‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 39 sur 289 · C. Maladies du sac lacrymal et du canal nasal · texte numérisé non relu

C. Maladies du sac lacrymal et du canal nasal

— Plaies.- — A la suite des fractures des os du nez, ou, plus rarement, sous l’influence d’une contusion directe, le sac lacrymal et le canal nasal peuvent être déchirés, rétrécis, etc. Il en résulte du larmoiement et souvent une dacryocystite dont la fistule lacrymale peut être la conséquence.

Il faut donc, dans les fractures des os du nez, attacher une importance spéciale à la coaptation régulière des fragments. Plus tard on pourrait par le ' cathétérisme rendre leur perméabilité aux voies lacrymales rétrécies.

Inflammation ou dacryocystite. — Tumeur et fistule lacrymales. — Nous réunissons dans un même article ces diverses maladies des voies lacrymales, car elles sont liées les unes aux autres à tel point que la fistule lacrymale est la conséquence de la tumeur lacrymale, et que celle-ci est engendrée par l’inflammation.

On sait que la muqueuse qui tapisse le sac lacrymal et le canal nasal se continue d’une part avec la conjonctive, de l’autre avec la muqueuse de Schneider : il est donc naturel que la plupart de ces phlegmasies soient une extension de celles de ces muqueuses, et surtout de la première.

La dacryocystite aiguë se développe à l’occasion d’une conjonctivite, d’un traumatisme, de la présence d’un corps étranger, du cathétérisme des voies lacrymales, etc.

La dacryocystite chonique succède souvent à plusieurs accès d’inflammation aiguë, elle coexiste fréquemment avec des blépharites chroniques, des coryzas répétés, des granulations palpébrales, etc. (V. Dacryocystite).

La tumeur lacrymale est la conséquence de la dacryocystite chronique, et elle est le résultat d’une double influence: 1° l’inflammation exagère la production des larmes et surtout produit des mucosités purulentes qui ne peuvent traverser le canal nasal, elles vont donc s’accumuler dans le sac lacrymal et le distendre de façon à lui donner la forme d’une tumeur ; 2° l’inflammation chronique de la muqueuse 1 épaissit, d’où rétrécissement des voies lacrymales et nouvel obstacle à l’élimination des

produits de la sécrétion. On a voulu également faire jouer un rôle important dans lapàtho^? de la tumeur lacrymale à une ou deux valvuW qui, placées dans le canal nasal, pourraient, T)-5 leur épaississement, leur adhérence, etc., entraver le cours des larmes (Béraud).

L’étroitesse congénitale ou acquise du canal nasal a une large part dans la production de la tumeur lacrymale. On sait, en effet, que lorsque les voies d'évacuation d’un réservoir ne sont pas libres ce réservoir, irrité par la stagnation et la décomposition des produits qui ne devaient y faire qu’un court séjour, s’enflamme et ne guérit que parle rétablissement de la circulation ; c’est ce que l’on observe pour la vessie dans le cas de rétrécissement de l’urèthre, et pour le sac lacrymal, lorsque le canal nasal est rétréci.

La fistjjle lacrymale est une ouverture anormale par laquelle les produits retenus dans la tumeur lacrymale se créent une voie à l’extérieur; elle est . donc la conséquence de la tumeur lacrymale. Mackensie, Warlomont, etc., ont parfaitement exposé l’enchaînement des divers désordres que nous étudions , en les envisageant comme une maladie unique qui présenterait cinq périodes: larmoiement, blenuorrhée , abcès, fistule et carie.

1° Dacryacystie aiguë. — Voici un malade qui, depuis quelque temps, souffrait de certains désordres dans le cours des larmes, il était atteint d’une blépharite, d’une conjonctivite, etc.; lorsqu’il vient à éprouver une douleur plus vive au niveau de l’angle interne de l’œil, les larmes coulent en abondance sur sa joue; au contraire, la narine correspondante reste sèche. Bientôt on constate au niveau de l’angle interne de l’œil un gonflement allongé, bien circonscrit, assez dur, du volume d’une petite fève, c’est le sac lacrymal distendu.

L’inflammation échauffant les parties voisines, la peau rougit, le tissu cellulaire s’œdématie dans une étendue variable, et la tumeur primitive enfouie dans cette tuméfaction n’est plus appréciable, à tel point que l’on pourrait croire à un érysipele commençant ou à un phlegmon, si l’on ignorait les antécédents.

Arrivée à ce degré, l’inflammation peut s’apar ser, mais elle sera prête à renaître sous la plus légère influence ; elle peut suppurer. On voit alors * tumeur se ramollir graduellement, la peau deviez violacée, elle s’amincit, se perfore et à travers 1°^ rifice s’écoule un pus épais, puis mélangé de mes ; la fistule peut se fermer ou couler indéfini ment. Enfin la dyacrocystie aiguë peut passer l’état chronique.

2° Dacryocystite chronique. 3° Tumeur ^acT^ male. — Au niveau de l’angle i n terne de l’œil se trou une tumeur de volume variable ; en attirant la P® pière en dehors, de façon à déterminer la teDS1la des tendons du musclé” orbiculaire, on voit quen tumeur se trouve située au-dessous de ce te'P. jJ ou à la fois au-dessus et au-dessous, ce qui ^ donne la forme d’une gourde. Celte tumeur tantôt molle et fluctuante, tantôt dure; virn^'0 exercer sur elle une pression on fait sourdre a vers les points lacrymaux le liquide n»uco-P“ t lent qui distend le sac lacrymal ; la tumeur P

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- si <?e vider, mais elle ne tarde pas à se remplir; Saines tumeurs sont irréductibles.

Les troubles fonctionnels consistent en un épiera pins ou moins pénible et en rapport avec le jLrré d’obstruction des voies lacrymales, la narine c^respondante est sèche, il n’existe pas de douleur, niais une démangeaison modérée ; très souvent cet état chronique est parsemé de poussées aiguës. On a décrit plusieurs variétés de tumeur lacrymale. — L’une d’elles est constituée par le relâchement du sac lacrymal qui, ayant perdu son ressort, se laisse dilater par les larmes, bien que

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Tumeur lacrymale très développée. — A, B. Tumeur. C,D. Emplacement normal du sac.

le canal nasal ait conservé sa perméabilité. Une autre variété se distingue par l’imperméabilité des conduits lacrymaux et du canal nasal, le mucus sécrété par les parois du sac ne peut être évacué, il s’accumule dans le sac et y forme une tumeur. Enfin, la paroi du sac peut s’érailler, sans que la peau soit perforée, les matières contenues dans le sac se créent une nouvelle poche au-dessous de la peau, il s’établit une sorte de fistule lacrymale “wgne interne.

4° Fistule lacrymale. — La tumeur lacrymale peut rester longtemps stationnaire soit en raison s- a distance des parties, soit par le fait des presenûs exepcées par le malade, etc.; mais de temps dist e^S *CS corrén>ts s’engorgent, la tumeur se peuv ’ ^ peau rou8*t; ces bouffées inflammatoires la for 0t s.'aPa^er> mais souvent elles occasionnent ou bimalli°n rï'un a^ccs au-devant du sac lacrymal form^n le Perf°rent; dans les deux cas il se mensioUne . u^e lacrymale. C’est un orifice de ditie infér- Var^a^e’ Rituellement placé vers lapardu mu 16Ure ^u. sa,c laccyrnal, et qui laisse suinter bernes C? PaS Par une cerlaine quantité de rétrodiiit 6 tra^et la fistule est très court; si l’on sac lacrvm11 1 sty^eC on accive rapidement dans le 13 Peau a,,- SOuvent détendu par des fongosités; du muco-T>eQtOUre Porifice, irritée par l’écoulement gueuse, etPllS’ 6St rou^e’ décollée, amincie, rusais ilfeffi ,conftatation de la maladie est aisée, 165 induits ia P us rechercher si le canal nasal et ccymaux sont perméables, on y arrive

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aisément à l’aide d’injections poussées par les points lacrymaux.

Le pronostic est sérieux par la tendance que présente la maladie à s’aggraver, par sa durée et par la difficulté d'obtenir sa guérison.

On a cherché par de nombreux procédés à guérir la tumeur et la fistule lacrymales; ces procédés sont basés sur quatre indications principales : 1° ramener le sac à son état naturel; 2° détruire le rétrécissement du canal; 3° lui substituer un canal artificiel; 4° enfin supprimer l’organe sécréteur des larmes.

Le traitement auquel on a généralement recours consiste dans la dilatation mécanique des voies lacrymales, dilatation suivie d’injections. La dilatation peut être faite par deux procédés : 1° celui deBowman ; 2° celui de Weber.

Dilatation par le procédé de Bowman.— On incise avec le couteau de Weber le conduit lacrymal su-

Dilatation des voies lacrymales au moyeu des sondes de Bowman.

périeur, rendu plus saillant en relevant la. paupière, et on glisse le long de la cannelure qui résulte de l’incision une sonde de Bowman, préalablement huilée ; dès qu’elle vient buter sur la paroi osseuse du sac, on la relève et on lui donne la direction du canal nasal, c’est-à-dire que son extrémité inférieure sera dirigée dans le sens du sillon naso-labial ou mieux encore vers l’intervalle qui sépare la deuxième incisive supérieure de la canine, tandis que son extrémité supérieure répond à la tête du sourcil.

On laissera la sonde en place de quinze a vingt minutes et on répétera ce cathétérisme tous les deux jours, à moins qu’il ne survienne quelques phénomènes inflammatoires, auquel cas il faudrait s arrêler.

Dilatation par le procédé Weber. Weber a substitué des bougies élastiques et des bougies en cire (de 1 millimètre et demi à leur petite extrémité) aux bougies métalliques de Bowman : si le

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rétrécissement est infranchissable à ces bougies, il a recours pour le dilater de force à une sonde métallique biconique. Bien que le procédé de Weber ait été très vivement attaqué, il a donné de bons résultats.

Quel que soit le procédé auquel on ait recours, il convient de compléter l’action mécanique de la dilatation par des injections modificatrices pratiquées avec la seringue d’Anel.

La présence d’une fistule lacrymale ne change rien au traitement, il doit être tel que nous venons de l’indiquer ; la fistule se ferme d’elle-même dès que les voies lacrymales ont recouvré leur perméabilité ; parfois des cautérisations directes au nitrate d’argent en hâtent la guérison.

Polypes du sac lacrymal. — On trouve dans la science quelques observations de polypes développés dans le sac lacrymal, ils s’accompagnaient d’un catarrhe plus ou moins intense, sans qu’il soit possible de dire si le catarrhe avait été la cause ou la conséquence du polype. L’incision du sac lacrymal a seule permis de porter un diagnostic précis ; de plus, elle a seule permis d’extirper le polype.

Dr Léon Moynac.

LACTATE. — Nom donné par les chimistes à des sels formés par la combinaison de l’acide lactique avec une base. Les principaux lactates usités en médecine sont : le lactate de magnésie, le lactate de fer , le lactate de soude et le lactate de zinc (V. ces mots). p. l. j

LACTATE DE FER. — Le lactate de fer, qui se présente sous forme de cristaux d’un blanc légèrement verdâtre, est un sel doué d’une saveur atramentaire, plus soluble dans l’eau chaude que dans l’eau froide, et dont la solution est facilement altérable à l’air. Ressuscité par Gélis et Conté, le lactate de fer, très employé en médecine vers 1840, est de jour en jour plus délaissé, depuis qu’on a démontré que son introduction dans la thérapeutique et les éloges exagérés qui ont été accordés à ses effets, reposent sur une erreur de chimie et de physiologie. p. L.

LACTATE DE MAGNÉSIE. — Le lactate de magnésie est un sel très soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, à peine sapide, qui jouit de propriétés purgatives à la dose de 30 grammes. 11 est peu usité. p. l.

LACTATE DE ZINC. — Le lactate de zinc, qui se présente sous forme d’aiguilles et de lamelles brillantes, est un sel soluble dans l’eau chaude, insoluble dans l’alcool, doué d’une saveur stypique, non désagréable, particulière aux sels de zinc, qui a été vanté par Herpin, de Genève, contre l’épilepsie, à la dose de 30 centigrammes, à \ et même 2 grammes par jour. On peut aussi l’utiliser à l’extérieur, comme astringent, en collyre ou en injections. p. L.

LACTATION. — Mot employé comme synonyme d’ allaitement et aussi pour désigner la fonction de la mamelle qui consiste à sécréter et à excréter le lait (V. Allaitement, Lait , Mamelle). p. p.

LACTIFÈRE. - On donne le nom de lactifèr ou galactophores, en anatomie, aux canaux excr^ teurs de la glande mammaire (Y. Mamelle). P J'

LACTINE. — Synonyme de Lactose (V. ce mot)

LACTIQUE (acide). — L’acide lactique, qui a été retiré pour la première fois par Scheele du lajt aigre, qui existe dans plusieurs liquide de l'économie, dans le sang, dans l’urine, dans le liquide qui imprègne les muscles, et qu’on trouve dans un grand nombre de produits ayant subi la fermentation, tels que le jus de betterave, la choucroute, etc., s’obtient artificiellement en dissolvant dans du petit lait du sucre de lait, et en abandonnant la solution à elle-même, à une température de 25 à 30 degrés centigrades. Au bout de quelques jours le sucre de lait est transformé en acide lactique. Celui-ci se présente sous la forme d’un liquide siropeux, incolore, qui ne se cristallise pas, même dans le vide. Mais, si on le chauffe dans Un tube avec précaution, il s’épaissit peu à peu, puis se sublime en un corps blanc cristallisable en lames dans l’alcool très chaud. L’acide lactique combiné avec des bases forme des sels appelés lactates (V. ce mot), dont quelques-uns sont employés en médecine. p. £.

LACTO-PHOSPHATE DE CHAUX. - Le lactophosphate de chaux est une nouvelle préparation obtenue par la dissolution du phosphate de chaux au moyen de l’acide lactique, dont nous sommes redevable à l’habile pharmacien Dusart, qui en a fait la base du sirop et du vin qui portent son nom (V. Chaux [phosphate de] et Dusart [sirop et vin de]). P- L-

LACTOSE. — La lactose, qu’en appelle aussi lac- Une bu sucre de lait , est une variété de sucre qui existe dans le lait de la femme et de tous les mammifères (V. Lait). P- L-

LACTUCARIUM. — Le lactucarium est un sue laiteux obtenu par incision et desséché au sole après avoir été découpé en rondelles minces. » présente dans le commerce sous forme de paie aplatis, du poids de 20 à 40 grammes. Ces P31^ sont secs, cassants, de couleur brune foneée, s° vent recouverts d’une légère efflorescence © grisâtre. Le lactucarium exhale une odeurvireu qui approche de celle de l’opium et possède ^ saveur amère; il contient d’après Aubergier ^ principe amer, la laclucine, qui aurait Lje analogies d’action avec la morphine, et en pis ^ la mannite, de l’asparagine, de ralbumine> ? acide libre, de la cire, de la résine et quel(l sels. j’q.

Ce produit possède les vertus calmantes de pium à un faible degré, il est vrai, mais aussi ^

en avoir les inconvénients; de là, l’indicatl.° o3 son emploi chez les personnes trop impre®, est blés aux préparations opiacées. Son e®caCIbro m incontestable dans la grippe, le catarrhe, la jra. chite, dans toutes les maladies des voies ^Jjgur toires dans lesquelles la diminution de la û0

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