‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 36 sur 289 · KOL · texte numérisé non relu

KOL

Il faut se garder de cautériser les ulcères de la. cornée avec le crayon de nitrate d’argent. Pour peu que la cautérisation soit profonde, elle entraîne la perforation de la cornée et les suites graves qui en résultent. D' fano.

KÉRATOCÈLE. — (Y. Staphylome.)

KÉRATONYXIS. — Nom donné par les oculistes à l’opération de la cataracte par broiement du cristallin (V. Cataracte ). p. L.

KÉRATOTOMIE. - (V. Cataracte.)

KERMÈS MINÉRAL. — Le kermès minéral, ou sulfure rouge d’antimoine (Y. Antimoine), est un sel qui, préparé d’après le procédé de Cluzel, le seul adopté par le Codex, se présente sous l’aspect d’une poudre d’un rouge pourpre foncé, veloutée, légère, inodore, insipide et insoluble dans leau.

Pris en petite quantité, ce produit traverse les voies digestives sans les irriter. De là il est absorbé, porté dans le torrent de la circulation et promptement éliminé par nos principaux émonctoires et surtout par la muqueuse bronchique dont il fluidifie les mucosités et facilite l’expectoration.

Ingéré à des doses élevées, il détermine différents phénomènes dus à l’irritation plus ou moins vive qu’il développpe sur le canal intestinal. En effet, ou bien il concentre toute son action sur la muqueuse gastro-intestinale, et alors il produit des vomissements et de la diarrhée; ou bien l’estomac dérangé les premiers jours par sa présence s’habitue à son contact et le tolère jusqu’au moment où il pénètre dans la circulation générale qu’il a la propriété de modifier avantageusement. Car, s’il ralentit les battements du cœur et les mouvements respiratoires, il abaisse aussi la température et diminue l’urée dans de certaines proportions. Son élimination ne se fait pas longtemps attendre, elle a lieu par les reins, la peau et les bronches : la sécrétion urinaire s’en trouve légèrement augmentée, la sueur en résulte parfois et les mucosités bronchiques en sont expectorées en plus grande quantité.

De ces diverses propriétés physiologiques du kermès, il n’en est que deux qu’on mette fréquemment en usage, ce sont ses propriétés expectorante et contro-Stimulante. On prescrit le kermès, comme expectorant, à la dose de 2 à 15 centigrammes par jour, émulsionné dans unlooch blanc ou dans une potion gommeuse, contre la bronchite aiguë et chronique, la laryngite, la grippe, la coqueluche, l’asthme,. -le catarrhe pulmonaire, la pneumonie catarrhale. On le fait prendre, comme contro-stimulant de la même manière, aux doses de 30 centigrammes à 1 gramme et au delà, suivant l’âge du sujet, le sexe, le tempérament et la constitution médicale régnante.

Ainsi tandis que 20 centigrammes à 1 gramme suffisent dans la plupart des cas et produisent un résultat utile , il arrive parfois que 30 à 50 centigrammes ne peuvent être tolérés qu’à la condition de les mêler à une assez grande quantité d’opium, et que d’autres fois on peut élever les doses à 2, 4

et 8 grammes par jour sans en voir résulter l moindre vomissement. Ces effets différents pendent évidemment de la constitution épidémim,' d’une, contrée ou de tout un pays qui influent si^ la constitution particulière de l’individu au p0int; de lui faire supporter des doses plus ou moins fortes du même remède. Dr marc. Cambouuves.

KHAYA. — Le khaya, ou cail-cédra, est un arbre élevé, de la famille des Méliacées, qui pousse dans la Sénégambie, dont le bois est exporté en Europe sous le nom d’acajou du Sénégal, et dont l’écorce, appelée quinquina du Sénégal, large, cintrée, dure', cassante, rougeâtre, légèrement odorante et douée d’une saveur amère, possède des propriétés fébrifuges manifestes, utilisées par les naturels du pays.

KINA. — (V. Quinquina).

KINO. — On donne le nom de kino, ou gommekino, à un certain nombre de sucs fournis par diverses plantes qui viennent de pays différents. Le kino de Colombie est fourni par le Manglier ou pterocarpus mangle; celui de l’Australie ou Nouvelle-Hollande, par V eucalyptus resini/era; celui de la Jamaïque, par le cocoLba uvifera; celui de l’Inde, par pterocarpus marsupium; celui de Gambie ou Kino d’Afrique, par le pterocarpus erinaceus; celui du Bengale, par le buteafrovdosa.— Ces sucs s’obtiennent par l’évaporation du liquide qui s’écoule des incisions pratiquées aux troncs et aux branches de ces différents arbres. D’apparence résineuse, cassante, d’une couleur rouge brun plus ou moins brillante, ces sucs, inodores, ont une saveur styptique et très amère, due au tannin qu’ils contiennent dans les proportions énormes de 70 à 75 pour 100. Appéritifs et stimulants lorsqu’ils sont pris à petite dose, ils deviennent très astringents à haute dose. Aussi les utilise-t-on à la dose de 60 centigrammes à 3 et même 4 grammes par jour, en trois fois, contre les diarrhées chroniques, les hémorrhagies passives de l’utérus et aulres, etc. A l’extérieur, on les applique en poudre ou en teinture sur les ulcères dont on veut modifier la surlace supp urante. Dr Paül labarthe.

KOHOL. — On désigne sous ce nom en parfume rie un cosmétique noir à base d’antimoine, ou de sulfure d’antimoine, très usité dans l’antiquité juive, et dont se servent encore les femmes en Orient, en Angleterre et aussi en France, pour noircir les rebords des paupières, agrandir leur fente par un trait placé à l’angle externe de l’œil, et ombrer le dessous de la paupière inférieure. P. t.

KOLA. La kola, appelée aussi kola-nut, noi $ de kola, est un fruit d’un arbre de la famille des Malvacées, appelé sterculia acuminaia , originaire de l’Afrique tropicale, qui croît au Sénégal, à Sierra- Leone, au Congo, dans la Guinée, que les Angl^3 ont introduit aux Seychelles, à Calcutta, à Sydney» à Zanzibar, en Colombie, et que les Français ofl* importé dans les Antilles françaises, la Guadelonpe et le Gabon.

KOU

KOU

Ta kola est une grosse noix à saveur d’abord L ée puis astringente et amère, qui contient une Sïrtaine quantité de caféine comme le café, et de iMobromine comme le cacao, mais en proportions moindres; on y trouve aussi du tannin.

La noix de kola est en grand honneur dans le lre de l’Afrique, où elle sert à préparer une boisson rafraîchissante et réparatrice, qui aide' les è„res à supporter les fatigues et la chaleur de ce climat torride, leur donne de l’appétit et accélère leur digestion. Ils le préfèrent même au thé et au café. Le Dr Daniell, qui a longtemps voyagé dans le Soudan, dit que « les negres adorent le kola-nut, et, quand ils s’expatrient' dans d’autres pays, n’oubiient jamais de l’emporter avec eux. Ils l’emploient comme remède infaillible contre l’ivresse, et M. Papescio, chimiste distingué, me certifiait que les boissons alcooliques ne produisent aucun effet intoxiquant lorsqu’on mâche le kola en les prenant.»

Expérimenté depuis quelques années en Angleterre et en France par T. Christy, Huchard, Duriau, Monnet, etc., le kola peut être considéré comme un aliment d’épargne ou antidéperditeur, comme un tonique légèrement aphrodisiaque et comme un bon remède contre les diarrhées chroniques.

KOUMYS.— Le koumys est une boisson gazeuse, blanc bleuâtre, obtenue par la fermentation lactoalcoolique du lait de jument, qui est d’un usage journalier chez les peuplades de la Russie orientale et de l’Asie.

Voici, d’après un article intéressant sur le Koumys et les j ummenteries Kirghises, publié en 1882 dans la Hevue Britannique, comment se prépare le koumys : Les nomades et les propriétaires des établissement de koumys qui ne traient pas leurs juments pendant l’hiver, recourent, le printemps venu, à la caséine sèche de koumys fort, préparée à 1 automne de l’année précédente. Cela s’appelle de lalevûre sèche de koumys et se fait comme il suit: La caséine qui, dans le koumys fort, tombe au tond du vase, est recueillie, pressée et dépouillée par une exposition au soleil. On la met ensuite ans une jarre de terre et on la garde en lieu sec e lautomne au printemps. La poudre ou levure koumys se présente sous la forme d’une masse

— — ‘nugoiie et se compose de caséine (à a de fermentation), d’une petite quantité d’almine et de matière graisseuse. Cette graisse e a Part> pendant un si long temps, peut deverai ,ra°ce )ou peut-être, par sa présence et avec ^ e.a e 1 a^umine et de la lactoprotéine, amener conv .as01Qe des changements qui favorisent la huil(^rS1-011- d une certaine partie de celle-ci en , ainsi qu’on l’observe dans la fabrication du tourn^6 de F0(ïuefort;> une partie du gros lait e en graisse. En vue d’empêcher le beurre de bum°'rr0m^re e*V PeuLêtre aussi pour rendre l’aljjj lne 11011 uuisible, le docteur Postnikof recomsèe la caséine> avant d’être séchée et pres-

pur ewi’bien lavée dans une solution d’alcool très de Lorsqu’on veut se servir de poudre

22S la traite comme il suit : On met

s de la poudre en question dans 1 litre

et demi de lait frais de jument. On agite ensuite fortement le mélange et on le met de côté à une température de 27° à 32° centigrades. Le vase doit être recouvert d’une couche épaisse de mousseline ou bouché avec de la ouate. Au bout de cinq heures, des bulles viennent crever à la surface du liquide, lequel, au bout de vingt-quatre heures, est parfaitement sûr et émet une odeur acide. La liqueur fermentante est alors yersée dans un vase de bois ou un sac de cuir contenant 23 à 27 litres de lait frais. Le mélange est battu douze heures durant (la température ambiante ne devant jamais dépasser 34° centigrades), à l’expiration desquelles la totalité du lait a subi une fermentation suffisante pour constituer du koumys. Au bout de quelques heures on le met en bouteille et on ficelle les bouchons.

Le koumys a un goût légèrement aigrelet et piquant, rappelant celui du petit lait frais et du lait de beurre, et laisse un arrière-goût frais assez agréable. Il est généralement bien digéré, même parles gastralgiques

Doué de propriétés reconstituantes, nutritives et névro-sthéniques, le koumys, employé depuis longtemps par les médecins russes contre la phthisie pulmonaire, a été introduit en France vers 1873. Sous son influence, ainsi que l’ont constaté plusieurs médecins parmi lesquels nous citerons Schnepp, Stahlberg, Landowski, etc., le sommeil reparaît, la fièvre se calme et disparaît peu à peu, les sueurs nocturnes diminuent, le pouls devient ample et modéré, la capacité pulmonaire augmente, la toux diminue, les crachats deviennent mucopurulents, puis muqueux; enfin, le poids du corps augmente, même à une période avancée de la maladie.

Le koumys se prend à doses progressives, de 1 à 4 bouteilles par jour, et se boit, non à jeun, mais deux heures environ après les repas. La durée minimum de la cure est d’un mois et demi à deux mois. Dr Paul Labarthe.

KOUSSO.— Le kousso est la fleur d’un. arbre qui croît sur les montagnes de l’Abyssinie, le koussotier.

Fig. 695. — Kousso (fleur femelle).

Cet arbre, de la famille des Rosacées dont la hauteur est de 10 à 15 mètres, présente de loin 1 aspect d’un noyer chargé de longues et larges grappes pendantes. Ses fleurs disposées en pamcules sont petites, rougeâtres, elles ressemblent un peu une fois sèches, à nos fleurs de tilleul bnsees. Leur odeur est spéciale et leur saveur d abord peu marquée, devient ensuite acre et désagréable. Leur composition est complexe ; elles renferment un

KOU

KYS

principe spécial, la koussine, deux résines dont l’une insipide, l’autre âcre et amère, une huile volatile, du tannin et d’autres produits moins importants.

Pris à l’intérieur, le kousso n’exerce pas une action bien marquée sur l’économie; il produit dans

Fig. 696. — Kousso (fleur mâle).

la bouche un peu de chaleur âcre, arrive dans l’estomac, y. provoque quelques nausées, rarement des vomissements, il passe ensuite dans l’intestin où il détermine de légères coliques, quelques évacuations et l’expulsion du taenia sur lequel il a une action toxique des plus énergiques. Souvent il suffit d’une à deux heures de temps pour que le ver entier soit détruit et expulsé au dehors. D’autres fois cette évacuation tarde à se faire, elle est alors puissamment activée par l’administration d’un purgatif huileux ou salin.

L’emploi du kousso est très répandu en Abyssinie où le tænia est excessivement fréquent par suite de l’usage de la viande crue. Il constitue le meilleur tænicide que l’on connaisse et agit aussi bien contre le tænia solium que contre le tænia bothriocéphale. Son usage a pris une si grande vogue chez les Ethiopiens, soit comme vermicide, soit comme purgatif, que lorsqu’une personne ne veut pas recevoir la visite d’une autre, elle lui fait dire qu’elle a bu le kousso. En Europe, le kousso est un remède fréquemment employé aujourd’hui et souvent avec le plus grand succès. Il l’emporte par ses propriétés tænifuges sur l’écorce de la racine de grenadier, sur la racine de fougère mâle et sur tous nos produits indigènes; il n’y a que sa cherté excessive qui puisse en restreindre l’emploi.

Son administration est des plus simples et des plus faciles : on prend 15 à 20 grammes de fleurs de kousso qu’on réduit en poudre grossière, on verse par-dessus 250 grammes d’eau bouillante, on laisse infuser un quart d’heure et l’on fait avaler le tout, poudre et liquide, sans rien laisser. En général, une ou deux heures après l’ingestion du médicament, le malade va à la garde-robe sans fièvre, ni coliques. Les premières selles contiennent ordinairement des débris de tænia, mais ce n'est que vers la troisième ou la quatrième que le ver est expulsé en entier. Le plus souvent une seule dose suffit ; dans le cas contraire on peut la réitérer sans inconvénient. Bien mieux encore, si la première dose de kousso n’avait pas produit son effet au bout de cinq ou six heures, il faudrait donner de l’huile de ricin ou un verre d’eaù de Sedlitz pour activer l’ac¬

tion du remède qui ne sera véritablement efficap qu’à la condition que le malade aura rendu de6 anneaux de tænia la veille de l’administration du kousso. Dès ce moment, le patient sera soumis à une diète rigoureuse, le lendemain matin il pren dra le kousso et le soir même il pourra ingérer quelques aliments solides, comme à la suite d’un purgatif ordinaire. Dr marc. Camboulives.

KRAMERIA. — Nom donné par les botanistes à un genre de plantes de la famille des polygalacées dont une variété surtout, la krameria triandra, qui pousse dans la Bolivie et au Pérou, est employée en médecine. La partie de la plante usitée est l’écorce de la racine qui fournit le ratanhia (V. ce mot).

KWAS. — On donne ce nom à une boisson très hygiénique, obtenue par la fermentation de la farine de seigle délayée dans de l’eau, dont on fait usage en Russie. P. L.

KYESTÉINE. — La kyestéine est cette pellicule crémeuse, blanchâtre, parsemée de petits points brillants et cristallins, qui se forme à la surface de l’urine des femmes enceintes, lorsqu’on la laisse exposée pendant trois ou quatre jours à la lumière, et qui se brise au bout d’un certain temps et tombe par fragments au fond du vase. D’après le professeur Robin, la kyestéine serait une matière azotée • résultant de l’altération, par putréfaction, de la petite quantité de substance azotée ou muconne qui existe normalement dans l’urine, mais se trouve en quantité un peu plus grande chez les femmes enceintes. P. L.

KYSTE. — Les kystes sont des tumeurs chroniques ayant la forme de cavités closes dont la surface externe se continue avec les tissus voisins, tandis que leur surface interne est simplement en contact avec la matière en général molle ou liquide qu’ils contiennent.

Avec Hunter et Broca, nous diviserons les kystes en deux classes :

A. Les kystes naturels ou progènes, formés par le développement d’une cavité ou d’un canal préexistant.

B. L’es kystes accidentels ou néogènes , dont la paroi s’est formée de toutes pièces :

A. Kystes naturels ou progènes. — Ils comprennent eux-mêmes plusieurs variétés, Broca en admet cinq, toutefois on peut simplifier sa classification et la réduire à trois variétés :

1° Kystes par exsudation;

2° Kystes par rétention ; g0 Kystes vasculaires.

\° Kystes par exsudation. — Voici une cavité qu1» à l’état normal, est vide ou renferme fort peu “e liquide, mais, par le fait d’une irritation chronique de ses parois, le liquide qu’elle renferme s'accroît» la dilate et la transforme en kyste : voilà un kyste par exsudation ; dans cette classe se rangent te kystes de l’ovaire, du rein, du corps thyroïde ; Ie kystes des bourses séreuses, des gaines tendineuses» des sacs herniaires, etc.

KYS

oo vastes par rétention.- On sait que le produit . Sécrétion des glandes est éliminé au dehors :

• * nne cause quelconque, les canaux qui ser-

Sl Pf à rette élimination des produits sécrétés vien- T6 + à s’obstruer, ces produits s’accumulent dans feDCde et dans son conduit excréteur, en arrière 1a l’nbstacle, et les dilatent de manière a former “ kyste : voilà un kyste par rétention, tels sont tvstes des glandes sébacées.

] }lLies vasculaires. - Ces kystes sont dévelop- , dans la cavités des vaisseaux sanguins ou lymphatiques entre deux oblitérations superposées ?Rroca) Rares dans les artères et les lymphatiques,

1, sont assez fréquents dans les veines et les capillaires; mais il faut, au préalable, que ces vaisseaux soient altérés comme ils le sont dans les varices et les tumeurs érectiles ; dé plus, en raison des deux oblitérations, le sang ne peut arriver dans le kyste qui se trouve ainsi formé en grande partie par une exhalation anormale du vaisseau dilaté (Broca).

B. Kystes accidentels ou néogènes. —Ces kystes n’ont pas leur siège dans une cavité préexistante, leur paroi est formée de toutes pièces. Broca en admet deux variétés : 1° dans les uns, la formation de la paroi est un phénomène primitif [kystes autogènes)-,

2° dans les autres, elle est consécutive à la présence d’un corps étranger autour duquel elle se forme et qu’elle enkyste ( kystes périgènes).

1° Les kystes autogènes, c’est-à-dire ceux dont la paroi se forme spontanément, sans cause appréciable, sont rares et d’une explication difficile ; ils sont congénitaux ou acquis, ils ont une paroi celluleuse ou cellulo-fibreuse et renferment un liquide séreux, on les rencontre dans les os, le mésentère, les parois abdominales, les plexus choroïdes.

2° Les kystes périgènes se forment autour d’un corps étranger, c’est la présence de ce corps qui provoque l’irritation dont la paroi kystique est la conséquence : tels sont les kystes développés autour d’un fœtus ou d’un vestige d’embryon ( kystes dermoides), autour d’un entozoaire(%A/eA hydatiques), autour d’un corps étranger quelconque, projectile de guerre, séquestres, esquilles, calculs et même autour du sang épanché hors des vaisseaux, du PUS’ etc. ( tumeurs enkystées).

Parmi tous ces kystes il en est qui ont été décrits avec les développements qu’ils méritent dans des articles spéciaux : tels sont les kystes hydatiques (V . Foie [kystes hydatiques du]), les kystes e l ovaire (Y. Ovaire) etc., mais il est utile de grouper dans une même description les caractères ues kystes dermoïdes.

Kystes dermoïdes. — Ainsi que leur nom l’indikystes ont une paroi dont la texture ressemble à celle de la peau.

es kystes s’observent non seulement dans l’ovaire du sneûC-ife daQS certains points de la tête (queue lienv11 • ’ du cou et du tronc, correspondant aux

fentot-4!!1 ex’s.tent chez le fœtus des fentes, dites fusînn *lanckiates, fentes qui disparaissent par la Que îwi ■ 1185113 .voisiris- H est donc probable quen<*P vUSr .tardive de ces fentes a pour consémclusiôn dans la profondeur des tissus de

KYS 197

véritables sacs cutanés, aux dépens desquels se font les kystes dermoïdes : c’est la théorie de l’inclusion fœtale.

Leur paroi offre une texture semblable à celle de la peau ; elle renferme des glandes, des poils, des papilles. Leur contenu est assez variable, et, sous ce rapport, on peut, avec Lebert, distinguer trois variétés de kystes dermoïdes : 1° les uns ressemblent absolument aux kystes sébacés, ils n’en diffèrent que par leur siège et l’absence d’orifices ; 2° les autres renferment des poils, des cheveux disposés souvent en touffes ; chez d’autres encore, le contenu est complexe : on y rencontre, au milieu de la matière sébacée, des dents, libres ou implantées dans un fragment osseux (ces dents ont les caractères de la première et de la seconde dentition) ; des plaques cartilagineuses, des masses de tissu musculaire strié, etc.

La paroi des kystes présente de grandes variétés : tantôt elle est formée par un tissu conjonctif ou fibreux d’épaisseur variable, revêtu d’une couche de cellules épithéliales eu endothéliales, tels sont les kystes formés aux dépens d’une cavité préexistante ;• tantôt la paroi est beaucoup plus complexe et présente tous les caractères de la peau (kystes dermoïdes).

Leur contenu n’est pas moins variable, il se compose de liquides séreux, sanguins, purulents, muqueux ou colloïdes, de matière sébacée ou même de vestiges embryonnaires, poils, dents (kystes dermoïdes).

Leur cavité est unique ou multiple, cloisonnée, alvéolaire (kystes uni ou multiloculaires, kystes alvéolaires, etc.).

Leurs dimensions sont des plus variables, colossales comme celles de certains kystes de l’ovaire ou comparables à celles d’un grain de mil.

Les kystes se présentent sous l’aspect de tumeurs arrondies, de volume variable, habituellement fluctuantes; ces tumeurs peuvent être molles, pâteuses, rénitentes et élastiques, différences en rapport avec la nature de leur contenu , liquide ou sébacé, avec la tension du liquide qu’ils renferment, la disposition de leur cavité qui est unique ou multiloculaire. Lorsque la fluctuation se transmet nettement dans un sens et non dans d’autres, il y a lieu de croire que le kyste est cloisonné.

Dans les kystes hydatiques, la pression détermine parfois un frémissement spécial dit hydatique. Les kystes développés dans les os peuvent amincir la lamelle osseuse qui les recouvre à un tel point qu’elle se laisse déprimer par la pression en produisant un bruit ou une sensation de parchemin. Certains kystes très superficiels, à parois très minces et remplis d’un liquide très clair, sont transparents. -

Les kystes refoulent les organes voisins sans leur adhérer, ils sont indolents par eux-mêmes, mais la compression des tissus ou organes qui les environnent peut se traduire, soit par des douleurs vives, soit par des troubles fonctionnels nombreux

et graves. .

Leur évolution est assez variable, ils peuvent

s’accroître incessamment, rester stationnaires ou

même s’affaisser, se rompre et guérir ; mais ces

198 KYS

ruptures, souvent provoquées par un traumatisme, déterminent fréquemment l’inflammation et la suppuration des parois du kyste et des phénomènes d’infection putride résultant de la décomposition du pus et des difficultés de son élimination.

Le diagnostic du kyste se basera sur les caractères que nous venons d’exposer : tumeur à évolution lente , sans phénomènes inflammatoires, sans adhérences à la peau, indolente, souvent fluctuante, sans retentissement ni ganglionnaire ni général; ces caractères, il est vrai, appartiennent en partie à d’autres tumeurs, telles que les lipomes ; mais une ponction capillaire pratiquée avec le trocart d’un appareil aspirateur dissipera les doutes, s’il en existe.

Le pronostic est bénin d’une manière générale ; mais, de même que la plupart des tumeurs bénignes, certains kystes peuvent, par l’obstacle qu’ils

KYS

apportent à des fonctions vitales, déterminer i mort, tels sont les kystes de l’ovaire.

Les divers moyens appliqués à la cure des kvst peuvent se diviser en trois groupes (Broca). * S

1° Faire résorber le contenu du kyste par u compression, les révulsifs irritants (vésicatoire badigeonnage à la teinture d’iode), les applications résolutives. Ces moyens ne peuvent être dirigés avec quelque chance de succès que contre les kystes récents, superficiels, peu volumineux.

2° Oblitérer sa cavité par la fusion de ses parois — Pour cela on enflamme la surface interne du kyste par des injections iodées, le séton, le drainage, l’incision et l’application de charpie, la cautérisation, etc.

3° Extirper le kyste avec l’instrument tranchant.

Dr Léon Moynag.

LABARRAQÜE (lmueur de). — La liqueur de La- Nous ne parlerons pas des robs, affreuses drogues, barraque, employée en chirurgie comme panse- pires que les sirops comme goût, sans avoir leur ment désinfectant et cicatrisant des plaies, n’est efficacité, car la plupart sont constitués par un tas autre chose qu’une solution de chlorure de soude de sucs d’herbes, dont les propriétés dépuratives (Y. Soude). p. L. sont absolument problématiques, pour ne pas dire

nulles, et dont la présence dans ces préparations ne LABARTHE (kava). — (V. Kava.) sert qu’à flatter ce préjugé du public qui s’obstine à

croire que ces herbes dépurent !

LABARTHE (pilules du Dr). — - Les pilules du doc- Les pilules du Dr Labarthe obvient à tous ces teur Labarthe sont des pilules à base d ’iodure inconvénients des sirops et des robs et remplissent

double de mercure et de potassium (Y. ce mot), tous les désidérata des médecins et des malades, appelé aussi biiodure de mercure ioduré, et d’ex- Elles sont petites, mathématiquement dosées (chatrait de quinquina, les dépuratifs et le reconsti- que pilule contient : biiodure ioduré 2 milligrammes, tuant par excellence, proclaiùés par Cullerier, ioduré de potassium 15 centigrammes, extrait mou Puche, Ricord, Gibert, Bazin, Hardy, Guibout, de quinquina 5 centigrammes), à saveur nulle et Fournier, Yidal, Simonnet, Diday, Rollet, Hébra et faciles à avaler, enveloppées qu’elles sont par un l’universalité des syphiligraphes et des dermatolo- enrobage rapidement et entièrement soluble dans gistes, et leur formule est journellement prescrite, l’estomac, et par suite, d’une absorption et d’une

de préférence à tout autre, par les meilleurs méde- assimilation complètes, sans jamais occasionner ni

cins de l’hôpital Saint-Louis, du Midi, de l’Antî- dégoût, ni nausées, ni vomissements, ni fatigues quaille et dans les Cliniques spéciales. Seulement, de l’estomac. Grâce à leur procédé d’enrobage spéjusqu’ici. les principes médicamenteux qui consti- cial breveté, elles sont d’une conservation indéfinie, tuent cette formule étaient prescrits sous forme de inaltérables à la chaleur ou à l’humidité, dans tous Slr°Ps- les climats et par toutes les latitudes. Enfin, leur

Or les sirops au biiodure de mercure ioduré pré- petit volume les rend très commodes à transporter sentent de nombreux et graves inconvénients. Ils et à dissimuler. Le malade peut toujours les avoir * en général d’une saveur très désagréable. Ils sur soi, dans sa poche, à l’hôtel, au restaurant, en c Pr*s avec dégoût, occasionnent des maux de famille, en voyage, de façon à ne jamais interromdesuJ renvois, des vomissements, déterminent pre son traitement qu’il peut suivre très discrètetit •0Jf. eurs vives d’estomac et la perte de l’appé- ment sans éveiller aucun soupçon. ej S1 blea fiue les malades s’en fatiguent très vite Les pilules du Dr Labarthe sont , sans contredit, Dré^16 Loaucoup abandonnent leur traitement, le dépuratif par excellence; eHes sont de plus toencore souffrir de leur triste mal que de niques et reconstituantes. Elles sont indiquées d’une siron Uer ces atroces médicaments. De plus, les façon formelle contre les affections syphilitiques

la chalQe Se- conservent Pas longtemps, surtout à (accidents secondaires ou tertiaires de la vérole).

Enfin uUr’, Se ,troul)lent et s’altèrent rapidement. On peut aussi les conseiUer dans tous les cas où

peut sp ' S°nt ^ un transport difficile ; le verre l’iode et le mercure trouvent leur application : lym-

de la mac.asser- Les personnes qui vivent en dehors phatisme, scrofules, maladies de peau, etc. Elles se

soit i iïi ne fuient pas laisser leur bouteüle prennent à la dose quotidienne de 6 à 10, en deux

révélerait ■+ ?01t au restaurant, où sa présence fois de préférence au milieu ou à la fin du repas,

tenir a tous une “aladie que l’on tient à car four digestion se fait alors très facilement,

oecrete. ° D' c. Sabban.

LABASSÈRE (eaux minérales de). — L’eau de Labassère, extrêmement connue par suite de l’énorme exportation dont elle est l’objet, émerge à 8 kilomètres de Bagnères-de-Bigorre. Elle a été rangée par Filhol et Poggiale parmi les eaux sulfurées sodiques, et est surtout remarquable par la forte proportion de sulfure de sodium et la faible quantité de sels calcaires qu’elle renferme. Elle se distingue des autres sources sulfureuses par son peu d’altérabilité, dû à ses propriétés alcalines et à sa température naturellement froide, variant seulement entre 11 et 13 degrés.

L’eau de Labassère est excitante, stimulante, digestive et tonique. Elle imprime un redoublement d’énergie à la peau, aux reins et aux muqueuses, notamment à la muqueuse pulmonaire dont elle augmente d’abord la sécrétion , en facilitant l’expulsion des produits sécrétés qu’elle modifie ensuite et qu’elle finit par tarir plus tard. La muqueuse bronchique est tellement accessible à son action qu’elle semble avoir sur elle une sorte de spécificité.

Elle exerce une influence heureuse sur les muqueuses de l’appareil respiratoire, et son emploi est surtout couronné de succès dans le catarrhe bronchique, qu’il soit simple ou compliqué de lésions des organes voisins. Enfin on peut attendre de son emploi tous les résultats propres aux eaux sulfurées sodiques administrées en boisson.

L’eau de Labassère que Filhol n’hésite pas à placer « en tête des eaux sulfureuses propres à l'exportation » peut se. boire en toute saison ; on doit la prendre de préférence le matin à jeun, chaude ou froide selon les cas, pure ou mélangée avec du lait, à la dose d’un quart de verre à un demi-litre, en commençant par de faibles doses.

Dr Paul Labarthe.

LA BABGHE (eaux minérales de). — La Bauche est une commune pittoresque de la Savoie, située près de Chambéry, sur le versant d’une haute montagne couronnée de forêts de sapins, qui possède des eaux minérales ferrugineuses froides , contenant parlitre 11 centigrammes de protoxyde de fer, qu’on utilise en boisson, principalement contre l’anémie et la chlorose. p. L.

LABDANUM. — On donne ce nom à une gomme résine, de couleur brune noirâtre à l’extérieur, grisâtre à l’intérieur, douée d’une odeur aromatique agréable, rappelant celle de l’ambre gris et d’un goût balsamique, amer et âcre, qui découle naturellement des feuilles et des branches de plusieurs arbrisseaux de la famille des Cistinées, qu’on rencontre communément dans les terrains arides de la région méditerranéenne, principalement du ciste de Crète, très répandu dans l’île de Candie et en Syrie. Le labdanum était très employé jadis comme stimulant et expectorant dans les affections catarrhales. 11 est aujourd’hui inusité en médecine et ne sert que dans la parfumerie, p. l.

LABIAL. — Nom donné par les anatomistes a un ftiuscle et à un nerf de la face.

Le muscle labial, appelé aussi muscle orbicu-

Page 1