‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 48 sur 289 · Épithélium. — 2, 3. Cône de la papille. — 4. Calice · texte numérisé non relu

Épithélium. — 2, 3. Cône de la papille. — 4. Calice

toure un bourrelet circulaire. Ce sont les papilles les plus sensibles aux saveurs. Elles sont chargées de percevoir les saveurs amères.

Les papilles fongiformes, moins volumineuses que les précédentes, se présentent sous forme de petites élevures rougeâtres. Elles se trouvent sur les deux tiers antérieurs de la face dorsale de la langue et sont au nombre de 150 à 200. Elles ont la forme d’un champignon. Elles perçoivent les saveurs sucrées et salées.

Les papilles corolliformes ou coniques sont très nombreuses ; elles existent sur toute la surface buccale de la langue où elles forment des lignes régulières.

Les papilles hémisphériques sont de petites saillies situées à la face inférieure de la face de la langue, et dans l’intervalle des autres papilles.

Sous la muqueuse, on trouve des glandes en grappes et des glandes folliculeuses.

Fig. 713. — Glandes folliculeuses de la base de la lan8ue

1. Cavité de la glande. — 2 Follicules clos. — 3. Paroj,?**Sf es la glande. — 5. Paroi interne de la glande. — Gla grappe s’ouvrant dans la cavité de la glande folliculeu.s •

Les glandes en grappe siègent dans toute,J.£due de la langue, tandis que les glandes i leuses n’existent qu’à la base. , . iin-

La langue reçoit ses vaisseaux de l’arter guale. f jjo-

Les nerfs sensitifs sont fournis par le D ^ gual, et le nerf glosso-pharyngien, les neT B teurs par le facial, et le grand hypo-glosse*

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de conformation de la langue. — On a tu ^ceS g caS d’ absence congénitale de la langue giors représentée que par un petit maî01 n charQU. Quelques auteurs ont aussi observé de cet organe. Les faits d ' ankyloglosse la ^adhérences de la langue sont plus fréquents, tes adhérences sont congénitales ou accidentelles.

Fig. 714. — Vaisseaux et nerfs

1. Surface de section du maxillaire inférieur. — 2. Muscle génihyoïdien; au-dessus de lui se voit le muscle génio-glosse, muscle infiniment plus développé et dont la séparation avec le géni-hyoïdien n’est pas assez nettement indiquée. — 3. Muscle hyoglosse. — 21. Os hyoïde. — 4. Langue dépouillée de sa muqueuse. — 4'. Muqueuse linguale dédoublée. — 3. Nerf facial. — 3'. Corde du tympan. — 6. Nerf lingual (branche terminale du nerf maxillaire inférieur, i— 7. Nerf grand hypo-giosse. — 8. Artère carotide externe. — 8'. Nerf pneumogastrique. — 9, 9. Nerf glosso -pharyngien allant se distribuer au tiers postérieur de la muqueuse linguale. — 10. Filet du nerf facial se rendant aux muscles stylo-glosse et stylo-pharyngien. — 11. Artère linguale. —12, 14. Muscle stylo-glosse. — 13. Muscle stylo-pharyngien. — 15. Muscle constricteur inférieur du pharynx.

Dans le premier cas, l’enfant vient au monde a7ec “ ^ngue fixée à la voûte palatine ou au planai er de bouche. Pour détruire les adhérences à la Paroi supérieure de la cavité buccale, il suffit génédu i?ent, de *es romPre avec le doigt. Quant à celles tion d æ61"’ ^ ^aut Pratique1, l’opération de la secde la l*1 ^let‘ *>our ce^a’ on relève la face inférieure lo»e ien|?e avec une sonde cannelée dont la fente mousse- ^Ue ^on couPe au moyen de ciseaux

déterminÜUtère ^ évite ainsi les hé;

2^es P^a section des ciseaux.

site). atloa de la langue ou glossite. — (V

qQe^meQt°u d® la lan9ue- — La langue e le voisinai a,sleSe d’ulcérations occasionné tant des aL yune dent atteinte de carie ou j Pendant iaP^lt6S dues à la fracture delà cou tant eontpp i astlcation, le bord de la langu Pins ou moînf S -deilts s’ulcère, d’oùsdes de ^ la dent malade ^ qU1 guérissent’Par l’ext

D’autres ulcérations ont aussi pour siège la langue ; ainsi le chancre, les plaques muqueuses.

Le chancre lingual se voit généralement à la pointe de la langue. Il se présente sous la forme d’une ulcération à bords rouges et à fond grisâtre et induré. En même temps les ganglions sousmaxillaires sont engorgés. Pour le pansement de ce chancre, on emploie les moyens, déjà signalés à l’article chancre.

Les plaques muqueuses sont fréquentes; on les voit souvent sur les bords de la langue. Ce sont de petites ulcérations recouvertes d’un pellicule blanchâtre.

Les ulcérations tuberculeuses sont irrégulières, de couleur rouge, leurs bords sont saillants et boursoufflés. La muqueuse qui les entoure est parsemée de petits points jaunâtres.

Ces ulcérations occasionnent des douleurs vives, surtout pendant la mastication. Une salivation abondante accompagne cette affection pour laquelle on emploiera des attouchements à la poudre d’iodoforme finement pulvérisée qu’on déposera sur l’ ulcération au moyen d’un pinceau. Dans certains cas, nous avons obtenus de bons résultats par l’application de quelques gouttes de la solution suivante :

Acide chromique . 1 gramme.

Eau distillée . . 5 à 10 grammes

Nous avons eu aussi recours avec avantage aux cautérisations avec le galvanocautère.

Hypertrophie de la langue. — Encore appelée macroglossie, l’hypertrophie de la langue est congénitale ou acquise. Tous les tissus y prennent part.

Cette affection peut passer inaperçue au début, mais bientôt les enfants tètent difficilement et portent constamment la langue entre les lèvres. Dans les années suivantes, la maladie s’accuse davantage, la langue sort de là bouche et les dents viennent y imprimer un sillon profond. Son extrémité libre retombe au-devant du menton et sa surface est recouverte de mucus desséché.

Une abondante salivation accompagne cette lésion qui ne tarde pas à déterminer un déplacement de toutes les parties voisines : le maxillaire inférieur est rejeté en avant, les dents incisives, sont dirigées d’avant en arrière et la lèvre inférieure s’œdématie. La nutrition, la respiration sont entravées par l’hypertrophie de l’organe ; la phonation est aussi rendue très difficile.

Au commencement de la maladie, il faut avoir soin d’empêcher les enfants de projeter la langue en avant, il est donc bon de déposer le lait dans la cavité buccale ; dans l’intervalle des repas, on maintient leurs mâchoires rapprochées au moyen d un bandage qui passe par-dessus la tête et par-dessous le maxillaire inférieur. , .

Lorsque l’hypertrophie est constituée, il est bon d’essayer avant tout la compression de la langue; cette compression peut être faite en enveloppant l’organe dans un bandage, ou en refoulant la langue en arrière, de manière à la faire rentrer dans la cavité buccale.

Si ces moyens échouent, il faut enlever la partie

de la langue qui fait saillie au dehors. On peut em- | ployer l’écraseur ou mieux l’anse galvanocaustique.

Tumeurs de la langue. — Parmi les tumeurs de la langue nous signalerons les gommes, les kystes, les lypomes, les fibromes, les papillomes, l’épithélioma ou cancer épithélial.

Gommes. — Les gommes sont de petites nudosités développées dans l’épaisseur de la muqueuse

Fig. 715.

Tumeurs et ulcérations syphilitiques de la langue.

ou des muscles qui viennent faire saillie sur la face dorsale ou sur les bords de la langue.

Il n’existe quelquefois qu’une seule tumeur, mais ordinairement on en rencontre deux ou trois. Dures et résistantes au début, les gommes qui ont le volume d’un pois ou d’une petite noisette, se ramollissent bientôt ; la muqueuse rougit à leur niveau et une ulcération se forme pour laisser passer un liquide séro-purulent contenant des détritus organiques. L’ulcération présente un fond grisâtre et des bords taillés à pic. Quelquefois elle s’étend en surface ou se creuse en profondeur.

Les malades n’éprouvent guère qu’une salivation continuelle et une difficulté de la déglutition et de la phonation.

Le traitement consiste à faire usage d’une solution d’iodure de potassium ainsi formulée :

Iodure de potassium . 10 grammes.

Eau distillée . 150 —

Sirop de framboises . . . 50 —

Une cuillerée à bouche dans un peu d’eau deux ou trois fois par jour avant les repas.

Quelques attouchements au fer rouge aident à la ’ cicatrisation de la tumeur.

On instituera en outre le traitement interne antisyphilitique (V. Syphilis).

Kystes. — Tantôt simples et tantôt dermoïdes, pileux, athéromateux ; les kystes ont pour siège la base de la langue ou sa face inférieure. Ces tumeurs arrondies et indolentes ne déterminent qu’un peu de gêne de la parole et de la mastication.

Le traitement consiste dans la ponction et l’injection iodée, comme nous avons déjà eu l’occasion de les signaler pour la grenouillette.

Lipomes. — Rares, ces tumeurs de nature graisseuse siègent au-dessus de la muqueuse ou

même dans l’épaisseur de la langue à la narH térieure de sa face dorsale. ÿ 1116 ao-

Fibromes. — Ils ont le même siège que ie r mes ; ils en diffèrent par leur dureté. Le w°" ment de ces deux variétés de tumeur consiste^ 6' l’extirpation faite au moyen du bistouri ou du i vanocautère.

Angiomes. — Les angiomes ou nœvi de la ian sont rares. Ils siègent ordinairement sur la f Ue supérieure ou dorsale. Leur traitement est le que celui des lipomes.

Papillomes. — Nous avons eu l’occasion d’en enlever un, en juillet 1885, à la base.de la langue chez une femme qui éprouvait pour tout sjum>’ tôme un besoin continuel de déglutition. C’est lê seul cas que nous connaissions dans la littérature médicale. Nous l’avons extrait au moyen d’une

anse métallique.

Épithélioma ou cancer épithélial. — C’est la tumeur que l’on observe le plus fréquemment. Souvent l’épithélioma débute par des plaques d’un blanc laiteux appelées plaques des fumeurs ou psoriasis buccal.

Au niveau de ces plaques il se fait une desquamation épithéliale qui metles papilles à nu. Celles-ci s’hypertrophient au point de constituer une tumeur verruqueuse qui finit par s’ulcérer.

Dans d’autres cas l’épithélioma prend naissance dans les sillons séparant les papilles. Il s’étend alors en

Angiome ou nœvus de la langue. — (a, angiome; -

culaires. La muqueuse s’épaissit, s’indure et défi®, bosselée. Une de ces bosselures devient pluS lante et s’ulcère. L’ulcération gagne en profon« * ’ elle est recouverte d’un pus grisâtre et est tapi » de bourgeons fongueux saignant facilement.

Le malade éprouve alors des douleurs inM ^ blés qui s’étendent à la face, au cou et ài’orei côté correspondant. La déglutition devient de P en plus difficile ainsi que la parole et la \e tion. La salivation est abondante, ne qni 0 malade à faire des mouvements incessan s

piration.

Les ganglions sous-maxillaires sont eng =>ap ils deviennent volumineux et peuvent mem cérer. ^ fonde ^

Le patient tombe dans une cachexie ne tarde pas .à succomber au milieu de a . très vives. , au-si

Le pronostic de cette affection est graV ’

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dès le début doit-on recourir aux moyens qui peuvent enrayer le mal.

tl est de toute nécessite de taire 1 ablation du mal le" plus vite possible ; mais pour cela, il faut

qu’il soit circonscrit. ,

1 Si 0n se trouve eD presence dun pareil cas et que la lésion soit dans un endroit facilement ac-

Fig. 717.

Amputation partielle de la langue au moyen des ligatures.

cessible, on attire la langue en avant et l’on secionne la partie de langue malade avec le bistouri, ecraseur, le thermo et mieux le galvanocautère. i ’ au co”traire> Ia tumeur siégea la base delà férié?6’ londevra ou sectionner le maxillaire inmeniin °U faire une incision dans la région sousde la innee afin d’arriver à mettre à nu la ’

ava^F U-e 6t, 0n °Pérera comme précédemmenl * cas oVr de lier rartère ïtoguàle. Mais dans avoir rernn?>Peratl0n ne peut être faite> oa ne Peu1 On r qf au traiteme»t palliatif, de chlorhvd??r j douleurs au moyen d’injections Plaie avec ZT d,e morPhine’ d’attouchements de la au 1/10, etnarp° Utl0rî de chl°rhydrate de cocaïne à l’intérieur lemPl01 de narcotiques (opium, etc/

aillés, p^ga!lsmes émollients seront aussi conp exemple celui-ci :

de Pavot c

"Caine de lin ■ -

„*°P de miel . 5 grammes

t-an . . . 50 —

le pavot concassée . 2

avant le repas. ^us*eurs fois par jour, de préférenc

deviendra trop difficile, Prenne. malade a l’aide de la sonde œsi âu- J- Baratoux.

dations de la i

^^osnajre pnD an^ue-"~Leur valeur en médi PÜUIHE DE Médecine usuelle.

cine. L examen de la langue a toujours été tenu en honneur par les cliniciens, non seulement parce qu elle est « le miroir de l’estomac », mais encore parce que, outre les lésions dont elle peut être primitivement le siège, elle offre des altérations en rapport avec un assez grand .nombre d’états morbides.

Ces altérations diverses sont, les unes physiques: changement de forme, de couleur, enduits divers, sécheresse, etc.; les autres sont des troubles fonctionnels, troubles du mouvement, de la sensibilité, du goût, etc.

A. Changements physiques. — 1° Le volume de la langue est considérablement accru dans le cas de glossite, dans le cancer, dans la macroglossie, dans les cas de tumeurs diverses, etc. : ses bords présentent alors des inégalités produites par la pression des dents, la langue est large, étalée, dans l’embarras gastrique, dans l’hémiplégie; il est bien plus rare que son volume soit diminué, on en a cité cependant des exemples dans les cas d’atrophie musculaire progressive; sa pointe est effilée ou conique dans quelques fièvres typhoïdes, etc.

2° Couleur. — La teinte rose pâle de la langue peut éprouver des modifications très diverses, tenant au dépôt d’enduits, à des troubles de la circulation, à des dépôts de pigment ou de matières tinctoriales venues du. dehors.

La teinte cyanique de la langue se produit dans les mêmes circonstances que celle des lèvres (asphyxie, maladies organiques du cœur, etc.).

Parfois la langue prend une teinte noire toute spéciale et très étrange. Cette couleur tient-elle à une accumulation de pigment ou bien à la présence d’un parasite? Raynaud y a découvert des spores se rapprochant de ceux de la teigne, etc.

De toutes les colorations morbides de la langue, les plus remarquables se rattachent à la présence des enduits.

3° Enduits. — La langue est fréquemment recouverte à sa face supérieure d’enduits présentant des teintes diverses, blanches, grises, verdâtres, jaunes, brunes, noires et fuligineuses : enduits tantôt superficiels, tantôt très épais, limités au milieu de la langue ou étendus à toute sa surface, souvent humides, parfois secs et fendillées, faciles à détacher ou poisseux, collants ét même très adhérents. Au point de vue de leur composition ces enduits peuvent être divisés en trois groupes :

Les uns sont muqueux et épithéliaux; ils sont formés par une accumulation de cellules épiihéliales et de mucus sur lesquels se déposent des poussières atmosphériques, des principes colorants, fournis par les aliments, les boissons et parfois même par la bile provenant d’un ictère ou de vomissements.

Ces enduits s’observent dans l’embarras gastrique et dans les nombreux états morbides qui le provoquent, dans les états bilieux, ei par conséquent dans la plupart des fièvres qui presque toutes déterminent cet état.

Ces enduits peuvent être colorés en noir par du sang provenant de fissures ou de crevasses plus ou moins profondes; il en résulte une masse noire, sèche, fendillée, qui non seulement recouvre la

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langue, mais encore les lèvres et les dents : ce sont les fuliginosités, que l’on observe dans le deuxième septénaire des fièvres typhoïdes graves, dans les fièvres éruptives, la pneumonie des vieillards, en un mot dans toutes les maladies qui présentent un état typhoïde. <

Les autres sont pseudo-membraneux ; ils sont fort rares, car la diphthérie et la stomatite ulcéromembraneuse respectent habituellement la langue.

Les enduits parasitaires sont tout aussi rares : le muguet est le seul parisite végétal qui forme sur la langue de larges enduits.

4° Les éruptions sont très fréquentes sur la langue, ce sont tantôt de petites vésicules blanchâtres qui se rompent et laissent après elles des érosions superficielles ( aphthes ), tantôt les éruptions spéciales aux fièvres éruptives ; rougeur vive et pointillée dans la scarlatine, pustules dans la variole, l’éruption rubéolique est beaucoup moins marquée sur la langue, tandis que sur la voûte palatine elle présente une netteté caractéristique, tantôt des plaques muqueuses, surtout fréquentes sur les bords de la langue; elles se présentent sous l’aspect de reliefs aplatis, rouges à leur centre, grisâtres à leur périphérie, ou bien elles sont formées par de simples taches rouges.

Dans certains cas, diverses maladies cutanées provoquent sur la langue, des éruptions semblables a celles des téguments; c’est tantôt de l 'eczéma (plaques d’un rouge vif et excoriées), tantôt du psoriasis reconnaissable à ses taches arrondies, d’abord opalines, puis d’un blanc argenté, tantôt ce sont des plaques grises, parcheminées, fendillées par plaques ( plaques grises des fumeurs ), etc.

Les plaies et les tumeurs de la langue ont été étudiées plus haut.

L’état d’humidité ou de sécheresse de là langue est une source d’indications précieuses. Aussi la langue est sèche dans presque tous les états fébriles, dans tous les cas où la respiration est gênée (car la dyspepsie active l’évaporation), sous l’influence de certains médicaments, tels que l’opium, la belladone, la jusquiame, de certaines maladies, telles que le diabète, par l’action prolongée de la parole, etc.

Troubles fonctionnels. — Ils portent sur la sensibilité de la langue et sur ses mouvements.

Troubles de la sensibilité. — La langue possède une double sensibilité, une sensibilité générale ou tactile, et une sensibilité spéciale ou gustative.

La sensibilité générale peut être : 1° diminuée ou perdue ; 2° exaltée ; 3° pervertie.

4° La diminution du goût s’observe dans la plupart des affections de la bouche, car les enduits ou la sécheresse de la langue diminuent l’impression des substances sapides ; cette diminution peut encore s’observer dans les maladies chroniques des organes digestifs, dans l’extrême vieillesse ; après l’administration de certains médicaments, tels que la belladone, l’opium, le contact des liqueurs fortes ou des essences de menthe, de cannelle, etc.

La diminution du goût s’observe dans les lésions des nerfs glosso-pharyngien, dans celles des facial et trijumeau qui compromettent l’intégrité de la corde du tympan, et dans les hémiplégies : dans ce

cas elle est unilatérale ; enfin elle s’observe dans certaines névroses, hystérie, hypochondrie, etc.

2° L’exaltation du goût est fort rare et souvent confondue avec l’hyperesthésie tactile et douloureuse. a

3° Les perversions du goût sont bien plus communes; la plupart des affections catarrhales des voies digestives donnent lieu à un goût fade, amer ou acide; chez les diabétiques le goût est douceâtre ou sucré, il est salé dans les hémoptysies et à la fin des catarrhes pulmonaires, il est fétide dans les ulcérations de la bouche et du pharynx, la carie des dents, etc.

Les perversions les plus remarquables sont celles que l’on observe chez les hystériques ou les femmes grosses, etc. ; on les voit, en effet, rechercher . avidement des substances répugnantes, telles que le plâtre, la colle, l’encre, le vinaigre pur, etc., c’est le pica et la malacia. Les aliénés ont souvent des illusions du goût qui les portent à repousser les substances alimentaires et à prendre avec plaisir des médicaments d’un goût désagréable.

La sensibilité tactile ou générale de la langue peut être diminuée ou suspendue, c’est ce que l’on observe dans les hémyplégies et chez les hystériques'; dans .ce dernier cas l’insensibilité occupe presque constamment la moitié gauche delà langue.

Elle peut être exagérée dans toutes les affections inflammatoires de la langue, dans les. névralgies du trijumeau, dans l’hystérie, etc.

Troubles de la motilité. — La langue semble posséder deux ordres de mouvements distincts l’un de f autre: 1° des mouvements de mastication qui président à la déglutition, a la gustation, etc. ; 2° des mouvements phonétiques qui président à l’exercice de la parole.

Ces deux ordres de mouvements peuvent être troublés isolément ou ensemble ; ils le sont surtout dans la paralysie générale, dans l’hémiplégie, dans la paralysie labio-glosso-pharyngée.

Dans la paralysie générale le trouble de la parole présente des nuances très diverses, que l’on a exprimées par les mots de tremblement, balbutiement, bégayement, bredouillement, lenteur. Ces désordres tiennent aux altérations du foyer d’origine des nerfs faciaux, hypoglosses, à des désordres dans l’idéation et à l’amnésie verbale.

Dans les hémiplégies la paralysie est limitée à la moitié de la langue qui, lorsqu’elle est tirée hors de la bouche, se dévie du côté paralysé: l’hémorrhagie cérébrale, les tumeurs du cerveau, les lésions du nerf hypoglosse en sont les causes les plus ordinaires.

La paralysie labio-glosso-pharyngée peut amener une paralysie complète de la langue qui devient inerte, immobile, et ne peut être tirée hors de la bouche. Dr Léon Moynac.

LAPIN. — Le lapin est un animal qui existe à l’état sauvage et à l’état domestique et qui fournit un contingent énorme à l’alimentation. La chair du lapin sauvage, ou lapin de garenne, est blanche, ferme , savoureuse , et incomparablement supérieure à celle du lapin domestique qui sent toujours le chou dont il est nourri. Le lapin se mange

ôti en gibelotte, en civet et en pâté. Les dyspeptiaues et les individus dont les digestions sont difficiles et laborieuses doivent s’abstenir de la gibelotte et du pâté. L. P.

LA PRESTE (eaux minérales de). — (Y. Preste.) lard. - (V. Porc.)

LàRDACÉ. — Qualificatif employé en médecine pour désigner un tissu morbide qui a pris l’aspect et la consistance du lard, comme les. tissus atteints de dégénérescence cancéreuse. p. L.

LARMES. — Les larmes sont un liquide excréînentitiel, limpide, incolore, alcalin, d’une saveur salée, sécrété par la glande lacrymale. Elles sont .destinées à protéger le globe oculaire en se répandant à sa surface, et à empêcher son dessèchement.

En effet, lorsqu’on supprime les larmes en extirpant la glande lacrymale, ou en opérant la section du nerf qui s’y rend, on voit la surface de l'œil se dessécher, s’arrêter et s’enflammer au contact ée l’air. Après qu’elles ont lubrifié l’oeil, les larmes s’écoulent dans les fosses nasales. La sécrétion des larmes est continue et peu abondante. Lorsqu’elle augmente outre mesure, elle constitue les pleurs. Le mécanisme de la sécrétion des larmes a été expliqué dans l’article consacré à l’appareil lacrymal (V, Lacrymal .) P. L.

LAROZE (sirops bel — Les sirops de Laroze, connus du monde entier, sont deux sirops l’un d’éeprce d’oranges amères au bromure de potassium, l’autre d’écorce d'oranges amères à l’iodure de potassium.

Le sirop Laroze d’écorce d’oranges amères au bromure de potassium réunit d’une façon très heureuse deux substances dont les effets sont tellement identiques qu’elles peuvent être considérées comme complémentaires l’une de l’autre et leur union forme un tout d’une action toujours constante. De plus, grâce aux propriétés toniques de 1 écorce d’oranges amères, cette préparation prévient la. diarrhée qui peut résulter de l’usage du bromure de potassium employé en solution, surtout à hautes doses, et de conserver indéfinimènt ce dernier qui est promptement décomposé lorsfin il esta l’état de simple solution aqueuse. Inutile ajouter que ce sej egj; toujours soumis à une anajse rigoureuse, et que le bromure de potassium, uniquement pur et ne contenant aucune trace mdure de potassium, est seul employé, e sirop d’écorce d’oranges amères au bromure potassium, préparé par Laroze, est dosé de telle açon que chaque cuillerée à soupe (soit 20 grammes i ?lr®P) contient 1 gramme de sel, et chaque cuilree à café (soit 5 grammes de sirop) 25 centi- 8 ammes. Il se prend dé)ayé dans un demi-verre u ou dans une tasse de tisane, l’iodi Slr°P Larose d’écorce d’oranges amères à une n ® de P°tassium, bien antérieur en date, est Cédemeparation Plus heureuse encore que la prêtasse,’ Sl C est P°ssibie. En effet, l’iodure de po- > employé seul, présente l’inconvénient

d exercer une action irritante sur la muqueuse de 1 estomac, comme aussi de déterminer chez certains malades des accès gastralgiques. Uni au sirop d’écorce d’oranges amères, il devient d’une innocuité parfaite, il passe très rapidement dans le torrent circulatoire, il ne fatigue jamais les organes, et l’intégrité de l’estomac et du tube intestinal est sauvegardée. Inutile d’ajouter que M. Laroze n’emploie que de l’iodure de potassium reconnu chimiquement pur par l’analyse, c’est-à-dire exempt des chlorures de potassium et de sodium, de bromure de potassium et des iodates.

Le sirop d’écorce d’oranges amères à l’iodure de potassium préparé par Laroze est très rigoureusement dosé, Chaque cuillerée à soupe (soit 20 grammes de sirop) contient 40 centigrammes d’iodure de potassium, et chaque cuillerée à café (soit 5 grammes de sirop) en contient 10 centigrammes. Il s’administre délayé dans un demi-verre d’eau ou dans une tasse de tisane. On peut aussi le prendre pur. Pour les indications thérapeutiques de ces deux sirops, nous renvoyons le lecteur aux articles du Dictionnaire consacrés au bromure et à l’iodure de potassium (Y. Bromure de potassium, Iodure de potassium, Oranges amères) . pr ç, Sarran.

LARYNGÉ. — Nom donné par les anatomistes à des artères, à des veines et à des nerfs de la région du larynx.

Les artères laryngées, au nombre de trois de chaque côté, sont : Y artère laryngée supérieure, branche de la thyroïdienne supérieure qui passe sous le muscle thyrohyoïdien, pénètre dans le larynx et se distribue à l’épiglotte, aux muscles et à la muqueuse du larynx ; Y artère laryngienne inférieure, branche de la thyroïdienne supérieure comme la précédente, mais plus petite qu’elle, qui traverse la membrane cricoïdienne, et fournit des rameaux qui se répandent dans les muscles et la muqueuse du larynx : — Yartère laryngienne postérieure, branche de la thyroïdienne inférieure, qui chemine à la partie postérieure du larynx.

Les veines laryngées suivent le trajet des artères correspondantes et se jettent dans la jugulaire interne.

Les NERFS laryngés, au nombre de trois, sont : le nerf laryngé supérieur, rameau de la portion cervicale du pneumogastrique, qui naît dans le cou, de la partie inférieure du ganglion plexiforme et se porte sur les côtés du pharynx, traverse la membrane thyrohyoïdien ne et distribue de nombreux filaments à l’épiglotte, à la partie épiglottique de la muqueuse du larynx, et à la muqueuse de la base de la langue ; - le nerf laryngé externe, branche du laryngé supérieur, qui s en détaché avant d’arriver à la membrane thyrohyoïdienne et distribue plusieurs rameaux au muscle cricothyroïdien et à la portion sous epiglottique de la muqueuse du larynx ; - le nerf laryngé inférieur appelé aussi nerf récurrent, divise en: 1“ nerf laryngé inférieur droit, qui vient du pneumogastrique, à l’endroit où celui-ci croise lartere sousclavière gagne les côtés du larynx, apres avoir longé le côté droit de l’œsophage, et se distribue aux muscles intrinsèques du larynx ; 2“ nerf la-

ryngé inférieur gauche, qui vient aussi du pneumogastrique, au niveau -de la crosse de l’aorte dont il embrasse la concavité, remonte et longe le côte gauche de l’œsophage et se distribue également aux muscles intrinsèques du larynx.

Dr Paul Labarthe.

LARYNGITE. — On donne le nom de laryngite, de laryngite catarrhale ou de catarrhe laryngien à l’inflammation de la muqueuse laryngée. Cette inflammation peut être aigue ou chronique.

1. — Laryngite aiguë. — La laryngite aiguë ou laryngite catarrhale aiguë est 1’inflammâtion aiguë de la muqueuse du larynx.

Quelles sont les causes de la laryngite aiguë? — Elle peut se développer sous l’influence des causes les plus variées. La plus commune est l’impression vive et brusque du froid déterminant d’abord du coryza, de la chaleur de la gorge et un certain degré d 'angine et consécutivement l’inflammation de la muqueuse laryngée. En un mot c’est le rhume vulgaire qui survient à la suite d’un refroidissement ou du passage brusque du chaud au froid.

Certaines localités dont le climat est froid et humide favorisent le développement du catarrhe laryngé On ne peut nier non plus une certaine influence saisonnière amenant de véritables épidémies de grippe dont la laryngite catarrhale est une des complications ordinaires.

Nous avons vu le catarrhe laryngien se développer sous l'influence d’un froid au pied prolongé où à la suite de l’ingestion brusque d’une grande quantité de boisson glacée, le . corps étant en transpiration.

Les efforts de voix prolongés, chez les orateurs, les chanteurs, les prêtres, les agents de change, les marchands, etc., déterminent une irritation locale qui amène souvent l’inflammation de' la muqueuse. Chez ces malades, les causes d’irritation persistant; d’aiguë, la laryngite peut devenir chronique.

Les abus alcooliques, l’inspiration de vapeurs ou de fumées irritantes, celles du tabac en particulier, agissent directement sur la muqueuse et amènent son inflammation.

Toutes les maladies éruptives sont presque toujours accompagnées d’un certain degré de catarrhe aigu du larynx.

Quels sont les symptômes de la laryngite aiguë ?

— La laryngite catarrhale aiguë n’a pas de symptômes généraux qui lui soient propres, à de rares exceptions près. Ceux que l’on observe doivent le plus souvent être mis sur le compte de l’affection déterminante telle que la fièvre catarrhale ou rhume, la grippe, les fièvres éruptives, etc. Nous avons vu cependant quelques cas dans lesquels l’apparition d’une inflammation bien .limitée du larynx, de l’épiglotte en particulier (épiglottite) avait déterminé un mouvement fébrile, de la courbature générale, de l’insomnie et même un peu de délire, mais ce sont là des faits extrêmement rares.

Les symptômes locaux et fonctionnels au contraire ne font jamais défaut et varient suivant l’intensité, l’étendue et la cause de l’inflammation. La douleur ne se fait jamais sentir que lorsque l’épiglotte ou les replis oryténoïdiens sont enflammés. Dans le

premier cas, le malade ressent au niveau du larynx une sensation de corps éiranger accompagnée d’un sentiment de chaleur, de séchèresse qui rend la parole pénible et la déglutition douloureuse. Si ]a région aryténoïdienne est prise c’est surtout la déglutition de la salive qui devient pénible. La respiration n’est jamais gênée par la légère tuméfaction de la muqueuse, mais elle s’accompagne très souvent d’une sensation de chatouillement fort désagréable, car elle force le malade à tousser, croyant qu’il a quelques mucosités à rejeter. La toux, lorsque le catarrhe laryngien accompagne une grippe ou une fièvre éruptive, devient très pénible et occasionne au larynx la sensation d’une brûlure vive. Elle n’est pas douloureuse au contraire lorsque le catarrhe est purement laryngien.

De toutes les fonctions de l’organe, c’est certainement la phonation qui se trouve la plus atteinte. L’altération de la voix varie depuis le simple en- | rouement jusqu’à l’extinction complète. On trouve . celle-ci lorsque l’inflammation a porté principalement sur les cordes vocales inférieures ou même sur les cordes supérieures. L’examen laryngoscopique va, dans un instant, nous donner l’explication de ce fait.

La voix, au contraire, est très peu altérée lorsque le processus inflammatoire s’est fixé sur l’épiglotte ou sur les aryténoïdes.

Quelle que soit la cause de l’inflammation catarrhale du larynx, elle s’accompagne toujours d’une sécrétion plus ou moins abondante.

Dans les cas de laryngites catarrhales liées à l’asthme de foin, à la grippe, aux fièvres éruptives, la sécrétion laryngée se mélangeant aux sécrétions bronchiques , . les caractères de cette sécrétion ne peuvent être appréciés. S’il s’agit de laryngites professionnelles au contraire, les crachats au début, pendant les trois premiers jours, sont visqueux, collants, incolores ou striés de parcelles noirâtres et ne peuvent être en quelque sorte arrachés que grâce aux plus violents efforts de toux. Vers le quatrième jour ils deviennent légèrement jaunâtres et purulents; ils se détachent alors plus facilement parce qu’ils ne nécessitent plus d’efforts de toux mais un simple effort de hemmage. Quelle que soit la période de la laryngite catarrhale professionnelle, la quantité des crachats est toujours peu abondante. 1

Examen laryngoscopique. — Dans la laryngite catarrhale accompagnant le catarrhe nasal et bronchique, le laryngoscope nous montre la muqueuse laryngée rouge dans toute son étendue. Cette rougeur est un peu plus accusée au niveau de l’épiglolte, qui dans quelques cas prend une teinte vineuse. Les replis ary-épiglottiques sont rouges niau’ jamais œdémateux ; les cordes vocales inférieures sont rosées et présentent un aspect dépoli caractéristique.

Lorsque la laryngite est très intense, les cordes inférieures sont légèrement boursouflées; les supérieures sont d’un rouge foncé, tuméfiées et obstruent plus ou moins -complètement l’entrée des ventricules de Morgagni. En même temps les glandes inter-aryténoïdiennes enflammées fournissent |une sécrétion gommeuse ou légèrement. PurU'

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îpnte suivant la période où on pratique l’examen.

La tuméfaction des cordes inférieures, le boursouflement des supérieures, les mucosités encombrant ces cordes suffisent pour donner l’explication des extinctions complètes de la voix que l'on rencontre souvent dans la laryngite catarrhale proprement dite, à son début.

Nous venons de donner ici l’aspect que présente le larynx lorsque la laryngite est très intense et généralisée ; mais dans certains cas, quelques parties seules du larynx peuvent être enflammées. , ,

Il n’est pas rare de voir l’inflammation limitée a pépiglotte. C’est ainsi que Morell-Mackensie cite dans ses ouvragés des cas d’épiglottites survenues chez des enfants anglais à la suite d’ingestion de thé brûlant, bu au bec même de la théière.

Les laryngites catarrhales professionnelles portent quelquefois sur les cordes vocales supérieures; le plus souvent ce sont les inférieures seules qui sont atteintes Elles présentent alors une rougeur plus ou moins prononcée, ordinairement plus accusée sur leurs bords libres et au niveau de la commissure antérieure. Quelquefois une corde est plus enflammée que l’autre. Il arrive, aussi que l’on trouve sur l’une d’elles, de véritables ecchymoses bien circonscrites et que l’on pourrait prendre pour un petit caillot sanguin.

La formation de ces ecchymoses peut être expliquée de la façon suivante : un chanteur, un avocat, atteint de laryngite catarrhale aiguë, force sa ■voix; sous l’influence de cet effort il se produit une rupture d’un petit vaisseau et une infiltration sanguine sous-muqueuse peu étendue en raison même du petit volume du vaisseau rompu et de l’adhérence de la muqueuse. Il est d’ailleurs à remarquer . que c’est presque toujours au niveau du bord libre des cordés inférieures que ces petitès extravasions sanguines se rencontrent et que c’est précisément en ce point que la muqueuse est le moins adhérente. J’ai vu des cas très rares dans lesquels une des cordes présentait dans toute sa longueur et sur toute sa surface un aspect ecchymotique. En même , temps que de la rougeur la surface des cordes présente un dépoli tout particulier : la muqueuse n a ■pas l'aspect luisant et humide que l’on trouve sur tes muqueuses en général. L’épithélium paraît av°ir disparu et ce dépoli favorise le séjour des . Mucosités qui, à force d’être battues entre les bords libres des cordes, prennent un aspect écumeux, blanchâtre, et une consistance gommeuse plus accentuée ; les cordes inférieures paraissent être bordées d’un liseré blanc qui s’étire comme les fils dune toile d’araignée, lorsque le malade les écarte Pour respirer. C’est surtout la présence de ces mucosités qui fait dire aux malades qu’ils ont comme . un v°ite sur la voix et qui les force à hemmer fre-

- fluemment.

Lorsque la laryngite catarrhale est limitée aux cordes vocales, elles prennent une teinte particuere. Elles sont d’un rose louche uniforme et présentent souvent à leur surface de petits vaisseaux oogitudinaux très développés, presque variqueux. e te forme de laryngite figurerait peut-être mieux ans la laryngite chronique; si nous lui donnons

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place ici c’est qu’elle procède en quelque sorte par poussées et que l’on a affaire à de véritables laryngites aiguës venant se greffer sur une laryngite chronique. Quoiqu’il en soit, indépendamment de la rougeur uniforme, on trouve au niveau des cordes inférieures un épaississement de la muqueuse s’accompagnant d’une sécrétion abondante due non seulement aux glandes aryténoïdiennes, mais encore aux glandes épiglottiques et aux glandes de Coyne. Signalons aussi, dans cette forme de laryngite, l’absence du dépoli de la muqueuse dû très probablement a l’augmentation d’épaisseur de la couche épithéliale.

Dans les laryngites dues à des inspirations de vapeurs irritantes, tout le larynx est uniformément rouge et cette rougeur est en raison directe de l’irritation produite. C’est ce que j’ai eu l’occasion de constater bien des fois en examinant le larynx de beaucoup de malades qui venaient d’inhaler des vapeurs de chloroforme pour subir de longues operations chirurgicales.

Comment s’établit le diagnostic de la laryngite aiguë ? — Grâce à l’ensemble des symptômes que nous venons de passer en revue, il est facile de diagnostiquer la laryngite catarrhale aigue. Il est d’ailleurs peu d’affections avec lesquelles elle puisse être confondue. A part la congestion du larynx que l’on trouve chez beaucoup de tuberculeux pulmonaires et la rougeur des cordes vocales que l’on observe quelquefois au début ou dans le cours de la syphilis ie ne vois aucune affection qui puisse, en imposer pour un catarrhe laryngien aigu. Beaucoup d’auteurs d’ailleurs donnent à cette rougeur le nom de catarrhe tuberculeux et de catarrhe syphilitique ; nous partagerons cette manière de voir et nous décrirons avec la phthisie laryngée et avec la

syphilis ces deux formes de catarrhe.

Dans le catarrhe laryngien aigu, le point important est donc le diagnostic de la cause, car c est cette cause qui dirige la médication a employei.

Le diagnostic se tire des commémoratifs, de l’ensemble des symptômes, le laryngoscope nous indique le siège précis, l’étendue, les phases de l’inflammation, renseignements précieux si .on songe encore que, grâce au miroir, les differentes parties constituantes du larynx sont en quelque sorte sous l’œil et sous la main du médecin.

Quelle est la gravite de la laryngite aigue . — Ce catarrhe laryngien aigu n’offre aucune gravité si ce n’est pour la voix. En général cependant lorsque l’inflammation est liée à un catarrhe nasaL et bronchique, on a une véritable fievre catarrhale la voix ne court pas de grands risques, cnsba^ que vingt à vingt-cinq jours apres le début de m fection elle a repris toutes ses qualité En e°et ^ ce moment les cordes vocales inferieures ont repris

1- avocats, les patres etc en un mot chez toutes les personnes qui exercent une profession pour l’exercice de laquelle une voix p ure^est indispensable, b catarrhe ^aigu pression nel est toujours fâcheux. D’abord parce qu il a tou net est loujoui ^ récidiver> fe malade conti-

n°uantUà exercer la même profession, ensuite parce que les récidives fréquentes, pendant lesquelles on

ne peut laisser le larynx au repos, amènent forcément le passage de l’état aigu à l’état chronique. Or nous verrons que la guérison du catarrhe

laryngien chronique est une chose fort problématique. •

Quel est le traitement de la laryngite aiguë ?

cidents laryngés. Nous conseillons les badigeon nages de teinture d’iode au-devant du cou, en prenant soin de ne pas aller jusqu’à la vésication. Les inhalations émollientes, faites avec une décoction de guimauve et de pavot, avec une décoction de fleurs de sureau donnent les meilleurs résultats. Pour faire ces fumigations nous conseillons de se servir d’un fumigateur dans le genre de celui qui est représente par la figure 718.

Ce fumigateur peut être remplacé par un vase ordinaire sûr l’orifice duquel on place un cornet de papier un peu fort. L’un des orifices du cornet recouvre le vase, l’autre doit être taillé de façon à emboîter exactement le nez et la bouche du malade.

Les pulvérisations des mêmes décoctions émollientes sont excellentes aussi, mais elles doivent être filtrées pour ne pas encrasser l’appareil pulvérisateur. Nous conseillons pour ces pulvérisations de se servir de l’appareil de Siëgle ou de celui qui .est représenté par la figure 719.

Si la laryngite catarrhale porte surtout sur l’épiglotte il est indiqué de prescrire des gargarismes émollients si la douleur est modérée, émollients et narcotiques quand elle est trop vive. J’emploie dans ces cas le gargarisme suivant :

Racine de guimauve. ......... 10 gr.

Tête de pavot. ............. n? 1

Eau. .................. 1 litre.

Fig. 718. — Fumigateur.

Fig. 719. — Vaporisateur.

— Nous n’avons pas à parler ici du traitement des symptômes généraux qui accompagnent quelquefois le catarrhe laryngien, dans les cas de rhume et de grippe. Nos efforts doivent se diriger sur les ac-

Faire bouillir quinze à vingt minutes , passer sur un linge fin et ajouter :

Chlorhydrate de morphine. 25 cent?.

Ne pas avaler.

Ce gargarisme est d’ailleurs du plus grand secours, même lorsqu’il n’y a pas de douleur, mais lorsque la toux est pénible, je le fais alterner avec le suivant :

Bromure de potassium ... 15 gr.

Eau distillée . ....... 300

Ainsi que l’a démontré l’expérience, ce gargarisme insensibilise notablement la muqueuse du pharynx.

Repos absolu de l’organe; boissons chaudes ; sudations artificielles.

Les mêmes moyens peuvent et doivent être employés dans le catarrhe professionnel, mais, les indications sont plus nombreuses. Il faut surtout et d’abord , insister sur le repos absolu du larynx. Le malade au début doit observer le silence le plus absolu. Nous conseillons alors de faire une dérivation. sur le tube digestif et sur la peau. Les eaux purgatives alcalines (Janos, Birmenstorf, Rubinat, etc.), doivent être préférées à toutes les

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litres. Le thapsia Le Perdriel, le papier Wlinzy, l’huile de croton, en frictions sur le haut de la nitrine ou dans le dos sont d’excellents révulsifs.

P Les sudations, aromatiques ou non, prises dans des étuves et suivies de douches froides courtes (95 à 30 secondes) agissent de la même façon.

^ Si le malade se plaint de la difficulté d’expectorer les crachats qui le font tousser, une potion au kermès ou à l’oxyde blanc d’antimoine associé a l’esprit de Mindéréus l’en débarrassera rapidement. Enfin si les quintes de toux sont incessantes et empêchent le malade de dormir, on lui administrera un peu de sirop opiacé et au besoin on touchera le larynx avec une solution de chlorhydrate de cocaïne au dixième-

11 n’est pas besoin de dire que, dans tous les cas, l’usage du tabac doit être formellement proscrit.

II. — Laryngite chronique. — La laryngite chronique ou laryngite catarrhale, ou catarrhe chronique du larynx est l’inflammation chronique de la muqueuse laryngée, survenant à la suite d’une ou de plusieurs inflammations aiguës consécutives.

Quelles sont les causes de la laryngite chronique?

— L'inflammation chronique de la muqueuse laryngée ne s’établit jamais d’emblée, elle est toujours consécutive à l’inflammation aiguë, et encore faut-il que les causes qui ont déterminé cette inflammation continuent leur action pour que l’affection passe à l’état chronique.

L’abus de la voix est la cause la plus fréquente de la laryngite catarrhale chronique, et c’est surtout parmi les gens qui exercent une profession où de grands efforts de voix sont nécessaires que l’on rencontre le plus souvent cette affection.

Le tabac par lui-même est un irritant de la muqueuse laryngée * surtout chez les fumeurs de cigarettes ; aussi bon nombre de laryngites chroniques doivent -elles être comptées à son actif. '

A. côté du tabac et sur la même ligne nous devons inscrire l’alcool. Son abus détermine des catarrhes chroniques du larynx d’autant plus rebelles à tout traitement qu’il est à peu près impossible de faire renoncer les malades à leurs habitudes d’intempérance. Les malades, d’ailleurs, à quelques exceptions près, sont tous déclassés inférieures; ils exercent des professions et fréquentent un milieu où la pureté de la voix est peu appréciée, de telle sorte que, lorsqu’ils consultent le médecin, les lésions de l’organe sont telles qu’on ne peut songer ù y porter un remède efficace.

Toutes les professions qui exposent fréquemment les individus à respirer des vapeurs ou des poussières irritantes doivent être considérées comme des causes fréquentes de laryngite professionnelles : chimistes , décapeurs de métaux , plâriers, tailleurs de pierres, émouleurs, cardeurs, etc.

Parmi les causes de la laryngite catarrhale chrojùque on doit encore citer les variations brusques J* température qui déterminent si fréquemment la laryngite aiguë

C®rLa’ns pays semblent privilégiés sous ce rapprJ c? sont *es P^s humides, soit qu’ils soient mssés dans les vallées, soit qu’ils soient entou¬

rés d’eau. Notre ami M. le docteur Blanc, spécialiste de Lyon, nous a souvent dit que la ville où il exerçait, entourée par deux rivières, offrait de très nombreux cas de laryngite catarrhale chronique.

La diathèse herpétique, joue un rôle considérable dans le développement de certains catarrhes chroniques du larynx.

Les symptômes et, anatomiquement parlant, les altérations et même l’aspect de la muqueuse laryn- •gée étant absolument les mêmes que dans le catarrhe chronique, nous n’hésitons pas à décrire avec cette maladie, l’affection dite laryngite granuleuse ou glanduleuse. Nous hésitons d’autant moins à le faire que nous n’avons jamais trouvé dans le larynx d’éruption herpétique analogue à celle que nous avons observée bien des fois sur le voile du palais de beaucoup de ces malades.

Il ne nous reste plus qu’à parler du lymphatisme comme cause prédisposante du catarrhe chronique du larynx. 11 est certain que les enfants et les individus lymphatiques offrent une résistance moins grande à l’action des causes somatiques et sont plus exposés à contracter des catarrhes aigus du larynx qui passent facilement à l’état chronique.

Examen laryngoscopique. — L’anatomie pathologique du catarrhe chronique du larynx peut être étudiée par l’examen laryngoscopique.

Cet examen nous donnera encore l’explication, de visu, et l’interprétation de tous les symptômes fonctionnels de l’affection ; aussi, dérogeant pour cette fois au plan suivi dans l’article consacré à la laryngite aiguë, commençons-nous par cet examen.

Le catarrhe chronique du larynx est anatomiquement caractérisé par une hypertrophie plus ou moins marquée, plus ou moins généralisée des glandes de l’organe phonateur en même temps que la muqueuse en est épaissie et congestionnée; Ces lésions peuvent porter sur la totalité du larynx ou sur quelques-unes seulement de ses parties constituantes. Parle fait même de leur hypertrophie, les glandes fournissent une sécrétion plus abondante qu’à l’état normal, et cette sécrétion est altérée non seulement dans sa quantité, mais encore dans sa qualité et dans son aspect. Nous reviendrons sur ce sujet. /

Il n’est pas rare, surtout chez les fumeurs et les alcooliques, de voir coïncider un catarrhe pharyngien avec le catarrhe du larynx. Nous n’avons pas à décrire ici l’aspect granuleux du pharynx, le développement de son réseau veineux, l’hypertrophie de la luette, il nous suffit de les signaler.

Dans la laryngite catarrhale chronique due a l’abus de la parole, ce qui frappe d’abord les yeux du laryngoscopiste, c’est la rougeur des cordes vocales. Elles sont rosées dans toute leur etendue et principalement au niveau de leur angle anterieur et de leurs bords libres. La rougeur peut etrplus prononcée et atteindre le rouge sombre. Dans ces cas, il est facile de s’apercevoir que la mue queuse des cordes est épaissie, et on remarque a sa surface des vaisseaux longitudinaux plus ou moins nombreux et plus ou moins développes qui ta donnent un aspect fasccule. Le plus souvent ces cordes ne se rapprochent qu incomplètement, ce

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qui est dû surtout au développement des glandes inter-aryténoïdiennes, et à l’épaississement de la muqueuse qui est ordinairement recouverte de mucosités gommeuses extrêmement adhérentes.

Quelquefois lés cordes vocales inférieures, rouges dans toute leur étendue, sont également tuméfiées en forme de fuseau, de telle sorte que la partie moyenne de leurs bords libres arrive au contact, tandis que, en haut et en bas (dans l’image laryngoscopique), il reste une petite ouverture par laquelle s’écoule une partie de l’air expiré destiné à' mettre les cordes en vibration.

Les cordes vocales supérieures sont aussi le siège d’altérations non moins importantes. Le plus souvent elles sont simplement plus rouges qu’à l’état normal, mais quelquefois aussi elles sont tuméfiées, à tel point qu’elles obstruent complètement l’ouverture des ventricules et empêchent de voir autre chose que le bord libre des cordes vocales inférieures. Dans cette forme de catarrhe laryngien la sécrétion est très abondante, et le miroir glottiqne nous montre tout le corps tapissé par elle.

L’épiglotte ne prend que très rarement part à l’inflammation chronique lorsque cette inflammation reconnaît pour cause l’abus de la voix. Il n’en est plus de même quand il s’agit des laryngites des fumeurs, des buveurs, des chimistes, des tailleurs de pierres, etc. Placée en quelque sorte en sentinelle à l’entrée du larynx, elle est la première à ressentir les effets nocifs des causes extérieures. Aussi, dans ces cas, la voit-on rouge dans toute son étendue; son bord libre paraît épaissi, sa face postérieure dépolie, dépouillée d’épithélium est tapissée de mucosités et dans quelques cas on peut y distinguer les orifices des glandes hypertrophiées. Je n’ai jamais rencontré d’œdème. Sa, face antérieure ou linguale, surtout chez les buveurs et les fumeurs invétérés, présente toujours une grande quantité de petits vaisseaux dilatés, nombreux, principalement au voisinage des fossettes sus-épi- -glottiques.

Les ulcérations de la muqueuse sont extrêmement rares dans le catarrhe chronique du larynx. J’ai eu quelquefois cependant l’occasion d’en observer : elles siégeaient sur l’épiglotte, sur les cordes supérieures et inférieures et présentaient une forme arrondie, elles se développent au niveau de l’ouverture des canaux excréteurs des glandes et ce sont plutôt des exulcérations que de véritables ulcérations. Nous les avons toujours vues se produire à la suite d’une poussée aiguë de catarrhe, envahissant une muqueuse déjà altérée par un catarrhe chronique.

Les mucosités sécrétées par la muqueuse dans la laryngite catarrhale varient beaucoup : le laryngoscope nous les montre visqueuses, d’un blanc laiteux, plus ou moins abondantes. Tantôt elles siègent dans l’espace inter-aryténoïdien, tantôt sur la face supérieure des cordes supérieures, tantôt sur la face postérieure de l’épiglotte. On en rencontre souvent aussi sur les cordes vocales inférieures, mais là elles ne peuvent siéger longtemps sans être rejetées. Le plus souvent elles s’étalent le long du bord libre des cordes qu’elles frangent de blanc, puis elles se réunissent pour former une

petite masse ayant l’aspect d’un grain de riz, c’est alors qu’un effort de hemmage les chasse au dehors Quelquefois encore, elles semblent sortir de l’Un des ventricules : dans ce cas, elles sont vitreuses transparentes, striées de parcelles noirâtres et sont projetées brusquement hors de la bouche. D’autres fois enfin les mucosités que l’on voit dans le larynx sont purulentes, c’est qu’une poussée aiguë s’est faite et a déterminé la formation de leucocytes, ou bien que des mucosités bronchiques sont venues se mêler aux mucosités laryngiennes.

Il ne nous reste plus que quelques mots à ajouter sur des lésions rares des cordes vocales inférieures dans le cours de la laryngite catarrhale chronique.

On rencontre quelquefois, chez les sujets herpétiques surtout, de véritables granulations siégeant sur la face supérieure et sur le bord libre des cordes vocales inférieures. Ces granulations sont rosées, arrondies, de même couleur que la muqueuse sur laquelle elles se sont développées. Ce sont des follicules clos hypertrophiés. — C’est à cette variété que l’on a donné le nom de laryngite granuleuse.

Parfois l’une des cordes semble avoir subi une dégénérescence dermoïde et être tuméfiée, en général à sa partie moyenne : autour de la tuméfaction rayonnent dé petits vaisseaux très déliés. Türck qui le premier a décrit cette forme de laryngite chronique lui a donné le nom de trachome.

Quels sont les symptômes de la laryngite chronique? — Il est encore plus rare que dans la laryngite aiguë d’observer des symptômes généraux dans la laryngite catarrhale chronique. Mais certains signes fonctionnels, l’altération de la voix entre autres, sont beaucoup plus accusés et constants, en raison même' des altérations plus étendues et plus profondes surtout de la muqueuse. Dans le catarrhe chronique du larynx, les symptômes locaux varient donc suivant la profondeur de l’altération de la muqueuse.

Disons de suite que le catarrhe de l’épiglotte n’influe que très peu sur la voix. Il ne l’altère qu'en raison de la difficulté avec laquelle l’émission peut se faire et en raison des mucosités sécrétées, surtout s’il existe des exulcérations de la muqueuse.

Le catarrhe chronique des cordes supérieures entraîne presque toujours des altérations profon-des de la voix, bien qu’elles ne soient pour rien dans l’émission des sons. Elles agissent alors mécaniquement.

L’inflammation détermine toujours un certain degré de tuméfaction des glandes et des follicules clos de ces replis muqueux, il en résulte donc forcément soit une diminution de l’amplitude des ventricules de Morgagni, soit une oblitération complète de ces cavités, la face inférieure des cordes supérieures reposant sur la face supérieure des cordes inférieures qui sont alors masquées presque complètement. Dans le premier cas, la voix prend simplement un caractère de raucité assez marqué; dans le second, elle est complètement éteinte, les replis supérieurs agissant sur les cordes inférieures pour éteindre leurs vibrations,

comme on éteint les vibrations d’un verre de cristal en posant le doigt sur ses bords.

Il est juste de dire que l’extinction complète de la voix est un symptôme rare du catarrhe chroniaue, et lorsqu’on la rencontre, on est en droit de supposer une poussée aiguë.

Les altérations de la voix dues à l’inflammation chronique des cordes vocales inférieures sont constantes, mais elles varient suivant la forme et la situation des lésions. En effet, nous avons vu que tantôt les cordes se rapprochaient complètement, tantôt que l’on observait des défaut de rapprochement, et que ces différences tenaient soit à la tuméfaction de la partie moyenne des cordes, soit à des granulations des bords libres, soit à l’hypertrophie des glandes inter-aryténoïdiennes. Si les altérations de la muqueuse n’entraînent pas le défaut de rapprochement des cordes inférieures, la voix devient .simplement plus sourde, voilée, quelquefois rauque. Si le malade parle pendant un certain temps, il s’enroue de plus en plus, fatigue beaucoup, car instinctivement il tend ses cordes outre mesure pour émettre le son, et ses efforts augmentent la congestion de la muqueuse. 11 éprouve une sensation de sécheresse et de cuisson dans le larynx, en même temps que des sensations de chatouillement qui le forcent à tousser, et la voix peut s’éteindre complètement au bout d’un certain temps de fatigue.

Chez les chanteurs, les symptômes sont les mêmes si le catarrhe laryngien est invétéré. Au début, la voix est cotonneuse, terne, on sent que les vibrations se font mal. Si une mucosité s’interpose entre les lèvres de la glotte, elle vibre en même temps que les cordes et produit la roulette (les chanteurs entendent par roulette une certaine trépidation du son qui n’est ni le tremblement ni le chevrotement), quand elle est peu volumineuse. Mais quand la mucosité est plus volumineuse et passe au-dessus des cordes sur leur face supérieure, si ce passage se fait brusquement pendant l’émission d’un son, il se produit un chat ou un canard. J’emploie à dessein les ternies dont se servent les chanteurs, termes avec lesquels il faut être familiarisé, car les malades qui vous consultent vous les disent naturellement comme étant bien l’expression des accidents flu’ils éprouvent. Peu à peu la voix se couvre de Plus en plus, enfin l’émission du son devient impossible.

Si les lésions de la muqueuse sont situées de telle sorte que les cordes ne puissent plus s’affronter dans toute la longueur de leurs bords libres, indépendamment dès symptômes que nous venons de signaler, il s’en produit quelques autres que l’on ne rernarque guère que chez les chanteurs en raison même de la pureté de voix que l’on exige d’eux.

se produit chez eux ce qu’ils appellent un trou dans la voix, c’est-à-dire qu’une ou plusieurs notes fin ils donnaient parfaitement avant le début de la maladie, leur fait subitement défaut, et il est à rearquer que le manque se produit toujours sur les memes notes chez le même individu. C’est presque

oujours au passage de la voix que le trou se promut (On donne le nom de passage de la Vôix au point de l'échelle vocale, où de Voix dè poitrine, la Dictionnaire populaire de Médeoine usuelle.

voix devient mixte, c’est-à-dire participe de la voix de poitrine et de la voix de tête).

Les sons, le passage de la voix franchi, présentent encore souvent une sorte d’altération, caractéristique du défaut de rapprochement des cordes dans leur partie antérieure. Ils sont ce que l’on appelle soufflés: c’est-à-dire qu’en même temps que la note, on entend un petit sifflement dû à la sortie d’une certaine quantité d’air qui filtre à travers l’ouverture de la glotte.

Signalons encore une sorte de dédoublement du son dans la voix chantée, dédoublement qui se produit dans la voix de poitrine et dans la voix grave et qui est dû à la présence des mucosités, et nous aurons achevé la revue des symptômes vocaux du: catarrhe chronique du larynx.

Il est rare que la respiration soit altérée dans l’affection qui nous occupe. Quelquefois cependant, elle se trouve un peu gênée, c’est lorsque la tuméfaction des cordes supérieures est considérable. En même temps, le malade ressent quelques douleurs au niveau de la pointe du sternum, et jusque dans les muscles intercostaux. Ces douleurs sont dues le plus souvent aux efforts de toux et de hemmage que fait le malade pour se débarrasser des mucosités qui voilent sa voix. Enfin la toux peut prendre un caractère quinteux dû aux chatouillements produits par les mucosités qui séjournent dans l’espace inter-aryténoïdien ou à l’inspiration des vapeurs et des poussières qui ont déterminé le catarrhe.

La toux reste presque toujours sonore; elle devient rauque et presque aphone lorsque les cordes supérieures sont suffisamment tuméfiées pour obstruer les ventricules.

L’expectoration est plus ou moins abondante selon que le catarriie laryngien coïncide avec un catarrhe des bronches. Quant aux caractères mêmes des mucosités expulsées, nous ne les décrirons pas de nouveau.

La douleur spontanée du larynx est nulle saut les cas rares où il se produit des exulcérations. Pas de douleur non plus à la pression externe de

l’organe.

Quelle est la gravité de la laryngite chronique.

— Au point de vue de la voix, le catarrhe chronique du larynx est' toujours une affection sérieuse. C’est une affection rebelle à tout traitement, en raison même de ce que sont ceux qui vivent de leur larynx qui en sont le plus souvent atteints, et qu’ils né peuvent user du traitement curatif par excellence, le silence absolu long temps prolongé. Bien qu’au point de vue de la vie elle-même, cette affection ne soit pas grave, il est bon de rappeler que la syphilis, la phthisie laryn-, gée, le cancer, trouvent dans le larynx ermainme d une façon chronique un terrain tout préparé et d’autant plus sensible que ce sont les memes élément anatomiques qui sont affectes dans ces ma-

la<Quel est le traitement de la laryngite chronique.

Tous les traitements ont été essayes pour guérir

le catarrhe chronique du larynx. La première indication à remplir est de supprimer la cause de 1 inflammation, c’est-à-dire de prescrire le silence ab-

solu si on a affaire à un avocat, à un chanteur, etc. ; si au contraire l’inflammation est due à une cause externe somatique ou à l’irritation causée par des poussières, des vapeurs, des gaz, il faut ordonner aux malades de changer de climat, de ne plus s’exposer à l’action de ces poussières, de ces vapeurs, de ces gaz. Malheureusement cette prescription, le plus souvent, ne peut être suivie en raison des intérêts ou de la situation particulière des malades, et le traitement ne peut plus être que palliatif.

Le traitement du catarrhe chronique du larynx est général et local.

Traitement général. — Il faut d’abord essayer de décongestionner le larynx, et pour cela user de la médication dite dérivative. Comme dans le catarrhe aigu, les badigeonnages d’huile de croton, les amplâtres de thapsia Le Perdriel, le papier Wlinzy, les purgatifs salins sont indiqués. Chez quelques malades ayant eu un flux hémorrhoïdal supprimé, il est indispensable de rétablir ce flux et l’on prescrit quelques purgatifs drastiques, aloès, gomme-gutte. Les sudations et Phydrothérapie aident beaucoup à la décongestion du larynx. Les sudations peuvent être faites soit dans une étuve où arrive de la vapeur d’eau chargée d’un principe balsamique (Tolu, pin. goudron, eucalyptus), soit dans une étuve sèche. Elles doivent être suivies d’une douche écossaise (alternativement froide et chaude), ou mitigée, c’est-à-dire tiède, pour ha- | bituer le. malade ; enfin la douche sera prise froide et ne devra pas durer au delà d’une minute. Je donne la préférence aux douches en jet qui stimulent plus vivement la peau et qui facilitent la réaction. Dans le cas où celle-ci ne se ferait pas franchement, il est utile de la favoriser par des frictions un peu rudes sur tout le corps à l’aide d’un gant de crin.

Le traitement général doit encore viser certaines diathèses qui peuvent ne pas être étrangères au développement du catarrhe chronique. C’est ainsi que nous prescrivons les sulfureux et les arsenicaux quand le malade est manifestement herpétique. Nous employons ces agents sous différentes formes. Pour les sulfureux nous prescrivons les eaux minérales sulfureuses naturelles (Enghien, Bigorre, Cauterets, Eaux-Bonnes, Luchop, Saint- Honoré), prises en boissons et en pulvérisations, et autant que-possible, nous recommandons aux malades de les utiliser sur place. Nous prescrivons de la même manière les eaux arsenicales de La Bourboule. Nous conseillons encore l’arsenic en liqueur de Fowler, ou en liqueur de Pearson chez les herpétiques. Enfin nous prescrivons les ferrugineux lorsque nous avons à traiter des anémiques et des lymphatiques.

Si on obtient la guérison d’un catarrhe chronique du larynx par ces moyens associés aux moyens locaux que nous allons passer en revue, il est important d’engager le malade à faire longtemps usage, après sa guérison, de toutes les préparations balsamiques qui tonifient la muqueuse bronchique et laryngée et modifient la sécrétion des glandes (V. Bronchilf).

Lorsque le catarrhe chronique du larynx est ca¬

ractérisé par un développement exagéré de la por. tion glandulaire de la muqueuse, on ne devra pas hésiter à prescrire les préparations iodiques sous forme d’iodure de potassium (sirop de Laroze) ou sous forme de teinture d’iode, prise à l’intérieur, comme le prescrit M. Guéneau de Mussy dans l’adénopathie bronchique. Cette médication nous a souvent donné d’excellents résultats.

En résumé, la thérapeutique générale est subordonnée aux indications; celles-ci devront être suivies pas à pas et le traitement général devra venir au secours du traitement local.

Traitement local. — Le traitement local de la laryngite catarrhale chronique consiste en pulvérisations, en fumigations, en attouchements avec des solutions plus ou moins caustiques, plus ou moins astringentes. J’omets à dessein le traitement qui consiste à introduire dans le larynx les médicaments sous forme pulvérulente, car je le regarde comme beaucoup plus nuisible qu’utile. Les pulvérisations doivent être faites avec l’appareil à. vapeur {fi g. 719).

Les solutions que l’on pulvérise avec cet appareil sont presque toujours des solutions astringentes ou légèrement modificatrices en raison de la causticité du médicament en solution dans le liquide. Celles que j, 'emploie le plus souvent sont le tannin 5 0/0, l’alun, 10 0/0, le cachou 10 0/0, le perchlorure de fer 2 0/0, le sulfate de zinc et le sulfate de cuivre 1 à 5 0/0, le chlorure de zinc . dissous dans l’alcool de 1 à 5 0/0, l’acide phénique 1 à 5 0/0, le nitrate d’argent 1 p. 200. Ces solutions doivent être faites dans l’eau distillée, et filtrées ensuite, s’il én est besoin, de façon à ne pas encrasser l’appareil pulvérisateur. Nous conseillons- dé ne jamais faire plus de deux pulvérisations par jour, et chaque fois pendant cinq, minutes seulement, car pour faire convenablement la pulvérisation, le malade doit faire de larges inspirations, au-devant de l’appareil, et la vapeur d’eau chargée du médicament détermine souvent des quintes de toux qui pourraient fatiguer le malade.

Les fumigations se font avec le fumigateur { fig . 718) ou simplement avpc un simple vase sur lequel on place un cornet de papier un peu fort. Nous employons le goudron, l’huile de pin, la créosote, la. térébenthine, l’eucalyptus, la guimauve, les fleurs de sureau.

■ Enfin nous prescrivons quelquefois les inhalations avec le benjoin, le mastic et l’encens. Ces fumigations un peu excitantes, grâce à l’acide benzoïque qu’elles contiennent, se font en projetant ces substances en poudré sur. une plaque de fer fortement chauffée.

Les attouchements du larynx se font avec des solutions dont la causticité varie suivant l’effet modificateur qu’on se propose d’obtenir.

Il est des cas où il est nécessaire de se servir du nitrate d’argent' solide. Hâtons-nous de dire que ces cas sont peu nombreux* et que ce n’est qu’avec la plus grande circonspection que l’on doit se servir de cet agent énergique et seulement lorsque les autres caustiques n’ont pas donné les résultats que l’on attendait d’eux. C’est dans les cas de grar

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