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perdre la voix. Donzelli , qui d’après les conseils de son maître avait cessé de chanter pendant toute la période de la mue, acquit au contraire un excellent organe.
Si on a eu soin d’interrompre le chant pendant la mue, on peut ensuite regagner quelques notes aiguës , mais il faut pour cela que l’on s’exerce graduellement et sans effort. Bennati rapporte que dès sa première enfance, sa voix de soprano était très étendue. Vers l’âge de 14 ans la mue se déclare; son maître suspend ses leçons. Celui-ci remarqua, au bout de longs mois, que la voix de Bennati avait baissé d’une octave entière et qu’il pouvait atteindre en même temps quelques sons de sa première voix. II lui conseilla alors de chanter les sons d’après un certain ordre et sans faire trop d’efforts, en lui prédisant que ces mêmes sons lui procureraient plus tard un second registre dont les sons se relieraient peu à peu aux sons du premier, ce qui lui assurerait beaucoup d’avantages pour l’avenir. C’est à cette éducation musicale que Bennati dut l’étendue de sa voix qui embrassait trois octaves.
Alimentation. — Comme durant les différents exercices de la voix, la respiration est plus fréquente, la quantité d’acide carbonique exhalée augmente par suite de la combustion des aliments dits respiratoires. L’artiste devra donc réparer cette perte par une alimentation suffisante. Il fera usage, de préférence, de viandes de boucherie grillées et saignantes, de jambon, de bouillon concentré, de jus de viande, d’œufs, de lait, de pommes de terre, de fécule, de riz, de sucre et de sel; il proscrira l’abus des alcooliques, du café, du thé qui accélèrent la circulation et augmentent la fréquence de la respiration et par conséquent rendent la voix courte et haletante.
Une eau limpide, fraîche, de saveur agréable et exempte de matières organiques est une excellente boisson hygiénique; mais il faut éviter de la prendre en trop grande quantité, car elle donne alors de la dyspepsie. Que l’artiste se méfie de l’eau froide, glacée, surtout lorsque le corps est en sueur, car elle peut amener des accidents même mortels de l’appareil respiratoire. L’eau chaude provoque la transpiration.
Les sirops acidulés (limonade, orangeade, sirop de groseille, etc.), dilués dans une quantité d’eau suffisante, rafraîchissent les muqueuses de la bouche et du pharynx.
S’il faut que la quantité des aliments nutritifs et respiratoires consommés soit en rapport avec la dépense des tissus, l’alimentation ne doit pas être insuffisante, car la respiration se ralentirait et la voix s’affaiblirait avec la diminution des forces.
Il est difficile à un artiste de prendre ses repas à des heures fixes ; il est obligé de déplacer ses habitudes, car il ne doit ni parler ni chanter pendant la digestion. En effet, à ce moment l’estomac chargé d’aliments s’applique contre le diaphragme dont il gêne les mouvements.
Cependant quelques artistes ont fait exception à cette règle; c’est ainsi que l’on raconte que la Malibran soupait dans sa loge une demi-heure avant
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d’entrer en scène. Elle mangeait en costume de Desdemone ou d’Arsace, des côtelettes de mouton qu’on lui montait du Café Anglais et qu’elle arrosait d’une demi-bouteille de Sauterne. Après son repas, la fameuse cantatrice fumait une cigarette qu’elle jetait au moment où on venait l’avertir dé descendre.
L’orateur et le chanteur devront donc manger quelques heures avant de parler ou de chanter ; ils devront se rappeler que les matières grasses (graisse, beurre, huile, etc.), doivent occuper dans leur alimentation une place plus large que chez les autres personnes.
L’artiste pourra manger après avoir chanté, mais il sera prudent d’attendre quelques instants, pour que la congestion artificielle provoquée par le chant dans l’appareil vocal soit entièrement dissipée.
Mouvements. — Il ne faut pas se livrer aux exercices de la voix après une longue course à pied, en voiture ou en chemin de fer, qui nuisent à la voix, non seulement par les secousses et les trépidations que l’on ressent, mais encore par la gêne qui survient souvent du côté de l’appareil thoracique à la suite de ces courses ou de ces voyages. Il est donc bon de laisser s’écouler un intervalle de quelques heures avant d’entreprendre un travail vocal quelconque.
Les adjuvants de la voix. — Quand l’artiste ou l’orateur a soif pendant le chant ou la déclamation, il humecte l’arrière-gorge soit avec un peu d’eau pure, soit avec de l’eau sucrée.
Il peut faire usage d’eau de seltz, comme la Patti et le baryton Robinson ; de café noir, comme Walter; ou de café glacé, comme Gambetta; de vin d’Espagne ou de Bordeaux, comme Thiers; de bouillon froid ou de bière, comme Nilson et Siéger, le plus gros des ténors.
Ces boissons sont inoffensives, mais il n’en est plus de même des excitants : grogs (Madier de Montjau), champagne ou punch, qui donnent à la voix une certaine énergie, mais qui est souvent suivie d’une réaction en sens inverse.
Certains artistes croient à l’influence sur la voix de tel ou tel aliment, de telle ou telle boisson. Chaque artiste prend ses habitudes, suivant ses goûts, et adopte une boisson ou un aliment pour se rafraîchir ou se réconforter à un moment de repos pendant l’exercice de la voix.
Pour fortifier leurs voix, Michot et Wachtel prenaient un lait de poule; le ténor suédois Labatt mangeait deux concombres salés ; Niéman buvait du Champagne; Tichatcheck, du vin. chaud de Bordeaux; le baryton Rubsam,de l’hydromel; Formes du porter; Nauchbaur grignotait des bonbons pendant la représentation; Nitterwurzer et Kinderman suçaient des pruneaux ; Draxler fumait du tabac turc et buvait de la bière ; le ténor Ferenczy fumait un ou deux cigares.; le Dr Schmidt prenait du thé ou du café et un quart d’heure après de la limonade ou de l’hydromel; dans les intervalles, il prisait et mangeait des pommes, des prunes ou du pain sec. M1U Braun-Brini buvait après le premier enlr’acte un verre de bière et après le troisième et le quatrième, elle avalait une tasse de café au lait. Quand elle devait chanter le grand duo
des Huguenots du quatrième acte PnP .
bouteille de Moët rose. ’ Prenait u0e
Dans les entr’actes, Mm' Sontag mano-P,it 4 '
dines; M“ Ugalde, des pruneaux ; M- T i ,?■ Sar' fraises ; Mme Cabel, des poires ; M“' Dorns r '’ des viande froide; M« Desparre buvait de l’eau ^ Mm0 Cruvelli, du Bordeaux mêlé de Chamï Ude; Adelina Patti, de l’eau de seltz; Troy du ]a;t fumait ainsi que G. Bonnet. ’ ’ Mario
Pitt, avant de traiter une affaire importante nait un peu de vin de Porto avec une cuillerK' quinquina. e tte
Sommeil. — Le chanteur devra avoir soin de <W mir dans un endroit calme, retiré et obscur R JJ!' sacrera environ huit heures à son repos. Le som meil du jour ne vaut certainement pas le sommeil de la nuit.
Faure raconte qu’il dort un peu après le repas en attendant l’heure de se rendre au théâtre; mais on ne doit pas le faire lorsqu’on doit chanter en soirée c’est-à-dire vers dix heures et demie ou onze heures' Le sommeil que l’on prend à l’approche de la nuit, dit-il, est toujours plus profond et l’on sent quelque lourdeur au réveil.
. Habitation. — L’artiste habitera autant que possible une maison à i’abri du froid, des vents et de l’humidité. Il évitera les endroits trop chauffés ou trop froids, les locaux remplis par un nombreux public.
Il ne se chauffera pas au moyen de poêle dégageant une odeur désagréable et des gaz délétères. II préférera les cheminées à bouches de chaleur. Nous lui recommanderons d’employer le bois et le coke au lieu du charbon de terre.
Vêtements. — Il ne fera pas usage de vêtements imperméables qui condensent la transpiration, et entretiennent autour du corps une chaleur humide; il se servira de vêtements en étoffe moelleuse et légère, qui favorisent l’évaporation lente et insensible de la transpiration cutanée. Il évitera de comprimer la taille et le cou. Le corset, en effet, ne doit pas comprimer le corps, mais le soutenir; et il est nécessaire qu’il laisse toute liberté de mouvement à la base de la poitrine; aussi devra-t-il être souple, garni de baleines; sans cela, la respiration abdominale sera impossible.
Maladies de l’organe vocal. — Diverses causes peuvent produire des troubles de la voix: ainsi la
fatigue, les refroidissements, les maladies générales
qui atteignent les muqueuses nasale, gutturale et laryngienne, de même que quelques affections du système circulatoire et nerveux.
Dans la fatigue, causée par un excès de travail, les cordes vocales sont atteintes de parésie, c’est-àdire qu’elles ne se rapprochent plus suffisamment au moment de la phonation ; il n’est pas rare de constater en même temps une légère rougeur des rubans vocaux et de la région aryténoïdienne.
Le refroidissement est une des plus grandes causes des maladies de l’organe vocal. En effet, il détermine le coryza ou rhume de cerveau, l’amygdalite, la pharyngite, la laryngite, la bronchite^ c’està-dire l'inflammation des diverses parties de l’arbre respiratoire (voir ces articles). Il n’est guère de personnes qui n’aient eu l’occasion de s’assurer
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par elles-mêmes de l’influence de ces maladies sur la voix.
Nous ne nous arrêterons pas à décrire les diverses manifestations que l’arthritisme, la scrofule, la tuberculose, la syphilis, l’anémie, peuvent produire sur les muqueuses nasale, pharyngienne et laryngienne. Il sortirait également du cadre que nous nous sommes tracé, de passer en revue les maladies telles que l'anévrisme de l’aorte, les affections cardiaques, l’hystérie, la danse de Saint-Guy, etc. Pour toutes ces affections, nous renvoyons le lecteur aux articles spéciaux qui leur sont consacrés de ce Dictionnaire. Dr J. baratodx,
Professeur libre de Laryngologie et d’Otologie.
VOLVULUS. — On donne ce nom à l’occlusion intestinale produite par l’enroulement de l’intestin sur lui-même (V. Intestin). p. L.
VOMER. — Nom donné par les anatomistes à un petit os, de forme quadrilatère, impair, médian, situé à la partie postérieure de la cloison des fosses nasales. Le vomer présente deux faces et quatre bords. Les deux faces sont tapissées par la membrane pituitaire; son bord supérieur s’articule avec la face inférieure de l’os sphénoïde; son bord inférieur, mince et prolongé, s’articule avec la voûte du palais ; son bord extérieur se continue en bas et en avant avec le cartilage de la cloison; son bord postérieur, court et régulier, sépare les orifices postérieurs des fosses nasales. p. L.
VOMIQUE. — Mot employé pour désigner l’expectoration subite et abondante de liquide purulent, séreux ou sanguinolent (V. Expectoration), p. L.
VOMIQUE (noix). — (V. Noix vomique ). p. L.
VOMISSEMENT. — On donne le nom de vomissement au rejet par là bouche des matières contenues dans l’estomac.
Les nausées , prélude ordinaire du vomissement, consistent en un sentiment de dégoût, de malaise, avec soulèvement épigastrique.
La régurgitation est également le retour dans la bouche des matières contenues dans l'œsophage et l’estomac, mais avec cette différence que le retour s’effectue sans efforts et sans malaise.
L 'éructation est le renvoi des matières gazeuses contenues dans l’estomac, il s’accompagne d’un bruit spécial désigné sous le nom de rot.
Le vomissement présente à étudier : A. le mécanisme de sa production; B. ses divers caractères de fréquence, de facilité, etc.; C. la nature des matières vomies; D. les causes qui le provoquent.
A. Acte du vomissement. — Le vomissement est ordinairement précédé de nausées, c’est-dire que le malade éprouve un malaise général des plus pénibles, sa face devient alternativement rouge et pâle, etle se couvre d’une sueur froide, son pouls est petit, concentré, ses extrémités se refroidissent; alors surviennent la contraction violente des muscles des parois abdominales et du diaphragme qui produisent le vomissement; les matières stomacales remontent, affluent dans le pharynx et sont
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brusquement rejetées par la bouche et même par le nez, puis le malade éprouve un sentiment de bien-être, troublé seulement par le goût fort désagréable que laissent les matières vomies.
Quant au mécanisme du vomissement, deux opinions sont émises.
D’après la première opinion, le vomissement serait produit par la contraction spasmodique de l’estomac. Cette opinion a été abandonnée.
D’après la deuxième opinion (acceptée), les contractions des muscles abdominaux et du diaphragme jouent le principal rôle dans l’acte du vomissement; mais, de plus, l’estomac y concourt par la contraction de ses fibres longitudinales qui déterminent la dilatation du cardia.
B. Caractères des vomissements. — En général, le vomissement est précédé d’un sentiment de malaise très pénible, il est cependant des personnes chez lesquelles il s’effectue avec la plus grande facilité.
Outre ces différences individuelles, il en est d’autres qui tiennent : 1° à l’âge; ainsi les enfants à la mamelle vomissent avec la plus grande facilité, dès que l’estomac est trop plein, le lait reflue dans la bouche : c’est plutôt une régurgitation qu’un vomissement; 2° à la cause; ainsi les vomissements d’origine cérébrale se font souvent avec la plus grande facilité, en fusées; les vomissements sont en général difficiles lorsque l’estomac contient peu de liquide, lorsque les matières qu'il renferme ont une grande consistance.
Quant à sa fréquence, elle est aussi subordonnée à diverses causes : parfois il ne se produit qu un seul vomissement; dans d’autres cas, ils se répètent dans des circonstances déterminées; enfin, ils
peuvent aussi devenir incessants et continus.
C. Nature des matières vomies. — Ces matières sont des aliments, des substances glaireuses ou muqueuses sécrétées par l’estomac, de la bile, du sang, des matières fécales, des vers, du pus, etc. Les matières vomies ont ordinairement une réaction acide quelles doivent à la présence du suc gastrique ; cependant elles peuvent être alcalines et l’on conçoit la différence des indications thérapeutiques dans ces deux cas.
Or, l’examen des matières vomies peut fournir au diagnostic des renseignements de la plus haute importance; ainsi les vomissements de matières bilieuses, glaireuses, filantes, se produisant le matin à jeun, indiquent un catarrhe chronique de l’estomac; lés vomissements verdâtres, porracés, appartiennent à la péritonite; les vomissements incolores, composés du mucosités seules ou mêlées à quelques liquides, s’observent dans la grossesse; le vomissement de sang pur est souvent l’indice d’un ulcère de l’estomac; le cancer de cet organe se révèle plutôt par des vomissements de matière noirâtre, comparable à de la suie ou à du marc de café et qui n’est autre chose que du sang aliéré par un commencement de digestion; les vomissements feealoïdes indiquent un élranglemenl intestinal (volvulus, hernie étranglée) et annoncent une mort prochaine. Enfin, dans le cas d’empoisonnement, les matières rendues, surtout à la suiLe des premiers efforts, contiennent des traces de la subs-