‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 24 sur 289 · m,e iWClde ïï. faut> d’aPrès friand et Chaude · texte numérisé non relu

m,e iWClde ïï. faut> d’aPrès friand et Chaude

tant soit nouveau-né; 2° que l’enfant soit

vivant; 3° que la mort ait été causée volontairement.

1° Il faut que l’enfant soit nouveau-né. — Qu’est-ce que la loi entend par le mot nouveau-né? est-ce l’enfant âgé d’une heure, d’un jour ou de plusieurs mois ? Les jurisconsultes ont d’autant plus discuté cette question que la peine n’est pas la même pour l’infanticide que pour l’homicide. Le meurtre d’un enfant nouveau- né est puni de la peine capitale, tandis que le meurtre d’un autre enfant n’est qu’un homicide ordinaire et n’entraîne la mort que lorsqu’il y a eu préméditation.

Les arrêts suivants ont cependant fixé la jurisprudence sur ce sujet :

« Attendu que l’enfant dont il s’agit était né dans un établissement public et avait été inscrit dans les registres de l’état civil sous le nom de sa mère ; que dans ces circonstances et après quatorze jours de vie, on ne pouvait plus, dans le sens de l’article 300 du Code pénal, le considérer comme un enfant nouveau-né, de l’existence duquel on aurait voulu anéantir les traces, etc., la Cour casse et annule... » (Cour dé cassation, 20 juin 1822).

« Attendu que la loi en qualifiant d’infanticide, et en pu nissant d’une peine plus forte le meurtre d’un enfant nouveau-né, n’a eu en vue que l’homicide volontaire commis sur un

enfant au moment où il vient de naître ou dans un temps très rapproché de celui de sa naissance .

« Que ces dispositions ne peuvent être étendues au meurtre d’un enfant qui a déjà atteint trente et un jours, et dont par conséquent la naissance, si elle n a été légalement constatée, n’a pu, du moins le plus souvent, rester inconnue. » (Cassation, 24 décembre 1835.)

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C’est sous l’accusation de meurtre et non d’infanticide que paraissaient devant la Cour de la Seine : une femme qui avait tué son enfant né depuis huit jours (12 novembre 1863) ; — des mères dont les enfants étaient âgés de onze et de huit jours, au moment de leur décès (28 mai 1870, 10 avril 1873); — une femme qui avait empoisonné son enfant deux jours après sa déclaration à l’état civil (14 décembre 1877).

On peut conclure des arrêts précédents et de plusieurs autres qui ont été rendus dans le même sens que l'enfant âgé de sept ou huit jours n’est plus un enfant nouveau -né dans le sens de l'article 300. Mais un grand nombre de médecins légistes ont cherché à remédier à l’indécision de la loi, en cherchant à faire reposer la définition du mot nouveau-né sur des caractères anatomiques constants. Ollivier d’Angers, considérant que le cordon ombilical se détache toujours du quatrième au huitième jour après la naissance, a proposé de désigner soiis le nom de nouveau-né, l’enfant chez lequel le cordon est encore adhérent. Froriep, de Berlin, arrive encore aune limite plus restreinte et déclare que, pour le jurisconsulte, l’enfant ne doit être considéré comme nouveau-né que lorsqu’il n’a pas encore reçu les premiers soins, lorsqu’il est encore sanguinolentus.

Comme le fait justement remarquer Tardieu, le médecin sera rarement appelé à décider de la question. Il serait, du reste, beaucoup plus simple de s’en rapporter à la loi civile qui, dans, certains pays, conserve le titre de nouveau-né à l’enfant qui n’a pas trois jours révolus, ce qui répond aux délais fixés chez nous pour l’inscription à l’état civil.

2° Il faut que l’enfant soit né vivant. — S’il est essentiel pour constituer le crime d’infanticide que le meurtre ait été commis sur un nouveau-né, il est non moins essentiel que l’enfant soit né vivant. Il est de toute évidence qu’on ne peut commettre un meurtre que sur un individu vivant et que, si l’enfant est né mort, l’accusation tombera immédiatement (Cassation, 30 juin 1808).

Mais il n’est pas nécessaire, pour que le crime ail été commis, que l’enfant ait vécu de la vie extrautérine, c’est-à-dire que la respiration ait été effectuée, il suffit qu’il ait vécu (Devergie). Il n’est pas nécessaire non plus que l’enfant soit né viable, ainsi, la mort donnée à un fœtus de cinq mois, à une époque où il n’est pas viable, constituerait le crime d’infanticide. Il peut aussi se présenter certains cas où il s’écoule entre l’accouchement et la respiration un laps de temps assez long pour que la mère puisse tuer son enfant ; mais la constatation de l'infanticide est dans ces conditions si difficile que les poursuites n’ont pas lieu dans la plupart de ces cas.

C'est à tort que plusieurs jurisconsultes et médecins légistes ont agité la question de vitalité à propos de l’infanticide. Les questions de viabilité n’ont aucun rapport avec le droit criminel et ne peuvent s’élever que dans le droit civil.

On trouvera au mot Docimasie les caractères à l’aide desquels le médecin légiste peut prouver que l’enfant est né vivant.

3° Il faüt qüe la mort ait été caüsée volontai¬

rement. — Si la mort de 1 enfant a ete causée ua I négligence, manque de soins ou imprudence, üj* f a pas infanticide, mais homicide par imprudent * qui n’est passible que de peines correctionnelles » Si des violences et des mauvais traitements vol0n‘ 1 tâires avaient produit la mort, sans qu’il y |

intention de la donner, le coupable ne serait pas puni du crime d’infanticide (Chaudé) ; il tomberait i alors sous le coup de 1 article 309, qui punit de I travaux forcés à temps quiconque occasionne k mort par coups ou blessures volontaires sans avoir « eu ' l’intention de la donner.

Fréquence de l’infanticide. — L’infanticide l comme tous les autres genres d’attentats contre les I personnes, prend d’année en année une extension ! croissante. De 1826 à 1830 la moyenne a été en France de 102 accusations et de 113 accusés ; de 1831 à 1833, de 94 accusations et de 103 accusés; de 1836 à 1840, de 133 accusations et de 137 accusés; de 1841 à 1843, de 143 accusations et fie 167 accùsés; de 1846 à 1830, de 132 accusations et de 172 accusés; de 1851 à 1855, de 183 accusations et de 212 accusés ; de 1856 à 1860, de 214 accusations et de 252 accusés ; enfin de 1861 à 1865, le nombre des accusations a été de 205 et celui des accusés de 231.

Le tableau suivant, que nous empruntons à Tardieu, montre l’état des accusations et des accusés d’infanticide depuis 1850 à 1866.

Années. Accusations. Accusés. Acquit.

Femmes. lommi

Total.

347 3 ~ ÏÜf

De 1871 à 1875 les Cours d’assises ont jugé l-,05b infanticides et ont prononcé 308 acquittements.

M. le conseiller Berryal-Saint-Prix a calculé-que de 186’3 à 1862, en trente ans, sur 5,991 accusés d’infanticide traduits devant la Cour d’assisesj 1>"8

ont été acquittés ; 954 condamnés à deux ans au plus de prison, 2,984 aux travaux forcés A temps ou à vie ; 55 à la peine de mort, c’est-à-dire un

peu moins de 1 pour 100. Quarante de ces dernières condamnations ont été commuées et, de

1846 à 1862, il n’y a eu que trois exécutions. Ce

magistrat conclut de ces faits que .l’exagération même de la peine conduit à l’impunité ou à l’iU' suffisante répression du crime d’infanticide. 11 regrette que la loi de 1863 n’ait pas fait descendre ce crime du rang que: le législateur lui a assigfle à côté de l’assassinat, du parricide et de l'empoisonnement, pour lui rendre celui que le Code de

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lui avait assigné en le considérant comme *'9 simple homicide.

Cette pr°Portion considérable d’acquittements • ulique Par ^es circonstances qui accompagnent i crime, par la position des accusés et par d’autres

otifs de commisération, auxquels le médecin Sste doit rester étranger.

La fréquence de l’intanticide reconnaît princialement pour cause la misère et l’immoralité, mais on ne saurait nier que la suppression des tours n’ait été en grande partie la cause de l’extension de ce crime dans ces vingt dernières années. « La suppression du tour, dit M. Crochard, laisse la société sans armes contre l’avortement et l’infanticide. Son rétablissement donnerait de la force à la loi et permettrait aux jurés d’être plus sévères, car la fille qui aurait tué son enfant serait alors sans excuse aucune. On n’aurait plus le spectacle de ces acquittements scandaleux qui blessent la morale et la conscience publiques et l’on n’entendrait plus, comme aujourd’hui, un président de jury déclarer, la main sur la conscience, qu’une fille qui a étranglé son enfant ou qui l’a coupé par morceaux n’est pas coupable. »

Recherches médico-légales nécessaires pour la constatation de l’infanticide. — A l’exemple fie Martin - Damourette , nous diviserons les questions médico-légales relatives à l’infanticide en questions principales et en questions secondaires. Dans les premières nous traiterons des caractères fondamentaux qui peuvent prouver que l’enfant est n.é vivant , qu’il a vécu et qu’il a respiré, qu’il a péri de mort violente ; dans les secondes nous étudierons les questions relatives à l’âge du fœtus à l’époque de la mort et les circonstances relatives à la femme.

Questions principales. — I. L’enfant est-il né vivant ? a-t-il respiré ? — Devergie a beaucoup insisté sur la distinction qu’il convient d’établir entre ces deux questions. En effet, le crime d’infanticide peut être commis sur un enfant qui, quoique étant né vivant, n’a pas respiré. La doctrine de cet eminent médecin légiste a, du reste, été sanctionnée Paf plusieurs faits et nous l’acceptons sans réserve.

Mais on comprendra qu’il est difficile de scinder 1 etude médico-légale de ces deux questions. Nous procéderons donc à un examen général et nous étudierons successivement les différents moyens Proposés jusqu’à ce jour pour reconnaître : 1° que jutant est né vivant; 2° qu’il n’est pas mort pen- ». 0u immédiatement après l’accouchement ; la respiration a eu lieu.

du ' a ENFANT EST NÉ vivant ? — L’aspect extérieur l’enf aVre SU®t souvent pour établir à ■priori que .gavait cessé d’exister au moment de la naisles e p ais> comme le fait remarquer Tardieu, tous si^-ts morts-nés ne portent pas avec eux les faut n exter*eurs propres à les faire reconnaître, il de nw r Cela que la mort ait précédé la naissance

SamrUrSj0Ursaum0ins-

les cararr^ LemPereur ont parfaitement décrit PutréfactiereS ^ Présente le fœtus qui a subi la bien ptn^-Ut^lane’ caractères qui avaient déjà ques tourna S Par,Lhaussier et Orfila. Après quel- Dicn ^ rnacÉrati°n dans les eaux de l’am-

°NNAffiE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.

nios, le fœtus est infiltré d’une sérosité roussâtre, l’abdomen est aplati et flasque ; la peau prend en certains points et surtout à l’abdomen et aux parties sexuelles une coloration d’un rouge brun qui bientôt s’étend uniformément sur tout le corps. L’épiderme est détaché en plusieurs endroits ; il se détache au moindre frottement et laisse à nu le derme humide et gluant. Les os du crâne sont mobiles les uns sur les autres et la tête est tuméfiée et aplatie comme celle des noyés (Tardieu). Le cordon n’est plus tordu sur lui-même et forme un cylindre mollasse, rougeâtre, et infiltré d’un fluide brun. Les viscères sont ramollis et présentent à l’examen histologique les granulations caractéristiques de la dégénérescence graisseuse. Il est inutile d’ajouter que si la mort remonte à une époque éloignée, les tissus présentent la dessiccation , la momification et la saponification qu’on a quelquefois observée dans les cas où le fœtus mort avait longtemps séjourné dans l’utérus.

Il est évident que lorsque les caractères que nous venons de signaler sont manifestes, les autres recherches seront inutiles et que l’accusation d’infanticide sera immédiatement écartée.

B. L’enfant est mort pendant le travail ou immédiatement après. — L’expert doit avoir présentes à l’esprit toutes les causes qui ont pu déterminer la mort de l’enfant pendant l’accouchement. Elles peuvent se résumer ainsi :

1° Longueur du travail. — La mort peut provenir dans cè cas ou de l’interruption de la circulation par le fait de la compression du cordon ombilical ou de la compression du placenta. Les moyens de la reconnaître sont assez incertains. Les auteurs signalent une tumeur séreuse ou séro-sanguinolente située dans le voisinage du sommet de la tête, mais cette tumeur existe sur beaucoup d’enfants de femmes primipares , c’est donc par son étendue qu’on pourra apprécier la durée et la difficulté du travail. Cette tumeur peut avoir de 10 à 15 millimètres d’épaisseur; elle se laisse facilement déprimer pendant la vie, mais elle est plus rénitente après la mort. Son étendue en largeur peut avoir jusqu’à 6 centimètres de diamètre; sa couleur est quelquefois violacée, mais la peau qui l’environne conserve sa couleur naturelle (Devergie). On signale encore l’allongement et la difformité de la tête. Ce caractère peut voir quelque valeur, surtout s’il coïncide avec l’existence de la tumeur.

2° Procidence du cordon. Entortillement du cordon ombilical autour du cou de l'enfant. — - Dans le premier cas la mort est due à la compression du cordon et par suite à l’asphyxie; on trouve alors à l’autopsie des ecchymoses sous-pleurales et les autres indices de l’asphyxie; dans le second, la mort peut être due soit à la compression du cordon, soit à l’étranglement par l’anse du cordon passée autour du cou de l’enfant. Sur 685 étranglements observés à la clinique de Nœgelé, il y eut 18 décès seulement, tandis qu^ sur 743 cas de compression du cordon, il y eut 408 enfants moçt-nés.

Les auteurs ont longuement étudié les caractères qui peuvent faire distinguer la mort par enroulement du cordon de la strangulation criminelle, mais Tardieu n’attache aucune importance à cette dis-

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tinction. Il pense du reste que, dans cés cas, la mort doit être attribuée non pas à la strangulation, mais simplement à l’arrêt de la circulation par suite de la compression du cordon pendant le travail. Quoi qu’il en soit, il est certain que le cordon peut laisser sur le cou et même sur la poitrine et le ventre du nouveau-né une empreinte sous forme de sillon, légèrement ecchymosé. Nous verrons plus loin, à l’article strangulation, les caractères qui feront distinguer ce sillon de celui qu’on observe dans les cas de strangulation véritable. Nous ferons seulement remarquer que le seul point véritablement important c’est que, lorsque l’enfant naît étranglé par le cordon, il n’y a jamais respiration complète, ni surnatation des poumons et que, par conséquent, si l’on trouve la respiration complètement établie, on a la preuve que la strangulation ne résulte pas de l’enroulement du cordon avant la naissance (Tardieu).

3° Eèmorrhagie résultant du décollement du placenta. — Si l’enfant a succombé à une hémorrhagie par décollement du placenta, le cadavre sera pâle, décoloré, à peau cireuse et diaphane ; les viscères seront décolorés, le cœur et les principaux vaisseaux vides et affaissés. On observera également chez la mère des symptômes qui confirmero’nt l’existence de l’hémorrhagie.

C. L’enfant a-t-il respiré ? — Les modifications apportées dans les organes du fœtus par l’établissement de la respiration sont les seules qui peuvent permettre d’affirmer d’une manière certaine que l’enfant a vécu. Ces modifications portent sur le volume du thorax, la situation, Yaspect extérieur, la structure, le volume , le poids et la densité des poumons.

1° Volume du thorax. — La respiration ne pouvant s’exécuter sans produire une certaine dilatation de la poitrine, les anciens auteurs avaient cherché à utiliser cette circonstance dans les constatations médico-légales relatives à l’infanticide, mais Tardieu fait justement remarquer que, s’il est constant que le volume du thorax augmente chez l’enfant qui a respiré, il faudrait pouvoir prendre les mesures chez le même enfant avant et après l’entrée de l’air dans la poitrine, ce qui est impossible. Il faut encore ajouter que la voussure du thorax, qui était plus ou moins marquée pendant la vie, subit un certain affaissement après la mort. Nous dirons donc, avec Cas per, cpiQ la voussure de la poitrine comme signe diagnostique n'a aucune valeur en médecine légale, et nous nous dispenserons de reproduire les tableaux où sont indiqués, dans les traités classiques, les dimensions du thorax avant et après l’établissement de la respiration.

2° Situation des poumons. — Avant l’établissement de la respiration, ces organes occupent Impartie la plus profonde de la poitrine et sont placés dans la gouttière costo-vertébrale, de sorte qu’ils sont presque complètement recouverts par le thymus et le cœur. Selon Casper, ils ne remplissent que le tiers de 1^ cavité thoracique. Lorsque la respiration a eu lieu, les poumons remplissent la cage thoracique ét recouvrent le péricarde.

Devergie fait remarquer que, dans des cas très rares, des (poumons très petits et enfoncés dans

la poitrine peuvent appartenir à des enfants qilont respiré.

■ 3° Aspect extérieur. — Les poumons qu,i n>0 pas respifé présentent une surface lisse où i’0n aperçoit à peine les lignes celluleuses qui séparent les lobules pulmonaires, mais sans apparence de S vésiçules distinctes. La couleur est rouge brun ! couleur de foie d’adulte et les bords paraissent d’un rouge un peu plus clair (Devergie, Casper) ; elle est ’ le plus souvent d’un rouge lie de vin rappelant la teinte de la rate et d’une coloration uniforme sur toute la surface de l’organe (Tardieu). Chez l’enfant qui a respiré, les poumons ont un aspect tout différent. La couleur est d’un rose vif ou d’un rouge ! bleuâtre marbré de taches circonscrites et nombreuses, quelquefois d’une couleur rouge vermeil avec des taches rouge bleu foncé, mais la teinte n’est jamais égale et est toujours nuancée et marbrée. La surface de l’organe est lobubée et partagée en petites cellules polygonales dilatées par l’air et souvent visibles à l’œil nu.

4° Structure. — Les poumons non pénétrés par l’air sont constitués par un tissu compacte et spongieux à peine réticulé, ce tissu est formé par des lobules denses, charnus et d’autant plus unis entre eux que l’enfant approche plus du terme de neuf mois (Devergie). Après l’établissement delà respiration, les poumons sont dilatés et les vésicules apparaissent très distinctement. Si l’on comprime le tissu pulmonaire on sent une espèce, de crépitation caractéristique qui n’existe jamais dans le poumon fœtal.

5° Poids, volume et densité. — Les éprèuves auxquelles on soumet les poumons de l’enfant nouveauné pour constater les modifications de poids et de densité sont des plus importantes. Leur ensemble constitue la docimasie pulmonaire (V. Docimasié).

D. — L’enfant a-t-il péri de mort violente ' Quelles sont les causes de la mort ? — Les auteurs ont établi selon les causes de la mort une distinction entre Y infanticide par commission et Yinfanticide par omission. Au premier se rattachent les infanticides produits par violences directes, au second, ceux dans lesquels la mort est le résultat du défaut de soins. Nous ne reproduirons pas cette division au moins inutile, et nous suivrons dans cette étude les indications fournies par Tardieu.

Causes de la mort dans l’infanticide. — Cet ém>' nent médecin légiste a eu â examiner par mission de justice 804 cadavres de nouveaux-nés, de 18W à 1868. Sur ce nombre, 231 étaient mort-nés,, 18 morts de maladies internes ou de faiblesse coD' génitale, 535 qui avaient péri par infanticide se répartissent ainsi :

Par suffocation . 281

Par immersion dans les fosses d’aisances ... 72

Par fracture du crâne . 10

Par strangulation . 60

Par submersion . 31

Par défaut de soins . 14

Par blessures . 8

Par combustion . 8

Par hémorrhagie ombilicale. ......... 6

Par exposition au froid . 3

Par empoisonnement . 2

Total.

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Ce tableau, qui embrasse une période de vingt- • années, montre quelles sont les causes de la Cin<\ et la fréquence relative, de chacune d’elles. 11

^nc une division toute tracée pour l’étude de ° s causes ainsi que des questions spéciales qui 2uvent s’y rattacher.

F 1° Mort par suffocation. — Elle est de beaucoup la plus fréquente et peut être pratiquée de difféentes manières : par l’occlusion des voies aériennes, par l’introduction d’un tampon dans la gorge, r emprisonnement dans un espace confiné et enfin par l’enfouissement.

La mort par suffocation laisse rarement apercevoir des traces de violences directes, à part toutefois le cas où l’occlusion des voies aériennes par la main aurait laissé l’empreinte des doigts autour du nez et de la bouche ; c’est donc surtout par l’examen des organes internes qu’il faut en chercher les signes.

Les poumons asphyxiés présentent chez le nouveau-né une coloration rosée, plus ou moins foncée et quelquefois d’un rouge presque noir, selon que l’asphyxie a déterminé une congestion plus ou moins considérable. Mais, quel que soit le degré de congestion sanguine, on voit très souvent à la surface des poumons de petites taches ecchymotiques ponctuées, irrégulièrement arrondies, d’un rouge très foncé, presque noires, dont les dimensions varient depuis celles de la tête d’une épingle jusqu’à celles d’un grain de chènevis (Tardieu). Ces taches sont disséminées sous la plèvre en nombre très variable et ontles rencontre surtout sur le bord postérieur et vers les bords tranchants ; dans des cas plus rares, on les rencontre sur le péricarde, le thymus et le tissu cellulaire péri-crânien. Les taches ecchymotiques sous-pleurales sont à peu près constantes ; elles peuvent exister sans la moindre trace de violence à l’extérieur et persister pendant un temps très long, puisque Tardieu en a retrouvé après dix mois chez un enfant dont le cadavre avait séjourné dans une fosse d’aisances.

Tardieu considérait ces taches ecchymotiques comme un signe pathognomonique de la suffocation, et son opinion avait été généralement acceptée pendant ces vingt dernières années. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question lorsque nous étudierons la mort par suffocation chez les adultes, Mais nous pouvons dire dès à présent qu’il résulte des travaux et des recherches les plus récentes que les ecchymoses sous-pleurales ne sont pas spéciales a la suffocation et peuvent se rencontrer également dans la pendaison, la strangulation, la submersion et même dans un grand nombre d’autres cas de mort violente et rapide.

On observe encore chez les individus qui ont succombé à la suffocation une hypérémie plus ou moins marquée des principaux viscères. Le sang presque toujours fluide; on le trouve en partie longue6 danS certaiüs cas oil l’ag°nie a été très

LorsS SiSiüeS extérieurs sont quelquefois manifestes. tiquée16 1 oc1clusio.n des voies aériennes a été pradéformar C *es do*£ts> on Peut rencontrer, outre la des pppR 10n des Parties, l’empreinte des ongles et ymoses répondant à la pulpe des doigts.

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Le tampon qui aura servi à l’exécution du crime pourra être retrouvé et on pourra également constater de la déformation des ecchymoses ou des éraillures de la muqueuse buccale.

Lorsqu’il y a eu enfouissement dans de la terre, du sable, du son, du fumier, il s’agira de déterminer si l’enfant a été enfoui vivant ou mort. On s’appuiera dans ce cas sur les signes fournis par les lésions du poumon et sur ce fait caractéristique, qui résulte de l’observation médico-légale et d’un grand nombre d’expériences pratiquées sur des animaux : chez l’enfant qui n’a été enfoui qu’après la mort, la matière dans laquelle il a été enfoui peut pénétrer dans la bouche, le pharynx et le . larynx ; mais pour qu’elle aille au delà, et notamment dans l’œsophage, l’estomac et les intestins, il faut que l’enfouissement ait eu lieu avant la mort et que l’enfant ait pu opérer des mouvements dedéglutition.

2° Mort par immersion dans les fosses d’aisances.

— C’est plutôt pour faire disparaître un enfant mort que pour lui ôter la vie qu’on précipite l’enfant dans les fosses d’aisances. 11 existe cependant des exemples où des nouveaux-nés ont été jetés vivants et ont péri par submersion dans les matières des fosses.

Le cadavre d’un nouveau-né qui a séjourné dans une fo'Se exhale une odeur particulière, non pas franchement fécale, mais âcre et pénétrante. Les téguments son d’un blanc verdâtre si le séjour a été peu prolongé, mais ils brunissent ensuite ainsi que les os. La putréfaction s’établit lentement et sans produire une quantité notable de gaz; de sorte que le corps n’augmente guère de volume.

La première question qui sera posée à l’expert dans un cas de ce genre est la suivante : l'enfant a-t-il été jeté vivant ? La solution de cette question est, en général, facile. L’enfant portera le plus souvent des traces de blessures et même de fractures du crâne à la suite des chocs et des frottements qu’il a subis dans sa chute ; on pourra donc constater si ces lésions ont été produites pendant la vie, mais, comme le fait remarquer Tardieu, l’aspect blafard que revêt la peau sous l’influence de l’atmosphère de la fosse pourrait changer l’aspect superficiel des lésions, il est donc nécessaire « de pratiquer des incisions sur tous les points excoriés et de constater dans le tissu cellulaire souscutané l’injection des vaisseaux capillaires, l’extravasation et l’infiltration du sang, qui' ne feront jamais défaut si l’enfant a été jeté vivant ». Lorsqu’il y aura fracture du crâne, on trouvera de vastes épanchements de sang sous le cuir chevelu et à la surface du cerveau qui faciliteront le diagnostic.

Enfin, un caractère important que nous avons déjà signalé à propos de l’enfouissement, c’est que, chez l’enfant qui a été jeté vivant, les matières fécales se trouveront non seulement dans la bouche, mais encore dans l’œsophage et jusque dans

l’estomac. .

Une importante question medico-legale se rattache à cette cause de mort, c’est la suivante : l'enfant a-t-il pu tomber accidentellement dans les latrines au moment de V expulsion? La plupart des accusées

déclarent, dans ce cas, qu’ayant été prises d’un besoin subit et ne se sachant pas au moment de l’accouchement, l’enfant est tombé dans la fosse sans quelles aient pu l’empêcher.

Matériellement, le fait est possible et, en thèse générale, on peut dire qu’un enfant peut tomber dans les latrines au moment où sa mère y accouche, mais, dit Tardieu, « c’est ici qu’il importe que l’expert se tienne toujours en garde contre les thèses générales et reste invariablement attaché au fait particulier qui lui est soumis. » Pour que cette chute accidentelle puisse avoir lieu, il faudrait un concours de circonstances tellement extraordinaires, qu’on peut presque prétendre a 'priori que, pratiquement, un tel fait est impossible. En effet, en admettant même que la femme puisse avoir confondu les douleurs de l’enfantement avec les besoins delà défécation, il faudra encore démontrer : 1° que l’orifice de la fosse est assez large, pour que la tête, puis le corps, puissent passer facilement, sans pression; or, dans les villes, l’orificé inférieur dcs cuvettes varie entre 10 à 12 centimètres, tandis ^ue la tête du nouveau né à terme mesure 11 centimètres ; 2° que le cordon a cassé ou que le placenta a été expulsé en même temps que l’enfant; si l’orifice était assez large pour permettre facilement le passage de l’enfant, il importe de rechercher si le cordon a été coupé ou s’il a été rompu et de constater l’absence ou la présence du placenta ; 3° que l’aire de la lunette correspond à l’aire vulvo-vaginale ; si l’on compare l’axe de la cuvette avec celui du bassin de la femme, on voit qu’ils sont différents et que l’enfant expulsé doit être arrêté contre les bords de la cuvette assez de temps pour que la chute puisse être prévenue par la mère (Tardieu).

Enfin, dans un cas de ce genre, il faudra chercher les autres signes, tels que taches de sang, de méconium, etc., qui pourraient démontrer que l’accouchement a eu lieu ailleurs que dans les latrines.

3° Mort par submersion. — Lorsque le cadavre d’un nouveau-né est retiré de l’eau, il faut d’abord se rendre compte si la submersion est bien la cause de la mort ou si elle n’a pas été employée pour faire disparaître un enfant- qui avait déjà cessé de vivre. La submersion est, du reste, assez rare, en tant que cause réelle de mort. On pratiquera donc d’abord l’épreuve docimasique, puis, si l’enfant a respiré, on recherchera s’il n’a pas péri noyé ou s’il n’est pas mort à la suite d’autres violences. Nous rappellerons seulement ici que les signes de la submersion ne diffèrent pas chez le nouveau-né et chez l’adulte (V. Submersion).

Une question médico-légale assez importante se rattache à l’infanticide par submersion : l’accowchement ayant eu lieu dans un bain, l'enfant a-t-il pu périr accidentellement par suite de ce fait? Tardieu qui a observé un cas de ce genre dans sa pratique, a relevé quelques particularités qui permettent de répondre facilement à cette question. En premier lieu, la persistance de souillures à la surface du corps du nouveau-né serait inconciliable avec un séjour dans l’eau; d’un autre côté l’épreuve docimasique prouverait que si l’enfant

a respiré, il n’est pas mort noyé. Enfin l’enfant pourrait vivre sous l’eau pendant un certain temc s’il reste attaché au placenta.

4° Mort par strangulation. — L’enfant' peut avoir péri par la strangulation, soit seule, soit combinée avec la suffocation. Dans le premier cas, lorsque la strangulation est simple, elle a lieu le plus souvent par l’application d’un lien, car les pressions exercées sur le cou avec les mains étoufferaient l’entant plutôt qu’ils ne l’étrangleraient.

Si l’enfant a été étranglé avec la main, on peut rencontrer des ecchymoses et des empreintes répondant à la pulpe des doigts, de petites plaies semi-lunaires reproduisant la forme des ongles et permettant de juger de la position de la main meurtrière. Si c’est la mère qui a étranglé son enfant au moment où la tête se présentait à la vulve, elle a dû, pour saisir le cou, employer sa main droite, à moins qu’elle ne soit gauchère (Briand et Chaudé). Si le crime a été commis par un complice, les traces devront varier selon la position qu’il avait par rapport à la femme, mais elles seront en général plus prononcées.

Si la strangulation a été faite au moyen d’un lien, on trouve un sillon blanchâtre, à bords violacés, dont la profondeur et l’aspect varient suivant la nature du lien employé. Nous n’insistons pas sur l’étude de ces lésions qui présentent les mêmes caractères chez le nouveau-né que chez l’adulte, et nous renverrons à l’article strangulation. Nous ferons seulement remarquer que souvent les signes extérieurs sont peu marqués et qu’on ne peut porter un jugement qu’après avoir comparé les lésions locales avec les lésions des organes internes. Cellesci, que nous étudierons plus loin, sont peut-être encore plus accentuées chez le nouveau-né que chez l’adulte.

On s’est demandé si la mort ne pouvait être le résultat de l’enroulement du cordon autour du cou pendant l’accouchement, et les auteurs se sont inquiétés de savoir si cet enroulement pouvait laisser des traces. Marc, Casper et Tardieu admettent que le cordon peut produire des sillons ecchjmosés non seulement sur le cou, mais encore sur le ventre et la poitrine ; mais comme le fait remarquer ce dernier auteur, le seul point important c’est que, lorsque l’enfant naît étranglé par le cordon, il n’a pas respiré complètement et que, si la docimasie prouve que la respiration a été établie, on a dès lors la certitude que l’enfant n’a pas été étranglé avant de naître.

3° Mort par fractures du crâne et blessures. — Parmi les blessures volontaires qui peuvent produire la mort du nouveau-né, celles de la tête doivent occuper le premier rang. La mort" par fracture du crâne est en effet très fréquente et sa constatation serait des plus simples, si la possibilité de rencontrer chez l’enfant des fractures reconnaissant d’autres causes que le crime ne venait compliquer la question. Tous les accoucheurs s’accordent, en effet à admettre que des fractures et des enfoncements des os du crâne peuvent se produire pendant le travail même de l’accouchement et résulter de causes purement accidentelles, telles qne vice de conformation du bassin ou fragilité anor-

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os de l’enfant. Il importera donc d’établir nale ctères distinctifs entre les blessures volontés cara^ ^essures accidentelles qui peuvent se Entrer chez le nouveau-né.

saue les lésî°ns reconnaîtront pour causes manœuvres ou des complications d’instruments ^es elles ne sauraient être le point de

y rt d’une accusation d’infanticide, puisqu’elles tf stent par elles-mêmes l’intervention de l’homme j l’art. Quant aux fractures consécutives à un ■«e de conformation du bassin et plus particulièrement à la saillie de l’angle sacro-vertébral ; elles ® t généralement pour siège la partie antérieure de l’un des pariétaux et quelquefois les parties voisines du frontal et du temporal. Celles produites car le forceps et dont la trace est très reconnaissable auront un siège variable suivant l’application, mais il est bon de rappeler que c’est surtout quand cette application aura été régulière qu’une fracture pourra être produite et que, par cette raison, on la rencontrera plutôt à la partie antérieure des frontaux ou sur l’un des côtés de l’occipital (Danyau).

On s’est également demandé si la fracture du crâne ne pouvait pas résulter de la chute sur le sol au moment de la naissance. La chose est matériellement possible, mais il faudrait, dans un cas de ce genre, suivre la marche qui a été indiquée à propos de la chute dans les fosses d’aisances et considérer s’il y a eu rupture du cordon ou expulsion simultanée du placenta et du corps de l’enfant. Nous rappellerons à ce sujet que le cordon a rarement plus de 50 centimètres de longueur, et que ce chiffre est au-dessous de la hauteur des membres inférieurs d’une femme de taille moyenne.

La luxation des vertèbres a été quelquefois la cause de la mort, soit que le corps ait été fortement reversé en arrière, soit que la tête ait subi des mouvements de rotation; mais l’intervention criminelle sera presque toujours reconnue dans ce ® par la présence d’ecchymoses et autres traces e violence. Il peut arriver cependant qu’il n’y ait aucune lésion apparente et que l’autopsie seule fasse connaître la rupture et le tiraillement des ligaftits ainsi que les lésions de la moelle. L’expert cett egalement se rappeler que des désordres de e nature ont été observés à la suite de manœu-

. intempestives et s’attacher, au-

], que possible, à connaître les circonstances de

Accouchement.

ont |tfr^uent de rencontrer des nouveaux-nés qui mente Plus ou moins mutilés à l’aide d’instrument hochants, mais ces mutilations, généralecorps ?nî,et® faites pour faciliter la disparition du cadavrp6 ■ ^at?t ariave quelquefois que le petit vem U aaete découpé en plusieurs fragments; soude ce ep 6té S0Vm*s a une sorte de coction; les faits diquent nre ^°*vent être notés avec soin, car ils incusée. LS,0uvent un certain trouble mental de l’acf mstrumlCltpîmc<Mre a dté également employée, ehis ou alors enfoncé dans la tête, le ra-

Produit ne, regl0,n du cœur, et les piqûres qu’il ^est donc Vant éc.haPPer a un examen superficiel, et ’dp iC6SSair? de s’attacher aux moindres e œs disséquer avec soin. Nous n’avons

pas besoin de rappeler que la question de savoir si les blessures ont été faites pendant la vie sera soulevée dans tous les cas.

6° Mort par combüstion. — Ce genre d’infanticide a donné lieu, dans ces dernières années, à plusieurs procès célèbres. Bien que le feu ne soit employé, dans la grande majorité des cas, que pour faire disparaître les traces du crime, on possède plusieurs exemples où l’enfant a été brûlé vif et il est extrêmement difficile à l’expert de fournir à cet égard des renseignements d’une grande valeur. Les observations suivantes, dont nous donnons un court résumé, montrent toute la difficulté qu’on peut rencontrer dans un cas de ce genre. Elles sont empruntées aux ouvrages de Briand et Chaudé et Tardieu.

Le 22 mars 1850, on trouva en réparant une cheminée, le cadavre d’un enfant nouveau-né qui avait été introduit par une ouverture pratiquée en déplaçant des briques. Comme on ne faisait pas de feu depuis longtemps dans la cheminée, le petit cadavre n’avait pas été desséché par la chaleur, mais il avait été momifié parce qu’il avait été renfermé dans un espace étroit où l’air ne se renouvelait pas. Ses formes étaient bien conservées et il présentait tous les caractères d’un enfant à terme; mais les poumons, le cœur et le cerveau avaient disparu, et on trouvait à leur place des coques de nymphe d’où étaient sortis les insectes qui avaient dévoré les chairs du cadavre. Celles-ci, qui n’étaient encore qu’en partie détruites, étaient remplies de vers blancs, vivants, de 7 à 8 centimètres de longueur.

Trois questions importantes étaient soulevées : l’enfant avait-il vécu ? Comment était-il mort? A quelle époque remontaient la naissance et la mort? Des taches de méconium trouvées sur le linge qui entourait l’enfant faisaient présumer qu’il avait vécu, mais lé cordon ombilical, qui était fixé à l’abdomen et ne présentait aucune ligne de démarcation qui indiquât un travail éliminateur, ne permettait pas de supposer qu’il avait vécu plus d’un jour. L’état matériel ne permettait pas de répondre à la deuxième question ; mais plusieurs circonstances faisaient soupçonner un crime : la précaution prise de couper un coin de linge sur lequel était, sans doute, la marque, la longueur du cordon ombilical indiquait également que l’accouchement n’avait pas eu lieu en présence d’un homme de l’art. Quant à la troisième question, le docteur Bergeret parvint à la résoudre en empruntant judicieusement les lumières de l’histoire naturelle, et c’est cette solution qui fit découvrir l’auteur du crime.

Après s’être bien rendu compte de l’ordre dans lequel s’opèrent les métamorphoses des insectes et du temps qu’elles exigent, il en déduisit les conclusions suivantes : les œufs, dont l’éclosion a engendré les larves trouvées dans le corps en mai 1850, ont dû y être déposés dans le courant de l’été en 1849 ; le dépôt du cadavre remonte donc au moins à cette époque. Mais, outre ces larves vivantes, le cadavre renferme beaucoup de coques de nymphes, d’où sont sorties ces larves; ces nymphes ont dû elles-mêmes être précédées de larves; qui avaient passé dans le cadavre l’hiver de 1848 à 1849 et qui provenaient d’une ponte effectuée en

1848 ; la mort remonte donc au moins à cette dernière époque.

Peut-elle remonter plus haut ? Non, car la mouche dont les nymphes remplissaient le cadavre est la mouche carnassière, mouche vivipare qui dépose ses larves dans les chairs encore récentes et avant leur dessiccation. Il est donc certain que les larves qui ont produit les nymphes ont été pondues peu de temps après le dépôt du cadavre et que ce doit être en 1848.

Cette date fit découvrir la coupable qui fut d’abord acquittée par la cour d’assises du Jura, parce qu’il avait été impossible de constater l’infanticide, puis condamnée correctionnellement pour homicide par imprudence et inhumation irrégulière.

Vers la même époque, au mois de décembre 1848, on découvrit derrière le tuyau d’un calorifère le corps d’un enfant du sexe féminin né à terme, mais qui se présentait sous l’aspect d’une masse informe par suite de la pression exercée sur le corps pour le faire entrer dans le lieu où il avait été enfermé. Ce cadavre était momifié, desséché et ne pesait plus que 1 kil. 25. Les organes internes étaient, comme les parties externes , complètement desséchés et réduits à une simple lame de la consistance du carton. On constata sur la partie droite de la tête une fracture très étendue : les fragments du pariétal brisé étaient enfoncés ; et au niveau de la fracture, une portion de périoste et des téguments, moins parcheminés que les parties voisines, offraient une coloration verdâtre certainement due à une infiltration du sang. Rien ne pouvait, du reste, indiquer à quelle époque le corps avait été placé en cet endroit.

Lorsque l’enfant a été brûlé vif et que l’action du feu n’a été exercée qu’à distance, on pourra quelquefois trouver des phlyctènes sur le cadavre; mais le plus souvent on ne retrouve que des cendres ou des débris informes. Il faut néanmoins les examiner avec le plus grand soin, et si l’on trouve des os, les comparer avec les mêmes os d’un foetus à ' terme. La confusion peut quelquefois se produire avec les os longs de certains animaux et il est utile de faire remarquer à ce sujet que les os des animaux qui servent à l’alimentation ont généralement atteint leur complète formation, tandis que les os du fœtus présentent une ossification incomplète.

En ce qui concerne l’analyse chimique des cendres, Orfila avait donné les caractères qui permettent de différencier les cendres de bois des cendres d’origine animale. Roussin, qui a étudié de nouveau la question, a démontré que les cendres d’origine végétale ou minérale (bois , coke, houille) ne contiennent que des traces de fer, tandis qu’on en trouve des quantités relativement considérables dans les cendres d’origine animale.

7° Mort par empoisonnement. — Quoique Slingenberg ait rapporté deux cas d’infanticide par empoisonnement, c’est presque toujours par accident que les enfants succombent à l’action de substances vénéneuses pendant les premiers jours qui suivent la naissance. Nous avons recueilli en Angleterre un cas d’empoisonnement par l’opium contenu dans le lait maternel qui avait donné lieu à une

enquête judiciaire et qui s’est présenté dans de circonstances très exceptionnelles.

Au mois de décembre 1875, le coroner de Man chester présidait une expertise sur la mort d’u' enfant du sexe masculin âgé de deux jours. O’Brien déclare au magistrat que son enfant, qui paraissait bien se porter, est mort très rapidement après avoir pris, le sein pour la première fois. La mère a la funeste habitude de consommer des quantités considérables d’opium; elle n’en prend pas moins de 30 grammes par semaine. Il y a environ un an que O’Brien s’est aperçu de l’habitude de sa femme et il eut la faiblesse de l’encourager en lui procurant lui-même l’opium par l’intermédiaire d’un droguiste de ses parents. Le docteur Fletcher, appelé comme expert, déclara que l’enfant avait été accidentellement empoisonné par le lait maternel. Le jury se prononça dans ce sens et les poursuites n’eurent pas lieu. ( Medical Press and Circula r, janvier 1876.)

8° Mort par défaut de soins : hémorrhagie ombilicale, exposition au froid, inanition [infanticide ; par omission ). — Il est rare que les faits de cet ordre donnent lieu à des accusations d’infanticide; car, même lorsque le défaut de soins aura été volontaire, le crime sera assimilé à l’homicide par imprudence, délit puni d’un emprisonnement de, . trois mois à deux ans et d’une amende de 50 à 500 francs. (Code pénal, art. 319.)

Le défaut de ligature du çoRDONConstitue la première omission à considérer dans les faits de ce genre, mais il faut avant tout apprécier l’importance de Cette omission. En effet, la mort par hémorrhagie ombilicale est extrêmement rare dans l’infanticide (6 seulement sur 555 cas, Tardieu), quoique chez la plupart des enfants qui périssent victimes de ce crime, la ligature du cordon n’ait pas été pratiquée. Il faut donc en conclure que le défaut de ligature n’entraîne pas toujours l’hémorrhagie ou que si l’hémorrhagie a lieu, elle est rarement mortelle. Voici l’opinion de Velpeau sur cette question : « Abandonné à lui-même et sans ligature, le cordon n’exposerait le plus souvent le nouveau-né à aucune hémorrhagie, à aucun accident, quand même il aurait été coupé et non déchiré. Toutefois, comme le contraire peut arriver, comme il suffit que la poitrine soit un peu comprimée ou que le jeu de quelque organe soit gêné, pour qu’il survienne un trouble dans la circulation générale et que le sang se reporte à travers l’anneau de l’ombilic ; comme on cite des enfants mortS( d’hémorrhagie dans leurs langes parce que le cordon avait été mal lié ; comme, enfin, la ligature n’entraîne par elle-même aucun danger et ne présente aucune difficulté, rien n’autorise às’en dispenser e 1 on serait même coupable de la négliger. »

Après avoir noté la longueur du cordon et constaté s’il a été coupé du déchiré, l’expert s’attachera surtout à reconnaître si l’hémorrhagie est la cause réelle de la mort du nouveau-né. Or il est à remarquer qu une perte de sang peu considérable peU produire la mort chez un nouveau-né et qu’on ne trouve pas toujours les signes ordinaires de lh® morrhagie : vacuité du cœur et des vaisseaux, leur cireuse, etc. Ces signes peuvent manquer ®u

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au’à un degré, mais Tardieu en a

d’une grande importance et qui lui pagjgnaie stituer lg sjgne essentiel de l’hémorrhagie raînTcale c’est la décoloration et l’absence de °a dans' le foie qui, chez le nouvea-u-né et à p^tat normal, est si congestionné et de couleur si

f°T ^exposition au froid peut facilement déterminer mort chez les nouveaux-nés. Marc a dit qu’un ï-îd de cinq à six degrés centigrades suffirait pour oduire ce résultat. Laborde a très bien décrit |r lésions qu’on pourra constater dans ce cas. Le adavre est généralement d’un blanc mat et pré- Lnte dans certaines régions, une induration qui Permet à peine de pincer le derme. Les capillaires cutanés paraissent complètement exsangues. Les tournons sont engoués, souvent hépatisés, gorgés d’un sang noir et fluide. Le cerveau offre un piqueté très abondant et le péritoine est injecté. La sürnatation est ordinairement incomplète pour les poumons qui, après avoir été pénétrés par l’air, sont • soumis à l’action du froid.

■ L’inanition est très souvent la cause de la mort, mais les faits de cet ordre ne peuvent que rarement donner lieu à l’accusation d’infanticide, car le nouveau-né peut supporter pendant plus de huit jours la privation d’aliments. Il n’y a pas, dans ce cas, désignés spécifiques : on trouvera les voies alimentaires vides, sèches et contractées, les os du crâne chevauchant les uns sur les autres, 1 amincissement des parois' intestinales (Casper), une congestion intense des méninges et du cerveau (Bouchard), une émaciation extrême et une diminution considérable du poids du corps sans qu’il y ait nécessairement disparition complète du tissu graisseux.

Questions secondaires. — I. Détermination de l’age de l’enfant. — Cette question, qui se rattache à la fois à l’infanticide, à l’avortement, à la suppression, la substitution et l’exposition d’enfant et à l’identité, se divise naturellement en deux parties : la première se rapportant à la vie intra-utérine et trouvant sa plus fréquente application dans les affaires d 'avortement ; la seconde ayant trait à la vie extra-utérine et se rattachant plus particulièrement à l’infanticide.

1° Détermination de l’âge pendant la vie intrautérine. — La plupart des caractères du fœtus (y . ce ®°t), à partir de l’époque à laquelle il se présente dans un état de conformation qui ne peut laisser aucun doute sur son existence, sont variables et ne Peuvent fournir que des données approximatives, surtout en ce qui concerne les premiers mois ; mais p ce qui a rapport a l’infanticide, ce n’est pas dans 5? Premiers mois de la vie foetale qu’il peut être

necessaire de procéder à la constatation de l’âge.

Casper, qui a fait un grand nombre de recherches sur ce sujet, a constaté qu’à partir du cinquième mois de la vie fœtale, si on divise par 5 e chiffre de la longueur totale du corps, le quotient bonne râge du fœtus en mois. Ainsi, l’âge d un œtus de 25 centimètres est de 25 divisé par 5, soit q“°ls^âge d’un fœtus de 30 centimètres est de i .1V1S® Par 5, soit 6 mois et ainsi de suite pour 1(*ages de 7, 8 et 9 mois.

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Les signes fournis par Y ossification sont importants. Le plus important de tous, est le point d ossification qui existe au centre du cartilage de l’extrémité inférieure du fémur, entre les deux-condyles, et dont l’existence est constante au neuvième mois. La constatation d’un cloisonnement complet. . circonscrivant quatre alvéoles sur une moitié de l’un des os maxillaires, permettra d’affirmer que l’enfant' est né à terme.

2° Détermination de Vâge pendant la vie extrautérine. — La détermination de l’âge a, dans ce cas, d’autant plus d’importance qu’elle peut, quelfois permettre de prouver que l’enfant a vécu, lorsque les expériences docimasiques ne sauraient être pratiquées. Les signes qui peuvent indiquer l’âge, reposent principalement sur 1 exfoliation de la peau, l’expulsion du méconium, la chute du cordon ombilical et l’oblitération des vaisseaux ombilicaux, du canal veineux, du trou de Botal et du canal artériel (Y. Fœtus). ■

L’examen de l’évolution du système dentaire, grâce aux savantes recherches de Magitot, eommuniquées à l’Acadérnie des sciences en 1 8 / 5 ? peu aussi servir à déterminer l’âge (V. Dents).

Après avoir recherché l’âge de 1 enfant .au mo- ' ment de la mort il importe de savoir depuis combien de temps la mort a eu lieu.

3“ Détermination de l’époque de la mort. na détermination de l’époque de la mort basee, en grande partie, sur les signes fournis par «. putréfaction, est difficile à établir. Nous ferons seulement remarquer que la putréfaction es p active chez le nouveau-ne que chez 1 adulte, qu’elle a lieu plus vite au contact de lair que dans tout autre milieu, moins vite dans le fumTer qu’à l’air, mais plus vite dans ce dernier rmlieu que dans le liquide d’une fosse d *

ip càros de l’enfant a été retire de 1 eau, il laut savoir^ que la putréfaction, lente lorsque le corps

est submergé, marche très rapidement, lorsqu il est

placé au1 contact de l’air. S’il a été enfoui dans la terre il faut tenir compte de la nature du sol, est arg leux, humide, sablonneux. Le cas que nous avons dté plus haut, et dans lequel la présent yte larves d’insectes fit découvrir bepoque de la mort, montre que l'expert peut quelquefois tuer par ta des circonstances les plus inall«nd"e^0®"d™ “oula détermination de l’epoque de 11 , ™ r 4;u tés veaux-h és présente souvent des grandes ^tütes.

IL - Circonstances relatives a if * T’exnert n’a pas terminé sa tache, lorsqu apres avoir examiné le produit ^ JJre

prouver l’existence dun lumière,

ordre de faits que lui seul peut mettre é

ce sont ceux relatifs à la fe“™Xsarton ”nfanavoir tue son enfant. Pour q établir:

ticide puisse être soutenue s0„ acc<m.

'chfZntaJffZàVAge * signes

décrit —

EsssasiKfftt

vent dans un délai assez court après la délivrance. Quant aux signes qui permettent de fixer l’époque de l’accouchement, ils sont des plus incertains. Marcé s’exprime ainsi à ce sujet : « Lorsque l’ensemble des circonstances porte l’expert à admettre que le fœtus soumis à son examen est sorti du sein de la femme qui présente les traces d’un accouchement récent, il doit bien se garder de préciser l’époque de la naissance du fœtus de manière à la faire coïncider rigoureusement avec le jour que les actes de la procédure indiquent comme étant celui de l’accouchement. Cette faute, toujours grave, puisque l’art ne possède aucun moyen d’émettre une opinion aussi positive, serait d’autant plus dangereuse qu’elle serait tout entière dans l’intérêt de l’accusation. »

Folie puerpérale. — Il convient de rappeler que, dans beaucoup de cas d’infanticide, la folie est invoquée par la défense. Il s’agirait dans ce cas, non pas du délire qui survient fréquemment pendant les premiers jours de l’allaitement, mais d’une folie transitoire et impulsive qui conduirait la mère à tuer son enfant, qu’elle pleurera bientôt après. Après avoir cité de nombreux faits de ce genre, Marcé résout cette question par l’affirmative èt admet la possibilité d’un accès instantané de délire au moment de Taccouchement ; mais Legrand du Saillie et Tardieu pensent que les faits de Marcé ont été mal interprétés et n’admettent pas la folie transitoire. M. Legrand du Saulle reconnaît bien qu’il y a des cas où l’infanticide est l’œuvre de la folie et où la femme doit être déclarée irresponsable, mais il n’admet pas l’égarement passager qui dure tout juste le temps de mutiler l’enfant avec des ciseaux ou un couteau, de nouer un cordon autour du cou et de le jeter dans les latrines ou tout autre endroit. « Les cas où la femme peut être déclarée irresponsable sont ceux dans lesquels la folie, quelle ait précédé ou suivi l’accouchement, n’est pas transitoire, mais bien précédée par les symptômes habituels de la folie hystérique, tantôt, et plus souvent, de la mélancolie lipémaniaque avec hallucination, tantôt enfin, mais beaucoup plus rarement, de la fureur maniaque. »

Rappelons, en terminant, que parmi les constatations propres à établir les circonstances dans lesquelles s’est accompli le crime d'infanticide, il ne faut pas omettre celles qui ont trait aux différentes taches produites par Le corps de L’enfant nouveauné, taches qui peuvent être formées par l’enduit sébacé, par l’épiderme fœtal ou par le méconium.

Dr a. Ldtaud.

INFANTILE (choléra). — (V. Choléra .)

INFANTILE (paralysie). — (Y. Paralysie .)

INFARCTUS. — Mot latin employé en médecine pour désigner la stase du sang qui se produit dans un réseau de vaisseaux capillaires dont l’artériole principale a été oblitérée par une embolie (V. ce mot). Les infarctus se présentent sous la forme de petits cônes sanguins , de coloration rougeâtre, dont le sommet correspondant à l’artère oblitérée* regarde le centre de l’organe, tandis que la base

est périphérique. Ils peuvent se résorber ou su purer. p. l. P'

INFECTION PURULENTE. - Etat morbide avant pour point de départ une plaie dont les produit infectent le sang, l’infection purulente, ou pyohémie est caractérisée par des lésions diverses dont le dernier terme est la formation d’abcès multiples dits métastatiques.

On a remarqué de tout temps que l’infection purulente se produit, de préférence, dans certaines conditions : 1° à la suite des plaies occupant des régions très vasculaires, plaies des veines, plaies des os, etc. ; 2° lorsque le blessé se trouve placé dans de mauvaises conditions hygiéniques: ainsi l’infection purulente est beaucoup plus rare à la campagne qu’en ville et surtout que dans les hôpitaux, où elle rend la pratique de la chirurgie si meurtrière ; 3° elle a souvent un caractère épidémique, et il est vraisemblable que la fièvre puerpérale des femmes en couches n’est autre chose que l’infection purulente.

On a dit également, mais le fait est moins prouvé, que les émotions morales tristes, les revers, l’affaiblissement du sujet par des hémorrhagies, fatigues, alcoolisme, etc., prédisposaient a l’infection purulente.

Quelle est la nature de l’infection purulente? —

Des opinions fort diverses ont été émises sur sa nature:

1 re opinion. — Les anciens chirurgiens croyaient que le pus fourni parlaplaie étaitrésorbé, c’est à-dire pénétrait dans le torrent circulatoire par les veines et les lymphatiques ouverts au niveau de la plaie, d’où le nom de résorption purulente ; en effet, disaient-ils, la plaie se dessèche et il se forme des abcès dans divers points du corps ; ces abcès, Morgani les croyait formés directement par le pus. résorbé, tandis que pour Van Swietten, ils étaient le résultat d’une fermentation spéciale : cette théorie est abandonnée.

2e opinion. — La pyohémie a pour point de départ une phlébite suppurée (Hanter, Hogdson, Cruveilhier, Velpeau, etc.'; les veines de la plaie s’enflamment et suppurent, parfois il se forme dans leur cavité un caillot qui s’oppose à la pénétration du pus dans le torrent circulatoire (phlébite adhésive), et alors il n’y a pas infection purulente, mais souvent ce caillot n’existe pas ou bien il se ramollit, se désagrège, dès lors les voies sont ouvertes, le pus se mêle au sang et produit la pyohémie ou infection purulente.

3e opinion. — L’infection purulente serait une fièvre, une diathèse purulente dont le mécanisme est inconnu (Tessier, Chauffard, Nélaton, etc.). .

4e opinion. — L’infection purulente est une intoxication produite par la pénétration dans l’organisme d’une substance toxique formée à la surface de la plaie; ces idées, déjà formulées par Bouillaud en 1871, ont été récemment défendues par Billroth, Maisonneuve, Verneuil.

La théorie de l’intoxication nous parait être la plus admissible ; on conçoit que les éléments morbides d’une plaie puissent être toxiques, que leur absorption s’effectue particulièrement lorsque la

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■ téresse des régions très vasculaires, que les P^lîlises conditions hygiéniques ou atmosphéri maUV favorisent le développement de. ce poison, . ce <lufs xppque la forme épidémique de l’infection ÎU1 i F(eH que ce poison soit contagieux, etc. pUnl pis sont les caractères anatomiques de l’in- . QLn virulente ? — Le • caractère anatomique 'al de l’infection purulente, c’est l’existence SL disséminés dans divers organes ou tissus, i désignés sous le nom d’abcès métastatiques ; de 2,,, n faut étudier l’état du sang et celui de la plaie. p abCés métastatiques. — Ces abcès se rencontrent : A. dans les viscères ; B. dans les sereuses ; C dans le tissu cellulaire. . . .

A Abcès viscéraux. — Les poumons, le foie, la, rate les reins, le cerveau, le cœur, sont les viscères dans lesquels on rencontre les abcès métastatiques; leur évolution comprend plusieurs périodes que l’on peut souvent étudier sur le même cadavre. C’est : 1° une injection musculaire ou ecchymose

plus ou moins étendue;

2° Une infiltration sanguine avec ramollissement (infarctus hémorrhagique) ; cette infiltration forme un noyau saillant, dur, de volume et de forme variables, arrondi dans le foie, pyramidal dans les poumons et la rate ;

3° Une infiltration purulente : les globules purulents sont infiltrés dans la trame des tissus;

4° Une collection purulente ou abcès : ces abcès présentent quelques différences suivant 1 organe qui en est le siège; dans les poumons, ils occupent surtout la base et font relief à la surface de 1 organe; dans le foie, ils sont jaunâtres et souvent considérables; dans la rate, ils sont rougeâtres; dans le cerveau, ce sont de petites gouttelettes purulentes d’un jaune verdâtre; dans les muscles, les fibres sont nettement coupées à leur niveau.

B. Collections purulentes dans les sereuses.

On rencontre des collections purulentes dans les grandes séreuses (plèvre, péricarde) ; dans les syno viales articulaires, dans les gaines tendineuses, ce sont d’abord des ecchymoses, puis des collections

séro-sanguinolentes, puis purulentes.

Ces altérations des séreuses coexistent ordinairement avec des abcès viscéraux.

C. Le tissu cellulaire est le siège de collections purulentes plus ou moins étendues.

ÉTAT DU SANG. — Les altérations du sang sont contestables : en général il est noir, poisseux comme dans toutes les intoxications ; on a prétendu que les vaisseaux et lymphatiques renfermaient du Pus, que les globules blancs étaient plus nombreux, qu’il se trouvait des globules crénelés.

État de la plaie. — La plaie est presque sèche, flétrie, grisâtre, d’un vilain aspect; les vaisseaux afférents sont souvent atteints de phlébite et dangioleucite, mais parfois ne présentent rien d auormal.

Le cadavre se putréfie avec une grande rapidité.

Quels sont les symptômes de l’infection purulente? — L’infection purulente se déclare quelques jours (en moyenne, 4 à 10) après la blessure ou 1 opération, parfois beaucoup plus tôt. Elle se révèle par des symptômes généraux et locaux.

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Symptômes généraux. — Le premier symptôme est un frisson intense prolongé, semblable à celui d’une fièvre intermittente, su vi de chaleur et de sueurs, en même temps la température s’élève jusqu’à 40 et 41 degrés, de plus elle présente brusquement de grandes oscillations, et, en quelques heures elle s’élève de 2 à 3 degrés, sans d’ailleurs offrir de type bien déterminé. Le frisson reparaît à diverses reprises d’une façon irrégulière du à peu près intermittente.

En même temps la respiration s’accélère : le nombre des inspirations peut s’élever à 30 ou 40 par minute au lieu de 15 à 16, chiffre normal (Sédillot).

Les traits s’altèrent promptement, l’amaigrissement et la faiblesse font de rapides progrès, le pouls est très fréquent, mou, dépressible, la langue est sèche, fuligineuse, la soif vive.

Symptômes locaux. — Les symptômes locaux ont leur siège au niveau de là plaie et dans les organes atteints par les abcès métastatiques. La plaie devient grisâtre, elle se dessèche, le pus est sauieux, clair, souvent il se développe sur son pourtour des érysipèles, des angioleucites, etc.

La production des abcès métastatiques se révèle dans chaque organe par des troubles spéciaux, les abcès du poumon et de la plèvre déterminent de la dyspnée, de la toux, une expectoration sanguinolente, de la matité et des râles; les abcès du foie se révèlent par une douleur ' de côté et une teiute^subictérique. Du côté des articulations, des gaines séreuses et des muscles, ce sont des douleurs sourdes, du gonflement et de la fluctuation.

En proie à un malaise indéfinissable, agite par des rêvasseries, du subdelirium, souvent prostré, plus rarement surexcité et délirant, le malade s affaiblit de plus en plus; sa peau est terreuse, jaunâtre, souvent couverte d’une sueur visqueuse. La peau peut présenter certaines éruptions, urticaire, érythème, vésicules, etc.; son haleine exhale une odeur fade (odeur de souris), il est pris dune diarrhée fétide et succombe. /

Pour quelques auteurs, l’infection purulente serait fatalement mortelle (Velpeau, Bérard) ; cependant d’autres. chirurgiens l’auraient vue guérir.

La fièvre traumatique se distingue aisément de l’iufection purulente, car son évolution est reguliere, rapide et bénigne. . t ...

La septicémie présente déjà une intêMi P grande qui la rapproche davantage de . 1 infeeüon purulente, que quelques chirurgienne cmisidœ rent que comme un degré d intoxication p u (Verneuil); cependant les frissons intenses, P

’rtpéLiu à »

fréquence des inspirations, les grandes Eométriques/la teinte — £ ro et “I

5ét rrSe; jji

“SES £ de rintection jmrulente 1

n serait inutile d’énumérer les nombreux moyens par lesquels on a cherché à combattre l’infection purulente.

Les indications peuvent se résumer ainsi :

1- Placer, autant que possible, le blessé ou l’opéré dans de bonnes conditions hygiéniques, éviter l’encombrement, la malpropreté. J’ajouterai volontiers faire le moins d’opérations possibles dans les hôpitaux et dans les grandes villes ;

2° Soutenir les forces du blessé par une alimentation tonique et abondante et par l’administration quotidienne de petites doses (30 à 50 centigr. de sulfate de quinine) ;

3° Panser les plaies avec des liquides désinfectants (arnica, alcool camphré, eau phéniquée, et surtout avoir recours au pansement de Lister) ;

■ 4° A la première manifestation de l’infection purulente, administrer du sulfate de quinine 50 à .60 centigrammes, du thé au rhum, du lait chaud sucré, du vin généreux, en même temps débrider largement la plaie et la cautériser énergiquement avec un fer rouge.

Par les toniques et les boissons chaudes, vous rendez le système circulatoire moins apte à l’absorption du principe toxique et vous favorisez l’élimination du poison déjà absorbé ; par le débridement et la cautérisation de la plaie, vous empêchez la formation d’une nouvelle quantité de principe toxique, vous desséchez sa source.

Dr Léon Moynac.

INFECTION PUTRIDE. — L’infection putride ou septicémie chronique, confondue jusqu’à Bérard avec l’infection purulente, est un état morbide dont les symptômes ne diffèrent de ceux de la septicémie aiguë (Y. ce mot), que par leur moindre intensité et leur plus longue durée. Cet état morbide paraît résulter de l’absorption des principes solubles d’un pus vicié et fétide (Follin) ou d’un poison spécial (septine).

L’infection putride s’observe chez les gens atteints de foyers purulents anfractueux dans lesquels le pus, altéré par le contact de l’air, séjourne et se décompose (abcès par congestion, abcès provenant de suppurations ganglionnaires profondes, de lésions osseuses, de tumeurs blanches, etc.)

Chez les individus qui succombent à l’infection putride, il n’existe que peu ou point d’altérations anatomiques ; cependant, dans certains cas, on a constaté la dégénérescence graisseuse du foie et de divers autres viscères, la tuberculisation aiguë ou granulée des poumons (Verneuil).

Les symptômes de l’infection putride sont locaux et généraux.

Le malade, dont le foyer purulent n’avait jusqu’alors déterminé que peu ou point de symptômes généraux, est pris d’une fièvre continue avec exaspération le soir {fièvre hectique) (V. Hectique) ; il pâlit, maigrit, s’affaiblit de plus en plus, son appétit se perd ; épuisé par la diarrhée, par des sueurs profuses et fétides, il tombe dans le marasme et succombe ; mais la terminaison n’est pas constamment fatale ; il suffit pour arrêter les accidents de modifier l’état du foyer purulent.

Le pus devient sanieux, liquide, il exhale une

odeur fétide due à la formation de sulfhydrate d’am moniaque, souvent sa quantité est diminuée- i parois du foyer deviennent grisâtres, les bourgeo!S s’affaissent et prennent un aspect pâle, fongueUvS flétri. ’

La durée de l’infection putride est longue, elle présente de fréquentes alternatives en rapport avec l’état de la suppuration et s’arrête lorsqu’on remédie à la décomposition du pus.

Son pronostic est grave, mais moins que celui de la septicémie aiguë et surtout que celui de l’infection purulente.

Au début on pourrait confondre l’infection putride avec la septicémie aigue ou avec Y infection purulente , cependant l’absence de frissons, la fétidité spéciale du pus, la lenteur de l’évolution, l’amélioration observée lorsqu’on parvient à modifier l’état du foyer, permettent d’établir le diagnostic.

L’état de fièvre lente à rémission matinale, si fréquemment observé chez les gens atteints de suppurations chroniques et désigné sous le nom de fièvre hectique , doit être rapporté à l’infection putride.

La première indication en présence d’un cas d’infection putride consiste a faire cesser la décomposition du pus.

Dans ce but, on ouvrira largement les foyers anfractueux, on cautérisera au fer rouge les plaies à vitalité douteuse, on extraira les séquestres, au besoin on sacrifiera un membre. En même temps on aura recours aux pansements antiseptiques, à l’alcool, à l’acide phénique, au phénol Bobœuf, au coaltar Le Beuf, à la teinture d’arnica, à la gemme saponinéede Lagasse, au permanganate dépotasse, etc.

A l’intérieur on prescrira un régime, aussi tonique que possible, l’usage du quinquina, du sulfate de quinine, de vins généreux, et surtout le séjour- à la campagne dans un lieu sec et aéré.

Dr Léon Moynac,'

INFERNALE (pierre).— (V. Argent [Nitrate d’].)

INFIBULATION. — Nom donné à une opération qui consiste à réunir, au moyen d’un anneau métallique, les parties les plus externes des organes de la génération , de manière à rendre le coït impossible. Chez l’homme, on passe un anneau à travers le prépuce préalablement ramené sur le gland; chez la femme, on le passe à travers les grandes lèvres.

Cette opération, qui n’arrête en aucune façon Ie développement des organes génitaux, force ceux qui l’ont subie à une continence absolue et les rend d’autant plus vigoureux au moment où, la fibule étant rompue, ils se livrent à la copulation.

Dans l’antiquité, les dames romaines de la décadence, dont la débauche et la luxure sont restées légendaires, faisaient infibuler les jeunes esclaves dont elles voulaient, plus tard, faire leurs amants» afin d’avoir les prémisses de leur virginité ardente et vigoureuse.

L’infibulation est une opération depuis longtemps abandonnée chez l’homme. Quelques peuplades de l’Orient et de l’Afrique la font encore subir aux femmes. d* Paul Labarthe,

INF

INF

INFILTRATION. — Nom donné a l’épanchement , nS les mailles du tissu cellulaire d’un liquide 1 ormal ou pathologique tel que sérosité, sang, urine, nus etc., qui les distend et peut y déterminer de f loedème,5 des ecchymoses, des abcès, des phleg- i mons, etc. P- l. *

INFIRMERIE — On appelle ainsi le local où sont 1 réunis et soignés, dans les casernes, les collèges, les i couvents, etc., les malades atteints de maladies légères et de courte durée. p. l.

INFIRMIER. — On donne ce nom aux personnes qui sont employées dans les hôpitaux au service des malades. P. L.

INFIRMITÉ. — L’infirmité, dit Requin, est tout cas dans lequel un individu, avec ou sans désordre appréciable de la disposition matérielle du corps, ne possède pas telle ou telle fonction, ou la possède d’une manière imparfaite ou irrégulière, tout en jouissant d’ailleurs d’une bonne santé relativement aux conditions physiologiques qui lui sont propres, dès la naissance, ou que des maladies antérieures lui ont faites. Nous n’avons rien à ajouter à la définition de ce professeur. p. L.

INFLAMMATION. — L’inflammation ne constitue pas une affection chirurgicale : c’est un état morbide pouvant se montrer dans toutes les régions, dans presque tous les tissus. Elle est du ressort de la pathologie générale. Nous donnerons dans cet article, les détails nécessaires pour que le lecteur n’éprouve aucun embarras lorsqu’il lira la description d’une affection inflammatoire quelconque: phlegmon, ostéite, orchite, adénite, etc. ; mais nous ne ferons pas l’histoire complète de l’inflammation en général.

On donne habituellement le nom d’inflammation à un état morbide des tissus, caractérisé anatomiquement par la réaction suivie de la dilatation des capillaires, la stase du sang, la rupture des parois des capillaires, l’extravasation du sang et la forma- 'tion de fibrine ; et, symptomatiquement, par. la tuméfaction douloureuse du tissu, sa coloration plus ou moins rouge et l’augmentation de sa température.

Mais les progrès de l’histologie nous permettent de pénétrer plus avant dans les phénomènes infimes de l’inflammation, que nous pouvons juger avant le développement des phénomènes vasculaires, et mèmè dans les tissus dépourvus de vaisseaux, comme la cornée dans la kératite, et le carfilage articulaire dans les arthrites. Nous n’éprouverions aucune répugnance à admettre cette définition de MM. 0. Weber et Billroth: par inflammation, nous entendons tous les troubles locaux de la nutrition dus à l’irritation, lorsque ces troubles débutent par une activité formatrice exagérée, amènent une affluence exagérée des matériaux nuntifs et sont suivis d’une formation régressive exageree.

. Pr°cessus inflammatoire présente quatre pém es : hyperémie , exsudation , néoplasie, dégéné-

1° Hyperémie. — Les premiers phénomènes ont leur siège dans le réseau capillaire des tissus.

Si l’on veut assister au développement de l’inflammation, il suffit de placer sous le champ du microscope la membrane interdigitale d’une patte de grenouille vivante, et d’en déterminer l’inflammation par le contact d’une goutte d’acide concentré, ou bien au moyeu d’une petite tige métallique rougie au feu.

Aussitôt les capillaires se rétractent, et le cours du sang est accéléré dans leur cavité. Bientôt après, on observe une dilatation des mêmes vaisseaux, la circulation se ralentit, les globules se heurtent les uns contre les autres, et on voit déjà la circulation arrêtée dans quelques capillaires. Tel est le début de l’inflammation qui n’est, à ce moment, qu’une congestion.

La stase sanguine se communique de proche en proche aux capillaires du voisinage, de sorte que, au bout d’un temps assez rapide, le tissu enflammé n’est plus le siège d’aucune circulation.

Cette hypérémie, considérée pendant longtemps comme la première période de l’inflammation, n’est, en réalité, qu’un phénomène consécutif, depuis que l’irritation des éléments cellulaires est regardée comme la base de tout travail inflammatoire. Ge qui se passe dans les tissus dépourvus de vaisseaux justifie cette opinion. C’est cet activité anormale des cellules qui détermine par action

réflexe les troubles vaso-moteurs. . . .

2° Exsudation. — Aux produits de l’irritation (cellules embryonnaires et matière intercellulaire liquéfiée), se mêlent le plasma exhale par les vaisseaux et une certaines quantité de leucocytes. Ainsi est constitué l’exsudât. Sa composition varie ; la présence d’une grande quantité de fibrine carac lérise l’exsudât séreux, séro-fibrineux (hydrocele, pleurésie) ; les cellules épithéliales dominent dans l’exsudât muqueux (inflammation catarrhale,.

L’exsudât hémorrhagique est accidentel. Des déchirures se produisent dans les parois des capillaires, et les globules rouges sortent des vaisseaux.

L’exsudât diphthérique diffère du catarrhal en ce que les cellules épithéliales sont englobées dans une substance fibrineuse qui semble produite par

ces cellules elles-mêmes.

Eu égard à son siège, l’exsudât peut etre hbre (pleurésie, péritonite, etc.) ou interstitiel (phlegmon

La néoplasie inflammatoire est surtout caractérisée par la formation conj°™ti Cette prolifération des éléments conjonctif^ surfaces libres, engendre les ne0-“®mvbJs\DeeaS^ de tables tissus nouveaux, pourvus ^

, lymphatiques et de nerfs (inflammation adhesi )

■ C’est la rupture des vaisseaux ^ ® s’TcertaSes

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scie rose, j conj0nctif, qui par sa retractilite

comprime les éléments anatomiques et les détruit.

La suppuration est-elle une néoplasie ou un exsudât ? Cette question sera discutée ailleurs (V. Pus).

A la néoplasie inflammatoire doivent encore être rapportés la genèse de vaisseaux nouveaux, la formation des bourgeons charnus, en un mot les phénomènes qui ont été étudiés dans la cicatrisation des plaies (Y. Cicatrisation).

4® Dégénérescence. — Toutes les fois que l’exsudât n’est pas résorbé, il subit des métamorphoses qui conduisent .à la transformation graisseuse comme dans la pneumonie caséeuse, par exemple, ou à la gangrène (nécrose, ulcères, pourriture d’hôpital). .

Quels sont les symptômes de l’inflammation? —

Le mode de début d’une inflammation est extrêmement variable ; il dépend souvent de l’étendue de l’inflammation.

Symptômes locaux fonctionnels. — Il est peu d’inflammations qui ne s’accompagnent de douleur, et qui 11’apportent point un trouble plus ou moins considérable dans l’accomplissement des fonctions. Citons, pour exemples, l’arthrite, qui empêche les mouvements articulaires ; la cystite, qui déterminé de fréquentes envies d’uriner.

Symptômes locaux physiques. — Ces symptômes manquent dans les inflammations profondes du rein, de la vessie, du tissu conjonctif profond, etc.

Dans les inflammations superficielles, l’inspection seule de la région inflammée permet de constater : 1° une rougeur plus ou moins intense, due à la congestion des vaisseaux et à la stase sanguine ; 2° une tuméfaction déterminée par la congestion et par l’exsudât fibrineux plastique qui se produit au sein du tissu enflammé.

En appliquant la main sur la partie malade, on constate une chaleur d’intensité variable, plus mar- . quée dans les inflammations superficielles ; quelquefois on perçoit des battements isochrones aux pulsations artérielles. Ces battements, déterminés par l’impulsion sanguine dans les artères dilatées, donnent à la douleur inflammatoire un caractère particulier, d’où le nom de douleur pulsative. La pression avec le bout des doigts permet de constater, dans les inflammations superficielles, une induration de la partie malade, déterminée par la fibrine exsudée, qui se coagule plus ou moins complètement au milieu des éléments anatomiques du tissu enflammé. Il n’est pas rare de voir, sur les bords de la partie indurée, un peu d’empâtement oedémateux, dû â la présence d’une certaine quantité de lymphe coagulable:

Symptômes généraux. — Ces symptômes manquent ordinairement dans les inflammations à marche très lente, et dans celles qui sont peu étendues. Lorsqu’ils existent, ils consistent en un mouvement fébrile plus ou moins marqué et accompagné des symptômes ordinaires de la fièvre inflammatoire.

Le pouls est plein, plus ou moins dur, fréquent. La peau est chaude. Le malade accuse un certain degré de céphalalgie. L’appétit est souvent diminué, la soif est augmentée ; il existe quelquefois des vomissements de matière bilieuse et de la constipation. L’urine est rouge, peu abondante, très chargée de sels.

Si l’inflammation ne présente pas une grande intensité, ces phénomènes sont peu marqués ; dans le cas contraire, le délire peut s ajouter à ce cortège de symptômes fébriles.

Les altérations du sang dans 1 inflammation consistent en une augmentation des globules blancs et de la fibrine, ou du moins dans un changement moléculaire de la plasmine, qui lui permet de four, nir une plus grande quantité de matière coagulable (couenne inflammatoire). La proportion des matières extractives augmente, ainsi que celle de l’urée et des urates ; le chiffre des chlorures diminue.

La marche et la durée varient selon l’espèce d’inflammation, selon la nature du tissu enflammé.

Quelles sont les terminaisons de l’inflammation? —Cet état morbide peut se terminer par résolution, par induration, par gangrène et par suppuration.

Il y a résolution lorsque les symptômes inflammatoires, rougeur, chaleur, tuméfaction, douleur, rétrogradent insensiblement, et que le tissu reprend les caractères qu’il avait auparavant. Terminaison fréquente.

On dit que l’inflammation se termine par induration lorsque le tissu malade conserve une certaine dureté, les autres symptômes ayant disparu. L’induration est due à la lymphe plastique extravasée et concrétée entre les éléments du tissu, ainsi qu’à la génération d’éléments anatomiques nouveaux. L’induration peut persister pendant plusieurs semaines, plusieurs mois et même plusieurs années ; le plus souvent elle finit par disparaître. Terminaison assez rare.

La gangrène est une terminaison encore plus rare. On peut l’observer dans les inflammations! très violentes, ou bien encore dans les tissus enflammés qui ne peuvent pas se distendre par suite d’obstacles anatomiques, aponévroses, , etc. : h existe, dans ce dernier câs, une sorte d’étranglement ; tous les phénomènes de nutrition deviennent impossibles dans le tissu malade, et la mortification survient. ;

La terminaison par suppuration est certainement la plus fréquente. Des globules de .pus se montrent au milieu du tissu enflammé; ils sont infiltrés.' Insensiblement, ces globules se multiplient et se rapprochent, en refoulant les tissus au sein desquels ils se sont développés ; il se forme alors un abcès (V. Abcès .et Pus).

Les inflammations se montrent fréquemment a la suite du traumatisme, chocs, chutes, etc., dun refroidissement, de piqûres, de la pénétration ne certains virus, etc. Elles peuvent être causées aussi par des maladies générales, comme la syphilis.

Ces causes si variées agissent en somme de la même manière ; le mode pathogénique de l’infla®' mafion est toujours unique : c’est l’action dun irritant quelconque, externe ou interne, sur Ie5 éléments anatomiques.

Il est impossible de parler du diagnostic et du pronostic de l’inflammation en général. Il en de même du traitement, qui varie avec chaque organe, avec chaque tissu qui est le siège d’un phlegmasie. Disons cependant d’une manière geD raie que la congestion et l’inflammation ne peuve être séparées. J.-A, Fé111

ING-

tKFUNDIBULUM. — Nom donné par les anato- • t s à certaines parties du corps disposées en Sne d’entonnoir. p. l.

tNFUSION. — Par infusion on entend une opéran n oui a pour but de verser et de laisser refroidir 110 liquide bouillant sur une substance dont on veut braire les principes médicamenteux. Quelquefois eX lieu de verser le liquide sur la substance médirinale on prépare l’infusion en jetant cette substance dans l’eau bouillante et ayant soin de retirer aussitôt le vase du feu et de bien le couvrir. Dans l’un et l’autre cas, l’opération est terminée. lorsque le liquide s’est refroidi. Le produit est désigné par

le nom d’infusé. , ' .

On prépare à volonté l’infusé fort ou leger. On le prépare léger, lorsque l’opération ne dure que quel- Les minutes à peine et que l’on passe aussitôt pour en faire usage, ou bien encore lorsqu’on ne met qu’une toute petite quantité de la plante médicinale. On le prépare fort, lorsqu’on laisse durer l’infusion jusqu’à complet refroidissement et qu’on a pris la précaution d’ajouter à l’eau une proportion relativement considérable de l’agent pharmaceutique. Règle générale, l’opération doit être courte pour les substances à tissu délicat . comme les feuilles, les fleurs, les sommités fleuries, elle doit être de longue durée pour celles à tissu compacte, comme les racines, les tiges, les bois, les écorces- Dans le premier cas, la substance facilement penetrable par le liquide lui cède promptement tous les principes solubles ; dans le second cas, la substance dure, à texture serrée, réclame plus de temps pour se laisser pénétrer par l’eau en ébullition et lui fournir les principes qu’il est utile d’en retirer.

Tous les vases peuvent servir à faire une infusion. Les plus employés sont les vases de terre vernissés. On peut se servir aussi de vases de faïence, de porcelaine, de vases métalliques ou de vases de toute autre matière qui puisse supporter le contact brusque d’une haute température. Les vases de verre seuls sont sujets à éclater par ce genre dopérations. Ces appareils sont munis d’un couvercle qu’on utilise surtout pour l’infusion des substances volatiles afin d’éviter autant que possible la déperdition des vapeurs aromatiques. ,

11 n’est pas de mode plus souvent employé pour la préparation des tisanes que l’infusion. C est une méthode opératoire , applicable de beaucoup au plus grand nombre des cas. Que l’on ait une substance à texture lâche ou à texture fibreuse, qu elle soit à l’état frais ou à l’état sec, le même moyen réussit, pourvu qu’on fasse durer l’infusion assez longtemps et qu’on y mette de la substance en quantité suffisante. Elle a même l’avantage, sur ques-unes des autres méthodes, de ne pas enlever au végétal les principes âcres, inutiles ou nuisibles qu’il fournirait. ifMarc. Camboulives.

INGESTA. — Mot latin employé par les hygiénistes, depuis Hallé, pour dissiper toutes les substances alimentaires solides ou liquides introduites dans l’économie par les voies digestives. P. L.

INGRÉDIENT. — Mot employé en pharmacie pour

ING 133

désigner toutes substances qui entre dans la corn- : position d’une formule (V. ce mot). P. L.

INGUINAL. — Nom donné par les anatomistes à la région de Y aîné (V. ce mot), et à ce qui a rapport à cette région : canal et anneau inguinal, hernie

INGUINALE, BANDAGE INGUINAL.

On appelle canal inguinal le canal situé plus haut que le pli de l’aine, au-dessus du ligament de

Fig «U - Région ilio- inguinale superficielle. Orifice externe du fanal inguinal. Artères, veines et vaisseaux lymphatiques du pli de l’aine.

fobndqe du fascia super fieialis. (Cette lame a ete renversee de dans le scrotum accompagnant le cordon spermatique.) • croisant ave n t je vojr l’entre-croisement, sur la

sautoir ,°ou JSSSaœnaires. - 9- Le cordon spermatique^dont les éléments m fémorale’ -12

ment suspenseur de la verge. • has 13. Veine

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