VUE
tance toxique; leur examen importe donc beaucoup au médecin légiste.
D. Maladies dans lesquelles on rencontre le vomissement. — Le vomissement se produit dans des circonstances si diverses, qu’il est difficile de trouver entre elles le moindre trait commun pouvant servir de base à une classification : aussi nous contenterons-nous d’énumérer les principales maladies dans lesquelles ils se produisent : 1° affections de l’estomac (indigestion, gastrite, gastralgie, dyspepsie, ulcère, cancer); 2° affections abdominales (entérite, occlusion, vers intestinaux, hernie étranglée, choléra, péritonite, hépatite, néphrite, calculs rénaux, urémie, mal de mer, grossesse); 3° affections cérébrales (migraine, congestions, hémorrhagies, méningite, tumeurs cérébrales).
Quelle que soit la cause des vomissements, on les combattra par la glace, les boissons froides, l’eau de Seltz, l’opium, le chloral, le jus de citron, la limonade citrique. Dr Léon Moynac.
VOMITIF. — Qualificatif employé pour désigner certaines substances médicamenteuses qui jouissent de la propriété de provoquer des vomissements. Les plus usités sont : l’ipécacuanha, l'émétique, le sulfate de zinc et l’apomorphine (V. ces mots). P. l.
VOMITURITION. — (V. Régurgitation.)
VOUTE PALATINE. - (V. Palais .)
VUE. — La vue est, de nos cinq sens, celui qui s’exerce de la façon la plus continuelle et à la plus longue distance, celui aussi dont les applications sont le plus indispensables et le plus étendues.
La vue s’exerce au moyen d’un organe qui s’appelle l'œil dont nous n’avons pas à répéter ici la description. Nous rappellerons seulement en quelques mots la marche des rayons lumineux, afin de pouvoir montrer la différence qui sépare les diverses sortes de vue.
Les rayons lumineux qui rencontrent l’œil ont à traverser d’abord la cornée transparente, placée audevant de l’organe, l’humeur aqueuse qui remplit la chambre, antérieure, la pupille, ouverture circulaire percée dans l’iris, le cristallin ou lentille cris- , tallinienne, enfin l’humeur vitrée ou corps vitré; les rayons lumineux arrivent alors sur la rétine, membrane nerveuse qui transmet directement au cerveau par l’intermédiaire du nerf optique, les images perçues.
Toutes ces parties de l’œil peuvent être le siège d’altérations qui rendent la vue plus ou moins mauvaise ou même absolument nulle. La cornée peut être le siège de cicatrices et de taies opaques; l’humeur acqueusepeut être trouble; la pupille est souvent obstruée par des exsudats provenant de l’iris enflammé; le cristallin devenu opaque entraîne une cécité plus ou moins complète qui n’est guérissable que par l’opération de la cataracte; le corps vitré peut être ramolli, trouble, donner lieu au phénomène dit des mouches volantes, en particulier dans les cas de traumatismes, de syphilis et de myopie; la rétine peut être décollée des mem¬
branes qui la doublent, elle peut être le siège dV morrhagies, de dégénérescences et d’atrophie a même que la choroïde située en dehors d’elle’ h ' même enfin que le nerf optique dont l’atrophie est la cause d’un si grand nombre de cécités incura-
Les lésions dont nous venons de donner une très rapide énumération entraînent une vue faible, mais dans les cas même où les milieux traversés par les rayons lumineux sont absolument intacts et transparents, la vue peut être défectueuse, par suite d’un défaut de proportion entre les éléments constitutifs de l'œil.
Les milieux transparents traversés par les rayons
lumineux qui pénètrent dans l’œil ont tous pour effet de réfracter dans le même sens ces rayons lumineux ; l’appareil réfringent pourrait dans son ensemble être représenté par une simple loupe biconvexe; ce serait un cristallin d’un pouvoir à peu près double de celui qu’affecte cette seule membrane. Cet appareil réfringent étant supposé toujours à peu près le même, ce qui est le cas, les rayons lumineux arrivant parallèlement dans l’œil, c’est-à-dire venant de très loin, iront former leur foyer exactement sur la membrane sensible, sur la rétine, si l’œil est normalement conformé, s’il est emmétrope. Mais cette conformation régulière, typique est loin de se montrer toujours. Le plus souvent au contraire, l’appareil dioptrique restant le même, l’œil est trop long ou trop court. S’il est trop long, c’est la myopie, les rayons lumineux se rencontrent, forment leur foyer, avant d’avoir atteint la rétine; tous les objets viendront alors se peindre sur la rétine non plus suivant des points nettement déterminés, mais suivant des cercles de diffusion. Les individus atteints de myopie, de vue courte, devront, pour voir distinctement au loin, porter de verres concaves, des verres divergents, qui permettront aux rayons lumineux de se rencontrer plus en arrière, c’est-à-dire sur la rétine du myope et lui donneront par suite la vue distincte.
Chez les hypermétropes, au contraire, l’œil est trop court, les rayons lumineux rencontrent la rétine avant d’avoir formé leur foyer ; ici encore les objets seraient vus suivant des autres diffusions, . s’il n’y avait la possibilité de recourir à ïaccommodation, c’est-à-dire, en contractant le muscle ciliaire, de rendre le cristallin suffisamment réfringent pour que les foyers des rayons lumineux viennent se former sur la rétine.
Ainsi les vues longues existent chez les suje s dont l'œil est trop court d’avant en arrière; tes vues courtes, au contraire, sont celles des yeux qui ont un axe antéro-postérieur trop long. Nous renvoyons à l’article Accommodation pour les modi cation que cette fonction apporte dans l’organe e la vue. On verra là pourquoi nous distinguons nettement des objets placés à des distances très variables.
Les vues faibles ne répondent pas à une categorie bien déterminée. Cette expression peut désigné toutes les maladies des yeux qui diminuent sen blement l’acuité visuelle, elle peut désigner myopie dans ses degrés un peu élevés, les prononcés ne trouvent jamais de verres qm
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donnent à distance une vue égale à celle des ammétropes; elle peut désigner l’hypermétropie lorsqu’il s’y joint de la fatigue, l’accommodation qui ne permet plus au malade de voir nettement des objets fixes et rapprochés ; elle s’applique aux yeux astigmates (Y. Astigmatisme ) ; enfin, elle s’applique fréquemment à des cas où les yeux, tout en étant parfaitement conformés et indemnes de toute lésion, ont cependant une acuité très minime, par exemple dans Yamblyopie congénitale et dans le strabisme.
Hygiène de la vue. — L’hygiène de la vue mériterait de longs développements, car il n’est pas d’organe de la vie de relation qui travaille d’une ma,- | nière aussi constante, aussi fatigante que l’œil, il n’en est pas qui soit plus sujet à des maladies et à des troubles fonctionnels que l’on pourrait souvent éviter.
A leur entrée dans la vie,, les enfants trouvent souvent l’ophthalmie purulente des nouveaux-nés, qui fait encore tant d’aveugles et qui, avec une hygiène bien entendue, avec des soins de propreté suffisants et donnés à temps, pourrait être radicalement et absolument évitée. Un peu plus tard, c’est le strabisme, ce sont les affections lymphatiques de l’œil externe, qu’une hygiène générale suffisante rendrait infiniment plus rares.
Dans l’adolescence, pendant la vie scolaire, les yeux sont soumis pendant de longues années à une torture à laquelle ils résistent mal d’ailleurs, car on voit les monstrueux ravages que fait la myopie parmi les enfants des écoles, et cependant, avec un matériel scolaire bien compris et ne permettant pas aux enfants de se coucher sur leurs tables, avec des livres bien imprimés et un éclairage naturel ou artificiel suffisant, avec des verres bien choisis dès qu’ils deviennent nécessaires, on pourrait très certainement, non pas faire disparaître la myopie qui est trop souvent héréditaire, niais la rendre beaucoup moins commune et combattre les lésions qu’elle entraîne et qui vont si souvent jusqu’à la cécité.
11 est de nombreuses professions dans lesquelles les yeux sont sujets à des accidents que l’on pourrait éviter : celles dans lesquelles les ouvriers sont habituellement exposés à une lumière trop intense, celles qui donnent lieu à des poussières, à des vapeurs ou à des gaz; enfin, celles dans lesquelles la matière travaillée produit des éclats qui peuvent arriver sur l’œil et le blesser plus ou moins grièvement. On sait malheureusement combien 1 habitude du danger rend imprudent, il suffirait cependant de lavages fréquents et du port de lunettes a verres fumés ou de lunettes garnies d un treillage métallique, pour éviter bien des infirmités.
Les lunettes forment d’ailleurs le chapitre le plus important de l’hygiène de la vue, mais les jeunes gens contractent souvent l’habitude de porter des verres mal choisis et dont ils pourraient parfaitement se passer, et plus tard, au contraire, par suite d’un autre genre de coquetterie aussi mal placée, bien des personnes laissent leur vue se fatiguer et s’affaiblir au lieu de se résoudre à porter des verres dont elles auraient le plus grand besoin.
Dr A. Chevallereau.
VULTÜEUX. — Qualificatif employé pour désignel’aspect de la face lorsqu’elle est fortement congesr tionnée et bouffie. s. L.
VULVAIRE. — Mot employé par les botanistes pour désigner une plante herbacée de la famille des Chénopodiocées, très commune le long des chemins, au pied des murs et dans les lieux cultivés, dont les feuilles étoilées répandent, lorsqu’on les froisse, une odeur désagréable, analogue â celle du poisson pourri ou de la sécrétion de la vulve, d’où son nom de vulvaire. On l’employait autrefois comme antispasmodique et antihystérique; elle est aujourd’hui inusitée. p. l.
VULVE. — Mot employé par les anatomistes pour désigner l’appareil génital externe de la femme. La vulve comprend le pénil ou mont de Vénus, le cli-
Fig. 1270. — Vulve chez la femme vierge.
1. Mont de Vénus. — 2, 2. Face interne des grandes lèvres. — 3. Clitoris. — i. Face interne des [petites lèvres. — 5. Vestibule.— 6. Méat urinaire. — 7. Orifice de la glande vulvo-vaginale. — 8. Orifice du vagin rétréci par la membrane hymen. — 9. Membrane hymen. — 10. Fourchette. — 11. Anus.
toris, le méat urinaire, Y orifice du vagin fermé chez les vierges par la membreme hymen, et la commissure de la fourchette ; ces parties sont recouvertes sur les côtés par les grandes et les petites lèvres (V. ces mots). P- L.
VULVITE. — La vulvite est l’inflammation des organes qui constituent la vulve. Rarement généralisée à l’ensemble de la vulve, elle se rencontre plus fréquemment localisée sur quelques points particuliers, comme les grandes ou les petites lèvres et surtout les sillons qui séparent ces replis des parties voisines.
Cette inflammation s’accompagne presque touiours d’une hypersécrétion des glandes sébacées et
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des glandes mucipares qui sont si abondantes dans ees régions. Les produits de sécrétion forment quelquefois une couche assez épaisse, mélangée de mucopus à la surface de la muqueuse, et, quand on enlève cette matière, on voit la muqueuse rouge, tuméfiée et, dans quelques cas même, ulcérée par place. Il n’est pas rare de voir les grandes ou les petites lèvres œdématiées. Le fait seul de laisser la matière sébacée s’accumuler et se désorganiser à la surface de la muqueuse suffit pour faire naître l’inflammation, de là le nom de vulvite sébacée qu’on a donné à cette forme de la maladie.
La vulvite est souvent la conséquence d’un vaginite simple ou blennorrhagique et d’une uréthrite également blennorrhagique. Cette affection peut s’accompagner de l’engorgement des ganglions inguinaux.
La vulvite simple est le plus souvent le résultat de la malpropreté ou d’excitations diverses portées sur ces parties, comme la masturbation, les tentatives de viol, etc.
Des bains généraux et locaux, des lotions savonneuses pour dissoudre des produits sébacés, suivies de lavages émollients devront être employés au début. Plus tard, on aura recours aux astringents comme l’eau blanche, la solution d’alun, le coaltar saponinè de Le Beuf , le phénol Bobœuf,le vinaigre de Pennes, etc. La vulvite d’origine blennorrhagique nécessitera, en outre, le traitement spécial indiqué pour cette affection. Dr a. de. Soyre.
VULVO-VAGINALE. — Mot employé par les anatomistes pour désigner deux glandes, appelées aussi glandes de Bartholin, de forme ovoïde, du volume d’une amande, et situées de chaque côté de l’extrémité inférieure du vagin. Elles sont en rapport en dedans avec les parois du vagin, en dehors avec le muscle constricteur du vagin et viennent s’ouvrir par un canal excréteur, long de 15 millimètres environ, sur les côtés de la vulve, au-devant de la membrane hymen. Ces glandes sécrètent un liquide transparent, visqueux, filant, d’une odeur pénétrante, destiné à lubrifier l’orifice du vagin afin de faciliter l’introduction du pénis. Chez quelques femmes, douées d’un tempérament ardent, ce liquide est sécrété en si grande abondance qu’il est projeté hors du vagin sous forme de jet pendant la copulation au moment où elles ressentent le spasme voluptueux. p. l.
WLINSI (papier). — Le papier Wlinsi, journellement prescrit par les médecins et employé par les malades, est une préparation spéciale, dont la composition a pour base la poix blanche et noire, l’aloès, la cire jaune, le sthyrax, la térébenthine et la gomme élémy, combinés dans des proportions déterminées pour que son action dérivative soit intermédiaire entre celle du sinapisme, trop légère momentanée et fugace, et celle du thapsia, trop
énergique, continue, persistante et douloureuse pour être utilisée dans certains cas. C’est donc entre le sinapisme et le thapsia que le papier Wlinsi a sa place marquée dans l’arsenal thérapeutique.
Appliqué sur la peau, il donne une dérivation légère, prompte, continue et persistante; il n’occasionne pour ainsi dire pas de douleur; il ne produit ni gonflement, ni boutons, ni plaie, ni suppuration, ni cicatrice consécutive, mais simplement de la chaleur, de la rougeur et une démangeaison plus ou moins vive, preuve manifeste de son action, mais qui se dissipe peu après qu’il est enlevé. On voit d’après ce mode d’action que ce papier est indiqué plus particulièrement chez les enfants, les femmes et les sujets jeunes et délicats.
Le papier Wlinsi trouve ses principales indications dans les maladies de l’appareil respiratoire. Appliqué, dès le début, entre les deux épaules ou sur le devant de la poitrine, dans les rhumes, les bronchites, les laryngites aiguës, accompagnées de toux, d’enrouement et d’aphonie, dans la grippe, dans la coqueluche, il exerce une action salutaire rapide et abrège de beaucoup la durée de la maladie. Les personnes atteintes de bronchites chroniques, avec toux opiniâtre, sèche ou grasse, les asthmatiques, en retirent aussi d’excellents effets. Enfin, on y a souvent recours dans les pleurodynies, les. rhumatismes, les névralgies, pour calmer les douleurs, en l’appliquant sur le point où siègent celles-ci.
L’emploi du papier Wlinsi est très simple et très facile. On le pose tout simplement sur la peau de la région voulue, en appuyant dessus avec la main, cela suffit pour le faire adhérer intimement; il n’est donc pas nécessaire de le faire chauffer avant de l’appliquer. Plus la peau du malade sera fine, moins prolongée devra être son application pour obtenir l’effet voulu. Enfin, il est à peine besoin de dire que la durée de l’application variera aussi et surtout, suivant qu’on sera en présence d’un cas léger ou grave. Du reste, il n’y a pas d’inconvénient à laisser le papier en place pendant plusieurs jours, si le malade ne s’en trouve pas incommodé. Lorsqu’on l’enlève, il suffit, pour nettoyer la peau, de la frotter avec un corps gras, huile ou beurre, eL pour dissiper les démangeaisons, de la frictionner ensuite avec de la pommade de concombre.
Dr P.-L. Tariude.
WORMIENS. — Mot employé par les anatomistes pour désigner des petits os de forme irrégulière, qui sont situés au milieu des sutures de la voûte du crâne, surtout au niveau de la suture des deux os pariétaux. Ils sont d’autant plus nombreux que le crâne présente un volume plus considérable. On en trouve presque toujours un au point de réunion des deux os pariétaux et de l’os occipital : ce petit os est désigné sous le nom d’os wormien pro prement dit. p- L*
XÉROPHTHALMIE. — On désigne sous le nom de xérophthalmie ou de xérosis une affection caractérisée par une sécheresse particulière de la conjonctivite, due à une atrophie partielle ou totale des organes sécréteurs de cette membrane. Lorsque l’atrophie est partielle, on observe une ou plusieurs taches blanchâtres et luisantes; lorsqu’elle est, au contraire", totale, la conjonctive est sèche, pâle, squameuse et insensible; les culs-de-sac Conjonctivaux se rétractent et finissent par disparaître. Cette affection est très rare ; on l’observe quelquefois dans la conjonctivite granuleuse ou dipthéritique ; elle peut résulter aussi d’une brûlure étendue.
On ne connaît pas de traitement curatif de cette affection; on ne peut que soulager le malade par des instillations, entre les paupières, de corps gras °?L9.nctueux tels que le lait, la glycérine, la vaseline et l’eau de guimauve. p. l.
XËROSIS. — (Y. X êropthalmie.)
XIPHÔÏDE. — Nom donné par les anatomistes à 1 extrémité inférieure du sternum (Y. ce mot).
YEUX D’ECREVISSE. — Nom donné, en pharmacie, à de petites concrétions calcaires que l’on trouve dans l’estomac des écrevisses (V. ce mot).
YPORT (bains de mer d’). — Yport est un petit village de la Seine-Inférieure, aussi pittoresque qu’Etretat, situé à 4 kilomètres de Fécamp, qui possède une plage sablonneuse abritée par deux hautes falaises et un casino. p. l.
ZINC. — Le zinc est un métal d’un blanc bleuâtre, d’une structure lamelleuse, d’une pesanteur spécifique de 7, 1 . 11 est assez ductile, peu dur, fusible, volatil, se convertissant lorsqu’on le volatilise au contact de l’air en flocons d’oxyde appelés vulgairement^earo de zinc. Il est soluble dans la plupart des acides. Il forme avec le cuivre les alliages connus sous les noms de laiton, cuivre jaune, similor, etc.
Ce métal n’est pas employé en médecine; il ne
sert qu a la construction des piles dont les courants continus -ou intermittents. En revanche, plusieurs de ses composés font partie de l’arsenal thérapeutique. Parmi les plus usités, nous citerons : le bromure de zinc, le chlorure de zinc, Y oxyde de zinc et le sulfate de zinc . ?
Bromure de zinc. — Le bromure de zinc se présente sous l’aspect d’aiguilles blanches, inodores d’une saveur métallique, très solubles dans l’eau,’
1 alcool et l’éther. On l’a préconisé dans le traitement de. l’épilepsie à la dose de 0,20 à 0,50 centigrammes, dissous dans une assez grande quantité d’eau.
Oxyde de zinc. — L’oxyde de zinc est une poudre blanche, insipide, inodore, légère, douce au toucher, insoluble dans l’eau. Ce médicament est passé pendant longtemps pour un bon antispasmodique et un puissant sédatif; on sait maintenant que ces propriétés étaient plutôt fictives que réelles. Tout au plus peut- on lui reconnaître une propriété absorbante utile dans la gastralgie, le pyrosis et les troubles digestifs liés à l’acescence gastrique; il se donne alors en poudre à la dose de 20 centi- ’J grammes à 2 grammes dans les 24 heures.
Le Dr Jackson a préconisé l’oxyde de zinc contre les sueurs profuses des rhumatisants et des fiévreux.
Le Dr Bonamy, de Nantes, a vanté ce sel contre les diarrhées rebelles et dit en avoir retiré des résultats particulièrement rapides. Il l’administre comme Gubler à la dose de 1 gramme tous les trois ou quatre heures, jusqu’à cessation du dévoiement. Son usage externe comme to/aque, soit en poudre sur l’eczéma et l’in ter trigo, soit en lotions sur les éruptions prurigineuses ou autres, soit en pommade sur les blépharites ciliaires, les gerçures du sein ou l’eczéma des bourses, soit en collyre sec sur les taches de la éornée, mérite une plus grande considération et présente parfois une utilité incontestable.
Chlorure de zinc. — Le^hlorure de zinc se présente sous l’aspect djifne substance cristalline blanche, très soluble/âans l’eau, l’alcool, l’éther, et vulgairement nommée beurre de zinc.
Le beurre de zinc est un des caustiques les plus commodes par sa sûreté d’action. On ne l’emploie guère que sous forme de pâte qu’on prépare avec
1 partie de chlorure pour 2, 3, 4 parties de farine de froment ou de gluten. Celte pâte est désignée sous le nom de pâte de Canquoin.
La solution de chlorure de zinc sert à désinfecter les hôpitaux, les salles de dissection et autres locaux ou pourrissent des matières organiques ; elle sert encore à faire des injeclions cadavériques pour la désinfection et la conservation des sujets destinés à l’étude de l’anatomie. On met en moyenne 100 grammes de chlorure de zinc pour 200 grammes d’eau distillée.
Sulfate de zinc. — Le sulfate de zinc est un sel blanc, cristallin, styptique, très soluble dans l’eau, qui doit être employé avec circonspection à l’intérieur, de crainte qu’il ne devienne pour l’organisme un poison irritant dangereux. 50 centigrammes à 2 grammes dissous dans un peu d’eau sucrée et pris en une seule fois ont, d’après Toulmouche, une action vomitive plus rapide et plus sûre que le tartre stibié et agissent d’une manière énergique dans les cas d’empoisonnement par les narcotiques.
Il n’en est pas de même de son usage externe : le sulfate de zinc trouve sa véritable application en collyres, injections et gargarismes astringents. Le collyre est employé pour combattre les conjonctivites, les kératites, en un mot toutes les inflammations de l’œil subaiguës ou chroniques, sauf celles qui sont franchement inflammatoires et contre lesquelles le sulfate de zinc produit des douleurs insupportables et un gonflement plus accentué. Les injections sont conseillées (à tort, suivant notre savant ami Paul Labarthe), contre là blennorrhagie et la vaginite. Enfin on utilise les gargarismes dans la stomatite ulcéreuse. Dr marc Camboulives.
ZONA. — On désigne sous le nom de zona ou d 'herpès zoster une affection caractérisée par une éruption de vésicules herpétiques et s’accompagnant et de douleurs névralgiques plus ou moins intenses.
Le zona est une affection fréquente qui s’observe à tous les âges. Il siège généralement sur l’un des côtés du thorax, du cou, de l’abdomen et sur les deux cuisses. L’éruption se produit toujours sur le trajet d’un nerf; elle débute par de petites plaques rouges, érythémateuses, séparées par des intervalles de peau saine. On voit bientôt apparaître sur ces claques de petites vésicules d’herpès, perlées et transparentes, du volume d’une tête d’épingle ou d’un grain de plomb. Au bout de quelques jours, le liquide des vésicules se trouble, les vésicules s’affaissent, se flétrissent ; elles se dessèchent et se couvrent d’une croûte jaunâtre. Dans certains cas, les vésicules deviennent confluentes et forment des bulles [zona bulleux); quelquefois elles contiennent du sang [zona hén,.orrfiagique). Cette variété produit des ulcérations profondes.
Chaque groupe de vésicules évolue en l’espace de huit à dix jours, mais comme les différents groupes se développent successivement, l’éruption persiste pendant deux ou trois semaines et quelquefois plus longtemps.
Dans le plus grand nombre des cas, le zona s’accompagne de douleurs névralgiques. Ces douleurs consistent en une sensation de brûlure très pénible. Elles précèdent souvent l’éruption de plusieurs jours et disparaissent avec elle; dans quelques cas, elles s’atténue au moment de l’éruption; mais elles persistent quelquefois, Surtout chez les vieillards,. longtemps après la disparition des vésicules.
Le zona est toujours unilatéral, une première atteinte confirme généralement l’immunité. Il laisse souvent des cicatrices blanches, indélébiles. Il est dû à une lésion nerveuse. Bazin considérait le zona comme une manifestation d’un état général arthrique ou rhumatismal. Dans un grand nombre de cas le froid paraît exercer une certaine influence sur la production de cette affection; on a aussi accusé les chagrins, mais cette dernière cause est loin d’être démontrée.
Les cataplasmes, les lotions et surtout certains topiques irritants, tels que le nitrate d’argent et la teinture d’iode, préconisés autrefois dans le traitement du zona, doivent rigoureusement être proscrits. Le meilleur traitement consiste à appliquer sur le siège de l’éruption une large feuille d’ouate saupoudrée d’amidon, ou de fécule. Hardy conseille le mélange suivant :
Poudre d’amidon. ...... 40 grammes
Oxyde de zinc. . 10 —
Cette couche est maintenue au moyen d’une couche d’huile. Enfin les douleurs névralgiques seront combattues par des préparations opiacées, par des injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine et par le chloral. D' Louis Thomas.
ZOSTER (herpès). — (V. Zona.)
ZYGOMATIQUE. — Nom donné par les anatomistes : 1° à une saillie osseuse de l’os temporal qui se dirige en avant pour former, en s’articulant avec l’os malaire, Yarcade zygomatique (Y. Temporal) ; 2° à deux muscles de la face, situés dans l’épaisseur de la joue, et qu’on distingue en grand zygomatique et petit zygomatique (V. Face). P. L.
ZYMASE. — Nom générique employé pour désigner certains ferments, tels que la diastase, la pepsine, la pancréatine, etc. P. L.
ZYMOTIQUE.— Qualificatif employé pour désigner les maladies infectieuses. P. l.