‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 35 sur 289 · JUS · texte numérisé non relu

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flans les champs en friche, sur les bords chemins et au voisinage des habitations. Elle Présente une tige cylindrique, couverte de poils, L feuilles alternes, profondément découpées sur bords des fleurs jaunâtres avec des stries d’un tnnee vineux, des fruits disposés sous forme de caosules allongées, à deux loges s’ouvrant par le sommet, des graines nombreuses et grisâtres. L o-

Jusquiame noire (tige fleurie et graine).

deur de cette plante est fétide et nauséeuse, sa saveur est âcre et désagréable. Son principe actif est Vhyosciamine (V. ce mot).

La jusquiame possède l’action thérapeutique de la belladone et du datura stramonium ou stramoine, seulement il faut des doses deux fois plus grandes que celles de la belladone et trois tois fois plus grandes que celles .de la stramoine pour produire les mêmes effets. Déterminer peu d’hypnotisme,

beaucoup d’agitation, de délire, d’hallucinations, telles sont les propriétés toxiques communes à ces trois solanées vireuses; il en est une autre bien différente qui concerne l’immunité complète des herbivores à l’égard de ces trois poisons si dangereux pour l’espèce humaine quand ils ne sont pas maniés avec discernement.

Comme ses deux congénères, la jusquiame s’emploie en qualité de calmant, anodin et antipasmodique, dans un certain nombre de circonstances où l’opium est préjudiciable, notamment chez les enfants et les sujets affaiblis ou atteints d’hypérémie encéphalique. Elle se prend sous forme de poudre, d’infusion, d’extrait ou de teinture. Les feuilles sont, d’après le Codex, les seules parties de la plante qui doivent être employées, à l’exclusion des semences, des tiges et des racines. L utilité de la jusquiame est reconnue dans la chorée hystérique, les spasmes, les névralgies, les névroses et toutes les fois qu’il est nécessaire de combattre l’élément douleur. L’extrait, plus usité que les autres modes d’administration de la jusquiame, entre dans les pilules de Méglin en proportions égales avec la valériane et l’oxyde de zinc; les feuilles entrent dans le baume tranquille et 1 onguent populéum, les semences . dans les pilules de cynoglosse.

A l’extérieur, l’huile de jusquiame est d’un usage excessivement fréquent en onctions ou frictions contre toutes sortes de douleurs rhumastismales ou névralgiques. Elle s’emploie tantôt seule, tantôt mêlée au laudanum, à l’huile de camomille camphrée, au chloroforme, etc. L’emplâtre de jusquiame opiacé avec un gramme de poudre d’opium, la toile sédative avec 50 grammes d’extrait de jusquiame étendu sur un morceau de sparadrap, sont deux topiques utiles contre les points | douloureux névralgiques ou autres.

Dr Marc. Cambouuves.

KAIRINE. — La kairine est une substance déri- 1 vée, comme le quinine, de la quinoléine, obtenue j par Fischer, en 1881, en traitant la quinoléine par l’acide sulfurique. Elle s’emploie sous la forme de chlorhydrate de kairine, poudre cristalline d’un gris jaunâtre, très soluble dans l’eau, d’un goût salin, à saveur chaude, amère et aromatique. A la dose de lsr50,ellene produit aucun effet sur l’homme sain et abaisse la température chez les individus atteints de fièvre. Cet abaissement de température qui varie de 1 à 3 degrés, suivant qu’on administre 0,30 centigrammes à 1 gramme, se produit une demi-heure environ après l’ingestion, et s’accompagne souvent de sueurs abondantes. Si on ne continue pas à donner le médicament à la même dose, toutes les deux heures, la fièvre remonte rapidement et cette ascension s’accompagne d’un frisson.

La kairine, qui est d’ailleurs bien tolérée, s’élimine en partie du moins par les reins, et, sous son influence, les urines se colorent en vert foncé, 25 minutes environ après son ingestion.

Les premières recherches sur ce nouveau médicament fébrifuge ont été faites par le Dr Filehen d’Erlangen, qui l’a introduit dans la thérapeutique en 1883. Ce médecin l’a employé avec succès dans la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, la septicémie, la pneumonie aiguë, la tuberculose. Les résultats obtenus depuis par plusieurs médecins, entre autres, Drasche, de Vienne, Guttmann, Riégel, Knipping, Gottlieb Merkel, Hallopeau, etc., sont confirmatifs de ceux annoncés par Filehen, et ce dernier n’hésite pas à déclarer que la kairine est, de tous les agents antiseptiques, le plus puissant et le plus rapide. Une expérience plus

longue nous dira si l’optimisme du médecin d’Erlangen n’est pas exagéré. Dr Paul labarthe.

KAMALA. — Le kamala est une poussière rouge qui se trouve dans les glandes qui recouvrent les fruits du croton Philippinensis, arbre de la famille des Euphorbiacées, originaire de l’Inde, et que les médecins anglais ont préconisé comme très efficace contre le tænia à la dose de 2 à 12 grammes, p. l.

KARABÉ (sirop de). — Le sirop de karabé n’est que du sirop d ’ opium additionné,, par 100 grammes, de 50 centigrammes d’esprit de succin. p. l.

KAVA. — Le kava, appelé aussi kava-kava, kawa-kawa, ava-ava, piper methysticum, est une plante de la famille des pipéracées, originaire des îles de l’Océanie (Wallis, Taïti, Société, Marquises, Samoa, Tonga, Uvéa, etc), qui sert à préparer une liqueur très répandue dans ces pays, et que l’on emploie depuis quelques années comme diurétique et antiblennorrhagique.

Sa tige, haute de 4 à 5 mètres, lisse, sarmenteuse, cylindrique, légèrement flexueuse et terminée par des rameaux herbacés, présente une certaine ressemblance avec les jeunes pousses du figuier de France. Ses feuilles, membraneuses, à pétioles engainants, larges et étalées, profondément échancrées à leur base, légèrement acuminées et subarrondies au sommet, présentent de 11 à 13 nervures saillantes, partant toutes de la base de le nervure médiane. A environ 2 centimètres de la base de chaque feuille, le pétiole se dilate et forme une gaine amplexicante verte ou violacée. Vue à l’œil nu, leur surface paraît lisse, mais examinée avec une lentille grossissante, on remarque que les nervures sont couvertes de petits poils, tandis que ceux-ci sont plus courts et plus clairsemés sur le reste dé la feuille. Les fleurs sont dioïques et réunies en chatons axillaires nus et allongés. LeS fruits sont des baies.

Enfin, la racine, la partie la plus importante de la plante, puisque. c’est la seule employée en me' decine avec la base extrême des branches, est grande, irrégulière, légèrement tordue, et présente sur son pourtour, plusieurs radicules, disposées symétriquement qui se terminent par des radicelles nombreuses finement déliées. Fraîche, elle est d’une couleur gris verdâtre, et son poids qui.eS ordinairement de 2 kilos environ, peut s’élever J^S) qu’à 5 et 6; sèche, elle perd la moitié de son potes’ extérieurement, elle est d’une couleur gris fonce e a une écorce très mince. Si on l’enlève, on voit u11

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chargées et colorées.

nos vénériens. Les douleurs pendant la miction cessèrent complètement, l’écoulement diminua de jour en jour, et au bout d’une période de temps variant de huit à douze jours, tous ni

vénériens

furent guéris , malgré les conditions déplorables nous trouvions,

d’hygiène dans lesquelles nous

Kava (racine).

propriétés antiblennorrhagiques chrkava, signalées

Par Cook, décrite par Kuzent, confirmées par le O’Rorke, les professeurs Quatrefages et Fonssa-

« Le kava est un diurétique puissant et un antiblennorrhagique par excellence. 11 ne dérange en rien les fonctions digestives, Jl ne produit ni diarrhée, ni constipation; chez les personnes dont i estomac est délicat, il offre comme avantage d etre bu avec plaisir, de stimuler l’appétit, de ne causer aucun dérangement, ni aucun dégoût. »

Le Dr Dupouy, venu à Paris aussitôt après son retour en France, apporta du kava à mon regrette maître et ami Gubler, à qui je le présentai. Lennnent professeur de thérapeutique essaya le kava ;

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sages suivants extraits de son remarquable travail Sur les •propriétés blennostatiques et physiologiques du kava.

« Il n’est plus permis de douter de la puissance curative du kava, non seulement contre les blennorrhées uréthrales ou les leucorrhées vaginales, mais encore et peut-être principalement dans les cas d’uréthrites aiguës. J’ai moi-même eu l’occasion de vérifier cette efficacité chez des sujets placés dans mon service à l’hôpital Beaujon et chez mes clients de la ville. »

Et, après avoir cité des observations personnelles, il ajoute que chez ses malades :

•« Le kava donna lieu dès le premier jour à un accroissement considérable de la diurèse aqueuse, à la sédation rapide de la douleur, ainsi que de l’éréthisme inflammatoire ; et, consécutivement à une diminution progressive de l’écoulement, qui perdit bientôt sa consistance et sa coloration verdâtre pour devenir jaune et presque fluide.

« Ajoutons que le remède était trouvé presque agréable, et qu’il n’occasionnait ni pesanteur d’estomac, ni renvois, ni aucun symptôme d’intolérance de la part des voies digestives.

«A nos yeux ce fait est des plus démonstratifs ; il. prouve, non seulement l’efficacité du kava contre la blennorrhagie, mais encore son opportunité dans les formes les plus violentes et dans la période la plus aiguë du mal ; il montre la parfaite tolérance de l’estomac pour ce remède.

Expliquant ensuite la théorie de cette action du kava, Gubler termine son travail par les conclusions suivantes :

« Le kava jouit du pouvoir de modérer l’état inflammatoire des organes génito-urinaires, et de réduire ou de supprimer le catarrhe muco^purulent de la muqueuse uréthro-vésicale. 7

« L’emploi du kava est d’autant plus recommandable que ce remède aromatique n’est nullement déplaisant et que son usage ne donne lieu à aucun trouble digestif. ».

Dans un nouveau travail beaucoup plus important que le premier, intitulé : Le Kava et ses propriétés blennostatiques, publié en 1878, Dupouy résume ses recherches par les conclusions suivantes :

« Le kava a une action fort puissante sur la diurèse aqueuse et peut se placer parmi les diurétiques les plus efficaces. Il est d’une grande efficacité dans les cas de blennorrhagies aiguës en calmant l’état inflammatoire, en faisant disparaître la douleur pendant la miction,, lorsqu’il y a dysurie, et en supprimant le catarrhe muco-purulent de la muqueuse urétro-vésieale à la faveur d’une action à la fois diuréthique et antiblennorrhagique. Il a sur les divers agents antiblennorrhagiques les avantages marqués de ne produire ni diarrhée, ni constipation, d’être pris avec plaisir, d’augmenter l’appétit, de calmer et de faire disparaître la douleur pendant la miction, de changer complètement la nature de l’écoulement, et d’amener la guérison en un laps de temps très court. »

Vivement intéressé par les résultats obtenus par mon ami Dupouy et par le professeur Gubler, j’expérimentai aussi le kava, et voici, résumées en quelques lignes, les résultats de mes observations

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personnelles qui ont été faites, je puis le dire une vaste échelle. ’ slJr

Le kava est légèrement âcre, aromatique et tringent. Lorsqu’on en a mâché pendant quela^' instants, il augmente la sécrétion salivaire et la^ après lui ce qu’on appelle « bonne bouche. Se

Il stimule l’estomac et l’impressionne à la faco des amers, mais je n’ai jamais observé ni renvois1 ni nausées, ni douleurs épigastriques pendant et après son administration.

Dans aucun cas, chez un malade soumis au kava je n’ai eu à constater ni coliques, ni diarrhée ni constipation.

Le kava n’exerce aucune action sur la peau ni sur les glandes sudoripares.

Le kava est un diurétique remarquable et prompt. Sous son influence la sécrétion urinaire est augmentée dans de notables proportions. Les urines sont claires, limpides, et ne dégagent aucune odeur anormale, comme celles des malades qui absorbent du copahu, du cubèbe ou du santal. Dès le second jour, la miction n’est plus douloureuse et s’accompagne au contraire d’une sensation de bien-être.

Le kava est un antiblennorrhagique puissant et sûr. Sous son influence l’état inflammatoire diminue ; la sécrétion muco-purulente du canal de l’urèthre se modifie très rapidement, se tarit et se trouve bientôt réduite à un léger suintement presque incolore qui disparaît au bout de très peu de temps.

Les effets antiblennorrhagiques du kava sont d’autant plus rapides et manifestes que la chaudepisse est dans sa période inflammatoire la plus aiguë ; tandis que le copahu, le cubèbe et le santal, avalés pendant cette même période, aggravent la maladie et ne peuvent exercer une action efficace sur l’écoulement que lorsqu’on les administre après la fin de la période aiguë dont la durée, varie de huit à vingt jours.

La durée de la chaudepissé traitée par le kava est donc abrégée d’autant.

Le kava aurait, d’après Kuzent, une action spéciale sur le sens génital, et ceux qui en prennent penseraient beaucoup aux femmes. Avec Dupouy et le professeur Gubler, je m’inscris en faux contre cette assertion; pas plus qu’eux je n’ai observé rien de semblable, et mes malades interrogés m’ont répondu n’avoir pas remarqué que leur sommeil eut été agrémenté de rêves anacréontiques accompu' gnés d’érections, pendant qu’ils étaient soumis au kava, au contraire. Au lieu donc de provoquer 1> réthisme génital, le kava le diminue et peut donc être rangé parmi les anaphrodisiaques faibles.

Depuis les publications de Dupouy et de Gubler et depuis mes expériences, le kava a été essayé en Allemagne, en Angleterre, en Amérique, au Brésil, etc., etc. Pour ne pas encombrer cet article déjà trop long, je me contenterai de citer l’opinion de quelques confrères seulement.

Les docteurs Siddal, Switzer, French, le professeur Edward Miller, les docteurs Baird, de Moscou, Boardman, de Polo, W. Semple, Blackerby, etc-, ont publié dans divers recueils (New préparation* The lancet, Thérapeutic Gazette, 1879-1882) Plu'

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• observations de blennorrhagies aiguës, de | Sie Ht’pq guéries très rapidement par le kava.

docteur Frensch a employé le kava « avec suc- ■ dans toute espèce d’inflammation purulente des ceSûC 1irin aires ; dans les blennorrhagies entre auv01® el (jans la cystite » [Deutsch Médi, Wochens-

chf; son^ôté, le docteur Leighton Kesteven écrit :

Le kava exerce une action exceptionnellement favorable sur les organes génito-urinaires, son emloi réussit très bien dans le traitement de la gonorrhée et de la cystite chronique, et son efficacité est supérieure à celle de tous les médicaments que j’ai employés jusqu’à ce jour » [The pratition-

ner, 1882)- . : , ■

Un journal très répandu en Autriche, le Medizinisch-Chirurgisches Ceritral-Blatt, passant en revue les nouveaux médicaments envoyés à l’exposition internationale de Vienne écrit, en parlant du Kava :

« Le kava, originaire des îles de l’océan Pacifique, y est employé depuis longtemps dans le traitement - des blennorrhagies. Il est très efficace. Vingt minutes après la première dose, survient une forte envie d’uriner, l’ urine est abondante, claire, incolore et sans odeur. La douleur de la miction disparaît et fait place à un sentiment de bien-être.

Le kava est aussi un tonique amer. Il est agréable à prendre, stimule l’appétit, ne dérange pas la digestion, et ne provoque ni diarrhée ni constipation ».

Le professeur Féris, de l’École de médecine de Brest, parlant du kava, a écrit : « Le kava a sur les divers agents blenno statiques les avantages de ne [produire ni constipation, ni diarrhée, d’être pris avec plaisir, d’augmenter l’appétit et d’amener la guérison des urèthrites aiguës et chroniques avec une rapidité extraordinaire. » (La matière médicale exotique).

Quant à l’action thérapeutique du kava, elle est due à une oléo-résine et à une substance neutre cristallisable appelée kavaine ou mêthisticine.

Avec le concours éclairé d’un jeune pharmacien M. Fr. Rocher, j'ai pu isoler les principes actifs de la plante et, une fois obtenus séparément, je les ai combinés à nouveau dans des proportions convenables, et j’ai fait préparer de petites pilules de Kava Labarthe, contenant chacune 15 centigrammes d’extrait hydro-alcoolique de racine kava et 10 centigrammes de poudre. Ces pilules sont dragéifiées par un enrobage de sucre.

nupouy et Gubler, dans leurs premiers essais, administraient le kava à la dose de 6 à 8 grammes e racine râpée macérée pendant quelques miutes dans 6 à 800 grammes d’eau froide, la a ^mdricains tout usage de l’extrait liquide, à dose de 20 à 40 gouttes dans un verre d’eau us ou trois fois par jour.

C extrait mou hydro-alcoolique qui fait la base nies pilules est, sans contredit, bien préférable, do^f118- Cette forme > Ie médicament, peut se le m to.u^ours trùs exactement, et le malade peut tidipn0161*, et ^ava*er trùs facilement. La dose quode 6 & Pilules de kava varie, selon les cas, norrhn ~ °u 15 par jour, en trois fois (V. Bien- Cystite). Dr Paul Labarthe,

KÉLOTOMIE. — Nom donné à l’opération de la hernie étranglée (V. ce mot). P. L.

KÉRATITE. — On désigne sous le nom de kératites les inflammations de la cornée. Elles jouent un grand rôle dans la production d’une foule de lésions : les ulcères, les taches, les perforations de la cornée ; le pannus, le kératocèle, les staphylômes, etc.

La kératite se montre à tous les âges, mais elle diminue de fréquence à mesure qu’on s’éloigne du moment de la naissance. Le sexe féminin y est plus exposé que le sexe masculin. Toutes les professions en sont tributaires. Le tempérament lympathique et surtout la diathèse strumeuse sont des prédispositions avérées. Les maladies éruptives, notamment la variole, sont souvent compliquées de cette affection. Le rôle attribué à la syphilis héréditaire est sujet à contestation. Il en est de même pour la goutte et le. scorbut. Les troubles de l’innervation paraissent avoir une influence, soit qu’il s’agisse simplement d’une surrexcitalion cérébrale, soit qu’il y ait une lésion du nerf trijumeau.

Les lésions traumatiques de la cornée, les corps étrangers implantés dans cette membrane, le frot-

Fig. 692.

Kératite consécutive à des granulations. — B. Granulations. — a, a, a. Vaisseaux de la. conjonctive passant sur la cornee. — D. Anastomoses des vaisseaux.

tement contre la cornée de cils déviés ( trichiasis ), sont souvent suivis d’une phlegmasie plus ou moins intense. Chez les sujets atteints de granulations de la conjonctive, la kératite est une complication commune.

La cause la plus fréquente de la kératite est Faction sur l’œil d’un courant d’air froid et humide. La forme ulcéreuse du mal est souvent le résultat de mauvaises conditions hygiéniques, d’une nourriture insuffisante, du manque d’air et d’exercice, de l’habitation dans un lieu humide et malsain, d’excès de tous genres, de l’exercice immodéré des veux sur de petits objets, de l’exposition des organes au calorique rayonnant des foyers ou a une lumière très vive. , , , .

La kératite se développe d’emblee sur la cornee elle-même, auquel cas elle est dite primitive; ou bien elle est la conséquence de la propagation a la cornée d’une hypérémie de la conjonctive, auquel cas elle appelée consécutive. Cette dermere forme est commune chez les petits enfants.

La kératite se présente sous des formes variées, constituant autant de variétés distinctes :

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1" Variété. — Kératite exulcéreuse. — La conjonctive scléroticale est injectée à un degré modéré. On y distingue un plan vasculaire superficiel ou artériel, de figure radiée ou en réseau, se divisant tout près de la cornée, en une foule de ramifications, formant autour de la circonférence de cette membrane, un petit cercle d’environ un millimètre de large. Quelques-uns de ces vaisseaux anticipent sur la cornée. Le plan vasculaire profond est constitué par des vaisseaux, couleur lie de vin, qui se terminent aussi à une petite distance de la circonférence de la cornée, par une foule de ramifications ténues qui ne dépassent par la cornée elle-même. Cette membrane a conservé sa transparence et son poli, sauf sur certains points ; à la circonférence, ce qui est plus fréquent ; ou au centre, où elle présente un état légèrement rugueux qui n’est le plus souvent visible que lorsqu’on examine l’œil de profil, et qui résulte d’une destruction, par places, de l’épithélium cornéal. En général, il n’existe ni photophobie, ni larmoiement ; la vision reste bonne.

2e Variété. — Kératite phlycténülaire. — On la désigne aussi sous le nom de kératite •pustuleuse ,

Kératite conjonctivale pustuleuse.— a, b, e, d. Pustules delà cornée et' vaisseaux se rendant aux pustules.

et fort improprement sous le nom d’ophthalmie scrofuleuse, attendu que cette forme de kératite se développe très souvent sur des sujets qui n’ont aucun des attributs de la scrofule. Elle est caractérisée par le soulèvement de l’épithélium de la cornée, à des places circonscrites, par de la lym¬

Fig. 674.

Kératite vésiculeuse ou pustuleuse. — a, a, a. Pustules sur la conjonctive et sur la limbe de la cornée. — B, B. Vaisseaux développés autour des pustules.

phe plastique, d’où la formation de petites protubérances qui ressemblent à des phlyctènes ou à des pustules. Cette variété se rencontre surtout dans l’enfance et la jeunesse.

Elle est caractérisée par les symptômes suivants : sur une portion limitée de la conjonctive scléro¬

ticale existe une plaque vasculaire serrée, de forin triangulaire, à base tournée du côté du cul-de-T6 conjonctival, à sommet aboutissant au point T réunion de la sclérotique et de la cornée. Au niveS du sommet de la plaque existe une petite saillie de couleur blanchâtre, située généralement sur la circonférence même de la cornée. Quelquefois q existe plusieurs plaques vaculaires semblables chacune d’elles se terminant par une phlyctène sur la cornée.

Contrairement à l’opinion exprimée par plusieurs ophtalmologistes, cette forme de kératite ne s’accompagne que rarement de photophobie et de larmoiement.

3e Variété. —Kératite vasculo-plastique. — pa conjonctive scléroticale est injectée à un degré plus ou moins intense. Parfois les vaisseaux delà conjonctive scléroticale forment, autour de la circonférence de la cornée, un cercle vasculaire constitué par une foule de ramifications anastomosées ensemble. Quelques-uns des vaisseaux appartenant au plan superficiel ou artériel de l’injection scléroticale anticipent sur la circonférence de la cornée, ou même, s’étendant plus loin, couvrent cette membrane, jusqu’au centre, de nombreuses ramifications. Celles-ci aboutissent généralement à un ou plusieurs épanchements plastiques, ou. s’arrêtent à une certaine distance de ces derniers. Quelquefois il existe une suffusion comprenant la totalité de la cornée qui offre une teinte nébuleuse ou une coloration blanche bleuâtre. Il existe souvent, mais non toujours, de la photophobie et du larmoiement.

4° Variété. Kératite ulcéreuse. Ulcères de la cornée. — Il existe une injection de la conjonctive scléroticale, partielle ou générale. La circonférence de la cornée est parfois entourée, dans la totalité ou dans une partie de son étendue, par un cercle radié. La cornée elle-même est ou n’est pas vascularisée. Quelquefois les vaisseaux arrivent jusqu’aux ulcérations. Celles-ci sont plus communes à la circonférence que sur les autres parties de la cornée.

Les ulcérations de la cornée sont formées par des dépressions plus ou moins profondes, c’est-àdire par des pertes de substance de la membrane. Pour bien les apprécier, il faut examiner la cornee de profil et non de face. La forme en est variable • elles sont allongées et semi-lunaires, comme si on avait donné un coup d’ongle ; de là cette dénomination d’ulcères en coups d'ongle; d’autres, de forme circulaire, ont moins d’étendue à la partie profonde que superficiellement (ulcères cup^1' formes ). Tant que l’ulcère est à la période d’état ou de progrès, il présente , lorsqu’on l’examine de profil, un aspect rugueux et terne. Après la cicatrisation, la surface ulcérée reprend un aspect poh® brillant dû à la reproduction de la couche épith^ liale. Si l’ulcération est bornée aux couches Je plus superficielles de la cornée, la surface de celleci reprend sa configuration normale; si, au contraire, l’ulcération a détruit une portion on pf* épaisse des lamelles de la cornée, la perte de su stance ne se sépare pas, et il reste une dépressi plus ou moins profonde qui, au premier abord» ^

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DOur un ulcère et qui n’est pas un ulcère, f^-étendus ulcères en facettes ne sont autres LCS des ulcères guéris ; ce qui le prouve, c’est qu’en îae aminant de profil, on en reconnaît la surface brillante; l’épithélium s’est reproduit à leur ni-

V6La' photophobie et le larmoiement sont surtout fréauents dans les ulcérations de la cornée qui ont assé à l’état chronique et se sont vascularisés.

P »0 yapjété. Kératite purulente. — C’est une f rme très rare; e^e est caractérisée par une coloaiion jaunâtre plus ou moins étendue de la cornée ce qui la distingue de la kératite plastique, dans laquelle la coloration est grise blanchâtre.

On a confondu le plus souvent avec la kératite nurülente, des hypopyons ce mot) accolés à la face postérieure de la cornée. Pareille réflexion s’applique aux prétendus abcès de la cornée. Cette membrane, en raison de sa structure, se prête à des infiltrations, mais non a des collections de

6° Variété. Kératite chronique. — Il existe une injection de la conjonctive, de forme et d'intensité variables. La cornée est parcourue en tous sens, ou dans certaines portions, par des vaisseaux d’une ténuité excessive, s’anastomosant entre eux, et faisant suite .au plan vasculaire artériel de la conjonctive. Elle présente une suffusion . plastique ténue, ce qui lui donne une teinte opaline, laiteuse, ou d’un vert sale, rappelant la coloration de la pierre à fusil. Parfois elle est rugueuse à la surface; dans d’autres cas, elle présente des ulcérations profondes ou superficielles alimentées par des vaisseaux. En général, il existe une photophobie très prononcée, forçant le malade à tenir closes les paupières. Celles-ci, lorsqu’on les écarte, laissent échapper un flot de larmes.

On observe souvent, dans le cours des diverses variétés de kératite, des névralgies sur le trajet des branches de la 5e paire.

La kératite se termine, par la guérison, parla perforation du miroir de l’œil, ce qui donne lieu à une hernie de Vins, ou bien par une destruction Plus étendue du miroir oculaire, ce qui produit un ^uphylome cornéo-iridien. Dans d’autres cas, l’af¬

fection

passe a l’état chronique, dure des mois et

îjj&lquefois des années, laissant à sa suite des opaéna^ ^US °U mo*ns étendues , plus ou moins rLlSSe/ de la cornée, connues sous le nom géné- ? e de taches, taies, albugo.

fcér t?an9rene 5de la cornée est rare à la suite de la uiolé1 e{ ,s o^serve> sous forme de mortification acconi lre’ à la suite de certaines conjonctivites l’onhthaign-éeS dun chérnos^ dur, notamment dans de la en kfennorrhagique. Le ramollissement Le dîrnee 6-t auss* rare a Sldte de là kératite, tains n°St^C de *a kératite est facile ; dans cerl’œil à vl .i -eSt rendu plus facile par l’examen de Le trait airage faféral par une bonne lampe. amiphlo<Hçflaeilt comP°rte rarement l’emploi des est en 1^ueSt Parfois, alors que la conjonctive pliquer enf6 tras injectée, il est utile d’ap-

Sangsues aiJ6 \or.e^e et l’angle des paupières, des une ventomp11 . s® Couler deux à trois heures, ou Oictio SCari®ae-Les onctions hydrargyriques NNaire populaire de Médecine usuelle.

belladonées sur l’orbite ne sont indiquées que dans la période aiguë. Les mercuriaux administrés à 1 intérieur, le tartre stibié pris à dose rasorienne, le nitrate de potasse à haute dose, la teinture de semences de colchique, conviennent plutôt dans les cas où la kératite se complique de phlegmasies profondes de l’œil, notamment d’iritis.

Le collyre au nitrate d’argent, à la dose de 20 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée, réussit dans les kératites au début, à la condition que les instillations soient faites méthodiquement, de trois en trois heures et confiées , à une main exercée. C’est une médication substitutive, et si elle est mal exécutée, l’affection s’aggrave. L’instillation du collyre étant douloureuse les premières fois, beaucoup de malades renoncent à s’y soumettre. Une remarque importante, c’est que l’instillation est infiniment moins pénible lorsqu’elle est faite en une seule fois, que lorsqu’on projette le liquide goutte par goutte derrière les paupières. C’est au médecin à apprendre à l’entourage du malade à bien faire ces instillations,

Lorsque malgré les précautions précédentes, le collyre au nitrate d’argent échoue, il convient de le remplacer par un collyre à l’atropine, à la dose de 5 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée.

Chez les enfants atteints de kératite phycténulaire, on réussit souvent avec un collyre laudanisé, à la dose de 2 grammes de laudanum pour 30 grammes d’eau distillée, ou avec un collyre au borax à la dose de 23 centigrammes de borax pour 30 grammes d’eau distillée. Il faut bien se garder d’exécuter aucune manœuvre sur les phyciènes de la cornée qui Se résorbent sous l’influence de la médication locale. 11 ne faut pas non plus ponctionner la cornée, en cas d’infiltration plastique ou purulente de cette membrane.

Dans les kératites chroniques, on soumet le malade à une médication générale en rapport avec la diathèse. Qu’on se garde bien de faire séjourner ces sujets dans une chambre obscure. Il faut se contenter de les soustraire à une lumière trop vive, en leur faisant porter des lunettes à verres fumés, forme coquille, ce qui leur permet de sortir dans la journée. Si on les soustrait complètement à l’action de la lumière, non seulement la santé générale en souffre, mais la photophobie devient excessive dès qu’on les fait passer dans un lieu éclairé.

La kératite chronique comporte l’emploi du collyre à l’atropine, à la dose indiquée. Les instillations sont faites quatre fois par jour. Les irrigations de la cornée avec une solution d’acide borique au centième donnent de bons résultats. Les révulsifs de toutes sortes, purgatifs, vésicatoire à demeure à la nuque, pommade stibiée additionnée d’huile de croton derrière les oreilles, sont souvent indiqués.

Pour combattre la photophobie, on administre à l’intérieur le sulfate de quinine associé à la poudre de belladone; l’extrait de ciguë; on prescrit les onctions sur les paupières avec une pommade de précipité blanc et d’opium, ou avec une solution de codéine dans de l’eau additionnée d’alcool ; le badigeonnage des paupières avec la teinture I d’iode.

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