Poisons hyposthénisants. — Ce groupe comprend : Y arsenic, le phosphore, Y étain, le bismuth, le cuivre, le sublimé corrosif, Y émétique, le nitre, la digitale et la digitaline.
III. Poisons stupéfiants. — Ce groupe comprend : le plomb, Y éther, le chloroforme, les solanées vireuses, Y aconit, le tabac, la ciguë, les champignons, le curare, Y acide carbonique.
\ Poisons narcotiques. — Ce groupe comprend : Y opium et ses composés.
V. Poisons névrosthéniques. — Ce groupe comprend : la strychnine et la 7ioix vomique, Y acide prussique, les cantharides, le camphre, Y alcool.
« L empoisonnement par les poisons irritants et corrosifs a pour caractère essentiel une action locale irritante qui peut aller jusqu’à l’inflammation la plus violente, la corrosion et la désorganisation des tissus atteints par la substance vénéneuse ingérée, dont les effets sont presque exclusivement bornés à la lésion des organes digestifs.
« L’empoisonnement par les poisons hyposthénisants a pour caractères essentiels, non par l’irritation locale produite par le poison, bien qu’elle soit réelle, mais les accidents généraux résultants de l’absorption; ils sont tout à fait disproportionnés avec les effets locaux, qui manquent d’ailleurs très souvent, et complètement opposés à l’irritation et à l’inflammation; ils consistent en effet en une dépression rapide et profonde des forces fet 6d 61 S°nt lîéS à UDe altération souvent mani-
« L’empoisonnement par les poisons stupéfiant dont la plupart étaient compris sous la dénommé tion impropre de narcotico -âcres bien qUe n~ produisant ni narcotisme ni âcreté, a pour cara^ tère essentiel une action directe, spéciale, sur lè système nerveux, action. dépressive qui répond à ce qu’on nomme en séméiotique la stupeur, accompagnée parfois d’une irritation locale, toutefois peu intense.
« L’empoisonnement par les narcotiques est caractérisé par l’action toute spéciale et distincte que l’on ne peut définir que par son nom même, le narcotisme. Ce groupe tout entier est formé par l’opium, ses éléments et ses composés.
« L’empoisonnement par les poisons névrosthéniques a pour caractère essentiel, ainsi que l’ indique cette dénomination, dont le sens est dès longtemps fixé dans la langue médicale, une excitation violente des centres nerveux, dont l’intensité peut aller jusqu’à produire instantanément la mort. »
Telles sont les définitions du professeur Tardieu et tel est l’ordre suivi dans l’étude clinique et chimique des poisons.
Un auteur allemand, Ilofmann, divise les poisons en poisons irritants locaux et en poisons agissant par résorption. Cette classification, très avantageuse par sa simplicité, ne nous paraît pas admissible en médecine légale parce qu’un grand nombré de poisons irritants agissent en même temps par résorption.
Législation. — Code pénal, art. 301. — Est qualifié d'empoisonnement tout attentat à la vie d’une personne, par l’effet des substances qui peuvent donner la mort plus ou moins promptement, de quelque manière que ces substances aient été employées ou administrées, et quelles qu'en aient été les suites.
fanticide ou d’empoisonnement sera puni de mort.
Art 317, §4. — Celui qui aura occasionné à autrui: une maladie ou une incapacité de travail personnelle en lui administrant volontairement, de quelque manière que ce soit, des substances qui, sans être de nature à donner la mort, sont nuisibles à la santé, sera puni d’un emprisonnement d’un an a cinq ans, et d’une amende de 16 francs à 300 francs; il pourra de plus être renvoyé sous- la surveillance de la haute police pendant deux ans au moins et 10 ans au plus.
, , la maladie ou l’incapacité de travail personnel a
duré plus de 20 jours, la peine sera celle de la réclusion. criTnp’^4flS-sle cou,pable a commis, soit le délit, soit le ses asren? t T, deUX paragraPhes ci-dessus envers un de serannrd ï S qU’ils S011t désiS“és en l’article 312, ü
des travail y UfPre'mi-er °as’ de la réclusion et, au second cas, aes travaux forcés à temps.
..Jï , ‘ ’?8 Principaux articles du Code pénal
’ N«n.^??0rte“t aM empoisonnements, vénérai ,fvons pas a nous occuper, dans cet article
feur Sitî et?P°lsonnements en particulier, ni de
cré dan c?nnt;-Un arUcle sPécial ayant été consacre dans ce dictionnaire à chaque prison.
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aui l’accompagne, se rapproche beaucoup, dit Payen, de ]a même composition élémentaire. Voici un tableau dressé par ce savant, d’après lequel il résulte que, pour 400 parties de chair brute, telle qu’elle est livrée par le marchand, on trouve :
Poissons.
Chair nette sans déchet.
Matière
riche.
Proteine.
Matières Matières minérales, grasses, phosphate, carbonate et chloroforme
Raie .
Anguille de
mer
Maquereau
Limande .
Saumon. .
Brochet. .
Carpe. . ■
Barbillon .
Gardon. .
Goujon . .
Anguille .
Ablette. .
Au point de vue de leurs qualités alimentaires, avec Allard et Bouchardat, nous rangerons les poissons en 4 classes :
I» classe. — Poissons à chair blanche, modérément grasse, d’une digestion facile : truite, perche , morue fraîche , merlan, limande , turbot , barbue, sole, carrelet (V. ces mots).
IIe classe. — Poissons à chair plus dense ou grasse , quelquefois colorée [esturgeon, saumon, alose, maquereau, thon , raie, brochet, carpe , barbeau, brème, hareng, sardine, gougeon (V. ces mots).
IIIe classe. — Poissons très gras d’une digestion difficile ( anguille de rivière, anguille de mer ou congre, lamproie d’eau douce et de mer (V. ces mots).
IVe classe. — Poissons vénéneux. Les uns le sont parce qu’ils renferment habituellement des principes immédiats particuliers, d’autres parce qu’ils acquièrent cette funeste 1 propriété dans des circonstances particulières sous l'influence de certaines maladies, d’une nourriture spéciale ou encore sous l’influence de la température. C’est principalement pendant les saisons chaudes qu’on a observé les accidents dus aux poissons délétères.
Le poisson est moins nourrissant que 1a, viande, mais il possède cependant un pouvoir nutritif remarquable. Tout le monde ne le digère pas avec la même facilité. Aussi les individus . qui supportent difficilement les aliments liquides le digèrent difficilement. Il ne convient pas non plus beaucoup aux
p aux gastralgiques, et les goutteux et
tes herpétiques ne doivent en manger que très sobrement , à cause des manifestations cutanées quus déterminent. Ajoutons que, grâce au phosphore qu’il renferme et qui est un aliment du syseme nerveux, le poisson constitue une bonne nourri ure pour les personnes adonnées aux trayaux de o, par conséquent brûlant beaucoup de phossia°re’ Gt Peut dl;re employé comme aphrodiqnnf eJ3a,r,les individns dont les facultés génitales
sont affaiblies et languissantes.
Celui. a-Ut toujours manger le poisson très frais, la mi? Se reconnaît à la transparence des yeux, à leur rose vermeil des ouïes et à la fermeté de
la chair. Le poisson gâté a une odeur ammoniacale désagréable très prononcée, et en cet état, il est toujours dangereux d’en faire usage, car leur ingestions détermine de la diarrhée, des vomissements, de l’urticaire, signes manifestes d’une intoxication.
Le. poisson s’accommode d’un grand nombre de manières, mais on le mange surtout frit, rôti et bouilli. Le poisson, frit et rôti se digère mieux que le poisson bouilli qui est d’une digestion parfois difficile. Le poisson cuit en matelote est de tous le plus indigeste. Enfin, d’una manière générale tous les œufs de poisson, dont beaucoup de personnes sont friandes, sont indigestes, ils produisent même parfois des accidents d’empoisonnement (diarrhées, vomissements, urticaire, etc.).
On mange aussi le poisson conservé. Celui-ci peut être salé, fumé, ou baigné dans de l’huile et renfermé dans des boîtes soudées.
Pour plus de détails sur chacun des principaux poissons qui rentrent dansl’alimentation habituelle, nous renvoyons aux articles spéciaux qui leur sont consacrés dans le dictionnaire. Dr Paul Labarthe.
POITRINAIRE. — Nom donné à un individu atteint de phthisie (V. ce mot). p. l.
POITRINE. - (V. Thorax.)
POIVRE. — On donne ce nom au fruit desséché du poivrier noir, arbuste de la famille des Pipéracées, originaire de l’Inde et cultivé en grand dans toutes les régions tropicales, surtout a Sumatra et à Java. Il se présente sous la forme d’une baie sphérique récoltée avant sa complète maturité, un peu moins grosse qu’un pois, d’une saveur aromatique, âcre et brûlante à la fois, très dure et d’un blanc jaunâtre à l’intérieur; elle est recouverte à l’extérieur d’une pellicule brune noirâtre, très ridée, qui peut être complètement enlevée, après une macération de quelques jours dans l’eau, opération généralement employée dans la fabrication du poivre blanc, ce qui en élève de suite le prix à cause de la main-d’œuvre.
Le poivre, dont il se consomme chaque année des millions de tonnes, est un condiment aromatique qui rehausse la saveur de certains aliments tels que les œufs, par exemple, et rend plus légères à l’estomac certaines viandes, comme la charcuterie, le gibier et presque tous les légumes. A haute dose, son action est incendiaire; il cause une chaleur intérieure intense, accompagnée de soif vive; il accélère la circulation et irrite tous les appareils de l’économie. A dose modérée, c’est un excitant très utile pour l’estomac, surtout chez les lymphatiques, dont les fonctions digestives sont languissantes. Les nerveux et les bilieux useront du poivre avec précaution ; de même, les personnes facilement sujettes à l’eczéma et à l’urticaire, et celles dont les fonctions urogénitales sont compromises. L’abus du poivre irrite en effet le col delà vessie. Dans les pays chauds principalement, l’abus du poivre est dangereux, parce que d’abord, il excite à la gourmandise et surmène le foie; ensuite et surtout, à cause de ses indéniables propriétés aphrodisiaques.
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